Méditation pour le temps de l'AVENT Les anges de Piero della Francesca par Sylvie Albecker-Grappe, docteur en sciences de l'Antiquité
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1. La Vierge de l’espérance.
Madonna del Parto
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Marie, vêtue de bleu baisse les yeux. Une main sur la hanche dessine une courbe gracieuse qui répond à celle de l’autre bras. Le peintre aime la symétrie et les mathématiques. La main droite dégrafe les boutons de la robe et s’appuie sur le ventre rond. Marie se tient hiératique, telle une fille de roi sous le dais précieux, mais son visage, presque taillé à la serpe et sa coiffure de femme mariée sont ceux des paysannes. Le bleu de sa robe est couleur de ciel, de chasteté. Elle n’est pas vêtue de pourpre, malgré son port de reine. Elle est à la fois divine et humaine. Sa face montre une pureté un peu triste. Marie ne nous regarde pas, elle se dresse simplement, comme l’aube, calme émerge de la nuit. Si son regard est lointain, c’est peut-être parce que l’ombre est puissante, et qu’elle teinte nos vies de souffrances. Il n’y a pas de fanfare à Monterchi, seulement une jeune femme mélancolique dont la main désigne l’espérance. Les anges nous regardent, c’est par eux que nous sommes invités à passer le seuil, de l’ombre à la lumière. Il y a eu l’ange messager de l’Annonciation, voici les anges passeurs. Ils dévoilent un seuil, un passage. Nous sommes pareils à Moïse, à nos yeux se dévoile le buisson que rien ne consume, ou plutôt la braise avant qu’elle ne devienne flamme.
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2. La Madone de Sénigallia. Urbino
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A gauche, un cabinet aux fenêtres en verre, luxe exceptionnel pour l’époque. A droite un placard mural qui contient une corbeille avec des linges, élément de nature morte. Cela évoque la vie domestique de la Vierge et peut-être la maison de Nazareth que l’on disait arrivée miraculeusement à Lorette, dans la région de Pérouse. L’ange rose, avec un collier de perles représente peut-être Giovanna, la jeune épousée. Un ange bleu, plus riche encore, avec ses broderies d’or et son lourd pendentif, peut-être Giovanni. Ils attendent la bénédiction de Marie et de son fils. Marie en simple robe de pourpre et en manteau bleu. A la fois humaine et divine. L’enfant, une rose à la main regarde vers le spectateur, il porte le collier des petits baptisés de la région en corail, en signe de protection. Tout est calme et harmonie sévère. Les couleurs subtiles jouent dans la lumière. Marie au front pur ne sourit pas, sa joie demeure secrète, ses yeux à peine ouverts songent. La lumière pénètre un peu le gris de la pierre. L’ombre n’est pas encore totalement vaincue, l’ange rose, l’ange bleu l’ont compris, ils se mettent sous la protection de Celui qui vient.
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3. Le Retable de la Bréra. Milan
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4. La nativité
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Pour terminer, en guise d’envoi, j’ai choisi un poème de Sylvie Reff :
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