Espérance et citoyenneté proposition d'animation

 

"UNE ESPERANCE A VIVRE - UNE SOCIETE A CONSTRUIRE"
Assises d'Octobre 1999

Quel message annoncer en catéchèse ?

Une proposition d'animation catéchétique : réflexion autour de l'épître aux Philippiens.

INTRODUCTION

La personnalité de Paul ainsi que son parcours peuvent interpeller les jeunes.

Paul est un chrétien passionné et un témoin de choc. Sa vie, son expérience et ses écrits nous montrent qu'il est possible de croire au sein de l'adversité ; que la foi peut être prise au sérieux dans sa capacité à traverser les épreuves ; que l'on n'est pas chrétien tout seul ; qu'il est possible d'être un chrétien joyeux ; que la vie chrétienne peut s'inscrire dans une vision dynamique de la foi.

Vivre de l'Evangile est une mise en marche. Le texte de Paul montre que la vie du chrétien peut être comparée à un chemin. C'est un message précieux pour la catéchèse : croire, c'est ne pas savoir à l'avance. Croire, c'est tout sauf se croire "arrivé". C'est faire partie du peuple de Dieu, ce peuple des gens du voyage et de la route, toujours en marche, comme Abraham, jamais arrivésÑcomme MoïseÑ passeur de frontière, comme Jésus, pélerin et missionnaire comme Paul.

Voici, grâce à Paul, une vision dynamique de la foi qui montre que la vie chrétienne n'est pas seulement un départ mais aussi et surtout une marche. avec ses temps de découvertes, ses chemins de traverse Ñses temps d'arrêt aussiÑses pas assurés ou vacillants. Ce qui compte n'est pas de s'avancer vers un sommet à atteindre, comme dans une randonnée en montagne, mais de cheminer ensemble et personnellement. Ce message que Paul adresse aux communautés chrétiennes de son temps est d'actualité pour notre société fascinée par la performance et la compétition. En effet, dans un monde où ce qui compte est de se dépasser soi-même ou de dépasser les autres, la parole de Paul dérange.

ANIMATION CATECHETIQUE PROPOSEE

Autour de Philippiens, 3, 12-21

REMARQUES

Les thèmes qui traversent cette épître nous semblent particulièrement appropriés pour parler de l'espérance. Ainsi le chapitre 3 qui nous invite à une réflexion sur le thème de l'élan...

Le vocabulaire sportif que Paul utilise dans ce chapitre-là pour parler de la foi et de la condition du chrétien est intéressant en catéchèse. "J'ai été saisi par Jésus-Christ", dit-il.

Ce texte montre que l'espérance est d'abord une force reçue malgré soi. Elle est de l'ordre du don : Paul n'a rien saisi, rien demandé, rien fait lui-même.

Ensuite, cette espérance nous conduit en avant : espérer, c'est marcher.

L'image paulinienne de la course dans Philippiens 3 est une métaphore intéressante de l'espérance chrétienne comme dynarnique qui met en route, qui donne un élan.

DEMARCHE

1. Lire Philippiens 3, 12-21 Relever tous les mots qui ont un lien direct avec la course.

2. Qu'est-ce qui fait courir un sportif ? Réaliser une fresque des différents moments d'une course (soit en dessinant, soit en collant des photos découpées dans des journaux) : l'achat du matériel (= chaussures, T-shirts) ; l'entrainement ; la préparation physique et mentale ; le jour même (= stress, angoisse, solitude, les autres sont des adversaires, etc.) ; l'échauffement ; le départ ; la course, l'arrivée ; les résultats ; la joie du podium ou le désespoir de la défaite.

3. Comparer la course aux Jeux Olympiques et la course selon Paul Si l'on compare la course telle qu'elle se vit aux J.O. et celle énoncée par Paul, on découvre qu'il n'y a pas identité, mais décalage. Décalage entre la course-compétition du sportif où il faut être plus fort que l'autre et la course du témoin de l'Evangile pour une vie plus forte que la mort...

Les catéchumènes seront invités à repérer ensemble ces décalages.

4. Reprise

Voir avec les jeunes ce qui, dans notre société, ressemble à la course aux J.O. et ce qui, aujourd'hui, se rapproche de la course selon Paul.

Suggestion : réflexion individuelle d'abord (et en silence). Puis, rassemblement des réponses données (lecture collective par exemple).

N.B. Il faut certainement éviter l'écueil d'une opposition simpliste entre "le monde" d'un côté (mauvais, aliéné, dangereux) et la vision de Paul de l'autre (qui serait une vision exemplaire, un modèle à suivre, etc.) : en effet, notre monde est porteur de tout cela à la fois. C'est l'édifice tout entier qui doit être transformé en profondeur, converti, et qui est promis à l'espérance.

Dans cet échange avec les jeunes, il importe de relever à la fois la gravité des forces de mort qui dominent dans la société, et les forces de résurrection au sein de ce monde.

5. "J'ai fait un reve... De quel monde les jeunes rêvent-ils ? Ce temps de conclusion peut être un atelier d'écriture ou un échange informel. Ou encore la rédaction d'un texte qui s'apparenterait à une confession de foi.

Les jeunes peuvent réutiliser, s'ils le désirent, des images sportives (objets, moments de la course, etc.). Par exemple en détournant le sens initial de tel ou tel geste, objet, moment, événement.

Tout est possible pour ceux qui rêvent : les chaussures de sport se mettent au service des vanus-pieds, l'échauffement avant la course devient de la chaleur au service de la fraternité, l'esprit d'équipe se met à souffler sur les solitaires, etc.

Ce dernier temps est important. En effet, l'analyse critique et réaliste du monde ne suffit pas : les hommes ont besoin d'utopie et d'espérance. N'oublions pas que les prophètes et les apôtres étaient aussi poètes.

"Voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment l'espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec persévérance."2 Romains 8, 25.

Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : juin 1999


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