Pas de développement durable possible sans aborder la question de la justice

Auteur(s) : KEK;CONFERENCE DES EGLISES EUROPEENNES;

La Conférence des Eglises européennes écrit à la Présidence espagnole de l'UE à la veille du Sommet du Conseil européen à Barcelone

"Un développement durable est irréalisable si l'on ne considère pas comme il se doit sa dimension éthique, et les preuves de cette dimension nous semblent insuffisantes" dans les documents actuels de l'Union Européenne (UE), dit une lettre de la Conférence des Eglises européennes (KEK) adressée à Monsieur José María Aznar, Premier Ministre espagnol, à la veille du Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union prévu à Barcelone les 15 et 16 mars. Selon la KEK, les églises sont "particulièrement déçues par la décision récente de certains Etats membres de l'UE de rejeter la proposition visant à consacrer à l'aide publique au développement 0,33% de leur Produit National Brut d'ici à 2006".

La lettre à Monsieur Aznar est signée par Keith Jenkins, Directeur de la Commission Eglise et Société de la KEK, qui rappelle que, à la fin du mois de janvier, des représentants de la KEK et de l'Eglise Catholique romaine ont déjà rencontré la Présidence espagnole de l'UE, et émet l'espoir que "la réunion de Barcelone prendra des mesures décisives pour la poursuite de la Stratégie de l'UE en matière de Développement Durable".

"Les dimensions économique, environnementale et sociale - écrit Keith Jenkins - interviennent à égalité dans le développement durable. Nous aimerions encourager l'UE à se diriger vers une totale intégration des trois piliers dans sa stratégie globale de développement durable". Il s'avère totalement insuffisant de définir le développement durable "en termes de richesse matérielle et de croissance matérielle" sans reconnaître qu'"il existe des limites environnementales" et sans aborder "la question de la justice". Il importe également de se pencher sur la "dimension externe" du développement durable, à la fois en tenant compte des pays européens qui ne sont pas encore membres de l'UE et en ne perdant pas de vue les pays en développement.

Les églises ont exprimé une profonde préoccupation par rapport au refus (de l'Espagne, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Grèce et de l'Autriche) d'accroître d'ici à 2006 leur contribution à "l'aide publique au développement". "En particulier après les événements du 11 septembre," poursuit la lettre, "il est dans l'intérêt de l'UE, ainsi que du développement durable, d'accepter sa responsabilité pour les régions du monde plus pauvres ou en voie de développement".


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Conférence des Eglises Européennes - Bureau de la Communication Communiqué de Presse N. 02-08/ef

Source(s) : CONFERENCE DES EGLISES EUROPEENNES;KEK;
Date de parution : 12 mars 2002


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