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La commission des lois du Sénat, présidée par Nicolas About (UDF-Yvelines), a auditionné mercredi à huis clos les représentants des religions les plus pratiquées en France, avant l'examen de la proposition de loi anti-sectes.
Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, Mgr Jean Vernette, délégué de l'épiscopat catholique romain, Joseph Sitruk grand rabbin de France et le Dr Dalil Boubakeur de la Mosquée de Paris ont exposé durant une heure leurs critiques devant une vingtaine de sénateurs très attentifs.
Insistant sur l'importance de l'arsenal juridique déjà existant pour lutter contre les délits, ils ont souligné qu'il n'est pas nécessaire de créer "une quelconque police de la pensée".
La proposition de loi About-Picard, qui permet la dissolution de mouvements sectaires dès lors qu'ils auront fait l'objet de plusieurs condamnations et qui contient aussi un délit de "manipulation mentale", a déjà été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 22 juin 2000. Mais ce texte devrait être sensiblement modifié à la suite des réserves émises par Elisabeth Guigou, alors garde des sceaux, ainsi que par la Commission nationale consultative des droits de l'homme et les représentants catholique, protestant, juif et musulman qui la jugent "imprécise" et "dangereuse". La manipulation mentale, qui de l'avis de tous, fait l'objet d'un flou juridique, peut se retourner contre n'importe qui, ont regretté les responsables religieux. Ils souhaitent la création d'un observatoire pluridisciplinaire indépendant des pouvoirs publics, qui pourrait être composé de magistrats, de religieux et de spécialistes des sciences humaines susceptible de rendre "des avis objectifs" comm!
e c'est le cas en Belgique, en Suisse, en Italie et en Angleterre. Quant à la Mission interministérielle contre les sectes (MILS), ils ont estimé qu'elle n'aurait plus lieu d'exister dans l'hypothèse où un observatoire serait mis en place.
Ils ont par ailleurs fait leur mea culpa, reconnaissant que leurs confessions ne répondent pas à la quête spirituelle actuelle, émanant de Français qui se tournent vers "les marchands de vent".
Dans leurs réponses, les sénateurs ont souligné leur volonté de lutter sans faiblesse contre les délits sectaires et leur refus de "toute police de la pensée". M. About devrait rencontrer Mme Picard pour "améliorer" la proposition de loi "en sauvant l'esprit de l'Assemblée nationale, mais en lui donnant une forme qui ne soit plus contestable par les groupes religieux". Ainsi le délit de manipulation mentale pourrait être transformé en un délit plus large de "mise en situation de faiblesse", qui existait déjà en partie dans le code pénal.
Quant à la dissolution des groupes à caractère sectaire, M. About a accueilli favorablement la proposition des représentants religieux de substituer à la dissolution par les juges, une dissolution administrative sous contrôle du Conseil d'Etat, applicable à tout groupe délictueux quel qu'il soit.
La Commission Justice-Aumônerie des prisons de la FPF
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Philippe Faure, président de la Commission Justice et aumônerie des prisons de la Fédération protestante de France (FPF) et le pasteur Werner Burki, aumônier général des prisons de la FPF, ont adressé, le 25 octobre, une lettre au Premier ministre Lionel Jospin pour lui rappeler que "l'état actuel des prisons de notre pays ... porte une grave atteinte à la dignité humaine. Cette situation est d'ailleurs dénoncée depuis des décennies par les 235 aumôniers de prison protestants et les nombreux membres de nos Eglises qui administrent et animent des structures d'accueil de sortants de prison, des familles de détenus et des victimes".
La Commission Justice et Aumônerie des prisons a tenu à faire savoir à M. Lionel Jospin, ainsi qu'à Mme Marylise Lebranchu, nouveau garde des Sceaux et M. Laurent Fabius, ministre de l'économie et des finances - qui ont eu copie de la lettre - qu'elle "accueille avec intérêt et espoir l'annonce d'une grande loi pénitentiaire". Et demande que soit rapidement dégagé, sans attendre son adoption "des moyens conséquents, humains et matériels, indispensables pour mettre fin à une situation incompatible avec l'Etat de droit démocratique de notre pays."
