Règles d'élaboration des positions éthiques protestantes

Ne pas attendre l'actualité, mais agir, intervenir pour changer ce monde. L'éthique n'est pas seulement une réponse à une demande, ni l'expression d'une famille spirituelle (même si elle est parfois cela aussi).

1. Les questions adoptées comme sujet de travail peuvent venir du Conseil de la Fédération Protestante de France, mais aussi d'instances ou de personnalités (scientifiques, juridiques, éthiques) compétentes, et également du public, de ceux qui se sentent concernés. Peut-être, faut-il établir un fichier des uns et des autres et sélectionner l'ordre de priorité des thèmes en fonction des réponses à un questionnaire, à un sondage ?

2. Les "éléments de réflexion" éthiques sont la conjugaison de plusieurs sortes de "compétences" (au sens large du mot) :

  1. il y a celle des experts "techniques" du sujet considéré ;

  2. celle de tous ceux qui peuvent représenter ceux qui éprouvent le problème (comme agents ou comme patients) : militants associatifs, simples "praticiens", sociologues, etc.

  3. celle des éthiciens (au carrefour entre l'argumentation philosophique et la référence biblique) ;

  4. celle des juristes, qui veillent à l'articulation et à la différence entre droit et morale.

Toutes ces compétences doivent être présentes dans la Commission, mais il doit y avoir un fichier assez large de "consultants". Intégrer au maximum les informations en provenance d'autres instances protestantes européennes.

3. la référence commune aux Écritures définit un espace de délibération où aucune interprétation ne saurait s'arroger le monopole de la légitimité. Nous sommes placés ensemble dans la responsabilité ouverte par le texte biblique et par l' Évangile

4. La forme spécifique des positions protestantes serait en deux volets: construction d'un possible compromis ou accord (toujours plus profond et plus large qu'on ne l'imagine souvent), expression d'un éventuel différend (la pluralité est un témoignage si elle est "cohérente" et le différend fait apparaître des différences et des questions nouvelles). Souvent, il s'agit ainsi moins de répondre à une question que de substituer, à un débat qui nous semble mauvais ou faux, un débat meilleur ou plus juste. Notre communauté se défInit parfois mieux par notre manière de débattre que par notre avis final.

5. il n'y a pas de double-langage possible, c'est en parlant à l'extérieur des Églises que l'on est entendu en leur sein! Le langage devrait être assez clair et simple pour cela, sans craindre que le texte soit trop marqué par le style du (des) rédacteur. Mais l'attention au style ne saurait suppléer l'effort de présentation et de communication: quel support? meilleure présentation, diversité de formes (déclarations, recueil d'avis, dossier de presse, formulation simple d'une phrase adressée à telle instance,... etc.).

6. Vérifier la réception du texte et analyser les réactions. Faire un bilan critique de chaque publication.

Juin 1988