Traité constitutionnel européen : un appel à la participation des citoyens

Déclaration du Comité central de la Conférence des Eglises européennes (KEK) Aghios Nikolaos, Crète, Grèce, 4-10 juin 2005 (Traduction provisoire)

La Conférence des Eglises européennes (KEK) a salué l’adoption d’une Constitution européenne par les Chefs de gouvernement de l’UE comme une étape importante vers la construction d’une Europe plus intégrée. Le rejet par la France et les Pays-Bas du Traité constitutionnel a entraîné une nouvelle situation qui incite la KEK à mettre à nouveau l’accent sur l’importance du processus d’intégration. Le résultat de ces référendums n’est pas seulement une question nationale; il a aussi des répercussions sur l’ensemble de l’Europe. Le Comité central de la KEK, réuni en Crète du 4 au 10 juin 2005, a le sentiment qu’il est important de reconsidérer la situation.

Le Comité central de la KEK prend les préoccupations des Européens au sérieux. Ces préoccupations incluent: - le manque de consultation de la population européenne qui se traduit par la prise de décisions ne reflétant pas les points de vue des Européens; - le sentiment d’insécurité de certaines personnes sur le plan économique et social en raison de la domination des règles du marché; - la nécessité pour l’Europe d’être construite et façonnée à partir de valeurs communes. Le Comité central de la KEK partage ces préoccupations mais aimerait insister aussi sur le fait que le Traité constitutionnel représente une étape du processus menant à l’intégration européenne.

Une Europe plus proche de ses citoyens est ce que les politiques ont souhaité pendant toute la durée du processus de la Convention. Or, les citoyens ont manifestement le sentiment que cela n’a pas vraiment été le cas. Le Comité central aimerait insister sur l’importance des nouveaux mécanismes destinés à garantir dans le Traité consitutionnel une participation meilleure et plus profonde de la société civile. L’Article I-52 et l’Art. 1-47 prévoient l’établissement d’un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Eglises et la société civile. L’Art. I-47 (4) insiste également sur la mise en place de mécanismes de participation directe pour les citoyens.

Les décisionnaires devraient développer leur dialogue avec tous les secteurs de la société, en respectant leurs intérêts, leurs préoccupations et leurs convictions. Les citoyens ont besoin de savoir que leur avenir n’est pas décidé à leur insu et surtout pas sans leur participation.

La KEK souligne la nécessité pour l’Europe de reposer sur un système de valeurs reflétant la variété des préoccupations de la population afin que les Européens puissent s’identifier pleinement à ce système de valeurs. Le processus d’édification d’une nouvelle Europe doit être façonné à partir de valeurs communes telles que le respect de la dignité humaine, la promotion de la paix et de la justice, la responsabilité et la solidarité envers le monde. La KEK est pleinement consciente que le manque de référence aux valeurs chrétiennes en Europe a aggravé l’attitude négative envers le Traité constitutionnel.

Le Comité central rejette toute attitude xénophobe comme celles exprimées lors du processus conduisant aux référendums. Il pense que les politiques ont utilisé la question de l’immigration pour susciter une attitude négative envers le projet européen. La KEK continue à défendre l’idée selon laquelle le fait de travailler au projet européen équivaut à développer une Europe de la solidarité où les droits de la personne humaine et l’Etat de droit sont respectés et mis en oeuvre. Nous sommes convaincus qu’un jour la justice et la paix s’embrasseront (Psaume 85) et nous voulons montrer des signes de cette vision dans l’Europe d’aujourd’hui.

Le Comité central de la KEK en appelle aux Institutions européennes et aux politiques pour prendre au sérieux les préoccupations de la population et il les encourage à oeuvrer à une collaboration plus étroite avec les citoyens européens. La KEK considère les résultats du processus de ratification du Traité constitutionnel comme une invitation à intensifier le débat sur l’Europe au sein des Eglises européennes et s’engage à poursuivre le dialogue avec les politiques et la population, réclamant une Europe démocratique et unie à laquelle ses citoyens pourront s’identifier.

Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : 10 juin 2005