Une délégation fédérative française au Cameroun et au Congo
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A la demande de la Fédération des Eglises et missions évangéliques du Cameroun (FEMEC), le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la FPF, le pasteur Henri Frantz, ancien président de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes en France (FEEB) et le pasteur Frédéric Trautmann, nouveau président du Service protestant de mission et membre du Conseil d'administration de la Fédération de l'Entraide protestante, se sont rendus au Cameroun du 23 au 29 octobre 2000. Le pasteur de Clermont a poursuivi le périple au Congo du 29 octobre au 2 novembre.
L'objectif du voyage au Cameroun était de voir en quoi la FPF et la FEMEC pouvaient être plus en relation l'une avec l'autre. Aujourd'hui, les liens entre les églises protestantes passent essentiellement par la Cevaa et les organismes missionnaires. Il semblait important de voir comment les oeuvres et institutions pourraient être plus en relation avec leurs équivalents. A noter : 40 % de l'enseignement au Cameroun est privé et confessionnel et 25 % du travail médical est effectué par la FEMEC.
La FEMEC a tenu à faire savoir à la FPF quelques unes des grandes préoccupations du Cameroun aujourd'hui, notamment la question des privatisations. Si certaines comme celle des chemins de fer (capitaux Bolloré et Afrique du sud) sont plutôt bien accueillies, de grandes inquiétudes se font jour quant au sort de 13.000 personnes lié à la future privatisation de la Sidici-Cameroun development co (palmiers à huile, hévéas, théiers, bananiers). Des questions sociales de santé, d'éducation comme de vie quotidienne des populations se poseront avec acuité. Pour appuyer les démarches de la FEMEC, la FPF a insisté sur la nécessité de préparer des dossiers fortement argumentés.
Pourtant les idées ne manquent pas. Le Cameroun a été déclaré un des pays les plus pauvres de la planète et peut donc bénéficier de la remise de la dette. Un groupe de protestants, appelé Club de Yaoundé, propose que les sommes versées sur la caisse de garantie servent aussi à financer les 45 millions de FF dus aux écoles privées, comme participation de l'Etat à l'écolage. D'habitude, ces sommes servent aux projets de développement du gouvernement mais pas des projets privés.
Le pasteur J.-A. de Clermont s'est ensuite rendu au Congo, dans la suite de la visite du Conseil d'Eglises chrétiennes du Congo qui était venu rencontrer, en 1999, à Paris la FPF, la Svenska missions vorbundet suédoise et le Conseil oecuménique des Eglises.
Dans ce pays dévasté par les guerres de 1994, 97 et 98, les Eglises et particulièrement l'Armée du Salut et l'Eglise évangélique du Congo font un travail remarquable. L'Eglise évangélique du Congo, qui a monté une association humanitaire avec l'aide des suédois, maintenant rejoints par la Croix-Rouge, le PAM et le PNUD s'occupe notamment de l'accueil de 700 femmes violées. Beaucoup ont jusqu'à 10 enfants à charge, leurs siens plus ceux des parents assassinés. Ce programme s'est adressé particulièrement aux enfants. Aujourd'hui, les dessins des kalachnikovs sont remplacés par d'autres plus optimistes. Actuellement, l'espérance au Congo ,se vit au jour le jour, "avoir à manger pour la journée est une joie" confie le pasteur M'Bama, président de l'Eglise évangélique du Congo.
Sur 160 pasteurs de son Eglise, 100 n'ont pas encore rejoint leur paroisse par manque d'argent pour leur retour de l'étranger, par crainte aussi parfois de ne plus rien retrouver. Il cherche 150.000 FF pour rapatrier les pasteurs, leur fournir une Bible, et des fournitures de bureau ainsi que 3 semaines de salaire en attendant que les paroisses soient en mesure de se reconstituer.
