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Forum et Assises 2004 |
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Accueil > Surmonter la violence > Atelier pour le groupe Clermontois
AtelierSite de l' Antenne Clermont-Auvergne de la Fédération Protestante de France La violence est inhérente à l’être humain, les signes historiques, sociaux et exégétiques en sont nombreux. Au sein de la violence, il convient de séparer l’agressivité, capacité humaine qui permet la protection contre d’autres espèces et qui permet la prédation sur d’autres espèces, de l’agression, violence exercée à l’intérieur de la même espèce. L’agression existe chez tous, même si elle peut s’exprimer de façon spécifique comme dans le cas des malades psychiatriques ou des violences conjugales qui sont essentiellement des violences faites aux femmes. La violence individuelle est souvent en lien avec une violence institutionnelle, celle de l’enfermement du malade psychiatrique, celle développée par les médias. En effet, jamais le niveau de violence n’a été aussi faible qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, mais jamais la violence n’a été à ce point au centre de nos préoccupations. Rappelons-nous de ces violences de masse que furent l’esclavage, la déportation ou les guerres continues. La peur de la violence peut s’expliquer par sa rareté relative : on a peur de ce que l’on ne connaît pas. Mais surtout, elle résulte de l’usage immodéré par les médias d’images de violence jouant sur l’émotion. Ces représentations d’une violence fantasmée masquent aussi les violences sociales réelles de l’exclusion, sous toutes ses formes, et de l’image marchandisée du corps et des rapports sociaux. A cette représentation de la violence s’ajoute une perversion de l’image de la victime. Etre reconnu, c’est d’abord être capable de prouver que l’on est victime de quelque chose ou de quelqu’un. Faisant fi des rapports entre victimes et bourreaux, par exemple ceux des couples pathologiques, notre construction médiatique de la violence transforme la culpabilité en processus continu de culpabilisation, incite au déni des responsabilités (« je suis bourreau parce que victime moi-même ») et enferme la personne dans la victimisation. La question du rôle de l’Etat, dont on perçoit que ses actions peuvent avoir une efficacité sur le long terme (comme dans la lutte dans la violence faite aux femmes) reste posée. Dans quelle mesure, les actions menées via l’éducation sont en cohérence avec les déconstructions de parentalité qu’imposent les choix économiques et sociaux : chômage, exclusion, difficulté à trouver des logements décents,… ? Il y a plus de choix économiques et sociaux imposés à l’éducation que de choix éducatifs imposés à la société. Violence d’une société qui ghettoïse toujours davantage en stigmatisant des groupes qualifiés de dangereux ou en cherchant à canaliser les violences par l’institutionnalisation d’un communautarisme rampant. Si l’éducation tout autant que la religion sont des réponses neutres c’est-à-dire autant utilisables pour accroître la violence que pour la réduire, elles constituent une part des réponses possibles. L’apprentissage du dialogue, au sens d’écoute et de progrès mutuels, n’est pas l’imposition de la pensée de l’un à l’autre ni la réduction de la multitude à une pensée unique. C’est un apprentissage de l’altérité, de l’unité dans la diversité, du renforcement de l’estime de soi, de l’usage de la parole qui sont autant d’outils réels pour surmonter la violence. Laurent Gerbaud , Thierry Wanegffelen |
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