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Extraits du BIP 1476 du 15 au 31 mai 1999

Sommaire

VIE DE LA FEDERATION VIE DES EGLISES VIE DES REGIONS OEUVRES ET MOUVEMENTS DOCUMENT

 


VIE DE LA FEDERATION

 

Kosovo


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Face à une situation de guerre qui s'aggrave et dure, les principales Églises chrétiennes de France, l'Union des communautés juives de France, le Conseil représentatif des musulmans de France sont parvenus à rédiger en commun un appel à la paix et à la justice. (cf doc p.9)

EARB

Congrès oecuménique biblique

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Violence et Parole de Dieu
Le Service biblique de la Fédération Protestante de France (Équipes d'Animation et de Recherche bibliques) et le Service catholique Évangile et Vie ont organisé les 17-18 avril 1999 un Congrès commun sur le thème "Violence et Parole de Dieu". Un titre accrocheur qui, comme tel, disait en un raccourci la difficulté que tous les lecteurs de la Bible rencontrent un jour ou l'autre pour peu qu'ils aient accès à toute la Bible et pas à une Bible censurée de textes trop dérangeants : que faire des textes qui racontent, voire chantent, Dieu dans sa violence ? Comment comprendre ces récits qui donnent une image de Dieu violent ?

Sans prétendre rapporter ici l'ensemble des interventions et réflexions, voici quelques échos. André Wénin, bibliste catholique à Louvain, a ouvert le Congrès en partant non pas des textes mêmes mais du lecteur : pourquoi nous posons-nous la question de la violence de Dieu ? Pourquoi Dieu devrait-il être non-violent ? Autrement dit . quelles sont nos images de Dieu ? Au cours d'une traversée d'un certain nombre de textes, l'intervenant développa une idée-force : lorsque Dieu est violent, sa violence porte un projet, elle est au service de la vie, de la libération des humains, et au fil de la Bible apparaît un Dieu qui cherche à maîtriser la violence pour qu'elle n'ait plus cours, pour que son projet de paix et de douceur pour les humains se concrétise enfin (Ap. 21 et 22).

Après cette entrée en matière qui aurait pu à elle seule nourrir les deux journées de rencontre tant elle était riche, les participants ont été conviés à une étude biblique, en petits groupes, sur des textes variés mais tous faits de violence. Faites l'expérience de (re)lire ces textes à votre tour : Gn 34 ; Jg 11 ; 29-4O ; Jg 19 ; 2 S 13 ; 1 R 2 ; Am 1-2 ; Jb 1-2 ; Ps 58 ; Ps 94 ; Mt 2, 13-18 ; Mt 18, 23-35 ; 1 Co 5 ; Ac 5, 1 - 1 1 ; Ap 19, 11-2O,15.

Affronter ces textes, les analyser et essayer de les comprendre en groupes a été un temps fort de ce Congrès puisque nombre de participants ont trouvé là le courage et le désir de les faire lire à d'autres dans les groupes qu'ils animent eux-mêmes. Deux formateurs du CPCV (Organisme de formation protestant) ont encouragé cette démarche en donnant quelques conseils pour animer un groupe.

Albert de Pury, professeur d'Ancien Testament à Genève, prit le relais ; dans un exposé qui a bien complété celui d'André Wénin puisqu'il s'est situé, lui, dans une perspective historique, a reconstitué le milieu de production des textes dans lesquels Dieu est violent. Cette plongée dans l'histoire et la littérature antiques autour du VIIIe siècle avant Jésus-Christ permet de comprendre ce Dieu violent comme une réplique, formée par des théologiens, à la violence du roi et du dieu assyriens, une réplique a concevoir comme un essai pour résister à l'idéologie et à l'impérialisme assyriens. Les textes portent donc les traces de combats que mena Israël pour sa survie, le respect de son identité politique et religieuse. Et pour Israël, Dieu n'était pas absent de ces combats !

L'articulation foi et vie fut aussi au coeur de l'intervention de Thomas Osborne, bibliste à Luxembourg. En prenant appui sur des textes des livres de l'Exode, du Lévitique et du Deutéronome, il souligna combien les auteurs de ces textes avaient le souci de limiter l'exploitation des "petits", en instaurant des mesures sociales et écologiques, rejoignant ainsi les préoccupations actuelles de toutes celles et tous ceux qui militent pour la campagne internationale en faveur de l'annulation de la dette des pays pauvres les plus endettés ; une action qui entend limiter la violence imposée aux "petits" d'aujourd'hui.

Au terme de ce Congrès, l'auteur de ces lignes reste avec une question et vous la soumet . lorsque nous lisons les textes bibliques, et tout spécialement des textes qui mettent en récit Dieu violent, cherchons-nous à justifier, à défendre (à excuser ?) Dieu ou sommes-nous prêts à accepter qu'il nous échappe et nous reste incompréhensible ?
(S. S)

Justice et Aumônerie des prisons


.IPCA

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La rencontre internationale des Aumôniers de Prison (IPCA -International Prison Chaplains Association) a eu lieu à Sienne en Italie avec des intervenants de grande qualité : Doctoresse Culla, psychologue et responsable de la formation du personnel pénitentiaire en Italie, Monsieur Ivan Zakine, président du comité européen pour la Prévention de la Torture, les théologiens de la Faculté vaudoise de Rome, Ermanno Genre et Paolo Ricca et le philosophe Philippe Gaudin.

Le thème -Vaincre la violence et l'isolement : la religion dans le monde carcéral- Quelles peurs ? Quelles certitudes ? est de première actualité à l'heure où se construit l'Europe et où il apparaît urgent de développer solidarité et pluralisme. Les confessions minoritaires dans certains pays ont beaucoup de difficulté à exercer un véritable ministère d'aumônerie. L'accueillante Italie réserve le titre d'aumônier aux seuls catholiques, les protestants n'étant autorisés à intervenir que sur appel de coreligionnaires éventuels à titre de visiteur. Une forte participation de protestants d'origine ecclésiale très diverse ont pu dialoguer avec différents responsables et visiter la prison de San Gemignano.
L'Association développe, avec modestie, des contacts, des jumelages, des projets, des informations. La solidarité est vivante et veut agir contre l'oubli facile de ceux que l'amitié de l'Évangile invite à se remettre debout et libéré, dans l'assemblée des fidèles et dans la société.
(WB)

. Les visiteurs de Prison

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à côté des Aumôniers, des partenaires indispensables et parfaitement autonomes.
Lors de l'Assemblée Générale et à l'issue d'un colloque honoré de la présence du Garde des Sceaux, Madame Elizabeth Guigou, il a été décidé d'appeler notre collaboratrice à la Fédération protestante de France (responsable du BIP), Mme Chantal Cretaz, à la fonction de présidente de l'Association nationale des Visiteurs de Prisons (ANVP), succédant à M. Jean de Cassagnac, le 15 mai 1999 à Paris au Palais des Congrès.
Chantal Cretaz enseigne par ailleurs le Commerce antique à l'École des Hautes Études Commerciales de Lille (EDHE). Elle est visiteuse à la Maison d'Arrêt de Fresnes.
Au cours du colloque introduisant le thème La Prison 3ème millénaire -Avenir et sens de la peine de privation de liberté ,la Ministre de la Justice a communiqué sa vision de l'exécution des peines et des conditions de détention. C'est elle-même qui a remis les insignes de la Légion d'Honneur au nom de l'ANVP à Chantal Cretaz, à laquelle nous disons notre amitié et nos félicitations.

. Le Président de la Commission justice

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Notre nouveau Président de la Commission Justice et Aumônerie des Prisons a été tout récemment nommé Préfet. Nous disons à Philippe Faure nos félicitations et notre joie de travailler avec lui.
(WB)

. Un livre témoignage

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Fabien Mayol, accompagné par Claudie Guimet -aumônier protestant de prison en Savoie-, témoigne de son séjour de 19 mois en prison à 20 ans, au bout duquel le procès a manifesté son innocence.

Mais demeure l'effet de cette arrestation dans la rumeur : "il n'y a pas de fumée sans feu", "Le deuxième jury", titre de ce livre -
Éditions du chemin, BP 10, 731 1 0 La Rochette -
80F jusqu'à parution en juin 100F à parution.

Le Département Jeunesse

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Le Département Jeunesse de la Fédération Protestante de France réunit des institutions, des oeuvres et des mouvements protestants dont l'action prioritaire concerne un public de jeunes (enfants, adolescents et jeunes adultes). Les Églises protestantes y sont aussi représentées par des délégués. Quatre ou cinq fois par an, I'ensemble des membres du département ( 15 à 20 p. environ) se retrouvent au cours d'une journée de travail pour :

- partager leurs expériences d'animation au sein des groupes de jeunes dont ils ont la charge,

- réfléchir et débattre autour de sujets liés à l'environnement des jeunes: drogue, violence, projets internationaux, art et musique....

- bâtir des projets qui permettent à des groupes de jeunes issus d'églises ou mouvements différents de se rencontrer ; ces projets doivent permettre aux jeunes protestants de vivre la réalité de la Fédération Protestante de France.

Le Département Jeunesse de la Fédération Protestante de France ne dispose que de très faibles moyens et n'a pas de permanent salarié.
Parmi les principaux mouvements qui y sont actifs, citons les Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France (EEUdF), la Fédération Française des Associations Chrétiennes d'Étudiants (FFACE), l'Alliance des Équipes Unionistes, Les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens (UCJG), Jeunesse en Mission, Jeunesse pour Christ, la Ligue pour la lecture de la Bible (LLB), Agapè, Jeunes équipes d'éducation populaires...
DJ. FPF . 47 rue de Clichy,
7531 l Paris Cedex 09, tel. 01 4453 47 00.

CEEEFE

Création d'une paroisse francophone à Berlin

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Le dimanche 9 mai 1999 était un jour de fête dans la Huguenottenkirche du Französicher Dom de Berlin. En effet, au cours du culte bilingue célébré ce dimanche, la paroisse protestante francophone était liturgiquement reconnue comme une des composantes de la Huguenottenkirche.

Le pasteur réformé allemand de la paroisse huguenote et le pasteur Yves Gounelle, Président de la Commission des Églises évangéliques d'Expression française à l'Extérieur (CEEEFE0 ont co-présidé l'installation des deux pasteurs bénévoles (Jean-Pierre Feuillie et Otto Schaeffer-Guignier) et du Conseil presbytéral. Au cours de ce culte, le pasteur Leila Hamrat, de Londres, a apporté la prédication, sur le souvenir et la transmission.
L'Ambassadeur de France assistait à cette cérémonie et, au cours de la réception qui suivit au sous-sol de l'église, il prononça quelques mots, en allemand et en français, où il exprima sa joie d'être présent et son désir, dans le respect de la laïcité française, d'aider cette petite communauté naissante.

La CEEEFE était représentée non seulement par son Président, mais aussi par tous les pasteurs et un certain nombre de délégués des paroisses CEEEFE d'Europe.
(YG)

Réunion des paroisses CEEEFE d'Europe

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Pour la quatrième année consécutive, les paroisses membres de la Commission des Églises évangéliques d'Expression française à l'Extérieur (CEEEFE) en Europe se sont retrouvées pour un week-end de travail.

C'est Berlin qui recevait cette année les quelques 30 délégués du 6 au 9 mai 1999. Madame Christiane Dieterlé, Présidente du Service biblique - EARB de la Fédération Protestante de France, nous a menés dans une réflexion sur l'exil, et sur ce qui est essentiel et ce qui est second pour note foi.

Nous avons pu, en plus des plages de travail en groupes ou en plénière, visiter le centre de Berlin et aussi le château Sans Souci et la paroisse huguenote (germanophone) de Postadam.

Enfin, nous nous sommes tous retrouvés le Dimanche pour le culte d'installation des deux pasteurs et du Conseil presbytéral (voir l'article sur la Création de la paroisse francophone de Berlin).