De ses deux voyages, le pasteur J.-A. de Clermont est revenu avec la conviction de la nécessité de coordonner les efforts tant en France qu'en Europe pour que les Eglises définissent ensemble leurs objectifs et leurs priorités.
L'Annuaire 2001 de la France protestante est paru !
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Il contient 688 pages de coordonnées :
Tous les pasteurs des Eglises membres de la FPF, mais aussi d'Eglises protestantes non-membres.
Vous retrouverez tous les médias protestants, les mouvements de jeunesse, les centres d'accueil, les cliniques...
Bref, tout le réseau associatif classé par rubrique.
Sans oublier des adresses à l'étranger pour préparer vos rencontres avec les Eglises soeurs !
L'Annuaire 2001 de la France protestante, un incontournable outil pour travailler en réseau.
230 F à commander à l'Illustré protestant, BP 28 - 69647 Caluire Cedex
DOMINUS IESUS
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Le pasteur J.-A. de Clermont, président de la FPF s'est exprimé à Lourdes devant les évêques sur "Dominus Iesus"
Accompagné du pasteur Geoffroy de Turckheim, président de la Commission oecuménique de la Fédération protestante de France (FPF), le pasteur Jean-Arnold de Clermont s'est rendu à son retour d'Afrique, à l'Assemblée annuelle de la conférence épiscopale catholique romaine à Lourdes les 6 et 7 novembre.
A huis clos, il a adressé aux évêques un message centré sur la réception du texte "Dominus Iesus" et les attentes des protestants suite à sa publication. Après avoir exprimé la tristesse des protestants, leur volonté de poursuivre le travail oecuménique, il leur a lancé un appel à répondre à leurs interpellations.
Il leur a aussi suggéré d'"utiliser à plein les multiples occasions de rencontres oecuméniques : le temps de l'Avent 2000, Pâques 2001, Viviers 2001, le Forum oecuménique de la Mission en 2002" ainsi que l'outil CECEF, créé en 1987, le Conseil des Eglises chrétiennes en France. Il les a exhortés à "oeuvrer pour le renouvellement de la génération oecuménique, à réactiver une réflexion théologique peut-être endormie..."
Mgr Louis-Marie Billé a répondu : "A votre volonté oecuménique répond bien la nôtre, au-delà des difficultés qui peuvent surgir..."
Dès le lendemain matin, leurs interventions étaient diffusées aux médias par l'épiscopat.
Intégralité ci-dessous
Lourdes : Dominus Iesus
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Intervention du pasteur Jean-Arnold de Clermont
Messeigneurs,
Chers Frères et Soeurs en Christ,
Permettez-moi tout d'abord de vous dire les messages fraternels de la Fédération protestante de France, pour chacun de vous et de vos diocèses comme pour votre Assemblée et ses travaux. Je regrette personnellement de n'avoir eu cette année que la possibilité de dégager deux jours de mon emploi du temps pour y participer, coincé entre un voyage en Afrique et une convocation par la Commission des Lois du Sénat. Je suis d'autant plus reconnaissant à Monseigneur Louis-Marie Billé de m'avoir accordé ces quelques moments de parole.
J'en viens tout de suite à ce qui a motivé ma demande.
Il s'agit vous vous en doutez bien du document Dominus Iesus
"Malgré un tel texte, notre conviction oecuménique reste entière : notre commune écoute de la Parole de Dieu, notre partage les uns avec les autres - catholiques, protestants, anglicans, orthodoxes - restent des nécessités vitales pour notre foi, nous conduisant à un témoignage et des engagements communs dans la société."
C'est ce que déclarait la Fédération protestante au lendemain de la publication du document. Et je note que cette volonté oecuménique s'est affirmée dans toutes les déclarations dont j'ai eu connaissance ; des Eglises protestantes de France, ECAAL-ERAL, ERF ; comme des Eglises protestantes d'Italie, de Suisse, d'Allemagne ; l'Eglise anglicane en Grande-Bretagne, ou le Conseil oecuménique des Eglises.
