Assemblée générale annuelle de la Fédération protestante de France (FPF), 6 février 2008.

Rapport d'orientation

Alors ? Alors comment ça se passe ? Cette question m’a été fréquemment posée, par plusieurs d’entre vous d’ailleurs. C’est le genre d’interrogations auxquelles j’ai souvent répondu rapidement comme après « un bonjour comment ça va ? » qui n’attend pas vraiment de confidences et quelquefois plus longuement, trop longuement peut-être.Bien ! Ça se passe bien ! Mais encore ? Si je vous disais qu’entrer en fonction et assumer en plus de la fonction de président celle de secrétaire général ne pose aucun problème, je ne serais pas crédible, ou bien prétentieux. Le nombre de chantiers ouverts et le dynamisme des acteurs de la Fédération montrent qu’un poste de secrétaire général n’est pas un luxe. Cela dit, si j’ai pu travailler avec joie en portant cette double casquette, c’est parce que je ne suis pas seul. Je suis soutenu et épaulé de diverses manières, j’y reviendrai. La FPF est un lieu de rencontres extraordinaires et de partenariats stimulants. Il y a de la vie ! Avec tout ce que cela implique de joies et de préoccupations, je vais essayer d’en rendre compte.

Ce rapport est qualifié par nos statuts de rapport d’orientation. Il doit donc ouvrir la réflexion sur l’avenir. Comme l’orientation n’a de sens qu’à partir d’un lieu de départ identifié, il faut commencer par faire le point. Où sommes-nous donc, où en sommes-nous ? Pour répondre à cette question préalable, sans anticiper sur les débats qui suivront le rapport de gestion, je vous propose de faire le point à partir des recommandations de la dernière Assemblée générale. Chacune de ces haltes permettra de tracer les premières orientations.

Première recommandation

 
Elle demandait au Conseil d’intensifier ses efforts pour « favoriser et encourager le travail en commun de ses membres sur les thématiques indiquées à l’art. 2.1 de la Charte, notamment sur les questions théologiques et éthiques et les différentes conceptions ou pratiques ecclésiales ».
2 - L'appartenance à la Fédération protestante implique les conséquences suivantes qui définissent notre pratique de la vie commune :
2.1 - Renforcer les liens entre les Églises, Unions d'Églises, Institutions, Œuvres et Mouvements en réfléchissant ensemble aux questions théologiques et éthiques suscitées par l'actualité, par les évolutions de nos sociétés et de nos cultures.
Cette réflexion commune est d'autant plus nécessaire qu'elle est rendue parfois complexe du fait de la diversité de nos compréhensions de la référence à l'Écriture.
Accepter l'interpellation réciproque qu'entraînent les divergences entre conceptions ou pratiques du baptême, dans l'espoir de les rapprocher et la conviction mutuelle que les uns et les autres cherchent à être fidèles à l'enseignement biblique.

Après réflexion, le Conseil a considéré que pour répondre à cette recommandation, le meilleur moyen était d’encourager les rencontres, la collaboration sur le terrain et les échanges en particulier sur la Charte. Il a décidé de « donner l’exemple » en prenant lui-même du temps pour réfléchir sur la Charte.
Il a, d’autre part, estimé que le renforcement des liens et la réflexion commune, devaient se faire sur le terrain localement ou régionalement. C’est pourquoi il est heureux d’encourager les antennes ou pôles, locaux ou régionaux. La création spontanée de nouveaux pôles montre que l’idée est mure. Mes déplacements m’ont confirmé l’intérêt que pouvait susciter la FPF en divers lieux et la volonté de beaucoup de s’ouvrir pour travailler ensemble. Pour avancer de concert, une rencontre des présidents ou coordinateurs des différents pôles est prévue le 5 juin prochain, elle permettra de faire le point et d’imaginer l’avenir ensemble. Je suis persuadé que tout commence avec les rencontres et les visites.
Pour cela, je suggère que des cultes en commun puissent être organisés au moment de la fête de la Réformation. Nous vous ferons quelques suggestions pratiques. Allons plus loin.
Marquer la Réformation 2008 d’un petit parfum FPF pourrait être une bonne manière de préparer la fête de 2009. Cette rencontre désormais appelée Protestants en fête 2009, Témoins ensemble, doit faire partie des outils qui serviront à renforcer les liens, le sentiment d’appartenance et le partage des dons. Vous êtes invités !

