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Extraits du BIP 1498 du 15 au 30 juin 2000

 


PERSONALIA

ARMEE DU SALUT : au 1er juillet 2000, seront nommés officiers divisionnaires pour Paris, Rhône-Alpes et l'est de la France le major Alain Duchêne et pour le nord, l'ouest et le sud, le major Christian Exbrayat. Leur rôle : assurer l'animation et la gestion du réseau des postes tant sur le plan cultuel que social. Garants des valeurs de la Fondation de l'Armée du Salut, créée le 2 mai 2000, il leur revient d'initier et d'évaluer le travail d'aumônerie dans la fondation. L'Armée du Salut est entrée dans la FPF en tant que congrégation.

 


VIE DE LA FEDERATION

 


Chérif M'Hamdi

Le mercredi 7 juin, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, a écrit, à la demande de la Cimade, au cabinet du Ministre de l'Intérieur pour signaler le danger de l'expulsion annoncée de Monsieur Chérif M'Hamdi, sans-papier tunisien qui devait comparaître vendredi 9, devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir refuser d'embarquer à bord d'un avion. Le président de la FPF a tenu à dire à la presse, "son étonnement, devant le choix du gouvernement français de procéder à l'expulsion de monsieur Chérif M'Hamdi, malgré les nombreux avertissements, le rappel des actes de torture dont il a été victime dans son pays, malgré les témoignages du peu de respect des droits de l'homme en Tunisie" et de demander à ce que le gouvernement français lui donne les moyens de résider légalement en France. Depuis, l'audience a été reportée au 13 octobre. Le tribunal attend la décision de la Cour européenne des droits de l'homme.

 


Service biblique de la FPF
«Lectures de l'Ancien Testament dans le Nouveau Testament»

Cycle biblique 2000-2001

Le premier week-end de formation de ce cycle se tiendra à Sète les 25-26 novembre 2000, sur le thème :

Matthieu et l'Ancien Testament avec MM. Gordon Campbell et Elian Cuvillier, professeurs de Nouveau Testament et Mme Sophie Schlumberger, animatrice.

Pour écrire son évangile, Matthieu n'est pas parti de rien. Il s'est appuyé, entre autres, sur l'Ancien Testament. Mais quel Ancien Testament ? La version grecque de la Septante ? La version hébraïque ? Quelle Bible a-t-il utilisée pour rédiger, penser son oeuvre ?

Matthieu retient parmi d'autres certaines figures de l'Ancien Testament pour les intégrer à sa narration, quels critères ont dirigé ses choix ? Comment ces figures servent-elles son projet littéraire et théologique ?

Des travaux sur des textes -bibliques et non bibliques- vont nous amener à réfléchir à ces points et à aborder finalement la question plus vaste : dans quel contexte ecclésial, culturel, théologique Matthieu a-t-il écrit ? A quelle communauté s'est-il adressé ? Comment envisage-t-il les liens avec d'autres courants du christianisme et du judaïsme ? Comment se situe-t-il par rapport à Israël ? Sous ces questions s'en trouve une autre, centrale : comment Matthieu a-t-il compris Jésus dans son rapport aux Ecritures ?

Au fil du week-end, à travers ce thème «Matthieu et l'Ancien Testament», nous instruirons donc le dossier «Matthieu». Pour mener cette enquête, les lecteurs avertis de la Bible, comme ceux qui souhaitent la découvrir, sont les bienvenus.

Du samedi 14h au dimanche après le déjeuner au Centre familial et de rencontre, Le Lazaret, à Sète

Frais de participation : 250 F par personne (100 F pour ceux qui ont des frais de voyage supérieur à 200 F) 30 F en sus pour une chambre individuelle à préciser lors du règlement.