Cependant, et cette liste incomplète l'atteste, il n'est pas exagéré de dire que Dominus Iesus a suscité une émotion considérable dans nos Eglises. C'est ce qui nous a incité à réagir officiellement.
Le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi s'est heurté à une incompréhension d'autant plus forte que son principal objet concernait le dialogue interreligieux : l'incise relative aux autres Eglises y est apparue d'autant plus déplacée qu'elle risquait d'être source de confusion.
Mais ce qui nous a peut-être le plus frappé est le nombre considérable de fidèles catholiques, prêtres, théologiens ou laïcs, qui nous ont fait part de leur gêne, de leur tristesse et parfois de leur indignation.
Cela a été dit et redit : près de quarante ans après Vatican II et la grande avancée oecuménique qu'il a engendrée, on pouvait s'attendre à ce que le regard que porte les Eglises les unes sur les autres ait changé. Même s'il est vrai que les pères conciliaires continuaient de penser que seule l'Eglise catholique disposait de la plénitude des moyens du salut, c'est bien à une conversion du regard sur les autres Eglises qu'ils ont appelé de leurs voeux. Et nous sommes bien convaincus que ce regard a changé dans le sens souhaité par le Concile Vatican II ?
Ces derniers temps, plusieurs Eglises catholique, protestantes ou orthodoxes ont réaffirmé d'une manière ou d'une autre qu'elles étaient les seules à pouvoir prétendre au titre de véritable Eglise de Jésus-Christ. Ce genre dedéclaration nous préoccupe et nous inquiète. Il nous inquiète, pas tellement pour l'avenir de l'oecuménisme qui n'en n'est pas à sa première difficulté, mais, surtout, pour la crédibilité du témoignage rendu à l'Evangile auprès de nos contemporains. Que vont-ils penser de nous et de l'Evangile que nous proclamons si, les uns après les autres, nous prétendons être les seuls à détenir la vérité de la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Dans un monde qui manque cruellement d'unité (unité entre les peuples, unité entre les différents courants de pensée politique, etc.), la prétention de chaque Eglise à détenir seule la vérité ne fera que renforcer et même légitimer le manque d'unité de notre monde actuel avec tous les drames que cette désunion engendre.
Mais il y a peut-être plus. De nombreux théologiens catholiques nous l'ont confirmé : appliquée aux Eglises protestantes, la distinction radicale faite entre Eglise et simple communauté ecclésiale constitue un discours inédit qui risque d'inciter à une nouvelle inversion du regard. Inconnue de l'encyclique Ut unum sint (qui parle des Eglises et Communautés ecclésiales de la Réforme), cette problématique est totalement absente dans les dialogues officiels entre nos Eglises. Dans le dialogue ARM-Rome (1990) il est dit "qu'ensemble nous confessons l'Eglise", dans la Déclaration commune sur la justification, il est précisé que l'usage du concept "d'Eglise" est "utilisé dans le sens de l'auto-compréhension de chaque partenaire, sans intention de résoudre les questions ecclésiologiques qui y sont liées". En quoi cette différence de compréhension de l'Eglise nous interdirait-elle de nous considérer les unes les autres comme ecclesia de Dieu au sens biblique du terme. Pour la cla! rté du débat oecuménique, continuons à reconnaître que nous n'avons pas la même compréhension de l'Eglise (mais aussi du sacerdoce, de l'episcope, du diaconat, etc.). Parce qu'avant d'être dogmatiques, ces concepts sont bibliques, refusons-nous à prétendre que nous sommes les seuls à en détenir la vérité ?
