Auteur(s) : CLERMONT Jean-Arnold de
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ASSISES de la FEDERATION PROTESTANTE de FRANCE
29-31 octobre 1999 - Palais des Congrès, à Versailles
Monsieur le Président, Chères sœurs et Chers frères,
Les premiers mots de ce message doivent être des mots de remerciements pour celles et ceux qui ont permis par leur travail acharné depuis des mois que nous soyons réunis pour ces jours de fête et de partage à Versailles. J'entends d'abord le Secrétaire général, le pasteur Christian Seytre, et l'équipe qu'il a constituée pour préparer nos temps de réflexion, d'échanges, de culte, de fête. Je veux y ajouter les services de la rue de Clichy, et celles et ceux qui à Versailles contribuent activement à notre accueil.
Que chacun sache combien leur travail nous permet de vivre maintenant un moment fort pour notre Fédération protestante de France.
Car qu'est-ce que les Assises de la Fédération protestante ? Ce n'est pas une Assemblée générale; nous n'avons pas, ici, à débattre de la vie et des orientations de la Fédération protestante.
Ces Assises n'ont aucun pouvoir sinon celui, relativement symbolique, d'adresser des recommandations aux " instances de la Fédération", terme générique qui ne recouvre me semble-t-il que son Conseil. Lesquelles recommandations seront " obligatoirement prises en considération " et les instances de la Fédération " rendront compte aux Assises suivantes de la suite qu'elles y auront donnée....". C'est en relisant les statuts, il y a quelques jours avec le Secrétaire général, que nous avons découvert cette obligation qui nous était faite. Dès sa séance de janvier 1996 qui suivait les Assises de Toulouse, le Conseil avait répondu à chacune des dix recommandations qui lui avaient été faites, tout d'abord en constatant qu'elles avaient été transmises aux directions d'Eglises et de Départements, puis en commentant certaines d'entre elles (vous en trouverez le détail dans l'extrait de procès-verbal joint à mon message). Permettez-moi seulement de souligner l'esprit qui me semble présider à cet exercice tout à fait singulier des recommandations. Elles sont, comme le disent nos statuts, avec le message final, l'un des modes d'expression de notre Assemblée. Dans la mesure où elles ne peuvent faire l'objet que d'un débat limité, elles doivent, pour l'essentiel, appeler le Conseil à lancer une étude, ouvrir un débat, exercer sa fonction de parole publique. En ce sens elles contribuent à susciter le dialogue intraprotestant et son expression extérieure. Cela étant, permettez-moi aussi de penser que l'essentiel est ailleurs; il est dans la fête et le partage. La fête que représentatif de toutes les Eglises, Institutions, Œuvres et Mouvements qui constituent la Fédération protestante. Et le partage qui est notre mode à nous de donner un contenu à la fête. Le partage c'est le maître mot de notre rencontre; il dit que nous sommes venus nous offrir les uns aux autres le fruit de notre réflexion, le fruit de notre espérance. Cela se fera dans le débat, probablement la confrontation d'idées et de convictions, mais dans un but bien précis qui est d'offrir plus largement qu'à nous-mêmes la possibilité d'entrer dans le dialogue, et de cheminer avec nous dans l'oeuvre de nos vies, qui est de rendre compte de la Parole qui nous anime.
Le propre d'un message confié au président est de lui donner de s'exprimer à la première personne, et d'offrir ainsi une contribution introductive personnelle. Je ne veux en aucune façon me substituer à l'équipe qui a préparé ces Assises avec ses carrefours et ses ateliers, en particulier, avec un document préparatoire qui aurait mérité une plus large diffusion et plus de réactions. Je veux encore moins rivaliser avec Fritz Lienhard qui introduira la réflexion théologique sur le thème. Je souhaite seulement cadrer ce que la Fédération protestante peut attendre de nous, alors que nous sommes constitués en " Assises ".
Même si le titre donné à notre rencontre peut paraître un peu prétentieux " Une espérance à vivre, une société à construire " on voudra bien nous faire le crédit que jamais nous n'avons pensé à travers notre réflexion commune " refaire le monde ". Pas plus que nous ne voulons, en deux jours, " redécouvrir l'Evangile ". Mais notre souhait est d'offrir aux protestants français, et à celles et ceux qui s'intéressent à leur parole, comme un ordre de mission en ces temps où par le déroulement inéluctable du calendrier nous approchons d'une année charnière. Certains y voient raisons de s'alarmer. D'autres, plus nombreux et tout aussi inquiétants pour la vie de la société, n'y voient que raisons de festoyer. Nous, nous y trouvons l'occasion d'exprimer notre attente, notre espérance,notre engagement responsable. Et c'est sur ce terrain que je m'engage pour vous exhorter à y marcher, résolument.
