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AU FIL DES SAISONS

 

LA BIBLE AU QUOTIDIEN

 

LIENS

 

 

 

 

 

Thomas Römer, Psaumes interdits. Du silence à la violence de Dieu, Editions du moulin, 2007, 89 pages.

Le titre, sur fond noir, est terrible, peu engageant ! Il plonge tout de suite dans le vif du sujet, ces Psaumes que l’on s’interdit de lire, tant leur violence nous agresse, blesse et interroge notre foi, nos représentations de Dieu.
Lorsque l’on ose s’y aventurer, ces textes nous laissent sans voix comme si nous y étions confrontés à de l’insupportable, de l’innommable. Ces quelques vers du Psaume 58, pour raviver votre mémoire :
« Dieu ! Casse-leur les dents dans la gueule ;
Seigneur, démolis leurs crocs de ces lions.
Qu’ils s’écoulent comme les eaux qui s’en vont !
Que Dieu ajuste ses flèches, et les voici fauchés !
Qu’ils soient comme la limace qui s’en va en bave !
Comme le fœtus avorté, qu’ils ne voient pas le soleil !
(…) Le juste se réjouira en voyant la vengeance ;
Il lavera ses pieds dans le sang des méchants (…) ».
Et pourtant, ce Psaume, comme d’autres, tout aussi peuplés de méchants, d’appel à vengeance, de violence sont dans la Bible. Pourquoi donc ? Vaut-il la peine de les lire ?
Ces interrogations font écho aux « pourquoi ? » qui martèlent d’autres Psaumes, ceux où le psalmiste, pour lui-même ou pour le groupe qu’il représente, crie sa détresse, sa souffrance profonde à Dieu. Ainsi du Psaume 22 :
« Mon Dieu, mon Dieu,
Pourquoi m’as-tu abandonné ?
J’ai beau rugir, mon salut reste loin.
Mon Dieu, le jour j’appelle, et tu ne réponds pas,
La nuit, et je ne trouve pas le repos (…). »
Saisissez l’invitation que vous tend ce petit ouvrage et laissez-vous accompagner par son auteur. Celui-ci met à notre disposition son bagage exégétique et ainsi, avec lui, nous allons de Psaume en Psaume, tranquillement, sans fuir les questions qui fâchent, les traits qui heurtent.
En bon pédagogue soucieux de ses lecteurs et de leurs capacités à affronter des réalités dures, T. Römer nous fait entrer en résonance profonde avec ce qui se dit dans ces textes, comme en témoignent ces titres de chapitres : « Pouvoir dire sa souffrance », « Après l’abandon, la confiance », « Pour renouer la relation avec Dieu ». Il nous conduit aussi dans des interrogations essentielles : « Peut-on justifier des images si cruelles ? ». Lisez ce livret et vous verrez, vous retournerez à ces Psaumes qui ne vous seront plus interdits, mais avec lesquels vous cheminerez.

Sophie Schlumberger