| Auteur
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Né
en 1952, à Louisville, Kentucky, Gus VAN SANT appartient
à la « Génération Woodstock ».
Il est très influencé par le cinéma expérimental.
A partir de 1976, il sintéresse à la population
marginale et enchaîne des films qui connaissent un succès
critique et public. Gus VAN SANT a plusieurs talents : il est
réalisateur, acteur, scénariste, producteur, monteur,
producteur exécutif. Quelques titres : Mala Noche (1985)
- Drugstore cowboy (1989) - My own private Idaho (1991) - Prête
à tout (1995) - Will Hunting (1997) - A la rencontre
de Forrester (2000). |
| Analyse
: |
Gus
VAN SANT donne à voir avec constance des portraits
dadolescents, plus ou moins marginaux. Dans Elephant,
ces portraits sont dautant plus marquants quils
sinscrivent dans un contexte funèbre. Arriverons-nous
à percer le mystère de ce moment si terrible
? Pourrons-nous un jour comprendre ce qui peut un jour déclencher
une telle négation ? Pour répondre à
ces questions, le metteur en scène choisit de filmer
ses personnages au plus prêt, de dos ou de face, en
les accompagnant sans heurt dans les dédales du lycée.
Pourtant, malgré cette proximité apparente,
nul ne peut vraiment comprendre ce qui se passe. On filme
au plus prêt, on saisie la moindre bribe, quelque soit
sa banalité, avec une volonté de ne pas trop
interpréter pour laisser le spectateur libre de son
analyse.
La
chronologie de ce film reproduit la gravité. Tout se
construit autour des vingt premières minutes. Le temps
que John entre et sorte du lycée. Souvent, le même
« espace temps » est joué selon différents
points de vue comme la confrontation de plusieurs réalités.
Le flash back est utilisé uniquement pour montrer les
futurs tueurs. Le temps est sensible comme influencé
par nos personnages : il saccélère parfois
en regardant le ciel, il ralentit pour capturer un souffle
sur un terrain de jeu. Au delà du portrait, le temps,
par son traitement artistique, transmet une image dimmortalité
et une image de mystère. Une boucle éternelle
de lincompréhension qui souvre et se clôt
sur le ciel. Par son cadrage en plan serré, par son
montage fluide, par ses travelling souple, Gus VAN SANT filme
avec pudeur et tout en douceur. Parfois limage et le
son renforcent lisolement de nos personnages dans leurs
réalités : les arrières plans sont floutés,
le son est tû, le décor est vidé dhumanité.
Elephant est une invitation faite aux sens, à la fois
pudique et mélancolique, à limage de la
sonate pour piano de Beethoven ; une invitation pour essayer
dapprocher un mystère sans explication.
(Anne-Laure Dumortier)
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