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BIP 1467 du 30 décembre 1998

Sommaire

Vient de paraître

Assemblée générale du service protestant de mission

Service Radio

Présence Protestante

L'Annuaire de la France Protestant 1999

Rencontre entre des représentants d'Eglises et le Secrétaire d'Etat allemand

Journée chrétienne de la Communication

Belgique : Protestants et Evangéliques

Allemagne : Relations Eglise-Etat

HARARE : le bilan du festival de la décennie et de la 8eme Assemblée du COE

La SCOD confirme son soutien à l'Afrique

Spécial Nicaragua

Semaine universelle de prières du 3 au 10 janvier 1999

La semaine de l'Universelle Prière pour l'Unité des Chrétiens 18 - 25 janvier 1999

Jeunes

Edit de Nantes inauguration d'une Place

Les Brèves

Documents

Message du Pasteur Jean Tartier au Pasteur Alphonse MBAMA, président de l'EE du Congo

Message de Noël du Pasteur Konrad Raiser

Déclaration du festival de la décennie ; Mouvement jeunes Femmes

Déclaration de l'Eglise Unie du Christ au sujet de l'action militaire contre l'Iraq

AG du SPM :Evolution et enjeux de la Mission

Allocution du Pasteur J.M. Viollet lors de l'inauguration de la Place de l'Edit de Nantes à Paris


 


Vient de paraître

Psaumes du Pélerin
par R. Chapal, Henri Lindegaard, D. Bourguet

Viens chercher ton serviteur

C'est la première fois que le psalmiste s'adresse ainsi à Dieu. Quand l'homme lance vers Dieu ce cri, il a enfin compris que sa vie est une errance ; il a enfin compris que sa vie peut devenir un pélerinage, un pélerinage où Dieu vient vers l'homme et l'homme vers Dieu. Quand l'homme lance vers Dieu ce cri, il devient pélerin et peur se mettre en marche, porté par la confiance en celui qui vient à sa rencontre.

C'est cette montée vers Dieu que le poète Roger Chapal, le peintre Henri Lindegaard et le pasteur Daniel Bourguet ont méditée au travers des quinze Psaumes des montées. Ils nous donnent dans ce petit livre, chacun au travers de son art, le fruit de cette rencontre. Chaque lecteur rejoindra avec eux son errance, qui à son tour se transformera en pélerinage, et en montée vers la joie et l'ivresse de Dieu. (Quatrième de couverture)
Editions Réveil publications, Au fil des jours - 90F


Pour Lire les Textes bibliques. collège et lycée

Au collège comme au lycée, la Bible " est au programme " en tant qu'écrit fondateur, aux racines de notre culture. Les vingt textes étudiés ont été choisis parmi les plus connus et recouvrent différents genres biblique. En prolongement, sont proposés de nombreux documents littéraires et iconographiques, autant de pistes fructueuses pour découvrir ou redécouvrir la Bible avec ses élèves. Les auteurs, professeurs de l'enseignement secondaire et biblistes, ont uni leurs compétences pour cet ouvrage pluridisciplinaire riche de renseignements. Un livre complet et pratique. Auteurs : G. Boulade, J. Kohler, V. Monsarrat, L. Peter, P. Rolin, V. Weben.

CRDP de l'Académie de Créteil.100 FF


L'Islam en France
par Alain Boyer

Le présent ouvrage décrit les étapes de la constitution récente des communautés musulmanes en France, largement issues de l'immigration. Il souligne la diversité des populations musulmanes, la division des communautés, les tentatives de tutelles étrangères et l'absence d'organisation représentative qui empêchent la solution des problèmes concrets et freinent l'intégration des musulmans. Une nouvelle génération parvient à affirmer sa fidélité à la fois musulmane dans la France laïque et républicaine, ce qui facilitera l'enracinement de l'islam et ouvrira de nouvelles perspectives théologiques.

PUF, collection Politique -149 F



BIP actualités

 



VIE DE LA FEDERATION


Assemblée générale du Service Protestant de Mission


"La mission n'est pas un à-côté exotique de ce qui serait la vraie vie chrétienne et les vraies préoccupations des Eglises (...). La mission n'est pas seulement une pratique, aussi généreuse soit-elle. Elle est de l'ordre de la confession de foi"".

Ces paroles fortes de la secrétaire générale du Service protestant de mission Défap, le pasteur Geneviève Chevalley, (cf document page 12) ont conclu l'introduction d'un temps de travail de groupes pour les quelques délégués réunis à Paris le samedi 28 novembre à l'occasion de l'Assemblée générale annuelle. Une heure en groupes trop vite passée, suffisante pour prendre la mesure de questions en phase avec les interrogations des Eglises. Dès le matin, au cours de la discussion du rapport d'activités, le pasteur Michel Bertrand, président du conseil national de l'ERF, avait souligné les convergences d'intérêt :"partout se pose la question de la visibilité, du témoignage. Comment reprendre à nouveaux frais la question de la mission et de l'évangélisation?" Les délégués ont manifesté ce désir d'articuler l'action et l'expérience avec la réflexion biblique et théologique, en confrontant leurs convictions avec les questions d'aujourd'hui :

Sérieux et convivialité

Réputée plutôt rébarbative, parce que trop statutaire, l'Assemblée générale a démontré cette année le contraire. Sous la présidence efficace et humoristique du pasteur Christian Davaine, elle a su entrelacer le sérieux et la convivialité, la réflexion et le plaisir de la rencontre. Les temps de pause et de repas ont permis aux délégués d'investir les salles et les recoins de la "maison Défap". Pour beaucoup, la déambulation dans les locaux du 102, bld Arago a été une découverte, celle d'un espace progressivement réaménagé, chargé d'histoire et de modernité. L'occasion également de prendre la mesure des trésors de la bibliothèque et de réaliser le travail qui attend la dernière venue de l'équipe, Claire-Lise Lombard, bibliothécaire récemment nommée.

Satisfait de l'intérêt et des orientations esquissées à court et à moyen terme, le Conseil du Défap en a tiré dès le lendemain les premières conséquences. Deux chantiers vont mobiliser son attention. Le premier, proche puisque le lancement de la Campagne française sera effectif la seconde quinzaine de janvier :la remise de la partie de la dette absolument "insupportable" pour 52 pays parmi les plus pauvres. Le second envisage le forum du Service protestant de Bergerac (06-07-08 mai 2000) comme l'aboutissement d'une réflexion tous azimuts autour de la question de l'envoi et de la place de la personne dans l'évangélisation et dans le témoignage. Une commission de recherche et d'animation missionnaire a été nommée lors du Conseil : elle aura la charge de nourrir le débat préparatoire. D'autres apports ont émaillé ce week-end : des informations sur Haïti, le Cameroun, le Lesotho et le Nicaragua. Le budget 1999 a été voté, celui de 1998 s'annonce en équilibre. La Cévaa a présenté son nouveau logo et partagé la nouvelle charte que s'est donnée la Communauté. La charte rédactionnelle du journal Mission a été étudiée.

D'un bout à l'autre de ces deux journées, la dynamique a été au rendez-vous pour réexprimer et réinvestir les convictions et en faire des forces de proposition.(ET)

 


Service Radio

Le 17 janvier 1999, à 8h30 sur France-Culture, on entendra un culte oecuménique ouvrant la semaine de prière pour l'unité des Chrétiens. Le pasteur Michel Wagner (ERF) et le père Paul Guérin (équipe diocésaine de catécuménat des Yvelines) ont construit ensemble cette émission et dialoguent leur méditation sur le verset de l'Apocalypse : "Ils seront ses Peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux". La chorale oecuménique de Marly le Roi, sous la direction d'Olivier Pfender participera à ce culte.

Le 24 janvier marquera la fin de cette semaine de prière. A 8h30 sur France-Culture, le Service Radio de la FPF vous propose de vivre les moments forts du culte qui a clôturé les cérémonies du 50ème anniversaire du Conseil oecuménique des Eglises à Harare (Zimbabwe) :chorales nombreuses et diverses, acte d'engagement des Eglises participantes, louanges et prières dans toutes les langues... Le pasteur Marcel Manoël, délégué français et pasteur ERF à Nîmes, traduit et commente cette cérémonie enregistrée à Harare par nos amis du service protestant de la Radio Suisse Romande (responsable Michel Kšcher).

 


Service Télévision Présence Protestante

Soeur Myriam, une certaine saveur de la vie

Diffusion : dimanche 17 janvier 1999


Trente minutes de son et d'images pour découvrir Soeur Myriam, ancienne prieure de la communauté des diaconesses de Reuilly à Versailles, dans son quotidien, pour s'asseoir à ses côtés et l'écouter parler, conseiller, réconforter, pour la suivre dans son travail, dans ses rencontres, c'est court, bien trop court. Car Soeur Myriam est une personne qui prie et qui agit, qui écoute et qui soulage, qui apprend et enseigne les fruits de ses riches pensées. C'est aussi une femme qui participe activement à la vie matérielle et spirituelle de sa communauté.