Nous nous sommes quittés en prévoyant une prochaine rencontre en Mai 2000 au Grand Duché du Luxembourg.
(YG)

A.G. de Présence protestante française au Liban (PPFL)

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L'A.G. de Présence Protestante Française au Liban (PPFL) s'est tenue le Mercredi 5 Mai dans le Grand salon de la Maison du Protestantisme.

Outre les éléments habituels d'une A.G. (rapport moral, rapports financiers... ), cette A.G. a aussi fait le point sur les projets d'extension et d'avenir de notre outil d'enseignement à Beyrouth : agrandissement du Collège actuel de 1.5OO à 2.00O élèves, création éventuelle de classes après le baccalauréat, pour permettre une filière en français avant l'institut aux Affaires qui a été créé par l'Ambassade il y a quelques années.
(YG)

 


VIE DES EGLISES

Débat 2000 - 2000 débats : partager avec le plus grand nombre la nouveauté de l'Évangile

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Prendre l'événement An 2000 comme moyen de dynamiser l'Église, sans tomber dans le fétichisme millénariste, c'est ce qu'a décidé l'ERF. Son projet "Débat 2000-2000 Débats", sera lancé lors de son Synode national qui se tiendra à Lyon du 1er au 4 juin 2000.

C'est à ce grand rassemblement que l'Église se prépare, en revisitant ce qui est au coeur de sa façon de vivre en Église et dans la société . le débat. Ce n'est donc pas une nouveauté : "Il s'agira moins d'ajouter encore quelque chose à ce qui nous faisons déjà que de le soutenir, l'amplifier, mieux de faire connaître ce qui nous vivons déjà" dit M. Bertrand, président du Conseil national.

Trois objectifs sous-tendent cette démarche : "Témoigner de Jésus-Christ au coeur des problèmes et projets de notre société ; approfondir nos convictions et en redire la pertinence pour aujourd'hui ; risquer de nouveaux langages, de nouvelles formulations et définir des priorités de travail pour la vie et la mission de notre Église".

Le journal "Les nouvelles des 2000 débats" rythme le chemin par ses parutions. Deux numéros sont parus. Ils sont disponibles à :
ERF, 47, rue de Clichy - 7531 1 Paris cedex 09 -
tél. 01 48749092 - fax : 01 4281 5240
E-mail : 2000debats@eglise-reformee.fr.org
debat2000@eglise-reformee.fr.org

ERF : Synode national à Fréjus - st Raphaël

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L'Église réformée de France a tenu son 92e synode national du 13 au 16 mai 1999, à Fréjus et St Raphaël.
Le thème majeur était "Baptême, Cène, signes", une réflexion sur le sacrement.
Deux cents personnes ont participé à ce débat.

Le Synode national est composé des délégués des 8 synodes régionaux de l'ERF et de l'ERAL, 92 personnes à voix délibératives, de représentants des oeuvres et mouvements, de l'Institut protestant de théologie (IPT) et de diverses commissions et organismes lies à l'ERF, qui disposent de voix consultative.

Le Président Michel Bertrand a livré un message sur l'incarnation. Le texte soumis au travail du synode "Des gestes qui parlent : Baptême, Cène, signes" a été assujetti de 5 recommandations et porté au vote : ainsi que huit voeux et une décision touchant au dialogue entre l'Église anglicane d'Irlande et de Grande-Bretagne et les Églises luthériennes et réformées de France, à propos de "L'Affirmation commune de Reuilly". (cf doc page 10)

 


VIE DES REGIONS

ERF : Conseil régional Nord/Normandie

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Pour sa rencontre du 7 mai 1999, le Conseil régional a été accueilli par la paroisse de Rouen. Au cours d'un temps méditatif, le pasteur F. Clavairoly a commenté le texte de Mat 7/21 -27. Le débat de cet été nous montre que le chrétien est à la fois celui qui doit discerner la parole et l'acte. C'est celui qui s'engage par une parole et par un acte. Dans cet équilibre une église qui résiste aux vents, aux orages... se fait jour, vit et avance sur le chemin de la foi.

Après un temps consacré au personalia et à la conjoncture, le Conseil a fait un tour d'horizon des situations locales de la région. Il s'est réjoui de l'arrivée prochaine d'un proposant à Elbeuf, M. Bulangalire, et s'est arrêté sur quelques actualités plus précises.

Le pasteur O. Filhol a présenté l'état d'avancement du dossier sur la plaquette "Au Conseil presbytéral... Prier!" confectionnée par la coordination régionale lire la Bible et Prier Ce travail a retenu l'attention de la coordination nationale Edifier-Former. Un échange de courrier avec Martine Millet a eu lieu et se poursuit. Le Conseil rappelle aux Conseils presbytéraux que le tract est à leur disposition, les réactions des uns et des autres permettront d'améliorer les textes en vue d'une prochaine édition faite par la coordination nationale. O. Filhol a donné une information sur la prochaine parution d'un ouvrage à destination des conseillers presbytéraux de l'ERF, ouvrage collectif sous la responsabilité d'Edifier-Former national.
Le Conseil a passé un long moment sur le dossier financier de la région. Le trésorier, M. D. Richard, a informé jusqu'au 30 avril seulement 54% de la cible appelée à cette date sont rentrés ce qui fait enregistrer un gros retard. Comment dire la nécessaire régularité des versements ? Tout retard dans les versements des paroisses entraîne pour la région et donc pour l'union nationale. Ce point sera abordé avec les trésoriers locaux lors des prochaines rencontres prévues avant le Synode de novembre. Le Conseil a commencé à étudier une proposition de budget pour 2000 en prenant le temps de relire et d'analyser les situations locales et consistoriales, leur évolution au cours des dernières années et leur potentiel.
Quelques informations sur des projets immobiliers au sein de la région, ont été échangées. Afin de faciliter le travail de la commission régionale immobilière et de consolider ses liens avec les consistoires, le Conseil invite Ms. J.-E. Regniez et C. Reslinger à s'associer aux travaux de l'équipe existante.
A propos du journal régional, le pasteur P. Grossein s'est fait écho d'attentes du pasteur J. Geiser, rédacteur en chef J. Geiser avance sur ce dossier mais est confronté à plusieurs interrogations, sur les dates de parution, sur des questions juridiques, ... Il demande la création d'un conseil d'administration afin de ne pas travailler en solitaire, et la rédaction d'une charte éditoriale afin de garantir les équilibres financier et du sommaire. Le pasteur F. Clavairoly organisera une rencontre avec les intéressés afin de débattre sur tous ces points avant le Conseil régional de juin qui devra prendre des décisions sur ces projets.
Une information sur l'AG de la FPF a été partagée au cours de cette session de travail reçue à Rouen, un grand merci pour l'accueil réservé.
(O. F)

ERF : Conseil régional Provence-Côte d'Azur-Corse

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Le Conseil régional a été reçu par les communautés d'Antibes et Vence, représentées par les deux Conseils presbytéraux et leur pasteur Isabelle Parlier, au foyer de Vence. Il s'agit d'une maison en centre ville aménagée par le diaconat local pour recevoir des familles en hébergement d'urgence.
Le Conseil régional l'a visité avec intérêt et s'est réjoui d'apprendre que son fonctionnement était bénéficiaire à de nombreux points de vue, même financier. Le Conseil régional a dû beaucoup voter pendant sa session :

. A propos du service régional des véhicules, dont P. Blondel a rappelé la réglementation, pour porter la durée de vue légale des véhicules à 6 ans. La décision de faire prendre en charge les franchises en cas d'accident par les paroisses et non par le service régional des véhicules a été reportée à la responsabilité du Synode.
. A propos des finances, pour approuver la proposition du trésorier régional, F. Coullaut de ne pas faire appel aux contributions exceptionnelles demandées aux paroisses pour le budget 99. Grâce à une saine gestion, mais aussi, il faut le dire, au non pourvoi de deux postes, le déficit révisionnel pourra en effet être ramené à moins de 0,5% du budget.
Le Conseil a de plus entendu avec satisfaction le trésorier se féliciter du fait que les contributions des paroisses étaient très légèrement supérieures à celles de l'année dernière à la même date.
. A propos des finances encore pour répartir l'affectation du déficit 1998 (48 196F) entre les diverses composantes du budget global.
. A propos du budget demandé par l'équipe régionale " formation " pour soutenir par une subvention son projet 99, présenté par 1sabelle Parlier. Il s'agit d'un cycle de 5 sessions intitulé " La vie à sens et à contresens : qu'est-ce qui me fait courir ? " avec l'intervention de plusieurs interventions de spécialistes dans diverses disciplines.. A propos du rassemblement régional qui pour fêter le vrai commencement du siècle aura lieu le 25 juin 2001 pour désigner les premiers responsables du choix du thème et du lieu.
. Enfin à propos du prochain Synode régional pour approuver l'emploi du temps qui lui était proposé.
. Le traditionnel tour d'horizon des "postes et communautés" après un tel labeur mené à bonne fin, s'est déroulé dans une sérénité particulière.
(T A)

 


OEUVRES ET MOUVEMENTS

CEVAA

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Le comité exécutif de la Communauté Evangélique d'Action Apostolique (CEVAA) s'est réuni à Torre-Pellice en Italie du 10 au 16 avril 1999, à la Foresteria Valdese. Lors de cette rencontre, les points suivants ont été abordés :
- Les conséquences des essais nucléaires dans le Pacifique.
- Le programme d'animation théologique pour les Eglises d'Afrique Centrale et Occidentale.
- La remise de la dette
- La consultation des Eglises membres de la CEVAA sur les modifications structurelles et statutaires.
- La vie des Eglises du Bénin, du Gabon, du Sénégal et de la Zambie.
Le communiqué paru à l'issue des travaux est disponible à la CEVAA, 12 rue de Miromesnil, 75008 Paris-France
tél, 33-(0)1 42652458 - fax 33-(0)1 40 070991
e-mail : cevaa@club-internet.fr

 


EUROPE

La CEPPLE s'est réunie les 9 et 10 avril à Paris

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L'Equipe de continuation de la Conférence des Eglises Protestantes des Pays Latins d'Europe s'est réunie ces0get 10 avril à Paris. Cette équipe est chargée d'assurer, entre les assemblées générales qui se tiennent tous les quatre ans, le suivi des activités organisées, suscitées ou parrainées par la CEPPLE. Elle se compose d'un représentant par pays ; ceux-ci ont eu l'occasion de s'informer au sujet de la vie des différentes Eglises membres et de s'entretenir des projets en cours. Citons par exemple : le prochain colloque de Sète sur la place des Eglises minoritaires dans la .société, les rencontres des aumôniers de prison, celles des femmes, des responsables radio, de la formation des pasteurs ... La CEPPLE tente de susciter sur différents terrains, des formes de collaborations et d'échanges qui s'avèrent précieuses entre de petites Eglises souvent largement minoritaires.
La journée du 10avril était en outre consacrée à une rencontre avec les présidents des Eglises membres qui ont tout d'abord entendu une communication de M. Jacques Delors au sujet "du rôle des Eglises dans la construction européenne". La seconde partie de la journée à été consacrée à un entretien au sujet des réalisations et des projets de la CEPPLE. Rappelons que celle-ci est présidée par le pasteur Italien Salvatore Ricciardi et qu'elle fonctionne à l'aide d'une organisation ultra légère dont le Secrétaire Général est Bernard Anterion.
(B. A)

Colloque des Musées protestants

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Le XVIème Colloque des Musées protestants -9ème Rencontre européenne s'est réuni à Debrecen (Hongrie) du 28 avril au 2 mai 99 à l'invitation du musée du Collège réformé de cette ville et des centres d'archives protestantes de Budapest plus de cent personnes venues de dix pays d'Europe occidentale et centrale ont découvert une réalité méconnue, le protestantisme hongrois qui rassemble, toutes dénominations confondues, près du quart de la population.

