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Assemblée générale du service protestant de mission
L'Annuaire de la France Protestant 1999
Rencontre entre des représentants d'Eglises et le Secrétaire d'Etat allemand
Journée chrétienne de la Communication
Belgique : Protestants et Evangéliques
Allemagne : Relations Eglise-Etat
HARARE : le bilan du festival de la décennie et de la 8eme Assemblée du COE
La SCOD confirme son soutien à l'Afrique
Semaine universelle de prières du 3 au 10 janvier 1999
La semaine de l'Universelle Prière pour l'Unité des Chrétiens 18 - 25 janvier 1999
Edit de Nantes inauguration d'une Place
Message du Pasteur Jean Tartier au Pasteur Alphonse MBAMA, président de l'EE du Congo
Message de Noël du Pasteur Konrad Raiser
Déclaration du festival de la décennie ; Mouvement jeunes Femmes
Déclaration de l'Eglise Unie du Christ au sujet de l'action militaire contre l'Iraq
AG du SPM :Evolution et enjeux de la Mission
Allocution du Pasteur J.M. Viollet lors de l'inauguration
de la Place de l'Edit de Nantes à Paris
Viens chercher ton serviteur
C'est la première fois que le psalmiste s'adresse ainsi à Dieu. Quand l'homme
lance vers Dieu ce cri, il a enfin compris que sa vie est une errance ; il
a enfin compris que sa vie peut devenir un pélerinage, un pélerinage où Dieu
vient vers l'homme et l'homme vers Dieu. Quand l'homme lance vers Dieu ce cri,
il devient pélerin et peur se mettre en marche, porté par la confiance en celui
qui vient à sa rencontre.
C'est cette montée vers Dieu que le poète Roger Chapal, le peintre Henri
Lindegaard et le pasteur Daniel Bourguet ont méditée au travers des quinze
Psaumes des montées. Ils nous donnent dans ce petit livre, chacun au travers de
son art, le fruit de cette rencontre. Chaque lecteur rejoindra avec eux son
errance, qui à son tour se transformera en pélerinage, et en montée vers la joie
et l'ivresse de Dieu.
(Quatrième de couverture)
Editions Réveil publications, Au fil des jours - 90F
Pour Lire les Textes bibliques. collège et lycée
Au collège comme au lycée, la Bible " est au programme " en tant qu'écrit
fondateur, aux racines de notre culture. Les vingt textes étudiés ont été
choisis parmi les plus connus et recouvrent différents genres biblique. En
prolongement, sont proposés de nombreux documents littéraires et
iconographiques, autant de pistes fructueuses pour découvrir ou redécouvrir la
Bible avec ses élèves. Les auteurs, professeurs de l'enseignement secondaire et
biblistes, ont uni leurs compétences pour cet ouvrage pluridisciplinaire riche
de renseignements. Un livre complet et pratique.
Auteurs : G. Boulade, J. Kohler, V. Monsarrat, L. Peter, P. Rolin,
V. Weben.
CRDP de l'Académie de Créteil.100 FF
L'Islam en France
par Alain Boyer
Le présent ouvrage décrit les étapes de la constitution récente des
communautés musulmanes en France, largement issues de l'immigration. Il souligne
la diversité des populations musulmanes, la division des communautés, les
tentatives de tutelles étrangères et l'absence d'organisation représentative qui
empêchent la solution des problèmes concrets et freinent l'intégration des
musulmans. Une nouvelle génération parvient à affirmer sa fidélité à la fois
musulmane dans la France laïque et républicaine, ce qui facilitera
l'enracinement de l'islam et ouvrira de nouvelles perspectives théologiques.
PUF, collection Politique -149 F
"La mission n'est pas un à-côté exotique de ce qui serait la vraie vie
chrétienne et les vraies préoccupations des Eglises (...). La mission n'est pas
seulement une pratique, aussi généreuse soit-elle. Elle est de l'ordre de la
confession de foi"".
Ces paroles fortes de la secrétaire générale du Service protestant de mission Défap, le pasteur Geneviève Chevalley, (cf document page 12) ont conclu l'introduction d'un temps de travail de groupes pour les quelques délégués réunis à Paris le samedi 28 novembre à l'occasion de l'Assemblée générale annuelle. Une heure en groupes trop vite passée, suffisante pour prendre la mesure de questions en phase avec les interrogations des Eglises. Dès le matin, au cours de la discussion du rapport d'activités, le pasteur Michel Bertrand, président du conseil national de l'ERF, avait souligné les convergences d'intérêt :"partout se pose la question de la visibilité, du témoignage. Comment reprendre à nouveaux frais la question de la mission et de l'évangélisation?" Les délégués ont manifesté ce désir d'articuler l'action et l'expérience avec la réflexion biblique et théologique, en confrontant leurs convictions avec les questions d'aujourd'hui :
Sérieux et convivialité
Réputée plutôt rébarbative, parce que trop statutaire, l'Assemblée générale a
démontré cette année le contraire. Sous la présidence efficace et humoristique
du pasteur Christian Davaine, elle a su entrelacer le sérieux et la
convivialité, la réflexion et le plaisir de la rencontre. Les temps de pause et
de repas ont permis aux délégués d'investir les salles et les recoins de la
"maison Défap". Pour beaucoup, la déambulation dans les locaux du 102,
bld Arago a été une découverte, celle d'un espace progressivement réaménagé,
chargé d'histoire et de modernité. L'occasion également de prendre la mesure des
trésors de la bibliothèque et de réaliser le travail qui attend la dernière
venue de l'équipe, Claire-Lise Lombard, bibliothécaire récemment nommée.
Satisfait de l'intérêt et des orientations esquissées à court et à moyen
terme, le Conseil du Défap en a tiré dès le lendemain les premières
conséquences. Deux chantiers vont mobiliser son attention. Le premier, proche
puisque le lancement de la Campagne française sera effectif la seconde quinzaine
de janvier :la remise de la partie de la dette absolument "insupportable"
pour 52 pays parmi les plus pauvres. Le second envisage le forum du Service
protestant de Bergerac (06-07-08 mai 2000) comme l'aboutissement d'une réflexion
tous azimuts autour de la question de l'envoi et de la place de la personne dans
l'évangélisation et dans le témoignage. Une commission de recherche et
d'animation missionnaire a été nommée lors du Conseil : elle aura la charge
de nourrir le débat préparatoire. D'autres apports ont émaillé ce
week-end : des informations sur Haïti, le Cameroun, le Lesotho et le
Nicaragua. Le budget 1999 a été voté, celui de 1998 s'annonce en équilibre. La
Cévaa a présenté son nouveau logo et partagé la nouvelle charte que s'est donnée
la Communauté. La charte rédactionnelle du journal Mission a été étudiée.
D'un bout à l'autre de ces deux journées, la dynamique a été au rendez-vous
pour réexprimer et réinvestir les convictions et en faire des forces de
proposition.(ET)
Le 17 janvier 1999, à 8h30 sur France-Culture, on entendra un culte
oecuménique ouvrant la semaine de prière pour l'unité des Chrétiens. Le pasteur
Michel Wagner (ERF) et le père Paul Guérin (équipe diocésaine de catécuménat
des Yvelines) ont construit ensemble cette émission et dialoguent leur
méditation sur le verset de l'Apocalypse : "Ils seront ses Peuples et
lui sera le Dieu qui est avec eux".
La chorale oecuménique de Marly le Roi, sous la direction d'Olivier Pfender
participera à ce culte.
Le 24 janvier marquera la fin de cette semaine de prière. A 8h30 sur
France-Culture, le Service Radio de la FPF vous propose de vivre les moments
forts du culte qui a clôturé les cérémonies du 50ème anniversaire du Conseil
oecuménique des Eglises à Harare (Zimbabwe) :chorales nombreuses et
diverses, acte d'engagement des Eglises participantes, louanges et prières dans
toutes les langues... Le pasteur Marcel Manoël, délégué français et pasteur ERF
à Nîmes, traduit et commente cette cérémonie enregistrée à Harare par nos amis
du service protestant de la Radio Suisse Romande (responsable Michel
Kšcher).
Trente minutes de son et d'images pour découvrir Soeur Myriam, ancienne
prieure de la communauté des diaconesses de Reuilly à Versailles, dans son
quotidien, pour s'asseoir à ses côtés et l'écouter parler, conseiller,
réconforter, pour la suivre dans son travail, dans ses rencontres, c'est court,
bien trop court. Car Soeur Myriam est une personne qui prie et qui agit, qui
écoute et qui soulage, qui apprend et enseigne les fruits de ses riches pensées.
C'est aussi une femme qui participe activement à la vie matérielle et
spirituelle de sa communauté.
Cette deuxième partie du documentaire de Jacques Oger (1ère partie diffusée
le 20 décembre dernier), nous invite donc à emboîter le pas de cette Soeur
passionnante dont le regard limpide et profond force la confidence et invite à
l'écoute. Et le téléspectateur ne peut que s'imprégner de ses paroles dont se
dégagent force et sagesse, foi et sérénité. Parmi les perles de la réflexion
qu'elle nous offre ici, il en est une qui raisonne encore et emplit le vide
laissé par le petit écran qu'on vient d'éteindre :
"Il y a des choses modestes qui sont des rapports à la vie, et je pense
qu'une des qualités, c'est de faire attention. (...) Quand on fait attention,
quand l'autre ou les événements comptent pour nous, alors peu à peu on grandit
soi-même et on est instruit d'un tas de choses que même les livres ne nous ont
pas appris."