" Par Jésus-Christ, nous sommes libérés des liens impies de ce monde, en vue d'un service libre et reconnaissant parmi ses créatures''. Ces quelques mots sont extraits de la Confession de foi de Barmen adoptée en 1934 par quelques centaines de laïcs et de pasteurs qui, par cette déclaration, ont, en fait, créé ce qu'on a appelé l'Eglise confessante ''. Ces mots, dans lesquels je me reconnais pleinement, disent l'essentiel de ce que j'aimerais partager avec vous en ce début de nos Assises sur le sujet qui nous occupe "spiritualité et citoyenneté". Je ne ferai que les redire avec mes mots, à partir de textes bibliques et de situations qui me touchent particulièrement et qui
devraient, à mon sens, orienter la vie de notre Fédération d' Eglises et d' Associations.
Liberté et service, ce sont les deux mots-clés de la citation de Barmen. Deux mots-clés pour notre protestantisme. Sa liberté, Dieu sait que le protestantisme la revendique ! Et tout d'abord comme l'expression la plus vigoureuse peut-être de ce qu'il entend de l'Evangile. Un évangile de libération. Ou tout baptisé se sait délivré des forces de mort, se sait passé de la mort à la vie, pour marcher avec le Christ vers la plénitude de la vie, la vie nouvelle du ressuscité, une vie au service de ses frères et soeurs en humanité. Et c'est bien parce que notre vie est marquée de ce sceau-là, que nous portons un regard tout à la fois sans complaisance et pourtant plein d'espoir sur notre monde.Relisez l'apôtre Paul : Ce qui nous constitue comme être humain, ce qui nous met debout devant Dieu et devant les hommes, c'est une Parole qui nous appelle, nous libère de la Loi qui veut faire de nous un numéro ou un pion. Cette Parole affirme que l'individu appartient à une famille qui dépasse les frontières, les communautarismes, les ghettos, les marqueurs d'identité. Cette parole affirme que cette famille est constituée d'hommes, de femmes et d'enfants, de toutes tribus, langues et nations, qui ne vivent que de se reconnaître, dans le Christ, frères et soeurs aimés de Dieu. "Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n'y a plus ni Juif, ni Grec ; il n'y a plus ni esclave, ni homme libre: il n'y a plus l'homme et la femme; car tous, vous n'êtes qu'un en Jésus-Christ " (Gal. 3, 26-28)
Le premier dossier que j'ai trouvé sur mon bureau en arrivant rue de Clichy était celui de nos relations avec les Eglises du Congo-Brazzaville. Des amis revenaient de voyages sur place. Ils avaient entendu le témoignage de frères et de soeurs maltraités, pillés et violées. Ils avaient vu de leurs yeux les ravages de la misère. Ils nous faisaient partager leur désarroi mais aussi leur volonté de faire entendre ces cris qui résonnaient dans leurs coeurs.
Plusieurs autour de nous, et certains présents ici aujourd'hui, ne pouvaient que confirmer leur dires. Au plus profond de nous se faisait entendre une voix que nous reconnaissions. Elle ressemblait tellement à celle que nous entendons à nos côtés quand le dimanche nous entonnons le chant de notre foi, elle ressemblait tellement à la plainte qui monte de notre coeur quand nous prions pour nos proches qui souffrent, elle ressemblait tellement à la parole de nos prédicateurs qui nous disent la compassion du Christ pour ceux qui désespèrent... Dans ces cris venus du Congo-Brazzaville nous avons reconnu la voix de nos frères et de nos soeurs dans la foi et, ce faisant, la solidarité qui indéfectiblement nous unit à leur peuple.
C'est tout naturellement alors que se dessine notre devoir de parole. Auprès des pouvoirs publics, auprès des médias, auprès de nos coreligionnaires. Citoyenneté internationale ! Où les frontières disent souvent, pas toujours, des spécificités culturelles, politiques, économiques, mais que l'Evangile nous convainc de franchir pour dire que notre espérance défie les forces de la mort, et nous appelle à construire des solidarités apaisantes et réconciliatrices. Chacun de nous, bien sûr, déclinera ce thème à sa manière, à partir des réseaux dans lesquels il se trouve engagé. Chacun ouvrira son coeur aux voix qu'il reconnaît. Chacun tournera ses regards vers tel ou tel continent. Notre histoire, comme les troubles relations qu'entretient notre pays avec l'Afrique francophone, me semble tracer aujourd'hui des priorités.