Inscriptions avant le 12 septembre
Service biblique de la Fédération protestante de France,
47 rue de Clichy - 75311 Paris Cedex 09
Tél. : 01 44 53 47 09 - Fax : 01 45 26 35 53

Un nouveau dossier biblique : "Et moi, je vous dis : aimez vos ennemis"

Vient de paraître : le dossier réalisé à la suite du 3e week-end de formation biblique (cycle 1999-2000 «L'Amour dans tous ses états») sur le thème :

«Et moi, je vous dis : aimez vos ennemis...»
L'amour des ennemis ou l'impasse de la haine.
 Destiné à ceux qui n'ont pas pu participer à ces deux journées, ce dossier comprend les exposés, les textes bibliques avec leur guide et leurs pistes de lecture.
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? Exposé : «Les figures de l'ennemi dans le Proche Orient ? ancien et l'Ancien Testament» par Dany Nocquet : 
? Exode 23, 1-8 ; Exode 23, 20-33 ; Psaume 143
? Exposé : «Le contexte de l'exhortation «aimez vos enne-
? mis»- Matthieu 5, 38-48 et Luc 6, 27-38 par Joël Geiser
? Document : Les cinq «discours» de l'Evangile de 
? Matthieu. Texte de Matthieu 5, 43-48
? Document : Le Sermon sur la Montagne ou la charte 
? du Royaume
? Luc 6, 27-35 ; Romains 12, 9-21
? Travail en groupes sur des textes non bibliques :
? Léon Tolstoï, Ma religion 
? Johannes Müller, Le   Sermon sur la Montagne transpo-sé dans notre langage et pour notre temps.
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FEEB

Les délégués des 113 Eglises locales qui composent la Fédération des Eglises évangéliques baptistes (FEEB) se sont réunis du 1er au 3 juin 2000 dans les locaux de l'Eglise baptiste de Nîmes. Combinaison d'assemblée générale de la FEEB et de convention, le congrès baptiste correspond aux synodes d'autres églises protestantes. La décision majeure de cette rencontre a été l'adoption d'un texte intitulé «Le ministère pastoral». Il s'agissait de reconnaître formellement ce qui se vivait implicitement : le fait que le ministère pastoral n'est pas seulement un ministère d'unité dans l'Eglise locale mais aussi un ministère de communion entre les Eglises. Par la voix de leurs délégués, les Eglises de la FEEB ont ainsi fait le choix d'un congrégationalisme fédératif en manifestant leur solidarité dans la reconnaissance du ministère pastoral (liste des pasteurs -ou «rôle»- formalisée, reconnaissance du ministère pastoral ou «consécration» généralisée, critères de reconnaissance explicités).

Le thème «Liberté et vie chrétienne : quels enjeux pour l'avenir ?» choisi à la fois pour balayer devant notre porte en matière de comportements sectaires et pour repenser la liberté de culte dans une société agitée par une certaine phobie des sectes, a permis de dégager des axes de réflexion intéressants. En évoquant les fondements bibliques et théologiques de la liberté qui nous est acquise en Christ (liberté des fils qui ne vivent pas sous la contrainte de la loi mais sont habités par l'Esprit de vie). A propos du vécu dans l'Eglise locale, le pasteur Joël Thobois a attiré l'attention des congressistes sur les faux-semblants de liberté que représente une piété de pure spontanéité et les risques par simple réaction de vouloir tout contrôler. Enfin la table ronde sur la liberté dans la société (Louis Schweitzer, Jean-Yves Thobois, Jean-François Serres avec Richard Gélin comme animateur) a fait retentir un appel : que dans le respect de la laïcité , les chrétiens sachent paisiblement et ouvertement dire leur foi et les choix qu'elle implique en matière d'éthique dans le dialogue avec les croyants d'autres religions, dans le travail social et dans les cités difficiles désertées par les Eglises.

Le congrès de Nîmes a aussi accueilli une 114e Eglise (l'Eglise protestante baptiste «L'arche» à Fournies - Nord). Il a manifesté -au cours d'un vote indicatif et sous réserves de solutions de financement- son désir de voir les bureaux de la FEEB rejoindre le 45 rue de Clichy. (Etienne L'Hermenault)

NB : de plus amples renseignements sur cette rencontre seront disponibles dans le magazine de la FEEB «Construire Ensemble» n°20 (août-septembre 2000) à commander auprès du pasteur Georges Mary Tel/fax. : 01 47 89 90 60 ;

 


93e Synode national ERF et lancement de Débat 2000

Cette année, les délégués, laïcs et pasteurs, au synode national de l'Eglise réformée de France (ERF), se sont se penchés sur l'avenir de l'Institut protestant de théologie (IPT) qui accueille aujourd'hui 385 étudiants, 176 à Paris et 209 à Montpellier. Le 17-18 juin ce sera à l'Eglise évangélique luthérienne de France de plancher.

