Paris, le 13 décembre 2004
Le Président : |
|
|---|
Monsieur le Président,
Alors que vous vous apprêtez à participer au Conseil européen des Chefs d’Etats et de Gouvernements qui décidera de l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, je tiens à vous faire part des échos tous récents reçus du Patriarcat œcuménique de Constantinople (Istanbul).
Au cours des dernières semaines, après qu’un attentat non élucidé ait eu lieu contre le siège du Patriarcat, les mesures vexatoires se multiplient (refus de laisser le Patriarche répondre à une invitation de l’Ambassadeur des Etats-Unis, refus de laisser rouvrir le séminaire de Halki, (lieu de formation des cadres de l’Eglise orthodoxe…).
La tension est telle que le Conseil œcuménique des Eglises et la Conférence des Eglises européennes ont dû envoyer un message de soutien au Patriarcat (lettre ci-jointe en copie) et une délégation qui doit s’y rendre cette semaine fera un rapport circonstancié.
Autant – comme l’ont écrit en juin dernier – nos Eglises n’ont pas à se prononcer sur le cadre juridique et les conditions qui seront fixées par le Conseil européen, autant elles doivent insister sur le fait qu’il leur semblerait incompréhensible que la liberté de religion, le droit des minorités, comme la reconnaissance du génocide arménien, ne soient pas clairement énoncés comme des exigences intangibles liées à la demande d’adhésion.
En vous demandant de vous faire l’avocat du droit des minorités religieuses, je ne veux, avec les Eglises en Turquie, que développer l’espoir que l’adhésion ouvrirait pour elles une nouvelle étape de reconnaissance et de liberté.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma considération distinguée.
Pasteur Jean-Arnold de Clermont
Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : 13 décembre 2004
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org