Spécial Assemblée générale de la FPF

La Fédération protestante de France, a accueilli 5 Eglises et 3 associations

Alleluia !
Le 11 mars à 17h30, soulagement et sérénité au 47 rue de Clichy ! Plus de 60 voix sur 66 se sont prononcées pour l’entrée de cinq Eglises évangéliques, pentecôtistes et charismatiques. L’attente des résultats avait été rythmée par un alleluia prophétique au rythme latino, proposé par le pasteur Gill Daudé de retour de la 9ème Assemblée œcuménique de Porto Alegre.

« C’est une joie profonde d’entrer à la FPF » a déclaré le pasteur Jacques Trujillo, président de l’Union des Fédérations Adventistes de France (UFA), qui était en dialogue depuis plus de 15 ans avec la FPF. « Je suis ravi » a ajouté pour sa part le pasteur Florian Rochat, responsable de la Communion d’Eglises protestantes évangéliques (CéPéE). L’émotion était bien palpable lorsque le pasteur de Clermont a donné l’accolade au pasteur Jean-Marc Potenti de La Communion des Eglises de l’Espace francophone (CEEF), au pasteur Vincent Esterman de l’Union des Assemblée protestantes en Mission (UAPM), et à Daniel Lucero président de l’Union des Eglises protestantes Foursquare-France (UEPFF).

« Certains nous diront : vous vous acoquinez avec des gens qui troublent votre image progressiste et ouverte » a constaté le président de la FPF, Jean-Arnold de Clermont, lors du traditionnel déjeuner de presse de l’AG. « Au contraire nous sommes en train d’affermir notre image en tant que protestants, en privilégiant le débat et notre volonté de témoignage dans la société. »

L’une des interventions les plus touchantes aura été celle de Janine Pirotte, déléguée de l’Eglise réformée de France. « Il y a deux ans, nous vous avions fait part d’un grave blocage dans le Nord, sachez que maintenant tout va bien. » Localement, les Eglises ont travaillé depuis 2003, année d’entrée en probation de ces 5 unions d’Eglises. Sur le plan national, le Conseil et les services de la FPF ont aussi étroitement associé les candidates au travail fédératif. Un rapport établi Eglise par Eglise par des commissions de suivi a permis à l’assemblée de prendre la mesure du parcours accompli.

Des questions, dont le Conseil de la FPF tiendra compte, dans sa prochaine session des 20-21 mai, ont aussi été soulevées par l’assemblée, qu’elles soient dues à l’élargissement de la FPF ou à la lecture du rapport de gestion de la FPF 2005-2006, présenté avec finesse par le pasteur Pierre-André Schaechtelin, sur le thème du jardinier cultivant la diversité fédérative. Sophie Schlumberger du service biblique de la FPF et Gill Daudé du service des relations œcuméniques de la FPF ont chacun pointé le manque de travail théologique fédératif. Anne-Marie Boyer de la Commission d’accompagnement du Service biblique a renchéri « Il faut avoir, à la fois, l’amour et l’audace de dire qu’on a une lecture différente de la Bible. L’assemblée générale a entendu cette interpellation et voté une recommandation. Elle a « demandé au Conseil de la Fédération protestante de France de favoriser et d’encourager le travail en commun de ses membres sur les thématiques indiquées à l’article 2.1. de la Charte, notamment les questions théologiques et éthiques et les différentes conceptions ou pratiques ecclésiales. »

La fédération rassemble désormais, 22 Eglises et 81 Communautés, Institutions, œuvres et mouvements, représentants quelque 500 associations protestantes. Car ont aussi fait leur entrée : Portes Ouvertes (Frère André) qui autrefois portait des Bibles au-delà du rideau de fer et aujourd’hui dans le Maghreb, Les Baladins camps de jeunes autour du théâtre itinérant et Radio Espoir 82.

Afin de mieux refléter la nouvelle configuration fédérative, le nombre de délégués à l’AG sera dès 2007 : 72 délégués pour les Eglises et 24 délégués des Communautés, institutions, œuvres et mouvements, soit 15 délégués supplémentaires. Parmi les attributions des délégués, se trouve le vote du budget. Ce qui a fait s’interroger le pasteur Jean-François Collange, président de l’Eglise de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et Lorraine, une des Eglises les plus grosses contributrices au budget de la FPF - celui de 2006 a été adopté et se monte à XXXXXX euros. Est-il normal que de petites institutions faibles contributrices mais très représentées puissent voter un budget ? Et Etienne Lhermenault de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes de rétorquer qu’il faudrait se poser la question de la participation des Eglises au budget, Sophie Schlumberger rajoutant que mettre à disposition des compétences humaines au service de la FPF était une contribution importante. Marie-Françoise Lubeth - dont le portrait passait dans l’émission Présence Protestante sur France 2, au même moment - a pu témoigner, en tant que Secrétaire général de la Communion des Eglises d’expressions Africaines (CEAF), de la difficulté pour les Eglises non historiques de contribuer, une grande partie des dons partant dans l’immobilier.

