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Colloque 29 janvier au 1er février 2004 à Strasbourg
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Approche fondamentale Esprit et méthode d'un travail théologique à propos de l'extrême-droite Fritz Lienhard, professeur de théologie pratique à la faculté de théologie protestante de Montpellier, souligne qu'une approche chrétienne de l'extrême-droite se doit d'abord de marquer sa différence : elle refuse l'exclusion par principe. Et à ce titre il salue comme " égaux dans le dialogue " les éventuels participants au colloque qui seraient proches des idées de l'extrême-droite. C'est avant tout la " prise en considération des personnes " qui caractérise la réflexion chrétienne dans le champ politique. Le colloque est aussi une réunion de travail qui impliquera un certain effort intellectuel pour prendre au sérieux les questions que pose aux chrétiens la montée du vote pour l'extrême droite, particulièrement en Alsace. Théorique mais aussi pratique, la méthode du colloque cherche à être concrète pour déboucher sur une " éthique pragmatique ".
La théologie chrétienne est-elle fondée à s'intéresser aux questions politiques ? Ou la politique doit-elle être tenue à distance de la spiritualité ? Pourtant le christianisme ne peut faire l'impasse sur l'eschatologie, la visée des " fins dernières ", le christianisme agit dans le présent en ayant toujours en perspective l'avenir. Un " avenir absolu ", le " Royaume de Dieu " mais qui ne doit pas faire oublier " l'avenir relatif ", les conséquences futures des choix politiques présents. Cette projection dans les deux formes de l'avenir constitue l'aspect politique de toute théologie : " quel avenir voulons nous ? " D'autre part, en alliant " révélation " et " raison ", le christianisme implique la discussion. " Révélation " et " Raison " s'équilibrent et la tradition protestante tout particulièrement, a toujours affirmé l'autonomie de " l'espace " du politique et de l'" espace " spirituel. Les chrétiens sont les défenseurs du pluralisme, de la négociation en vue d'un " processus démocratique ". Une éthique pragmatique Il faut d'abord faire le "constat de la réalité " en ayant toujours à l'esprit ce que cette réalité dit de la " nature humaine dans toutes ses dimensions ". Présentes sur le terrain social par le biais des associations, des uvres et des mouvements, spécialisés dans l'action " diaconale ", les Églises ne peuvent se voiler la face : " la spiritualité doit aller de pair avec la solidarité ". La conviction chrétienne que " l'autre n'est ni meilleur ni pire que moi " fonde leur action au service de l'autre. L'annonce de l'évangile se fait " en situation ". La règle du jeu La méthode
du colloque sera d'abord de chercher à comprendre cette situation
et ensuite d'interroger notre propre héritage sans éviter
la reconnaissance de notre propre responsabilité. Il s'agit "
d'accepter la singularité des points de vue ". Le
pluralisme est un principe de base du débat en christianisme. Ces engagements des chrétiens pourraient prendre trois formes : - Chercher
à rejoindre ceux qui se sont laissés séduire. Qu'ils
soient " non-chrétiens " ou aussi, il faut le
reconnaître, membres de nos Églises. Une " pastorale
des électeurs de l'extrême droite " serait à
imaginer. Roland
Kauffmann, |
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