Dans l'Annuaire de la France Protestante 1999 vous trouverez la liste des
1942 pasteurs des Eglises membres de la Fédération protestante de France (FPF)
ainsi que les coordonnées de leurs 1118 paroisses. 180 pages sont consacrées aux
oeuvres et mouvements. Ces associations sont répertoriées par
thème :communautés, formation biblique et théologique, mouvements de
jeunesse, musées, presse, documentation mais aussi cliniques, maisons de
retraite, centres de vacances
L'Annuaire de la France Protestante 1999 est largement ouvert sur le monde
protestant et oecuménique en référençant les Eglises protestantes françaises non
membres de la FPF, les organismes oecuméniques et les directions d'Eglises
protestantes du monde entier.
Annuaire de la France Protestante 1999 - 220 FF
disponible auprès de :
Librairie Oberlin : 47 rue de Clichy - 75009 Paris
Keith Jenkins, secrétaire général de la commission oecuménique européenne
pour Eglise et société (EECCS) et Stefan Lunte du secrétariat général de la
commission des épiscopats dans l'union européenne (COMECE) faisaient partie
d'une délégation oecuménique qui a rencontré hier à Bonn le secrétaire d'état
allemand aux affaires européennes, M. Gunther Eurheugen. Ils se sont joints aux
collègues des représentations permanentes auprès du gouvernement allemand de
l'église évangélique d'Allemagne (menés par l'évêque Hartmut Lšwe) et de la
conférence épiscopale catholique d'Allemagne (menés par Mgr Paul Bocklet). Cette
rencontre avait pour objectif de présenter les perspectives des églises sur des
questions relatives à la présidence allemande de l'Union européenne et
s'inscrivait dans une tradition européenne régulière de rencontres entre les
églises et les pays devant assumer la présidence de l'Union.
Le secrétaire d'état a résumé les principales priorités de la Présidence en
cinq rubriques : l'Agenda 2000 et la nécessité d'arriver à un paquet de
mesures financières incluant la réforme de la politique agricole ainsi que des
fonds structurels et de cohésion ; le démarrage du processus de réforme
institutionnelle ; la progression des négociations relatives à
l'élargissement ; l'instauration de l'Euro ; la mise en oeuvre des
structures de la politique extérieure et de sécurité commune établie par le
traité d'Amsterdam.
Les représentants des Eglises ont souligné l'importance pour les Eglises
d'Europe centrale et orientale de recevoir des signes clairs que leurs pays
seront bien accueillis au sein de l'Union européenne. L'incertitude quant à la
date de leur entrée renforce leur malaise. Bien que les Eglises soient
conscientes des nombreux problèmes soulevés par le processus d'élargissement,
elles estiment qu'il est nécessaire d'envoyer un signe plus net de bienvenue et
d'acceptation à ces pays d'Europe centrale et orientale et également de les
informer le plus rapidement possible de la date probable de leur adhésion.
Les discussions ont également porté sur les sujets suivants :
(JCC) sur le thème :
L'équipe de préparation a choisi ce thème dans la perspective du livre comme élément social.
Cette JCC a pour objet :
Début janvier, les Eglises locales recevront des documents pour préparer cette JCC 99 et une affiche couleur (40X60), qui existe également en format abribus (120X176). Dans le cas, où vous envisageriez d'organiser une rencontre autour du livre vers le 7 février 1999, il faudra très vite la commander auprès de :
Chrétiens-Médias, Féd. nationale, 10bis, bd de la Bastille - 75012 PARIS -
tél 01 49 28 57 30
Auprès du service Communication diocèse de votre secteur, vous pourrez
obtenir le nom des relais Chrétiens-Médias dans votre région afin d'étudier ce
que vous pouvez faire ensemble.
Les Eglises protestantes et évangéliques, représentées par l'Eglise protestante Unie de Belgique et par le Synode Fédéral des Eglises Protestantes et Evangéliques de Belgique ont décidé d'oeuvrer en vue d'une coopération administrative plus étroite. Cette forme de coopération aurait pour but la représentation du culte protestant à l'égard des autorités.
Depuis 1839, le Synode de l'Union des Eglises Protestantes Evangéliques du
Royaume de Belgique représente le culte protestant-évangélique auprès du
Ministre de la Justice. Son président exerce la fonction d'interlocuteur auprès
des pouvoirs publics. Au fil des ans, le Synode connut de multiples fusions avec
d'autres dénominations appartenant à la mouvance protestante-évangélique. Les
dernières en date eurent lieu en 1979 et donnèrent naissance à l'Eglise
Protestante Unie de Belgique.
Réunis en assemblée, le 21 et le 28 novembre 1998, les synodes respectifs ont
donné à leurs conseils exécutifs le mandat d'entamer les pourparlers afin de
mettre une structure de collaboration en place. Cette coopération administrative
s'appuiera sur un esprit ouvert et pluraliste au sein de la famille
protestante-évangélique. Dans un premier temps, un groupe de travail réunira des
représentants de l'Eglise Protestante Unie de Belgique et les représentants du
Synode Fédéral des Eglises Protestantes-Evangéliques de Belgique. Les conseils
exécutifs des deux Synodes s'efforceront de présenter à leurs assemblées
synodales respectives, fin 1999, un document contenant les lignes directrices
d'un futur modèle de coopération.
A l'ordre du jour : la diaconie, I'oecuménisme et la réconcilation entre Tchèques et Allemands.
Le Synode de l'Eglise évangélique en Allemagne (EKD) s'est réuni à
Munster/Westphalie, du ler au 6 Novembre 1998. La convocation des 120 délégués
venant de 24 Eglises régionales dans cette ville était significative. Avec
Osnabruck, sa voisine, elle avait été le théatre desnégociations qui devaient
aboutir. Ie 24 octobre 1648, à la signature de la " Paix de Westphalie " mettant
fin à la Guerre de Trente Ans et un terme à une étape importante des "guerres de
religion" en Europe. Une semaine avant les Synodes, les têtes couronnées et les
représentants des pays impliqués s'y étaient retrouvés pour commémorer les 350
ans de cet événement "européen ".
Dans son message, le président du Conseil de l'EKD, le pasteur Manfred Kock, président de l'Eglise évangélique en Rhénanie (EKiR), devait qualifier la justice sociale de " base d'une société stable " et rappeler l'engagement des Eglises protestante et catholique dans ce domaine.
La "Déclaration sociale" des Eglises protestante et catholique, publiée en 1997, s'adresse aussi au nouveau gouvernement fédéral et détermine le travail diaconal des Eglises, principal thème de ce Synode. Le nouveau gouvernement était représenté par la Ministre fédérale de la culture et de la recherche qui invita, à son tour, les Eglises à entrer dans son "pacte pour l'emploi" et à combattre le chômage. C'est aussi dans le secteur social que le tout nouveau ministre-président du "Land" de Rhénanie-Westphalie, successeur du très protestant Johannes Rau, voit une coopération fructueuse entre l'Eglise et l'Etat, " pour donner aux jeunes, par la formation, par un métier et par un revenu, des perspectives intéressantes pour le futur...Réduire ce "damné" chômage est la clé de toutes les autres questions sociales ".
Le président Kock devait
également appeler, dans son message, à une relation plus réaliste avec l'Islam.
" Ceux qui ne relèvent que les manifestations extrémistes, sous-estiment les
forces humanistes de cette religion, qu'il s'agit de connaître et de soutenir ".
Cependant, la rencontre entre les religions ne pourra réussir que si leurs
représentants connaissent leur propre profil. Un important chapitre était
consacré aux relations avec le catholicisme et à la Déclaration commune
concernant la justification, question abordée notamment entre la Fédération
luthérienne mondiale et le Vatican. Malgré les divergeances de taille, I'EKD ne
craint pas " une époque glacière pour l'oecuménisme ". Un consensus complet ne
sera pas possible, constate l'évêque Lehmann, président de la Conférence des
Evêques catholiques allemands, " car il signifierait la victoire d'un partenaire
sur l'autre..". - Et le président Kock de constater que les différences
"confessionnelles" traversent les deux Eglises et se situent "entre ceux qui
insistent sur les dogmes et ceux qui questionnent et cherchent, entre ceux qui
ne se laissent pas ébranler par la violence et l'injustice autour d'eux et ceux
qui savent que Dieu établit les critères de la dignité de tout homme. La dignité
des hommes et des femmes est également le critère pour la Diaconie de l'EKD, qui
se situe parmi les 3 premiers employeurs de l'Allemagne. Elle aura de plus en
plus besoin de bénévoles pour y accomplir un ministère. Comment reconnaître ce
ministère, sur le plan de la liturgie et de la formation? Comment tenir compte
de la réalité européenne et établir un réseau sur le continent ? Un moment
chargé d'émotion était la cérémonie, en présence du Président de la République
fédérale, Roman Herzog, marquant une étape importante sur le long chemin de la
réconciliation entre Tchèques et Allemands, préparé par un travail obstiné de
l'Eglise des Frères tchèques et l'EKD, et la publication d'un livre commun:
"Pour que Tchèques et Allemands se comprennent ". L'observateur francais de ce
Synode - qui est devenu plus jeune et plus " féminin " constate que des
questions essentielles et difficiles ont pu être abordées dans un climat assez
serein: par exemple celle de la sécularisation dans un pays où les Eglises ont
encore " le nombre et une voix ", ou celle du lien entre le " social " et le "
théologique ". On sait également qu'une période est bien terminée, celle des
responsables politiques comme Kohl et Rau, proches des Eglises. Une autre ère
vient de commencer, celle d'une nouvelle génération de gouvernants, qui garde
une distance plus grande par rapport aux Eglises et qui les jugera pour
l'essentiel - d'après leur engagement dans les sociétés allemande et
européenne.(Y.L.)
