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Company
USA
2003 ; durée : 1H50
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| Réalisation
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Réalisation
: Robert Altman. Scénario : Barbara Turner. Image :
Andrew Dunn. Musique : Van Dyke Parks. Prod : Capitol Films,
Killer Films. Distr. : Metropolitan Filmexport.
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| Interprétation
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Neve
Campbell (Ry), Malcolm McDowell (Mr. A.), James Franco (Josh),
la troupe du Joffrey Ballet de Chicago.
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| Auteur
: |
Producteur
et réalisateur américain né en 1925, Robert
Altman a toujours été un iconoclaste, dynamitant
tous les genres du cinéma : le western avec John McCabe
(1971), le thriller avec The long Goodbye (1973), le
film de guerre avec M.A.S.H.(1970) dont le succès
a fait de son auteur un des cinéastes américains
les plus connus en Europe. A noter parmi ses films les plus
marquants : Nashville (1975), A Wedding (1978),
Short Cuts (1993), Cookie's Fortune (1998) |
| Résumé
: |
Pas
vraiment de récit ni d'intrigue dans ce film qui se
déroule à l'intérieur du monde clos d'une
compagnie de ballets : la prestigieuse troupe du Joffrey Ballet
de Chicago. Sans doute, certains personnages se dégagent
(ainsi celui de Ry, jeune danseuse talentueuse et soliste
en devenir ; ou encore celui de Mr. A., le directeur de la
troupe, à la personnalité tyrannique et insaisissable),
mais ils restent toujours à l'état de fictions
esquissées et non poursuivies. Car le véritable
"héros" du film n'est pas un individu, mais
un collectif, la Compagnie, et son sujet en est la danse,
art de la beauté éphémère dont
Altman cherche à saisir l'essence.
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| Analyse
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Ce
qu'Altman met en scène, c'est une communauté
d'hommes et de femmes appelés au service de quelque
chose qui les transcende. Avec toutes les caractéristiques
propres aux communautés spirituelles : la vocation,
qui pousse à s'engager en toute connaissance des souffrances
attendues et à continuer en dépit des rêves
avortés ; l'élection, signe d'une grâce
imprévisible qui peut à tout instant abandonner
l'élu et le rejeter dans la masse des communs mortels
("I'm fired" dit un danseur qui, lors de l'ultime
répétition avant la représentation, se
voit remplacé au pied levé par un autre, encore
en collant de travail) ; le risque consenti : une danseuse
se rompt un tendon d'Achille ; rien n'est dit, mais on a compris,
c'est peut-être fini pour elle. Plus tard, elle suivra
des coulisses le spectacle - le culte presque, pourrait-on
dire - auquel elle aurait dû participer.
Mais c'est aussi par la danse elle-même, et au travers
des deux admirables ballets qui encadrent son film, qu'Altman
traduit cet engagement collectif au service de la fascinante
et dévoreuse déesse de la danse. Le premier
est en ouverture ; unis les uns aux autres par de longs rubans,
les danseurs dessinent dans l'espace le réseau qui
les lie. Dans le second, en conclusion, un énorme serpent
à la gueule ouverte engloutit l'un après l'autre
tous les personnages : les danseurs passent, la danse continue.
Jean Lods
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