Deuxième recommandation


Action et vigilance en faveur du respect effectif  - de toutes les croyances,- de la liberté de religion, - de la garantie par la République du libre exercice des cultes.
Elle recommande que cette attention soit aussi portée aux atteintes aux libertés religieuses dans les autres pays dans le cadre de ses relations internationales en concertation avec les Églises sœurs.
Ce combat car c’en est un, n’est jamais terminé. Quand on croit avoir avancé, un incident, parfois mineur, est prétexte à geler la situation. Si je peux me permettre ici une rapide et évidemment caricaturale description de la situation du protestantisme aujourd’hui, je dirai qu’il souffre de son statut de minorité sage et bien intégrée. En face du catholicisme qui profite de son poids institutionnel, même s’il n’est plus ce qu’il était, à côté du judaïsme qui a la place que chacun sait, de l’islam qui craint en raison de la dangerosité potentielle de ses extrémistes, le protestantisme n’a comme moyen de pression que des arguments peu en vogue aujourd’hui et des engagements dérangeants. Devrait-il ressortir ses martyrs pour être entendu ?

La confusion reste complète entre loi de séparation et laïcité ; avec plus ou moins de bonne foi, les politiques prétendent ne pas pouvoir toucher au statu quo de peur de mettre le Palais Bourbon à feu et à sang ! Si donc vous vous posez des questions sur les suites du groupe de travail mis en place après la commission Machelon, sachez que nous ne désespérons pas ! Mais comment travailler paisiblement et raisonnablement quand à la moindre occasion ceux qui se sont installés dans le rôle de gardiens du temple proclament la laïcité en danger et la République en péril. La communication agitée de la présidence de la République sur le religieux a facilité la tâche de ceux qui n’attendent qu’un prétexte pour brouiller les pistes.
La question religieuse est constamment en péril d’être instrumentalisée. Le protestantisme a un pedigree, si j’ose dire, au-dessus de tout soupçon, ce n’est pas pour cela qu’il n’est pas accusé ! Son histoire et ses engagements sont connus et expliquent qu’il soit sourcilleux sur les principes de liberté de conscience et de culte non seulement pour lui mais aussi pour les autres. « L’honneur d’une religion, écrivait le pasteur Edmond de Pressensé, c’est qu’on puisse ne pas la pratiquer. » C’est ce qui a pu nous conduire à prendre la défense de ceux dont nous ne partageons pas les convictions.
Au lendemain de la publication du rapport de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), il faut ajouter un mot sur la question des sectes. Mais, là encore, comment communiquer quand des personnes en vue dans notre pays peuvent déclarer aussi bien : c’est un « non-problème » que : « Il y a en France des centaines de milliers de victimes de groupes sectaires » ! Il n’est pas admissible d’instrumentaliser cette question, de jouer sur l’à-peu-près, sur la peur des uns et la souffrance réelle des autres. L’État a pour mission de faire respecter l’ordre et de garantir les libertés, pas de se transformer en inquisiteur des croyances.
La FPF n’ignore pas le risque des dérives sectaires, mais elle ne veut pas laisser croire, d’une part qu’il n’existe que dans les mouvements religieux et que, d’autre part tout ce qui sort des grands courants reconnus est a priori suspect. Parmi les nouvelles Églises évangéliques, souvent qualifiées avec mépris de sectes, et généralement issues de l’immigration, il y a une richesse humaine, sociale, spirituelle, dont il serait dommage de se priver et qu’il est grave de stigmatiser d’avance. Aucune religion ni école de pensée ne peut se considérer comme dépositaire privilégiée du bien commun, sur ce point l’histoire devrait rendre humble.

