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Colloque 29 janvier au 1er février 2004 à Strasbourg
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Par Isabeau Beigdeber, vice-présidente du conseil de la Fédération protestante de France. Le pasteur Jean-Arnold de Clermont regrette de ne pouvoir lui-même ouvrir cet important colloque. Il est en effet retenu par une rencontre qu'il doit présider réunissant la Conférence des Eglises chrétiennes et le Conseil des conférences épiscopales en Europe. Cela dans le cadre de sa nouvelle fonction de Président de la conférence des Eglises européennes. (KEK) Il m'a chargée de vous transmettre ses salutations, celles du Conseil de la Fpf et formule des vux de pleine réussite de ces journées. Si la Fpf, avec de nombreux partenaires, est partie prenante de ce colloque sur l'extrême droite, c'est bien parce que lui est apparu nécessaire dans la période actuelle de rassembler, de confronter, d'échanger et d'approfondir les réflexions menées depuis plusieurs années au sein de bon nombre de nos Eglises et paroisses préoccupées par la montée inquiétante et déroutante des discours d'exclusion, xénophobes et racistes, contraires aux valeurs évangéliques d'ouverture et d'accueil. Ce colloque
s'inscrit donc dans une certaine continuité d'initiatives qui
témoignent bien de la vigilance qui doit être la nôtre
sur ces phénomènes. Nécessité
d'ouvrir de nouvelles pistes non seulement pour la réflexion
mais aussi pour l'action. Les compétences ici rassemblées
et la diversité des engagements représentés sont
de bon augure pour la réalisation de cet objectif. Il en est ainsi de la mondialisation critiquée au nom de thèses nationalistes, de la construction de l'Europe critiquée au nom de la préservation d'une identité culturelle française soi-disant pure et authentique, ou encore l'amalgame entre terrorisme, immigration, insécurité et islam ; d'une revendication de " valeurs " morales fondées souvent sur des intégrismes religieux qu'elle sait utiliser à son profit ; une dialectique subtile et grossière à la fois islamophobie et antisémitisme : quand il est question de l'un on exhibe tel ou tel partisan issu de l'autre communauté, etc. Mais attention, ce ne sont pas seulement les thèses et les thèmes de l'extrême droite qu'il convient d'analyser mais aussi la forme, l'art et la manière de manipuler les esprits notamment les plus faibles et les moins " armés " culturellement ou intellectuellement, manipulés à coup de slogans sécuritaires et haineux occultant toute réflexion sur le développement du lien social, de l'intégration, des causes des migrations. N'est-ce pas à nous protestants, qui avons une sensibilité particulière aux messages transmis par la parole orale, d'être spécialement vigilants face à des discours d'une rhétorique consommée qui distille, souvent mine de rien, des messages de haine ? Nous avons
le devoir d'entendre et en quelque sorte de prendre au sérieux
ces discours et ces attitudes qui se nourrissent bien souvent de vraies
réalités sociales et humaines qu'il faut savoir regarder
en face car justement elles constituent la racine et le terreau des
comportements d'extrême droite. En effet, il faut le dire et parfois
avoir le courage de le reconnaître : les problèmes et les
questions auxquels l'extrême droite prétend apporter des
solutions ne sont pas toujours de fausses questions ou de faux problèmes.
Autrement dit, nous ne pouvons nous en désintéresser.
Démarche
d'analyse pour comprendre et mieux " déconstruire "
les thèses extrémistes et tenter d'éclairer ainsi
ceux qui les partagent.
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