Qu'elle que soit notre auto-compréhension de l'Eglise et indépendamment de notre profond désir d'unité, nous avons, en de nombreuses occasions, à témoigner ensemble de l'Evangile de Jésus-Christ. Contrairement à une idée reçue, dans de nombreux domaines, nous pouvons et nous devons affirmer publiquement ce en quoi nous croyons. : sur la jeunesse, sur la famille, sur la violence, sur les questions sociales et économiques, sur l'Europe, etc.
Dans de nombreux pays et région du monde, le mouvement oecuménique s'est doté d'institutions dans le but de manifester publiquement notre témoignage commun. Nos Eglises se retrouvent ensemble au CEMO, au CEPacifique, etc. Dans de nombreux Etats, notamment en Afrique, les Conseils nationaux d'Eglises se font entendre et apparaissent souvent comme les seules institutions capables de faire face aux difficultés de la vie sociale, politique et, bien sûr, religieuse.
Depuis 1987, en France, nous avons créé ensemble le CECEF. Sa mission et sa vocation ne sont pas encore très bien comprises. Son existence n'est pas sans poser de problèmes à ses Eglises membre, la vôtre comme les nôtres. L'opinion publique et les médias en perçoivent mal l'intérêt. Ce constat ne doit pas nous décourager. Sans renoncer à agir ensemble, prenons le temps de la réflexion pour consolider ses bases et mieux définir ce que, les uns et les autres, nous attendons de lui.
Permettez-moi de suggérer que nous utilisions à plein les occasions qui nous serons données prochainement de vivre des rencontres oecuméniques, le temps de l'Avent 2000, Pâques 2001 commun à Occident et Orient, Viviers 2001, le Forum oecuménique de la Mission en 2002.
Enfin, j'aimerais souligner combien cet épisode de notre vie oecuménique nous engage à mettre tout en oeuvre pour renouveler la génération oecuménique par un travail catéchétique, et pédagogique important, à réactiver une réflexion théologique peut-être endormie, à renouveler sur le terrain les groupes qui oeuvrent en faveur de notre engagement oecuménique.
Devant un protestantisme français qui a été heurté par "Dominus Iesus", nous espérons de votre part réponse à nos interpellations. La cause de l'unité et le témoignage rendu à l'Evangile méritent un engagement oecuménique commun.
A la fin de l'intervention du Pasteur J.-A. de Clermont, Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évêques de France, a réagi en ces termes :
"Je vous remercie de la clarté et du caractère fraternel de vos propos. Permettez-moi de relever trois points :
A votre volonté oecuménique répond bien la nôtre, au-delà des difficultés qui peuvent surgir.
Vous disiez : "Pour la clarté du débat oecuménique, continuons à reconnaître que nous n'avons pas la même compréhension de l'Eglise". C'est cela même qui fera l'objet de la session des délégués à l'oecuménisme, à Viviers, en 2001. Je souhaite de tout coeur que cette session permette d'éclairer à la fois ces différences de compréhension mais aussi ce que nous avons en commun.
Nous vous rejoignons très profondément lorsque vous dites que nous avons à témoigner ensemble de l'Evangile de Jésus-Christ.
Merci beaucoup. D'ici peu, nous continuerons l'échange au Conseil d'Eglises chrétiennes (CECEF)".
L'ACAT et l'oecuménisme
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à propos de Dominus Iesus
"La récente déclaration Dominus Iesus signée par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et approuvée par le Pape Jean-Paul II, trouble profondément les adhérents de l'ACAT, catholiques, protestants et orthodoxes.
Sans nécessité évidente au regard de son objet principal, ce texte aborde dans son chapitre IV des questions relevant du dialogue oecuménique. Il y expose la doctrine catholique dans une rédaction malheureuse.
La déclaration affirme notamment, au paragraphe 17, que "les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Eglises au sens propre". Contrairement à ce que peut suggérer la référence donnée en note, cette phrase n'est pas extraite du décret conciliaire sur l'oecuménisme Unitatis redintegratio. Par sa formulation abrupte, elle est offensante à l'égard des chrétiens qui appartiennent aux Eglises issues de la Réforme.