Debrecen est la Genève hongroise et son plan s'organise autour du grand temple et du Collège réformé . la situation géographique de la ville l'a préserva de la contre-réforme habsbourgeoise et le calvinisme se confondit souvent avec l'identité nationale hongroise : savons-nous que les deux héros du "printemps des peuples" hongrois de 1848-49 -Kossuth et le poète Petöfi- étaient protestants et qu'à deux reprises, l'indépendance du pays a été proclamée dans l'oratoire du Collège réformé ?

Il s'ensuit un héritage historique unique dans le protestantisme hongrois, que le cours des événements ultérieurs s'est chargé de compliquer : la Hongrie a perdu la moitié de sa superficie en 1920 et les communautés protestantes magyares de Slovaquie, de Transylvanie ou de Voïvodine ont été séparées de la " mère-patrie ". Sans oublier la " parenthèse communiste " peut-être pas tout à fait refermée dans les esprits... La communauté d'histoire est-elle un facteur de division ou de rapprochement entre les Etats et les peuples ?

Le Colloque des musées protestants ne pouvait ignorer la tragédie limitrophe de la guerre en Yougoslavie, conflit qui voit l'histoire asservie à des fins nationalistes meurtrières. Et parce-que le Colloque était aussi une rencontre européenne, il apportait à sa façon un .signe d'espoir partagé dans la paix à construire et l'histoire réconciliée.
(JL)

Tour d'Europe oecuménique de Jeunes Européens

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D'octobre 1999àjuil1et2000, 16jeunes européens de 8pays vont apprendre à se découvrir, eux et leur pays. Ils vont passer un mois dans chacun de ces 8 pays : Allemagne, Tchéquie, Angleterre, Italie, France, Grèce, Roumanie et Finlande. Ils seront reçus par les différentes Eglises locales. Pour la France, le groupe sera accueilli du 4 mars au 3 avril 2000.

Ce projet concerne 2 jeunes ( 1 homme et 1 femme) ayant entre 18 et 25 ans, engagés dans la vie de leur Eglise ou d'un IOM (membre de la FPF). Ils doivent parler une langue européenne en plus de leur langue maternelle. Le financement ne doit pas être un obstacle à la participation, des aides sont prévues.
La candidature d'un jeune membre de l'Eglise réformée de France a déjà été retenue, le Département Jeunesse de la FPF recherche donc une femme, membre d'une Eglise ou d'un IOM de la tendance évangélique pour participer à ce projet.
(O R-D).

Contact pour le DJ FPF .
Olivier Raoul-Duval, l33 rue Ste Geneviève,
34080 Montpellier
tél. : 046677 3095 ; fax : 0467 5243 24
E-mail : olivierrd@aol.com

 


DOCUMENT

Communiqué de presse du 12 mai 1999

APPEL A LA PAIX ET A LA JUSTICE

Guerre des Balkans :

appel des responsables des grandes religions en France

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Les drames qui, depuis des années, .secouent les Balkans, connaissent, avec la guerre qui se déroule et le déplacement des populations du Kosovo, une aggravation qui interpelle la conscience de tout homme.

Responsables des grandes religions existant en France, nous avons tenu à nous retrouver, dans un esprit de paix, pour échanger sur ces événements. Nous voulons faire connaître à tous l'essentiel de notre position commune.

Quelles que soient les racines des idéologies nationalistes dont la purification ethnique est issue, celle-ci constitue un crime. Des hommes, des femmes, des enfants sans défense sont livrés à toutes les formes d'une violence aveugle et arrachés à leur terre.

Contre cette barbarie, les personnes déplacées et déportées ont droit au respect et à la protection de la Communauté internationale.

La Guerre à elle seule n'engendre pas la paix. En appelant à la reprise du dialogue pour que les armes se taisent, nous sommes conscients de tout ce que suppose et supposera la construction de la paix.

On ne saurait confondre des dirigeants qui ne reculent devant rien pour qu'aboutissent leurs objectifs et l'ensemble d'un peuple - le peuple serbe - que nous savons capable de regarder vers un avenir nouveau.

Il n'est pas de paix sans justice. Il n'est pas de justice sans que l'on entende le cri de ceux qui ne peuvent plus crier, parce-que leurs oppresseurs les ont réduits au silence.

L'histoire n'engendre pas de fatalité. 11 est possible de changer ce que l'on croit être le cours normal des choses. Il est possible que des peuples qui se .sont combattus décident de s'entendre et même de s'aimer.

Nous savons que des hommes de foi, mais de religions différentes, veulent se respecter et s'entraider. Nous disons à tous les responsables religieux de cette région notre confiance en leurs volonté de contribuer à la construction d'une paix durable dans des pays réconciliés, si dur que soit le chemin.

La grandeur d'une civilisation, c'est sa capacité à entendre ceux qui n'ont pas la force de crier. Que notre cri déchire les silences. Qu'il ouvre des espaces de dialogue. Qu'en dehors des stratégies et des pouvoirs, il appelle à la responsabilité des peuples et des individus.

Chacun à notre manière. nous prions Dieu pour qu'il fasse entendre à tous les responsables son appel au respect de tOut homme et de tous les hommes.

Mgr JEREMIE
Métropolite de France, Président de l'Assemblée des Evêques orthodoxes de France
M. MEKACHERA HAMLAOUI,
Président du Conseil Représentatif des Musulmans de France
Mgr Iouis-Marie BILLE,
Archevêque de Lyon. Président de la Conférence des Evêques de France
M. le Pasteur Jean TARTIER,
Président de la Fédération protestante de France
M. Joseph SITRUK,
Grand Rabbin de France (Union des Communautés Juives de France)
M.Jean KAHN,
Président du Consistoire Central (Union des Communautés Juives de France)

Synode national de l'Eglise réformée de France

St Raphaël-Fréjus, 13-16 mai 1999

Message de Michel Bertrand président du Conseil national

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Monsieur le Modérateur,
Chères soeurs et chers frères,

Vous avez reçu en arrivant au synode un médaillon représentant le temple de Saint-Raphaël. Geste qui parle. Geste qui dit la joie et la chaleur de l'accueil. Geste qui fait signe au nom de la communauté qui nous reçoit. Geste aussi un brin provocateur puisqu'il porte au coeur de notre instance synodale la mémoire d'un différend qui, au début du siècle, opposa l'Eglise locale et l'Union nationale au sujet de la propriété de cet édifice. Je n'entre pas dans les détails de cette affaire mais, si j'en crois les archives qui m'ont été confiées, elle occupa longuement et péniblement les séances du conseil presbytéral et sans doute aussi celles de la commission exécutive. Fort heureusement, depuis, il y a eu la création des Acrimmo et, désormais, aucun problème immobilier ne devrait troubler les relations entre les Eglises locales et l'Union nationale! Ce médaillon en est le gage. Pourtant cette anecdote nous rappelle qu'il est des débats qui ne s'usent pas dans l'Eglise, des débats qui gardent la même actualité, la même vitalité et qui finalement ne s'épuisent jamais. Et si parfois certains nous étonnent, voire nous agacent, car nous préfèrerions nous consacrer à d'autres projets que nous croyons plus essentiels, ils ne devraient jamais nous décourager. Ils constituent même, au contraire, de précieux rappels de notre condition de chrétien. Ils sont les signes d'une foi et d'une Eglise incarnées dans l'histoire. Mais souvent j'ai le sentiment que si nous posons bien comme central le principe théologique de l'incarnation, nous n'en tirons pas toujours toutes les conséquences concrètes sur le plan de notre spiritualité, de notre expression cultuelle, de notre vie ecclésiale, de notre témoignage au coeur du monde. C'est pourquoi, encouragé aussi par l'introduction des rapporteurs sur " Baptême, Cène, Signes", j'ai choisi d'aborder à sa lumière quelques réalités de notre Eglise et notamment, chemin faisant, le projet " Débat 2OOO-2OOO débats", qui nous attend au tournant du millénaire.

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Et pour commencer je voudrais souligner que c'est justement dans l'incarnation que s'enracine la réalité du débat dans nos vies de croyant. En effet, c'est bien lorsque nos convictions de foi se heurtent aux dures contradictions de l'histoire, lorsqu'elles s'émoussent et parfois se brisent sous le poids du malheur que le débat surgit inévitablement. Envisagé dans cette perspective, ce n'est pas alors une démarche accessoire voire superflue, réservée à quelques intellectuels, mais c'est une dimension constitutive et existentielle de la foi ; une réalité intérieure et spirituelle que chaque chrétien porte en lui dès lors qu'il s'efforce de dire et de vivre ce qu'il croit dans son existence quotidienne.
Luther a exprimé cela avec force, en montrant que l'être humain est un être qui vit fondamentalement devant : devant Dieu, devant le monde, devant les autres, devant soi-même. Autant d'instances qui le revendiquent, le prennent à partie, qui entrent en conflit les unes avec les autres, car chacune d'elles veut être l'instance dernière. C'est ce conflit des instances qui fait de l'existence humaine une existence en débat, traversée de questions et de tensions 1 . C'est pourquoi, soulignera Luther, on ne peut parler de Dieu que si on parle à Dieu, c'est-à-dire si on engage le débat avec lui, en le prenant à partie et en étant pris à partie par Lui, dans la discussion et le questionnement confiants. Un débat qui est parfois un combat comme l'a rappelé notre Secrétaire général dès les premières lignes du rapport du conseil national, soulignant que notre foi et notre vie d'Eglise n'évitent pas cette empoignade.
Il ne s'agit pas ici de questions et de réflexions théoriques comme l'évoque trop souvent le mot débat, mais d'interrogations surgies du plus profond de l'existence quand elle se trouve affrontée aux préoccupations ultimes, à l'énigme du mal, au silence de Dieu, à la blessure et à la perte, à la maladie et à la mort. Saisis par ces questions nous ne pouvons ni les résoudre, ni nous en défaire. Le débat commence là, quand se croisent en nos coeurs la peine des hommes et l'espérance de Dieu. Et c'est bien ce que nous éprouvons au moment où nous voulons évoquer les noms de celles et ceux qui nous ont quittés au cours de cette année. Les ministres à la retraite René Fauvel, Paul Lacroix, Roger Chapal, Jean-Claude Ribagnac, Héliane Issler, René Müller, Edouard Charensol, Samuel Berthalon, Axel Lochen, Alfred Westphal, Franc de Robert, Paul Bechdolff, Marcel Pfender, Pierre Carenas, Georges Mabille, Wilfred Moscherosch, Jacques Mundler, Madeleine Taquet, Marie-Antoinette Bochet, Jacques Serr, Pierre Lévéjac, Julien Bonnaire, Robert Martin-Achard, Emile Nègre, Aimée Arnoux, René péclard, René Lespinasse. Et puis il y a quelques semaines, Aaron Tolen, figure éminente du mouvement oecuménique et qui fut l'un des présidents du C.O.E. de 1991 à 1998. Je veux ajouter encore les noms de trois laïcs : Colette Preiss. bibliothécaire pendant de nombreuses années à la Faculté de théologie de Montpellier, Yves Dentan, président du journal Réforme, René Bosc qui fut président de l'Entraide protestante Fédération nationale et vice-président du conseil régional de Cévennes-Languedoc-Roussillon. Notre chagrin d'avoir perdu ces frères et ces soeurs se mêle et se mesure à la reconnaissance pour ce qu'ils nous ont apporté. Nous pensons au courage que Dieu donne à leurs proches et à beaucoup d'autres dans nos communautés qui ont été durement éprouvés au cours de ces derniers mois.
Mais les questions douloureuses ne se posent pas seulement à l'échelle de nos vies individuelles, elles portent aussi les noms de nos idoles et de nos folies, les noms des violences, des massacres et des guerres qui ont déchiré ce siècle finissant. Au cours de l'année écoulée l'Irlande, l'Algérie, le Soudan, le Zaïre , le Congo et combien d'autres lieux oubliés ou méconnus. En ce moment même la tragédie du Kosovo et la guerre dans laquelle notre pays est engagé. Nous ne pouvons en synode oublier tout cela, le passer sous silence. Notre voix ne sera jamais assez forte pour dénoncer le mal et notre action ne sera jamais assez grande pour le faire reculer. C'est dans cette perspective que le conseil national a demandé qu'une initiative soit prise par les Eglises et, si possible, par toutes les religions afin que leurs communautés locales s'engagent à prendre en charge l'accueil d'une famille, ou plus, venant du Kosovo. Cet engagement, même modeste, serait un signe d'encouragement à notre gouvernement pour une politique toujours plus généreuse d'accueil des réfugiés de ce pays. Et au moment où les religions interviennent. hélas trop souvent, dans les conflits comme de puissants ressorts passionnels, ce pourrait être un "geste qui parle" et qui dise notamment leur volonté commune de construire durablement la paix dans cette région. C'est cela une foi incarnée, agissante, inséparable de la prière qui la porte.
Mais l'incarnation c'est aussi le courage d'assumer nos limites, nos incapacités. nos insuffisances, c'est consentir à la complexité d'un réel qui nous échappe, que nous ne maîtrisons pas. C'est parfois reconnaître devant Dieu et devant les hommes que nous ne comprenons pas, que nous ne savons pas ; au lieu de nous perdre dans des déclarations aussi généreuses que générales, parfois vaguement moralisatrices et qui ne sont encore que des manières de nous rassurer par un discours raisonnable, d'éviter le débat qui pourtant nous habite, devant l'indicible et l'impensable de la souffrance. Un discours souvent très en retrait de l'audace de la parole biblique, celle des Psaumes. de Jérémie, de Job. Parole qui interroge, qui objecte, qui proteste. La foi, dans la Bible, n'est pas une manière de colmater les failles, de refermer les questions, d'éteindre la plainte, de taire la révolte, mais de les porter devant Dieu, sans relâche, jusque dans son silence.
Et si nous considérons la vie concrète de notre Eglise, les interrogations ne manquent pas non plus. Elles s'enracinent dans les écarts douloureux que nous ressentons fréquemment entre notre message et la réalité de ce que nous sommes. Ecart entre ce qui se vit sur le plan local et dans nos instances synodales, écart entre nos déclarations d'intentions et la modestie des réalisations, écart entre la volonté d'ouverture affichée et les tentations du repli sur soi, écart entre ce que vivent les pasteurs dans leur travail biblique et théologique et le peu d'appétit des membres de l'Eglise pour ces activités pourtant fondamentales... pour ne reprendre que ce que j'entends le plus souvent. Ecart aussi, même si nous en parlons moins, entre la réalité de notre rencontre avec le Christ et sa traduction dans nos vies personnelles.
le crois qu'il nous faut faire grand cas de la souffrance engendrée par tous ces écarts. Nous devrons y être particulièrement attentifs à propos de " Débat 2000-2000 débats". où déjà certains sont en route, portés par une dynamique de témoignage et d'évangélisation, pendant que d'autres, tellement absorbés par les difficultés quotidiennes, se demandent encore quel fardeau supplémentaire va leur tomber du "national". Nous devons veiller à ne pas laisser se développer une .-Eglise à deux vitesses", avec d'un côté des communautés qui auraient toutes sortes de projets à proposer et de l'autre des communautés qui n'auraient que des souffrances à partager.