Cette deuxième partie du documentaire de Jacques Oger (1ère partie diffusée le 20 décembre dernier), nous invite donc à emboîter le pas de cette Soeur passionnante dont le regard limpide et profond force la confidence et invite à l'écoute. Et le téléspectateur ne peut que s'imprégner de ses paroles dont se dégagent force et sagesse, foi et sérénité. Parmi les perles de la réflexion qu'elle nous offre ici, il en est une qui raisonne encore et emplit le vide laissé par le petit écran qu'on vient d'éteindre :
"Il y a des choses modestes qui sont des rapports à la vie, et je pense qu'une des qualités, c'est de faire attention. (...) Quand on fait attention, quand l'autre ou les événements comptent pour nous, alors peu à peu on grandit soi-même et on est instruit d'un tas de choses que même les livres ne nous ont pas appris."

 


Le monde protestant d'aujourd'hui en 884 pages

L'ANNUAIRE DE LA FRANCE

PROTESTANTE 1999 EST ARRIVE


Dans l'Annuaire de la France Protestante 1999 vous trouverez la liste des 1942 pasteurs des Eglises membres de la Fédération protestante de France (FPF) ainsi que les coordonnées de leurs 1118 paroisses. 180 pages sont consacrées aux oeuvres et mouvements. Ces associations sont répertoriées par thème :communautés, formation biblique et théologique, mouvements de jeunesse, musées, presse, documentation mais aussi cliniques, maisons de retraite, centres de vacances

L'Annuaire de la France Protestante 1999 est largement ouvert sur le monde protestant et oecuménique en référençant les Eglises protestantes françaises non membres de la FPF, les organismes oecuméniques et les directions d'Eglises protestantes du monde entier. Annuaire de la France Protestante 1999 - 220 FF
disponible auprès de :

Librairie Oberlin : 47 rue de Clichy - 75009 Paris

 


OECUMENISME

Rencontre entre des représentants d'Eglises et le Secrétaire d'Etat allemand

Keith Jenkins, secrétaire général de la commission oecuménique européenne pour Eglise et société (EECCS) et Stefan Lunte du secrétariat général de la commission des épiscopats dans l'union européenne (COMECE) faisaient partie d'une délégation oecuménique qui a rencontré hier à Bonn le secrétaire d'état allemand aux affaires européennes, M. Gunther Eurheugen. Ils se sont joints aux collègues des représentations permanentes auprès du gouvernement allemand de l'église évangélique d'Allemagne (menés par l'évêque Hartmut Lšwe) et de la conférence épiscopale catholique d'Allemagne (menés par Mgr Paul Bocklet). Cette rencontre avait pour objectif de présenter les perspectives des églises sur des questions relatives à la présidence allemande de l'Union européenne et s'inscrivait dans une tradition européenne régulière de rencontres entre les églises et les pays devant assumer la présidence de l'Union.

Le secrétaire d'état a résumé les principales priorités de la Présidence en cinq rubriques : l'Agenda 2000 et la nécessité d'arriver à un paquet de mesures financières incluant la réforme de la politique agricole ainsi que des fonds structurels et de cohésion ; le démarrage du processus de réforme institutionnelle ; la progression des négociations relatives à l'élargissement ; l'instauration de l'Euro ; la mise en oeuvre des structures de la politique extérieure et de sécurité commune établie par le traité d'Amsterdam.

Les représentants des Eglises ont souligné l'importance pour les Eglises d'Europe centrale et orientale de recevoir des signes clairs que leurs pays seront bien accueillis au sein de l'Union européenne. L'incertitude quant à la date de leur entrée renforce leur malaise. Bien que les Eglises soient conscientes des nombreux problèmes soulevés par le processus d'élargissement, elles estiment qu'il est nécessaire d'envoyer un signe plus net de bienvenue et d'acceptation à ces pays d'Europe centrale et orientale et également de les informer le plus rapidement possible de la date probable de leur adhésion.
Les discussions ont également porté sur les sujets suivants :

 


Le dimanche 7 février 1999

"Journée chrétienne de la communication"

(JCC) sur le thème :

"J'écris, tu bouquines, causons..."

L'équipe de préparation a choisi ce thème dans la perspective du livre comme élément social.

Cette JCC a pour objet :

Début janvier, les Eglises locales recevront des documents pour préparer cette JCC 99 et une affiche couleur (40X60), qui existe également en format abribus (120X176). Dans le cas, où vous envisageriez d'organiser une rencontre autour du livre vers le 7 février 1999, il faudra très vite la commander auprès de :

Chrétiens-Médias, Féd. nationale, 10bis, bd de la Bastille - 75012 PARIS - tél 01 49 28 57 30

Auprès du service Communication diocèse de votre secteur, vous pourrez obtenir le nom des relais Chrétiens-Médias dans votre région afin d'étudier ce que vous pouvez faire ensemble.

 


ETRANGER

Belgique : protestants et Evangéliques


Les Eglises protestantes et évangéliques, représentées par l'Eglise protestante Unie de Belgique et par le Synode Fédéral des Eglises Protestantes et Evangéliques de Belgique ont décidé d'oeuvrer en vue d'une coopération administrative plus étroite. Cette forme de coopération aurait pour but la représentation du culte protestant à l'égard des autorités.

Depuis 1839, le Synode de l'Union des Eglises Protestantes Evangéliques du Royaume de Belgique représente le culte protestant-évangélique auprès du Ministre de la Justice. Son président exerce la fonction d'interlocuteur auprès des pouvoirs publics. Au fil des ans, le Synode connut de multiples fusions avec d'autres dénominations appartenant à la mouvance protestante-évangélique. Les dernières en date eurent lieu en 1979 et donnèrent naissance à l'Eglise Protestante Unie de Belgique.

Réunis en assemblée, le 21 et le 28 novembre 1998, les synodes respectifs ont donné à leurs conseils exécutifs le mandat d'entamer les pourparlers afin de mettre une structure de collaboration en place. Cette coopération administrative s'appuiera sur un esprit ouvert et pluraliste au sein de la famille protestante-évangélique. Dans un premier temps, un groupe de travail réunira des représentants de l'Eglise Protestante Unie de Belgique et les représentants du Synode Fédéral des Eglises Protestantes-Evangéliques de Belgique. Les conseils exécutifs des deux Synodes s'efforceront de présenter à leurs assemblées synodales respectives, fin 1999, un document contenant les lignes directrices d'un futur modèle de coopération.

 


LE SYNODE DE L'EGLISE EVANGELIQUE en ALLEMAGNE (EKD)

vers de nouvelles relations Eglise-Etat

A l'ordre du jour : la diaconie, I'oecuménisme et la réconcilation entre Tchèques et Allemands.

Le Synode de l'Eglise évangélique en Allemagne (EKD) s'est réuni à Munster/Westphalie, du ler au 6 Novembre 1998. La convocation des 120 délégués venant de 24 Eglises régionales dans cette ville était significative. Avec Osnabruck, sa voisine, elle avait été le théatre desnégociations qui devaient aboutir. Ie 24 octobre 1648, à la signature de la " Paix de Westphalie " mettant fin à la Guerre de Trente Ans et un terme à une étape importante des "guerres de religion" en Europe. Une semaine avant les Synodes, les têtes couronnées et les représentants des pays impliqués s'y étaient retrouvés pour commémorer les 350 ans de cet événement "européen ".

Dans son message, le président du Conseil de l'EKD, le pasteur Manfred Kock, président de l'Eglise évangélique en Rhénanie (EKiR), devait qualifier la justice sociale de " base d'une société stable " et rappeler l'engagement des Eglises protestante et catholique dans ce domaine.

La "Déclaration sociale" des Eglises protestante et catholique, publiée en 1997, s'adresse aussi au nouveau gouvernement fédéral et détermine le travail diaconal des Eglises, principal thème de ce Synode. Le nouveau gouvernement était représenté par la Ministre fédérale de la culture et de la recherche qui invita, à son tour, les Eglises à entrer dans son "pacte pour l'emploi" et à combattre le chômage. C'est aussi dans le secteur social que le tout nouveau ministre-président du "Land" de Rhénanie-Westphalie, successeur du très protestant Johannes Rau, voit une coopération fructueuse entre l'Eglise et l'Etat, " pour donner aux jeunes, par la formation, par un métier et par un revenu, des perspectives intéressantes pour le futur...Réduire ce "damné" chômage est la clé de toutes les autres questions sociales ".

Le président Kock devait également appeler, dans son message, à une relation plus réaliste avec l'Islam. " Ceux qui ne relèvent que les manifestations extrémistes, sous-estiment les forces humanistes de cette religion, qu'il s'agit de connaître et de soutenir ". Cependant, la rencontre entre les religions ne pourra réussir que si leurs représentants connaissent leur propre profil. Un important chapitre était consacré aux relations avec le catholicisme et à la Déclaration commune concernant la justification, question abordée notamment entre la Fédération luthérienne mondiale et le Vatican. Malgré les divergeances de taille, I'EKD ne craint pas " une époque glacière pour l'oecuménisme ". Un consensus complet ne sera pas possible, constate l'évêque Lehmann, président de la Conférence des Evêques catholiques allemands, " car il signifierait la victoire d'un partenaire sur l'autre..". - Et le président Kock de constater que les différences "confessionnelles" traversent les deux Eglises et se situent "entre ceux qui insistent sur les dogmes et ceux qui questionnent et cherchent, entre ceux qui ne se laissent pas ébranler par la violence et l'injustice autour d'eux et ceux qui savent que Dieu établit les critères de la dignité de tout homme. La dignité des hommes et des femmes est également le critère pour la Diaconie de l'EKD, qui se situe parmi les 3 premiers employeurs de l'Allemagne. Elle aura de plus en plus besoin de bénévoles pour y accomplir un ministère. Comment reconnaître ce ministère, sur le plan de la liturgie et de la formation? Comment tenir compte de la réalité européenne et établir un réseau sur le continent ? Un moment chargé d'émotion était la cérémonie, en présence du Président de la République fédérale, Roman Herzog, marquant une étape importante sur le long chemin de la réconciliation entre Tchèques et Allemands, préparé par un travail obstiné de l'Eglise des Frères tchèques et l'EKD, et la publication d'un livre commun: "Pour que Tchèques et Allemands se comprennent ". L'observateur francais de ce Synode - qui est devenu plus jeune et plus " féminin " constate que des questions essentielles et difficiles ont pu être abordées dans un climat assez serein: par exemple celle de la sécularisation dans un pays où les Eglises ont encore " le nombre et une voix ", ou celle du lien entre le " social " et le " théologique ". On sait également qu'une période est bien terminée, celle des responsables politiques comme Kohl et Rau, proches des Eglises. Une autre ère vient de commencer, celle d'une nouvelle génération de gouvernants, qui garde une distance plus grande par rapport aux Eglises et qui les jugera pour l'essentiel - d'après leur engagement dans les sociétés allemande et européenne.(Y.L.)

