FPF

[ Accueil | La Fédération | Les Membres | A Votre Service | Documentation | Etre Protestant ]


BIP 1461 du 02 juillet 1998

Sommaire

Vient de paraître

Jean-Pierre Chevenement a remis la légion d'honneur à Jean Tartier et évoqué les sans-papiers

Conseil de la Fédération protestante de France

La FPF vient d'éditer 3 affiches

Mondial 98 : l'EKD dénonce les violences

Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France

Synode de l'Eglise réformée d'Alsace et de Lorraine

Conseil national de l'Eglise réformée de France

Montélimar : "Agir ensemble contre le racisme !"

Assemblée des Eglises adventistes du Sud de la France

Conseil régional de la région Nord-Normandie de l'Eglise réformée de France

Conseil régional de la région Ouest de l'ERF

Reunion de la Conférence luthérienne européenne "Eglise et peuple juif"

Dialogue luthéro-catholique : le Conseil de la FLM approuve le projet de déclaration sur la justification

Allemagne : rencontre de représentants du protestantisme français et d'Allemagne de l'Est

Eglise évangélique libre de Nouvelle-Calédonie et des îles Loyauté

L'Eglise presbyterienne en Irlande tient son assemblée annuelle

Documents

Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France - 6-7 juin 1998 Déclaration à propos de la Déclaration commune luthéro-catholique sur la doctrine de la justification par la foi

Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France - 6-7 juin 1998  : Voeux

Session du Conseil national de l'Eglise réformée de France - 12-14 juin 1998

Fête annuelle et 150e anniversaire de la Fondation John Bost - 6-7 juin 1998

Naissance d'une association des Amis des Equipes d'Animation et de Recherche bibliques


 


Vient de paraître

Ils portaient l'écharpe blanche
par François Bayrou

Sur les champs de bataille des guerres de religion, les protestants portaient l'écharpe blanche, aux couleurs du roi de France. Dans les massacres et les souffrances, ils voulaient rester fidèles aux souverain qui les combattait. Ce drame dura quarante ans, fit des centaines de milliers de morts, et la France manqua ne pas s'en relever. Il fallut Henri IV, signant l'Edit de Nantes, le 30 avril 1598, il y a quatre cents ans, exactement, pour imposer la paix religieuse et reconstruire le royaume. Mais pour comprendre la révolution de cette époque, il faut mesurer ce que fut l'immense fracture de la Réforme : au milieu de notre millénaire, quelque chose s'est produit dans l'histoire des hommes, un séisme si profond en Occident que tous les repères de la vie en furent bouleversés. Ce tremblement de terre était annoncé dès le Moyen Age. Mais les contemporains de ces événements étaient comme sourds et aveugles, trop près d'eux pour les comprendre. Après l'immense succès de son Henri IV, c'est cette grande fresque que François Bayrou dessine pour nous, en mettant en scène trois siècles de la vie de la France, les aventures et la passion de ceux qui firent notre histoire. Avec une arrière-pensée : peut-être est-ce le meilleur moyen de comprendre notre temps. (Quatrième de couverture)
Editions Grasset & Fasquelle - 357 pages - 135 F


Dieu s'approche - Un catéchisme protestant en 25 tableaux

Dans la multitude des manuels destinés à présenter l'essentiel de la foi, ce catéchisme protestant vient à son heure : simple, complet, plaisant à lire, c'est un outil indispensable pour aller au coeur de la foi protestante. Voici en 25 tableaux, un panorama complet des questions essentielles de la foi chrétienne : spiritualité, comportements moraux, références à la Bible : tout est dit pour une entrée en matière qui laisse la liberté de choisir ou d'approfondir une démarche riche de significations. Une multitude d'entrées est offertes au lecteur pour être utilisé de façon interactive. Individuellement ou en groupes, chacun selon son niveau y trouvera l'essentiel pour approfondir sa foi. Auteurs : Daniel Barraud, Emmanuel Fuchs, Michel Grandjean, Philippe Herzoc, Henry Mottu, Daniel Neeser, Bernard Rordor, Michel Schach, Gilbert Tinembart, Francine Carillo, Roland Benz, Pierre Furter.

Editions Labor et Fides - 1 rue Beauregard - CH - 1204 Genève Diffusion France  : Editions du Cerf - 29 bd de Latour-Maubourg - 75340 Paris cedex 07 - 140 pages - 88 FF (par lot de 10 ex. : 700 FF)


1848-1998 - Cent cinquante ans d'histoire
par le Docteur Michel Corriger

"Il n'était pas aisé de conter, pour un large public, dans un texte relativement bref, l'histoire des Asiles de la Force, à l'occasion de leur 150e anniversaire. Cette gageure, Michel Corriger l'a relevé, le Docteur Corriger qui fut ce dernier demi-siècle à la fois un acteur et un témoin attentif et bien informé de leur renouveau. Le lecteur découvre ou retrouve dans ces pages l'évocation vivante de la Fondation qui porte désormais le nom de John Bost. Il y verra son inscription au fil des années dans son histoire et dans l'histoire. Sous la simplicité et l'agrément du récit, il pourra entrevoir, trop estompé par les ans, tous ce qu'il a fallu d'énergie, de foi, de charité et d'amour pour qu'une telle oeuvre soit créée et soutenue dans son utopie, se développe, résiste aux épreuves et s'ouvre aujourd'hui, fidèle à l'Esprit de ses origines aux nouvelles adversités de notre temps." Dr Jean de Verbizier

Fondation John Bost - 24130 La Force - Tél. 05 53 58 01 03 - Fax. 05 53 58 54 18 - 144 pages - 70 F



BIP actualités

 



VIE DE LA FEDERATION


Jean-Pierre Chevènement a remis la légion d'honneur à Jean Tartier et évoqué les sans-papiers

"L'âme de la France ne serait pas tout à fait ce qu'elle est sans l'école de rigueur et d'exigence intellectuelle et morale que constitue la religion réformée". Jean-Pierre Chevènement a rendu cet hommage aux protestants lors de la cérémonie de remise de la légion d'honneur au pasteur Jean Tartier, président de la Fédération protestante de France (FPF), lundi 15 juin, dans la Maison du protestantisme, en présence du Conseil de la FPF.

Jean-Pierre Chevènement "ministre des cultes et enfant du même pays", retraçant le riche ministère du président de la Fédération protestante de France, a souligné le "goût du dialogue oecuménique et du rapprochement avec les autres religions" de Jean Tartier et ses qualités d' "ardent défenseur du devoir de solidarité et de justice sociale". Il a rappelé ce que la laïcité doit à la Réforme. "La laïcité ne garantit pas seulement à chacun ses croyances. Elle est en elle-même un acte de foi dans la raison naturelle qui nous fait hommes quels que soient par ailleurs les engagements spirituels, philosophiques ou moraux de chacun d'entre nous. [...] La République n'ignore pas le fait religieux, mais elle se doit de distinguer les genres, le public et le privé, la raison naturelle et la foi, le citoyen et la personne." A cette occasion, il a rappelé que Jean Tartier "attaché à la reconnaissance d'autres minorités de foi ou d'expressions avait défendu le projet de création d'une filière de formation d'imams à Strasbourg." Il a précisé qu' "un projet de nature tout à fait différent était en cours d'élaboration puisqu'il est envisagé de créer à la rentrée un Institut d'Etudes Islamiques au sein même de l'Université française à Paris."

Le ministre de l'intérieur n'a pas manqué d'évoquer la récente opération de régularisation des sans-papiers et les "interrogations qu'elle suscite dans les rangs de la Fédération protestante de France. [...] Des critiques très injustes ont été adressées aux agents de mes services. S'il y a aujourd'hui déjà près de 70 000 personnes régularisées alors que 20 000 dossiers restent à examiner, cela montre bien que les critères ont été appliqués avec intelligence et humanité.... Il n'y aura plus d' Ôirrégularisable inexpusable'" .

Rappelant que la France compte quatre millions d'étrangers en situation régulière, le ministre a exprimé le souhait de "sortir les étrangers de leur situation d'otages d'un débat politique particulièrement malsain". Il a étayé ses propos d'un récent sondage qui montrait "que l'acceptation de l'égalité des droits sociaux est beaucoup plus forte en juin 1998 qu'en septembre 1991. Qu'il s'agisse d'accès à l'emploi, d'attribution de logements sociaux ou d'allocations familiales, plus des deux tiers des français -67%- considèrent qu'il n'y a pas lieu de faire de différence entre un français et un immigré en situation régulière, alors qu'ils n'étaient que 45% à l'admettre il y a sept ans. Ce sondage est éloquent car il montre le recul des idées racistes et le progrès de la notion d'intégration..."