Notre commission « droit et liberté religieuse » a commencé ses travaux et son président joue un rôle de conseil juridique fort apprécié. Parmi les sujets à l’ordre du jour : la construction ou l’acquisition de lieux de culte face aux difficultés créées par les préemptions abusives, les refus de prêts bancaires, les tracasseries administratives ; les discriminations de toutes sortes, par exemple des Caisses d’allocations familiales.

La recommandation de l’Assemblée générale de ne pas craindre de sortir de nos frontières a été par la force des choses mise en œuvre. Nous nous sommes engagés en particulier pour les chrétiens d’Irak, ceux du Moyen-Orient et d’Algérie. Les échos tout récents que nous avons d’Algérie indiquent que nos frères subissent une persécution qui ne peut pas nous laisser insensibles ni inactifs. Dans un autre domaine, chacun a entendu parler de la fameuse affaire de l’arche de Zoé, mais qui a bien mesuré le rôle de l'orphelinat protestant franco-suisse qui a reccueilli ces enfants ? L’appel lancé en commun avec le DEFAP nous permet de le rappeler.
J’avais quelques scrupules à vous engager dans la direction africaine en particulier, craignant d’imposer des engagements personnels, mais finalement il est apparu que c’était vraiment de notre responsabilité. Que ce soit les Tchadiens ou les Algériens ces frères m’ont convaincu de notre devoir de nous engager à leurs côtés. Merci de confirmer cette orientation. 

Troisième recommandation


L’Assemblée Générale demande au Conseil de rechercher avec les partenaires du projet Mosaïc les moyens susceptibles de prolonger voire de pérenniser la mission au delà des 2 années initialement prévues.
Cette demande avait une visée financière. L’évaluation de cette mission demandée par le Conseil a été très positive et l’a conduit à décider que, puisque le service était considéré comme important, les finances seraient trouvées, ce qui a logiquement conduit le Conseil à faire un appel à candidature pour un nouveau chargé de mission pour 5 ans.

Quatrième recommandation


Elle concerne la commission jeunesse et demande que soient recherchés tous les moyens pour mutualiser les initiatives des membres de la FPF et les encourage à envisager des initiatives fédératives de grande envergure et mobilisatrices. 
Le travail de cette commission est très encourageant, elle joue pleinement son rôle, vous avez un compte rendu d’activité, je n’ajoute donc rien.

Cinquième recommandation
L’Assemblée Générale de la FPF recommande au Conseil de faire en sorte que le fonctionnement des Commissions s’améliore notamment en actualisant ou en en établissant leur cahier des charges et en se préoccupant de la participation effective des personnes qu’il a sollicitées pour en être membres actifs. 

Le Conseil a accompli un travail important dans ce domaine. Je ne fais que noter ce qui est présenté dans le rapport de gestion et pourra être repris lors de son examen.

Information-communication-documentation : la nouvelle commission est en place ; le site "protestants.org" est au centre de l’activité.

Justice-Aumônerie des Prisons : plusieurs mois de dialogues ont permis la finalisation et la clarification de l’organisation. Ce chantier se termine et devrait permettre à la commission de s’engager sur les questions importantes que la réforme pénitentiaire en cours demande.

Relations avec judaïsme et islam, ces deux commissions sont en cours de formation.
Comprenons-nous bien, je ne sous-entends pas que nous aurions des difficultés à trouver des membres, il s’agit en fait de réfléchir à la manière de travailler pour finalement recruter des personnes « adaptées » au projet. L’idée générale est qu’à partir d’un noyau réactif, des personnes ressources soient appelées régulièrement. Vous comprendrez facilement que dans des domaines aussi délicats que ceux-là, nous prenions quelques précautions. Il ne faut pas se tromper d’interlocuteurs…

Aumônerie aux armées : un groupe de travail a commencé une évaluation du service. Il ne doit pas aller trop vite, car une réforme des armées est prévue dans les semaines qui viennent…

Radio : notre responsable de service, Danielle Jeanne, prend une retraite bien méritée au 1er janvier 2009. C’est l’occasion de la remercier de son engagement fidèle au service de la FPF. Une équipe est au travail pour évaluer le service et proposer en fonction du travail attendu un profil de poste adapté.