 


HARARE

Festival de la Décennie

Elle sont venues de partout, en boubous colorés, en jeans usés, en saris ondoyants, mais aussi en jupes bien classiques ; cheveux courts, cheveux gris, savantes coiffures africaines, longues tresses asiatiques, on croise des jeunes et des moins jeunes, des futures mères et des grands-mères. Plus de 1000 femmes chrétiennes arrivent pour participer au Festival de la Décennie oecuménique des Eglises solidaires des femmes qui se déroule à Harare au Zimbabwe du 27 au 30 novembre 1998.

C'est la saison des pluies : il fait chaud, le ciel est lourd de nuages menaçants qui, heureusement pour le Festival, n'éclateront en torrents de pluies que le soir et pendant nuit. L'accueil par des femmes du Zimbabwe est chaleureux ; les locaux du Belvedere College un peu spartiates (bien que les avis varient d'une participante à l'autre !)   ; ; les queues interminables pour accéder à la cafétéria où la nourriture plutôt simple est typique du pays. Très vite, certaines débrouillardes s'approvisionnent en sandwiches, fruits et coca aux quelques stands des marchands qui ont senti l'aubaine et sont venus s'installer dans le campus.

"Envisager l'avenir après 1998", tel était le thème central de ce Festival, convoqué pour faire le point sur les dix années durant lesquelles les Eglises, membres du COE, avaient été appelées à être solidaires des femmes. Dans certaines Eglises, des "Comités Décennie" avaient été constitués et la situation de la femme a vraiment été prise en compte ; dans d'autres, ce sont plutôt les femmes qui se sont avérées solidaires des femmes et non pas les Eglises   ; ; enfin quelques rares Eglises n'ont quasiment pas donné suite à cette initiative lancée par le COE à Pâques 1988. Rappelons les quatre domaines sur lesquels les Eglises avaient été appelées à se poser des questions :

A Harare, chaque journée commence par une grande célébration, un peu longue au goût de certaines, au cours de laquelle la symbolique est très développée :l'eau venue de tous les pays que chaque participante verse dans un grande jarre et qui sera un élément fort de ce festival :l'eau qui donne la vie, l'eau des larmes versées par les femmes qui souffrent mais aussi l'eau du baptême. Des tissus de couleur représentant les 9 régions participant à cette rencontre, tissus déroulés au travers de la salle et qui viennent s'entrecroiser sur l'estrade. Des bougies allumées par une représentante de chaque région, etc. A mes yeux, ces temps forts préfigurent l'image de l'Eglise universelle à laquelle tout chrétien aspire. Chaque matinée aura un temps d'étude biblique et les participantes travailleront sur les textes de la Samaritaine, de Hagar et de la femme syrophénicienne.

Un temps du Festival a été réservé à l'écoute des jeunes femmes :elles sont venues dire qu'elles ont besoin d'être entendues, que les choses ont changé, que l'on ne peut plus aborder les questions des relations Femmes-Hommes de la même manière qu'il y a 30 ans. Il est vrai que les groupes de femmes, un peu partout dans le monde, ont vieilli et il faudrait davantage prendre en compte les propositions et les idées que les jeunes femmes font quant à une parité meilleure dans la société et dans l'Eglise.

En conclusion, la Décennie des Eglises solidaires des Femmes a pris fin, mais tout ne fait que commencer : la " pierre roulée " qui a permis aux femmes d'annoncer la résurrection du Christ est pour nous toutes une porte ouverte sur la suite de la Décennie. Les Eglises doivent maintenant s'engager à prendre pleinement en compte la place des femmes, elles doivent oser dénoncer la violence, le racisme et le mépris que rencontrent encore tant de femmes dans le monde et parfois même dans les Eglises. (voir document "Déclaration du Festival à l'Assemblée du COE")

(J D., membre du Groupe Orsay)


Un bilan bien tempéré


Cinquante ans de vie commune entre protestants et orthodoxes, c'est peu et beaucoup. En dépit des tensions que les relations Ïcuméniques peuvent susciter, leur première vertu n'est-elle pas de rendre exigeant et aimable à la fois Tout s'est donc bien passé. Alors que les choses s'annonçaient plutôt mal, la VIIIe Assemblée du Conseil Ïcuménique des Eglises (COE) s'est déroulée sans trop de difficultés. Contrairement à ce que l'on pouvait craindre, les orthodoxes ont suivi activement l'ensemble de ses travaux. Malgré leur décision commune prise à Thessalonique en mai dernier, ils ont même participé à la plupart des scrutins ainsi qu'aux offices de la matinée. Seule, la délégation de l'Eglise orthodoxe de Russie a fait montre de moins d'enthousiasme et n'a pris qu'exceptionnellement part aux votes soumis aux 980 délégués. Il faut en retenir qu'elle était présente à Harare (Zimbabwe) où l'Assemblée s'est tenue du 3 au 14 décembre dernier. Ce geste de bonne volonté des Eglises orthodoxes a clairement manifesté leur désir sincère de rester membres à part entière du COE et de poursuivre, avec les Eglises protestantes, anglicanes et orientales, l'aventure commune commencée il y a cinquante ans à Amsterdam, en 1948. De ce point de vue, l'objectif des responsables du COE de marquer cette assemblée du jubilé sous le signe du réengagement des Eglises dans le mouvement Ïcuménique a été atteint. Alors que pendant longtemps les Eglises se sont engagées à demeurer ensemble, aujourd'hui, " nous nous engageons à vivre ensemble ", peut-on lire dans le message final de l'Assemblée. Ce premier résultat, qui peut sembler mince, n'allait pourtant pas de soi il y a encore quelques mois. On sait en effet que, depuis le début des années 90, le climat Ïcuménique n'est pas particulièrement au beau fixe en dépit de nombreux démentis officiels pas toujours très convaincants. Au sein du COE, cette période de turbulence s'est manifesté par un mécontentement croissant des orthodoxes qui reprochent - non sans raisons parfois - à leurs partenaires protestants de leur imposer un ordre du jour fort éloigné de leurs préoccupations immédiates.

Grief leur est fait aussi d'avoir renoncer à l'un des principaux objectifs du COE qui est de reconstruire " l'unité visible " des Eglises. En contrepartie, ce geste d'ouverture a permis aux orthodoxes d'avancer un certain nombre de revendications fermes et précises. Le Père Hilarion Alfeyev, qui conduisait la délégation russe, a été catégorique : " Si le COE ne se recentre pas sur sa vocation première, nous pourrions être amenés, malgré nous, à renoncer à nos engagements Ïcuméniques. Or il est évident que cela passe par une réforme radicale de l'institution ". Jamais la demande d'un profond changement de structures et de mode de fonctionnement n'avait été formulée d'une manière aussi insistante. Souvent évoquée, la nécessité d'une évolution du COE n'avait jusqu'à présent donné lieu qu'à des suggestions destinées en particulier à améliorer la représentativité d'un organisme qui compte actuellement plus de 340 Eglises membres.

Après Harare, il semble acquis que l'institution genevoise devra envisager de réels changements si elle ne veut pas être reléguée au magasin des antiquités Ïcuméniques. A cet égard, l'Assemblée aura permis de mieux préciser le préalable à toute réforme institutionnelle sur lequel tout le monde est tombé d'accord à Harare :l'absolue nécessité d'engager un réel dialogue entre protestants et orthodoxes que cinq cent ans d'histoire religieuse, et surtout culturelle, séparent. Cette tâche a été confiée à une " commission spéciale sur la participation orthodoxe au COE " dont le mandat provisoire a été fixé pour une durée de trois ans.