Jean-Pierre Chevènement a poursuivi : "l'immigration est le reflet des déséquilibres entre le Nord et le Sud de la planète." "...La manière d'y remédier est d'aider les pays à construire des Etats sans lesquels il n'est pas de développement possible, à lutter pour des relations Nord-Sud fondées sur la justice et respectueuses de la dignité de chaque peuple et enfin à encourager les progrès de la démocratie.". Il a conclu par ses mots "Soyez sûr que l'engagement d'hommes désintéressés comme vous-même est de nature à nous rappeler l'obligation morale d'examiner avec attention et humanité les cas des étrangers en situation irrégulière que l'application trop stricte des règles fixées pourraient avoir écartés injustement. [...] Des procédures sont en cours d'élaboration - aides aux projets, contrat de formation en France et de réinsertion dans le pays d'origine - pouvant comporter l'octroi de visas à entrées multiples..." (MD)

 


Conseil de la Fédération protestante de France

Le Conseil de la Fédération protestante de France (FPF) s'est réuni à Paris, les 27 et 28 juin 1998. Une grande partie de ses travaux a été consacrée à l'activité des différents services de la FPF. Le Conseil a décidé de reconduire les mandats de deux chefs de service pour une durée de 3 ans : le pasteur Werner Burki en tant qu'aumônier général des prisons et Madame Danielle Jeanne en tant que responsable du service radio.

Le Conseil a par ailleurs engagé une première réflexion sur les activités de ce dernier service en envisageant la possibilité pour les radios locales protestantes de demander leur adhésion à la FPF. Il s'est également interrogé sur un projet de regroupement en réseau de ces radios locales auquel pourrait être associé un serveur de programmes et d'émissions. La réflexion en a été confiée à la Commission radio.

Le Conseil a procédé à une première lecture de projets de textes ou de déclarations proposés par la commission d'éthique de la FPF. Ces documents portent sur une série de thèmes sur lesquels la Fédération souhaite s'exprimer publiquement dans les mois à venir : famille, conjugalité et filiation ; législation relative à l'usage de la drogue ; identité et universalité en lien avec le racisme et la xénophobie. Ces textes devraient être rendu publics au cours de l'automne prochain.

Le Conseil a prolongé sa réflexion sur la préparation des prochaines assises de la FPF qui se tiendront du 30 octobre au 1er novembre 1999 dans un lieu qui reste à déterminer. Le thème retenu est : "Une espérance à vivre, un monde à construire. Spiritualité et citoyenneté."

 


La Fédération protestante de France (FPF)
vient d'éditer
3 affiches

sur le thème : "Vivre ensemble"

format 40 x 60, photos, quadrichromie

Disponibles au

Service Information de la FPF 47, rue de Clichy - 75311 Paris cedex 09

150 FF le jeu des trois affiches, port compris (Ne sont pas vendues séparément)

 


SOCIETE

Mondial 98 : l'EKD dénonce les violences

Extraits d'une lettre de l'Eglise évangélique d'Allemagne (EKD) au pasteur Jean Tartier, président de la Fédération protestante de France et aux protestants de France à la suite des violences survenues à Lens à l'occasion de la Coupe du Monde de Football  :

"Très honoré Monsieur le Président, chers frères et soeurs,

""Qu'un monde est beau quand il joue". C'est sur ce mot d'ordre que la France a organisé la Coupe du Monde de Football. Au fil des jours, les images et les informations nous ont communiqué une atmosphère joyeuse et pacifique. Mais, depuis dimanche, toute cette ambiance de fête est assombrie par le deuil. En tant que responsable du service des sports au sein de l'Eglise évangélique d'Allemagne, je désire vous transmettre la consternation et la sympathie de l'EKD et de notre service...

"Notre sympathie s'adresse en particulier au policier français, Daniel Nivel, qui lutte contre la mort, et à sa famille qui est dans la tristesse et le souci.... Nous demandons la présence miséricordieuse de Dieu envers tous ceux qui souffrent...

"Nous sommes profondément bouleversés par la violence brutale, la rage systématique de destruction des casseurs et criminels allemands à l'égard de paisibles citoyens de Lens...

"Comme chrétiens, nous avons la conviction que notre témoignage d'amour et de confiance aideront ces jeunes gens à sortir des chemins tortueux de la violence. C'est pourquoi nous ne voulons pas capituler devant la voix de la violence mais voulons continuer à oeuvrer pour une rencontre pacifique des hommes à travers le sport." (OKR Weinhold /EKD)

 


VIE DES EGLISES

Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France

Le Synode général (national) de l'Eglise évangélique luthérienne de France (EELF) a tenu sa session annuelle à Paris les 6 et 7 juin 1998 dans les locaux de la paroisse de l'Ascension, au quartier des Batignolles.

Au-delà du rapport habituel du Conseil exécutif sur ses travaux, sur les initiatives qu'il avait prises depuis la session 1997 et sur les questions qu'il se pose sur la vie de l'Eglise, les délégués des deux inspections qui forment l'EELF ont été exhortés par les deux inspecteurs ecclésiastiques, le pasteur Michel Marlier (Inspection de Montbéliard) et le pasteur Michel Viot (Inspection de Paris) à la vigilance dans l'information réciproque, à la transparence dans les débats, à la confiance et à la solidarité. En effet, l'Eglise a traversé et connaît encore une période de turbulence : problèmes financiers dûs à des malversations imprévisibles, rébellion d'un pasteur refusant de se retirer au temps de sa retraite (ce qui a obligé une séance à huis clos aboutissant à sa radiation du rôle des pasteurs après deux ans de tentatives de conciliation refusée par l'intéressé), etc.

Les Inspecteurs se sont réjouis de voir combien la vie de l'Eglise luthérienne donnait au contraire de multiples occasions de reconnaissance pour la solidité, le sens de la responsabilité, et la persévérance dont ont fait preuve dirigeants et fidèles, au coeur même de ces turbulences. Ils ont donc appelé le Synode à fonctionner, non en termes de pouvoir, mais de service. Celui-ci a répondu positivement à cet appel : l'atmosphère étant à la gravité dans l'espérance, au partage dans la confiance, à l'écoute à l'étude, en des séances parfois longues.

Le Synode a approuvé un bilan des comptes qui fait apparaître, en même temps qu'une nécessaire vigilance dans les décisions financières, une gestion renouvelée, assainie et parfaitement contrôlée. Un budget a été voté qui laisse espérer qu'après quelques difficultés, l'EELF pourra retrouver les moyens dont elle a besoin pour accomplir sa mission.

Le Synode général, qui siège une année sur deux en commun avec le Consistoire supérieur de son Eglise-soeur, l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (ce sera le cas en 1999) a désormais des commissions communes avec celle-ci dans les domaines de la théologie, de la liturgie et de la mission. Il a reçu rapport de la Commission de liturgie et adopté après de légères modifications les liturgies de baptême des adultes et d'ordination des pasteurs, qui feront donc autorité dans les deux Eglises, comme le font déjà les liturgies de baptême des enfants et de service funèbre adoptées en commun en 1997.

Au cours de ces débats est apparue une identité de vue réelle entre les deux Inspections qui devait porter ses fruits dans l'adoption, à l'unanimité des suffrages, du texte de la "Déclaration commune à propos de la doctrine de la justification", texte d'accord entre les Eglises de la Communion luthérienne réunie dans la Fédération luthérienne mondiale et l'Eglise romaine. C'est certainement le principal travail de réflexion auquel s'est livré le Synode général. Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France - 6-7 juin 1998 :Déclaration à propos de la Déclaration commune luthéro-catholique sur la doctrine de la justification par la foi

La réflexion qui précéda le débat était introduite par le professeur André Birmelé, théologien luthérien de Strasbourg, et le Père Forster, secrétaire national à l'oecuménisme pour la Conférence épiscopale catholique en France. André Birmelé souligna que ce texte était important et permettrait aux luthériens de vérifier la place que tenait réellement chez eux la doctrine de la justification par la grâce par le moyen de la foi, dont toutes les Eglises protestantes s'accordent à reconnaître le caractère central dans l'expression de la foi. L'adoption du texte par les deux parties sera un grand pas en avant. Il entraînera probablement la levée des anathèmes réciproques du temps de la Réforme, qui avaient en leur temps toute leur valeur, mais ne s'appliquent plus aujourd'hui, chaque Eglise ayant évolué. Pour la première fois, un pape reconnaît aux luthériens une qualité d'Eglise et il n'est plus possible d'affirmer trop légèrement que l'oecuménisme "piétine". Cette déclaration manifeste qu'ensemble, catholiques romains et luthériens considèrent que la justification concerne le tout et non un aspect partiel de la vie chrétienne. Le texte déclare que la doctrine de la justification est "un critère indispensable", ce qui a fait critiquer la formulation. Des luthériens auraient préféré dire "le critère indispensable". Mais cette formulation signifie simplement qu'il existe encore d'autres problèmes à traiter après avoir posé "un critère". La Déclaration manifeste une méthode de travail à poursuivre : il est possible de dire ensemble sans dire tout, de professer ensemble sans exiger des formulations identiques sur toutes choses.

