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Extraits du BIP 1502 du 15 au 30 septembre 2000

 


VIE DE LA FEDERATION

 


Assemblée du Désert 2000

Comme chaque premier dimanche de septembre, les protestants ont convergé vers Mialet, près d'Anduze dans le Gard, pour la traditionnelle Assemblée du Désert. Cette année la prédication assurée par le pasteur Jean-Arnold de Clermont portait sur "A tes yeux un millénaire ressemble au jour d'hier quand il est passé !". Est-ce que l'an 2000 sort par les yeux des protestants. Il semblerait ! les gendarmes n'ont dénombré que 25 bus et quelque 1000 voitures, soit 6000 personnes tandis que l'Edit de Nantes, en 1998, avaient réunis plus de 25 000 protestants sur cette terre des camisards.

Les cévenols, très heureux de la visite du président de la Fédération protestante de France -un nordiste sans racine cévenole- ont aussi apprécié, tout comme les auditeurs de France Culture, sa prédication dont voici un extrait : " Il ne s'agit pas tant de faire mémoire du passé de notre peuple ou de notre Eglise, mais bien de lire notre histoire présente à la lumière de ce que nous savons de la volonté de Dieu. Telle est l'humilité que Dieu nous demande. Confesser devant lui l'insolence de nos richesses au regard des peuples affamés, décimés par le sida ou la sécheresse. Confesser notre ignorance devant la complexité des questions que les sciences, et notamment la biologie, nous posent. Confesser nos incohérences, nos complicités avec les puissances de guerre devant l'aspiration des êtres humains à la paix. Confesser, c'est-à-dire accepter de nous laisser retourner par la Parole de Dieu. Etre devant lui dans toute notre fragilité, les mains tendues, le cour ouvert.

Sommes-nous, avec nos communautés, prêts à une telle humilité. A accueillir les interpellations sur nos comportements, les questions qui nous viennent de tous lieux, pour chercher le chemin que Dieu veut nous tracer ? Sommes-nous prêts à n'être pas du côté de ceux qui savent, mais du côté de ceux qui cherchent ? Sommes-nous prêts à n'être pas des Eglises qui professent des certitudes, mais des Eglises qui quêtent auprès de Dieu et dans l'ouverture à tous des réponses aux questions des hommes et des femmes de ce monde ? Rien n'est moins sûr pour les occidentaux que nous sommes. Rien n'est moins sûr pour les "vieux" chrétiens que nous sommes.

C'est pourtant à cela que nous appellent ce psaume 90 et tous les textes qui dans la Bible mettent en relation notre temps au temps de Dieu.

Que chacun de nous se souvienne de ces instants qui ont marqué sa vie : joies ou douleurs, paix ou conflits. Ces instants ont donné relief, et profondeur à notre existence. Et bien, je crois que nous sommes appelés à donner relief et profondeur à la vie de ce monde. A être dans sa durée qui ne nous appartient pas, chacun de nous, comme des instants par lesquels Dieu fait connaître sa présence. Marquer ce monde de la présence toute gracieuse de Dieu. Qu'importe alors la brièveté de nos existences, si les instants qu'elles représentent sont le reflet de sa grâce.

N'y-a-t'-il pas là de quoi entrer joyeusement dans un troisième millénaire ? A la grâce de Dieu ! "

Le pique-nique, qui suit traditionnellement le culte, est toujours l'occasion de rencontrer des correlégionnaires de tous les coins de France. Cette année, 80 personnes étaient venues, en bus, des paroisses réformées de Meudon, Sèvres et Ville d'Avray toutes voisines en région parisienne. Ils ont eu la bonnes idées de prévoir pour leur trentaine de jeunes une randonnée découverte le samedi, veille de l'Assemblée. Un guide leur a montré les caches dans la montagne où se réfugiaient les protestants pour vivre le culte, au moment des dragonnades. Il a su rendre vivante l'histoire et la vie dans les Cévennes. Le dimanche matin, tous réunis sous la pancarte 32, ils ont eu la fierté de voir leur jeune pasteur Nathalie Chomet dans la processsion des pasteurs en robe.

On pouvait aussi croiser des petits nouveaux, en allant chercher son café aux comptoirs tenus par les paroisses environnantes. Le pasteur Michel Hoeffel, ancien président de l'Eglise luthérienne d'Alsace et de Moselle (ECAAL) et son épouse, le pasteur pentecôtiste Christian Seytre, Secrétaire génénral de la FPF, le pasteur André Courtial président de l'Union des Eglises évangéliques libres (UEEL). Accompagné de ses paroissiens de Matha, André Courtial avait fait le voyage en bus avec les Réformés de Jarnac et d'Angoulême. Très enthousiaste, regrettait de ne pas avoir fait le déplacement plus tôt, quand il était pasteur à Valence.