Malgré presque un siècle d'Ïcuménisme, les malentendus et les incompréhensions sont encore tels que tout projet commun est devenu source de graves tensions et de polémiques. Le fait que beaucoup d'Eglises orthodoxes connaissent aujourd'hui de graves difficultés internes ne suffit pas à lui tout seul à expliquer les difficultés actuelles du mouvement Ïcuménique. Cinquante années d'engagements communs pour rien ? Aucun des pires détracteurs du COE ne pourrait l'affirmer en toute sincérité. Marcher ensemble n'a jamais fait de mal à personne. De leur côté, les orthodoxes ont largement bénéficié du COE. Celui-ci leur aura permis d'établir des relations avec d'autres Eglises aux pires heures de la domination soviétique, et, d'autre part, de rapprocher entre elles les différentes Eglises orthodoxes qui, les siècles passant, n'entretenaient plus de réelles relations entre elles. D'une manière générale, le bilan du COE reste largement positif ne serait-ce que par sa raison d'être : la réflexion Ïcuménique. En renvoyant les Eglises à leurs propres convictions doctrinales, celle-ci leur aura permis d'approfondir leur propre spécificité théologique et ecclésiologique sans pour autant se réfugier dans une démarche identitaire. Avant l'amour de l'unité pour l'unité, la première vertu de l'Ïcuménisme n'est-elle pas de rendre ses adeptes exigeants et aimables à la fois.(GdT)


L'Assemblée a approuvé le projet de forum


Avec la présentation du rapport du premier Comité d'examen , l'Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises (COE) est entrée dans sa phase décisive avant de se séparer dans deux jours, le lundi 14 décembre. Suivant la recommandation du Comité, et après avoir pris acte des rapports du président et du secrétaire général, l'Assemblée a fait sienne le contenu de la déclaration d'orientation générale formulée dans " Vers une conception et une vision communes du COE ". On sait que l'élaboration de ce document a constitué une étape importante du COE dans sa réflexion sur l'évolution de ses structures et de son mode de fonctionnement. C'est dans ce cadre que l'Assemblée a très largement approuvé la création d'une " commission spéciale sur la participation orthodoxe au COE ". Destinée à engager un vrai dialogue entre protestants et orthodoxes, et compte tenu du malaise de ces derniers au sein de l'actuel COE, cette commission d'une quarantaine de membres sera paritaire. L'ensemble des Eglises orthodoxes appartenant au COE y sera représenté. Cette commission, qui aura un mandat de trois ans, sera chargé de faire des propositions " concernant les modifications nécessaires à apporter à la structure, au style et à la manière de vivre du Conseil ".

A la suite de ces propositions, les éventuelles modifications constitutionnelles, que celles-ci impliqueraient, devront être soumises à la prochaine Assemblée. Le Comité d'examen a par ailleurs fait d'importantes propositions concernant les relations entre le COE et les organisations Ïcuméniques régionales (OER) telles que la Conférence des Eglises européennes (KEK) ou le Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO). Le COE et les différentes OER devraient entrer prochainement " dans un processus de réflexion sur un programme Ïcuménique commun et sur la nature de l'intégration des expressions structurelles mondiales et régionales ". Les OER pourraient également être représentées au Comité central sous une forme qui reste à déterminer. Les OER, et en particulier celles qui comptent l'Eglise catholique romaine parmi ses membres, seront consultées sur le travail du Groupe mixte de travail. Dans le même esprit, l'Assemblée a recommandé que le COE approfondisse la nature des relations qu'il souhaite entretenir avec les Conseils nationaux d'Eglises. Les décisions les plus attendues concernaient, d'une part, le projet de modification de plusieurs articles de la constitution et, d'autre part, le projet de Forum. Concernant le premier point, l'Assemblée a très majoritairement repoussé la proposition qui lui était faite de confier à la seule responsabilité du Comité central l'élection des coprésident du COE. Concernant le deuxième point - assurément le plus important pour l'avenir du mouvement Ïcuménique tout entier - l'Assemblée a finalement adopté le projet de Forum. Projet cher au secrétaire général Konrad Raiser, le Forum a pour principale objectif de réunir, d'une manière informelle et sans mandat précis, l'ensemble des confessions chrétiennes représentatives de toutes les Eglises sans exclusive, membres ou non du COE. Un tel Forum n'aura de sens que si l'Eglise catholique romaine et une majorité d'Eglises évangéliques et pentecôtistes se déclaraient intéressées par un tel projet. L'Assemblée a donc décidé " d'encourager le Comité central du COE à poursuivre les consultations avec les responsables des divers organismes qui ont manifesté leur intérêt pour le Forum ". Plus de cent cinquante voix se sont néanmoins exprimées contre ce projet, certains délégués craignant que le COE ne disperse ses énergies alors qu'il s'engage pour une longue période de réflexion sur l'évolution de ses propres structures, indépendamment du Forum. Dans le cadre de cette importante décision, l'Assemblée a approuvé plusieurs recommandations pour les suites à donner à ce projet. Il s'agit en particulier " d'établir une distinction claire entre la nature et le but du COE et ceux du Forum ". Par ailleurs, la participation des Eglises au futur Forum ne devra " en aucun cas être considérée comme étant comparable à la responsabilité et à l'engagement oecuméniques attachés au statut de membre du COE ". (GdT)


La célébration du cinquantenaire du COE a été marquée par la présence de Nelson Mandela


Harare, dimanche après-midi, 13 décembre 1998. La cérémonie de célébration du cinquantenaire du Conseil oecuménique des Eglises (COE) peut commencer. Le pasteur Canon Clément Janda, secrétaire général de Conférence des Eglises de toute l'Afrique (CETA) accueille près de trois mille des participants à la VIIIe Assemblée. C'est l'ambiance des grands jours oecuméniques. Il faut dire qu'on attend le président Nelson Mandela d'une minute à l'autre. Il a fait le déplacement depuis Johannesbourg pour répondre à l'invitation du COE de s'associer à la grande fête du jubilé. Au parterre du Great-Hall de l'Université de Harare, la foule la plus bigarrée du monde : popes orthodoxes, femmes en boubou, révérends en costume-cravate ou en tee-shirt, on ne compte plus les formes et les couleurs. Une musique à faire danser un pasteur réformé. La salle s'échauffe. Une rumeur monte. Mandela entre dans la salle qui se lève. Il a le plus beau sourire du monde. Il danse à l'invitation de la chorale et des percussionnistes qui l'accueillent sur la scène. " Je ne serais pas parmi vous si les Eglises n'avaient pas été là ". L'ancien leader de l'ANC se souvient. Dans les moments les plus difficiles de son long combat contre l'apartheid, il a pu compter sur leur soutien. En prison, où il n'était autorisé à recevoir une visite de sa famille que deux fois par an, il a apprécié le réconfort des aumôniers qui l'encourageaient à tenir bon. Il savait aussi, qu'à l'extérieur, les Eglises faisaient tout ce qu'elles pouvaient pour aider les mouvements anti-apartheid. Le COE les soutenait grâce à un fonds spécial dégagé dans le cadre de son fameux plan de lutte contre le racisme. Le président Mandela a ainsi exprimé sa reconnaissance aux Eglises, en particulier pour leur travail d'éducation qui a permis de former la génération de jeunes africains à qui l'on doit aujourd'hui l'indépendance et l'émancipation de pays comme l'Afrique du Sud ou le Zimbabwe :" Je l'ai dit au président Mugabe - qui assistait à cette célébration - qui est plus jeune que moi :nous devons tout aux Eglises ". Parvenu à la fin de sa vie publique, le vieux leader a lancé un vibrant appel à la paix à l'adresse de tout le continent africain   ; " Aujourd'hui, notre meilleure arme pour défendre l'Afrique, c'est la paix ". En faisant une allusion directe aux événements récents qui replongent certains états africains dans la guerre, le président Mandela a insisté sur la nécessité de promouvoir la démocratie et le développement économique sans lesquels la paix ne viendra pas. Et c'est à ce nouveau combat - qui passe entre autre par l'annulation de la dette des pays pauvres - qu'il a appelé le COE à s'engager. La cérémonie du jubilé a été celle du souvenir ému de cinquante ans d'engagement oecuménique au service de l'unité des Eglises et de celle de l'humanité toute entière. Pauline Webb, élue vice-présidente du Comité central en 1968 à Upsal, a parcouru ce long demi-siècle. Amsterdam en 1948, où des Eglises encore traumatisées du bruits des armes déclarent solennellement   ;" Nous voulons demeurer ensemble ". La deuxième Assemblée proclame que le Christ est le sauveur du monde à l'époque (1954) où celui-ci s'enfonce dans la guerre froide. En 1961, le COE fait pour la première fois étape dans ce que l'on appelle alors un pays du tiers-monde   ; New Delhi, qui rappellera que Christ est la lumière du monde. Viennent sept ans plus tard les turbulences de 68 :" Voici, je fais toutes choses nouvelles ". On ne pouvait rêver un meilleur thème, Et tellement de circonstance. C'était à Upsal, en Suède. Le rêve d'un grand absent inspire l'Assemblée. Dans la fidélité au message de Martin Luther King, le COE lance son programme de lutte contre le racisme. Après le nord, le sud et, pour la première fois, l'Afrique. C'est à Nairobi, en 1975, que le COE tient sa cinquième Assemblée   ; " Jésus-Christ libère et unit ". A l'évocation de chaque Assemblée, Pauline Webb demande à tous ceux qui y participaient de se lever. Ils commencent à être un peu plus nombreux à le faire cette fois-ci alors qu'il n'était qu'une petite dizaine a avoir été présents à Amsterdam. Parmi eux, Philip Poter, jeune délégué à la toute première Assemblée. En 1983, la VIè Assemblée se tient à Vancouver. Les Eglises s'engagent alors à dire leur refus de l'utilisation et même de la fabrication de toute arme de destruction. Si l'on veut la paix, il faut préparer la paix. " Viens, Esprit Saint, renouvelle la création ". L'Assemblée de Canberra souhaite porter un nouveau regard sur la création menacée. Sept fois sept ans ont passé depuis Amsterdam. C'est le temps du jubilé. C'est l'heure du bilan. A Harare, la VIIIe Assemblée s'est "tournée vers Dieu". Dans la joie de l'espérance.(GdT)


La VIIIème Assemblée accepte comme membres huit autres Eglises


Huit nouvelles Eglises membres du COE

L'Eglise chrétienne protestante de l'Angkola (Indonésie) compte plus de 27.000 fidèles, répartis dans 162 paroisses servies par 42 pasteurs, dont 11 femmes. Elle est également membre de la Fédération luthérienne mondiale.