Manifestant l'unité du luthéranisme français, le Synode général, en adoptant le texte, a fait sienne la déclaration de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine du 25 avril 1998 qui "souhaite que ce dialogue bilatéral s'élargisse à d'autres Eglises issues de la Réforme" et salue dans cette Déclaration "une réelle avancée dans le dialogue luthéro-catholique".

Avant la clôture des débats, le Synode général a adopté trois voeux. Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France - 6-7 juin 1998  : Voeux

 


Synode de l'Eglise réformée d'Alsace et de Lorraine

Le Synode de l'Eglise réformée d'Alsace et de Lorraine (ERAL) s'est réuni à Maizières-lès-Metz (Moselle) les 13 et 14 juin 1998. Il a notamment entrepris une étude sur la mission de l'Eglise dans la société et créé une commission de théologie.

Dans son message introductif, Antoine Pfeiffer, président du Conseil synodal de l'ERAL, a placé le Synode dans la perspective des travaux de cette session dont le modérateur était le pasteur Jean-Pierre Jordan. "Nous avons voulu que ce Synode nous fasse sortir des murs de ce que j'appelle "l'Eglise comme aumônerie de ses membres" et que nous réfléchissions cette fois-ci aux moyens que nous voulons et pouvons nous donner pour remplir notre mission dans la société, pour porter l'Evangile sur la place publique." Antoine Pfeiffer a qualifié la communauté réformée de "missionnaire", dans la mesure "où elle se laisse sans cesse évangéliser par Jésus lui-même... lorsqu'elle prend en compte les réalités de la cité..., lorsqu'elle est accueillante... lorsqu'elle pratique la visite... lorsqu'elle prend à coeur le ministère d'accompagnement et d'aide." Un Synode résolument tourné vers les attentes actuelles de la société : "Ne croyons surtout pas que l'Evangile n'intéresse personne aujourd'hui. Toutes les études faites actuellement montrent que nos contemporains sont en quête de valeurs et de repères, de confiance et d'espérance. Comment nous associons-nous à leurs attentes ?"

Le thème central de ce Synode, "La mission de l'Eglise -projet pour notre service dans la Cité", était introduit par un document préparatoire présentant quatre expériences menées actuellement dans l'ERAL dans quatre domaines différents : social, culturel, communautaire et de la communication. Il s'agissait respectivement de la Mission populaire évangélique en Lorraine sidérurgique, animée par Rolande Sittig, à Hayange, de l'Association Saint-Etienne-Réunion qui, sous la direction de Sibylle Klumpp, assure une présence culturelle à Mulhouse dans le Temple du centre-ville, de l'Association "Rencontre" qui propose, avec Charles Bossert, une vie communautaire à des familles du nord de l'Alsace et enfin de la création de deux sites internet, l'un sur l'initiative de Roland Kauffmann de l'Eglise réformée de Mulhouse et l'autre du Conseil commun des deux Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine.

Les membres du Synode, répartis en quatre groupes, ont analysé ces quatre expériences, évaluant leurs aspects positifs et négatifs, et vérifiant dans quelle mesure elles répondent à des attentes de la société. Ces initiatives ont suscité l'adhésion du Synode mais aussi un questionnement sur le rôle actuel de la paroisse "traditionnelle" par rapport aux autres types communautaires et associatifs. Le Synode s'est interrogé sur l'émergence de nouvelles formes de vie d'Eglise, y compris dans l'espace virtuel des technologies de communication. Le journaliste Noël Copin a été invité à porter un regard critique sur les travaux du Synode. "Catholiques et protestants, nous barbotons dans le même bain culturel", a-t-il constaté. Il s'est interrogé sur la problématique de l'efficience des quatre expériences analysées. Comment tenir ensemble "la gratuité de la semaille et la rentabilité de la récolte ?". Comment encore les protestants peuvent-ils échapper à une tendance à conceptualiser même le quotidien ? Et de conclure : "Humour et amour sont tellement proches que je terminerai par cette prière insolite : que Dieu nous garde en son humour". Il appartenait à Bruneau Joussellin et à Geoffroy Goetz de synthétiser la recherche synodale en un message adressé aux membres de l'ERAL :

"Le synode de l'ERAL, réuni à Maizières-lès-Metz, les 13 et 14 juin 1998 pour débattre de la "Mission de l'Eglise - projet pour notre service dans la cité", a entendu le témoignage de diverses expériences menées pour donner un visage nouveau à l'Eglise. Il est reconnaissant de ces tentatives qui, à côté des paroisses mais en lien avec elles, tentent de répondre aux attentes de notre société. En effet, si l'héritage de ceux qui nous ont précédés dans la foi nous porte, le monde a changé depuis le XVle siècle. Pour être ouverts aux défis de notre temps et mettre en oeuvre une fidélité créatrice et imaginative, le Synode de l'ERAL, en lien avec le message du Président du Conseil synodal, voudrait partager avec les paroisses et les divers lieux d'Eglise de l'ERAL quelques convictions : la communauté devient missionnaire dans la mesure où elle se laisse sans cesse évangéliser par Jésus lui-même ; la communauté devient missionnaire lorsqu'elle prend en compte les réalités de la cité ; la communauté devient missionnaire lorsqu'elle est accueillante ; la communauté devient missionnaire lorsqu'elle sort de ses murs pour aller à la rencontre des autres ; la communauté devient missionnaire lorsqu'elle prend à coeur le ministère d'accompagnement et d'aide. En conséquence, le Synode de l'ERAL invite chaque paroisse et consistoire à imaginer - en lien avec les formes de vie communautaires habituelles - des projets de rencontre et d'ouverture vers les autres qui soient porteurs d'amour, d'humour et d'espérance, au service de toutes les femmes et de tous les hommes de ce temps et de Celui qui nous rassemble, nous appelle et nous envoie"

Suite au message du Président et du rapport du Conseil synodal le débat s'est focalisé sur les relations avec l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (ECAAL). Les deux Eglises protestantes régionales (ERAL et ECAAL) ont mis en place depuis plusieurs années des Services Communs et un organigramme provisoire qui articule ces multiples services. Dans le prolongement de ce débat, deux voeux ont été adoptés par le Synode :

"Le Synode de l'ERAL, réuni les 13 et 14 juin à Maizières-lès-Metz, demande au Conseil synodal de :

  1. Etablir un rapport circonstancié sur son travail avec le Directoire de l'ECAAL au Conseil commun depuis le 1er janvier 1997.
  2. Donner mission à la commission de théologie de l'ERAL pour analyser les perspectives, les richesses, et les obstacles théologiques et ecclésiologiques au rapprochement ECAAL-ERAL."

C'est précisément cette Commission de Théologie qui a été créée lors de ce Synode. Elle aura pour mission "de constituer une documentation (théologique) destinée aux membres du Synode". Le Conseil synodal proposera à une prochaine session du Synode la composition de cette Commission.

Le Synode a adopté des modifications concernant le cahier des charges du Conseil missionnaire et du Service missionnaire des deux Eglises et l'approche pastorale relative au remariage des divorcés. Les comptes 1997 et le budget 1998 ont été adoptés. Un culte synodal a clos cette session synodale au Temple de Maizières-lès-Metz.

Le prochain Synode se tiendra en commun avec le Consistoire supérieur de l'ECAAL les 14 et 15 novembre 1998 (Assemblée Commune) puis les 5 et 6 juin 1999. Pour celui-ci, c'est le pasteur Jacques Morel qui en sera le modérateur. (RG)

 


Conseil national de l'Eglise réformée de France

Le Conseil national de l'ƒglise réformée de France (ERF) s'est réuni, à Chantilly, du 12 au 14 juin 1998, sous la présidence du pasteur Michel Bertrand.

