Hommage à Paul RICOEUR
de la Fédération protestante de France

La Fédération protestante de France est en un deuil profond.

Non seulement parce que Paul Ricoeur était le grand philosophe reconnu de tous et dont nous sommes si fiers : celui dont l’œuvre immense a tant contribué à ce qu’une pensée rigoureuse indispensable s’exprime toujours en une parole dialoguante, consciente de ses limites, et pourtant créatrice d’avenir, « ouvrant du possible à l’homme ». Mais si notre deuil est profond, c’est aussi parce que c’est un incomparable lecteur d’évangile qui va nous manquer. Même s’il a souvent pris soin d’affirmer que sa démarche philosophique était distincte de celle de sa foi.

Tel qu’il était, philosophe et croyant, il a été un merveilleux inspirateur et un accompagnateur persévérant de toute une génération, dans le protestantisme français et bien au-delà, aux Etats-Unis en particulier. Par exemple pour ces étudiants et ces jeunes auxquels, dans les années 60, il a appris qu’on ne peut dissocier « le socius et le prochain » ou que « le prochain » c’est aussi « soi-même ». Ou encore en décryptant en philosophe, aussi loin que possible, surtout dans ses œuvres les plus récentes, des thèmes éminemment théologiques tels que l’importance de l’histoire, de la mémoire, de l’oubli et du pardon.

Lors d’un important débat public sur les grands problèmes d’aujourd’hui organisé à Lyon en 2000 dans le cadre d’un Synode national de l’Eglise réformée de France, il avait terminé sa contribution avec deux mots, qui l’exprimaient tellement lui-même, qu’ils nous restent comme un précieux héritage, à conserver et à vivre : « en conclusion, avait-il dit, je vous laisse seulement deux mots, avec toute leur exigence : Conviction… et Bienveillance ».

Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : 22 mai 2005


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