Certes, la violence qui prévaut au Congo-Brazzaville ne saurait être comparée à celle qui traverse notre société, mais celle-ci représente un défi qui me semble directement adressé à chacun de nous comme aux Eglises ou Associations que nous représentons ici. Pourrions-nous faire comme si le message des Béatitudes n'était pas au coeur de notre spiritualité ? Nous avons tous en mémoire le chant de ce texte qui rythme la vie des communautés monastiques. De même qu'il nous est rappelé avec force par ceux qui ont fait le choix résolu de la non-violence et qui nous renvoient à la parole de Jésus: " Heureux les doux, ils auront la terre en partage ". Dans un récent article d'Etudes Théologiques et Religieuses (3/99) le professeur Elian Cuvillier interprète la parole de Jésus sur les "violents" et parcourt l'Evangile de Matthieu pour montrer combien il est jalonné par la violence. Une violence dont il dit qu'elle est constitutive de l'advenue prochaine du Royaume de Dieu. Mais alors, comment interpréter chez Jésus l'appel au jugement de Dieu ? Violence répondant à la violence ? Bien au contraire ! Refus de nous faire vengeance nous-mêmes. Appel a la repentance. Compréhension de la mort de Jésus comme la dernière violence contre le Royaume de Dieu. " A la croix, écrit Elian Cuvillier, meurt le Dieu de la vengeance et de la rétribution ". Je vous engage bien sûr à lire cet article, mais je l'évoque ici pour souligner combien cette question de la violence de notre monde touche au coeur de notre compréhension de l'Evangile de Jésus-Christ. Elle nous pousse à relire les Béatitudes et le Sermon sur la Montagne comme l'appel à un nouvel ordre de valeurs, en opposition radicale à la violence des hommes.
Ce radicalisme du Sermon sur la Montagne, qui en déroute plus d'un, mais qui dit le renversement apporté par la venue du Christ, et la vie nouvelle à laquelle il nous appelle et que l'Esprit rend possible, ce radicalisme retentit pareillement chez Paul quand il lie avec force la liberté à laquelle nous sommes appelés et le service les uns des autres auquel donne accès cette liberté. " Amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi " (Gal 5, 22) les mots ne manquent pas à l'apôtre pour indiquer la voie nouvelle qui s'ouvre à nous.
Comment répondons-nous à la violence de notre société ? J'entends bien les explications que nous en donnons : la défaillance de l'autorité parentale, les inégalités criantes et provocatrices de violence d'une société à deux vitesses, l'étalage de violence de notre télévision, la banalisation de la corruption, l'alcool et la drogue...
Mais il est totalement insuffisant d'analyser. Il nous faut répondre à ce défi qui est tout autant citoyen que spirituel par un engagement résolu. Dans son rapport oral au Consistoire Supérieur en avril 1998, le Président Marc Lienhard, indiquait quelques pistes pour chacun de nous comme pour nos Eglises et Associations. Travail sur nous-mêmes en qui la violence est innée, réapprentissage de la vie en société en reconnaissant à chacun sa dignité propre, utilisation de nos lieux d' Eglises comme autant de lieux de médiation, de dialogue.
Je veux ici partager avec vous ma conviction que notre diversité protestante, celle que nous connaissons bien dans notre Fédération protestante de France, est quant à ce défi de la violence dans notre société française, une richesse sans pareille. Dès lors que nous saurons toujours mieux entre nous dialoguer et communiquer, dès lors que nous saurons nouer et renouer avec les autres confessions chrétiennes et probablement les autres religions présentes dans ce pays des dialogues ouverts, dès lors que nous refuserons de nous enfermer dans notre citadelle, et sortirons à la rencontre de tous ceux qui aspirent à la paix, notre spiritualité fondée sur la Parole du Christ contribuera à construire une société plus humaine. Nous saurons dire alors ce qui est du Règne de Dieu et dénoncer tout ce qui est incompatible avec lui.
S`il est un domaine qui à mon sens ne devrait pas être trop longtemps éludé, c'est celui du pouvoir économique dans notre société.En disant cela, en utilisant le mot " pouvoir ", je prends le risque de réveiller de vieux souvenirs. Car s'il est un débat qui a laissé des traces dans notre protestantisme français, c'est bien celui autour du document "Eglise et pouvoirs " publié par la Fédération protestante en 1971. Je n'ai aucune
nostalgie des controverses qui ont embrasé nos Eglises ou nos journaux pendant plusieurs mois après la sortie de ce document. Toutefois, sans négliger le risque de récupération politique, je crois qu'il ne nous est pas possible de faire comme si la vie professionnelle de milliers d' hommes et de femmes n'avait rien à voir avec nos convictions spirituelles. Nous n'accordons sans doute pas assez d'importance dans nos vies d' Eglises à la vie professionnelle de leurs membres. Et pourtant nombreux sont ceux qui, dans et hors les Eglises, souhaiteraient établir quelques ponts entre ce qu'ils ont entendu lors de leur catéchisme voire ce qu'ils entendent au culte, et ce qu'ils vivent au jour le jour dans leur travail.