Combat et débat du protestantisme dans la société
Dans son message d’ouverture (p.5-9), le pasteur de Clermont s’est inquiété de « la phobie antisecte » et du « regard soupçonneux d’une part de la population française à l’égard du mouvement évangélique ». « On a même inventé dans les médias une distinction sémantique entre les Eglises "évangélistes" et les Eglises "évangéliques", les mauvaises et les bonnes! », a-t-il déploré.

Devant la presse, il s’est inquiété d’un durcissement de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qu’il soupçonne de vouloir « faire du chiffre ». Le président de la Miviludes, Jean-Michel Roulet, avait annoncé, lors de sa nomination en septembre dernier, qu’il souhaitait obtenir rapidement cinq jugements contre des sectes.

Le président de la FPF a annoncé qu’il allait saisir la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) du refus de plusieurs Caisses d’allocations familiales (Ille-et-Villaine, Meuse, Ain, Tarn, …) de rembourser des bons de vacances pour des associations protestantes. « Ce dossier sera déposé à la Halde avant le 14 juillet », a-t-il déclaré à la presse.
La FPF dénonce, depuis quatre ans, ces refus mais vient d’apprendre l’existence d’un contrat d’objectif entre le Gouvernement et la Caisse nationale d’allocations familiales recommandant d’exiger pour le remboursement des bons de vacances des conventions qui mentionnent explicitement la neutralité religieuse des associations concernées, a-t-il expliqué. « On nous dit en haut lieu que les Caisses d’allocations familiales (CAF) sont autonomes, mais il y a des instructions qui viennent du sommet », a-t-il poursuivi, soulignant que les refus, qui surviennent au rythme « d’une fois par mois », sont tous formulés dans des termes similaires. Un dossier comprenant ce nouvel élément, avait été envoyé au cabinet du ministre chargé des cultes. La diffusion de cette information dans la presse, a activé une réponse du ministère de l’intérieur qui travaille à une solution avec le ministère de la solidarité.

Le président de la FPF a aussi annoncé qu’il était convoqué le 14 mars au tribunal de grande instance de Paris pour être mis en examen après une plainte pour diffamation déposée contre Le Figaro et lui-même par le député-maire de Montreuil (93) Jean-Pierre Brard (app. PCF). Depuis, la rencontre avec la juge d’instruction a eu lieu ; le Président de la FPF n’a pas été mis en examen ; il est considéré comme témoin assisté, ses déclarations confirmées par des dépêches AFP montrant qu’il n’avait pas lui-même accusé l’élu de discrimination.
A partir d’avril, le tribunal de Bobigny commencera l’instruction de la plainte déposée en juillet 2005 par des associations évangéliques de Montreuil, la FPF étant partie civile, contre M. Brard lui reprochant des intrusions dans des cultes dominicaux en violation de la loi de 1905 sur la laïcité.

En solidarité avec le président de la FPF, l’assemblée générale a exprimé dans une recommandation « son soutien à l’action de son Président en faveur du respect effectif de toutes les croyances (article 1er de la Constitution) et de la diversité religieuse (article 22 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne), de la liberté de religion, qui implique la liberté de manifester sa religion (article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales), de la garantie par la République du libre exercice des cultes (article 1er de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905) ; Elle « approuve les actions menées pour faire dire le droit lorsque toutes les autres possibilités d’intervention et de discussion ont été épuisées. »

Dans son message, le président de la FPF a évoqué plusieurs axes de travail de la FPF : les solutions alternatives à la prison, la question des migrations, une réflexion des Eglises et associations protestantes sur la crise sociale, autant de sujets de débats et d’actions qui seront proposés à la réflexion sur le site Internet www.protestants.org dès le mois de juin.

L’aumônerie assurée le samedi matin par Antoine Schluchter et le dimanche par la Fédération protestante en région parisienne ont permis un ressourcement spirituel emprunt d’humour. Le pasteur Corinne Akli nous suggérant d’être plus fakir, pauvre à la grandeur d’âme, que mesquin. Cette année la présidence de l’assemblée avait été confiée à la vice-présidente de la FPF, Isabeau Beigbeder et deux temps d’animation de débats à Claude Baty et sœur Bénédicte. Tous trois membres du conseil de la FPF, ils connaissent très bien les dossiers et étaient en mesure de relancer les questions.

La prochaine assemblée générale de la FPF (31 mars-1er avril 2007) devra élire le prochain Conseil de la FPF de 18 à 25 membres, lequel choisira, en son sein, son bureau et donc son nouveau président.

Myriam Delarbre – Bulletin d’information protestant

Source(s) : FPF;FEFEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : 12 mars 2006


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org