Alors rien que pour ces rencontres très fédératives "Vive l'Assemblée du désert ! "

 


Le protestantisme français s'interroge après la publication de "Dominus Iesus"

Le culte de l'Assemblée du Désert se terminait à peine, que déjà Europe 1 interrogeait le pasteur Jean-Arnold de Clermont pour connaître la réaction de la Fédération protestante de France au texte de la Congrégation de la doctrine de la Foi sur "Dominus Iesus" (disponible sur Internet www.vatican.va). Signé du Cardinal Ratzinger, ce texte ne devait pourtant être rendu public que le mardi 5 septembre, mais il excitait les journalistes et les néophytes en matière religieuse : "Comment ça vous n'êtes pas des Eglises ! ", "Faire ça deux jours après la béatification de Pie IX ! ...". Joignant sa voix à celle de l'Eglise anglicane, du Conseil ocuméniques des Eglises (cf. p 13), la Fédération protestante de France réagissait, dès le mardi après-midi, dans un communiqué que vous trouverez ci-dessous in extenso :

"C'est avec une surprise attristée que nous avons pris connaissance du texte du Cardinal Joseph Ratzinger sur "l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus Christ et de l'Eglise", qui tient à préciser que les Eglises nées de la Réforme du XVIéme siècle "ne sont pas des Eglises au sens propre du mot" ! Non que cette affirmation soit nouvelle. Mais pourquoi sa répétition aujourd'hui ?

Peut-on tirer un trait sur quarante années d'engagement ocuménique en donnant une lecture figée des textes de Vatican II ? Cette nouvelle déclaration du Vatican contraste singulièrement avec les invitations à l'humilité et l'ouverture aux autres entendues de l'Eglise catholique pendant cette année jubilaire. Elle porte un coup sévère au travail oecuménique en confirmant dans leur méfiance celles et ceux qui pensent que Rome n'a pas abandonné la prétention de simplement absorber les autres Eglises.

Pour les Eglises de la Réforme, l'Eglise est authentiquement constituée de toutes celles et tous ceux qui reçoivent leur salut du Seigneur Jésus Christ au travers de la parole.

Mais les réactions indignées et la souffrance que provoque ce texte auront besoin d'être levées et apaisées par la voix de frères et de soeurs catholiques qui nous confirmeront leur volonté de poursuivre avec nous cette marche ocuménique, en dehors de toute logique de récupération. Certaines n'ont pas manqué de se faire déjà entendre. Elles nous semblent confirmer ce que nous vivons, tous les jours avec de nombreux frères et sours catholiques, laïcs, prêtres ou évêques."

Et déjà des réactions peinées, dont celles du Comité chrétien de solidarité des chômeurs, le groupe biblique ocuménique de Tarbes, commencent à arriver au siège de la Fédération protestante.

 


Dominus Iesus : ECAAL et ERAL même combat

Marc Lienhard, Président du Directoire de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Moselle (ECAAL) et Jean-Paul Humbert, Président du Conseil Synodal de l'Eglise Réformée d'Alsace et de Moselle (ERAL) ont eux aussi regretté les affirmations de la déclaration romaine Dominus Iesus.

Ils soulignent "ce n'est pas l'absence d'une certaine forme d'épiscopat et de ministère pétrinien conditionnés par l'histoire, qui empêche des communautés chrétiennes se réclamant de Jésus-Christ d'être Eglises au sens biblique du terme."

Ils sont, toutefois, "reconnaissants pour le dialogue oecuménique des dernières décennies. Celui-ci a abouti non seulement à des déclarations communes sur l'Evangile que nous annonçons les uns et les autres sous forme du message sur la justification par la foi, mais aussi une certaine reconnaissance des diverses Eglises comme des expressions de l'unique Eglise de Jésus-Christ".

"Si les positions défendues par le document romain et le Cardinal Ratzinger devaient s'imposer, cela constituerait un retour en arrière et un coup d'arrêt regrettable pour l'oecuménisme. En effet, la quasi identification entre l'Eglise romaine et sa 'plénitude' avec l'Eglise de Jésus-Christ ne laisse ouverte qu'une seule démarche oecuménique : celle du retour des 'communautés protestantes' vers l'Eglise romaine." Et de réffirmer que malgré ce document, ils "ne comptent pas abandonner l'effort oecuménique."

 


La FPF rencontres d'autres fédérations protestantes d'Europe

Abandonnées depuis 10 ans, les rencontres bilatérales de la Fédération protestante de France avec son homologue allemande l'EKD, Evangelische Kirche in Deutschland, reprennent cette année.

La délégation allemande menée par l'évêque Rolf Koppe sera en visite au 47, rue de Clichy du 21 au 24 septembre. A l'ordre du jour des discussions : "sectes et nouveaux mouvements religieux en Allemagne et en France" ; Les relations avec les Eglises étrangères en Europe et en Afrique ; Les Eglises et la communauté européenne (Elargissement de l'U.E., Le nationalisme ; Relations avec l'orthodoxie ; Immigration et droit d'asile ; Ecoles ; Tziganes).

Du 27 au 28 septembre, les 16 représentants des quatre fédérations protestantes de Suisse (FEPS), de Belgique (EPUB), d'Italie (FCEI) et de France (FPF) ainsi que de la CEEEFE (paroisses francophones) de la CEPLE (Eglises protestantes latines) et de l'EPER (Entraide protestante suisse) vont se retrouver pour leur session annuelle tournante à Genève. Il est certain que le dernier texte produit par la Congrégation pour la doctrine de la foi sera au centre des discussions, d'autant que les participants rencontreront des représentants de l'Alliance réformée mondiale (ARM), du Conseil ocuménique des Eglises (COE) et de la Conférence des Eglises européennes (KEK).