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Pourtant, si bon nombre de ces souffrances s'enracinent dans des situations effectivement difficiles, elles naissent aussi souvent de l'écart entre l'Eglise que nous rêvons et la réalité que nous vivons. Cette référence à un imaginaire ecclésial est une curieuse façon de comprendre la distinction entre Eglise visible et Eglise invisible et finalement une manière d'éviter l'incarnation ; avec pour résultat l'insatisfaction et le découragement qu'entraîne cette quête éperdue de correspondance à une image préétablie de l'Eglise 2

Une image qui se nourrit généralement d'une idéalisation, voire d'une romantisation du passé fonctionnant alors comme norme désespérante. "Autrefois il y avait des débats dans l'Eglise, autrefois il y avait de grandes interpellations, autrefois il y avait des système. Théologiques forts, autrefois il y avait de vrais pasteurs, autrefois il y avait du monde...". On donne aux laïcs et aux ministres des exemples auxquels ils ne ressemblent pas, qui n'ont pas forcément existé, mais qui les impressionnent et les culpabilisent. Comme si eux ne faisaient rien parce qu'ils ne font pas la même chose, alors même qu'ils sont confrontés quotidiennement à tant de drames. Cette constante mise en avant de vies modèles héritées du passé nous dispense d'inventer des modèles de vie nouveaux pour l'avenir de l'Eglise et ne fait qu'aggraver notre conscience malheureuse.
Vous connaissez les symptômes de cet imaginaire ecclésial. Les injonctions multiples formulées à l'aide des verbes "falloir" et "devoir". qui traduisent l'illusion de maîtriser le réel pour le conformer à une image idéale ; illusion elle-même liée au désir de toute puissance dont se nourrit l'imaginaire. L'expression d'alternatives tranchées, car l'imaginaire méconnaît la complexité du réel, il ne prend pas en compte les nuances de l'existence humaine, les tensions qui la traversent et parfois la déchirent, les contraintes contrastées de l'incarnation. Mais l'imaginaire est également à l’oeuvre dans la formulation de priorités tellement consensuelles qu'elles ne peuvent que rencontrer l'adhésion de tous. Des priorités parfois si nombreuses qu'elle nous font glisser vers une " ecclésiologie de l'intentionnalité " puisque la plupart d'entre elles, en effet, resteront lettre morte ; ce qui entame encore un peu plus notre crédibilité et notre confiance. Il y a enfin la méfiance à l'égard des institutions toujours trop lourdes et envahissantes, avec du coup la tentation de les contourner, de les doubler, dans une quête d'immédiateté de la relation ou d'illusoire transparence. au lieu de les habiter de manière constructive et critique.
Et ce dernier aspect nous montre à quel point cet imaginaire, qui peut faire des ravages dans l'Eglise, se nourrit de l'imaginaire social. Car dans la société aussi on constate qu'"il n'y a plus d'institutions mais des individus, plus de familles de pensée mais des réseaux. plus de décisions mais des intérêts, plus de convictions mais des émotions... Toutes les relations longues de la démocratie, du gouvernant. du juge .sont ramenées à des relations courtes. à un face-à-face" 3. Mais il est un autre mythe social dont nous mesurons l'influence, c'est le jeu de l'apparence et de la médiatisation. Il nous conduit parfois à modeler nos projets d'Eglise davantage sur les requêtes de la société, les prescriptions des sociologues ou les attentes des médias que sur nos principes théologiques spécifiques. Or l'Eglise n'a pas pour but de plaire à un lectorat, un électorat ou une opinion publique. Elle n'a donc pas à se complaire dans des effets d'image qui lui tiendraient lieu de message, ni à se laisser engluer dans de faux débats où s'alimente seulement, pour certains, le secret désir de se faire un nom. Enfin dernier exemple d'envahissement par l'imaginaire social, c'est le culte de la performance issu des logiques économiques et de la culture de l'entreprise. Même si l'Eglise ne doit pas échapper aux exigences d'une organisation fonctionnelle et rationnelle, il faut veiller à ce que la quête éperdue du succès ne I'entraîne à jouer la vérité contre l'efficacité. Les croyants alors n'osent plus risquer des expériences nouvelles par peur de l'échec ou d'un résultat imparfait. Ce qui peut entraîner la paralysie de toute action innovante et la perte du sens de la mission.

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La justification par la foi introduit ici une rupture. En nous permettant d'assumer devant Dieu nos contradictions et notre vulnérabilité, elle contribue à guérir cet imaginaire ecclésial qui nous conduit sans cesse à fuir hors du réel. Elle nous aide à accepter et assumer qu'il y aura toujours un écart, une insatisfaction entre notre vision de l'Eglise et l'institution visible. D'autant que la distinction, fondamentale pour la Réforme, entre le Christ et l'Eglise nous rappelle que l'Eglise ne vit que par rapport à Celui qui la fonde et par rapport à la mission qu'Il lui confie. Cela devrait nous aider à ne pas confondre l'urgent et le prioritaire et nous protéger du "perfectionnisme ecclésiologique" qui est "la tentation de voir la vraie Eglise réalisée dans une Eglise particulière jugée parfaite "4 .

D'autant que plus nous sommes fragilisés, plus cette tentation est grande de multiplier les projets, même s'ils sont au-dessus de nos forces, et d'en faire toujours plus pour être sûr d'en avoir fait assez. Sans parler de ce que l'on n'a pas pu faire et qui est de loin le plus épuisant. Nous risquons alors de prendre l'Eglise et le bon fonctionnement de ses institutions comme une fin en soi au lieu de les relativiser pour laisser toute sa place à l'événement de la Parole de Dieu qui est la rencontre avec le Christ.
Ce recentrage sur le Christ et sur la mission est alors particulièrement libérateur. Il peut nous aider à éviter les deux écueils qui toujours nous menacent, celui de croire que nous pouvons tout faire et celui de croire que nous ne pouvons rien faire. Cette décrispation lucide ne nous empêche pas de voir les "reliques d'imperfection", pour parler comme Calvin, qui traversent l'Eglise empirique, mais nous pouvons les reprendre avec plus de distance et donc plus de liberté et même, nous le disions l'an dernier, avec humour. Car "Dieu ne nous donne pas .son Eglise pour que nous mesurions continuellement sa température. Il nous la donne pour que nous l'en remerciions chaque joUr et c'est dans la mesure ml nous saurons le faire qu'elle deviendra de jour en jour plus forte et plus nombreuse selon le bon plaisir de Son Seigneur. La fraternité chrétienne n'est pas un idéal à réaliser nais une réalité créée par Dieu en Christ, à laquelle il nous est permis d'avoir part. C'est dans la mesure où nous apprendrons à reconnaître que Jésus-Christ est vraiment le fondement, le moteur et la promesse de notre communauté dans son ensemble, que nous pourrons apprendre à penser à elle, à prier et à espérer pour elle, avec sérénité" 5.

