Citoyenneté et espérance : une espérance à vivre - une société à construire, texte 1

Auteur(s) : NICOLE Emile

"UNE ESPERANCE A VIVRE - UNE SOCIETE A CONSTRUIRE"
Assises d'Octobre 1999

Citoyen d'une autre cité, le chrétien a pour espérance la venue et le règne de Jésus.

" Pour nous, écrit Paul aux Philippiens, notre citoyenneté est dans le ciel; de là nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ " (Ph 3.20). Il relie ainsi citoyenneté et espérance, situant l'une et l'autre dans le ciel, à l'opposé de ceux qui " ne pensent qu'aux choses de la terre " (v. 19).

On pourra suivre ailleurs dans le Nouveau Testament la convergence de ces deux thèmes. Retraçant la longue lignée des champions de la foi, l'auteur aux Hébreux dépeint les ancêtres nomades en quête d'une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste (Hb 11.16). C'est à la même quête qu'il entraîne ses lecteurs : " Nous n'avons pas ici bas de cité permanente mais nous cherchons celle qui est à venir. " (Hb 13.14). Dans la même perspective pour les chrétiens de Colosses " l'espérance qui leur est réservée dans le ciel " (Col 1.5) et Pierre, pour les " élus étrangers dans la dispersion " (1 P 1.1), l'héritage, lui aussi réservé dans le ciel (1 P 1.5).

Au coeur de cette espérance, la venue de Jésus : " Ayez une parfaite espérance en la grâce qui vous sera apportée lors de la révélation de Jésus-Christ " (1 P 1.13). A l'horizon de la conduite pieuse, est évoquée " la bienheureuse espérance, la manifestation de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ-Jésus " (Tt 2.13). L'espérance purificatrice (1 Jn 3.3) est de voir Jésus " tel qu'il est " lorsqu'il paraîtra et de lui être semblables (1 Jn 3.2). Ainsi Jésus-Christ peut être appelé lui-même " notre espérance " (1 Tm 1.1).

Le message radical que nous livre le Nouveau Testament peut sembler effrayant ou tout simplement inadapté. Le chrétien serait-il donc à ce point étranger à la citoyenneté d'ici-bas ? inapte à partager quelque espérance commune avec ses frères humains ? pour prévenir le scandale d'une Eglise détachée du monde, ne faut-il pas lancer des passerelles ? reformuler le message en termes plus conviviaux ?

Et si la bonne réponse à cette tension évidente n'était pas de convertir le message, mais d'y croire... vraiment, et d'en vivre ? Et si de croire au ciel, de témoigner d'une espérance au delà de ce monde, faisait plus pour le bien de ce monde que les efforts d'adaptation du message ? C'est évidemment une question de foi.

BIP 1471

Source(s) : BIP
Date de parution : 1 - 15 mars 1999


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