Elle sont venues de partout, en boubous colorés, en jeans usés, en saris ondoyants, mais aussi en jupes bien classiques ; cheveux courts, cheveux gris, savantes coiffures africaines, longues tresses asiatiques, on croise des jeunes et des moins jeunes, des futures mères et des grands-mères. Plus de 1000 femmes chrétiennes arrivent pour participer au Festival de la Décennie oecuménique des Eglises solidaires des femmes qui se déroule à Harare au Zimbabwe du 27 au 30 novembre 1998.
C'est la saison des pluies : il fait chaud, le ciel est lourd de nuages menaçants qui, heureusement pour le Festival, n'éclateront en torrents de pluies que le soir et pendant nuit. L'accueil par des femmes du Zimbabwe est chaleureux ; les locaux du Belvedere College un peu spartiates (bien que les avis varient d'une participante à l'autre !)   ; ; les queues interminables pour accéder à la cafétéria où la nourriture plutôt simple est typique du pays. Très vite, certaines débrouillardes s'approvisionnent en sandwiches, fruits et coca aux quelques stands des marchands qui ont senti l'aubaine et sont venus s'installer dans le campus.
"Envisager l'avenir après 1998", tel était le thème central de ce Festival, convoqué pour faire le point sur les dix années durant lesquelles les Eglises, membres du COE, avaient été appelées à être solidaires des femmes. Dans certaines Eglises, des "Comités Décennie" avaient été constitués et la situation de la femme a vraiment été prise en compte ; dans d'autres, ce sont plutôt les femmes qui se sont avérées solidaires des femmes et non pas les Eglises   ; ; enfin quelques rares Eglises n'ont quasiment pas donné suite à cette initiative lancée par le COE à Pâques 1988. Rappelons les quatre domaines sur lesquels les Eglises avaient été appelées à se poser des questions :
Un temps du Festival a été réservé à l'écoute des jeunes femmes :elles sont venues dire qu'elles ont besoin d'être entendues, que les choses ont changé, que l'on ne peut plus aborder les questions des relations Femmes-Hommes de la même manière qu'il y a 30 ans. Il est vrai que les groupes de femmes, un peu partout dans le monde, ont vieilli et il faudrait davantage prendre en compte les propositions et les idées que les jeunes femmes font quant à une parité meilleure dans la société et dans l'Eglise.
En conclusion, la Décennie des Eglises solidaires des Femmes a pris fin, mais
tout ne fait que commencer : la " pierre roulée " qui a permis aux femmes
d'annoncer la résurrection du Christ est pour nous toutes une porte ouverte sur
la suite de la Décennie. Les Eglises doivent maintenant s'engager à prendre
pleinement en compte la place des femmes, elles doivent oser dénoncer la
violence, le racisme et le mépris que rencontrent encore tant de femmes dans le
monde et parfois même dans les Eglises. (voir document "Déclaration du Festival
à l'Assemblée du COE")
(J D., membre du Groupe Orsay)
Cinquante ans de vie commune entre protestants et orthodoxes, c'est peu et
beaucoup. En dépit des tensions que les relations Ïcuméniques peuvent susciter,
leur première vertu n'est-elle pas de rendre exigeant et aimable à la fois Tout
s'est donc bien passé. Alors que les choses s'annonçaient plutôt mal, la VIIIe
Assemblée du Conseil Ïcuménique des Eglises (COE) s'est déroulée sans trop de
difficultés. Contrairement à ce que l'on pouvait craindre, les orthodoxes ont
suivi activement l'ensemble de ses travaux. Malgré leur décision commune prise à
Thessalonique en mai dernier, ils ont même participé à la plupart des scrutins
ainsi qu'aux offices de la matinée. Seule, la délégation de l'Eglise orthodoxe
de Russie a fait montre de moins d'enthousiasme et n'a pris
qu'exceptionnellement part aux votes soumis aux 980 délégués. Il faut en retenir
qu'elle était présente à Harare (Zimbabwe) où l'Assemblée s'est tenue du 3 au 14
décembre dernier. Ce geste de bonne volonté des Eglises orthodoxes a clairement
manifesté leur désir sincère de rester membres à part entière du COE et de
poursuivre, avec les Eglises protestantes, anglicanes et orientales, l'aventure
commune commencée il y a cinquante ans à Amsterdam, en 1948. De ce point de vue,
l'objectif des responsables du COE de marquer cette assemblée du jubilé sous le
signe du réengagement des Eglises dans le mouvement Ïcuménique a été atteint.
Alors que pendant longtemps les Eglises se sont engagées à demeurer ensemble,
aujourd'hui, " nous nous engageons à vivre ensemble ", peut-on lire dans le
message final de l'Assemblée. Ce premier résultat, qui peut sembler mince,
n'allait pourtant pas de soi il y a encore quelques mois. On sait en effet que,
depuis le début des années 90, le climat Ïcuménique n'est pas particulièrement
au beau fixe en dépit de nombreux démentis officiels pas toujours très
convaincants. Au sein du COE, cette période de turbulence s'est manifesté par un
mécontentement croissant des orthodoxes qui reprochent - non sans raisons
parfois - à leurs partenaires protestants de leur imposer un ordre du jour fort
éloigné de leurs préoccupations immédiates.
Grief leur est fait aussi d'avoir renoncer à l'un des principaux objectifs du COE qui est de reconstruire " l'unité visible " des Eglises. En contrepartie, ce geste d'ouverture a permis aux orthodoxes d'avancer un certain nombre de revendications fermes et précises. Le Père Hilarion Alfeyev, qui conduisait la délégation russe, a été catégorique : " Si le COE ne se recentre pas sur sa vocation première, nous pourrions être amenés, malgré nous, à renoncer à nos engagements Ïcuméniques. Or il est évident que cela passe par une réforme radicale de l'institution ". Jamais la demande d'un profond changement de structures et de mode de fonctionnement n'avait été formulée d'une manière aussi insistante. Souvent évoquée, la nécessité d'une évolution du COE n'avait jusqu'à présent donné lieu qu'à des suggestions destinées en particulier à améliorer la représentativité d'un organisme qui compte actuellement plus de 340 Eglises membres.
Après Harare, il semble acquis que l'institution genevoise devra envisager de réels changements si elle ne veut pas être reléguée au magasin des antiquités Ïcuméniques. A cet égard, l'Assemblée aura permis de mieux préciser le préalable à toute réforme institutionnelle sur lequel tout le monde est tombé d'accord à Harare :l'absolue nécessité d'engager un réel dialogue entre protestants et orthodoxes que cinq cent ans d'histoire religieuse, et surtout culturelle, séparent. Cette tâche a été confiée à une " commission spéciale sur la participation orthodoxe au COE " dont le mandat provisoire a été fixé pour une durée de trois ans.
Malgré presque un siècle d'Ïcuménisme, les malentendus et les
incompréhensions sont encore tels que tout projet commun est devenu source de
graves tensions et de polémiques. Le fait que beaucoup d'Eglises orthodoxes
connaissent aujourd'hui de graves difficultés internes ne suffit pas à lui tout
seul à expliquer les difficultés actuelles du mouvement Ïcuménique. Cinquante
années d'engagements communs pour rien ? Aucun des pires détracteurs du COE ne
pourrait l'affirmer en toute sincérité. Marcher ensemble n'a jamais fait de mal
à personne. De leur côté, les orthodoxes ont largement bénéficié du COE.
Celui-ci leur aura permis d'établir des relations avec d'autres Eglises aux
pires heures de la domination soviétique, et, d'autre part, de rapprocher entre
elles les différentes Eglises orthodoxes qui, les siècles passant,
n'entretenaient plus de réelles relations entre elles.
D'une manière générale, le bilan du COE reste largement positif ne serait-ce que
par sa raison d'être : la réflexion Ïcuménique. En renvoyant les Eglises à
leurs propres convictions doctrinales, celle-ci leur aura permis d'approfondir
leur propre spécificité théologique et ecclésiologique sans pour autant se
réfugier dans une démarche identitaire. Avant l'amour de l'unité pour l'unité,
la première vertu de l'Ïcuménisme n'est-elle pas de rendre ses adeptes exigeants
et aimables à la fois.(GdT)
Avec la présentation du rapport du premier Comité d'examen , l'Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises (COE) est entrée dans sa phase décisive avant de se séparer dans deux jours, le lundi 14 décembre. Suivant la recommandation du Comité, et après avoir pris acte des rapports du président et du secrétaire général, l'Assemblée a fait sienne le contenu de la déclaration d'orientation générale formulée dans " Vers une conception et une vision communes du COE ". On sait que l'élaboration de ce document a constitué une étape importante du COE dans sa réflexion sur l'évolution de ses structures et de son mode de fonctionnement. C'est dans ce cadre que l'Assemblée a très largement approuvé la création d'une " commission spéciale sur la participation orthodoxe au COE ". Destinée à engager un vrai dialogue entre protestants et orthodoxes, et compte tenu du malaise de ces derniers au sein de l'actuel COE, cette commission d'une quarantaine de membres sera paritaire. L'ensemble des Eglises orthodoxes appartenant au COE y sera représenté. Cette commission, qui aura un mandat de trois ans, sera chargé de faire des propositions " concernant les modifications nécessaires à apporter à la structure, au style et à la manière de vivre du Conseil ".
