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In
The Cut
Etats
Unis, 2002, durée : 1h42
interdit aux moins de 12 ans
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| Réalisation
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Réalisatrice
: Jane CAMPION ; Scénario : Jane CAMPION et Susan MOORE
; Photo : Dion BEEBE ; Productrices : Nicole KIDMAN et Laurie
PARKER. Distribution France : Pathé Distribution
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| Interprétation
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Meg RYAN (Frannie THORSTIN), Jennifer JASON LEIGH (Pauline),
Mark RUFFALO (Détective James A. Malloy), Kevin BACON
(John Graham), Nick DAMICI (Rodriguez)
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| Auteur
: |
Cette
anthropologue a suivi une formation de cinéma à
Sydney. Elle commence sa carrière en 1982 avec des
courts métrages et présente à Cannes,
Sweetie, en 1989. Elle a été révélée
à Venise en 1990, avec Un ange à ma table, et
consacrée au festival de Cannes avec La leçon
de piano, en 1992. In the cut est une adaptation dun
roman de Susan MOORE, co-auteur du scénario. Ce film
est co-produit par Nicole KIDMAN, qui fût lactrice
principale de Portrait de femme (1996). Jane CAMPION a souhaité,
pour ce film, organiser une répétition intégrale
pour ses acteurs, avant le tournage afin que chacun simprègne,
se questionne sur la psychologie de son personnage.
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| Résumé
: |
Frannie
est un professeur de littérature, à New York.
Elle a une quarantaine dannées et vit seule.
A loccasion dune rencontre avec lun de ses
étudiants, elle est témoin dune scène
intime entre un homme et une femme. Frannie apprend le lendemain
que cette dernière a été massacrée
par un tueur. Le policier chargé de lenquête
la questionne et entre pas à pas dans lintimité
de Frannie.
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| Analyse
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Ce
film pourrait être un « banal » film noir
dans une ville américaine. Cependant, il est réalisé
à New York, par Jane CAMPION. Du film noir, elle ne
conserve que léclairage en clair-obscur et les
ressorts narratifs qui font se dévoiler les personnages.
De New York, elle ne capte que la frénésie et
la fragilité par sa mise en scène saccadée.
Tout cela reste un décor, un cadre créatif au
service dun personnage féminin singulier, vu
par Jane CAMPION. Ce film nous livre avec délicatesse
et sensibilité le cheminement de Frannie, dans lacceptation
de ses désirs et de son identité. Ce film transmet
une dualité particulièrement délicate
à traduire au cinéma. Comment un personnage
lutte pour tenir une caméra à distance de son
humanité, puis abdique pour la laisser scruter son
identité. Le chemin est traversé par la violence
et la crudité. Le cadre artistique ancre les personnages
dans la réalité. Les mots sont crus, les crimes
existent, lenquête policière progressent,
la ville sincarne. Malgré ces éléments
de réalité, nous égratignons à
peine la surface de nos personnages. Lorsque la caméra
sapproche, fixe, sincruste, nous pourrions presque
palper un malaise, une terreur quant à cette intrusion.
Puis soudain, le carcan craque, les grilles sabaissent.
Limage renvoie alors une acceptation ou une abdication.
Cette réalisatrice occupe une place particulière
dans le cinéma contemporain. Elle a comme constante
de livrer des portraits de femmes, en marge, en marge dune
société et de leur identité féminine.
Elle nest pas une conteuse mais une scrutatrice sensible
et émouvante. Elle réussit le délicat
équilibre de livrer une émotion sans donner
en pâture. Libre à nous de la percevoir ou de
préférer sarrêter à la surface.
Anne-Laure DUMORTIER PRO-FIL Paris
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