| Analyse : |
Un film surprenant : une disparition… sans suspense, pas de « happy end ». Un exposé d’une grande sobriété, sans recherches racoleuses. La banalité d’une vie, puis d’un drame au quotidien : la modestie des moyens n’est pas toujours gage de médiocrité. TEHELIM, traduisez : psaumes. Le film baigne en effet dans ce milieu où Dieu, La Torah, le Sabbat occupent une bonne part de l’existence. A cet égard, les goys découvriront avec intérêt l’intimité d’une foi, et des pratiques qui vont avec. Si les signes extérieurs ne vont pas au-delà de la kippa, l’autorité du grand-père, le patriarche, demeure, qui éclaire par les lectures pieuses tous les évènements de l’existence. Mais cette soumission programmée à la Loi n’est pas du goût de tous. La mère s’enferme dans sa douleur, le silence, l’absence, n’admet qu’avec réticences la main tendue du clan. Quant à l’ado Menahim, flanqué du petit frère David, il ne se satisfait pas de l’absence non élucidée. Il va échafauder une touchante opération, où, distribuant généreusement sur la voie publique à la fois les psaumes fabriqués par l’oncle éditeur… et les économies du ménage fortuitement découvertes, il sollicite des passants, en échange, leurs prières pour le père disparu. On imagine la détresse de la mère… et la colère de l’oncle et du grand-père : les psaumes dilapidés, et avec une prime en plus ! Certes, la « plaie d’argent » va s’interrompre avec la reconnaissance juridique de l’absence, bien longue à obtenir. Image ultime, la mère et les deux fils assis côte à côte, à un arrêt de bus de banlieue : il faut tenter de vivre… Nulle sensiblerie, une chronique de la vie ordinaire, où l’auteur s’efface pudiquement au-delà des faits… (Jacques Agulhon) |