A la suite de ces propositions, les éventuelles modifications
constitutionnelles, que celles-ci impliqueraient, devront être soumises à la
prochaine Assemblée. Le Comité d'examen a par ailleurs fait d'importantes
propositions concernant les relations entre le COE et les organisations
Ïcuméniques régionales (OER) telles que la Conférence des Eglises européennes
(KEK) ou le Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO). Le COE et les
différentes OER devraient entrer prochainement " dans un processus de réflexion
sur un programme Ïcuménique commun et sur la nature de l'intégration des
expressions structurelles mondiales et régionales ". Les OER pourraient
également être représentées au Comité central sous une forme qui reste à
déterminer.
Les OER, et en particulier celles qui comptent l'Eglise catholique romaine parmi
ses membres, seront consultées sur le travail du Groupe mixte de travail.
Dans le même esprit, l'Assemblée a recommandé que le COE approfondisse la nature
des relations qu'il souhaite entretenir avec les Conseils nationaux d'Eglises.
Les décisions les plus attendues concernaient, d'une part, le projet de
modification de plusieurs articles de la constitution et, d'autre part, le
projet de Forum. Concernant le premier point, l'Assemblée a très majoritairement
repoussé la proposition qui lui était faite de confier à la seule responsabilité
du Comité central l'élection des coprésident du COE. Concernant le deuxième
point - assurément le plus important pour l'avenir du mouvement Ïcuménique tout
entier - l'Assemblée a finalement adopté le projet de Forum. Projet cher au
secrétaire général Konrad Raiser, le Forum a pour principale objectif de réunir,
d'une manière informelle et sans mandat précis, l'ensemble des confessions
chrétiennes représentatives de toutes les Eglises sans exclusive, membres ou non
du COE. Un tel Forum n'aura de sens que si l'Eglise catholique romaine et une
majorité d'Eglises évangéliques et pentecôtistes se déclaraient intéressées par
un tel projet. L'Assemblée a donc décidé " d'encourager le Comité central du COE
à poursuivre les consultations avec les responsables des divers organismes qui
ont manifesté leur intérêt pour le Forum ". Plus de cent cinquante voix se sont
néanmoins exprimées contre ce projet, certains délégués craignant que le COE ne
disperse ses énergies alors qu'il s'engage pour une longue période de réflexion
sur l'évolution de ses propres structures, indépendamment du Forum. Dans le
cadre de cette importante décision, l'Assemblée a approuvé plusieurs
recommandations pour les suites à donner à ce projet. Il s'agit en particulier "
d'établir une distinction claire entre la nature et le but du COE et ceux du
Forum ". Par ailleurs, la participation des Eglises au futur Forum ne devra " en
aucun cas être considérée comme étant comparable à la responsabilité et à
l'engagement oecuméniques attachés au statut de membre du COE ". (GdT)
Harare, dimanche après-midi, 13 décembre 1998. La cérémonie de célébration du
cinquantenaire du Conseil oecuménique des Eglises (COE) peut commencer.
Le pasteur Canon Clément Janda, secrétaire général de Conférence des Eglises de
toute l'Afrique (CETA) accueille près de trois mille des participants à la VIIIe
Assemblée. C'est l'ambiance des grands jours oecuméniques. Il faut dire qu'on
attend le président Nelson Mandela d'une minute à l'autre. Il a fait le
déplacement depuis Johannesbourg pour répondre à l'invitation du COE de
s'associer à la grande fête du jubilé.
Au parterre du Great-Hall de l'Université de Harare, la foule la plus bigarrée
du monde : popes orthodoxes, femmes en boubou, révérends en costume-cravate
ou en tee-shirt, on ne compte plus les formes et les couleurs. Une musique à
faire danser un pasteur réformé. La salle s'échauffe. Une rumeur monte. Mandela
entre dans la salle qui se lève. Il a le plus beau sourire du monde. Il danse à
l'invitation de la chorale et des percussionnistes qui l'accueillent sur la
scène.
" Je ne serais pas parmi vous si les Eglises n'avaient pas été là ".
L'ancien leader de l'ANC se souvient. Dans les moments les plus difficiles de
son long combat contre l'apartheid, il a pu compter sur leur soutien. En prison,
où il n'était autorisé à recevoir une visite de sa famille que deux fois par an,
il a apprécié le réconfort des aumôniers qui l'encourageaient à tenir bon. Il
savait aussi, qu'à l'extérieur, les Eglises faisaient tout ce qu'elles pouvaient
pour aider les mouvements anti-apartheid. Le COE les soutenait grâce à un fonds
spécial dégagé dans le cadre de son fameux plan de lutte contre le racisme. Le
président Mandela a ainsi exprimé sa reconnaissance aux Eglises, en particulier
pour leur travail d'éducation qui a permis de former la génération de jeunes
africains à qui l'on doit aujourd'hui l'indépendance et l'émancipation de pays
comme l'Afrique du Sud ou le Zimbabwe :" Je l'ai dit au président Mugabe -
qui assistait à cette célébration - qui est plus jeune que moi :nous
devons tout aux Eglises ".
Parvenu à la fin de sa vie publique, le vieux leader a lancé un vibrant appel à
la paix à l'adresse de tout le continent africain   ;
" Aujourd'hui, notre meilleure arme pour défendre l'Afrique, c'est la paix ".
En faisant une allusion directe aux événements récents qui replongent certains
états africains dans la guerre, le président Mandela a insisté sur la nécessité
de promouvoir la démocratie et le développement économique sans lesquels la paix
ne viendra pas. Et c'est à ce nouveau combat - qui passe entre autre par
l'annulation de la dette
des pays pauvres - qu'il a appelé le COE à s'engager.
La cérémonie du jubilé a été celle du souvenir ému de cinquante ans d'engagement
oecuménique au service de l'unité des Eglises et de celle de l'humanité toute
entière. Pauline Webb, élue vice-présidente du Comité central en 1968 à Upsal, a
parcouru ce long demi-siècle. Amsterdam en 1948, où des Eglises encore
traumatisées du bruits des armes déclarent solennellement   ;" Nous
voulons demeurer ensemble ". La deuxième Assemblée proclame que le Christ est le
sauveur du monde à l'époque (1954) où celui-ci s'enfonce dans la guerre froide.
En 1961, le COE fait pour la première fois étape dans ce que l'on appelle alors
un pays du tiers-monde   ; New Delhi, qui rappellera que Christ est la
lumière du monde. Viennent sept ans plus tard les turbulences de 68 :"
Voici, je fais toutes choses nouvelles ". On ne pouvait rêver un meilleur thème,
Et tellement de circonstance. C'était à Upsal, en Suède. Le rêve d'un grand
absent inspire l'Assemblée. Dans la fidélité au message de Martin Luther King,
le COE lance son programme de lutte contre le racisme. Après le nord, le sud et,
pour la première fois, l'Afrique. C'est à Nairobi, en 1975, que le COE tient sa
cinquième Assemblée   ; " Jésus-Christ libère et unit ". A l'évocation
de chaque Assemblée, Pauline Webb demande à tous ceux qui y participaient de se
lever. Ils commencent à être un peu plus nombreux à le faire cette fois-ci alors
qu'il n'était qu'une petite dizaine a avoir été présents à Amsterdam. Parmi eux,
Philip Poter, jeune délégué à la toute première Assemblée. En 1983, la VIè
Assemblée se tient à Vancouver. Les Eglises s'engagent alors à dire leur refus
de l'utilisation et même de la fabrication de toute arme de destruction. Si l'on
veut la paix, il faut préparer la paix. " Viens, Esprit Saint, renouvelle la
création ". L'Assemblée de Canberra souhaite porter un nouveau regard sur la
création menacée. Sept fois sept ans ont passé depuis Amsterdam. C'est le temps
du jubilé. C'est l'heure du bilan. A Harare, la VIIIe Assemblée s'est "tournée
vers Dieu". Dans la joie de l'espérance.(GdT)
L'Eglise chrétienne protestante de l'Angkola (Indonésie) compte plus de 27.000 fidèles, répartis dans 162 paroisses servies par 42 pasteurs, dont 11 femmes. Elle est également membre de la Fédération luthérienne mondiale.
L'Eglise chrétienne de Sumba (Indonésie), issue des Eglises réformées des Pays-Bas compte 182.000 membres répartis en 78 paroisses avec 95 pasteurs, dont 13 femmes. L'Eglise est membre de l'Alliance réformée mondiale.
L'Eglise harriste, de la Côte d'lvoire trouve ses origines dans la prédication d'un evangéliste du Libéria, William Wade Harris, entre 1913 et 1915. L'Eglise harriste, qui accepte les nouveaux convertis polygames, compte plus de 100.000 membres, répartis dans 702 paroisses servies par 1.400 prédicateurs et plus de 7.000 " apôtres ". Chaque paroisse est dirigée par douze " apôtres ", hommes et femmes. Le Conseil des Eglises d'institution africaine (CAIC, Afrique du Sud) est une fédération constituée de dix associations membres. Ses responsables estiment le nombre de fidèles qu'il représente à 3,5 millions.