 


Rencontre internationale des aumôniers de prison

Les pasteurs Werner Burki, aumônier général des prisons pour la FPF et Jean-Pierre Payot, aumônier des prisons et membre fondateur de IPCA (International prison chaplains' association) ont participé, fin août, à la quatrième conférence internationale des aumôniers de prison organisée par IPCA. Plus de 350 aumôniers (dont une bonzesse) se sont retrouvés à Kroonstad, en Afrique du Sud, pour travailler sur le thème "Tsêpo" : Vaincre le désespoir, engendrer l'espoir. "Tsêpo" est un mot sud-Africain qui signifie "espoir". Le programme comprenait des moments de culte et de partage, des exposés, des stands sur les aumôneries, des groupes de discussion, des visites dans la région.

Tous les cinq ans, depuis sa création à Bossey en 1985, IPCA (International prison chaplains' association) rassemblent les aumôniers du monde entier pour partager l'espoir, les joies et les défis du travail pastoral auprès des prisonniers et crée ainsi un réseau de prière et d'échange.

 


Justice et aumônerie des prisons

La prochaine rencontre des aumôniers de prison de la région parisienne se tiendra :

Maître Thierry Lévy, nouveau président de l'Observatoire international des prisons interviendra sur le thème : "Un regard extérieur sur la prison", Monsieur Jean-Michel Belorgey, Conseiller d'Etat, s'exprimera à propos de : "Privation de liberté et démocratie", M. Hugues de Suremain présentera le nouveau guide du Prisonnier, édité par l'OIP

Merci de faire parvenir votre inscription par le moyen qui vous conviendra. Et faites connaître vos éventuels souhaits de logement au plus tôt à Jacques Gradt : tel 01.43.20.88.08

PS: Vous trouverez sur place les "Recueil de textes et poèmes" N°1, N°2 et le N°3, ainsi que des cartes postales !

 


VIE DES EGLISES

 


Conseil national

Le Conseil national de l'Eglise réformée de France s'est réuni du 23 - 25 juin 2000, sous la présidence du pasteur Michel Bertrand. Cette session regroupait, au Centre de "Valpré" à Ecully, le Conseil national et les deux coordinations Edifier-Former et Témoigner-Servir.

Le pasteur Raphaël Picon, nouveau chargé des relations internationales, participait également à cette session. Le pasteur Guillaume de Clermont y est aussi intervenu pour faire le point à la suite des "Assises jeunesse". Conseil national et Coordinations ont pu mesurer, une fois encore, l'importance de cette réunion commune qui a lieu chaque année après le synode national. L'aumônerie était assurée par Cécile Souchon.

 


Rencontre commune du Conseil national et des Coordinations

Les Coordinations "Édifier - Former" et "Témoigner - Servir" et le Conseil national ont examiné les suites à apporter aux recommandations synodales en matière de formation à distance et notamment préciser les modalités et le calendrier d'un tel projet.

Le Conseil national s'est réjoui de la qualité du travail et de l'intérêt manifesté par le synode tant à propos de l'examen de la vie de l'Église que lors du travail sur le sujet synodal : Perspectives pour l'Institut protestant de théologie. Dans un climat de grande écoute et sous la conduite attentive de l'équipe des rapporteurs composée de Mme E. Bienvenüe et de MM. J-C Deroche, M. Manoël et J-D. Roque le large accord qui s'est dégagé sur le texte de la résolution finale traduit sans doute la qualité du travail préparatoire qui a eu lieu dans les Eglises locales, les conseils presbytéraux et les synodes régionaux mais aussi le souci que l'Eglise porte des Facultés de théologie. Ce travail synodal a donc permis un accord sur le maintien des deux sites de Paris et de Montpellier. Il a été aussi l'occasion d'une réflexion sur les conditions de mise en oeuvre et notamment de calendrier du projet de formation à distance en collaboration avec la coordination Edifier-Former. L'ensemble des dispositions synodales en la matière est à envisager dans un engagement financier stabilisé dans le cadre de contrats quinquennaux. Un groupe a été constitué pour réfléchir aux moyens mis à disposition de l'IPT, en vue des décisions du Synode national 2001.

 


Débat 2000 - 2000 débats

Le Conseil national et les coordinations ont fait le point sur la suite du travail après le lancement très réussi et le grand bonheur qu'ont vécu les participants aux journées de Lyon.

Il s'agit maintenant :

Le Conseil national et les coordinations nationales ont également envisagé l'engagement de personnes disponibles pour soutenir les groupes et paroisses dans cette démarche qui se poursuivra jusqu'à la fin 2001. Un compte rendu en sera fait au Synode national 2002.

 


Examen des dossiers de travail du Conseil national

Le Conseil national a passé en revue les diverses questions qui sont maintenant devant lui, notamment : à la suite de la tenue du Forum universitaire et, pendant le synode national, des Assises Jeunesse, le Conseil national souhaite renforcer les liens avec le monde universitaire et étudiant et d'une manière plus générale avec l'ensemble des groupes de jeunes existants dans le cadre des Eglises locales souvent sans beaucoup de liens entre eux. Comment mieux organiser leurs relations, quels liens établir maintenant, vers quels projets relancer l'activités de ces divers groupes de jeunes ?

