Un état d’urgence sociale

COMMUNIQUE

A Paris, le 10 novembre 2005

Autant les explosions de violences de ces derniers jours sont inacceptables en ce qu’elles mettent en cause toutes notions de vivre ensemble, autant elles étaient malheureusement prévisibles du fait de la situation créée par le quasi-abandon dans lequel se sont trouvés trop de quartiers devenus au fil des années de véritables zones de non droit.

Malgré les efforts et les réels engagements des acteurs locaux (municipalités, associations, services d’enseignement, etc.), les actions ayant pour objet le maintien du lien social se sont trouvées interrompues ou affaiblies, ne pouvant plus s’inscrire dans la durée, faute de crédits. Il importe que les collectivités locales et les associations de quartiers puissent pleinement assumer leur rôle d’intégration sociale.

C’est pourquoi il leur faut retrouver leur capacité d’action, par des dispositifs de médiation sociale, en lien avec les enseignants pour les plus jeunes, ainsi qu’avec les différentes équipes de prévention et d’animation. La prévention, en plus des résultats positifs immédiats, a un impact décisif sur le moyen et le long terme, très précisément sur les questions de violences urbaines, ainsi que d’insertion sociale et professionnelle.

Nous faisons part de notre inquiétude concernant les budgets sociaux annoncés pour 2006 qui se traduisent notamment par une baisse importante des crédits dans le domaine de la prévention et de la lutte contre l’exclusion. Il importe de rétablir rapidement et durablement les crédits aux associations de quartiers et aux équipes de prévention, aux actions d’îlotage et aux services publics de proximité.

Le rétablissement de la paix sociale ne peut passer que par la reconnaissance de la dignité de chacun. Nous insistons sur le fait que toutes les actions doivent être menées dans le plus grand respect de la laïcité, afin de favoriser l’ouverture, le dialogue, l’intégration et l’acceptation de tous.

Dans la situation présente, toute opération du retour et du maintien de l’ordre doit être explicitement accompagnée d’actions sociales et éducatives. Nous insistons pour que tous les dispositifs facilitant l’insertion sociale et professionnelle restent des dispositifs ouverts, permettant à tous d’accéder à des formations qualifiantes et garantes de promotion professionnelle.

D’une façon plus générale, nous soulignons la nécessité de retrouver les chemins de la mixité sociale afin qu’il y ait une réelle co-construction d’un « vivre ensemble » porteur d’espoir pour tous. Cela passe par la reconnaissance et la mobilisation citoyenne et associative, par l’implication des entreprises, en lien avec les municipalités et les collectivités locales dont la mission essentielle se trouve ainsi confirmée, celle de « faire société » à la base dans les quartiers.

Il y a urgence d’humanité, de fraternité, d’amitié, de solidarité, de partage et de rencontres.
Osons aller vers celui qui, autre que nous-même, est sur le bord de la route, nous inquiète, nous fait peur. Osons dire et vivre notre fraternité.

Fédération de l’Entraide Protestante
47 rue de Clichy – 75311 Paris cedex - Tél. 01 48 74 50 11 – E-mail : contact@fep.asso.fr

Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : 10 novembre 2005


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