L'Eglise réformée du Christ du Nigéria est issue de l'Eglise chrétienne réformée d'Amérique du Nord. Devenue autonome en 1973, elle est actuellement composée de 50 consistoires servis par 43 pasteurs ordonnés et compte quelque 450.000 fidèles. Elle est membre de l'Alliance réformée mondiale.
L'Eglise unie du Christ du Zimbabwe est issue de l'Eglise unie du Christ (Etats-Unis).
Autonome depuis 1973, elle compte plus de 30.000 membres, répartis en 30 paroisses servies par 29 pasteurs ordonnés. L'Eglise anglicane du Congo (République démocratique du Congo) est issue de la division en trois de l'ancienne Province anglicane du Rwanda, du Burundi et du Boga-Zaïre. Organisée en six diocèses, elle compte 160.000 fidèles répartis dans 241 paroisses, servies par 270 membres du clergé. Faisant partie de la communion anglicane, elle appartient au Conseil consultatif anglican.
L'Eglise évangélique luthérienne du Congo (République démocratique du Congo) est née en 1968 au sein d'un groupe de jeunes évangélisés par la " Radio Voix de l'Evangile ". En 1996, I'EELC comptait 120.000 membres, répartis en 82 paroisses servies par 39 pasteurs, cinq vicaires, 15 évangélistes et un évêque. Elle est membre de la Fédération luthérienne mondiale.
Une Eglise nigériane autorisant la polygamie parmi ses fidèles, ainsi que
parmi son clergé, ne pourra pas pour l'instant devenir membre du Conseil
Ïcuménique des Eglises (COE). Ainsi en a décidé le Comité d'admission lors de la
Vllle assemblée du COE réunie à Harare. Le Comité exécutif de l'organisation
avait pourtant recommandé de recevoir "I'Eglise céleste du Christ" du Nigéria en
tant que membre à part entière de l'organisation. (apic)
Pour la deuxième fois en 3 ans, le Conseil d'administration de la Société
coopérative oecuménique de Développement s'est réuni, pour sa session de
novembre, à Harare/Zimbabwe. Il a pu ainsi exprimer à nouveau son soutien à un
continent en prise avec la guerre et l'inflation. Déjà à l'occasion du 20e
anniversaire de la Scod, en 1995, son directeur général le Néerlandais Gert van
Maanen avait déclaré devant des officiels du pays :" Nous avons choisi
de renforcer nos investissements en Afrique et d'élargir notre réseau de
partenaires sur l'ensemble du continent. Cette conviction rend compte que
I'Afrique - malgré les difficultés avec lesquelles elle se voit confrontée - est
destinée à un grand avenir ".
Les 15 membres du Conseil d'administration représentant tous les continents
et plusieurs confessions - avec une forte proportion de catholiques romains -
ont adopté 22 projets d'un total de 12 millions de dollars US correspondant à 68
millions de Francs français, dont 23 millions pour l'Afrique. La Scod vient
d'enregistrer une forte progression des entreprises soutenues en Afrique
francophone (Sénégal, Mali, Togo, Mauritanie et Cameroun) et notamment en Côte
d'Ivoire. Le Conseil a pu apprécier le travail efficace des 5 directrices
régionales de la Scod sur le continent africain, et particulièrement l'activité
de Mariam Dao Gabala (Afrique francophone, Abidjan) qui a développé - dans le
domaine du micro-crédit et de la formation à la gestion - une pédagogie adaptée
à aux besoins de l'Afrique francophone.
Par ailleurs, un prêt de 2.500.000 FF a été octroyé à un organisme de solidarité
accordant des micro-crédits à des vendeurs de rue en Haïti. Lors d'une prochaine
séance le Conseil devra se prononcer sur des projets à Madagascar. Si la Société
coopérative peut à nouveau enregistrer un apport record, au cours de l'année en
cours (plus de 60 millions de FF) et une augmentation significative de ses
membres - dont un nombre important d'Ordres religieux ayant leur siège à Rome -
les incertitudes et difficultés restent nombreuses . La dévaluation dramatique
des monnaies de l'Asie du Sud-Est, engendrant le découragement et entraînant des
pertes substantielles pour la Scod. Celle-ci devra ainsi non seulement "
remettre " une partie de la dette, mais accorder de nouveaux prêts aux
partenaires d'Indonésie, de Thaïlande, du Vietnam, du Laos, des Philippines et
prolonger les délais de remboursement. Par ailleurs, des mois seront nécessaires
pour évaluer les dégâts causés par le cyclone " Mitch " aux projets soutenus par
la Scod au Nicaragua. L'incertitude générale devant l'avenir a fait diminuer le
nombre de partenaires nouveaux qui osent s'engager dans un emprunt et la Scod
devra trouver des " produits nouveaux ". Etant aussi une banque, elle se trouve
également confrontée à la baisse des revenus provenant des capitaux réservés à
I'investissement social.
Au cours de sa réunion, le Conseil a décidé - compte tenu que les associations
de soutien et les Eglises européennes apportent plus de 80% des dépôts et devant
les fluctuations importantes du dollars US - d'effectuer les prêts en Euro, à
partir de Janvier 1999. L'Inde et l'Afrique du Sud bénéficieront d'un prêt de
30 millons de FrF chacune, en monnaie locale, mis à disposition par l'Eglise
luthérienne de Suède et géré par la Scod.
Un débat intéressant et controversé s'est déroulé au sein du Conseil sur la
question de savoir si la Scod devait engager des fonds en bourse pour pouvoir
compenser des pertes, cette possibilité a été écartée pour des raisons éthiques
et par égard pour les associations de soutien, très sensibles à ces qestions.
En vue de l'Assemblée générale de 1999 qui aura lieu, du 23 au 27 Juin, à
Abidjan/Côte d'Ivoire - et pour la première fois dans un pays de l'Afrique
francophone - le Conseil a entendu un premier rapport de Mariam Dao Gabala,
directrice régionale pour l'Afrique francophone, et d'Auguste Daubrey, membre
du Conseil d'administration (également Abidjan)   ; la Scod n'étant
pas encore connue dans cette partie de l'Afrique, une journée d'information
précédera l'Assemblée générale. Par ailleurs, le pasteur Yo Ludwig (Eglise
réformée de France), élu modérateur de cette Assemblée a été chargé de
co-signer une lettre d'invitation aux Eglises protestantes et catholiques de la
région.
Au cours de la 8e Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises, ayant eu lieu
immédiatement après la session du Conseil d'administration de la Scod, des
visites de mines de cuivre et de coopératives de production et de
transformation de textiles (par exemple " Dezign ", dont les produits sont
disponibles dans les " Magasins du Monde ", en France) étaient proposées aux
participants. (YL)
Au Nicaragua
Je voudrais partager avec vous quelques réflexions à propos de notre travail
avec les communautés victimes du cyclone Mitch, en donnant à ces réfléxions une
perspective théologique et pastorale.
Il est évident que pour beaucoup tout cela a signifié la fin du monde. Que
peut-on éprouver quand on a perdu terres, enfants, famille, cultures et biens,
et que l'on est entouré par la mort ? Bien qu'il ne soit pas juste de dire qu'il
s'agit d'un châtiment de Dieu, car nous, les êtres humains, nous sommes
responsables de l'entretien de la nature pour éviter ce type de désastre, et
d'une telle ampleur, il faut écouter avec attention et respect ces personnes et
recommencer un travail théologique et pastoral, en l'approfondissant davantage
et en y prêtant encore plus d'attention. En ce sens, les Eglises membres du
CIEETS devront penser des modèles ecclésiologiques différents pour le prochain
millénaire. En théologie, il faudra être plus attentif aux thèmes de la
solidarité, aux autres visages de Dieu (comme le Dieu miséricordieux), à notre
responsabilité quant au respect de la nature, aujourd'hui plus que jamais, à
stimuler la conscience critique et l'exercice de la citoyenneté, pour construire
un Nicaragua différent.
L'ampleur de la tragédie qui a frappé essentiellement les secteurs les plus
pauvres a atteint un tel degré à cause du modèle de développement en vigueur,
c'est-à-dire à cause des conditions économiques et sociales qui produisent
l'exclusion, à cause de la mauvaise planification, de l'absence de politique de
prévention, des défaillances organisationnelles. Si le Nicaragua et surtout le
Honduras, ont été détruits, il faut repenser le projet de leur reconstruction.
Penser un nouveau modèle de développement pour la région, qui soit équitable,
juste, vivable et démocratique. En ce sens, la solidarité internationale est
très importante pour faire pression sur nos gouvernements en vue du bon usage de
l'aide financière. Il n'est pas possible que les pauvres continuent à être les
plus exposés à tout désastre, oubli et manipulation des gouvernements et de
leurs politiques. Pour les Eglises, c'est le moment de continuer à promouvoir
avec force le projet oecuménique, le partage des ressources et l'annonce d'une
année agréable au Seigneur, puisqu'on parle tellement du Jubilé 2000.
