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AU FIL DES SAISONS
Paru en 1969
Sommaire
Ce n'est pas sans hésitation qu'on aborde un sujet aussi vaste et complexe que celui-ci. Nous savons combien l'exégèse actuelle pèse et soupèse le moindre mot, la moindre phrase, la moindre unité littéraire du texte sacré, cherchant à éclairer par des approches à la fois différentes et complémentaires. C'est comme si l'on procédait à des tomographies de chaque pièce du texte biblique, systématiquement inventorié aux niveaux de la philosophie, de l'analyse littéraire, de l'histoire et de la doctrine ? Et si ces analyses nous livrent enfin des résultats précieux pour une saine compréhension de notre foi, elles découragent des synthèses trop hâtives ou simplificatrices. C'est dire mon scrupule d'esquisser une étude aussi rapide des liens qui unissent, dans la tradition synoptique, les récits du baptême, de la transfiguration et de la passion de Jésus. Les analyses précises ne manquent pas et prennent souvent l'ampleur d'un volume, fût-ce même pour étudier un seul de ces récits chez un seul des évangélistes.
Les neuf allusions à Jean et à son baptême que comporte le livre des Actes posent, chacune à sa façon, un problème parfois trop difficile. Le rôle qu'elles jouent est loin d'être le même partout. On peut les regrouper sous quatre perspectives : 1. La fonction de 1, 22 et 10,37 est de marquer le "commencement" du ministère public de Jésus. - 2. Dans trois cas le point focal de l'allusion est la tension entre baptême d'eau et baptême dans l'Esprit (1, 5; 11, 16 ; 19, 4). - 3. Au contraire, dans le discours de Paul à Antioche (13, 24. 25), Jean a pour rôle de renvoyer Israël à la personne de Jésus comme un seul lieu de son salut. - 4. Enfin la référence au baptême de Jean dans les deux épisodes d'Apollos et des "disciples" d'Ephèse pose l'épineux problèmes concernant le contenu doctrinal du kérygme (18, 25 et 19, 1-3). Ce sera un tour de force de parcourir ce périple en quelques pages.