Ce 93e synode national de l'ERFa accueilli de nombreux représentants étrangers cubain, coréens, polynésiens, calédoniens, tchèques, polonais, allemandsS en raison du lancement de " Débat 2000-2000 débats ", l'événement protestant de l'année 2000 qui se poursuivra jusqu'en 2001 ; Il s'agira pour les réformés de dialoguer avec la société en lançant des débats et des festivités où ils témoigneront de leurs convictions. C'est à Lyon que le lancement officiel a eu lieu les 3 et 4 juin.

L'événement majeur de ces 30 dernières années, a été la chute du corps pastoral après 1968. Depuis 1990, on assiste à un net redressement des effectifs des étudiants à l'Institut protestant de théologie qui souhaitent valider leur formation pour devenir pasteur. Il s'est avéré nécessaire, aujourd'hui, de travailler la question : quelle formation, pour quel ministre ? La moitié des nouveaux venus dans le corps pastoral ne sont pas issus du sérail protestant. La vocation de l'IPT est d'offrir aussi une formation aux laïcs, le sacerdoce universel étant un des principes fondamentaux de la Réforme. Même si actuellement, les 350 000 membres de l'ERF peuvent compter sur 428 ministres de l'Eglise réformée de France, dont 94 femmes.

Des problèmes d'immobilier en 1995, l'IPT-Paris, locataire de la ville, a vu son loyer multiplié par 10 , la nécessité d'un centre culturel du protestantisme français à Paris pour le rayonnement de la pensée protestanteS ont été l'occasion de réfléchir à ce qu'on attend de l'IPT et donc aussi de sa localisation. D'autant que les deux lieux : Paris et Montpellier avaient été pensés pour accueillir deux cycles différents. La modification du profil des étudiants, déjà en charge de famille pour certains, fait qu'aujourd'hui, les mêmes enseignements sont dispensés aux deux endroits. Les synode régionaux ont donné leurs avis en novembre 1999. Au synode national de décider. les deux sites sont maintenus avec une seule suppression de poste.

Un auditoire pour le rayonnement de la pensée protestante, en projet

La création d'un auditoire au 83, bd Arago, sur l'actuel emplacement de l'Institut protestant de théologie de Paris est à l'étude. Le philosophe Paul Ricoeur va faire une donation de sa bibliothèque, qui enrichira les 60 000 volumes qui y sont actuellement disponibles. Bibliothèque, documentation, salles de conférences sur le lieu même d'une Faculté de théologie S doteront le protestantisme d'un espace qui lui manque à l'heure actuelle.

 


ECAAL : les 40 présidents de Consistoire ont planché sur l'aménagement du territoire

Lundi 29 mai a eu lieu à Westhoffen la rencontre de printemps des 40 présidents de Consistoire de l'ECAAL (deux rencontres par an) sous la conduite du président Marc Lienhard.`

Outre les questions habituelles de ce type de rencontre (gestion des comptes des paroisses, travaux, congés) un temps assez long a été consacré à une réflexion sur l'intercommunalité avec M. Raymond Gantz, maire et président d'un Syndicat intercommunal à vocations multiples et sur l'aménagement du territoire avec M. Jean-Louis Hoffet, conseiller régional.

Cette réflexion a été enrichie par l'apport par le chanoine Gachy vicaire général de l'archevêché de Strasbourg. En effet, celui-ci réfléchit à un nouveau redécoupage territorial en relation avec les changements prévus et afin de redéfinir une nouvelle stratégie ecclésiale.

Cette rencontre a été la première pour un certain nombre de pasteurs ayant accepté la responsabilité de Président de Consistoire pour les trois années par moitié des Conseils presbytéraux. Elle a été l'occasion de parcourir avec eux les diverses tâches des Présidents de Consistoire, fonction d'animation de ce lieu de vie commune essentiel pour le service et le témoignage de l'ECAAL. (Bernard Sturny)

 


OEUVRES ET MOUVEMENTS

 


Journée nationale de réflexion organisée par la Fédération de l'Entraide protestante sur le thème : Les jeunes aussi

Vendredi 23 juin 9h-17h à Paris

Espace Conférence des Diaconesses de Reuilly
20, rue du Sergent Bauchat - 75012 Paris

La Fédération de l'Entraide protestante organise une journée nationale de réflexion sur la situation des jeunes de 18 à 25 ans en grande difficulté. Son objet est de traiter la question de l'offre d'insertion, au sens large, nécessairement associée à un revenu.