Le Conseil national a consacré aussi un moment de travail aux projets de "Forum des ministères" et de "Colloque inter régional" en répartissant les champs de compétence entre ces deux projets.

Il a également examiné le dossier suivi par le groupe théologique à propos de la Charte ocuménique à transmettre à la Conférence des Eglises Européennes.

 


Rencontre de la Commission des nominations

Le Conseil national a rencontré Georges Lehrmann, de la commission des nominations en vue du renouvellement des conseil et commissions en 2001.

Il a partagé avec le Conseil national quelques uns des points importants qui guideront la commission dans sa recherche de candidats. Le Conseil national a prévu de nouvelles rencontres avec la Commission des nominations afin d'aboutir à des propositions concrètes qui seront communiquées aux délégués au prochain synode national qui se tiendra à Soissons du 24 au 27 mai 2001.

 


La conjoncture

Le Conseil national a consacré un long moment à l'examen de plusieurs questions d'actualité.

La loi anti-sectes. Pour dénoncer le caractère liberticide d'une telle loi si elle devait être définitivement adoptée dans sa forme actuelle, sans définition de la "manipulation mentale", avec une confusion constante de domaines aussi différents que celui des sentiments, de l'émotion, de la séduction ou de l'exposé de convictions. Les Eglises se trouvent placées devant la difficulté d'avoir à exprimer leur vigilance à l'égard des nouveaux mouvements religieux tout en refusant d'entrer dans des procédures difficilement admissibles.

Les "Sans papiers". Au moment du Synode national le troisième collectif des "Sans papiers" a exprimé sa reconnaissance pour le soutien apporté à sa dernière démarche. Les récentes prises de position des pouvoirs publics laissent à penser qu'une certaine nécessité économique peut finalement imposer une relative prise en compte de l'immigration dans un avenir plus ou moins proche.

Les exécutions capitales aux USA. Il existe aux U.S.A. une opinion publique largement favorable à la peine de mort qui est exploitée politiquement. Les Eglises avec lesquelles nous entretenons des relations de partenariat sont très engagées pour demander l'abolition. Nous devons continuer à leur manifester notre soutien notamment en les informant des initiatives prises en Europe.

 


Souvenirs du lancement de "Débat 2000-2000 débats"

La cassette vidéo des "Débats grands ouverts" du dimanche 4 juin 2000 au Palais des congrès de Lyon est disponible auprès de l'Eglise réformée de France :

Un numéro spécial d'"Eglise en débats" sera édité mi septembre, reprenant des extraits des "Débats grands ouverts", de la prédication du culte, ainsi que des photos du lancement de "Débat 2000-2000 débats", notamment de la soirée du samedi en centre ville de Lyon.

 


L'Armée du Salut

Parmi les 150 propositions de candidatures pour le prix Nobel de la paix 2000 reçues par le comité norvégien figurent notamment Bill Clinton, l'ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter, l'Armée du Salut (qui était en bonne position l'année dernière) et la ville albanaise de Kukes. Le lauréat du prix, doté cette année de plus de 1 million d'euros, sera annoncé le 13 octobre à Oslo. (France Soir - 6/09/00)

L'Armée du Salut, qui, depuis sa création à l'époque victorienne, n'autorisait ses soldats qu'à se marier entre eux, tolère désormais l'exogamie : "C'était une terrible restriction à l'égard de Cupidon", admet le général John Gowans, membre de l'Etat-Major. (Le Monde - 8/09/00)

 


OEUVRES ET MOUVEMENTS

 


Pour transmettre un nouveau visage de la mission, le Défap bouge

Quiconque franchit en ce mois de septembre la porte du 102 boulevard Arago, siège du Service protestant de mission, pénètre dans un vaste chantier, murs cassés, vacarme des perceuses, fils électriques en tout sens, poussière qui s'incruste. S'il monte au premier étage, il butte sur des montagnes de cartons soigneusement étiquetés et des rayonnages en train d'être vidés. Le Défap déménagerait-il ? Il faudrait plutôt dire : le Défap bouge et sa bibliothèque avec.

On pourrait, pour expliquer ce vaste projet de rénovation, évoquer des raisons d'ordre matériel ou pratique : manque de place, exigences liées à la sécurité, aux mauvaises conditions de stockage, confidentialité d'une bibliothèque isolée dans des locaux de type labyrinthe.

De telles raisons se doublent cependant d'une réflexion plus en profondeur. Quiconque franchit en effet la porte de Défap se trouve transporté dans un lieu de passage important : envoyés du Nord et du Sud, visiteurs des Églises partenaires, participants à des réunions, boursiers en transit, personnel du Défap, jeunes kanak du programme Après Bac Service, voyageurs séjournant au Défap...Lieu de passage, le Défap a voulu favoriser la mise en lien, la création de ponts. renforcer l'équation, lieu de passage-lieu de rencontre, d'interpellation, de stimulation et de compréhension réciproque. Et donner ainsi un nouveau visage de la mission.