Les points suivants étaient à l'ordre du jour : rencontre commune du Conseil national et des Coordinations ; Débat 2000 - 2000 débats ; examen des dossiers de travail du Conseil national ; rencontre du groupe de travail "Conditions d'exercice du ministère" ; conjoncture. Session du Conseil national de l'Eglise réformée de France - 12-14 juin 1998


Association cultuelle de Vincennes

disposant de locaux (petit bureau plus 2 ou 3 grandes salles libres en semaine) envisage de les mettre à la disposition d'une association dont les buts sont compatibles avec les siens contre participation aux frais.

Contacter

Eglise réformée de Vincennes - M. J. Cailluet - Tél. 01 43 28 39 84

 


Montélimar : "Agir ensemble contre le racisme !"

Un groupe de jeunes de la paroisse réformée de Montélimar diffuse actuellement un message intitulé : "Agir ensemble contre le racisme !" :

"On ne peut pas regarder la haine raciale monter dans notre pays sans réagir. La peur de l'autre, de l'homme inconnu est souvent entretenue par l'ignorance ou de fausses croyances. Apprendre aux enfants à se positionner est un point essentiel dans cette lutte contre le racisme. En effet nous pensons qu'en affichant ces convictions, les jeunes pourront alors entamer un processus de réflexion sur ce qu'est le racisme et ainsi stopper l'ignorance qu'engendre la peur de l'inconnu. C'est pour cette raison que nous invitons le plus grand nombre à nous suivre dans cette action.

"Cet autocollant est d'un visuel clair et accompagné par une phrase d'un des plus grands personnages de la lutte contre le racisme, Martin Luther King. Nous espérons qu'il deviendra l'instrument permettant d'ouvrir les yeux de ceux qui se les voilent encore. Ce peut être aussi un excellent support pour un groupe de jeunes souhaitant monter un projet afin de se procurer intelligemment de l'argent en les revendant."

Pour se procurer cet autocollant, s'adresser à : Groupe de jeunes - Presbytère - 13 bd du Just - 26200 Montbéliard. Prix : 10 autocollants pour 10 F ; 30 pour 25 F ; 50 pour 35 F ; 100 pour 50 F ; 100 et plus : 50 centimes l'un (chèque à l'ordre de "Groupe de jeune").

 


Assemblée des Eglises adventistes du Sud de la France

Du 20 au 24 mai 1998, la Fédération des Eglises adventistes du Sud de la France a tenu son assemblée générale à la fois administrative et spirituelle. Le thème choisi était "Vivre la joie de la Parole de Dieu". Les 267 délégués, représentant les 53 ƒglises de cette Fédération, se sont réunis au Centre des congrès d'Aix-les-Bains.

Chaque jour une heure était consacrée à la réflexion biblique sur le thème de l'assemblée. Le livre de Jonas, à qui Dieu adresse sa Parole, a servi de fil conducteur aux pasteurs chargés des exposés. Chaque matin un temps de prière et un temps de méditation ont enrichi la dimension spirituelle de cette rencontre.

L'aspect administratif consistait à faire le bilan de la vie des Eglises au cours des quatre dernières années et des actions entreprises par les responsables désignés lors de la précédente assemblée; à élaborer des priorités et à désigner des responsables pour les quatre prochaines années. Le bilan a montré une progression très faible des effectifs (de 3 955 en 1994 à 3 977 en 1997), particulièrement dans les petites paroisses des régions du Centre et de l'Ouest ; une diminution régulière des dîmes, mais une situation encore positive des comptes ; une régularité dans les différentes activités, mais une difficulté croissante dans l'évangélisation. L'activité des deux radios locales adventistes, Radio Semnoz à Annecy, et Radio Inter-Val à Alès, Florac et Mende, a été bien mise en valeur alors que cette année correspond au cinquantenaire des émissions adventistes en langue française.

Les priorités ont été fixées sur trois axes principaux : la mission d'édification visant à faire progresser la vie spirituelle des individus et des ƒglises ; la mission de proclamation visant au partage de la foi avec tous les types de la population ; et l'organisation visant à optimiser les ressources humaines et financières au service des deux missions précédentes.

Enfin, les responsables de la Fédération ont été désignés : le pasteur Bruno Vertallier comme président et responsable de l'évangélisation, Michel Aimonetti comme secrétaire-trésorier, et le pasteur Michel Guenin comme chargé des questions pastorales et familiales. Un comité de douze personnes est chargé des décisions à prendre au cours des quatre prochaines années. (BIA)

 


VIE DES REGIONS

Conseil régional de la région Nord-Normandie de l'Eglise réformée de France

Les 13 et 14 juin 1998, le conseil régional Nord-Normandie s'est réuni dans les locaux de la paroisse de Rouen. Au moment où il poursuit sa réflexion sur la vie régionale, le pasteur François Clavairoly l'a introduit par une méditation autour de Galates 2,1-10 et Actes 15,1-21 mettant l'accent sur la nécessaire articulation entre les ministères particuliers et l'institution.

Un large temps du week-end a permis d'accueillir les présidents de consistoires afin de mener un travail autour de la vie consistoriale, des projets et des moyens nécessaires pour les mettre en oeuvre. Quels sont les besoins financiers, humains, les échanges possibles, les partenariats enrichissants... ? Ce partage s'inscrit dans une longue réflexion qui ne peut se faire que dans un dialogue régulier entre paroisses, consistoires et région. Dans ce sens le conseil pense réinviter régulièrement les présidents de consistoire.

Un point financier a été présenté par le trésorier régional, la régularité des versements amorcée en 1997 semble se confirmer en 1998. Un projet de budget pour 1999 a été présenté et tient compte de cette situation. La région poursuit son étude de la révision de son NMD (nombre maximum de desservants) et une décision sera présentée au prochain synode régional.

Le synode qui aura lieu au centre du Haumont, près de Lille, débutera par une table ronde autour du thème synodal "Baptême-Cène-Signes" à laquelle participeront un intervenant catholique, un orthodoxe et un protestant. L'équipe des rapporteurs poursuit son travail d'étude des questionnaires renvoyés par les paroisses. Le conseil a fait une proposition de bureau pour le prochain synode et demande à D. Halter d'en être l'aumônier.

Mené par une équipe, le travail, en vue de la parution d'un journal régional n° 0 pour octobre, se poursuit.. Chaque paroisse de la région fera parvenir sa chronique paroissiale d'octobre, dès début septembre, afin d'alimenter les pages de ce journal qui comportera aussi des informations régionales, la "photographie" d'une paroisse de la région, un dossier, le portrait d'un témoin... A partir de ce numéro le synode se prononcera sur la poursuite de la parution d'un tel journal. Le pasteur Joël Geiser a été nommé rédacteur en chef de Normandie Protestante et succède au pasteur Raphaël Picon qui quitte la région pour un ministère de dix mois au Etats-Unis dans le cadre d'un échange inter-Eglises.

Le conseil s'est réjoui de savoir qu'une vingtaine de personnes s'est inscrite pour le colloque franco-britannique qui se tiendra cet été en Angleterre.

Le conseil a terminé ses travaux en participant au culte de la fête du consistoire Haute-Normandie, culte célébré dans les locaux de la Fraternité de la Mission populaire de Rouen. (OF)

 


Conseil régional de la région Ouest de l'Eglise réformée de France

Le conseil régional de l'Ouest a tenu sa dernière session avant l'été les 5 et 6 juin 1998, à Tours. La période de vacances qui s'approche impose un emploi du temps particulièrement chargé en affaires courantes, presque toutes orientées par la perspective du prochain synode régional, qui se tiendra dans le Cognaçais.

Le conseil a ainsi étudié divers textes : premier jet du rapport de gestion, projets de décisions, documents d'information, etc. Mais c'est surtout le projet de budget 1999 qui a particulièrement retenu son attention. Les réponses des Eglises locales à la proposition d'augmentation moyenne des contributions présentée par le conseil régional est en effet préoccupante. Celui-ci avait avancé un chiffre de 1,91 %, permettant de maintenir le nombre de postes pourvus ; celles-là ont donné des réponses variées, dont la moyenne est une augmentation de 1,2 %. Dans la mesure où la plupart des experts prévoient une inflation de l'ordre de 1,4 %, cela signifierait une baisse des moyens disponibles, en francs constants. Des Eglises locales et des consistoires seront relancés d'ici septembre, afin de reconsidérer leur position ; un élan plus fort sera donné à l'animation financière régionale dans les mois qui viennent.

Ces préoccupations n'ont pas empêché le conseil régional de revenir sur des événements passés heureux, source de reconnaissance :.