Un certain nombre d'orientations sont à concevoir soit de manière totalement innovante, soit en s'inspirant de mesures déjà existantes pour d'autres tranches d'âge. La Fédération pourra ensuite poursuivre ses travaux et ses actions avec les partenaires associatifs et institutionnels, ainsi qu'avec les élus.

Cette journée est proposée aux adhérents de la Fédération, avec la participation de Marie-Thérèse Join-Lambert, présidente de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, et Pierre-Jean Andrieu, rapporteur d'un travail sur «Jeunes et politiques publiques» dans le cadre du Commissariat général du Plan.

 


Appel à débat, appel à l'action

Un réel accompagnement social doit être proposé à chaque fois que nécessaire, avec une évaluation des revenus et des possibilités d'autonomie. C'est pourquoi le conseil d'administration de la Fédération de l'Entraide protestante :
- réaffirme que la question du revenu ne saurait être dissociée de celle de l'insertion, et que l'insertion des jeunes ne doit pas être séparée de l'insertion et de la vie sociale en général ;
- préconise une palette d'offres d'insertion aussi diversifiées que possible, avec des revenus associés permettant de vivre dans la dignité.

Lors de la rencontre annuelle 1999 de la Fédération de l'Entraide protestante, un atelier de travail s'est préoccupé de la situation des jeunes en grande difficulté. En début d'année, un groupe de travail du conseil d'administration a repris cette question, qui a ensuite été étudiée lors de la rencontre annuelle 2000.

 


Renouvellement du Conseil du Service protestant de mission -DEFAP

Le nouveau Conseil du Service protestant de mission-Défap s'est réuni le 20 mai 2000 et a nommé son bureau le pasteur Frédéric Trautmann (ECAAL) a été élu président ; les pasteurs Valérie Mitrani (ERF) et Etienne Rébert (ECAAL), vice-présidents ; M Thierry des Noyers de Bieville (ERF), trésorier ; le pasteur Jean-Luc Blanc (EREI), secrétaire ; le pasteur Thierry Muhlbach comme assesseur.

Il faut noter que les délégués du Conseil sont nommés, non pas par l'Assemblée générale, mais par les Eglises membres. Leur mandat est de trois ans. Le Conseil est donc renouvelé entièrement tous les trois ans. Notons aussi que le Service protestant de mission - Défap est composé de deux associations : une 1901 et une 1905. Le Conseil nommé est celui de la 1901 ; il devient de fait l'Assemblée générale de la 1905. Le bureau nommé par la 1901 forme le comité directeur de la 1905.

Le Conseil de la 1901 est composé de 22 membres à voix délibérative et 3 à voix consultative (qui deviennent toutes voix délibérative dans la 1905 ! ).

 


Université d'été 2000 de la Fédération Française des Associations Chrétiennes d'Etudiants (FFACE-Fédé) «Rester digne»

tel est le thème d'Université d'été 2000 du lundi 10 au dimanche 16 juillet 2000 à Le Tempé, Montauban (82)

Une semaine de réflexion sur la dignité mais aussi de détente dans le sud-ouest. cette université sera précédée par un week-end consacré aux orientations de la Fédé. Dans cette Commission exécutive ouverte, vous pourrez découvrir ce que la Fédé est, ce que la Fédé propose.

F.F.A.C.E. , 46 rue de Vaugirard - 75006 Paris ;

Tél. : 01 56 24 41 41 ; Fax : 01 56 24 41 42 ; fface@worldnet.fr

 


OECUMENISME

 


Les Eglises européennes reçue par Pierre Moscovici

Monsieur Pierre Moscovici, Secrétaire d'Etat chargé des questions européennes au Ministère des Affaires Etrangères a reçu, à la demande du Conseil d'Eglises Chrétiennes en France (CECEF) une délégation des Eglises européennes. (cf BIP 1497)

Lors de cet échange d'une heure, les trois axes de la future présidence française ont été abordés :
- une Europe au service de la croissance et du plein emploi (renforcer le modèle social européen, espace européen de la connaissance)
- une Europe plus proche des citoyens (politique d'immigration et d'asile, sécurité collective, dialogue avec les pays de la Méditerranée, processus de Barcelone)
- une Europe plus efficace et plus forte (Charte européenne des droits fondamentaux, réforme des institutions, élargisssement).

