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AU FIL DES SAISONS
Paru en 1970
Sommaire
La Bible n'a pas le monopole des guérisons dans le Proche-Orient. Celles des Evangiles occupent certes une place originale, mais elles ne peuvent être séparées de tout le contexte religieux et culturel de l'époque. Cette étude voudrait, à l'aide de l'Histoire des Religions, tenter de ressusciter brièvement tout ce milieu et permettre un dépaysement culturel nécessaire à des mentalités modernes dans lesquelles le mot "guérison" évoque plus l'image de traitements antibiotiques que d'interventions divines. Pour opérer cette "conversion", il nous faudra interroger d'abord les cultes guérisseurs sémitiques, puis hellénistiques, ensuite les guérisons dans le judaïsme hors du Nouveau Testament. Dans une deuxième partie, grâce à la méthode archéologique, nous rechercherons si l'enracinement des récits de guérison évangéliques dans tout ce milieu religieux du Proche Orient a laissé des traces dans le sol palestinien. Nous limiterons "notre champ de fouilles" à l'étude de la guérison de la Probatique racontée en Jn 5. L'ambition quelque peu démesurée du projet en dit clairement et l'intérêt et surtout les limites.
Les pages qui suivent contiennent tout d'abord une lecture du point de vue de l'histoire de la rédaction de Mt 20, 29-34 (et 9, 27-31 et de Lc 18, 35-43 : présentation allégée d'une étude plus vaste qui sera probablement publiée ultérieurement.
C'est à ce dessein que l'analyse du récit de Marc, contrairement à l'habitude, n'a été proposée qu'en troisième position. En vérité, il s'agit d'un essai de départir la méthode précédemment employée d'une démarche trop largement comparatiste et volontiers encombrée par la genèse du texte, et d'un désir de réhabiliter ce dernier dans sa globalité et son originalité rédactionnelles. Cette approche de Mc 10, 46-52 n'est qu'un première esquisse, le modeste produit d'un travail à peine amorcé. Qu'on veuille la prendre comme telle.
Cet essai doit faire l'objet de quelques remarques préliminaires. En effet, le texte choisi, même si l'on y ajoutait ses parallèles en Matthieu et Luc, est beaucoup trop court pour se prêter à une analyse structurale type ; celle-ci aurait besoin d'une autre surface de texte pour être développée dans toutes ses directions. Ce sont donc seulement certains aspects de la méthode qui seront présentés ici ; encore seront-ils appliqués à titre d'hypothèse que devraient confirmer d'autres analyses menées sur d'autres textes de Marc. D'autre part, il faut dire à ceux qui n'ont pas participé à la session de l'Arbresle que cette lecture a été présentée comme un exemple, parmi tant d'autres, des approches possibles d'un texte. Le structuralisme n'est devenu ni la mode, ni la méthode unique des Equipes de recherches bibliques. Enfin, le caractère très scolaire de l'exposé fait à l'Arbresle ne permettait pas de le reproduire tel quel. Aussi ne trouvera-t-on pas ici tout ce qui a été dit. Certaines précisions jugées nécessaires ont, par contre, été ajoutées. On en retiendra sans doute que faire l'analyse structurale d'un récit, ce n'est pas rechercher le sens du texte, comme on le fait dans une explication classique de texte, mais décrire comment l'homme, par l'écriture, donne sens aux choses.
Le lecteur trouvera ci-dessous la traduction résumée d'une étude de J.-H. Held : Matthäus als Interpret des Wundergeschichten. Ce résumé a été conçu avant tout comme un outil de travail, c'est pourquoi nous avons retenu plus longuement les parties s'attachant à comparer les textes pour en relever les originalités matthéennes, (I, II), nous contentant de rapporter brièvement celles qui en tirent des conclusions (III, IV, V). Il ne se lira avec profit que synopse en mains.
J.-H. Held analyse les récits de miracles pour montrer qu'en les reproduisant, Matthieu agit comme un interprète conscient du but qu'il poursuit.
Trois entretiens eurent lieu en fin de session. Le premier aborda le problème de l'historicité, de la signification et du discernement des miracles.
Le seconde reprit, du point de vue de la méthode, l'étude de l'homme à la main sèche et pose la question des rapports - ou non - entre une exégèse historico-critique, à laquelle nous sommes traditionnellement habituée et une exégèse structurale, plus déroutante par sa nouveauté et ses principes propres.
En troisième temps, une critique de la session permit de faire le point sur le but et les limites du travail des Equipes de recherche biblique (ERB).
De tels entretiens, tout spontanés, ont le défaut d'être bien peu élaborés et trop sommaires. Ils ont cependant l'avantage de poser les questions au niveau de vie et de réflexion de chacun. Tels quels, dans leur imperfection, nous avons pensé qu'ils pouvaient être utiles, ne serait-ce que pour poursuivre le dialogue ? ou la contestation. Qu'on veuille dans les prendre pour ce qu'ils sont, un échange, une recherche, un cheminement.