Une formation fédérative aux Antilles

Ils vivent sous les alizés mais c’est un autre souffle qui les envoie visiter les détenus…

En Guadeloupe, ils se prénomment Léonel, Justin, Ghislaine, Patrick, Fernand, Yves, Robert, Franck, Corneille et Jean-Claude. Il y avait même JiPé, un visiteur de l’Église réformée en Martinique, on peut rencontrer Monique, Ginette, Joël, Paul-Robert, Félicité, Marie Andrée, Justin et Georges.

Tous sont des aumôniers protestants.

L’aumônier régional des prisons aux Antilles est une femme, Claude Gillet, pasteur de l’Église réformée.

À son initiative s’est déroulée dans chacune des deux îles une semaine de formation, du 23 octobre au 6 novembre 2005.

Les aumôniers sont issus de diverses Églises évangéliques, pentecôtistes et réformée. Depuis des années, ils ont appris à travailler ensemble au service des détenus. Il y a deux prisons en Guadeloupe (Baie-Mahault et Basse-Terre) et une en Martinique (Ducos). Le culte a lieu chaque semaine dans ces établissements et les détenus sont régulièrement visités.

Mais un besoin de formation se fait sentir et c’est ainsi que l’aumônier national, Jean-Marc Dupeux, et soeur Marie-Pierre, des diaconesses de Reuilly, ont été invités à apporter cette formation, notamment dans le domaine de l’écoute.

Chaque jour, l’ensemble des aumôniers était réuni pour un moment spirituel puis pour une session de travail.

Les échanges ont principalement porté sur la place, le rôle, la chance et les difficultés de l’aumônerie au sein de l’institution pénitentiaire. La charte de la Fédération protestante, signée lors de leur engagement par chacun des aumôniers, a été au coeur d’une question sur la visibilité des Églises protestantes dans le protestantisme en Guadeloupe et en Martinique. Et des cultes ont été célébrés en prison par les équipes au grand complet.

À noter que les directeurs d’établissement ont complimenté les équipes pour le travail accompli.

Belle reconnaissance !

C’est surtout autour de la question de l’écoute des personnes détenues, que la formation s’est centrée. Sous la conduite de Soeur Marie-Pierre, aumônière en institution hospitalière et formatrice de personnes écoutantes, la relecture d’entretiens en cellule à été une source d’étonnement et de remise en question.

Chacun s’est impliqué pour percevoir comment la parole qui chemine lors d’entretiens a besoin de soins pour que l’autre soit vraiment respecté, pour que le discours ne soit pas manipulation, ni d’un côté ni de l’autre, pour que la vérité des personnes en dialogue soit le cadre impératif de la découverte de la Bonne Nouvelle : personne ne possède le Christ en ce lieu et pourtant il est là... La nécessité de poursuivre et de diversifier ces formations a été soulignée en fin de session.

Le pasteur Claude Gillet a profité de la présence de ces formateurs venus de Métropole pour organiser des conférences publiques sur le Centenaire de la Fédération protestante de France, avec présentation d’une exposition sur la FPF réalisée sur place. Les Églises protestantes aux Antilles sont jeunes, les plus anciennes ont 70 ans. Mais elles manifestent un dynamisme certain et un grand développement ces dernières années, notamment l’Église Adventiste.

La question de leur unité et leur inscription dans des perspectives de représentation commune est à l’ordre du jour. Lors de ces rencontres-débats, les participants ont souhaité que leurs Églises intensifient leurséchanges avec la Fédération protestante de France afin d’étudier comment, localement et en lien avec la métropole, améliorer leur représentation et leur témoignage communs.

Dans cette perspective, les aumôniers protestants sont, par leurs rencontres et échanges quotidiens, des ferments de dialogue et d’unité dans ces toutes jeunes Églises protestantes des Antilles. Merci à eux.

Et bon vent ! Jean-Marc Dupeux

Bulletin d’information protestant 1616—1er décembre 2005