En sens inverse, la déclaration ne fait aucune référence à la notion d'Eglises soeurs, évoquée au paragraphe 14 du décret conciliaire. Cette omission compromet le rétablissement d'une ecclésiologie de communion qui fut celle de l'Eglise indivise du premier millénaire de la chrétienté.
Plus généralement, la déclaration, rédigée de façon intemporelle, ignore les fruits de 35 ans de dialogue oecuménique engagé à la faveur du concile Vatican II entre l'Eglise catholique romaine et les autres Eglises chrétiennes. Or, malgré les difficultés auxquels il se heurte, ce dialogue suscite chez les chrétiens qui y participent une immense espérance et doit impérativement être poursuivi.
Dans ces conditions, forte du travail collectif accompli en son sein depuis 25 ans par des milliers de chrétiens de toutes confessions, l'ACAT-France :
1°) proclame son engagement oecuménique, dont elle éprouve tous les jours la fécondité spirituelle et l'efficacité dans le combat pour le respect des droits de l'homme ;
2°) appelle tous ses membres à respecter les appartenances confessionnelles des uns et des autres, à mieux connaître le patrimoine spirituel et théologique des différentes Eglises et à en célébrer la richesse ;
3°) soutient les travaux du CECEF, de la KEK, et plus largement, de toutes les structures de dialogue oecuménique, en souhaitant leur développement ;
4°) estime que le rassemblement des chrétiens est indispensable pour répondre aux appels urgents et dramatiques du monde contemporain ;
5°) témoigne que l'expérience oecuménique est une source de joie profonde pour ceux qui la vivent, et appelle tous les chrétiens à promouvoir l'unité, dans la prière et dans l'action quotidienne, comme le Christ lui-même le demande". (Paris, le 30 octobre)
Jean-François BENARD, Président de l'ACAT
Michèle NIKITINE, Vice-présidente orthodoxe
Sylvie BUKHARI de PONTUAL, Vice-présidente catholique
Michel FREYCHET, Vice-président protestant
PROCHE-ORIENT
Prière pour la paix
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Les représentants des religions juive, musulmane, catholique et protestante
ont chacun fait une "prière pour la paix" le 7 novembre de 17h30 à 18h30 sur
l'esplanade du Trocadéro à Paris en présence du maire de Paris, Jean Tibéri,
et devant une trentaine de personnes, a constaté l'AFP.
"Nous demandons à tous les croyants de s'unir pour la paix. Le but n'est pas
de dire une prière commune mais d'inviter chacun à prier notre Dieu commun avec
ses mots, de montrer qu'ensemble on peut être différent", a déclaré le grand
rabbin de France Joseph Sitruk à l'origine de cette initiative.
M. Sitruk, évoquant Caïn qui tua Abel alors qu'ils étaient seuls au monde, a
rappelé que "c'est bien la haine qui tue". "On ne signe pas un accord pour dire
qui a droit à quoi mais qui reconnaît qui", a-t-il dit appelant à "l'apaisement
et au refus définitif de la violence".
Le représentant de la Grande Mosquée de Paris, le Dr Seddiki Djelloul, a rappelé
que dès le début des événements au Proche-Orient" notre institution a tenu à
manifester le désir profond de paix des musulmans de France". "Nous élevons
une nouvelle prière pour que Dieu accorde grâce et miséricorde à toutes les
victimes de la violence et condamnons la profanation de tous les lieux de prière",
a-til dit.
Le père Jean-Claude Bardin pour l'Eglise catholique a priè pour "la paix dans
le monde, entre tous les hommes, tous les peuples, toutes les communautés".
Tandis que le pasteur Jean-Paul Morley, pour l'Eglise réformée, évoquant la
tour de Babel, a souligné "la richesse de la diversité".
Pour sa part, M. Tiberi, s'adressant aux"frères de Terre Sainte" a rappelé"qu'il
n'y a pas de fatalité à la haine".