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Une telle Eglise incarnée qui veut rompre avec la dérive idéaliste et qui s'efforce de prendre au sérieux le réel, non pour le subir mais pour le transformer, nous pouvons la désigner, la comprendre et la vivre comme une Eglise d'occasion 6, dans les deux sens de ce mot.
"D'occasion" d'abord, parce qu'une Eglise historique comme la nôtre n'est pas toute neuve. Elle a un passé à assumer, fait d'accidents, de blessures, de manquements; et ce travail de mémoire, qui réclame du temps, ne saurait se réduire à des manifestations ou déclarations ponctuelles. En rendant visite récemment à l'Eglise évangélique des Frères Tchèques, je me disais que nous aurions beaucoup à apprendre de la démarche courageuse entreprise par cette Eglise pour relire son histoire. Une telle relecture, qui n'exclut pas la reconnaissance à cause de tout ce qui a été transmis, constitue une condition indispensable pour notre témoignage aujourd'hui, car nul ne peut s'ouvrir à l'autre sans enracinement.
Or j'ai parfois le sentiment, au contraire, d'un oubli ou d'une méconnaissance ou d'un effacement de notre tradition théologique dès lors que nous sommes confrontés à des défis nouveaux. Comme si nous n'étions pas précédés, comme si le fait de rouvrir un débat rendait caduques ou dépassées les convictions qui nous portent. Je l'ai ressenti assez fortement à travers certains échos perçus ou reçus du travail sur "Baptême, Cène, Si,gnes" au sein des Eglises locales et des synodes régionaux.
Incontestablement les débats sur ce thème ont été l'occasion de prendre en compte des évolutions et de dire tout haut des perplexités que l'on n'osait pas exprimer. Ils ont eu un effet libérateur par rapport à certaines questions, taboues dans notre protestantisme, touchant au symbolique, au rite, au signe. Mais je crois aussi que bon nombre d'interrogations ont d'abord été révélatrices d'une ignorance de nos convictions théologiques en la matière et d'une difficulté à les fonder bibliquement ou doctrinalement de manière argumentée. Nous avons ainsi pu vérifier qu'aujourd'hui, en effet, "l'expérience vécue a pris le pas sur les expériences transmises, condensées dans un savoir. Il est plus important d'expérimenter une vérité que de connaître un savoir doctrinal. L'expérience vécue devient normative et législatrice. La sincérité et la transparence sont devenues normes et critères de savoir. C'est juste, vrai et bien des lors que c'est sincère. authentique et émotionnellement fort. Et en plus il n'est pas besoin de compétences pour "être sincère " 7. Le débat devient du coup problématique car la sincérité se laisse difficilement interroger et discuter !
Je crois qu'un tel constat, révélateur d'une crise de la transmission, nous interroge de manière fondamentale. Il nous interroge d'abord comme laÏcs et ministres délégués au synode à qui il appartient, dans le cadre de notre ministère collégial, de rappeler sans cesse les convictions communes qui portent notre vie ecclésiale et la protègent de toutes les dérives subjectivistes. Ce constat interroge aussi notre catéchèse au sens large, dont nous disons depuis le synode national de Nantes ( l988) qu'elle "est un cheminement continu de toute la communauté -la catéchèse des enfants et des adolescents n'en constitue qu'une étape, rendue possible et efficace grâce à une réelle communication qu'elle aide à établir entre les générations" 8 Cela interroge plus largement le travail et la formation théologiques des membres de l'Eglise. D'autant, et il faut nous en réjouir, qu'arrivent de nouveaux venus qui ne sont pas issus du sérail historique réformé et qui réclament cette formation théologique de base. C'est dire à quel point nous avons besoin de théologiens et de pédagogues aptes à présenter de manière claire les recherches théologiques contemporaines et à rendre accessibles les résultats des sciences bibliques et historiques; notamment des ministres formés à faire vivre le débat au sein de l'Eglise en l'alimentant de leurs connaissances et de leurs compétences, capables d'aider à repérer et formuler les enjeux, les questions, les défis et de contribuer ainsi à la formation et à l'édification du plus grand nombre en vue du témoignage.
Ainsi, contrairement à une idée reçue, le débat n'est pas le flou, l'absence de réponses, l'incertitude des convictions et une Eglise en débats n'est pas une Eglise en perpétuel chantier. C'est une Eglise qui sans cesse redécouvre les richesses de sa propre tradition, qui les approfondit, les reformule pour nourrir son présent et son avenir. Car une tradition n'est vivante que si elle donne l'occasion d'innover, si elle constitue une ressource à réinterpréter.

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Une Eglise d'occasion c'est donc aussi, et nous touchons là l'autre versant du mot "occasion", une Eglise qui, loin de s'enfermer dans la nostalgie d'un passé qui n'en finit pas de passer, s'incarne dans le présent en s'efforçant de saisir toutes les occasions favorables qui lui sont offertes pour annoncer l'Evangile.
Et les différentes rencontres autour de l'Edit de Nantes ont bien manifesté notre capacité à saisir l'occasion exceptionnelle pour faire entendre notre message et dire sa pertinence au coeur des problèmes de ce temps. Mais si dans l'extraordinaire nous avons montré que cela pouvait "marcher", il nous appartient aussi d'inscrire et d'enraciner cette dimension missionnaire dans le quotidien de nos vies ecclésiales. Et notamment en sachant accueillir les attentes de celles et ceux qui choisissent, eux aussi, certaines occasions ou certains moments de leur vie pour écouter l'Evangile et vivre quelque chose dans la communauté ecclésiale.
Et c'est bien là que parfois les difficultés commencent et que nous avons besoin d'être encouragés les uns par les autres en prenant notre place dans une visée commune. Tel est le sens et l'ambition de "Débat 2000-2000 débats" lancé par le conseil national "à I'occasion" de l'an 2000. Il s'agira moins d'ajouter encore quelque chose à ce que nous faisons déjà que de le soutenir, l'amplifier, mieux le faire connaître et le placer délibérément dans une perspective de témoignage. Car je voudrais y insister, à travers ce processus c'est bien d'évangélisation qu'il s'agit. Il ne s'agit pas, comme je l'ai lu ici ou là, d'inviter simplement les autres à venir débattre avec nous et de n'offrir que des lieux de perplexité et des occasions de questionnement aussi futile qu'interminable dans un monde qui déjà n'en manque pas; mais bien d'aller vers les autres pour "témoigner de Jésus-Christ, approfondir nos convictions et en redire la pertinence pour aujourd'hui" 9.
Des convictions qui s'incarnent et donc qui s'exposent. C'est-à-dire qui se présentent, mais aussi qui se risquent dans la confrontation avec les convictions d'autrui et les dures réalités de l'histoire. Car de même que l'Evangile est lui-même rencontre, rencontre avec le Christ, nous ne pouvons en témoigner que dans la rencontre de l'autre. Et cette rencontre ne nous laisse jamais indemnes. Sauf à réduire l'Evangile à un corps de réponses toutes faites, intangibles, une Eglise en débats c'est une Eglise qui accepte par avance d'être interrogée et "décalée" par la parole des autres, constamment déplacée et renouvelée par la Parole de l'Autre. C'est ce qui fait du débat un temps de mise à l'épreuve de nos convictions, un temps d'interpellation, de remise en question, de conversion; un creuset où les convictions, loin de se dissoudre et de perdre leurs arêtes, s'affinent, s'avivent, se clarifient, se nuancent, se modifient parfois. Cette voie exigeante du débat, entre ouverture et enracinement, entre critique et conviction, n'est pas sans conséquence sur les différents dialogues dans lesquels nous sommes engagés. Et je pense notamment à l’oecuménisme. En ce domaine aussi il faut oser et accepter le débat, C'est-à-dire que chaque partenaire ne craigne pas d'exprimer ce qu'il croit et qu'il accepte aussi d'être interrogé et parfois transformé. C'est sans doute le grand acquis du mouvement oecuménique d'avoir découvert que notre compréhension et notre pratique de l'Evangile s'approfondissent, se renforcent et se rectifient par de constantes confrontations. Il nous faut donc travailler à un oecuménisme qui ne soit pas simple aspiration les uns par les autres mais compréhension et interpellation mutuelles. Car il n'est pas nécessaire de devenir identiques ou semblables pour pouvoir se respecter et cheminer ensemble. La communion, en effet, ne supprime pas les divergences, mais les prend en considération dans un débat vivant et fécond qui seul permet de construire des convictions communes.
Or cela est particulièrement difficile aujourd'hui où dire les choses clairement est souvent moins bien perçu que de rester dans un flou et une ambiguïté qui arrangent tout le monde. Le relativisme ambiant, volontiers consensuel, supporte mal la recherche de la vérité et l'expression de convictions consistantes. Et finalement, sous couvert de largeur d'esprit, s'installe une pseudo tolérance qui annule la possibilité même de débattre. On préfère alors juxtaposer les différences dans l'indifférence réciproque, plutôt que les vivre clairement en tension, dans une quête commune.

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Et ce déficit de conviction affecte également, de manière préoccupante, le débat dans la société. Car là aussi, le débat ne vit que s'il est alimenté et porté par des convictions fortes, par le courage d'affronter les désaccords, par la volonté de les laisser s'exprimer librement et publiquement dans le cadre d'un échange où chaque citoyen a la possibilité de prendre part. Cela implique de se donner le temps de clarifier les enjeux, d'entendre et d'échanger les arguments, de laisser se déployer les idées, les connaissances, les opinions, au-delà des seuls experts. Sinon e'est la porte ouverte à la démocratie d'opinion, c'est-à-dire à une gestion sans vision où l'on navigue à vue les yeux fixés sur les sondages et les mains liées par les lobbies ou les groupes de pression. Ce soi-disant réalisme responsable n'est parfois que l'autre nom du cynisme et pour les plus fragiles le visage du désespoir.
Il est donc urgent d'enrichir notre démocratie représentative de délégation par une démocratie de la délibération afin que notre société demeure une "société ouverte "10. Ouverte parce qu'elle n'a jamais la certitude de disposer du sens de l'histoire et donc de détenir les meilleures solutions. Ouverte parce qu'elle s'efforcera toujours de prendre en compte la diversité des opinions, des cultures, des options de vie, en offrant des lieux de débat public et d'intégration des différences en vue d'un aménagement le moins mauvais possible de la coexistence humaine. A cette "ouverture" de la société, les Eglises et les religions ont une contribution essentielle à apporter. Et c'est sans doute l'un des enjeux fondamentaux du dialogue inter religieux, qu'elles puissent l'assumer ensemble. Une contribution qui peut s'exprimer à travers différentes tâches. Tâche culturelle pour rendre à la société sa mémoire religieuse et notamment biblique, faute de quoi notre culture elle-même devient indéchiffrable. Tâche éthique pour construire avec d'autres les compromis qui permettront de vivre ensemble, en s'efforçant de rappeler toujours les questions des finalités et du sens. Tâche diaconale sur les lieux de blessure du tissu social pour restaurer les liens et faire reculer la violence, l'injustice et les peurs. Tâche politique afin d'accompagner de manière constructive les responsables de la cité en assumant envers eux l'exigence de " loyauté critique" rappelée par notre synode l'an dernier.
Mais en fait, toutes ces tâches ne prennent leur sens, que référées et ordonnées â une autre, centrale, qui est la tâche théologique et spirituelle. J'ai été très frappé par ce que nous a dit récemment Monsieur Jacques Delors lors d'une rencontre organisée par la conférence des Eglises protestantes des pays latins d'Europe. Il a exhorté les Eglises et les religions à jouer pleinement leur rôle dans la société, d'abord et avant tout en étant elles-mêmes. C'est-à-dire en rendant compte de ce qui leur est propre, ce que personne ne peut apporter à leur place: leur foi, leur spiritualité, leur rapport à une transcendance et à une révélation. C'est seulement ainsi qu'elles pourront, ensemble ou séparément, apporter une contribution spécifique au sein de la société. Non pour l'imposer mais pour la proposer. Comme l'écrit le rabbin Gilles Bernheim: "j'ai la conviction que la grandeur d'une religion réside dans sa capacité à donner à penser à ceux qui ne croient pas en elle" 11
Nous ne pouvons dans une telle perspective nous contenter d'instiller dans le débat public de vagues références aux valeurs humanistes, des discours moralisateurs, ou des succédanés de l'Evangile. Mais rompant avec les suivismes idéologiques et les conformismes à la mode, nous sommes provoqués, comme pour l'Eglise, à nous recentrer sur l'essentiel qui est notre rencontre avec le Christ et l'écoute de sa Parole. C'est d'abord ainsi que toutes nos autres tâches (culturelle, éthique, diaconale, politique) prendront leur sens et que nous pourrons "faire signe" à un monde en panne d'espérance, lui offrir une parole audible et crédible, une promesse qui ouvre un chemin et permette de vivre. C'est fondamentalement de cette manière que nous aiderons à "la prise au sérieux peur notre société sécularisée de I'importance d'une référence transcendante capable de remettre sans cesse en mouvement. vers plus de liberté et de solidarité, la machine sociale tentée constamment par la régression et I'immobilisme"12. Car c'est seulement, en effet, dans une société qui laisse ouverte une brèche pointant vers un au-delà du social, que le politique est empêché de se refermer sur lui-même.
Ainsi, c'est bien parce qu'il est citoyen du Royaume que le chrétien refusera toute absolutisation du politique et qu'il introduira toujours du "jeu dans le système afin de conjurer la tentation idolâtre. Et donc, sans tomber dans une critique systématique, les Eglises sont pleinement dans leur rôle lorsqu'elles rappellent aux politiques le "caractère non décidable de façon dogmatique ou scientifique du bien public" 13 et donc le caractère toujours imparfait, fragile, provisoire et révisable des solutions qu'ils proposent. Elles peuvent les aider ainsi à ne pas s'y enfermer de manière rigide et accepter que d'autres s'expriment. sans y voir aussitôt des positions extrémistes ou irresponsables, dès lors qu'elles sont différentes.