Violeta ROCHA responsable du CIEETS (in dossier spécial Nicaragua du
Défap, déc.98)
au Honduras
Les ravages provoqués début novembre par l'ouragan Mitch en Amérique centrale
ne sont pas seulement dus à des causes naturelles, estime Caritas
Internationalis. Pour les responsables de l'organisation catholique, les dégâts
ont été décuplés par des structures de pauvreté.
Il s'agit donc un problème structurel et écologique à long terme. Pour que la
reconstruction ne soit pas une restauration de la société d'hier, ce qui ne
ferait que renforcer la pauvreté de demain, ll faut soutenir les efforts des
pauvres.
Tel est le l'axe principal du projet que Caritas Internationalis s'est donné
pour l'Amérique centrale, où ses animateurs locaux sont appelés à jouer aux
côtés des pauvres, un rôle décisif dans les années à venir pour conforter la
société civile, a souligné à Bruxelles le secrétaire général de Caritas
Internationalis, le Français Luc Trouillard.
"Pauvres mais intelligents !"
Mitch n'a paru "naturel" qu'à des observateurs éloignés et à des journalistes
distants. Sur le terrain, les pauvres se savaient déjà "sinistrés" d'avance. Au
Honduras, par exemple, il manquait déjà 700.000 logements avant l'ouragan. Le
million d'habitations détruites ou endommagées par Mitch ne fait qu'aggraver une
catastrophe déjà présente: inscrite dans les structures sociales et
l'organisation économique, qui ont précipité la pauvreté du plus grand nombre au
seul profit d'une infime minorité.
"Mais le peuple est prêt à s'engager. Il s'agit donc de l'appuyer, pas de
faire tout à sa place ", commente un responsable de la Caritas hondurienne.
"C'est là que nous plaçons notre espérance pour l'avenir. Dans le concret, il
s'agira donc d'encourager diverses formes d'économie solidaire :des
coopératives, des silos communaux, des petits magasins. Avec le recul, nous
voyons désormais favorable: allons-nous enfin miser sur une économie
sociale?"
"Il faut s'attaquer au problème structurel d'avant Mitch. Et ce problème a
une extension internationale. Le désastre écologique avait commencé avant Mitch
à cause de l'exploitation intensive des terres et de la déforestation. Il risque
de s'aggraver demain si, faute de soutien, les pauvres sont contraints de
s'installer dans la montagne, sans souci de protéger les sources qui s'y
forment. Mais comment en vouloir aux pauvres de chez nous si on ne change pas un
modèle d'exploitation de l'environnement à l'échelle
internationale?"(apic)
Depuis plus de 150 ans, l'Alliance Evangélique appelle les chrétiens du monde
entier à mettre part la première semaine du mois de janvier pour se regrouper
pour des temps de partage, de rencontres et de prières.
Le thème 1999 : "Jésus-Christ est Seigneur"
Le livret de méditations édité par l'Alliance Evangélique française est
disponible à l'adresse suivante :
B.P 70 - 30009 Nîmes cedex
Dés son origine, la semaine de prière pour l'Unité Chrétienne est partie
intégrante du mouvement oecuménique qui inspire aux Chrétiens du monde entier de
prier ensemble, de travailler continuellement pour l'unité de l'Eglise, "afin
que le monde croie ".
Le thème 1999 :
Ils seront ses peuples et lui Dieu avec eux (Ap. 21,3)
Pour se procurer la brochure :Unité des Chrétiens,
2 rue Jean Carriès - 69005 LYON
Ce concours est organisé par Présence Protestante sur le thème Eve et Adam. Il est réservé aux jeunes (15-25 ans) d'Eglises et d'organismes membres de la FPF. Le montant du prix s'élève à 16 000 F.
Présence Protestante, 47, rue de Clichy, 75311 Paris cedex 09,
tél 01 44 53 47 19
Remise du ou des prix le vendredi 4 juin 1999.
Le service " Education à la Paix " du mouvement Pax Christi propose de réaliser un dossier de réflexion " les jeunes - l'Europe et la Paix - une ambition pour l'an 2000 ", pour le 9 mai 1999, journée de la célébration de l'EUROPE. Cette initiative s'adresse à des équipes de lycéens et de jeunes Bac+2 et comporte les objectifs suivants :
Renseignements :
PAX CHRISTI
58 av. de Breteuil - 75007 tél : 01 44 49 06 36.
" Une aventure à vivre ! " avec les Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de
France :un clip de 3 mn 30 et un documentaire de 28 mn pour présenter
l'action des EEUF. Réalisée par ACOR Video, produite par l'association des EEUF,
cette cassette video est disponible au
Secrétariat National de l'association
15, rue Klock, 92110 Clichy.
Le mercredi 23 décembre 1998, a été inaugurée à Paris, une place de l'Edit de
Nantes, en présence du maire de Paris et du maire du 19 e, JM Viollet pdt de
l'ERF, M.Viot Inspecteur ecclésiastique de l'EELF à Paris, C. Dictus pdt du
Conseil protestant en région parisienne. (voir allocution de J.M. Viollet en
document)
Face à l'aggravation de la situation en République Démocratique du Congo, la
Conférence des Eglises de toute l'Afrique (CETA) a publiè une déclaration
exhortant les pays de la région à renoncer à toute action susceptible
d'exacerber une situation déjà précaire ou sus ceptible de compromettre les
multiples efforts de paix en cours. La déclaration, intitulée " Paix dans les
Grands Lacs   ;: un appel de la CETA ", est signée par le
chanoine Clément Janda, secrétaire général et souligne que le conflit en RDC
n'est que le prolongement de tensions non résolues dans le cadre d'un système de
conflits régionaux. La déclaration relève que des indices montrent que le
conflit actuel au Sud-Soudan, les accrochages entre le gouvernement et les
rebelles ougandais au nord et au nord-ouest de l'Ouganda, les incursions
répétées de rebelles hutus au nord-est du Rwanda et les tensions entre le
gouvernement de Bujumbura et les divers groupes de rebelles burundais " sont
liés entre eux de manière complexe et troublante ".(apic) - (cf lettre de J.
Tartier Document)
Santiago, le 1er décembre 1998 - Les évêques catholiques du Chili ont invité
les responsables protestants du pays à un débat sur le projet de loi sur les
cultes, tout en restant fermes sur leur demande de vir la future loi préserver
l'avantage juridique de l'Eglise catholique. Les exigences de l'Eglise
catholique risquent de peser sur le dialogue avec les Eglises protestantes.
Elles ont déjà été repoussées par le Comité évangélique des organisations
protestantes. Celui-ci demande en effet que la nouvelle loi reconnaisse
l'égalité de toutes les religions et ne fasse pas une place à part à l'Eglise
catholique sous le prétexte qu'elle est la religion majoritaire et qu'elle a
joué un rôle important dans l'histoire du pays. (apic)
Le 13 décembre, la 4è Consultation entre chrétiens et juifs s'est tenue à
Jérusalem à l'initiative du Patriarcat oecuménique de Constantinople et sous le
patronage du Congrés Juif mondial (CJM). Le thème de cette consultation
était :" La rencontre de l'orthodoxie et du judaïsme avec la modernité ".
Le métropolite Damaskinos ainsi que G. Riegner et J. Halperin du CJM participent
à cette rencontre. Le nationalisme et le fondamentalisme religieux dans une
société sécularisée, les droits de l'homme et la liberté religieuse dans un Etat
moderne sont certains des thèmes abordés. Dans ce même esprit, musulmans et
chrétiens de 18 pays se sont rencontrés à Amman. (apic)
Monsieur le Président, cher Frère,
Une fois de plus, l'actualité récente nous parle de guerre et d'affrontements
violents dans votre pays et nous savons combien les populations civiles en sont
les premières victimes et combien votre Eglise et le Conseil Chrétien du Congo
en sont durement touchées, surtout après toutes ces tentatives de médiation et
de réconciliation que courageusement vous avez menées.
Il est vrai que la foi au Dieu d'amour nous commande de ne jamais baisser les
bras, mais face à la haine et à la violence, on doit se sentir à maintes
occasions bien impuissant. Je voudrais par ce petit mot vous dire notre prière
fidèle et notre fraternel soutien et souhaiter que, malgré tout, la lumière de
Noël illumine encore vos coeurs et toutes vos célébrations prochaines de la
naissance du Sauveur et que la flamme de l'espérance guide encore votre Eglise
dans toutes ces détresses.
Avec vous tous pour la paix et dans la joie de notre Seigneur.
Pasteur Jean Tartier
Chacun préfère les bonnes nouvelles aux mauvaises. Pourtant, l'année qui touche à son terme a apporté plus de mauvaises nouvelles que de bonnes.
Dans certains pays d'Asie, des millions de personnes ont perdu leur travail à
la suite de la crise financière.
Les Russes continuent d'être inquiets pour l'avenir de leur pays. Dans de
nombreuses régions du monde, des dizaines de milliers de personnes ont vu leurs
foyers dévastés par des inondations ou des ouragans et sont aujourd'hui sans
abri. Et tout au long de cette année, des guerres ont pris leur tribut de
victimes civiles innocentes et ont encore accru le nombre des réfugiés qui se
comptent déjà par millions.
Même lorsqu'il y a de bonnes nouvelles, on en parle rarement dans les médias et
lorsqu'on en parle, pour beaucoup de gens, cela ne fait aucune différence, car
les mauvaises nouvelles semblent l'emporter sur les bonnes.
Au seuil de cette dernière année de notre millénaire, y a-t-il une raison
quelconque d'espérer de meilleures nouvelles ?