Dans son mot d'accueil, le Ministre a souligné l'importance du moment en raison de l'élargissement de l'Union représentant un changement de nature, et de la rédaction d'une Charte des droits fondamentaux visant à élaborer un référentiel de valeurs.

Les Eglises chrétiennes d'Europe font leur ces trois axes et elles ont indiqué qu'elles souhaitent que soit débattu les finalités de l'intégration européenne et que les nouveaux partenaires (Pologne, Rép. Tchèque, Hongrie, Estonie, Slovénie...), soient impliqués sur base d'égalité.

Dans la rédaction de la Charte, les Eglises ont fait des suggestions que le Ministre a jugées intéressantes et fera suivre. En particulier, la liberté religieuse est bien garantie au niveau individuel, mais sa dimension collective reste implicite alors qu'il faudrait la rendre explicite.

A propos de la politique d'immigration et d'asile, les Eglises ont marqué leur attention sur trois points : le regroupement familial, la protection des familles et le fond européen pour les réfugiés. Elles ont également rappelé leur souci que soit améliorée la qualité de l'accueil des réfugiés.

Sur le plan de la sécurité collective, les Eglises ont souhaité que l'on pense à faire une place au travail de la société civile et des Eglises, dans l'apaisement des situations de conflits comme celles de l'Europe du Sud-Est par exemple.

Le ministre a indiqué qu'un des axes principaux du futur agenda européen sera la lutte contre l'exclusion et qu'un sommet serait consacré à ce sujet dans les cinq ans à venir. Les Eglises ont manifesté leur disponibilité à contribuer à la préparation d'un tel sommet. Le ministre a conclu sur le sommet de Lisbonne concernant l'éducation et la formation, la recherche et l'harmonisation des cursus ; questions sur lesquelles les Eglises européennes ont également des propositions à faire. (Christian Forster)

 


INTERRELIGIEUX

 


Deux mosquées à Strasbourg

Le 22 mai 2000, le conseil municipal de Strasbourg a donné son feu vert pour la construction de deux «grandes mosquées» à Strasbourg. La délibération du Conseil municipal concernait l'octroi de terrain (bail emphytéotique de 50 ans) et le concours financier de la ville de Strasbourg à hauteur de 10% du coût du bâtiment pour chaque mosquée. Sans aucun doute, ce jour restera marqué non seulement dans l'histoire de l'islam strasbourgeois, qui voit ainsi se réaliser un vieux rêve, mais aussi dans l'histoire de la cité. Et pour cela il faudra rendre hommage au Conseil municipal.

Rappelons aussi qu'au mois de mai 1998, une déclaration, signée par les autorités des quatre cultes reconnus en Alsace et Moselle affirmant leur soutien à la demande des musulmans strasbourgeois de disposer d'une mosquée digne de ce nom, a été publiée. Or, la décision du Conseil municipal n'était pas simple.

Depuis plus de deux ans, il y avait deux projets en concurrence, communément appelés le «projet Boussouf» et le «projet Bouamama». Les deux projets ont été présentés comme étant opposés et antagonistes selon des critères parfois bizarres et trop souvent cristallisés autour de la personnalité des deux porteurs de projet. Ainsi, Monsieur Bouamama, de nationalité française et universitaire, a souvent été présenté comme le porte parole d'un islam républicain, laïc et moderne, tandis que Monsieur Boussouf, de nationalité marocaine, a lui souvent été représenté comme un homme de caractère mystérieux (?) avec une tendance intégriste. Or, cette caricature ne correspond pas à la réalité qui est infiniment plus complexe et nettement moins tranchée. La personalisation des deux projets a eu pour effet de masquer la grande diversite religieuse et politique à l'intérieur même de chaque camp.