Cette initiative s'inscrivait dans le cadre de la préparation d'un colloque
international des différentes religions au début de l'année prochaine.
(AFP)
Il a adopté les lignes directrices de la prochaine rencontre annuelle, prévue les 6, 7 et 8 avril 2001 à Théoule sur Mer (près de Nice). Outre le volet statutaire de l'assemblée générale, la rencontre annuelle 2001 sera consacrée aux défis adressés à la diaconie associative, auxquels elle peut et doit répondre de manière actualisée et dans une fidélité à ses valeurs fondatrices. Les trois moments de la réflexion proposée porteront sur les convictions (les raisons d'être du fait associatif et l'héritage protestant), les responsabilités (la vie associative comme les services rendus sont perfectibles), les capacités à regarder l'avenir avec une volonté de pérennité, et en osant prendre des risques (de nouvelles formes d'engagement diaconal apparaissent).
Avec le centenaire de la loi associative, cette réflexion devra prendre en compte les diverses formes juridiques existantes (fondations, associations lois 1901 et 1908) et à venir (unions d'économies sociales, groupements d'employeurs, sociétés coopératives, etc.).
Un échange a eu lieu concernant les préoccupations des différents secteurs :
- dans le domaine social, le bilan de la loi contre les exclusions fait ressortir un certain nombre de carences ou de retards préoccupants dans sa mise en oeuvre sur le terrain. Ce constat va à l'encontre du discours général qui vante le retour de la croissance, I'embellie de l'économie, etc. Ce "discours unique" rassurant pourrait avoir un effet démobilisateur pour les associations, alors même qu'on peut constater sur le terrain que, malgré les efforts déployés, le logement social est souvent en panne, les jeunes en échec scolaire restent parfois éloignés des dispositifs créés pour eux, l'accès aux soins par la couverture maladie universelle (CMU) est très inégalement mis en place, les situations de surendettement s'accumulent, et en règle générale, les dispositifs se rigidifient, niant toute approche privilégiant la globalité de la personne. Le conseil d'administration regrette fortement que le gouvernement n'ait pas l'intention de reconduire, articulé à la loi, un program!
me triennal de lutte contre les exclusions.
- Dans les champs médico-social et sanitaire, d'importantes réformes sont en cours (tarification, accréditation, coordinations et réseaux). Le constat actuel d'indécision, voire de désorganisation, le manque de places d'accueil, sont à la mesure des changements de fond qui sont à l'oeuvre, même si on n'en mesure pas aisément l'ampleur. Ces changements concernent autant le maintien à domicile que l'accueil en établissement des personnes âgées et handicapées.
La situation de la psychiatrie est exemplaire des changements qui vont bientôt affecter plusieurs disciplines médicales et médico-sociales: une logique de rééquilibrage est à l'oeuvre (on dé-sanitarise en séparant radicalement le soin de l'hébergement).
Cette logique va bien au delà du raisonnable, et fait la part belle à une approche libérale de "clientèle" qui supprime la "prise en charge", et interroge donc la notion de droit commun.
Un groupe de travail fédératif sur le projet de loi rénovant l'action sociale et médico-sociale (ex-"loi de 1975") a été confié à la Fédération des Oeuvres Evangéliques, union régionale Est.
Un autre groupe ad-hoc se préoccupera des incidences (actuelles et à venir) de la mise en place de l'aménagement-réduction du temps de travail (ARTT), en lançant un questionnaire auprès des adhérents, afin de mesurer s'il s'agit d'une véritable avancée sociale pour tous, acteurs et usagers.
Le conseil a décidé l'admission de l'Association socio-éducative Lien-Partage (ASELP, Colomiers, Haute-Garonne) au sein de la Fédération de l'Entraide Protestante (FEP). Il a examiné l'état des finances de l'exercice en cours. La situation demande une vigilance soutenue, en particulier pour le suivi des recettes (cotisations des adhérents, contributions votées par l'assemblée générale pour Eurodiaconie et la Fédération protestante de France).
