Jacques Santer invite les Eglises à accompagner le processus de l'intégration européenne

Bruxelles, le 15 septembre [1998](ENI) - Le président de la Commission européenne, Jacques Santer, organisme exécutif de l'Union européenne, a appelé le 14 septembre les Eglises européennes à accompagner le processus de l'intégration européenne.

Les Eglises pourraient contribuer, a-t-il souligné, à l'élargissement de l'Union européenne - qui compte aujourd'hui 15 nations - et promouvoir l'entrée d'un certain nombre de pays d'Europe centrale et orientale.

Au début de l'année des négociations ont commencé dans ce sens. De nombreux observateurs estiment que l'élargissement impliquera des changements radicaux dans la structure et l'organisation de l'Union européenne et entraînera des sacrifices financiers de la part de l'Europe occidentale qui devra accueillir les pays plus pauvres de l'Est.

"L'élargissement à l'Est ne saurait se faire sans un puissant élan de solidarité", a lancé le président Santer - qui fut premier ministre du Luxembourg - lors de l'Assemblée générale de la Commission oecuménique européenne pour Eglise et société (EECCS).

"J'espère beaucoup que les Eglises s'engageront à animer cet élan et qu'elles nous aideront à surmonter les obstacles et blocages multiples que nous rencontrerons sur ce chemin", a poursuivi Jacques Santer lors de l'Assemblée, qui s'est tenue à Vaalbeek, près de Bruxelles.

L'EECCS est principalement composée de Conseils nationaux d'Eglises d'Europe occidentale, même si depuis quelques années elle compte des membres d'Europe centrale.

Jacques Santer a salué le projet d'intégration de l'EECCS et de la Conférence des Eglises européennes (KEK), qui compte 125 Eglises membres - anglicanes, protestantes et orthodoxes de toutes les régions d'Europe, y compris de l'ancienne Union soviétique.

"Vous pourrez ainsi, d'une certaine manière, anticiper l'élargissement de l'Union, tout en contribuant à façonner le difficile processus d'intégration entre l'Est et l'Ouest. La Conférence des Eglises européennes est particulièrement bien adaptée à cette mission, car elle regroupe en son sein les Eglises de tradition anglicane, orthodoxe et protestante; elle représente à ce titre une enceinte de discussion et de coopération entre traditions chrétiennes de l'Ouest comme de l'Est."

Passant en revue le rôle des Eglises et de la religion en Europe, le président Santer a souligné que le christianisme "continue de marquer de son empreinte l'Europe, ses nations et ses cultures. Le consensus culturel qui en résulte a fortement contribué à l'étonnante réussite du projet d'unification européenne au cours de ces dernières décennies."

Mais soulignant l'importance du dialogue interreligieux, il a rappelé que d'autres traditions que le christianisme - en particulier le judaïsme et l'islam - "ont laissé des marques profondes et ont fortement contribué à l'élaboration de l'Europe et à la formation d'un esprit européen".

"J'aimerais souligner, a poursuivi Jacques Santer, combien il est essentiel pour l'avenir de notre Union que nous réussissions à faire cohabiter de façon fructueuse et pacifique les diverses communautés ethniques, culturelles et religieuses présentes en Europe. Il s'agit là toutefois d'un objectif trop ambitieux pour la seule politique. Les initiatives et l'engagement des Eglises et de leurs organisations sont à cet égard particulièrement bienvenus et précieux."

"Les Eglises et leurs organisations sont, dans de nombreux domaines, les partenaires privilégiés de la Commission européenne, dès lors qu'il s'agit d'élaborer et de transposer les politiques et les projets de l'Union au niveau des citoyens. Je pense ici notamment à l'importante contribution des Eglises dans le domaine social ou en matière d'aide au développement."

Mais, a-t-il fait observer, "les questions abordées dans le cadre de ce dialogue portent de plus en plus souvent sur le sens, l'orientation spirituelle et la dimension éthique de l'unification européenne et des politiques mise en oeuvre dans ce contexte."
 

- Le samedi 12 septembre, le Comité central de la KEK et l'Assemblée générale de la Commission européenne pour Eglise et société ont décidé, à une très large majorité, d'unir leurs forces et de créer une nouvelle commission "Eglise et société" de la KEK, dans le cadre du processus d'intégration en cours entre les deux organisations qui sera complètement réalisé au 1 er janvier 1999.

La responsabilité principale de la nouvelle Commission "Eglise et société" sera de représenter les Eglises d'Europe auprès de l'Union européenne, du Conseil de l'Europe, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et d'institutions internationales telles que l'ONU.

Confronté à l'éventualité d'un déficit important des finances de la KEK pour 1998 et 1999, le Comité central a approuvé certaines restrictions au niveau des programmes ainsi que des compressions d'effectif, selon un communiqué publié par la KEK le 13 septembre.

Un budget intégré (KEK/EECCS) de 2,6 millions de Francs suisses a été adopté pour 1999, et l'effectif total fixé à 17 postes répartis entre les trois centres, Genève, Bruxelles et Strasbourg (19 postes actuellement).

Le Comité central a accepté deux nouvelles Eglises membres - l'Eglise de Dieu en Croatie et l'Eglise Evangélique de la Principauté du Liechtenstein. Deux nouvelles organisations associées ont également été admises - la Fédération baptiste européenne et le Conseil des Eglises d'Irlande.

Source : ENI;17
Date de parution : 23 septembre 1998