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13 juin 2008
Les Eglises canadiennes saluent les excuses du Premier ministre au sujet des pensionnats d'assimilation
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Toronto, le 13 juin (ENI\Kristine Greenaway) - Les responsables d'Eglise du Canada espèrent que des mesures seront prises à la suite des excuses publiques présentées par le Premier ministre Stephen Harper aux victimes d'une politique qui a enrôlé des dizaines de milliers d'enfants autochtones dans des pensionnats à des fins d'assimilation forcée.
L'archevêque Fred Hiltz, chef de l'Eglise anglicane du Canada, a déclaré avoir été ému par les excuses présentées au nom du gouvernement par Stephen Harper le 11 juin à la Chambre basse du Parlement canadien, à Ottawa, qui ont été suivies par les excuses d'autres responsables de partis.
"J'ai été très encouragé par leur détermination à faire en sorte que ces excuses soient considérées comme une première étape et qu'elles ouvriraient la voie à des actions qui amélioreront considérablement la qualité de vie des membres des Premières nations dans ce pays", a déclaré l'archevêque Hiltz dans une interview accordée au mensuel Anglican Journal après la déclaration du Premier ministre.
Selon une loi adoptée au Canada en 1920, il était obligatoire que les enfants autochtones âgés de 7 à 15 ans quittent leur communauté et vivent dans des pensionnats chrétiens, gérés notamment par les Eglises catholique, anglicane, presbytérienne et l'Eglise unie du Canada. La dernière école de ce genre a fermé ses portes en 1996.
Au cours des années 80, d'anciens étudiants ont commencé à lancer des accusations selon lesquelles des abus d'ordre sexuel et physique ont été pratiqués sur eux dans ces écoles. En 2006, suite à un recours collectif en justice, un groupe d'anciens élèves a obtenu un des arrangements financiers les plus importants de l'histoire de la justice au Canada.
"Le traitement des enfants dans les pensionnats indiens représente un triste chapitre de notre histoire", a déclaré Stephen Harper dans son discours au Parlement. "Aujourd’hui, nous savons que cette politique d’assimilation était mauvaise, qu’elle a causé énormément de torts et qu’elle n’a pas sa place dans notre pays. Le gouvernement du Canada s’excuse sincèrement et demande pardon aux peuples autochtones du pays pour avoir trahi leur confiance si profondément."
Le pasteur David Giuliano, président de l'Eglise unie du Canada, a affirmé que son Eglise espérait que ces excuses déclencheraient une importante réaction populaire. "Les excuses du 11 juin offrent une chance d'entamer un processus de guérison, de pardon et de réconciliation", a déclaré le pasteur Giuliano.
L'arrangement de 2006 contenait une disposition prévoyant la mise en place d'une Commission vérité et réconciliation, première transposition dans une démocratie stable du modèle appliqué en Afrique du Sud après la fin de l'apartheid.
La Commission, présidée par un juge autochtone, le juge de la Cour suprême Harry S. LaForme, dispose d'un mandat de cinq ans pour voyager à travers le pays afin de rencontrer d'anciens élèves. Le juge LaForme, membre de la tribu des Mississauga, est assisté de la juriste Jane Morley, et de l'infirmière Claudette Dumont-Smith, qui est issue de la tribu des Algonquins.
"Nous savons ce qui s'est passé", a déclaré le juge LaForme. "Désormais, ce que nous voulons entendre, ce sont leurs propres récits, non pas pour que nous puissions punir, mais pour pouvoir marcher vers l'avenir et construire une relation nouvelle." (542 mots)
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