Il importait pour cela que un, voire plusieurs lieux, favorisent cette rencontre entre ces publics plus divers qu'il n'y paraît. Un lieu "tout public" où des liens puissent se tisser au hasard des rencontres des croisements. Un lieu qui soit à la fois Défap et complètement ouvert vers l'extérieur.

La bibliothèque participe à ce défi. Tout en ne reniant pas sa vocation actuelle, celle d'une bibliothèque spécialisée destinée à un public de chercheurs, elle se prépare à acquérir une visibilité quasiment immédiate pour tous ceux qui franchiront le seuil du Défap. Plus spacieuse, plus fonctionnelle et plus conviviale, elle comportera salle de lecture, espace de consultation en libre accès. A ses côtés, la partie "réunion-exposition" permettra à des expositions comme à des réunions de se tenir. Passé et présent, mémoire, rencontre et formation trouveront un espace où s'articuler et se relier. Rendez-vous est pris pour l'inauguration, espérée pour la fin de l'année.

REPERES :

Ce que vous avez toujours voulu savoir sur la bibliothèque du Défap

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Domaines couverts

 


Session de la Cimade sur la rétention et l'éloignement des étrangers

Du 28 septembre au 1er octobre 2000, à Francheville près de Lyon, plus de 140 personnes participeront à la session annuelle de la Cimade, sur le thème de la rétention administrative et de la défense des étrangers reconduits.

Rappelons que la Cimade a accepté en 1983 d'être l'Association nationale présente en permanence à l'intérieur des Centres de rétention pour accompagner, informer et aider à la défense les étrangers en voie de reconduite ou d'expulsion vers leur pays d'origine.

Ainsi, depuis bientôt 20 ans, des permanents, des bénévoles "montent" quotidiennement à ce front - cette frontière - où se joue l'avenir de milliers et de milliers de personnes dont chacune a une histoire singulière la plus souvent pathétique.

Les Centres de rétention sont des lieux d'enfermement particulier dont l'issue, souvent incertaine, ouvrira soit vers un avion ou un bateau pour là-bas, soit vers un ici, le plus souvent sans papiers. L'angoisse et la peur se partagent avec l'espoir et l'espérance. La rétention administrative, c'est toujours l'urgence.

La parole sera donnée ainsi aux acteurs divers qui concourent au fonctionnement d'un Centre (policiers, avocats, juges judiciaires et administratifs, médecin, gestionnaire de centre), ainsi qu'aux bénévoles et équipiers de la Cimade qui sont présents.

Au cours de cette session les droits et pratiques de la rétention dans six pays limitrophes seront étudiés avec des praticiens qui montreront que nous sommes loin d'une harmonisation des lois européennes.

Moment de rencontre, de partage d'informations et de connaissances, cette session devrait permettre à la Cimade de faire le point alors qu'un décret ministériel doit prochainement redéfinir l'organisation et la réglementation concernant la rétention et l'éloignement des étrangers dans notre pays. (Cimade, 01 44 18 60 56)

 


OECUMENISME

 


En utilisant l'espéranto, des chrétiens surmontent les barrières culturelles

Lorsque plus de 50 chrétiens de dix pays et de différentes confessions se réunissent, on peut imaginer autour d'eux un ballet d'interprètes. Or, lors du Congrès tenu à Janské Làzné, en République tchèque, du 5 au 12 août, les participants n'avaient pas besoin de services de traduction car ils partageaient tous une même langue, l'espéranto.

Cette rencontre marquait le 50e anniversaire du Congrès chrétien d'espéranto, événement qui vise à promouvoir les échanges culturels et réunir les membres de Kristana Esperantista Ligo Internacia (KELI) - la Ligue chrétienne espérantiste internationale. Elle a pour but de diffuser des informations sur l'espéranto parmi les Eglises et les groupes chrétiens et sur le christianisme dans les milieux espérantistes.

Présente dans 48 pays, la KELI a été fondée en 1911, durant le Congrès universel d'espéranto. Elle compte des membres de nombreuses confessions - entre autres des adventistes, des quakers, des luthériens, des calvinistes, des anglicans et des orthodoxes.

Parmi leurs travaux, on compte : le Nouveau Testament, publié en 1912, et l'Ancien édité en 1926. Et depuis, la Bible sur CD-ROM. Un recueil liturgique oecuménique, Adoru, comprenant textes, prières et cantiques, est en préparation. 262 cantiques sont utilisés durant les services. Une revue bimestrielle, Dia Regno, publie des articles d'intérêt général à l'intention de la communauté espérantiste chrétienne.

La KELI a commencé à organiser des congrès annuels après la deuxième guerre mondiale. Elle entretient de bonnes relations avec l'Union espérantiste catholique romaine (IKUE) et les congrès annuels sont souvent communs. Ceux-ci donnent l'occasion aux participants de nouer des liens culturels et amicaux, et de célébrer des services oecuméniques. Ce sont d'ailleurs les moments du programme de la semaine de congrès les plus fréquentés. (Le pape Jean-Paul II utilise l'espéranto - entre autres langues - dans le message qu'il adresse régulièrement aux catholiques dans le monde et Radio Vatican a deux fois par semaine des émissions en espéranto.)

