Garoua, le mercredi 6 février 2008
Très chers amis et partenaires,
Nous vous remercions pour vos réactions immédiates suite à l’appel au secours des réfugiés tchadiens qui affluent au nord Cameroun en ce moment.
En réponse aux questions de ceux d’entre vous qui aimeraient avoir plus d’informations sur cette tragédie, nous portons à votre connaissance que le nombre de personnes en provenance du Tchad qui se sont réfugiés au Nord Cameroun est de 52 000 personnes, suivant le chiffre publié ce matin, alors qu’on parlait hier encore de 25 000.
Malgré le retrait des rebelles, la population tchadienne n’a pas confiance dans un apaisement durable et n’envisage pas pour le moment de retourner dans son pays. La rumeur se propage en effet que les rebelles se sont retirés pour mieux s’alimenter en minutions et qu’ils reviendront pour attaquer la ville.
En ce qui concerne le secours, les organismes tels que la croix rouge et le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) ont commencé à se mobiliser pour tenter de faire face à la situation, mais leur action est très insuffisante par rapport à l’afflux réfugiés qui sont venu doubler la population habituelle de la ville de Kousseri au Cameroun.
En ce moment, l’EFLC a mis sur pied son service de développement local pour fournir à la population qui est abritée dans ses locaux, quelques sacs de céréales qui représentent bien peu de choses par rapport au nombre de personnes à nourrir. Nos membres de l’Église dépêchés sur place nous informent déjà de la présence de maladies liées au manque de nourriture, de l’eau et de choléra.
Quant à la mobilisation religieuse, c’est une panique générale. Chaque congrégation essaie de faire à sa manière pour secourir les populations qui affluent pour trouver refuge dans les églises. Il faut dire que cette catastrophe a surpris tout le monde, à tel point que les responsables religieux improvisent avec les moyens du bord pour assurer une aide d’urgence à la population réfugiés.
Il faut aussi préciser que l’EFLC est l’Église chrétienne la plus implantée dans la ville de Kousseri, à majorité musulmane. Quatre pasteurs de l’EFLC servent dans la ville de Kousseri, chacun desservant quatre paroisses.
La paroisse du centre est située à seulement 600 m du pont qui relie Kousseri à N’Djaména. Elle est la plus touchée par l’affluence de la population réfugiée avec déjà plus de 1500 personnes réfugiées sur le terrain paroissial, dans la maison, l’école primaire de l’église récemment ouverte. Les autres paroisses abritent chacune environ 500 à 600 personnes. Mais le nombre ne fait qu’augmenter d’heure en heure.
Quant aux besoins journaliers de la population sinistrée, il y a une urgence en alimentation et en eau. Le seul robinet d’eau que l’Église a dans sa paroisse du centre, a été ouvert depuis le début de l’arrivée des premiers réfugiés jusqu’à ce jour. Les céréales sont les éléments les plus importants et urgents pour nourrir cette population.
En seconde priorité dans l’urgence humanitaire, vient la prise en charge des problèmes de santé. Et en dernier plan le problème vestimentaire.
Pour l’hébergement des réfugiés, nous sommes en train d’acheminer sur place la grande tente de 2000 places assises appartenant à l’Église, qui pourrait permettre d’abriter 600 familles. Le camion de 7,5 tonnes que nous avons reçu de Kerkinactie (Mission des Églises protestantes hollandaises) nous permettra d’une manière ou d’une autre de ravitailler cette population en vivres.
Nous vous remercions par avance de venir en aide à ce peuple si démuni par votre soutien financier, mais aussi par vos prières et pour que la situation de ces familles réfugiées trouve rapidement une issue. Merci pour votre bonne collaboration.
Robert Goyek
Le président de l’EFLC
Source(s) : FPF;FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE;
Date de parution : 06 février 2008
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org