L'Eglise chrétienne de Sumba (Indonésie), issue des Eglises réformées des Pays-Bas compte 182.000 membres répartis en 78 paroisses avec 95 pasteurs, dont 13 femmes. L'Eglise est membre de l'Alliance réformée mondiale.

L'Eglise harriste, de la Côte d'lvoire trouve ses origines dans la prédication d'un evangéliste du Libéria, William Wade Harris, entre 1913 et 1915. L'Eglise harriste, qui accepte les nouveaux convertis polygames, compte plus de 100.000 membres, répartis dans 702 paroisses servies par 1.400 prédicateurs et plus de 7.000 " apôtres ". Chaque paroisse est dirigée par douze " apôtres ", hommes et femmes. Le Conseil des Eglises d'institution africaine (CAIC, Afrique du Sud) est une fédération constituée de dix associations membres. Ses responsables estiment le nombre de fidèles qu'il représente à 3,5 millions.

L'Eglise réformée du Christ du Nigéria est issue de l'Eglise chrétienne réformée d'Amérique du Nord. Devenue autonome en 1973, elle est actuellement composée de 50 consistoires servis par 43 pasteurs ordonnés et compte quelque 450.000 fidèles. Elle est membre de l'Alliance réformée mondiale.

L'Eglise unie du Christ du Zimbabwe est issue de l'Eglise unie du Christ (Etats-Unis).

Autonome depuis 1973, elle compte plus de 30.000 membres, répartis en 30 paroisses servies par 29 pasteurs ordonnés. L'Eglise anglicane du Congo (République démocratique du Congo) est issue de la division en trois de l'ancienne Province anglicane du Rwanda, du Burundi et du Boga-Zaïre. Organisée en six diocèses, elle compte 160.000 fidèles répartis dans 241 paroisses, servies par 270 membres du clergé. Faisant partie de la communion anglicane, elle appartient au Conseil consultatif anglican.

L'Eglise évangélique luthérienne du Congo (République démocratique du Congo) est née en 1968 au sein d'un groupe de jeunes évangélisés par la " Radio Voix de l'Evangile ". En 1996, I'EELC comptait 120.000 membres, répartis en 82 paroisses servies par 39 pasteurs, cinq vicaires, 15 évangélistes et un évêque. Elle est membre de la Fédération luthérienne mondiale.

Une Eglise nigériane autorisant la polygamie parmi ses fidèles, ainsi que parmi son clergé, ne pourra pas pour l'instant devenir membre du Conseil Ïcuménique des Eglises (COE). Ainsi en a décidé le Comité d'admission lors de la Vllle assemblée du COE réunie à Harare. Le Comité exécutif de l'organisation avait pourtant recommandé de recevoir "I'Eglise céleste du Christ" du Nigéria en tant que membre à part entière de l'organisation. (apic)


 


La Société Coopérative de Développement (SCOD) confirme son soutien à l'Afrique


Pour la deuxième fois en 3 ans, le Conseil d'administration de la Société coopérative oecuménique de Développement s'est réuni, pour sa session de novembre, à Harare/Zimbabwe. Il a pu ainsi exprimer à nouveau son soutien à un continent en prise avec la guerre et l'inflation. Déjà à l'occasion du 20e anniversaire de la Scod, en 1995, son directeur général le Néerlandais Gert van Maanen avait déclaré devant des officiels du pays :" Nous avons choisi de renforcer nos investissements en Afrique et d'élargir notre réseau de partenaires sur l'ensemble du continent. Cette conviction rend compte que I'Afrique - malgré les difficultés avec lesquelles elle se voit confrontée - est destinée à un grand avenir ".

Les 15 membres du Conseil d'administration représentant tous les continents et plusieurs confessions - avec une forte proportion de catholiques romains - ont adopté 22 projets d'un total de 12 millions de dollars US correspondant à 68 millions de Francs français, dont 23 millions pour l'Afrique. La Scod vient d'enregistrer une forte progression des entreprises soutenues en Afrique francophone (Sénégal, Mali, Togo, Mauritanie et Cameroun) et notamment en Côte d'Ivoire. Le Conseil a pu apprécier le travail efficace des 5 directrices régionales de la Scod sur le continent africain, et particulièrement l'activité de Mariam Dao Gabala (Afrique francophone, Abidjan) qui a développé - dans le domaine du micro-crédit et de la formation à la gestion - une pédagogie adaptée à aux besoins de l'Afrique francophone. Par ailleurs, un prêt de 2.500.000 FF a été octroyé à un organisme de solidarité accordant des micro-crédits à des vendeurs de rue en Haïti. Lors d'une prochaine séance le Conseil devra se prononcer sur des projets à Madagascar. Si la Société coopérative peut à nouveau enregistrer un apport record, au cours de l'année en cours (plus de 60 millions de FF) et une augmentation significative de ses membres - dont un nombre important d'Ordres religieux ayant leur siège à Rome - les incertitudes et difficultés restent nombreuses . La dévaluation dramatique des monnaies de l'Asie du Sud-Est, engendrant le découragement et entraînant des pertes substantielles pour la Scod. Celle-ci devra ainsi non seulement " remettre " une partie de la dette, mais accorder de nouveaux prêts aux partenaires d'Indonésie, de Thaïlande, du Vietnam, du Laos, des Philippines et prolonger les délais de remboursement. Par ailleurs, des mois seront nécessaires pour évaluer les dégâts causés par le cyclone " Mitch " aux projets soutenus par la Scod au Nicaragua. L'incertitude générale devant l'avenir a fait diminuer le nombre de partenaires nouveaux qui osent s'engager dans un emprunt et la Scod devra trouver des " produits nouveaux ". Etant aussi une banque, elle se trouve également confrontée à la baisse des revenus provenant des capitaux réservés à I'investissement social. Au cours de sa réunion, le Conseil a décidé - compte tenu que les associations de soutien et les Eglises européennes apportent plus de 80% des dépôts et devant les fluctuations importantes du dollars US - d'effectuer les prêts en Euro, à partir de Janvier 1999. L'Inde et l'Afrique du Sud bénéficieront d'un prêt de 30 millons de FrF chacune, en monnaie locale, mis à disposition par l'Eglise luthérienne de Suède et géré par la Scod.

Un débat intéressant et controversé s'est déroulé au sein du Conseil sur la question de savoir si la Scod devait engager des fonds en bourse pour pouvoir compenser des pertes, cette possibilité a été écartée pour des raisons éthiques et par égard pour les associations de soutien, très sensibles à ces qestions. En vue de l'Assemblée générale de 1999 qui aura lieu, du 23 au 27 Juin, à Abidjan/Côte d'Ivoire - et pour la première fois dans un pays de l'Afrique francophone - le Conseil a entendu un premier rapport de Mariam Dao Gabala, directrice régionale pour l'Afrique francophone, et d'Auguste Daubrey, membre du Conseil d'administration (également Abidjan)   ; la Scod n'étant pas encore connue dans cette partie de l'Afrique, une journée d'information précédera l'Assemblée générale. Par ailleurs, le pasteur Yo Ludwig (Eglise réformée de France), élu modérateur de cette Assemblée a été chargé de co-signer une lettre d'invitation aux Eglises protestantes et catholiques de la région.

Au cours de la 8e Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises, ayant eu lieu immédiatement après la session du Conseil d'administration de la Scod, des visites de mines de cuivre et de coopératives de production et de transformation de textiles (par exemple " Dezign ", dont les produits sont disponibles dans les " Magasins du Monde ", en France) étaient proposées aux participants. (YL)

 


SPECIAL NICARAGUA


Des témoignages aprés le cyclone Mitch au Nocaragua et Honduras

Au Nicaragua


Violeta ROCHA responsable du CIEETS (in dossier spécial Nicaragua du Défap, déc.98)


au Honduras

Les ravages provoqués début novembre par l'ouragan Mitch en Amérique centrale ne sont pas seulement dus à des causes naturelles, estime Caritas Internationalis. Pour les responsables de l'organisation catholique, les dégâts ont été décuplés par des structures de pauvreté. Il s'agit donc un problème structurel et écologique à long terme. Pour que la reconstruction ne soit pas une restauration de la société d'hier, ce qui ne ferait que renforcer la pauvreté de demain, ll faut soutenir les efforts des pauvres.

Tel est le l'axe principal du projet que Caritas Internationalis s'est donné pour l'Amérique centrale, où ses animateurs locaux sont appelés à jouer aux côtés des pauvres, un rôle décisif dans les années à venir pour conforter la société civile, a souligné à Bruxelles le secrétaire général de Caritas Internationalis, le Français Luc Trouillard.

"Pauvres mais intelligents !"