L'espéranto, pratiqué par quelque deux millions de personnes, est la langue artificielle la plus utilisée au monde. En 1905, utilisant le pseudonyme, "Dr Esperanto" - "celui qui espère" - Ludwik Zamenhof a publié les principes de base de la structure de cette langue.

Les espérantistes affirment que c'est une langue facile à apprendre car elle ignore "ces exceptions qui confirment la règle". Les 16 principes de grammaire sont aisés à apprendre, il n'y a pas de genres grammaticaux, ni de verbes irréguliers et tous les noms pluriels sont formés de la même façon. L'ordre des mots est relativement facile, et permet l'influence de la langue maternelle de celui qui parle. La plupart des mots dérivent du latin et des langues romanes avec un petit nombre de mots germaniques et slaves. Les termes scientifiques sont pour la plupart dérivés du grec.

La principale association, Universala Esperanto-Asocio, a été fondée en 1908 et compte des membres dans 83 pays. Il y aussi 50 associations espérantistes nationales. Chaque année, les membres se rencontrent lors du Congrès mondial durant lequel où ils peuvent nouer des liens fondés par leur passion pour ce qu'ils considèrent comme une forme logique de communication et discuter des 100 publications et 30 000 livres imprimés en espéranto. (ENI)

Internet : KELI : http://filipo.citeweb.net/keli/

Plus général : www.esperanto.net

 


Toutes les Eglises d'Europe seront à Strasbourg pour Pâques 2001

Pour marquer le début du nouveau millénaire, la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales d'Europe (CCEE) ont annoncé une rencontre oecuménique européene. Elle devrait se tenir à Strasbourg, du 17 au 22 avril 2001, dans la semaine suivant la fête de Pâques, qui tombera l'an prochain à la même date pour toutes les Eglises, de traditions orientale et occidentale. Le thème proposé est "Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin de temps." cela s'inscrit dans la lignée des rencontres oecuméniques de Chantilly, qui ont débuté en 1974.

Parmi les 250 personnes attendues, l25 seront catholiques et 100 des jeunes de moins de 30 ans (50 pour les Eglises membres de la KEK et 50 pour la CCEE). "Faire participer les jeunes, en leur confiant la vision oecuménique pour l'avenir et la poursuite du processus conciliaire de justice, paix et sauvegarde de la création", tel était l'engagement pris à l'occasion du deuxième Rassemblement oecuménique européen de Graz en 1997.

La rencontre devrait être clôturée par la signature de la Charta ocumenica, charte dont le texte est actuellement débattu au sein de la CCEE et des Eglises de la KEK.

Les Eglises et les organisations oecuméniques de toute l'Europe sont encouragées à organiser des manifestations oecuméniques -quelles qu'en soient l'ampleur et la durée- à un niveau local et national, autour des fêtes de Pâques 2001.

 


Bioéthique : interpellation des institutions européennes

La Conférence des Eglises européennes (KEK) qui rassemble une centaine d'Eglises chrétiennes non catholiques romaines s'est dotée d'une Commission Eglise et Société (CES) pour être sa voix auprès des institutions européennes à Bruxelles et Strasbourg.

Cette Commission a écrit, cet été, aux autorités de l'Union européenne pour demander, et spécialement à la France qui préside l'U.E. depuis le 1er juillet, de rouvrir le débat sur la brevetabilité du génôme humain en Europe et sur le plan mondial. Depuis 1996, la CES -ancien groupe de travail de l'EECCS- avait plusieurs fois exprimé son point de vue critique auprès du Parlement européen et de la Commission européenne. Certains aspects de la critique avaient été pris en compte, mais pas l'essentiel qui tient en 3 points :

Parmi les projets du groupe :

Le Comité Directeur de Bioéthique CDBI-Conseil de l'Europe a apprécié la contribution de la CES sur la difficile question de l'embryon. La CES prépare, en outre, des contributions sur le clonage thérapeutique, la génétique, (médecine prédictive) et sur la xéno transplantation (transplantation à partir d'un animal).

La Commission Eglise et Société est devenue l'un des partenaires majeurs parmi les 400 ONG qui coopèrent avec le Conseil de l'Europe. C'est ainsi qu'elle a été sollicitée par le médiateur aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe pour participer à un projet de recherche sur le thème : "L'intolérance religieuse comme facteur aggravant des conflits armés en Europe". La KEK travaille aussi avec le Comité européen de Cohésion Sociale du Conseil de l'Europe sur la pauvreté, l'immigration...

 


Trois nouveaux cycles de conférences "Amphis 21" à Sciences Po de 18h30 à 20h30

Inscription préalable :

Coût d'inscription à titre individuel : 600 francs pour un cycle complet

 


INTERNATIONAL

 


Vives réactions à "Dominus Iesus"

Les critiques ne se sont pas fait attendre. L'Archevêque de Cantorbéry, George Carey, affirme que l'Eglise d'Angleterre "fait partie d'une même sainte, catholique et apostolique Eglise du Christ". A Genève, le Conseil ocuménique des Eglises s'inquiète des conséquences de ce texte : "Quelle tragédie si le témoignage du christianisme face à un monde meurtri était obscurci par des discussions d'Eglises sur leur autorité et leurs salut respectif."

