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AU FIL DES SAISONS
Paru en 1999
Sommaire
Parmi les différents passages de l'Ancien Testament qui rapportent le recours par le roi aux services d'un devin, ou à des procédés divinatoires, 1 S 9, 1-10, 16 occupe une place particulière. Il s'agit d'un récit élaboré, qui présente plusieurs traits singuliers. Sous sa forme actuelle, 1 S 9, 1-10, 16 raconte comment Saül, qui n'est encore qu'un jeune homme, alla s'enquérir des ânesses de son père auprès d'un " voyant ", et comment celui-ci lui révéla à cette occasion que Dieu l'avait choisi comme " chef militaire " pour son peuple. Le lecteur découvre ainsi que cette consultation, banale en apparence, a en réalité pour objet rien moins que la désignation du premier roi d'Israël. en outre, le voyant que Saül vient consulter se révèle être Samuel lui-même, l'un des principaux prophètes de l'Ancien Testament. 1 S 9, 1-10, 16 dit donc vraisemblablement quelque chose d'essentiel sur la manière dont l'Ancien Testament conçoit le rapport entre divination et royauté ; encore s'agit-il de savoir ce qu'on est légitimement en droit de chercher dans le récit de cette consultation.
L'article qui suit envisage tout d'abord la péricope de 1 Samuel 28, 3-25 en elle-même. Les affinités de cette scène avec la tragédie antique y sont ensuite relevées. Le vocabulaire de la nécromancie et de la divination y est présenté. Une dernière partie traite de la relecture de cet épisode dans ses différents contextes scripturaires.
Il est courant d'opposer les deux Testaments de la Bible : le premier représente la Loi et le second la Grâce. Cette opposition arbitraire est sans doute renforcée par les nombreux interdits que contient l'Ancien Testament et qui lui donne un aspect rugueux et exigeant. Pourtant, les deux testaments sont l'un et l'autre habités par la tension entre Loi et Grâce. Si le Nouveau Testament offre une nouvelle compréhension de la Loi par rapport à la foi au Christ, il convient de s'arrêter sur les interdictions de l'Ancien Testament pour montrer qu'elles sont aussi le lieu d'une réflexion sur la Loi et en particulier au sein du Deutéronome (Dt). Notre projet consiste à relire les interdits en Dt 12-26 dans le cadre du Proche-Orient Ancien pour en saisir la signification en nous arrêtant davantage sur l'interdiction de la divination.
L'épisode de la venue des mages à Bethléem est un récit depuis longtemps prisonnier du folklore de Noël. Dépouiller cet épisode du revêtement merveilleux dont plusieurs siècles d'histoire de la réception l'ont revêtu devrait aider à redécouvrir l'interpellation que l' évangéliste souhaitait adresser à ses auditeurs de la fin du premier siècle. Pour cela nous procèderons en quatre temps. Nous tenterons d'abord de définir à quel genre littéraire le récit appartient et à quelles traditions religieuses il puise. En un deuxième temps, nous nous intéresserons à deux éléments fondamentaux du récit : la figure des mages et de l'étoile. dans un troisième temps, nous montrerons comment le texte fonctionne dans le contexte de la narration matthéenne du récit de l'enfance de Jésus. Pour finir, nous soulèverons quelques enjeux du texte, tout particulièrement en lien avec le thème de ce cahier biblique.
Le chapitre 13 de l'évangile de Marc est fréquemment désigné comme l'une des trois apocalypses synoptiques les deux autres étant Mt 24-25 et Lc 21. Une telle classification annonce un texte fait d'images extraordinaires, de visions, de spéculations sur l'avenir et les signes annonçant la fin des temps... Or cette page se joue de ce contenu conventionnel pour faire de son destinataire non un voyant ou un devin mais un lecteur exhorté à comprendre (v ; 14). Cet appel au lecteur est entré pour nous en résonance avec les travaux de U. Eco, et c'est à la lumière de quatre principes développés par cet auteur que nous souhaitons aborder Mc 13, 1-37.