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C'est dire combien il importe que les religions et les Eglises expriment leur foi dans l'espace public. Car lorsque cette expression vient à s'effacer c'est toute la communauté humaine qui risque d'en pâtir. Nous sommes ici au coeur du thème des prochaines Assises de la Fédération protestante de France sur "Spiritualité et citoyenneté". une réflexion qui est d'autant plus nécessaire et salutaire, que le pacte laïque, auquel nous sommes attachés, me paraît souvent devenu, aujourd'hui dans la réalité, ""à géométrie variable".
Ainsi on perçoit souvent une grande attente des autorités politiques à l'égard des religions dès lors que des questions de société touchent au sens profond et à la dignité de l'existence humaine. Par exemple notre Eglise a été sollicitée, il y a quelque temps, et elle va l'être encore prochainement. sur des questions de bioéthique; et la commission "Couple, famille, société" a répondu récemment à plusieurs reprises à des sollicitations concernant la famille. Ce sont toujours des occasions intéressantes de rencontre et d'échange auxquelles il est important de contribuer par des propositions claires et constructives.
Mais en d'autres occasions, de manière étonnante, rien n'a été demandé aux Eglises et aux religions. Ce fut le cas avec le P A.C.S.. alors qu’il y avait pourtant matière à discuter sur des questions éthiques fondamentales et des enjeux symboliques importants pour la société. "On est en droit de regretter que les vrais débats n'aient pas vraiment été posés et que, dans la confusion des positions affichées. Ies enjeux réels du devenir de la société, ne soient pas vraiment honorés... Curieuse conception de la concertation et de la démocratie sur un problème qui, à nos yeux, requiert l'assentiment du plus grand nombre"14
Parfois le processus se diversifie. On interroge alors les uns et pas les autres C'est ce qui s'est passé notamment avec la nouvelle instruction fiscale La Conférence épiscopale a été consultée dans la phase de préparation du projet. Par contre les Eglises protestantes ne I'ont pas été alors qu'elles étaient tout autant et directement concernées Ainsi. nous l'avions déjà constaté à travers les éludes de notre Trésorier général sur " Un poids, plusieurs mesures", on arrive à ce paradoxe que les Eglises qui ont opté avec conviction pour la laïcité et la séparation des Eglises et de l'Etat. qui n'ont demandé aucun statut dérogatoire" en sont aujourd'hui parfois pénalisées Il faut veiller il ce que dans les raits. la laïcité n'en vienne à s'infléchir dans le sens d'un traitement préférentiel de la religion dominante.
Il arrive enfin que l'on demande simplement aux Eglises de se taire. C'est notamment le cas lorsqu'elles s'intéressent aux problèmes d'immigration. Il n'a jamais manqué de ministre de l'Intérieur pour rappeler en ce domaine aux Eglises de s'occuper plutôt des affaires du ciel et de laisser celles de la terre aux autorités responsables" Cela s'est encore vérifié l'an dernier après notre synode national au sujet de la situation des personnes sans-papiers et ce d'une manière qui n'a pas manqué d'inquiéter.
Comme nous inquiètent aussi un ensemble de faits qui, de manière certes non concertée, dessinent un climat préoccupant. Ainsi pour ne prendre qu'un exemple: que penser de la démarche d'une préfecture lorsqu'elle demande à une association cultuelle de notre Union de renoncer à son appellation de "cultuelle" au motif que "la Mission interministérielle de lutte contre les sectes a attiré ,son attention sur la qualification de cultuelle que certaines associations déclarent lors du dépôt de leurs .statuts et lui a rappelé le caractère abusif de cette appellation". Les croyants, les responsables d'Eglise, les citoyens que nous sommes aimeraient connaître la teneur de ce texte de directive envoyé dans les préfectures. Bien sûr, dans ce cas précis, les choses sont vite rentrées dans l'ordre, il s'agissait d'une erreur'. Mais le courrier rectificatif ne nous rassure pas davantage quand il précise que le ministère de l'Intérieur a indiqué que ces précisions ne s'appliquaient pas à notre association. Mais alors à qui s'appliquent-elles et sur quels critères'?
Certes il ne s'agit pas de devenir, parce que minoritaires, discrètement paranoïaques, ni de contester la nécessaire vigilance à l'e de tout ce qui peut porter atteinte à la liberté des personnes. Car il y a parfois, nous le savons, sous couvert de religieux, trop de malversations, de drames et de souffrances. Mais pour y porter remède les politiques ont en mains un arsenal législatif amplement suffisant, pour autant qu'ils ne soient pas les premiers à le transgresser. La menace que représenterait la remise en cause de règles élémentaires du droit, du droit des associations notamment, est tout aussi redoutable pour la liberté que ce que l'on voudrait ainsi combattre. Et sans doute sommes-nous appelés à être, du fait de notre histoire, plus que d'autres vigilants. Il ne faudrait pas que, devant les poussées médiatiques ou les pulsions émotives de l'opinion, et pour lutter contre des dérives certes inacceptables, s'installe un climat de soupçon à l'égard du religieux et du spirituel dans notre société. Ce serait une curieuse manière de se préparer à célébrer les anniversaires des lois de 190 l et 1905 et un étrange paradoxe de l'histoire au lendemain de la commémoration de l'Edit de Nantes par l'Etat lui-même!

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Comment mieux saisir, qu'à travers ces questionnements, ces craintes. ces difficultés, les marques de l'incarnation, aussi bien dans nos vies personnelles, qu'ecclésiales, sociales et politiques? Comment mieux rappeler ce que l'incarnation implique de renoncement à toute approche simpliste du réel à partir des idéaux de notre imaginaire ? Comment mieux comprendre que le coeur de l'incarnation c'est la croix, c'est-à-dire ce lieu de non pouvoir où se révèle un Dieu Tout-Autre, étranger aux logiques de ce monde? Comment mieux dire que nous-mêmes ne pouvons échapper il ces questions, ces tensions, ces débats, et que bien sûr nous n'en avons pas fini avec eux lorsqu'en synode nous avons discuté et voté ? Comment mieux percevoir que c'est même à travers ces hésitations, ces fragilités et ces finitudes de nos vies de témoins que s'effectue une transmission que nous ne maîtrisons jamais ?
Dans le Nouveau Testament, c'est le même mot "livré" qui désigne la passion de Jésus et la transmission de l'Evangile 15. Jésus livré, abandonné, rejeté, crucifié et par là même transmis. Ainsi l'Evangile nous est livré comme une Parole sans cesse trahie, menacée. contestée, une Parole transmise parce que définitivement compromise avec la condition humaine Une Parole qui ne cesse de se faire chair et donc inséparable des témoins qui, à travers leurs corps, leurs gestes, leurs voix, nous livrent l'Evangile et nous livrent à l'Evangile.
A nous de nous inscrire dans cette longue suite de fidélités et de prendre notre place sur cette route où le Christ nous précède et nous accompagne. Et d'abord au cours de ce synode, pour tenter de dire et vivre cette Parole risquée qu'on ne porle jamais sans dommage. Car nous ne saurions livrer le Fils aux autres sans être livrés à notre tour. sans être à notre tour exposés, écartelés et parfois déchirés par la mission qu'Il nous confie: annoncer clairement le Royaume qUi. vient et habiter pleinement les réalités de la terre.

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1- Gerhard EBELlNG, Luther. Introduction à une réflexion théologique. Labor et Fides, Genève. 1983. Notamment pp. 163- 1 75
2- Félix MOSER, L'Eglise et l'imaginaire. Cahiers de l'Institut Romand de Pastorale n° 23, 1995, p.3-27
3- Antoine GARAPON, Une société de victimes in Les révolutions invisibles. Calmann-Lévy, Paris, l998, p.91
4- Pierre BÜHLER, L'Eglise réformée: une Eglise sans mystère lrenikon, 1988/4. pp.502-503
5- Dietrich BONHOEFFER, De la vie communautaire. Delachaux et Niestlé" Neuchâtel-Paris, l955 pp. 26-27
6- J'emprunte cette image à Félix MOSER, op.cit. p.24
7- Félix MOSER, La formation dans une société en mutation in Actes du colloque de Palerme (25 2- I er 3 1998) organisé par I'E.K"I.R., la C.E.P.P.L.E. et l'E.R.F sur le thème "Formations et mutations de société" pp" 5-18
8- Actes du Synode National de Nantes ( 1988), Décision XX, pp.35-36
9- Les Nouvelles des 2000 débats. Février 1999, nol, p.2 10- Karl POPPER, La société ouverte et ses ennemis. En traduction française (non inté grale). Le Seuil. Paris, 1979
11- Gilles BERNHEIM, Un rabbin dans la cité. Calmann-Lévy, Paris. 1997, p.200
l2- Eric F'UCHS, Tout est donné, tout est à faire. Les paradoxes de l'éthique théologique. Labcor et Fides, Genève, 1999. p 94
13- Paul RICOEUR, Lectures l. Autour du politique. Le Seuil, Paris" 1991, pp. l66- 167
14- Déclaration du Bureau de la Fédération protestante de France il propos du P.A.C.S (5. I I. I 998 )
15- Michel BOUTTlER, Mois de passe. Le Cerf, Paris, 1993, pp.55-65

Synode national de l'Église réformée de France

St Raphaël-Fréjus, 13-16 mai 1999

DES GESTES QUI PARLENT

BAPTEME CENE SIGNES

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Le Synode national de l'Église Réformée de France, réuni à Fréjus du 13 au 16 mai 1999

se réjouit des débats attentifs et variés qui ont eu lieu dans les Églises locales, les Consistoires et les Synodes régionaux pour faire le point sur les pratiques et les interrogations concernant "Des gestes qui parlent, Baptême, Cène, Signes " . La réflexion a porté sur l'ensemble de notre vie cultuelle, mais, plus largement encore, sur la façon dont nos communautés témoignent de l’oeuvre de Dieu. Ces débats ont permis de réaffirmer notre attachement à la parole comme moyen d'expression et d'annonce privilégié de la Parole de Dieu, mais aussi de rappeler - ou de découvrir - que des gestes symboliques peuvent être à leur façon des vecteurs importants de notre foi, pour nous-mêmes comme auprès des hommes et des femmes plus éloignés de nos communautés que notre compréhension de l'Évangile pourrait intéresser. Parmi les "gestes qui parlent" le mieux, se trouvent ceux qui disent en actes l'amour libérateur de Dieu, et notamment les engagements diaconaux. Car c'est toute notre personne, et non pas seulement notre voix et notre ouïe, qui est impliquée dans l'annonce et la réception de l'amour de Dieu. Cet amour dépasse ce que nous pouvons en montrer, et même ce que nous pouvons en dire. Nous devons donc, pour en témoigner, utiliser tous les moyens d'expression appropriés dont nous disposons, en évitant tout hermétisme.

Cependant, la diversité des sensibilités est grande à l'égard des gestes et des attitudes liturgiques. Les enquêtes et synthèses durant le processus synodal ont montré que, le plus souvent, notre identité réformée n'est pas crispée sur des pratiques du passé, mais, au contraire, orientée vers l'Église Universelle et ouverte sur le témoignage public dans notre temps. Nous sommes, peut-être, plus attentifs que dans le passé à certains modes de communication non verbale (image, expression corporelle.) et à la place de l'esthétique qui n'est pas incompatible avec la sobriété -. Mais nous percevons bien les limites de chaque moyen d'expression, et l'ambiguïté des signes, toujours susceptibles d'interprétations multiples; nous sommes conscients aussi du risque que les signes ne focalisent l'attention sur l'espace et les lieux, au détriment du temps et de l'événement de la rencontre de Dieu avec nous; et nous savons le danger d'enfermement dans des formes figées et les manipulations possibles.