Mitch n'a paru "naturel" qu'à des observateurs éloignés et à des journalistes distants. Sur le terrain, les pauvres se savaient déjà "sinistrés" d'avance. Au Honduras, par exemple, il manquait déjà 700.000 logements avant l'ouragan. Le million d'habitations détruites ou endommagées par Mitch ne fait qu'aggraver une catastrophe déjà présente: inscrite dans les structures sociales et l'organisation économique, qui ont précipité la pauvreté du plus grand nombre au seul profit d'une infime minorité.

"Mais le peuple est prêt à s'engager. Il s'agit donc de l'appuyer, pas de faire tout à sa place ", commente un responsable de la Caritas hondurienne. "C'est là que nous plaçons notre espérance pour l'avenir. Dans le concret, il s'agira donc d'encourager diverses formes d'économie solidaire :des coopératives, des silos communaux, des petits magasins. Avec le recul, nous voyons désormais favorable: allons-nous enfin miser sur une économie sociale?"

"Il faut s'attaquer au problème structurel d'avant Mitch. Et ce problème a une extension internationale. Le désastre écologique avait commencé avant Mitch à cause de l'exploitation intensive des terres et de la déforestation. Il risque de s'aggraver demain si, faute de soutien, les pauvres sont contraints de s'installer dans la montagne, sans souci de protéger les sources qui s'y forment. Mais comment en vouloir aux pauvres de chez nous si on ne change pas un modèle d'exploitation de l'environnement à l'échelle internationale?"(apic)


 


SEMAINE UNIVERSELLE DE PRIERES

Jésus-Christ est Seigneur

3 - 10 JANVIER 1999


Depuis plus de 150 ans, l'Alliance Evangélique appelle les chrétiens du monde entier à mettre part la première semaine du mois de janvier pour se regrouper pour des temps de partage, de rencontres et de prières.

Le thème 1999 : "Jésus-Christ est Seigneur"

Le livret de méditations édité par l'Alliance Evangélique française est disponible à l'adresse suivante : B.P 70 - 30009 Nîmes cedex


 


LA SEMAINE DE L'UNIVERSELLE PRIERE POUR L'UNITE DES CHRETIENS

18 - 25 JANVIER 1999


Dés son origine, la semaine de prière pour l'Unité Chrétienne est partie intégrante du mouvement oecuménique qui inspire aux Chrétiens du monde entier de prier ensemble, de travailler continuellement pour l'unité de l'Eglise, "afin que le monde croie ".

Le thème 1999 :

Ils seront ses peuples et lui Dieu avec eux (Ap. 21,3)

Pour se procurer la brochure :Unité des Chrétiens,

2 rue Jean Carriès - 69005 LYON


 


JEUNES


UN CONCOURS NATIONAL VIDEO 1999

Eve et Adam

Ce concours est organisé par Présence Protestante sur le thème Eve et Adam. Il est réservé aux jeunes (15-25 ans) d'Eglises et d'organismes membres de la FPF. Le montant du prix s'élève à 16 000 F.

Remise du ou des prix le vendredi 4 juin 1999.

UN DOSSIER A REALISER

Les Jeunes, l'Europe et la Paix, une ambition pour l'an 2000

Le service " Education à la Paix " du mouvement Pax Christi propose de réaliser un dossier de réflexion " les jeunes - l'Europe et la Paix - une ambition pour l'an 2000 ", pour le 9 mai 1999, journée de la célébration de l'EUROPE. Cette initiative s'adresse à des équipes de lycéens et de jeunes Bac+2 et comporte les objectifs suivants :

Les meilleurs dossiers seront retenus et une délégation de leurs auteurs sera invitée au Parlement Européen.

Renseignements :

PAX CHRISTI

58 av. de Breteuil - 75007 tél : 01 44 49 06 36.

UN CLIP, UN DOCUMENTAIRE :


" Une aventure à vivre ! " avec les Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de France :un clip de 3 mn 30 et un documentaire de 28 mn pour présenter l'action des EEUF. Réalisée par ACOR Video, produite par l'association des EEUF, cette cassette video est disponible au

Secrétariat National de l'association

15, rue Klock, 92110 Clichy.


 



Edit de nantes


Le mercredi 23 décembre 1998, a été inaugurée à Paris, une place de l'Edit de Nantes, en présence du maire de Paris et du maire du 19 e, JM Viollet pdt de l'ERF, M.Viot Inspecteur ecclésiastique de l'EELF à Paris, C. Dictus pdt du Conseil protestant en région parisienne. (voir allocution de J.M. Viollet en document)


 



Breves


Congo : La Conférence des Eglises de toute l'Afrique appelle à la modération


Face à l'aggravation de la situation en République Démocratique du Congo, la Conférence des Eglises de toute l'Afrique (CETA) a publiè une déclaration exhortant les pays de la région à renoncer à toute action susceptible d'exacerber une situation déjà précaire ou sus ceptible de compromettre les multiples efforts de paix en cours. La déclaration, intitulée " Paix dans les Grands Lacs   ;: un appel de la CETA ", est signée par le chanoine Clément Janda, secrétaire général et souligne que le conflit en RDC n'est que le prolongement de tensions non résolues dans le cadre d'un système de conflits régionaux. La déclaration relève que des indices montrent que le conflit actuel au Sud-Soudan, les accrochages entre le gouvernement et les rebelles ougandais au nord et au nord-ouest de l'Ouganda, les incursions répétées de rebelles hutus au nord-est du Rwanda et les tensions entre le gouvernement de Bujumbura et les divers groupes de rebelles burundais " sont liés entre eux de manière complexe et troublante ".(apic) - (cf lettre de J. Tartier Document)

Chili :Les protestants veulent toutes les Eglises sur pied d'égalité

Santiago, le 1er décembre 1998 - Les évêques catholiques du Chili ont invité les responsables protestants du pays à un débat sur le projet de loi sur les cultes, tout en restant fermes sur leur demande de vir la future loi préserver l'avantage juridique de l'Eglise catholique. Les exigences de l'Eglise catholique risquent de peser sur le dialogue avec les Eglises protestantes. Elles ont déjà été repoussées par le Comité évangélique des organisations protestantes. Celui-ci demande en effet que la nouvelle loi reconnaisse l'égalité de toutes les religions et ne fasse pas une place à part à l'Eglise catholique sous le prétexte qu'elle est la religion majoritaire et qu'elle a joué un rôle important dans l'histoire du pays. (apic)

Jerusalem :les orthodoxes dialoguent avec les juifs

Le 13 décembre, la 4è Consultation entre chrétiens et juifs s'est tenue à Jérusalem à l'initiative du Patriarcat oecuménique de Constantinople et sous le patronage du Congrés Juif mondial (CJM). Le thème de cette consultation était :" La rencontre de l'orthodoxie et du judaïsme avec la modernité ". Le métropolite Damaskinos ainsi que G. Riegner et J. Halperin du CJM participent à cette rencontre. Le nationalisme et le fondamentalisme religieux dans une société sécularisée, les droits de l'homme et la liberté religieuse dans un Etat moderne sont certains des thèmes abordés. Dans ce même esprit, musulmans et chrétiens de 18 pays se sont rencontrés à Amman. (apic)


 


DOCUMENTS

Message du Pasteur Jean TARTIER

à Monsieur le Pasteur Alphonse MBAMA

Président de l'Eglise Evangélique du Congo

Pasteur Jean Tartier

 


MESSAGE DE NOEL 1998

du Pasteur Konrad RAISER,
Secrétaire Général du Conseil Oecuménique des Eglises


Chacun préfère les bonnes nouvelles aux mauvaises. Pourtant, l'année qui touche à son terme a apporté plus de mauvaises nouvelles que de bonnes.

Dans certains pays d'Asie, des millions de personnes ont perdu leur travail à la suite de la crise financière. Les Russes continuent d'être inquiets pour l'avenir de leur pays. Dans de nombreuses régions du monde, des dizaines de milliers de personnes ont vu leurs foyers dévastés par des inondations ou des ouragans et sont aujourd'hui sans abri. Et tout au long de cette année, des guerres ont pris leur tribut de victimes civiles innocentes et ont encore accru le nombre des réfugiés qui se comptent déjà par millions. Même lorsqu'il y a de bonnes nouvelles, on en parle rarement dans les médias et lorsqu'on en parle, pour beaucoup de gens, cela ne fait aucune différence, car les mauvaises nouvelles semblent l'emporter sur les bonnes.

Au seuil de cette dernière année de notre millénaire, y a-t-il une raison quelconque d'espérer de meilleures nouvelles ? Noël est le temps où l'on proclame et célèbre la bonne nouvelle du salut du monde. Ceux qui l'entendirent pour la première fois - les bergers dans les champs - avaient peu de raisons d'espérer. Ils étaient au nombre des exclus de leur temps. Ils vivaient sous la domination des forces d'occupation de l'Empire romain. Ces bergers, et tout le monde à cette époque, subissaient les effets d'une sorte de mondialisation du premier siècle. Ils savaient pour en avoir fait l'expérience, combien les décrets impériaux, promulgués dans les lointains centres du pouvoir, alourdissaient le fardeau des citoyens ordinaires. Alors, quel changement pouvait bien apporter le message de l'ange aux bergers terrifiés ?