Noël est le temps où l'on proclame et célèbre la bonne nouvelle du salut du
monde. Ceux qui l'entendirent pour la première fois - les bergers dans les
champs - avaient peu de raisons d'espérer. Ils étaient au nombre des exclus de
leur temps. Ils vivaient sous la domination des forces d'occupation de l'Empire
romain. Ces bergers, et tout le monde à cette époque, subissaient les effets
d'une sorte de mondialisation du premier siècle. Ils savaient pour en avoir fait
l'expérience, combien les décrets impériaux, promulgués dans les lointains
centres du pouvoir, alourdissaient le fardeau des citoyens ordinaires.
Alors, quel changement pouvait bien apporter le message de l'ange aux bergers
terrifiés ?
L'ange proclamait :
"Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle
qui sera une grande joie pour tout le peuple :il vous est né aujourd'hui un
Sauveur qui est le Christ, le Seigneur" (Luc 2, 10-11)
Cette bonne nouvelle n'était pas, elle n'est pas un message vaguement
optimiste, porteur d'un espoir général. Toute nouvelle doit être en rapport avec
la réalité ; et elle doit pouvoir se vérifier dans le temps et dans
l'espace. Une nouvelle n'est pas une fiction, mais se fonde sur un fait, elle
doit relater ce qui s'est réellement passé.
C'était le cas pour les bergers. Ils décidèrent d'aller voir, comme ils
disaient, "ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître"
(Luc 2,15). Ils y allèrent et virent. Ce que les bergers avaient entendu était
exact et ils sont devenus les témoins oculaires du commencement d'une ère
nouvelle - le nouveau règne du salut.
Cette même bonne nouvelle de Noël fait encore la différence à la fin du
deuxième millénaire après la naissance de Jésus.
Il y a quelques jours, la Huitième Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises
s'est achevée à Harare, au Zimbabwe, en adressant "à tout le peuple" un message
de joyeuse espérance. Ce peuple se trouve en Afrique et dans toute l'oikoumene,
toute la terre habitée.
L'Assemblée n'a pas fait que célébrer le cinquantenaire, le jubilé du Conseil
oecuménique des Eglises ; elle a aussi écouté et acclamé le message du
jubilé de Dieu, qui est "une bonne nouvelle pour les pauvres" et proclame
"l'année de la faveur du Seigneur" (Luc 4, 18-19).
Cette bonne nouvelle retentit aujourd'hui ; elle se vérifie partout où
l'espérance chrétienne se traduit dans les actes. Le jubilé de Dieu devient
réalité lorsque les captifs sont libérés, que les dettes sont remises, la
richesse redistribuée ; elle devient réalité là où l'on respecte et
renouvelle la terre, qui est la création bonne de Dieu. Le jubilé de Dieu
signifie aussi que nous sommes réconciliés avec lui, et les uns avec les autres,
par Jésus Christ, qui vient à nouveau à nous en ce Noël.
Dans un monde qui semble résolu à s'entre-déchirer, la meilleure nouvelle que
l'on puisse souhaiter est celle de l'espérance chrétienne, qui croit que la voie
de la justice, de la paix et de la réconciliation donnée par Dieu est possible,
et que c'est là le désir profond de millions d'êtres humains.
Nous, les femmes et les hommes du Festival, nous vous déclarons à vous
Eglises que nous ne pouvons plus demeurer Eglise de Jésus Christ, demeurer
ensemble dans l'unité chrétienne tant que l'entière participation des femmes ne
sera pas assurée, tant que la violence envers les femmes ne sera, pas éliminée,
tant que l'Image de Dieu incarnée par les femmes ne sera pas affirmée et rendue
à sa gloire.
De plus, nous vous déclarons à vous Eglises que nous ne pouvons plus demeurer
l'Eglise de Jésus Christ, demeurer ensemble dans l'unité chrétienne là où une
race est davantage qu'une autre mise en valeur dans l'esprit du Christ, là où
des pratiques et des théologies contribuent aux tensions ethniques, et là où les
Eglises ne condamnent pas les horreurs de la purification ethnique, du génocide
et de la xénophobie. Nous vous déclarons que tant le racisme que
l'ethnocentrisme sont contre la volonté de Dieu et qu'ils n'ont aucune place
dans la demeure de Dieu.
Dans l'ère nouvelle qui a suivi l'apartheid, qu'il n'y ait aucune équivoque
dans la parole adressée au monde par le Conseil Îcuménique des Eglises et ses
Eglises membres quant à leur engagement pour éradiquer le racisme dans toute
situation, qu' il n' y ait aucune équivoque quant à leur solidarilé avec les
peuples indigènes et à leur soutien aux programmes et aux organisations tels que
SISTERS (Sisters in Struggle to Eliminate Racism and Sexism) et ENYA (Ecumenical
Networlc of Youth Action), qui cherchent à honorer la vision biblique d'un monde
où il n'y a plus :
" ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, où il n'y a plus la femme et
l'homme, car vous êtes tous un en Christ "
Les membres du Mouvement Jeunes Femmes réunis le 28 novembre 1998 en
Assemblée Générale s'indignent de la complaisance et du silence des Etats et des
Institutions Internationales face au sort inqualifiable des femmes en
Afghanistan :toutes les femmes d'un pays réduites en esclavage, enfermées,
privées de soins, d'éducation, de vie sociale, de liberté, lapidées, tuées.
Quels intérêts, quelles idéologies, quels systèmes peuvent justifier une
telle barbarie, une telle inhumanité ?
Le Mouvement Jeunes Femmes appelle, au nom de la Déclaration Universelle des
Droits de l'Homme, tous les responsables politiques, tous les décideurs
économiques à couper tous liens avec le gouvernement des talibans et notamment à
refuser tout accord sur le pipe-line, toute intégration à l'ONU.
Nous attendons des Pouvoirs Nationaux et Internationaux qu'ils mettent en
actes le Principe de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme en portant
aide et assistance aux populations victimes des pires formes d'intégrisme
religieux.
Paris le 1er décembre 1998
4, parc de la Bérengère 92210 Saint-Cloud
L'Eglise unie du Christ aux Etats Unis d'Amérique - Eglise avec laquelle
l'Eglise réformée de France entretient des relations étroites - a publié, au
lendemain de la première journée de l'attaque aérienne contre l'Iraq, la
déclaration suivante :" Il relève de la responsabilité confiée à
l'Eglise de refuser toujours la logique de la guerre."
Il relève de la responsabilité confiée à l'Eglise de parler toujours au nom
des voix qui n'ont pas été entendues ou dont on n'a pas tenu compte dans les
couloirs du pouvoir, ni à Bagdad, ni à Washington ou New York.
Il relève de la responsibilité confiée à l'Eglise de protester et de déplorer
toujours la mort d'innocents dont le seul crime était de vivre là où par
accident fut leur résidence.
La logique de la guerre a déjà coûté la vie à des centaines d'enfants
iraqiens, victimes des crimes de leur propre gouvernement et des sanctions
économiques inhumaines, imposées par les Nations Unies. Pour les populations les
plus vulnérables de l'Iraq, la poursuite d'une guerre " télécommandée " par des
missiles et des bombardiers n'est qu'une forme plus ouverte de celle qu'ils ont
subie durant ces huit dernières années.
" Il n'y a pas de vraie logique de mener une guerre, dont les principales
victimes sont essentiellement les enfants, les femmes et les personnes âgées.
Nous devons protester, car telle est la responsabilité qui nous est confiée
".
Rev. Dr. Paul Sherry, président de l'Eglise unie du Christ
(USA)
(traduction Yo Ludwig)
Quelques fondements fondamentaux
La dimension missionnaire est le fil rouge du Nouveau Testament, avec de
nombreuses conséquences et divers modes d'actions.
Elle s'ancre sur un double fondement :le témoignage de l'envoi du Fils par
le Père, de la présence en humanité de Dieu et la construction de l'Eglise
universelle, l'évangélisation jusqu'aux extrémités de la terre, un des signes de
la présence du Ressuscité.
Cela implique le souci des plus faibles et la proclamation du projet du
Royaume au moyen de guérisons, enseignements, rencontres, réinsertions sociales
et relationnelles, manifestations de la tendresse de Dieu par des signes
concrets (dont le baptême)
Les actions "humanitaires" sont intrinsèquement liées au témoignage théologique
et christologique (et vice et versa).
De plus, à l'image de la relation entre le Père et le Christ, l'évangélisation
s'accomplit sur un mode relationnel. Dans le Nouveau Testament, les
"portes-Parole" sont des personnes concrètes s'adressant à d'autres personnes,
tout aussi particulières.
La transmission se fait par l'enseignement et la prédication, le baptême, la
constitution de communautés et par leur accompagnement (cf. les lettres et
voyages de Paul), la diaconie et les guérisons.
En continuant de parcourir l'histoire, on peut constater qu'au XIXe siècle, dans
la grande période des missions protestantes, l'accent portait davantage sur la
perspective du salut (cf. le fameux verset de Jean 3/16). Une des prises en
compte de cette perspective a ouvert des champs de missions vers les " païens
d'Outre-Mer " en lien avec le contexte historique de ce temps. La mission s'est
voulue d'enseignement biblique et scolaire, de formation de cadres locaux
(instituteurs, catéchètes, évangélistes, pasteurs), de guérisons (dispensaires
puis hôpitaux), d'édification d'Eglises reliées aux confessions mères.