Dans cette réflexion, il ne s'agit pas de confondre les sacrements avec les autres signes qui nous permettent d'exprimer notre foi. Les premiers nous sont offerts, qui nous viennent d'ailleurs et ils nous rappellent avec force que la foi nous est donnée et que nous nous inscrivons dans une longue chaîne de témoins; d'autres signes sont nécessaires, dont certains à inventer, dans le respect des convictions et des sensibilités de tous; ils marquent que la foi ne prend sens que pour qui se l'approprie et la relit à la lumière de sa propre expérience. La grâce de Dieu vient nous rencontrer et elle nous met en mouvement.

Nos différences de sensibilité face aux multiples formes d'expression sont vécues plutôt paisiblement, mais nous constatons le désir de repères théologiques et liturgiques communs à l'ensemble de l'Église Réformée de France; pour répondre à cette attente et pour mieux vivre notre ouverture au monde, le Synode décide :- d'engager une démarche synodale sur l'articulation entre sacrements et parcours de vie croyante - de poursuivre les chantiers liturgiques et pédagogiques en cours.

A / UNE DEMARCHE SYNODALE: sacrements et parcours de vie croyante

La démarche synodale a permis de constater la diversité, et parfois le manque de références, qui existent dans nos Églises locales sur la compréhension du baptême et de la cène, et même sur la définition du sacrement, que certains vivent surtout comme don de Dieu Tandis que d'autres soulignent plutôt la réponse humaine. Ce qui est soulevé là, c'est la question de notre compréhension même de la foi et, plus particulièrement, de la part en elle du cognitif et de l'intuitif, du rationnel et de l'affectif. de l'individuel et du communautaire, de ce qui est don de Dieu et de ce qui est engagement de l'être humain. il en va aussi de notre lien à l'Église universelle.

C'est dire que nos compréhensions de la foi, de la sanctification et des sacrements doivent être sans relâche reprises, travaillées, clarifiées dans l'Église, à la lumière des Écritures et à l'écoute de ceux qui nous ont précédés (écrits réformateurs, Déclaration de foi de notre Église, Concorde de Leuenberg).

Ces questions sur la compréhension des sacrements sont particulièrement révélées par nos hésitations quant à la possibilité d'y accueillir les enfants: alors que notre Église manifeste la grâce première de Dieu en baptisant les petits enfants, certains de ses membres émettent des vives objections à cette pratique; d'autres au contraire se demandent s'il est vraiment légitime d'accorder des dispenses de baptiser les petits enfants. Par ailleurs, nous sommes de plus en plus souvent confrontés à des demande, de baptême d'enfants plus âgés, ce qui pose d'autres questions. Concernant la cène, c'est à titre expérimental que le Synode de 1983 a ouvert la possibilité d'y accueillir les enfants, et la réflexion n'a jamais été reprise depuis en synode.

Il s'agit là de notre regard sur l'enfance, qui a beaucoup varié au cours du 20 ème siècle; mais aussi et peut-être même surtout - de notre compréhension des sacrements. La place que nous faisons aux enfants dans la célébration des sacrements constitue une voie d'accès privilégiée pour réfléchir, de façon théologique et pratique, aux sacrements dans notre vie d'Église et dans nos existences de croyants. Mais la question concerne aussi bien les enfants que les adultes, les protestants d'éducation que les nouveaux venus, C'est donc bien sur la question des sacrements et non pas sur la place des enfants dans l'Église qu'il s'agira de focaliser la réflexion.

Ce travail sur le baptême et la cène fournira aussi l'occasion de reprendre la réflexion sur la présentation des jeunes enfants et sur la confirmation, dont le sens et la forme. voire même l'existence, sont très variables d'une Église locale à une autre. Le Synode demande donc au Conseil national d'inscrire à l'ordre du jour d'un prochain synode un travail qui allierait une théologie des sacrements et une réflexion sur leur place dans une vie de foi.

B/ LA POURSUITE DE CHANTIERS EN COURS: travail théologique, liturgique et pédagogique

Pour les signes que nous utilisons au quotidien dans notre vie d'Église, nous avons besoin de repères et d'outils de réflexion et de formation. A tous les niveaux local, régional et national -, nous sommes appelés à vivre une "identité ouverte, veillant à prendre en compte les attentes de nos contemporains tout en gardant la cohérence de nos convictions.
Ceci demande tout un travail théologique, liturgique et pédagogique qui doit être l’oeuvre commune de notre Église. Il ne s'agit pas d'enfermer nos pratiques dans des formes impératives, mais simplement de réaffirmer les grands principes qui structurent notre foi. Ce travail s'inscrit dans l'horizon de l'Église universelle et il faudra en considérer les enjeux dans le dialogue oecuménique; il devra en particulier être mené en concertation étroite avec les autres Églises du Conseil Permanent Luthéro-Réformé.

1/ Soutenue par le Conseil national, les coordinations et les Conseils régionaux, la Commission nationale de liturgie veillera, avec le concours des équipes régionales, à ce que soient fournies, en complément des liturgies existantes. des indications (autant outils de réflexion que suggestions pratiques) sur les éléments de visibilité du culte: gestes, attitudes, célébration du baptême et de la cène, usage de l'image pour la proclamation de la Parole (sans négliger les aspects concrets tels que la place des participants, le mode de partage du pain et du vin, les prises de vue ou de films ...). Ces instances devront porter aussi une attention très particulière à la façon de mieux marquer le lien entre la vie cultuelle et la diaconie.
La Commission nationale de liturgie mettra également au point des liturgies actuellement manquantes pour des circonstances particulières telles que :
- l'accueil de nouveaux membres (jeunes et adultes)
- le baptême d'enfants en âge de comprendre
- des cultes auprès de malades - des cultes lors d'incinérations
- des cultes pour les jours de fête - des cultes adaptés aux enfants
-...

2/ Avec la même attention du Conseil national, des coordinations et des Conseils régionaux, les instances catéchétiques et de formation d'adultes veilleront à ce que soient connus et disponibles des documents d'initiation et de vulgarisation sur les convictions fondamentales de la Réforme concernant l'annonce publique de la Parole et la célébration des sacrements, et sur leur mise en oeuvre aujourd'hui. Elles soutiendront aussi les formations à l'expression orale et corporelle.

3/ Les Églises locales et les consistoires sont les premiers acteurs de ce chantier. C'est pourquoi le Synode adresse à chaque Église locale l'invitation à poursuivre la réflexion entreprise au cours des années 1997-99. Cette réflexion devrait mener à des expérimentations et s'en nourrir.

Cinq recommandations sont à faire à ce propos :
1. Toujours lier aux expérimentations et débats un travail biblique, théologique et pédagogique.
2. Être attentifs à la manière dont les participants perçoivent les signes.
3. Veiller, en liaison avec les associations et équipes diaconales, à mettre en valeur, dans le culte, le service du prochain.
4. Être particulièrement inventifs, dans le respect de tous, pour tout ce qui touche à la place dans l'Église et en particulier dans le culte, des enfants et des jeunes.
5. Faire circuler l'information entre les Église locales et en direction des équipes régionales ou nationales: "vous avez le droit d'innover mais rappelez-vous que d'autres sont au travail avec qui il faut faire vivre l'unité !

A tous, le Synode rappelle que, par la grâce toujours première de Dieu, c'est une Bonne Nouvelle que nous avons à nous redire sans cesse les uns aux autres et à transmettre autour de nous. Nous le faisons avec des mots, car Dieu nous adresse sa Parole en langage humain, nous le faisons par nos gestes et nos actes, car Il est venu en Jésus pleinement homme.
Loué soit Dieu, qui vient ainsi parmi nous dans le monde et fait de nous, personnellement et collectivement, ses témoins. Par son Esprit. fondés sur l'Écriture, nos mots limités, toujours à rénover, et nos gestes maladroits, toujours à recentrer, pointent vers l'indicible et annoncent le Royaume!

Adopté par 74 voix pour et 1 contre

Synode national de l'Église réformée de France

St Raphaël-Fréjus, 13-16 mai 1999

Voeux

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Voeu N° 1

Le Synode national de l'Église réformée de France, réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du 13 au 16 mai 1999,
- Constatant le développement des voyages de jeunes de notre Église vers des pays membres de la CEVAA,
- Persuadé que ces voyages constituent un témoignage concret des relations fraternelles entre les Églises de la CEVAA,

Demande au Service Protestant de Mission,
- D'encourager les contacts entre jeunes chrétiens des différents continents
- De poursuivre son soutien logistique et financier aux oeuvres et mouvements qui organisent de tels voyages,
- D'encourager plus spécialement les projets qui prévoient une rencontre avec, en retour ou en préalable à un accueil en France des jeunes étrangers, et un lien s'inscrivant dans la durée.

Signataires. Philippe LEENHARDT, Chantal AIME, Philippe REBOUL, Jean Michel SAUTTER, Guy LORTAL, Jean Marie de BOURQUENEY.

Adopté par 66 voix pour et 0 contre

Voeu N° 2

Constatant l'importance et la richesse du travail auprès de la jeunesse dans notre Église (équipes régiona1es jeunesse, aumôneries lycéennes et universitaires, formations à l'animation, camps de jeunes, rassemblements régionaux etc...),
Le Synode national de l'Église réformée de France, réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du 13 au 16 mai 1999,
- Demande que cette réalité de la vie de notre Église puisse apparaître clairement chaque année dans le rapport du Conseil national (ou de la coordination concernée).

Le Synode national
-Demande que cette partie du rapport puisse refléter tant la réalité de ce qui se passe dans toute sa diversité que 1es lignes directrices et perspectives d'avenir vers lesquelles notre Église désire s'engager.

Signataires: Samuel AMEDRO. Pascal GEOFFROY. Pierre GROSSEIN, Olivier FILHOL. Richard BENNAHMIAS. Jean-Marie de BOURQUENEY.

Adopté par 57 voix pour et 4 contre

Voeu N° 3

Le Synode nationa1 de l' E.R.F réuni à Saint Raphaël du l3 au 16 mai 1999
- Bouleversé par la souffrance des victimes de l'épuration ethnique au Kosovo, soutient l'appel lancé par le Conseil National en faveur d'une initiative oecuménique d'accueil des Kosovars à travers l'action des Églises locales et des communautés d'autres religions à travers toute la France.
- Il se réjouit que le gouvernement français prenne toute sa part à l'accueil et la protection en France d'une fraction de cette immense population évacuée de force de son pays, drame européen aux conséquences imprévisibles dans leur ampleur, mais certainement durables dans le temps.
- Il se réjouit également de l'élan de solidarité manifesté par les citoyens français pour soutenir là-bas, mais aussi pour accueillir ici ces évacués. Cette volonté d'accueillir et d'entourer dans une proximité immédiate est un démenti à tous ceux qui ne mettent en avant que les peurs d'invasion comme ressort fondamental de la relation aux étrangers.
1. Constatant qu'à ce jour, prés de 4000 personnes ont été accueillies de manière officielle et réparties sur l'ensemble du territoire français en 80 lieux collectifs, constatant que ce modèle d'accueil en unités de taille moyenne permet au long des premiers mois un accompagnement social indispensable. le synode appelle les chrétiens à travers le CECEF à des actions oecuméniques, - et si possible interreligieuses- pour soutenir dans ces lieux les équipes d'accueillants, avec les autres associations.
- par le soutien financier,
- par le parrainage de familles.
- par l'accompagnement des personnes dans leurs démarches d'insertion et de mise en capacité de retourner lorsqu'elles le choisiront.