Paolo Ricca, professeur à la Faculté vaudoise de théologie à Rome, avec sa verve habituelle donne une leçon théologique au cardinal Ratzinger :

"'Dominus Iesus' a évoqué pour moi la parole de Jésus qui répondait à qui lui disait : 'Voici ta mère, tes frères et tes sours qui te cherchent', 'Qui est ma mère et qui sont mes frères ?'...(Marc 3, 32-35). Celle-ci me paraît être la réponse plus appropriée à la note du Cardinal Ratzinger, avec ses subtiles précisions, fidèles peut-être à la lettre des textes du magistère catholique, mais certainement pas à l'esprit qu'anima le Concile Vatican II et qui apparemment ne souffle plus à Rome.

Le discours du cardinal Ratzinger, compréhensible du point de vue ecclésiologie catholique traditionnelle, est complètement en dehors du discours biblique à propos de l'Eglise, et en ce qui concerne l'idée d'une 'Eglise mère' (qui dans le Nouveau Testament n'existe pas : 'notre mère' étant la 'Jérusalem céleste', Galates 4, 26), et par rapport à l'affirmation que les vraies Eglises - sours entre elles - 'sont uniquement celles qui ont conservé un épiscopat et une eucharistie valables'. Le discours du Nouveau Testament à cet égard, est tout autre ; il suffit de citer le mot clé de l'ecclésiologie testamentaire, qui est celui de Jésus : "Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis avec eux". (Matthieu 18, 20)

En dehors du monde chrétien, les réactions sont aussi vives. Dalil Boubakeur, Recteur de la grande Mosquée de Paris s'insurge: "Que signifient ces positions inquisitoriales ?" ; "Aucune Eglise n'a le monopole et il est gênant d'affirmer que l'Eglise catholique est le seul moyen de salut."

Le pasteur Jacques Stewart, président français de la Conférence mondiale des religions pour la paix, ne mâche pas non plus ses mots : "Prétendre qu'on détient seul la vérité, c'est de l'impérialisme" , "Ce qui me déçoit le plus c'est qu'une Eglise en soit encore à se cramponner à son statut" renchérit-il,avant de lancer "La vie de Dieu sera plus forte que les oukases du cardinal Ratzinger" tant il est convaincu que les forces conservatrices n'auront pas raison de la démarche ocuménique.

Le théologien dominicain Claude Geffré, en spécialiste du dialogue interreligieux ,regrette qu'aucune mention ne soit faite de "l'originalité du judaïsme, religion du peuple élu par Dieu. C'est en contradiction avec les démarches de Jean-Paul II comme le Sommet d'Assise ou la récente visite à Jérusalem". D'où son regret "qu'on ne laisse pas les théologiens des religions faire leur travail" et sa conclusion qu'on assiste à "une fin de règne de règne au Vatican et à une lutte d'influence au sein de la curie."

 


Assemblée baptiste et synode vaudois à Torre Pellice

Pour la première fois depuis dix ans qu'elles collaborent, les Eglises baptistes et vaudoises d'Italie ont tenu une assemblée/synode en partie commun dans la région de Torre Pellice du 20 au 26 août 2000. Cet événement a été introduit par un culte solennel célébré au Palais des Glaces (concession vaudoise à une demande baptiste) pour permettre au plus grand nombre d'y participer. Cette première fut un succès puisqu'un peu plus de 1000 personnes s'ajoutèrent aux quelques 500 délégués et invités des deux organes de décision. La partie commune de l'assemblée et du synode avait pour thème "Annoncer le salut aux femmes et aux hommes de notre temps". Elle a permis aussi de traiter des affaires communes, à savoir la société d'édition protestante qui publie l'hebdomadaire "Riforma", la collaboration territoriale et la formation pastorale (la faculté vaudoise est soutenue par les deux unions). (Etienne Lhermenault)

 


Cuba : Les responsables baptistes mondiaux rencontrent Fidel Castro

Les responsables baptistes mondiaux ont rencontré le président cubain Fidel Castro le 8 juillet dernier à la Havane. Cette rencontre leur a permis d'affirmer leur attachement à la séparation de l'Église et de l'État et à la conversion spirituelle de chaque individu. Selon Denton Lotz, secrétaire général de l'Alliance Baptiste Mondiale, "le président cubain a déclaré qu'il comprenait que la religion puisse jouer un rôle significatif dans la vie des gens, dans la société cubaine et qu'elle peut aussi jouer un rôle au niveau des relations internationales". Les baptistes venaient justement de condamner les mesures de boycott alimentaire et médical à l'encontre de Cuba, lors de leur sommet qui s'est tenu du 3 au 8 juillet derniers à La Havane. "C'est la population qui souffre de telles mesures, raison pour laquelle le boycott ne devrait pas être utilisé comme action politique d'État." Les baptistes ont profité de ce congrès pour organiser des rencontres d'évangélisation dans quarante églises baptistes. 3000 personnes y ont participé. Denton Lotz a déclaré que la tenue du Conseil baptiste à Cuba ainsi que le dialogue avec Fidel Castro ont permis de donner plus de crédibilité et de visibilité aux baptistes cubains, qui ont souffert d'un manque de liberté religieuse au cours des quarante dernières années. L'Eglise baptiste cubaine compte plus de 400 églises locales, plus de 900 sites missionnaires et un total de 38 000 croyants baptisés. (SPC)

 


Mennonites : une femme présidente

La Conférence mennonite mondiale, qui compte plus de 70 Eglises membres dans le monde, et dont un grand nombre refusent d'ordonner les femmes comme pasteurs, vient de nommer pour la première fois une femme à sa présidence.