Sixième recommandation


L’AG de la FPF, constatant la difficulté de susciter des candidatures féminines aux différentes instances et groupes de travail de la Fédération, recommande au Conseil de mobiliser Églises et CIOM sur ce point.
Cette recommandation concerne d’abord les Églises et CIOM qui doivent déléguer des femmes. Nous n’avons pas le pouvoir d’imposer la parité, mais autant que faire se pourra nous ferons en sorte que les femmes aient toute leur place.

Septième recommandation


L’AG de la FPF se réjouit de la qualité et de l’ampleur du travail réalisé en terme de communication et souhaite que cet investissement puisse se poursuivre avec dynamisme et détermination tant au profit des membres de la FPF qu’au bénéfice de la visibilité du protestantisme français dans l’espace public. Pour cela il convient d’améliorer, au service de tous, la mise en relation des différents media  (sites, radios locales et associatives, journaux etc.) utilisés par les membres de la FPF. 

Cette recommandation est importante et en même temps difficile à mettre en œuvre car elle implique divers partenaires qui n’ont pas forcément tous les mêmes attentes ni le même agenda.
Cela dit, nous ne perdons pas de vue cet objectif, et les évaluations des services qui sont en cours ont cette dimension dans leurs critères.
La communication devient un art difficile, il suffit de constater les emballées et tocades diverses des médias qui montent une anecdote en fait de première importance pour l’oublier le lendemain… Dans le tohu-bohu actuel, nous devons essayer de maîtriser notre propre communication pour ne pas nous faire piéger et pour, malgré tout, exister médiatiquement parlant.
Le site protestants.org devient un instrument central de notre communication. D’où son intégration complète dans le service et sa « modernisation » pour le rendre apte à supporter le poids de notre documentation tout en lui donnant la possibilité de fournir bientôt audio et vidéos. La réorganisation en cours est prometteuse.

Pour ce qui est de la visibilité du protestantisme, en plus du travail du service communication, nous y serons particulièrement attentifs lors d’événements particuliers, et notamment l’anniversaire Martin Luther King, l’année Calvin, la fête du protestantisme, etc. À suivre sur protestants.org .

 

ORIENTATIONS


Vous avez noté dans le rapport de gestion les trois priorités que le Conseil s’est donné au début de son mandat :

  1. encourager la vie fédérative locale,
  2. encourager un dialogue de fond à partir de la Charte,
  3. accompagner la présence et l’engagement social (au sens large) du protestantisme.

Nous avons traité les deux premières, qui recoupent la préoccupation de la première recommandation. La troisième priorité n’était apparemment pas dans le champ des préoccupations de la dernière Assemblée générale, voici ce qui est en cours.

Engagement social


Une concertation régulière a lieu avec l’Armée du Salut, la Cimade, le Centre d'Action sociale protestant (CASP), la Fédération de l'Entraide protestante (FEP), la Mission populaire évangélique (MPE), que nous pourrions appeler les principaux acteurs sociaux de la FPF. Cette collaboration a été à l’origine du communiqué du 1er octobre 2007 concernant le projet de loi sur l’immigration. Les protestants sont bien placés pour travailler sur les questions d’exclusion notamment. N’ont-ils pas été d’une certaine façon les premiers sans-papiers dans un pays où les religionnaires n’avaient plus leur place ! Il faudra encore rappeler que prétendre arrêter l’immigration est une utopie, qu’avant de donner des leçons, il convient de respecter ses engagements. Où en est l’aide aux pays en développement ? Les questions de cette sorte peuvent être multipliées. Il ne s’agit pas de se présenter en donneur de leçons. À plus forte raison pas en opposants idéologiques. Mais nous nous sentons obligés d’appeler à la solidarité, à la confiance, au respect des personnes. En matière sociale, il faut une politique du mieux, pas du plus.