Le conseil régional a reçu Hans Lung, membre de l'équipe qui anime et encadre les camps bibliques "Chemin faisant". Depuis 1991, ces camps proposent aux personnes handicapées et majeures une semaine de vie commune et de catéchèse, en fin d'été. Alliant compétence technique, ambiance familiale, recherche catéchétique, ces camps constituent une initiative vraiment originale. Cette rencontre a permis de réaffirmer le soutien de la région à l'équipe responsable. Le prochain camp se tiendra à Exoudun, dans le Poitou, sur le thème : "Viens à la source".

Le conseil régional a également rencontré la Commission régionale d'action apostolique (CRAP), "l'équipe de pilotage" et le pasteur Charles Klagba, animateur théologique de la Communauté évangélique d'action apostolique (CEVAA), pour préparer en commun la visite dans notre région de quatre personnes membres d'Eglises de Polynésie française, de Côte d'Ivoire, du Togo et d'Italie au printemps prochain. A n'en pas douter, ce sera l'occasion de rencontres marquantes, autour du thème retenu : "Ensemble, témoins de Jésus-Christ".

Enfin, au cours d'une soirée pleine de rires, de souvenirs et d'émotion, le conseil régional a exprimé sa reconnaissance à Michou Serfass, qui prendra sa retraite à la fin du mois de juin après 17 années de présence au secrétariat général. (LS)

 


ORGANISATIONS INTERNATIONALES

Réunion de la Conférence luthérienne européenne "Eglise et peuple juif"

Chacun sait que les relations entre les luthériens et les juifs n'ont pas toujours été des meilleures. Mais des efforts importants ont été entrepris, un peu partout en Europe, pour améliorer le climat et surtout pour susciter un dialogue fraternel entre les Eglises luthériennes et les Communautés juives. Ainsi est née, en liaison avec la Fédération luthérienne mondiale, le Conférence luthérienne européenne Eglise et peuple juif (LEKKJ), il y a 25 ans. Chaque année, les délégués des Eglises luthériennes d'Europe se retrouvent pour quelques jours dans une ville européenne, cette année pour la première fois à Paris (après deux sessions au Liebfrauenberg en Alsace dans les années 80), les 9 et 10 mai 1998.

Les délégués visitent toujours une paroisse luthérienne et une communauté juive, cette fois-ci, la paroisse des Billettes et la communauté juive de la rue Copernic.

La LEKKJ est un lieu d'échange d'informations. Chaque pays présente un rapport annuel qui suscite parfois de nouvelles initiatives comme la série de dépliants "Ce que chacun doit savoir du judaïsme" (disponibles à la Fédération protestante de France) ou la brochure de préparation d'un culte où est rappelé le fondement biblique commun des Chrétiens et des Juifs ; cette année, le culte pose la question "Qui a tué Jésus ?" avec une allocution étonnante d'un rabbin américain prononcée un jour de Vendredi Saint.

La LEKKJ travaille, pendant plusieurs années, un thème choisi. Commencé à Budapest en 1997, le thème "La loi et la grâce" chez les Chrétiens et les Juifs continuera à être étudié à Paris/Orsay. Généralement il en résulte un texte de fin d'étude, comme la déclaration sur "la rencontre entre Luthériens et Juifs" (Driebergen 1990) ou les réflexions sur "la signification théologique de la terre d'Israël" (1995). (BCh)

 


Dialogue luthéro-catholique : le Conseil de la FLM approuve le projet de déclaration sur la justification

Le Conseil de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) a approuvé aujourd'hui a l'unanimité une Déclaration commune avec l'Eglise catholique romaine qui cherche à mettre fin à un conflit doctrinal datant du temps de la Réforme.

Réuni à Genève, le Conseil de la FLM - instance dirigeante de l'organisation - a décidé de "souscrire à l'accord sur la doctrine de la justification [point de divergence entre les deux traditions depuis la rupture entre Martin Luther et Rome au 16e siècle] présenté dans la Déclaration commune" avec l'Eglise catholique romaine et "d'admettre, sur la base de cet accord, que les condamnations doctrinales prononcées dans les écrits confessionnels luthériens en ce qui concerne la justification ne s'appliquent pas à l'enseignement de l'Eglise catholique romaine tel qu'il est présenté dans la Déclaration commune.".

"Ceci est un moment historique pour lequel nous avons prié et que nous espérions", a déclaré le secrétaire général de la FLM, Ishmael Noko, lors de la conférence de presse qui a suivi.

Les 124 Eglises membres de la FLM représentent la majorité des luthériens dans le monde. La décision fait suite aux réponses positives à la Déclaration commune apportées par la grande majorité des Eglises membres de la FLM.

La Déclaration commune a été préparée par des représentants de la FLM et de l'Eglise catholique romaine. Le Vatican n'a pas répondu officiellement au document mais les responsables de la FLM pensent que cette réponse devrait être donnée très prochainement.

Mgr John Radano, du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, présent en qualité d'observateur, a adressé ses félicitations au Conseil de la FLM pour cette décision.

"C'est un grand moment dans notre relation", a-t-il dit aux participants.

Le président de la FLM, l'évêque Christian Krause, de l'Eglise évangélique du Brunswick, en Allemagne, a exprimé l'espoir, lors de la conférence de presse, que la réponse officielle de l'Eglise catholique romaine serait "dans le même esprit" que celui qui a prévalu lors de la réunion du Conseil.

Même si elle est officiellement approuvée par l'Eglise catholique romaine, la Déclaration ne règle pas toutes les divergences doctrinales entre les luthériens et les catholiques romains et ne signifie pas qu'il peut y avoir hospitalité eucharistique ou intercommunion.

Mais l'évêque Krause a souligné que la Déclaration commune encourageait "les communautés à continuer à rechercher davantage d'unité".

Ishmael Noko a déclaré aux journalistes que si la déclaration recevait le soutien officiel de l'Eglise catholique il y aurait un "climat différent" dans les relations entre les deux traditions, qui permettrait de débattre des questions "difficiles" telles que le rôle de l'évêque de Rome.

La Déclaration commune a été particulièrement controversée en Allemagne, centre de la Réforme luthérienne, où plus de 140 théologiens protestants avaient signé un appel sans précédent appelant les Eglises luthériennes à rejeter la Déclaration commune.

Pourtant, la plupart des Eglises luthériennes allemandes ont apporté leur soutien à la Déclaration.

Le Conseil de la FLM a appelé à "poursuivre les recherches en commun sur les conséquences de cette doctrine dans des domaines spécifiques de l'enseignement et de la pratique ecclésiaux et aussi sur les thèmes controversés de la doctrine de la justification apparus comme tels au cours de la procédure de réception du document".

Pour les représentants de nombreuses Eglises luthériennes minoritaires, en particulier de pays d'Europe orientale et d'Amérique latine où les catholiques romains sont majoritaires, la Déclaration commune va promouvoir des relations positives entre catholiques et luthériens.

L'évêque Bela Harmati de l'Eglise évangélique luthérienne de Hongrie a souligné que "l'entente oecuménique entre nous [luthériens et catholiques] n'a jamais été aussi bonne qu'aujourd'hui".

Pour Huberto Kirchheim, président de l'Eglise évangélique de la confession luthérienne du Brésil et vice-président de la FLM, il est bon, dans une perspective latino-américaine, de compter tant de réactions positives à la Déclaration commune.

"La fin du millénaire est un moment historique important", a-t-il dit

Quant à Prasanna Kumari, de l'Eglise luthérienne Arcot, de l'Inde, vice-présidente de la FLM, elle a déclaré que cette "étape du dialogue entre luthériens et catholiques était accueillie avec grande satisfaction en Inde en raison de notre situation minoritaire".

Selon les derniers chiffres disponibles, du 12 juin, 89 Eglises, représentant 94,4 % des luthériens de la FLM, ont apporté une réponse officielle à la Déclaration. Sur celles-ci 80 ont donné leur approbation à la Déclaration. La réponse d'une autre Eglise a été difficile à interpréter mais semblait être positive. Au total ces réponses représentent 91 % des réponses reçues et 84,1 % des luthériens de la FLM. Cinq Eglises ont répondu de façon négative, et trois autres Eglises ont donné des réponses ambiguës qui semblent négatives ; au total, elles représentent 9 % des réponses reçues, et 10,8 % des luthériens de la FLM.

Interrogé aujourd'hui par l'Agence de presse internationale catholique (APIC) à Rome, Mgr Jean-Claude Périsset, secrétaire adjoint du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, a exprimé sa vive satisfaction : "Cela correspond à l'espérance que nous avions, sachant que les Eglises appartenant à la FLM se reconnaissaient dans leur grande majorité dans ce texte." Mgr Périsset a précisé que la date pour une signature commune de l'accord n'a pas encore été fixée, mais que cela devrait être fait "dans un avenir proche".

