La Conférence européenne sur le droit d'asile demande le retrait du plan Blair

Auteur(s) : CONFERENCE EUROPEENNE SUR LE DROIT D'ASILE

Les propositions du Premier ministre britannique Tony Blair pour l'externalisation des procédures d'asile vers des états extérieurs à l'Union n'ont pas été écartées. C'est le constat fait par les représentants de différentes Eglises européennes, spécialistes du droit d'asile, réunis lors de leur conférence annuelle à Berekfürdö, dans l'est de la Hongrie.
Selon les conclusions finales du Sommet de Thessalonique, les demandeurs d'asile dans l'Union européenne élargie devront craindre leur transfert vers des Etats extérieurs à l'Union. A l'heure actuelle, les responsables de l'Union européenne envisagent d'introduire des normes de procédure inférieures à celles prévues au sein de l'Union. La conférence déclare inacceptable l'intention d'interner les demandeurs d'asile.

L'accent particulier de la conférence a été mis sur les conséquences de l'élargissement pour les pays candidats en matière de politique d'asile. Les participants ont eu la possibilité de rencontrer des responsables de la police des frontières et de visiter le plus grand centre d'accueil pour demandeurs d'asile du pays. Comme en 2001, lors d'une conférence précédente en Slovaquie, on a pu constater à Berekfürdö une coopération étroite des autorités hongroises avec l'Office fédéral allemand pour la reconnaissance des réfugiés. Devant cette situation, nous devons examiner comment nous pouvons favoriser l'engagement citoyen et les structures de la société civile par des échanges entre Etats membres et pays accédants. Ceci pourrait être une tâche de l'Eglise et de la diaconie, a déclaré le conseiller Ralf Geisler, des services de l'Eglise évangélique en Allemagne (EKD) à Hanovre. Au cours des entretiens sur le régime de l'asile en vigueur en Hongrie est apparue une faille dans la procédure : les demandeurs ne peuvent jamais être auditionnés en appel.

Les décisions sont prises exclusivement sur dossier; la procédure n'offre aucune possibilité d'obtenir une protection légale effective devant un tribunal d'appel indépendant. De l'avis de la conférence, une telle procédure ne correspond pas à ce qu'on peut attendre d'un Etat de droit. C'est pourquoi, elle demande que des exigences minimales de droit soient inscrites dans la Directive européenne sur les procédures d'asile en cours d'élaboration.
La conférence s'est étonnée du fait que l'Allemagne ait utilisé son droit de veto pour bloquer l'adoption de la Directive sur la qualification de réfugié. « Il est incompréhensible pour nous que le ministre allemand de l'Intérieur allemand souhaite à tout prix ramener les normes de protection préconisées dans cette directive au bas niveau en vigueur en Allemagne, ceci contre l'avis de l'ensemble de ses homologues européens» a déclaré le pasteur Jean-Marc Dupeux, secrétaire général de la Cimade, association qui oeuvre en solidarité avec les demandeurs d'asile. «Nous espérons que l'Allemagne finira par lever ces réserves dans les prochaines semaines et permettra ainsi une adoption à bref délai de cette importante Directive.»
La conférence a réaffirmé la responsabilité commune des Eglises pour la protection des réfugiés en Europe.

Pasteur Jean-Marc Dupeux,
Secrétaire Général de la Cimade, Paris
Le Conseiller Ralf Geisler,
Services centraux de l'Eglise évangélique d'Allemagne, Hanovre
Le Conseiller Jôrn-Erik Gutheil,
Eglise évangélique en Rhénanie, Düsseldorf
Pasteur Thomas Dermann, chargé de la Pastorale des migrants,
Eglise évangélique du Pays de Bade, Karlsruhe

Source(s) : BIP;
Date de parution : juillet 2003