Dans le domaine social, un chantier nouveau s’ouvre à nous par la grâce des temps que nous vivons. Les relations Églises-œuvres peuvent s’envisager à nouveau paisiblement sous l’angle de la collaboration, de la complémentarité, de la mission commune. Dans cette perspective, sous le titre général d’Église et diaconie, un atelier est ouvert. Le Conseil a confié à Alain Brabant (Fédération des Eglises évangéliques baptistes), Olivier Brès (FEP) et Christian Bouzi (Eglise réformée de France) la charge de piloter cet atelier avec le Bureau.
Le but est de faire réfléchir ensemble les Églises et œuvres de la FPF sur ce thème et de mettre ensuite à disposition de tous les résultats de ce travail. Ce travail doit certainement commencer en rassemblant ce qui a déjà été fait, et profiter ainsi des réflexions menées dans les Églises et mouvements sur le sujet. Merci donc aux divers représentants des Églises et œuvres présents de faire passer l’information dans leur milieu afin que l’ensemble de la FPF puisse bénéficier de leur travail. Ce projet rejoint l’action de la Fédération de l’entraide protestante (FEP) qui, lors de ses dernières journées nationales, a traité du sujet suivant : La référence protestante, un projet à vivre.  Nous ne pouvons que nous réjouir quand le protestantisme redevient référence et plus largement quand l’Évangile est remis au cœur du projet associatif.

Je ne peux pas passer sous silence l’aumônerie des hôpitaux, qui n’a pas de service dans la Fédération, mais qui en demanderait certainement un. Les besoins sont grands, nous attendons la prochaine réforme des hôpitaux pour y voir plus clair mais sachez qu’un chantier considérable est devant nous !

Pluri-identité


Lors de mes visites dans les pôles régionaux, j’ai eu l’occasion de reprendre plusieurs fois une expression employée par Jean Baubérot il y a 20 ans dans son livre intitulé le Protestantisme doit-il mourir ? Il y parlait de la pluri-identité du protestantisme. Depuis cette pluri-identité s’est enrichie au-delà de ce qu’on pouvait imaginer en 1987. On n’imaginait pas en particulier le changement apporté par les protestants venus du Sud. Le projet mosaïc témoigne d’une partie de cette évolution.
Mais depuis 20 ans le changement n’est pas venu que des apports extérieurs.

Le monde a changé, les Églises et les Œuvres également. Nous sommes passés d’une société dite moderne qui estimait que la conscience raisonnable de l’homme du XXe était supérieure à celle des générations qui l’avaient précédé, à une société postmoderne qui ne croit plus au progrès. Or pour quelques uns le protestantisme incarnait ce progrès (laïcité, individualisme, place des femmes, etc.) Il a failli mourir de cette victoire !
Mais, la religion n’est pas tombée d’elle-même comme un vêtement usé. Le XXIe siècle montre l’erreur de ce présupposé. Nos contemporains veulent « ré-enchanter le monde », dans notre société postmoderne, les religions et les spiritualités retrouvent une seconde jeunesse. Sans établir de lien de cause à effet, les réformés et les luthériens ne sont plus ce qu’ils étaient, les évangéliques non plus. Les cartes ont été rebattues. Et les uns ne sont pas condamnés à disparaître au profit des autres, tous nous évoluons et tous nous avons la chance de pouvoir bénéficier des dons des autres. J’ai une vision positive de l’avenir du protestantisme dans la mesure où ses membres sauront se rencontrer, collaborer et s’adapter aux défis de notre temps.
C’est la place nouvelle faite au spirituel dans notre société qui explique en partie que les relations entre Églises et Œuvres dans la FPF se renouvellent elles aussi.

La pluri-identité n’est pas un handicap, c’est une chance à saisir. De ce point de vue, notre Charte qui est plus dans le projet que dans la clôture a de l’avenir. Elle renvoie à l’essentiel qui sert de repère et de ligne d’horizon sans chercher à définir des frontières. Nous gravitons ensemble autour du Christ !

Demain


Nous vivons une période où les relations sont confiantes et permettent de collaborer sereinement : il n’y a pas de lutte de pouvoir dans la FPF.
Cette confiance est généreuse, mais il faut la préserver. Il ne faudrait pas être naïf et imaginer qu’il n’y a nulle part d’inquiétude ou de suspicion. Ce serait étonnant et pour tout dire anormal.
C’est bien pourquoi nous ne devons pas raisonner comme cet homme qui tombait du 55e étage en se répétant : jusqu’ici tout va bien !
Ne voyez nulle alarme dans ces paroles, j’espère vous avoir convaincu du contraire, mais pour que la FPF continue à aller bien et à se développer, il faut que la confiance soit renforcée et éclairée par une gouvernance adaptée.