A plus forte raison lorsque l'actualité vient les heurter de plein fouet comme par l'annonce du projet de suppression de quelque 7 500 emplois dans l'entreprise Michelin, alors même qu'étaient annoncés des profits en réelle augmentation. Le choc d'une telle annonce a été d'autant plus mal ressenti qu'il venait d'industriels jusque-là soucieux de la communauté humaine de leur entreprise.Changements d'homme à la direction de l’entreprise, défaut de communication, impératifs financiers ? Il nous revient pas, ici, de conduire l'analyse, mais de constater que, pour le moins, le dialogue social n'a pas été mené qui aurait indiqué qu'une entreprise industrielle, comme toute autre, est d'abord une communauté humaine.
Alors même que le temps disponible pour les loisirs, la culture, la famille ou l'individu tend à s'accroître, ouvrant à chacun un horizon de choix et d'engagement plus large, ne serait-il pas contradictoire que le temps du travail échappe de plus en plus à ceux qui en sont les acteurs principaux. Il ne suffit pas d'annoncer une espérance pour ce monde. Il nous faut la vivre dans une démocratie - le mot certes est galvaudé - toujours plus effective. Il serait incohérent et dangereux que le monde économique y échappe. Or il a, au cours des dernières décennies, largement développé ses lois et ses fonctionnements sans que nous lui accordions suffisamment d'attention. Il me semble que le temps est venu pour que nous sachions dire, redire probablement, combien le primat de l'économique sur l'humain nous semble étranger au chemin sur lequel la vie du Christ, la vie en Christ nous engage.
Or, indépendamment des membres de nos Eglises engagés dans la vie professionnelle, nous bénéficions de l'expérience des oeuvres protestantes, employeurs significatifs notamment dans le secteur sanitaire et médico-social, qui devraient avoir leur mot à dire dans les questions sociales et économiques telles que les Protestants peuvent les approcher. Elles savent, par exemple, l'importance qu'a prise dans leurs réflexions de ces derniers mois, la négociation sur la réduction du temps de travail. Et il leur a bien fallu, dans ce travail que le projet de loi sur les 35 heures leur imposait, mettre au cœur des accords qu'elles préparaient, la finalité de leur entreprise.
Finalité de l'entreprise, mondialisation, lois des marchés .. je dis seulement que notre compréhension de la société dans laquelle nous vivons, et de la place des êtres humains dans cette société, cette compréhension doit être éclairée par la foi qui nous anime. C'est ainsi que nous avons été nombreux à nous retrouver dans la mobilisation en faveur de la remise de la dette des pays les plus pauvres de notre planète. Plus modestement, c'est ce qui a conduit la Commission sociale, économique et internationale à proposer et faire accepter par le Conseil de la Fédération une réflexion sur la corruption. C'est encore ce qui devrait nous réunir pour défendre la place des émissions religieuses sur les chaînes de télévision du service public, contre tous ceux pour qui l'audimat serait le seul critère de leur maintien. Spiritualité et économie. Il nous reste beaucoup à dire. Il ne faudrait pas nous arrêter en chemin..
En s'adressant aux responsables des communautés religieuses alsaciennes, en 1997, le Ministre de l'Intérieur et des cultes, Monsieur Jean-Pierre Chevènement, a tenu à leur faire part de sa compréhension de la laïcité. Il a notamment insisté sur le fondement judéo-chrétien des valeurs de la République Française. Il me semble que nous devons le prendre au mot et faire entendre qu'aujourd'hui comme hier les courants spirituels ont le devoir de se faire entendre dans tous les débats qui permettent à ces valeurs de la République d'évoluer, de s'adapter aux contraintes ou aux besoins nouveaux de notre société. Le chantier qui s'ouvre devant nous est vaste, à la mesure des évolutions économiques, scientifiques, culturelles de notre société. Le protestantisme a su participer au débat avec la modernité
C'est du moins le crédit qui souvent lui est fait. Il doit le confirmer aujourd'hui autant qu'hier tant notre société est tentée par les conservatismes, par l'abusive simplification des réponses aux défis contemporains. Le protestantisme doit choisir le chemin du débat ouvert, de la diversité en dialogue, parfois en tension. C'est le chemin qu'il connaît et dont il sait la richesse. Il a suffisamment souffert des périodes d'interdit et d'enfermement sur lui-même pour savoir que le vent du large est le meilleur des stimulants. Il est le meilleur défi à être un protestantisme " confessant ", libre, au service des hommes et des femmes de ce monde qui aspirent à un mieux-être, à un mieux-vivre.
BIP 1484 - 1-15 novembre 1999
Source(s) : BIP ; ASSISES DE LA FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE
Date de parution : 29-31 octobre 1999
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org