Alan Falconer, directeur de Foi et constitution au Conseil oecuménique des Eglises (COE), a déclaré au journaliste d'ENI (Nouvelles oecuméniques internationales : publication du Conseil oecuménique des Eglises) : "Les relations entre les luthériens et catholiques ne seront jamais plus les mêmes. Les slogans et les caricatures de 400 ans d'histoire ont été remplacés par une nouvelle entente et relation. Ce processus vers l'unité se poursuivra." (ENI)

 


RELATIONS INTERNATIONALES

Allemagne : Rencontre de représentants du protestantisme français et d'Allemagne de l'Est

Une coopération plus étroite entre les Eglises protestantes de l'Europe était le principal objectif d'une rencontre entre représentants d'Eglises françaises et allemandes qui s'est tenue, les 8, 9 et 10 juin derniers, à Magdebourg, chef-lieu d'une Eglise régionale protestante de 590 000 membres (20 % de la population se considèrent comme protestants, 5 % comme catholiques) avec 2 169 paroisses et 500 pasteurs. Le président du Consistoire (les Services centraux) de l'Eglise évangélique de la Province ecclésiastique de Saxe, ainsi que le nouvel évêque de cette Eglise, le pasteur Axel Noak, devaient affirmer, avec le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jean Tartier et les représentants de l'Eglise réformée de France , que les Eglises protestantes minoritaires, avec leur "profil spirituel" et leur "qualité historique" propres, pouvaient donner une contribution spécifique à l'Europe.

Les Eglises protestantes de l'Allemagne orientale devaient porter, durant la période de la RDA, comme le vis-à-vis de l'Etat, une responsabilité de fait pour l'ensemble de la société. Cette responsabilité leur incombe encore aujourd'hui, même si c'est dans un contexte très différent. La contribution des Eglises protestantes de France - très minoritaires comme celles de la plupart des pays latins d'Europe - ne peut être qu'un apport stimulant et original aux débats qui traversent les sociétés. Cependant, la voix protestante est attendue dans l'environnement "pluriel" de l'Europe.

La délégation française a aussi rencontré le Conseil presbytéral de la petite Eglise réformée du district de Magdebourg.

Les liens entre l'Eglise de la Province de Saxe et celles de France datent des années 70, lorsque des entretiens entre les représentants du gouvernement de la RDA et des Eglises du pays permirent des échanges avec la France et des visites mutuelles.

Une partie de cette rencontre était consacrée à la préparation d'un colloque qui aura lieu en France, en octobre 1999, sur la place et le rôle des Eglises de la Réforme minoritaires dans l'espace publique. Il s'agit ici de la poursuite des colloques organisés, à Pau (1994), à Malaga (1996) et Palerme (1998), par la Conférence des Eglises protestantes des pays latins d'Europe (CEPPLE) , l'Eglise réformée de France (ERF) et l'Eglise évangélique en Rhénanie (EKiR). (YL)

 


ETRANGER et DOM-TOM

Eglise évangélique libre de Nouvelle-Calédonie et des îles Loyauté

Le synode de l'Eglise évangélique libre de la Nouvelle-Calédonie et des îles Loyauté a eu lieu dans la province nord à Koé du 3 au 7 juin 1998. Cette Eglise a 72 points de culte dans le territoire, 24 pasteurs, assistés de diacres et d'évangélistes, essaient de faire face aux besoins d'évangélisation et de formation.

Le synode qui a travaillé sur l'organisation de l'Eglise a réélu le pasteur Watré Hanye comme président. L'Eglise libre n'a pas voulu prendre une position politique sur la question de l'indépendance ; elle reconnaît qu'en son sein tous les partis sont représentés, cela ne l'empêche pas de participer au travail de réconciliation pour "construire la paix dans les âmes". Le synode a d'ailleurs reçu une délégation du FLNKS avec son président Roch Wamytan, qui a commenté les accords de Nouméa.

Dans cet esprit de réconciliation, le dimanche de Pentecôte précédant le synode, une "Pentecôte ensemble" a été célébrée entre les les paroisses du Vieux Temple et de Montravel (Eglise évangélique dite autonome) et celle du Mont des Oliviers (Eglise libre) à Nouméa.

La présence du pasteur Claude Baty, président de la commission synodale de l'Union des Eglises évangéliques libres (UEEL), affirmait les liens tissés entre l'Eglise libre de Nouvelle-Calédonie et l'Eglise libre en France. Une délégation d'une douzaine de pasteurs et laïcs kanaks assistera l'an prochain au synode du cent cinquantenaire de l'UEEL. (UEEL)

 


ETRANGER

L'Eglise presbytérienne en Irlande tient son assemblée annuelle

L'Eglise presbytérienne en Irlande a tenu son assemblée générale à Belfast du1er au 5 juin 1998. Il s'agit d'un grand moment pour l'Eglise qui réunit à cette occasion la totalité de son corps pastoral (soit environ 500 pasteurs), un laïc par paroisse et de nombreux invités. Beaucoup de monde fut ainsi rassemblé pour assister à l'investiture du nouveau modérateur qui reste pendant un an le représentant officiel de l'Eglise, écouter les compte rendus des différentes commissions, pour débattre, prier, discuter. Le synode était largement attendu en cette période importante de l'histoire de l'Irlande. Si l'Eglise n'a pas officiellement donné de consignes de vote lors du tout récent référendum, la plupart de ses membres s'est largement réjoui de la victoire du "oui" qui promet pour le pays une nouvelle ère de paix.

Comment accompagner les familles des victimes pour faits de guerre surtout à l'heure de la libération des prisonniers anciens terroristes ? Quel soutien apporter aux différentes institutions ayant pour objet la défense de l'identité protestante ? Quelles ouvertures oecuméniques sont possibles lorsque la situation politique et sociale d'un pays conduit les communautés au repli sur soi ?

L'Eglise presbytérienne en Irlande qui compte environ 300 000 membres est la plus importante communauté protestante dans le pays. Si la plupart des protestants sont localisés en Irlande du Nord, l'Eglise recouvre l'ensemble du territoire de l'Ile. Durant ces trente années de guerre, elle s'est forgé la réputation d'être résolument progressiste en matière politique. Elle ne s'est jamais lassée d'appeler à cesser le feu, s'est toujours méfiée des discours les plus extrémistes, réitère ses invitations à la reconnaissance d'autrui et à la lucidité. Car le conflit Nord-Irlandais est bien de ceux qui interdisent, par sa complexité même, toutes formes de manichéisme. L'image simpliste des paysans catholiques irlandais appauvris et exploités par les méchants protestants industriels britanniques s'est largement ternie au cours de ces dernières décennies. En laissant volontairement l'histoire derrière nous, nous retiendrons de ce synode ce que tirait en première page le Irish Times, le lendemain de l'ouverture de l'assemblée : "Un appel à la tolérance". (RP)


PERSONALIA

L'Université Laval de Québec a décerné un doctorat honoris causa au Professeur André Gounelle de la Faculté de Théologie protestante de Montpellier (IPT). Ce doctorat lui a été remis le 14 juin 1998, au cours d'une séance solennelle où ont été soulignées l'importance et la qualité des travaux du Pr. Gounelle sur la théologie protestante classique et contemporaine, et sur la rencontre entre la culture et la religion.

Le Pr. Gounelle, qui prend sa retraite le 1er juillet 1998, a également reçu, en octobre 1997, un doctorat honoris causa de l'Université de Lausanne.

 


DOCUMENTS

Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France - Paris, 6-7 juin 1998

Déclaration à propos de la Déclaration commune luthéro-catholique

sur la doctrine de la justification par la foi

  1. Nous trouvons dans ce texte ce qui est prêché et enseigné dans notre Eglise à propos de la justification par la foi, tout comme le précisent les paragraphes 40 et 41 de la Déclaration commune.
  2. Sur la base du "consensus dans les vérités fondamentales de la Doctrine de la justification", les différences restantes concernant les formulations théologiques et les accentuations de la Doctrine de la justification sont possibles et expriment une diversité légitime.
  3. Les affirmations majeures de la Déclaration et son insistance sur Christ unique médiateur du Salut (¤ 18) permettent d'affirmer que les condamnations doctrinales exprimées dans les confessions de foi luthériennes ne concernent pas la doctrine de l'Eglise catholique romaine, telle qu'elle est exposée dans la Déclaration commune. L'Eglise évangélique luthérienne de France souhaite que l'Eglise catholique romaine fasse le même pas.
  4. Ce document est une étape précieuse pour le rapprochement des différentes traditions confessionnelles. Nous proposons que, sur la base des résultats obtenus par cette étape, on cherche également à réaliser un consensus différencié au sujet de la doctrine de l'Eglise, du ministère, des sacrements et de la catéchèse, et à établir un lien entre justification et éthique sociale, comme le suggère le ¤ 43.
  5. Le message de la justification par la foi est d'une évidente actualité pour nos contemporains, parce qu'il nous donne des raisons de vivre. Nous espérons que la Déclaration commune aura des conséquences sur la vie de nos Eglises et qu'elle ouvrira la voie à une plus grande communion dans le partage de l'Evangile et des sacrements, ainsi qu'à un service de témoignage commun dans la société.
  6. Nous exprimons le souhait de voir ce dialogue bilatéral s'élargir en direction des autres Eglises issues de la Réforme.
  7. Saluant en cette Déclaration une réelle avancée dans le dialogue luthéro-catholique, il nous semble essentiel d'en promouvoir la réception et la diffusion.