2. A travers ces actions oecuméniques. le synode appelle a une vigilance politique,
pour que les mêmes protections soient offertes à tous les réfugiés issus du même conflit
pour que des moyens supplémentaires soient rapidement attribués à I'OFPRA afin que les autres demandeurs d'asile puissent ne pas être pénalisés.

pour que des mesures soient trouvées au niveau européen pour les réfugiés en transit vers d'autres pays et qui se trouvent bloqués en France aux frontières (Calais. Coquelle, Modane...)

3. Le synode invite tous ceux qui le peuvent à participer aux concertations locales (départements, Régions, Villes, Académies, ...) pour un accueil concerté et construit dans le dialogue.

Cet engagement interconfessionnel et inter religieux, - modeste et sérieux -, sera un signe d'encouragement à notre gouvernement pour une politique toujours plus généreuse d'accueil des réfugiés issus de ce conflit. Et au moment où les religions interviennent trop souvent comme de puissants ressorts passionnels, ce geste pourra prendre une dimension symbolique forte dans la perspective de la paix à venir.
Signataires: Yves Ehrmann. Anne Lise Happel, Lise Lavallée, Jean-Arnold de Clermont, Olivier Bres, Jean Marc Dupeux, Gisèle TRON.

Adopté par 72 voix pour et o contre

Voeu N° 4

Le Synode national de l'Église réformée de France, réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du 13 au 16 mai 1999,
- Relaie la demande du Synode de l'Église évangélique de Polynésie Française, à savoir .
- que soit menée une enquête épidémiologique sur les conséquences des essais nucléaires, atmosphériques et souterrains, sur la santé de la population polynésienne, et tous les travailleurs qui sont intervenus sur les sites de Mururoa et Fangataufa
- que soient désignées de nouvelles commissions indépendantes ayant pleinement accès à toutes les archives relatives à ce problème y compris les archives militaires.
- que les sites de Mururoa et Fangataufa soient surveillés de manière permanente.
Pour cela, le Synode sollicite le Président de la Fédération protestante de France afin qu'il présente cette requête auprès des pouvoirs publics.
Signataires: Joseph BOOH MBOG, Marthe WESTPHAL. André DECHAUSSE-CARILIAN. Freddy DHOMBRES, Zoltan ZALAY, Eric DEMANGE.

Adopté par 75 voix pour et 1 voix contre

Voeu N° 5

Le Synode national de l'Église réformée de France, réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du I 3 au 16 mai 1999.
Informé de la situation toujours préoccupante des étrangers "quasi-français" frappés d'une peine ou d'une mesure d'interdiction du territoire français,
- Affirme que la nationalité étrangère d'une personne qui réside en France depuis toujours, qui a toute sa famille, femme, enfants. ne doit pas autoriser une expulsion du territoire.
- Demande d'interpeller la Garde des Sceaux sur les suites qu'elle compte donner au rapport CHANET consacré à ces situations. réalisé à la suite des grèves de la faim de Lyon en 1998.
- Demande au Conseil national de l'Église réformée de France de soutenir la demande de grâce formulée auprès du Président de la République par Madame Lila BOUGESSA, en grève de la faim depuis le 2 mai 1999 pour que son mari obtienne le relèvement de son interdiction du territoire.

Signataires: Jean-Marc DUPEUX, Anne-Laure DANET. Zoltan ZALAY. Eva NOQUET, Marc COUMONT, Pierre GROSSEIN, Gisèle TRON.

Adopté par 50 voix pour et 1 contre

Voeu N° 6

Alerté par l'existence en France de plus de 60 000 personnes qui ont demandé volontairement des titres de séjour et dont la demande a été rejetée.
Soucieux de persévérer dans l'attention à ces personnes contraintes de vivre chez nous sans aucune reconnaissance et attentif a leurs protestations.
Le Synode national de l'Église réformée de France. réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du I 3 au 16 mai 1999.

- demande aux Églises de continuer leur solidarité avec ces personnes, en se soutenant mutuellement face aux nouvelles demandes. afin que ce, action, ne soient pas seulement une charge mais un témoignage commun.
Signataires. Yves EHRMANN, Maurice LAFFON, Zoltan ZALAY, Olivier BRES, Jean-Charles TENREIRO, Marcel PEDESERT, Corinne AKLI.

Adopté par 58 voix pour et 1 voix contre

Voeu N° 7

Le Synode national de l'Église réformée de France, réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du 13 au 16 mai 1999,
lnformé par Amnesty international et la FIACAT (ayant l'un et l'autre statut consultatif auprès des Nations-Unies). des violations des droits humains qui continuent d'être commises aux États Unis malgré l'engagement explicite de leur gouvernement en faveur de la défense de ces droits, exprime sa vive préoccupation à ce sujet.
S'inscrivant dans le cadre de la "campagne USA 1999" demandant :
- que des mesures soient prises pour mettre un terme aux brutalités des forces de police et du personnel pénitentiaire
- d'interdire l'utilisation de moyens de contrainte dangereux et cruels par les forces de police et le personnel pénitentiaire
- de protéger les droits des demandeurs d'asile,
- de prendre toutes les mesures nécessaires afin que soit observé, dans tous les États concernés des États-Unis, un moratoire sur les exécutions, dans l'attente de l'abolition totale de la peine de mort,
- de ratifier sans réserves tous les traités internationaux relatifs aux droits humains, et en particulier la Convention relative aux droits de l'enfant,
- d'adopter un code de conduite relatif au transfert d'armes et de compétence.

Le Synode demande au Conseil national
- de transmettre ce voeu à la Fédération protestante de France afin qu'elle prenne les mesures nécessaires pour intervenir auprès du Président des États Unis lui demandant de faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin à ces diverses violations des droits humains.
- D'insister pour que cette action se fasse en collaboration avec les Églises soeurs de ce pays.

Signataires: Richard GRELL, Corinne AKLI, Joseph BOOH MBOG, Franck HONEGGER, André DECHAUSSE-CARILIAN.
Yves EHRMANN.

Adopté par 62 voix pour et 6 contre

Voeu No 8

Le Synode national de l'Église réformée de France, réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du 13 au l6 mai l999,
Constate que, de plus en plus souvent, la question de l'homosexualité est posée. demandes de bénédiction de la part de couples homosexuels, candidats au ministère pastoral revendiquant leur homosexualité, etc...

Le Synode national
- souhaite que l'Église réformée de France prenne le temps de réfléchir à cette question de manière sereine et dépassionnée.
- Demande au Conseil national et à la commission "couple, famille, société" de préparer un dossier qui pourra nourrir la réflexion des Églises locales, avant d'envisager une prise en compte synodale.
- Espère que ce sera l'occasion de vrais débats, dans un esprit d'écoute et de compréhension fraternelles de l'autre.

Signataires: Jean-Marie de BOURQUENEY, Freddy DHOMBRES , Guy LORTAL, Marjon BARRIERE, Richard BENNAHMIAS, Philippe LEENHARDT.

Adopté par 59 voix pour et 4 contre

Synode national de l'Eglise réformée de France

St Raphaël-Fréjus, 13-16 mai 1999

Décision

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Le Synode national de l'Eglise réformée de France, réuni à Fréjus-Saint-Raphaël du I 3 au 16 mai1999,

- vu la Décision XXV du Synode national de Montpellier et après consultation des Synodes régionaux,

- invité à donner son avis sur l'Affirmation Commune de Reuilly et plus particulièrement sur son paragraphe 46 intitulé "Déclaration de Reuilly",

- se réjouit d'être pour la première fois associé à un tel processus de réception d'un texte oecuménique,

- accueille avec reconnaissance ce texte qui s'inscrit dans la continuité des accords de Leuenberg, Meissen et Porvoo et qui témoigne aussi d'une histoire commune entre nos Eglises tout au long d'un cheminement oecuménique européen,

- reconnaît qu'une telle déclaration manifeste une réelle communion entre Anglicans, Réformés et Luthériens en Europe,

- souhaite l'approfondissement de cette communion par la poursuite d'un dialogue théologique (qui aborde les thèmes de l'épiscopè et de la succession historique notamment),

- invite les Eglises engagées par l'Affirmation Commune de Reuilly à oeuvrer en faveur d'une unité plus visible en particulier par un dialogue à propos du ministère ordonné, de sa reconnaissance mutuelle et de l'interchangeabilité des ministres,

- engage toutes les Eglises locales et leurs membres à partager les fruits d'une telle communion dans la joie et la reconnaissance, en créant en France les conditions d'un véritable accueil et d'un témoignage commun de nos Eglises au nom de Jésus-Christ.

Adopté par 72 voix pour et 0 contre.

Synode de l'Union des Églises Évangéliques Libres de France

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Le 77e synode des Églises Évangéliques Libres, réuni à Paris les 13-15 mai 1999, a célébré le 150eanniversaire de la création de l'Union des Églises Évangéliques Libres dans un esprit de reconnaissance pour le passé, mais aussi d'espérance et de confiance pour le millénaire qui s'annonce. C'est cette double orientation qu'ont également développée les diverses interventions sur le thème "Témoins d'un Dieu fidèle".
De nombreux représentants d'Églises soeurs étrangères ont donné à cette rencontre une note particulièrement internationale. Le synode a aussi accueilli plusieurs pasteurs d'autres familles du protestantisme, et a été honoré par 1a visite du Père Christian Forster, Secrétaire général de la Commission épiscopale pour l'Unité des Chrétiens.
Ce synode a étalement constitué, pour la délégation de 23 pasteurs et responsables d'Églises et mouvements de femmes et de jeunesse des Églises Libres de Nouvelle Calédonie et des îles Loyauté, l'aboutissement de leur tournée d'un mois effectuée dans le cadre d'une convention de partenariat signée en 1993 avec les Églises Libres de France. Leur participation à la soirée festive du samedi soir restera un souvenir inoubliable. ils ont réussi à entraîner toute l' assistance dans un "pilou" enthousiaste, couronné ensuite par la dégustation d'un gigantesque gâteau anniversaire !
Le synode a procédé au renouvellement d'un certain nombre de commissions, dont la Commission Synodale. Le président sortant, Claude Baty, désirant se retirer après 16 années de présidence, c'est André Courtial, pasteur à l'Église libre de Matha (Charente) et jusque là vice-président de la C.S., qui assume désormais la fonction de président de l'Union des Églises Évangéliques Libres de France.
Un message de soutien a été envoyé au pasteur M'Bama, président de l'Église Évangélique du Congo.

Mireille Boissonat

Message du synode aux Églises de l'Union des Églises Évangéliques Libres de France

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"J'ai placé devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer"

Réuni à Paris I 50 ans après le synode constituant de nos Églises, le 77e synode des Églises Évangéliques Libres de France a eu la joie d'accueillir de nombreux représentants de nos Églises soeurs de France et de l'étranger et une importante délégation de l'Église Libre de Nouvelle-Calédonie.
Il rend grâce au Seigneur pour le témoignage légué par les fondateurs de notre Union et tous ceux qui au cours des générations nous ont transmis le flambeau de la fidélité au Seigneur et à sa Parole.
Le synode a exprimé la reconnaissance de l'Union à ceux qui l'ont servie de nombreuses années au sein de la commission Synodale notamment son président sortant Claude Baty. Il recommande à chaque Église de poursuivre et d'accentuer l'élan de solidarité qui avec l'aide de nos frères de l'étranger a permis le développement constaté au cours des trente dernières années.
Au seuil d'un nouveau millénaire, nous croyons que la fidélité de notre Dieu ouvre largement la voie au témoignage de communautés heureuses, chaleureuses, tournées vers le prochain pour transmettre le message de l'Évangile et pour exprimer concrètement l'amour de Dieu au service des plus humbles.
Aujourd'hui comme hier, Dieu nous appelle à le servir.
En un temps où les aspirations spirituelles tendent aux satisfactions immédiates et au "bricolage religieux", prenons le temps d'écouter notre maître et de recevoir son enseignement.

Seigneur donne-nous,
Seigneur donne-moi un coeur de disciple.

Mireille Boissonat


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/