Le Service Protestant de Relations avec l'Islam (SPRI) a, naturellement suivi cette affaire depuis quelques années. Ce service commun aux deux Eglises protestantes d'Alsace/Lorraine s'efforce, depuis sa création en 1995, de construire et d'entretenir des relations de confiance et de partenariat avec les différentes composantes de l'islam régional, qu'il soit de type turc ou maghrégin. Les nombreuses initiatives menées ensemble (groupes de jeunes, groupe imams/pasteurs, conférences à deux voix, opération «invite ton voisin !», visites des lieux de cultes) confirment que nous vivons actuellement dans un contexte particulièrement favorable au dialogue islamo-chrétien. Certes, la fragmentation de l'islam local ne facilite pas ce dialogue, mais nous sommes obligés d'en prendre acte. La construction future de deux grands centres de l'islam strasbourgeois risque, certes, de pérenniser les conflits et les clivages actuels, mais il n'est pas impensable que l'avenir conduira les deux centres à s'approcher et à développer des activités communes. Les tentatives récentes de rapprochement entre l'important pôle turc et le pôle maghrébin ouvrent, au niveau local, des perspectives nouvelles aussi bien en ce qui concerne l'organisation de l'islam local, des perspectives nouvelles aussi bien en ce qui concerne l'organisation de l'islam local qu'en ce qui concerne les relations islamo-chrétiennes. (Owe Ullestad - SPRI - Tel. : 03 88 37 13 60)

Une relation locale islamo-chrétienne qui se construit : information, rencontre et dialogue mais aussi formation Le Service protestant de relations avec l'Islam (SPRI) , service commun à l'Eglise de la Confession d'Augsbourg et l'Eglise réformée d'Alsace et de Lorraine fut créé en 1995.

La création de ce service répond à un défi majeur de notre temps : favoriser la cohabitation entre personnes de culture et de religion différente.

Les objectifs du SPRI peuvent se résumer en trois axes :
- Informer les membres des Eglises protestantes au sujet de l'islam.
- Organiser des stages de formation pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de l'islam.
- Promouvoir les rencontres et le dialogue entre chrétiens et musulmans au niveau local.

Se connaître pour rendre un témoignage commun face aux défis de notre temps.

Depuis sa création, le SPRI s'est peu à peu installé dans le paysage des deux Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine. Un fil rouge anime, l'ensemble de ces activités : la question de l'islam et celle du dialogue islamo-chrétien. Le dialogue islamo-chrétien est ainsi de plus en plus perçu et vécu comme un élément important dans la vie des Eglises protestantes. Les Eglises commencent, elles aussi, à prendre conscience que les 4-5 millions de musulmans en France sont là définitivement et que nous devons apprendre à vivre ensemble. Le recours à l'interreligieux n'est donc pas un simple phénomène de mode. C'est une démarche qui semble s'imposer aux Eglises dans la mesure où elle devient constitutive à la vie de celles-ci. Vu l'importance de l'islam dans le paysage religieux, social et politique français, le dialogue islamo-chrétien s'impose de façon plus particulière. Mais cela ne veut pas dire qu'il y est consensus quant à la nécessité de cette démarche. De nombreuses voix critiques et hostiles s'élèvent également par rapport au SPRI et par rapport à ces activités.

Dans ce contexte à la fois encourageant et difficile il est utile de se rappeler que le dialogue interreligieux est fondamentalement un processus de transformation et de création de nouvelles relations entre croyants, appelés à être témoins de leur foi respective et amenés à rendre un témoignage commun face aux défis de notre temps. C'est une démarche qui inaugure de nouvelles actions fondées sur l'interdépendance et sur la coopération et qui a pour but la reconnaissance et le respect mutuel. (Ove Ullestad Tel.: 03 88 37 13 60)

 


INTERNATIONAL

 


Le «droit d'asile» en Europe

Les Eglises protestantes renforcent leur coopération en vue de la mise en pratique du «Traité d'Amsterdam» (Rome/Paris/Karlsruhe, le 23 mai 2000)

L'«harmonisation du droit d'asile» dans le cadre du Traité d'Amsterdam a été le principal thème de la troisième conférence des Eglises protestantes, du 19 au 23 mai 2000, à Santa Severa, près de Rome, sous la responsabilité de la «Federazione delle Chiese Evangeliche in Italia», de l'Eglise réformée de France et des Eglises protestantes allemandes de Rhénanie et de Bade.