L'ange proclamait :

"Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle qui sera une grande joie pour tout le peuple :il vous est né aujourd'hui un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur" (Luc 2, 10-11)

Cette bonne nouvelle n'était pas, elle n'est pas un message vaguement optimiste, porteur d'un espoir général. Toute nouvelle doit être en rapport avec la réalité ; et elle doit pouvoir se vérifier dans le temps et dans l'espace. Une nouvelle n'est pas une fiction, mais se fonde sur un fait, elle doit relater ce qui s'est réellement passé.

C'était le cas pour les bergers. Ils décidèrent d'aller voir, comme ils disaient, "ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître" (Luc 2,15). Ils y allèrent et virent. Ce que les bergers avaient entendu était exact et ils sont devenus les témoins oculaires du commencement d'une ère nouvelle - le nouveau règne du salut.

Cette même bonne nouvelle de Noël fait encore la différence à la fin du deuxième millénaire après la naissance de Jésus. Il y a quelques jours, la Huitième Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises s'est achevée à Harare, au Zimbabwe, en adressant "à tout le peuple" un message de joyeuse espérance. Ce peuple se trouve en Afrique et dans toute l'oikoumene, toute la terre habitée.
L'Assemblée n'a pas fait que célébrer le cinquantenaire, le jubilé du Conseil oecuménique des Eglises ; elle a aussi écouté et acclamé le message du jubilé de Dieu, qui est "une bonne nouvelle pour les pauvres" et proclame "l'année de la faveur du Seigneur" (Luc 4, 18-19).

Cette bonne nouvelle retentit aujourd'hui ; elle se vérifie partout où l'espérance chrétienne se traduit dans les actes. Le jubilé de Dieu devient réalité lorsque les captifs sont libérés, que les dettes sont remises, la richesse redistribuée ; elle devient réalité là où l'on respecte et renouvelle la terre, qui est la création bonne de Dieu. Le jubilé de Dieu signifie aussi que nous sommes réconciliés avec lui, et les uns avec les autres, par Jésus Christ, qui vient à nouveau à nous en ce Noël.

Dans un monde qui semble résolu à s'entre-déchirer, la meilleure nouvelle que l'on puisse souhaiter est celle de l'espérance chrétienne, qui croit que la voie de la justice, de la paix et de la réconciliation donnée par Dieu est possible, et que c'est là le désir profond de millions d'êtres humains.


 


Une déclaration du Festival de la Décennie

"Les Eglises solidaires des femmes"

adressée à la VIIIè assemblée du COE réunie à Harare



Nous, les femmes et les hommes du Festival, nous vous déclarons à vous Eglises que nous ne pouvons plus demeurer Eglise de Jésus Christ, demeurer ensemble dans l'unité chrétienne tant que l'entière participation des femmes ne sera pas assurée, tant que la violence envers les femmes ne sera, pas éliminée, tant que l'Image de Dieu incarnée par les femmes ne sera pas affirmée et rendue à sa gloire.

De plus, nous vous déclarons à vous Eglises que nous ne pouvons plus demeurer l'Eglise de Jésus Christ, demeurer ensemble dans l'unité chrétienne là où une race est davantage qu'une autre mise en valeur dans l'esprit du Christ, là où des pratiques et des théologies contribuent aux tensions ethniques, et là où les Eglises ne condamnent pas les horreurs de la purification ethnique, du génocide et de la xénophobie. Nous vous déclarons que tant le racisme que l'ethnocentrisme sont contre la volonté de Dieu et qu'ils n'ont aucune place dans la demeure de Dieu.

Dans l'ère nouvelle qui a suivi l'apartheid, qu'il n'y ait aucune équivoque dans la parole adressée au monde par le Conseil Îcuménique des Eglises et ses Eglises membres quant à leur engagement pour éradiquer le racisme dans toute situation, qu' il n' y ait aucune équivoque quant à leur solidarilé avec les peuples indigènes et à leur soutien aux programmes et aux organisations tels que SISTERS (Sisters in Struggle to Eliminate Racism and Sexism) et ENYA (Ecumenical Networlc of Youth Action), qui cherchent à honorer la vision biblique d'un monde où il n'y a plus :

" ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, où il n'y a plus la femme et l'homme, car vous êtes tous un en Christ "

 


Mouvement Jeunes Femmes

Mouvement agréé d'Education permanente par le Ministère de la Jeunesse des Sports et des Loisirs

Les membres du Mouvement Jeunes Femmes réunis le 28 novembre 1998 en Assemblée Générale s'indignent de la complaisance et du silence des Etats et des Institutions Internationales face au sort inqualifiable des femmes en Afghanistan :toutes les femmes d'un pays réduites en esclavage, enfermées, privées de soins, d'éducation, de vie sociale, de liberté, lapidées, tuées.

Quels intérêts, quelles idéologies, quels systèmes peuvent justifier une telle barbarie, une telle inhumanité ?

Le Mouvement Jeunes Femmes appelle, au nom de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, tous les responsables politiques, tous les décideurs économiques à couper tous liens avec le gouvernement des talibans et notamment à refuser tout accord sur le pipe-line, toute intégration à l'ONU.

Nous attendons des Pouvoirs Nationaux et Internationaux qu'ils mettent en actes le Principe de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme en portant aide et assistance aux populations victimes des pires formes d'intégrisme religieux.

Paris le 1er décembre 1998

4, parc de la Bérengère 92210 Saint-Cloud

 


Déclaration de l'Eglise unie du Christ

(Etats-Unis d'Amérique) au sujet de l'action militaire contre l'Iraq


L'Eglise unie du Christ aux Etats Unis d'Amérique - Eglise avec laquelle l'Eglise réformée de France entretient des relations étroites - a publié, au lendemain de la première journée de l'attaque aérienne contre l'Iraq, la déclaration suivante :" Il relève de la responsabilité confiée à l'Eglise de refuser toujours la logique de la guerre."

Il relève de la responsabilité confiée à l'Eglise de parler toujours au nom des voix qui n'ont pas été entendues ou dont on n'a pas tenu compte dans les couloirs du pouvoir, ni à Bagdad, ni à Washington ou New York. Il relève de la responsibilité confiée à l'Eglise de protester et de déplorer toujours la mort d'innocents dont le seul crime était de vivre là où par accident fut leur résidence.

La logique de la guerre a déjà coûté la vie à des centaines d'enfants iraqiens, victimes des crimes de leur propre gouvernement et des sanctions économiques inhumaines, imposées par les Nations Unies. Pour les populations les plus vulnérables de l'Iraq, la poursuite d'une guerre " télécommandée " par des missiles et des bombardiers n'est qu'une forme plus ouverte de celle qu'ils ont subie durant ces huit dernières années.

" Il n'y a pas de vraie logique de mener une guerre, dont les principales victimes sont essentiellement les enfants, les femmes et les personnes âgées. Nous devons protester, car telle est la responsabilité qui nous est confiée ".


Rev. Dr. Paul Sherry, président de l'Eglise unie du Christ (USA)

(traduction Yo Ludwig)

 




Assemblée générale du Service Protestant de mission

Quelques évolutions et enjeux de la mission


Quelques fondements fondamentaux

La dimension missionnaire est le fil rouge du Nouveau Testament, avec de nombreuses conséquences et divers modes d'actions. Elle s'ancre sur un double fondement :le témoignage de l'envoi du Fils par le Père, de la présence en humanité de Dieu et la construction de l'Eglise universelle, l'évangélisation jusqu'aux extrémités de la terre, un des signes de la présence du Ressuscité.

Cela implique le souci des plus faibles et la proclamation du projet du Royaume au moyen de guérisons, enseignements, rencontres, réinsertions sociales et relationnelles, manifestations de la tendresse de Dieu par des signes concrets (dont le baptême) Les actions "humanitaires" sont intrinsèquement liées au témoignage théologique et christologique (et vice et versa). De plus, à l'image de la relation entre le Père et le Christ, l'évangélisation s'accomplit sur un mode relationnel. Dans le Nouveau Testament, les "portes-Parole" sont des personnes concrètes s'adressant à d'autres personnes, tout aussi particulières.

L'évangélisation et la mission présentées par les témoins du Nouveau Testament sont centrées sur la prédication de la résurrection. C'est le cÏur de la foi. C'est aussi ce qui est le plus difficile à comprendre et ce qui rencontre le plus d'opposition (chez les Grecs comme chez les Juifs).

La transmission se fait par l'enseignement et la prédication, le baptême, la constitution de communautés et par leur accompagnement (cf. les lettres et voyages de Paul), la diaconie et les guérisons. En continuant de parcourir l'histoire, on peut constater qu'au XIXe siècle, dans la grande période des missions protestantes, l'accent portait davantage sur la perspective du salut (cf. le fameux verset de Jean 3/16). Une des prises en compte de cette perspective a ouvert des champs de missions vers les " païens d'Outre-Mer " en lien avec le contexte historique de ce temps. La mission s'est voulue d'enseignement biblique et scolaire, de formation de cadres locaux (instituteurs, catéchètes, évangélistes, pasteurs), de guérisons (dispensaires puis hôpitaux), d'édification d'Eglises reliées aux confessions mères.

Au cours de l'histoire, avec des variantes selon les époques, on entrevoit quatre grands axes missionnaires. - L'édification se retrouve aussi bien dans les " plantations " et constructions d'églises (bâtiments, structures, organisations et activités) que dans l'enseignement et la formation (édification des personnes). Elle concerne aussi les actions en faveur de la justice et du respect des humains (actions contre les esclavages, l'alcoolisme, les injustices politiques et économiques). Cette dimension est une base importante. Une édification juste est solide, alors que des erreurs sont lourdes de conséquences négatives et douloureuses à court et à long terme et elles doivent être coûteusement réparées.