Nancy Heisey, de Harrisonburg, en Virginie (E.-U.), assumera son poste de présidente lors de l'Assemblée en 2003, et succèdera à l'indonésien Mesach Krisetya.Chargée de cours -Etudes bibliques et histoire de l'Eglise- à Eastern Mennonite University, Nancy Heisey remarque que "dans les Eglises mennonites et autres, ceux qui viennent au service le dimanche et donnent leur temps à l'Eglise sont des femmes et des laïcs". Le Conseil de la Conférence qui comprend plus de 100 membres du monde entier, compte moins de dix femmes. "Je ne veux pas critiquer la direction de l'Eglise, mais je pense donner un visage à ces centaines de milliers de fidèles qui sont les pulsations de l'Eglise."

Fondée en Europe, en 1925, pour renforcer l'action missionnaire et la formation théologique à travers le monde, la Conférence mennonite mondiale, dont les Eglises comprennent 835 000 membres baptisés dans 50 pays, vient juste de célébrer son 75e anniversaire.

Les mennonites font remonter leurs origines à des mouvements protestants de Suisse au début du 16e siècle, souvent appelés anabaptistes en raison de la pratique du baptême des adultes - et à l'action de Menno Simons, prêtre catholique hollandais qui a rompu avec le catholicisme et a rejoint les anabaptistes en 1536. Menno Simons préconisait une vie de non-violence.

Aujourd'hui les mennonites sont connus pour leur opposition à la guerre et au service militaire, leur action au service de la justice sociale et des défavorisés et en de nombreux cas, une interprétation conservatrice de la Bible. De l'avis de Nancy Heisey, une des plus importantes contributions au monde des mennonites "est leur fidélité au message de paix de Jésus et leurs efforts pour l'appliquer dans la vie pratique". (ENI)

 


La reine d'Angleterre et le pape se rencontreront en novembre

La reine d'Angleterre et le pape Jean-Paul II exprimeront des regrets mutuels pour les conflits religieux du passé, lors de leur rencontre le mois prochain à Rome. La souveraine britannique se rendra au Saint-Siège et rencontrera le Pape pour la 3e fois, à l'occasion de sa visite d' Etat en Italie. Ce dernier est conscient qu'en la recevant au Vatican, il ne reçoit pas un chef d'Etat comme les autres mais aussi le chef de l'Eglise anglicane. Ils devraient faire part de leurs regrets mutuels concernant certains acres contraires à l'enseignement chrétien commmis au nom des deux Eglises.

En 1998, la Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galle a publié une prise de position reconnaissant que des graves fautes ont été commises dans le passé au nom de la religion catholique, par exemple à l'égard des protestants au temps de la Réforme tant en Grande-Bretagne qu'ailleurs dans le monde.

"Il n'y a jamais eu de reconnaissance des fautes commises contre la population catholique et un tel geste serait vraiment bienvenu", a déclaré un évêque catholique de Grande-Bretagne. La déclaration pourrait faire référence à la suppression du catholicisme en Angleterre après la Réforme au 16e siècle et l'exclusion des catholiques de la vie publique jusqu'au 19e siècle. On parle également de regrets concernant les abus commis durant des siècles par les Britanniques envers les catholiques irlandais.

Le pape, insiste pour que cette année jubilaire soit l'occasion d'une reconnaissance des fautes commises. Tony Blair fait de même pour les erreurs du passé. Il a déjà demandé pardon pour la grande famine de 1845-1847, causée par la maladie de la pomme de terre dans le cadre de l'exploitation coloniale anglaise, et l'emprisonnement des "Quatre de Guildford" accusés à tort d'être des terroristes de l'IRA. Tony Blair devrait prendre part à la rédaction du message de la reine d'Angleterre destiné au Pape. (CIP)

 


Des pays européens invités à passer à la caisse

L'Afrique réclame plus de 700 millions de dédommagement pour l'esclavage

Une sous-commission de l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine) mise en place au début de cette année pour se pencher sur une demande de réparation des torts causés à l'Afrique par l'esclavagisme et le colonialisme (RTAEC), a estimé à 777 millions de dollars le montant nécessaire au dédommagement du continent. Son paiement sera exigé par les pays africains, dans le cadre de l'ONU, de l'OUA, de la Cour internationale de justice et de l'Organisation internationale du travail.

Certains pays européens qui pratiquaient la vente d'africains ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne paieraient pas cette dette prétextant que des chefs africains de l'époque étaient eux aussi impliqués dans le commerce des esclaves et le pillage des ressources. Argument rejeté par la RTAEC : "il n'y a aucune preuve que les africains construisaient des bateaux négriers ou invistaient les esclavagistes à venir se livrer à ce commerce avec eux." (Apic)


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/