M. Jacques Maury, président du Conseil National de l'Eglise Réformée de France, dans sa lettre du 24 mars 1972, nous a exprimé le souhait de ce Conseil que la question de la confirmation par l'immersion fasse l'objet d'une clarification explicite. Il est vrai que dans les articles 71 et 105, ainsi que dans le chapitre sur la théologie du vêtement, la Charte de l'Union de prière fait allusion à cette pratique, sans qu'il ait semblé nécessaire de donner à son sujet plus de précisions. Aussi est-ce très volontiers que nous faisons ici, pour le Conseil national, un exposé explicite, de nature, nous l'espérons, à dissiper toute obscurité.
1. Nous noterons d'abord qu'un certain nombre de membres de l'Union de prière non baptisés, - en général "présentés" à Dieu dans la première enfance, selon la liturgie de l'Eglise Réformée de France, ou une liturgie analogue, - ont ensuite demandé et reçu le Baptême sous la forme biblique de l'immersion. De tels Baptêmes, nous le savons, sont pleinement admis par l'Eglise Réformée de France ; ils sont inscrits sur le registre des Baptêmes de la paroisse du néophyte. Pour notre part, nous les estimons conformes à la Parole de Dieu. Les croyants qui sont passés par ce chemin sont devenus des membres confessants de l'Eglise ; ils ont éprouvés dans leur conscience les réalités de grâce offertes par le Seigneur, en même temps qu'ils sont incorporés par un acte net à l'Eglise visible. Nous rejoignons ici, en communion avec l'Eglise réformée de France, une pratique largement suivie dans l'Eglise des premiers siècles.
2. En revanche, lorsque des personnes qui ont reçu le Baptême par aspersion dans l'enfance, ou comme catéchumènes, nous demandent de leur donner l'immersion, il ne s'agit nullement pour nous de renouveler un sacrement qu'elles ont déjà reçu. Cette immersion est alors un signe qui vient confirmer le Baptême, dans le sens d'une consécration personnelle à Jésus-Christ, d'une communion à sa mort et à sa résurrection, en vue du service qu'Il demande à ses fidèles pour l'Avènement de son règne : Romains 6/3-13. Dans ce cas, la formule baptismale n'est pas employée, mais celle-ci : "Je te confirme dans l'alliance de ton Baptême, au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit". L"expression, "je te confirme" est la moins inadéquate que nous ayons trouvée. Elle souligne que cette immersion exprime visiblement tout ce qui est donné dans le Baptême, "signe extérieur par lequel Dieu scelle en nos consciences les promesses de sa bonne volonté envers nous" (Calvin, Institution chrétienne, Livre IV, ch. XIV, paragraphe 1) ; elle invite le croyant à saisir la grâce qu'elle signifie, et à vivre pleinement son Baptême.
3. De plus, l'immersion à laquelle se soumettent librement ceux qui s'y sentent appelés dans leur coeur par le Saint-Esprit a pour nous un sens prophétique ; elle est en rapport direct avec l'illumination du peuple juif et la Parousie de Jésus-Christ, que nous espérons prochaine.
4. Cette "confirmation" n'a pas de caractère institutionnel. Elle n'est pas un acte officiel de l'Eglise ; c'est une action privée de nature spirituelle. Elle n'est donc inscrite sur aucun registre. L'Union de prière se refuse à fonder une dissidence, qui reposerait sur cette pratique.
5. Tout fidèle déjà baptisé, et appartenant à une paroisse de l'Eglise Réformée de France, qui parvient à la conviction que Dieu l'appelle à demander cette immersion, doit s'en ouvrir préalablement à son pasteur. C'est en effet une question de cure d'âme, qui concerne directement celui-ci. Si le pasteur jugeait qu'il doit opposer son interdiction, l'Union de prière s'inclinerait, car elle ne saurait pratiquer l'immersion à l'insu, ou malgré le veto du pasteur intéressé.
6. En raison des liens qui l'unissent à l'Eglise Réformée de France et des précisions données ci-dessus, l'Union de prière croit pouvoir continuer, comme elle l'a fait depuis sa fondation, à pratiquer l'immersion dans les lieux où elle tient ses rencontres : retraites, réunions de continuation et réunions de zone (Charte, paragraphe 87, 90-91 et 93.)
7. Dans les Temples de l'Eglise Réformée de France, et dans les rencontres de l'Union de prière, la Sainte Cène unit autour de la Table-sainte, en communion avec Jésus-Christ, aussi bien les personnes baptisées par aspersion - enfants ou catéchumènes - que celles qui ont reçu l'immersion. En tant qu'Association cultuelle, l'Union de prière les admet les unes et les autres comme Membres sans aucune discrimination (Charte, paragraphe 105.)
Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : juin 1972
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org