C'est un des enjeux d'aujourd'hui où, dans nos sociétés, nous passons plus de temps (et d'argent) à réparer qu'à édifier, à corriger qu'à prévenir. Comment inverser le processus? - La réparation et ses compléments de guérison ou de réconciliation sont une manière de corriger les erreurs, les déséquilibres et les injustices dans l'édification ou dans le respect fondamental de chacun.

Cela correspond à une grande part du travail missionnaire et social alors que, pour une part, cela pourrait être évité par une construction juste.

Comment ne pas négliger les actes de construction, même s'il faut quand même réagir en réparation, car il y a une responsabilité et une solidarité incontournables envers ceux qui souffrent ?

- La communion et ses revers, souvent entremêlés, d'oppositions ou de divisions concernent, en particulier, le champ confessionnel et religieux. Les relations entre confessions protestantes, entres Eglises chrétiennes, comme avec les religions, qu'elles soient religions traditionnelles :

(ce qu'on appelle parfois animisme), grands systèmes religieux :(islam, bouddhisme, hindouisme) ou mouvements religieux contemporains de type syncrétiste ou gnostique (candomblé, vaudou, new-age...) sont à la fois de dialogue, d'opposition, de rivalité, de juxtaposition, de passage de l'un à l'autre et même de recherche de communion.

Sans banaliser ou mettre toutes ces situations sur le même niveau, il faut constater que c'est un des grands enjeux de l'histoire des missions et qu'il prend une ampleur nouvelle aujourd'hui. Il y a, entre autres tâches, nécessité d'aider aux connaissances et compréhensions réciproques.

- La contextualisation est d'une certaine manière incontournable dans le christianisme, en continuité avec l'incarnation de Dieu en Jésus de Nazareth. L'évangile est incarné. Sa transmission est une rencontre, mais aussi une confrontation continuelle entre incarnation et contexte biblique, incarnation et contexte des transmetteurs, incarnation et contexte des receveurs.

Dieu livre sa parole à des humains concrets et limités. C'est un grand risque. C'est une confiance tout aussi grande. Un risque, car chaque missionnaire apporte, avec la Parole, son histoire personnelle et collective, son époque, son église, ses visions du monde L'Evangile a été souvent liée à une culture (par exemple à la culture philosophique grecque ou, pour les missions du XIXe siècle, à la culture occidentale). En conséquence, il y a eu une sorte de rouleau compresseur et destructeur d'autres cultures. En même temps, les missions ont été aussi des conservateurs et des protecteurs de langues, d'organisations et de pratiques culturelles. La complexité est un des éléments du contexte.

Cette problématique se pose dans tous les lieux d'Eglises (par exemple avec les communautés étrangères, " ethno-chrétiennes " en France, avec les questions autour d'évangile et culture). Elle touche deux domaines sensibles :la constitution et la hiérarchie des valeurs en référence à l'Evangile, ainsi que les articulations entre le local et l'universel, entre les diversités et la nécessité d'un vivre ensemble.

Heureusement que nous ne sommes pas les maîtres de la mission. Cela n'est pas pour nous déresponsabiliser, mais pour nous rappeler que Dieu nous fait confiance, avec et malgré ce que nous sommes ! Actuellement, nous bégayons dans nos paroles et actes missionnaires. Nous nous rendons bien compte que beaucoup de choses, d'actions, d'orientations ne conviennent plus. Mais nous les répétons. Il nous faut innover, ou plutôt discerner, écouter ce qu'est notre mission. C'est un acte communautaire. C'est aussi un acte de prière, d'intelligence et de discernement. C'est même un signe et un témoignage de notre foi.

La difficulté dans la dynamique missionnaire reflète alors des questions sur l'ensemble de notre vie en église et sur l'ensemble de la vie chrétienne. En réciproque, se désintéresser de la vie missionnaire, dans son sens large, pose question quant à la profondeur et à la solidité de la vie d'église et de foi.

La mission n'est pas un à-côté exotique de ce qui serait la vraie vie chrétienne et les vraies préoccupations des Eglises. C'est la manière dont nous témoignons de la présence de Dieu dans l'humanité de notre monde. C'est aussi le reflet de nos pratiques de présence ou d'absence au monde, de vie en clubs de pairs ou en Eglise, de peurs ou de maturité, et de responsabilité personnelles et communautaires. C'est aussi la prise en compte de la dynamique relationnelle de la mission, en témoignage de la dynamique relationnelle Père-Fils-Esprit.

En cela la mission n'est pas seulement une pratique, aussi généreuse soit-elle. Elle est de l'ordre des fondements de la confession de foi.

Geneviève Chevalley

Secrétaire générale du Service protestant de mission - Défap)


 




ALLOCUTION DU PASTEUR J.M. VIOLLET

Lors de l'inauguration de la Place de l'Edit de Nantes à Paris,
le mercredi 23 dédembre 1998




M. le Maire de Paris, M. le Maire du XIXe arrondissement,
Mesdames, Messieurs les Elus,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs, Chers amis


Vous nous avez conviés à présider, à vos côtés, I'inauguration de la place de l'Edit de Nantes. Nous y sommes extrêmement sensibles et nous vous en remercions chaleureusement. On peut lire dans le texte manuscrit de l'Edit de Nantes, déposé au Centre historique des Archives nationales :"Henri par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre... avons par cet édit perpétuel et irrévocable, dit, déclaré et ordonné, Défendons à tous nos sujets de quelque état et qualité qu'ils soient, d'en renouveler la mémoire, s'attaquer, ressentir, injurier, ni provoquer l'un l'autre par reproche de ce qui s'est passé, pour quelque cause et prétexte que ce soit, en disputer, contester, quereller, ni s'outrager, ou s'offenser de fait oude parole: mais se contenir et vivre paisiblement ensemble comme frères, amis et concitoyens sous peine aux contrevenants d'être punis comme infracteurs de paix et perturbateurs du repos public". Voilà tout un programme qui nous rejoint en cette année du quatrième centenaire de l'Edit de Nantes. "Huguenots et papistes" pour utiliser les termes du XVle siècle sont appelés à vivre ensemble au sein d'un même état. Le premier centenaire de l'Edit de Nantes ne fut pas célébré :c'était après sa révocation en 1685, le temps des massacres qui lui succède. Le second, en 1798, fut à peine évoqué :la Révolution avait mangé tous ses enfants. Le troisième, en 1898, fut discret :I'antisémitisme au nom de la patrie, mettait la République en danger. Le Conseil de guerre portait plainte contre Zola. Le quatrième centenaire, celui que nous avons commémoré en cette année 1998, le fut hautement et dignement à Paris et dans la France entière. Le contexte est certes tout autre en cette année 1998 mais bien des problèmes subsistent qu'on pourrait rapporter sans difficulté à l'intention de l'Edit . Ia sauvegarde de la paix sociale, I'extinction de l'esprit de vengeance, faire habiter par un peuple si divers, le nôtre, un même territoire et une même destinée. N'y aurait-il pas là les éléments d'un projet oecuménique comme le rappelle le sens étymologique de ce terme :habiter ensemble une même terre ?

Dans cette perspective, les enjeux ne manquent pas, et l'on pourrait tout à fait en appeler à une sorte de nouvel Edit de Nantes. C'est-à-dire à une démarche commune fondée réellement sur l'intelligence du compromis où toute une série de questions bien réelles de notre société seraient prises en compte : la reconnaissance du fait musulman en France, I'égalité de traitement des cultes, la protection de la liberté de conscience, la réhabilitation de la fonction et de la responsabilité politique auprès de nos concitoyens, I'affirmation conjointe de la laïcité et de la liberté chrétienne, par exemple.

Voilà pourquoi, Monsieur le Maire, il me plaît assez que cette place de l'Edit de Nantes que nous inaugurons soit aujourd'hui située sur le lieu d'un vaste chantier où se trouve en son centre, cette tour en béton. Car, la mise en oeuvre de l'évènement dont nous célébrons le quatrième centenaire, reste encore un chantier. Nous avons tous à y travailler pour que notre pays reste et demeure un territoire de paix, de justice et de fraternité entretous ses habitants.

Faire mémoire du précédent créé par l'Edit de Nantes, instaurant de fait et de droit un pluralisme religieux, hélas, provisoire, doit nous permettre de considérer la paix civile, et l'harmonie dans une société sont possibles, si, du moins, nous apprenons à faire de la politique, du droit et de la théologie avec pragmatisme. Cette leçon de la mémoire où s'articulent la politique, le droit et la théologie doit être apprise et transmise à nos enfants. Elle pourra peut-être les tenir éloignés longtemps des vengeances, des tueries et des massacres insoutenables.

Cette leçon vous avez bien voulu l'inscrire dans les noms des places de Paris, ce dont la communauté protestante vous est d'autant plus reconnaissante, que vous le savez, les prescriptions de l'Edit de Nantes ne permettaient pas l'exercice du culte réformé, entre autres, à Paris.

Pour la délicatesse de votre invitation à présider cette cérémonie d'inauguration de la Place de l'Edit de Nantes à Paris et dans ce quartier du XlXe arrondissement, la communauté protestante vous est reconnaissante. Je vous en remercie.


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/