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AU FIL DES SAISONS
Paru en 2003
Sommaire
Qui est l'auteur de l'épître dite 'de Jacques' ? L'un des quatre ou cinq 'Jacques' du N.T. - et pourquoi pas un autre encore ? La problème à la fois se complique et se simplifie avec l'hypothèse de la pseudépigraphie. Si celle-ci conduit à dissocier la recherche en paternité réelle de la recherche en paternité alléguée, elle oriente du même coup la seconde recherche vers une figure marquante, dont il soit au moins utile de se réclamer.
Le peu d'indication fournies par l'épître sur ses destinataires est en soi significatif. Pour le dépasser, trois pistes peuvent alimenter la réflexion sur les questions de leur identité et de leur situation : 1) l'identification figurative des destinataires dans l'adresse ; 2) le profil communautaire reflété dans l'emploi du vocatif 'frères' ; 3) les exhortations concernées principalement par les difficultés de la vie collective. Cette triple perspective brosse le portrait d'un destinataire d'origine juive, vivant une situation difficile d'immigration et confronté à des tensions qui menacent la foi et la cohésion de son groupe.
L'auteur de l'épître de Jacques est un homme éduqué, formé aux techniques rhétoriques. Pourtant, l'organisation d'ensemble de son texte reste problématique. Cette question a été souvent éludée en raison du genre parénétique du document. Jacques a toutefois écrit une véritable lettre et il avait probablement un plan. Mais il avait davantage le souci de suggérer l'unité de son propos que d'en faire apparaître les parties.
Limitée aux périodes médiévales et 'modernes', l'histoire de la réception de l'épître de Jacques présentée ici se focalise sur deux questions, celle de l'identification de l'auteur et celle du rapport entre cette épître et les enseignements pauliniens, avec un intérêt tout particulier pour les versets 14-26 du chapitre 2. La réponse à ces deux questions a en effet décidé de la canonicité et de l'autorité reconnues à l'épître.
Dans cette première section de Jacques les thématiques de l'épreuve et de la tentation sont étudiées du point de vue du riche vocabulaire utilisé? L'hypothèse défendue ici est qu'il s'agit d'épreuves et de tentations auxquelles la foi est soumise dans la vie quotidienne.
L'épître de Jacques parle, comme Paul de la foi et des ?uvres, mais les mots ont changé de sens. Si la proximité lexicale entre les deux auteurs n'est pas fortuite (plusieurs arguments viennent en effet étayer l'hypothèse d'un emprunt délibéré à la terminologie paulienne), il reste à déterminer la visée de l'auteur de l'épître. Entend-il combattre un paulinisme dévoyé, qui prétexterait le rejet des ?uvres par Paul pour s'autoriser à un relâchement éthique ? A-t-il une mauvaise compréhension de la terminologie paulinienne, qui lui ferait rejeter la foi au profit des ?uvres ? Notre lecture nous amènera à découvrir que l'épître de Jacques, dans un contexte historique bien différent de celui de Paul, tente de redonner vie à la foi.
L'épître de Jacques contient une violente malédiction contre les riches, propriétaires terriens spoliateurs et meurtriers (5,1-2). Ce cri prophétique a été préparé au fil de la lettre par plusieurs dénonciations de la suffisance et de la cupidité des riches ou des puissants. Nous faisons l'hypothèse que cette condamnation s'adresse en premier lieu à des membres de la communauté chrétienne. Elle peut dans un deuxième temps, avoir une valeur paradigmatique et s'appliquer à tout homme qui se comporterait de la sorte.
C'est à cette question que l'auteur répond en adoptant résolument un point de vue subjectif. Familier de l'épître de Jacques, il nous convie à un parcours ponctué des grands thèmes qui traversent ce texte. Au fil de la méditation, l'actualité de ce texte s'impose, la présentation se fait prédication, et se termine sur une très bonne nouvelle : 'la grâce se rit du jugement'.