Texte adopté par le Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France, le 6 juin 1998

 


Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France - Paris, 6-7 juin 1998

Voeux

Le Synode général de l'Eglise évangélique luthérienne de France (EELF) réuni en sa session des 6 et 7 juin 1998, dans les locaux de la paroisse de l'Ascension - 47 rue Dulong, 75017 Paris - adopte les voeux suivants :

Voeux n° 1

Le Synode général demande au Conseil synodal des deux Inspections de mener une réflexion pour promouvoir davantage avec les paroisses, les activités de jeunesse et d'évangélisation en vue d'un plus grand rayonnement. Il formule le voeu que ces préoccupations de mission locale fassent l'objet des travaux des Synodes au même titre que les questions financières et institutionnelles.

Voeux n° 2

Le Synode général demande au Conseil exécutif de se saisir de la question du ministère de diacre, d'en proposer l'étude aux commissions et conseils concernés, et de faire rapport au Synode général, en sa session de 1999.

Voeux n° 3

Le Synode général demande au Conseil exécutif et aux Conseils synodaux d'être attentifs aux délégations de l'EELF et au nombre de membres siégeant dans les commissions, conseils et Synodes de l'EELF afin d'augmenter l'efficacité des travaux de ces instances et d'en limiter les frais de fonctionnement.

 


Session du Conseil national de l'Eglise réformée de France Chantilly, 12-14 juin 1998

Le Conseil national de l'Eglise réformée de France s'est réuni sous la présidence du pasteur Michel Bertrand. Cette session regroupait, au Centre des "Fontaines" à Chantilly, le Conseil national et les deux coordinations Edifier-Former et Témoigner-Servir . Le pasteur Yo Ludwig, chargé des relations internationales, participait également à cette session qui était aussi la première session du Conseil national nouvellement élu au synode national de Rezé. Conseil national et Coordinations ont pu mesurer, une fois encore, l'importance de cette réunion commune qui a lieu chaque année. L'aumônerie était assurée collégialement par les deux coordinations nationales Edifier-Former et Témoigner-Servir.

1 - Rencontre commune du Conseil national et des Coordinations

Le Conseil national et les Coordinations "Edifier-Former" et "Témoigner-Servir" ont profité de ce temps de travail en commun pour partager leurs impressions et analyses sur le synode national de Rezé, examiner les suites à apporter aux différentes décisions prises à cette occasion et notamment préciser le contenu, les modalités et le calendrier du projet "Débat 2000 - 2000 débats".

Le Conseil national s'est réjoui de la qualité du travail et de l'intérêt manifesté par le synode tant à propos de l'examen de la vie de l'Eglise que lors du travail sur le sujet synodal : "Etrangers- étranger". Dans un climat de grande écoute et sous la conduite attentive du Professeur Pierre BŸhler, le large accord qui s'est dégagé sur le texte de la résolution finale traduit sans doute la qualité du travail préparatoire qui a eu lieu dans les Eglises locales, les conseils presbytéraux et les synodes régionaux. Cette manière concrète de pratiquer la théologie et d'élaborer une parole au cÏur de l'actualité a suscité beaucoup d'intérêt dans le synode, dans et hors de l'Eglise. Les médias lui ont donné un très large écho.

Ce texte de résolution a été transmis aux plus hautes autorités de l'Etat, aux principaux responsables politiques ainsi qu'aux animateurs du 3e collectif des "Sans papiers" qui occupaient à l'époque le foyer de la Mission populaire évangélique de France de la rue de l'Avre (Parie 15e) et avaient été reçus au cours du synode de Rezé.

Débat 2000 - 2000 débats.

Le Conseil national et les coordinations ont entendu le point sur le travail du groupe de pilotage présenté par le pasteur Jean-Charles Tenreiro.

Il s'agit maintenant :

Le Conseil national et les coordinations nationales ont également envisagé les différents matériels ainsi que les moyens de communication qui devront être mis à la disposition des Eglises locales et des groupes divers qui souhaiteront entrer dans une telle démarche.

2 - Examen des dossiers de travail du conseil national.

Le Conseil national, pour sa part, a confirmé ses méthodes de travail répartissant la charge entre le bureau qui prépare les dossiers et les décisions qu'ils appellent pour chaque session du Conseil national.

Le Conseil national a passé en revue les diverses questions qui sont immédiatement devant lui, notamment en vue des prochains synodes : Baptême, Cène, Signes, modification de la discipline proposant - proposanat, accord avec les Anglicans, évaluation de l'Institut protestant de théologie (IPT). Il a également examiné les dossiers suivis en commun avec les coordinations : la catéchèse, la mission, la communication (suites du colloque presse, radios locales, pôle d'édition), le monde universitaire et étudiant (relations avec la Fédé, formation pour adultes ). Le Conseil national a consacré aussi un moment de travail introductif à ses responsabilités financières et immobilières. Il a fait le point sur le travail des commissions techniques et des groupes de travail (liturgie, théologie, l'extrême droite, couple famille société, les conditions d'exercice du ministère ), sur ses relations avec les organismes partenaires (la Fédération protestante de France, le Conseil permanent luthéro-réformé, la Communauté évangélique d'action apostolique-CEVAA, le Service protestant de mission-DEFAP, l'IPT, la Société des Ecoles du Dimanche, le Service oecuménique d'Entraide-CIMADE, la Société coopérative oecuménique de développement, l'Alliance biblique, la Mission populaire évangélique de France,É).

Le Conseil national devra renouveler ses délégations auprès de ces divers organismes partenaires. Il a enfin fixé ses invitations à ses prochaines sessions.

3 - Rencontre du groupe de travail "Conditions d'exercice du ministère"

Le Conseil national a reçu Eric Schlumberger, rapporteur de ce groupe de travail qui présentait à nouveau les propositions du groupe au Conseil national en matière de suivi et d'accompagnement des ministres au cours de leur ministère.

Le Conseil national a souhaité que ce groupe poursuive son travail dans les directions déjà envisagées : aide au discernement, accompagnement des ministres et aide à l'évaluation, en imaginant un dispositif qui fasse plus de place à l'adhésion volontaire des ministres. Il conviendra aussi de revoir la composition des groupes inter-régionaux d'accompagnement qui devraient être sans lien avec les différents lieux institutionnels de l'Eglise. Le Conseil national a souhaité reprendre l'étude de ce dossier, sur la base de propositions révisées lors de sa session de décembre 1998.

4 - La conjoncture.

Le Conseil national et les coordinations ont partagé plusieurs questions d'actualité. Ils ont notamment consacré un large moment à la situation des personnes "sans papiers".

Les "Sans papiers". Le troisième collectif des "Sans papiers" a quitté le "Foyer Grenelle" de la Mission populaire pour occuper le dimanche de Pentecôte le temple réformé de Béthanie dans le 20e arrondissement de Paris. Cette occupation s'est déroulée dans des conditions rendues très précaires par l'exiguïté des lieux et la situation particulière de cette Eglise actuellement sans pasteur. C'est à Béthanie cependant, qu'à l'initiative du Conseil régional de la région parisienne, s'est tenue une assemblée des Conseils presbytéraux et des pasteurs de Paris intra-muros. Au cours de cette réunion a été décidé de proposer au 3e collectif une itinérance dans les différents lieux de culte parisiens à l'invitation de ces derniers. De même s'est exprimée une forte opposition au démarrage d'une grève de la faim. Le 3e collectif a entendu cet appel à l'itinérance et a répondu positivement à l'invitation du Conseil presbytéral de l'Eglise réformée des Batignolles où ils se sont installés depuis de le 15 juin. Une grève de la faim a toutefois débuté très rapidement après leur arrivée qui peut remettre en question leur itinérance.