Trente représentants de ces Eglises et experts du travail avec les réfugiés et des associations, ainsi que des participants de Pologne, de Suède et de la Cimade (France) pouvaient échanger leurs expériences sur les statuts politique, juridique et social du droit d'asile dans leurs pays respectifs. Comme lors des rencontres précédentes (Paris 1988, Strasbourg/Karlsruhe, 1999) une attention particulière était accordée à la situation concrète dans le pays hôte de la Conférence - ici l'Italie. Etaient organisées des visites aux institutions des Jésuites et de l'Armée du Salut qui accueillent des réfugiés, et au Centre d'accueil pour étudiants venant des pays du Sud.

Le dialogue avec les représentants du Haut Commissariat pour les Réfugiés en Italie (Jürgen Humburg), Padre Mioli de la Conférence épiscopale italienne et le directeur du Conseil italien pour les Réfugiés (Christopher Hein), ont démontré clairement la diversité des débats politiques en cours dans les pays européens. Une application divergeante des conventions internationales concernant les réfugiés, les procédures et les «standards» sociaux font encore obstacle à une «harmonisation» du droit d'asile en Europe. Cette opposition ne pourra être résolue par «une généralisation sur la base du plus petit dénominateur commun».

Les Eglises attendent une mise en pratique des engagements pris par l'Union européenne, lors du Sommet de Tampere. «La sécurité, la justice et la liberté» en Europe ne sont pas le seul privilège des citoyens de l'Union, mais doivent valoir également pour tous ceux et toutes celles qui vivent dans l'Union, aussi pour les ressortissants de pays tiers et les réfugiés. L'application pleine et entière de la Convention de Genève sur les réfugiés est indispensable. L'«harmonisation» devrait ainsi devenir une chance pour la progression des Droits de l'Homme et leur défense et non pas servir à une consolidation de la «Forteresse Europe».

Les Eglises reconnaissent cependant, que l'immigration et les flux de réfugiés sont des domaines proches mais doivent, à leur avis, être clairement séparés. Les Eglises et organisations observent avec inquiétude que certains gouvernements essaient déjà de ranger les objectifs de Tampere après une politique d'immigration restrictive en dévalorisant et en affaiblissant ainsi leur obligations selon la Convention de Genève. Cela ne leur semble pas compatible avec la conception chrétienne de l'Homme.

Les Eglises renforceront leur engagement et leurs interventions à partir de leurs expériences et de leur compétence, dans tous les domaines du travail avec les réfugiés. Elles interviendront auprès de leurs gouvernements nationaux pour que des réfugiés ne se trouvent pas dans l'impossibilité de franchir les frontières de l'Europe et d'y trouver refuge.

Elles attendent du plan d'action du Traité d'Amsterdam une application pleine et unique de la notion de «réfugié», selon l'article 1 de la Convention de Genève, tenant compte notamment de la persécution «non étatique».

Le principe du «non-refoulement» (Article 33 de la Convention de Genève) ne doit pas avoir pour conséquence que - à travers les «Règlements concernant les pays tiers»- les régions riches de l'Europe se débarrassent de leurs obligations d'accueil en accord avec le droit international, et chargent ainsi les états de la périphérie ou des pays candidats à l'Union, socialement plus faibles. La «répartition des charges» devrait se faire - d'après les Eglises - dans une «Communauté de responsabilité commune».

La procédure d'asile doit être juste et appropriée au réfugié. Elle doit pouvoir se soumettre à un examen selon l'état de droit, car les décisions concernant l'asile entraînent des conséquences immédiates et existentielles pour la personne concernée, ce qui demande une attention particulière.

Les participants à la Rencontre reconnaissent que les «standards» sociaux, les structures étatiques et les possibilités de la société civile dans les pays européens sont de nature très différente. Ils rejettent cependant toute tentative de fixer les conditions sociales pour les demandeurs d'asile au niveau le plus bas. La possibilité, pour les réfugiés, de pouvoir obtenir, pendant toute la durée de la procédure, des aides, notamment dans les domaines de l'apprentissage de la langue, une protection sociale et un accompagnement juridique devrait être la norme. Les objectifs devraient s'orienter selon le traitement des demandeurs d'aide au sein de leur propre société, en vue de mener une vie digne. Le droit d'assurer cette vie par le travail en fait partie.