C'est un des enjeux d'aujourd'hui où, dans nos sociétés, nous passons plus de
temps (et d'argent) à réparer qu'à édifier, à corriger qu'à prévenir. Comment
inverser le processus?
- La réparation et ses compléments de guérison ou de réconciliation sont une
manière de corriger les erreurs, les déséquilibres et les injustices dans
l'édification ou dans le respect fondamental de chacun.
Cela correspond à une grande part du travail missionnaire et social alors
que, pour une part, cela pourrait être évité par une construction juste.
Comment ne pas négliger les actes de construction, même s'il faut quand même
réagir en réparation, car il y a une responsabilité et une solidarité
incontournables envers ceux qui souffrent ?
- La communion et ses revers, souvent entremêlés, d'oppositions ou de
divisions concernent, en particulier, le champ confessionnel et religieux. Les
relations entre confessions protestantes, entres Eglises chrétiennes, comme avec
les religions, qu'elles soient religions traditionnelles :
(ce qu'on appelle parfois animisme), grands systèmes religieux :(islam,
bouddhisme, hindouisme) ou mouvements religieux contemporains de type
syncrétiste ou gnostique (candomblé, vaudou, new-age...) sont à la fois de
dialogue, d'opposition, de rivalité, de juxtaposition, de passage de l'un à
l'autre et même de recherche de communion.
Sans banaliser ou mettre toutes ces situations sur le même niveau, il faut
constater que c'est un des grands enjeux de l'histoire des missions et qu'il
prend une ampleur nouvelle aujourd'hui. Il y a, entre autres tâches, nécessité
d'aider aux connaissances et compréhensions réciproques.
- La contextualisation est d'une certaine manière incontournable dans le
christianisme, en continuité avec l'incarnation de Dieu en Jésus de Nazareth.
L'évangile est incarné. Sa transmission est une rencontre, mais aussi une
confrontation continuelle entre incarnation et contexte biblique, incarnation et
contexte des transmetteurs, incarnation et contexte des receveurs.
Dieu livre sa parole à des humains concrets et limités. C'est un grand
risque. C'est une confiance tout aussi grande. Un risque, car chaque
missionnaire apporte, avec la Parole, son histoire personnelle et collective,
son époque, son église, ses visions du monde L'Evangile a été souvent liée à une
culture (par exemple à la culture philosophique grecque ou, pour les missions du
XIXe siècle, à la culture occidentale). En conséquence, il y a eu une sorte de
rouleau compresseur et destructeur d'autres cultures. En même temps, les
missions ont été aussi des conservateurs et des protecteurs de langues,
d'organisations et de pratiques culturelles. La complexité est un des éléments
du contexte.
Cette problématique se pose dans tous les lieux d'Eglises (par exemple avec
les communautés étrangères, " ethno-chrétiennes " en France, avec les questions
autour d'évangile et culture). Elle touche deux domaines sensibles :la
constitution et la hiérarchie des valeurs en référence à l'Evangile, ainsi que
les articulations entre le local et l'universel, entre les diversités et la
nécessité d'un vivre ensemble.
Heureusement que nous ne sommes pas les maîtres de la mission. Cela n'est pas
pour nous déresponsabiliser, mais pour nous rappeler que Dieu nous fait
confiance, avec et malgré ce que nous sommes !
Actuellement, nous bégayons dans nos paroles et actes missionnaires. Nous nous
rendons bien compte que beaucoup de choses, d'actions, d'orientations ne
conviennent plus. Mais nous les répétons.
Il nous faut innover, ou plutôt discerner, écouter ce qu'est notre mission.
C'est un acte communautaire. C'est aussi un acte de prière, d'intelligence et de
discernement. C'est même un signe et un témoignage de notre foi.
La difficulté dans la dynamique missionnaire reflète alors des questions sur
l'ensemble de notre vie en église et sur l'ensemble de la vie chrétienne. En
réciproque, se désintéresser de la vie missionnaire, dans son sens large, pose
question quant à la profondeur et à la solidité de la vie d'église et de
foi.
La mission n'est pas un à-côté exotique de ce qui serait la vraie vie
chrétienne et les vraies préoccupations des Eglises. C'est la manière dont nous
témoignons de la présence de Dieu dans l'humanité de notre monde. C'est aussi le
reflet de nos pratiques de présence ou d'absence au monde, de vie en clubs de
pairs ou en Eglise, de peurs ou de maturité, et de responsabilité personnelles
et communautaires. C'est aussi la prise en compte de la dynamique relationnelle
de la mission, en témoignage de la dynamique relationnelle Père-Fils-Esprit.
En cela la mission n'est pas seulement une pratique, aussi généreuse
soit-elle. Elle est de l'ordre des fondements de la confession de foi.
Geneviève Chevalley
Secrétaire générale du Service protestant de mission - Défap)
M. le Maire de Paris, M. le Maire du XIXe arrondissement,
Mesdames, Messieurs les Elus,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs, Chers amis
Vous nous avez conviés à présider, à vos côtés, I'inauguration de la place de
l'Edit de Nantes. Nous y sommes extrêmement sensibles et nous vous en remercions
chaleureusement.
On peut lire dans le texte manuscrit de l'Edit de Nantes, déposé au Centre
historique des Archives nationales :"Henri par la grâce de Dieu, roi de
France et de Navarre... avons par cet édit perpétuel et irrévocable, dit,
déclaré et ordonné, Défendons à tous nos sujets de quelque état et qualité
qu'ils soient, d'en renouveler la mémoire, s'attaquer, ressentir, injurier, ni
provoquer l'un l'autre par reproche de ce qui s'est passé, pour quelque cause et
prétexte que ce soit, en disputer, contester, quereller, ni s'outrager, ou
s'offenser de fait oude parole: mais se contenir et vivre paisiblement ensemble
comme frères, amis et concitoyens sous peine aux contrevenants d'être punis
comme infracteurs de paix et perturbateurs du repos public". Voilà tout un
programme qui nous rejoint en cette année du quatrième centenaire de l'Edit de
Nantes. "Huguenots et papistes" pour utiliser les termes du XVle siècle sont
appelés à vivre ensemble au sein d'un même état.
Le premier centenaire de l'Edit de Nantes ne fut pas célébré :c'était après
sa révocation en 1685, le temps des massacres qui lui succède. Le second, en
1798, fut à peine évoqué :la Révolution avait mangé tous ses enfants. Le
troisième, en 1898, fut discret :I'antisémitisme au nom de la patrie,
mettait la République en danger. Le Conseil de guerre portait plainte contre
Zola. Le quatrième centenaire, celui que nous avons commémoré en cette année
1998, le fut hautement et dignement à Paris et dans la France entière. Le
contexte est certes tout autre en cette année 1998 mais bien des problèmes
subsistent qu'on pourrait rapporter sans difficulté à l'intention de l'Edit . Ia
sauvegarde de la paix sociale, I'extinction de l'esprit de vengeance, faire
habiter par un peuple si divers, le nôtre, un même territoire et une même
destinée. N'y aurait-il pas là les éléments d'un projet oecuménique comme le
rappelle le sens étymologique de ce terme :habiter ensemble une même terre
?
Dans cette perspective, les enjeux ne manquent pas, et l'on pourrait tout à
fait en appeler à une sorte de nouvel Edit de Nantes. C'est-à-dire à une
démarche commune fondée réellement sur l'intelligence du compromis où toute une
série de questions bien réelles de notre société seraient prises en
compte : la reconnaissance du fait musulman en France, I'égalité de
traitement des cultes, la protection de la liberté de conscience, la
réhabilitation de la fonction et de la responsabilité politique auprès de nos
concitoyens, I'affirmation conjointe de la laïcité et de la liberté chrétienne,
par exemple.
Voilà pourquoi, Monsieur le Maire, il me plaît assez que cette place de
l'Edit de Nantes que nous inaugurons soit aujourd'hui située sur le lieu d'un
vaste chantier où se trouve en son centre, cette tour en béton. Car, la mise en
oeuvre de l'évènement dont nous célébrons le quatrième centenaire, reste encore
un chantier. Nous avons tous à y travailler pour que notre pays reste et demeure
un territoire de paix, de justice et de fraternité entretous ses habitants.
Faire mémoire du précédent créé par l'Edit de Nantes, instaurant de fait et
de droit un pluralisme religieux, hélas, provisoire, doit nous permettre de
considérer la paix civile, et l'harmonie dans une société sont possibles, si, du
moins, nous apprenons à faire de la politique, du droit et de la théologie avec
pragmatisme. Cette leçon de la mémoire où s'articulent la politique, le droit et
la théologie doit être apprise et transmise à nos enfants. Elle pourra peut-être
les tenir éloignés longtemps des vengeances, des tueries et des massacres
insoutenables.
Cette leçon vous avez bien voulu l'inscrire dans les noms des places de Paris, ce dont la communauté protestante vous est d'autant plus reconnaissante, que vous le savez, les prescriptions de l'Edit de Nantes ne permettaient pas l'exercice du culte réformé, entre autres, à Paris.
Pour la délicatesse de votre invitation à présider cette cérémonie
d'inauguration de la Place de l'Edit de Nantes à Paris et dans ce quartier du
XlXe arrondissement, la communauté protestante vous est reconnaissante. Je vous
en remercie.
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/