Communiqué du Secrétariat général de l'ƒglise réformée de France

 


Fête annuelle et 150e anniversaire de la Fondation Jonh Bost, 6-7 juin 1998

La fête annuelle de la Fondation John Bost a brillé d'un éclat particulier en cette année 1998 qui marque le 150e anniversaire de la Fondation. C'est en effet le 24 mai 1848 que le premier "Asile" a été inauguré pour l'accueil de "jeunes filles en danger moral".

Aujourd'hui, avec 22 pavillons et un millier de résidents, la Fondation John Bost a souhaité faire une pause avant de poursuivre son chemin vers l'avenir plutôt que de simplement "commémorer".

La fête s'est ouverte en musique : un concert donné par le quintette vocal Musica Viva avec, en surprise finale, le dévoilement de l'harmonium restauré de John Bost sur lequel a été joué un Pater Noster de Franz Liszt. C'était un clin d'oeil ému à John Bost, lui-même musicien et élève de Liszt.

Un culte d'action de grâces à suivi, présidé par le pasteur Jean Tartier, président de la Fédération protestante de France, qui s'est demandé si, en fondant son oeuvre, John Bost avait pensé à la parabole de la graine de moutarde. "Il ne suffit pas de quelques John Bost", a conclu Jean Tartier, "il faut aussi, sans cesse, l'engagement du plus grand nombre ; c'est lorsque le plus spectaculaire côtoie les tout petits riens que l'on gagne du terrain contre l'injustice et l'exclusion".

C'est avec beaucoup de chaleur que le Maire de La Force, le Sous-préfet de Dordogne et les amis Allemands de Bethel (institution née en 1867 sur l'exemple de John Bost et qui compte aujourd'hui 10 000 personnes, résidents et personnels confondus) ont salué le travail poursuivi par les successeurs de John Bost. Le Maire de La Force a parlé d'un lieu où souffle l'Esprit. Le Sous-préfet de Bergerac a témoigné : "la Fondation John Bost m'a fait découvrir la chrétienté dans sa ténacité et sa faiblesse". M. Riesse, aumônier à Bethel, a rappelé les liens et la collaboration entre les deux institutions avant d'offrir un tableau, oeuvre d'un résident.

Le clou de ce week-end était incontestablement le spectacle donné à 22 h par 580 acteurs, résidents et personnels. "Sans famille" d'Hector Malot avait été choisi parce que c'est une oeuvre du XIXe siècle comme la Fondation et parce qu'elle se termine sur un concert donné au profit de la construction d'un asile pour les petits musiciens des rues. Le décor naturel du théâtre de verdure était encore embelli par une fresque réalisée pour cette occasion unique et qui rappelait les différents lieux où se déroule l'histoire du jeune Rémi de "Sans famille". Les ateliers techniques de la Fondation avaient aussi construit une vraie péniche qui a été plusieurs fois applaudie par les quelque 4 000 spectateurs présents.

L'assemblée annuelle s'est réunie le dimanche matin. Au cours du culte d'ouverture, Jean Tartier a affirmé que John et Eugénie Bost auraient sans doute aimé le texte de Proverbes 8 qui montre que la sagesse est au commencement de toutes choses, accompagnant Dieu dans sa création. L'offrande a permis de recueillir 37 000 F, gouttes d'eau bienvenues sur le million de francs nécessaire pour l'équipement d'un bassin d'hydrothérapie au pavillon qui ouvrira ses portes en 1999 à Roumare, près de Rouen.

En l'absence d'Hubert Raoul-Duval, président du Conseil d'administration de la Fondation John Bost, retenu à sa grande tristesse pour raison de santé, Jean-Arnold de Clermont, vice-président, a ouvert l'assemblée qui était présidée par le préfet Olivier Philip. Jean-Arnold de Clermont a invité l'assemblée à trouver des dimensions contemporaines à l'accueil de "ceux que tous repoussent".

Simone Rossier, trésorière, a déploré une année difficile pour le budget hospitalier, prenant l'image d'un "vêtement étriqué qui ne permet pas le mouvement". "Il faut prendre garde", a-t-elle souligné, "que les failles du financement public ne nous contraignent pas à renoncer à nous ouvrir à d'autres souffrances".

Frédéric Trautmann, Directeur général, a proposé à l'assemblée une pause dans le tourbillon pour réfléchir à la pérennité et à la pertinence de l'oeuvre. A l'aide d'exemples concrets du passé et du présent, il a montré le besoin d'être à la fois une institution solide et capable d'évolution. Puis il a rappelé les fondements bibliques et éthiques de la manière d'être et de faire à la Fondation John Bost depuis les origines. Parce que nous croyons que les handicapés sont des personnes créées à l'image de Dieu, que leur vie a un sens jusqu'au bout, nous bâtissons avec chaque résident un projet de vie. C'est un des ferments de la pérennité et de la pertinence de la Fondation John Bost en vue de la libération et de la dignité de ceux qui en sont privés.

Philippe Gabbaï, Directeur des services médicaux, a ensuite proposé une réflexion sur le temps, le fait de "Transmettre" (d'après un ouvrage récent de Régis Debray), les liens qui se tissent et écrivent l'histoire d'une génération à l'autre. "Les Asiles inventent peu à peu leur origine comme les disciples inventent les maîtres. Le lien, c'est la constante articulation entre le support instrumental et l'engagement communautaire".

L'intervention d'Olivier Philip a porté sur la loi sur les 35 heures avec une insistance sur les notions de renoncement et de partage sans lesquelles la loi ne pourrait qu'échouer. Sans cet esprit de solidarité qui doit conduire les plus favorisés de notre système économique à accepter la baisse, même provisoire, des revenus, rien ne sera possible. C'est pourtant le prix à payer pour que chacun puisse avoir une utilité pour les autres, ce qui est la condition pour pouvoir vivre en société.

Au moment d' "envoyer" l'assemblée, Jean Tartier a lu un poème écrit par une handicapée invitant celui qui se heurte à une difficulté à "recommencer". Il a souhaité aux amis et à la Fondation John Bost, de nombreux recommencements.

Les évocations des 150 ans de la Fondation John Bost ont beaucoup amené à parler du temps qui passe. Parlons un peu du temps qu'il faisait ! Beau ! Malgré les nuages, pas une goutte de pluie durant ces deux journées qui se sont terminées le dimanche après l'assemblée, par l'égaiement de tous à travers la Fondation pour un repas champêtre, un tour des lieux en petit train, une promenade à travers les stands proposés par les pavillons et par les Ateliers d'ergothérapie, une visite d'un pavillon, une visite de la blanchisserie rénovée, une visite à des résidents ou à des amis présents, des conversations, des sourires aux inconnus et beaucoup de bonne humeur.

Danielle Morel-Vergniol

 


FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE
Equipes d'Animation et de Recherche bibliques (EARB)

Paris, le 15 juin 1998

Chers amis,

Conformément à ce que nous vous annoncions dans notre lettre d'information annuelle d'octobre dernier, nous avons le plaisir de vous faire part de la naissance le 30 avril 1998 d'une association des Amis des Equipes d'Animation et de Recherche bibliques (Amis des EARB).

Ce long sigle, et ce qu'il recouvre, appelle quelques précisions :

C'est donc de cette association que nous vous proposons de devenir membre en remplissant, si vous le désirez, le bulletin d'adhésion ci-dessous. Outre votre soutien moral et financier, nous souhaitons aussi vous permettre une intégration dans les équipes régionales que nous souhaitons progressivement mettre en place là où quelques uns partagent une même passion pour la Bible et sa lecture en groupe. Une information régulière sur les activités et productions des EARB vous sera communiquée durant l'année.

Nous nous réjouissons donc de vous accueillir peut-être parmi les premiers membres de ce réseau d'amis.

Pour le Comité, la présidente Christiane DIETERLE


Bulletin d'adhésion à l'Association des Amis des EARB

Le ....................19....

Je soussigné(e) (prénom).................................................
(NOM)....................................................................
Demeurant à..............................................................
.........................................................................
.........................................................................

déclare adhérer à l'Association des Amis des Equipes d'Animation et de Recherche bibliques.

Ci-joint ma cotisation (cocher la cas) pour l'année 19.... :

O 200 F adhérent

O 200 F < .........< 500 F soutien

O 500 F et plus bienfaiteur

Signature


..................................

A imprimer, découper et renvoyer à : Association des Amis des Equipes d'Animation et de Recherche bibliques - 47 rue de Clichy - 75311 Paris cedex 09



Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/