Pour la Rencontre : Wolfgang Weber/Eglise évangélique au Pays de Bade/Karlsruhe. Traduction Yo Ludwig/ERF/Paris.

 


Asie du Sud : menaces sur les minorités religieuses

La 11e Assemblée de la Conférence chrétienne d'Asie (CCA), qui regroupe plus de 100 Eglises et Conseils nationaux d'Eglises en Asie, réunie à Tomohon, en Indonésie, du 31 mai au 6 juin 2000, a adopté une déclaration soulignant les «sérieuses menaces» qui pèsent sur les minorités religieuses -en particulier les chrétiens- «de la parat des communautés majoritaires dans les pays du Sud de l'Asie et qui mettent en danger la liberté de religion».

Elle met notamment l'accent sur la montée du «fondamentalisme hindou en Inde et au Népal, de l'islamisme au Pakistan, au Bangladesh et aux Maldives, et des tendances extrémistes bouddhistes au Sri Lanka». L'Assemblée a aussi exprimé sa préoccupation devant les activités «missionnaires indépendantes» de certaines églises et organisations chrétiennes de riches pays asiatiques et occidentaux, qui mettent en danger «les relations interreligieuses et l'harmonie entre communautés» en Asie du Sud. (ENI)

 


BREVES

 


En 2001 : volontaires et bénévoles de tous les pays, unissez-vous !

L'assemblée générale des Nations Unies avait décidé en novembre 1997 de proclamer 2001 «Année internationale des volontaires». A l'initiative du Centre national du volontariat s'est tenue ce 18 avril à Paris la réunion de lancement du comité national français de cette célébration, en présence de très nombreux associatifs. Coïncidant en France avec le centenaire de la loi 1901, cet événement sera l'occasion de promouvoir le volontariat et le bénévolat tout au long de l'année. Celle-ci débutera en fait le mardi 5 décembre 2000, lors de la journée internationale du volontariat.

Renseignements au CNV (Centre national du volontariat)

Tél : 01 40 61 01 61 - E-mail : www.benevolat.com

 


Rugby genevois : un sacré trio de pasteurs

Trois pasteurs qui se retrouvent sur un terrain de rugby au milieu de joueurs originaires de dix pays différents pour pratiquer un sport dont les mêlées sont vigoureuses, c'est plutôt inattendu. Ce trio singulier réunit un britannique qui a grandi en Irlande, William Mc Comish, pasteur à la cathédrale de Saint-Pierre à Genève et trésorier du club ; un polynésien, Faitala Talapusi, professeur de théologie systématique à l'Institut oecuménique de Bossey et entraîneur ; un français, Didier Halter, assistant à la faculté de théologie de Genève et président du club. «Dans ce sport de combat, la porte est vite ouverte à la violence incontrôlée, au mépris de l'autre, parfois à la haine, reconnaît Didier Halter. Nous veillons tout particulièrement au respect de la personne, nous insistons sur l'aspect éthique du sport, prévenons et combattons tout dérapage violent. Sans doute notre présence, due au hasard, a-t-elle influencé l'esprit du club. Pour ma part, ce sport me permet de garder le contact avec une frange de la population pour laquelle l'Eglise est marginale, voire inexistante. Je me sens parfois plus pasteur dans mon club que dans ma paroisse. Je fais volontiers un travail d'accompagnement avec un joueur qui me le demande, à l'occasion d'un mariage, de difficultés personnelles, d'un deuil.»

Alsacien d'origine, Didier Halter est l'homme qui a rallié les deux pasteurs à son club. Il pratique le rugby depuis l'âge de dix ans. C'est le dimanche que se disputent en France les matches de rugby ce qui posait des problèmes au pasteur qu'il est devenu. Arrivé à Genève, Didier Halter découvre que les matches ont lieu le samedi, à l'anglo-saxonne. Une aubaine qui lui permet à nouveau de concilier sport et ministère. Et de trouver «un point d'équilibre en dehors de l'Eglise.» (Protestinfo)


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