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Colloque 29 janvier au 1er février 2004 à Strasbourg
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| Insertion, intégration, assimilation : les modèles politiques d'accueil des musulmans Les espaces de la laïcité Olivier Roy Le débat actuel sur la laïcité fait oublier qu'elle n'est pas une idéologie mais « l'organisation des espaces propres aux religions et à l'État ». Elle n'a pris son allure de « consensus républicain » actuel qu'après la désaffection religieuse des années 70. Il ne faudrait pas oublier les clivages tout au long du siècle dernier entre associations laïques et patronages par exemple. D'autre part, la laïcité n'autorise pas l'État à intervenir sur le dogme. Se demander aujourd'hui si l'islam, par exemple, est « compatible avec les valeurs de la République » n'est pas pertinent. C'est la « pratique politique et l'histoire » qui ont toujours rendu les religions compatibles avec l'organisation politique et sociale des sociétés occidentales. L'avortement est typique de cette situation, la loi s'impose à l'Église catholique dont le dogme n'a pas évolué jusqu'à aujourd'hui. L'Église peut condamner la pratique mais elle doit respecter la loi et ne pas troubler l'ordre public. Cette règle du jeu est nécessaire et suffisante pour régler les relations entre État et religions. De même pour l'islam, c'est un débat théologique interne qui doit définir le dogme et non la loi. Islam et politique La question est finalement de définir la pratique politique des musulmans. Entre la volonté prosélyte (convertir les populations des pays d'accueil) et le refus de l'État Nation au profit de « la Nation islam » (et donc le choix du terrorisme international), la majorité des musulmans, partout en Europe « acceptent la pratique du pays d'accueil ». Plus encore, ils conforment leurs revendications à la loi. En Angleterre, la revendication est d'être reconnue comme « groupe ethnique », en Belgique, elle est linguistique et en Allemagne, il s'agit d'être inclus dans le système de l'impôt d'Église. C'est partout la volonté de s'inscrire dans le cadre légal spécifique des relations entre les Églises et l'État : à partir de la « grammaire politique » propre à chaque pays. En France, la revendication des organisations musulmanes est d'être au bénéfice de la loi de 1905 tandis que pour les individus, l'attente est plutôt d'être intégrés au sein des institutions légales ou politiques. Religion de la culture ou contre la culture Le problème n'est pas spécifiquement lié à l'islam mais à une évolution transversale de la place et du rôle des religions dans la société. Au sein même des Églises établies, les théologiens sont mis de côté. Le « retour du religieux » dans les années 80 et 90 est une forme de « déculturation ». Dans toutes les religions on assiste à l'émergence d'une spiritualité de la rupture. Conversion individuelle puis rejet de la tradition et de l'institution. C'est la culture profane qui est rejetée mais aussi la tradition religieuse. On refuse les arcanes de la théologie et du savoir au profit d'une « vérité immédiate, valable pour l'individu ». Le principal adversaire des intégristes musulmans n'est pas tant l'occident que la culture d'une manière générale et locale en particulier. Sur le mode de « l'islam de tes pères n'est pas le vrai, il a été perverti par le culture marocaine ou afghane etc. » les fondamentalistes musulmans, comme leurs pairs chrétiens ou juifs, promettent une relation directe de l'individu à Dieu en rupture avec le mal incarné par la culture. C'est finalement une forme de « religion qui n'a pas besoin de la culture » et plus encore, la rejette. Roland Kauffmann |
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