C’est pour préparer tout cela que vous avez reçu une enquête intitulée : étude sur les contributions des membres de la Fédération. À ce qu’on m’a dit, sept unions d’Églises, seulement, ont répondu dans les temps (31 mars). Que les CIOM ne pavoisent pas, seuls 27 d’entre eux ont accompli leur tâche dans les temps !
Vous recevrez avant l’été une proposition de révision des statuts et du règlement intérieur pour les adapter à la nouvelle réalité pluri-identitaire du protestantisme. Vous devrez donner votre avis. Ce travail qui concerne aussi bien le collège des Églises que celui des Institutions œuvres et mouvements n’est surtout pas à négliger. L’institutionnel peut paraître lourd, peu enthousiasmant mais sans un fonctionnement clair de ce point de vue, la confiance s’effrite. Ce n’est pas l’essentiel, il faut voir plus loin que les règlements, mais sans règle nous ne mènerons pas nos projets à terme. Veillons donc ensemble à la bonne gouvernance, comme on dit aujourd’hui, elle contribue au bon fonctionnement « démocratique » et à terme à la cohésion et au développement de notre Fédération.

Vous ne serez donc pas étonnés que je vous demande d’approuver un projet d’assemblée générale 2009 sur deux jours pleins pour permettre à chacun de participer effectivement au travail. Il vaut mieux que ce soit cette assemblée qui le demande plutôt que le Conseil qui vous l’impose !

Je n’ai pas évoqué l’œcuménisme, je ne peux tout dire mais il faut aborder ce sujet quand il est question d’avenir. Au-delà des pesanteurs inévitables, je dirais qu’il n’y a pas d’avenir pour nous sans lui. Tout simplement parce que l’Église est non seulement universelle mais aussi chrétienne avant d’être protestante, catholique ou orthodoxe. L’œcuménisme va changer aussi, mais nous en reparlerons. J’espère que Gill Daudé notre bien aimé responsable du service œcuménique ne me contredira pas. C’est l’occasion de le remercier au moment où il s’apprête à nous quitter, non seulement pour le travail qu’il a accompli mais aussi pour son rayonnement au milieu de nous.

Signes


Je reviens à notre Fédération pour indiquer trois signes qui sont posés, j’en oublie certainement.

Je cite en premier le calendrier FPF de lecture, la "Bible en six ans", qui trouve de nouveaux lecteurs et constitue ainsi un réseau symbolique fort de notre pluri-identité.

Le rassemblement de jeunes ERF-FPF de juillet 2009 à Lyon.

"Protestants en fête" accueilli avec joie par tous ceux à qui j’en parle, dit aussi quelque chose de la volonté de nous retrouver pour être témoins ensemble !

Un mot concernant les personnes
Derrière tous les projets, services, actions, il y a des personnes que j’aimerais remercier en commençant par les membres du Conseil et tout particulièrement les membres du Bureau très souvent sollicités, et au sein du bureau spécialement le trésorier Jean-Daniel Roque. Je remercie également les responsables des services, mes assistantes (et oui en tant que SG et président j’ai eu le privilège d’avoir deux assistantes) tout le personnel de la FPF qui montre un bel esprit de corps. Nous regretterons ceux qui nous quittent, mais les nouveaux peuvent arriver sans crainte ! J’espère que la vision qui ressort de ce rapport les rend impatients de se joindre à nous !

Un mot enfin pour rappeler le souvenir du pasteur Daniel Jouve qui avait accepté une mission de médiation pour la FPF et qui nous a été repris brutalement. Ce souvenir serein en raison de notre espérance mêle les pleurs du semeur et les rires du moissonneur et nous amène finalement à tourner nos yeux vers celui qui donne corps à nos rêves et remplit nos bouches de rires, malgré tout ! (Ps 126).

Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France