Il a encouragé le travail entrepris visant à faire évoluer significativement la politique de publication, avec l'intégration des moyens multimedia (site internet en cours de constitution), et pris acte de la publication du manifeste "Un autre regard sur l'immigration" qui sera largement diffusé dans les milieux ecclésiaux.
L'assemblée générale 2001 sera amenée à renouveler statutairement par moitié le conseil d'administration, ce dernier devant ensuite élire un nouveau bureau et un nouveau président. Le conseil d'administration se met à réfléchir dès à présent aux orientations stratégiques que la fédération pourrait prendre avec cette nouvelle mandature.
Le pasteur Bernard Rodenstein, qui préside la fédération depuis la fusion EPfn-FPO de 1992 (après avoir été élu président de 1'EPfn en 1988), a annoncé qu'il quitterait le conseil en 2001, au terme de treize années de présidence.
(Robert Mollet)
La première Assemblée générale de la Cevaa tenue à Sète, du 25 octobre au 5 novembre 2000 vient de gagner son pari. L'on souhaitait, en effet, avec cette nouvelle forme de rencontre, plus de transparence, plus de responsabilité partagée, plus de démocratie. En ce sens, l'expérience de cette Assemblée générale a été très positive. Les débats et les prises de parole à sens unique - surtout lorsqu'il s'agissait des finances, laissant la place au poids des Eglises du Nord - ont cédé la place à une circulation de parole dont la qualité, le dynamisme et le courage des positions ont été extrêmement fructueuses. D'importantes décisions ont été prises. Elles apportent un nouveau souffle et de nouvelles orientations à la vie de la Cevaa et lui ouvrent ainsi des perspectives de travail dans le cadre du témoignage missionnaire des Eglises membres.
Ce nouveau souffle et ces orientations nouvelles sont symbolisés par l'élection d'un nouveau Conseil exécutif : de neuf membres, dont quatre femmes. L'équipe, présidée par le pasteur polynésien, Ralph Teinaoré et Madame Christiane Agboton-Johnson de l'Eglise Protestante du Sénégal comme vice-présidente, s'est engagée, pendant son installation au cours du culte solennel d'envoi de l'Assemblée générale, à en assumer la responsabilité dans un esprit de service et de collégialité avec le Secrétaire général Alain Rey, reconduit pour un nouveau mandat de quatre ans (2001-2005) et l'ensemble du Secrétariat.
Au sujet des "projets missionnaires", dénommés désormais "programmes missionnaires des Eglises membres", l'Assemblée générale réaffirme sa fidélité aux aspirations de solidarité et de communauté de partage qui ont fondé la Cevaa. Elle réaffirme avec force que l'aspect financier ne constitue pas l'élément essentiel du vivre ensemble dans la Communauté. Ce qui le fonde, c'est le partage, la confiance, la rencontre et la foi en Jésus-Christ.. L'Assemblée générale reconnaît la pertinence et l'enjeu pédagogique du projet proposé, en termes d'élaboration d'une politique missionnaire et financière commune à toutes les Eglises de la Communauté. Elle en accepte le principe en demandant, entre autres, au Conseil exécutif de planifier la formation et la mise en oeuvre de façon réaliste et solidaire afin que certaines Eglises connaissant des difficultés puissent faire face à leur fonctionnement.
Trois séances d'étude biblique réparties sur deux après-midi et une matinée ont soutenus les travaux des délégués. Conseillés par une équipe de trois biblistes, les participants se sont livrés à une lecture contextuelle et interculturelle du thème : "Combien avez-vous de pains? Allez voir !" (Marc 6: 38), en parallèle avec d'autres textes bibliques.
L'Assemblée générale a favorablement accueilli et encouragé l'initiative de collaboration entre les trois organismes oecuméniques internationaux : la Cevaa , le CWM (Council for World Mission) et la MEU (Mission Evangélique Unie). Elle approuve l'idée d'une action commune sur la question du sida, et les soutient dans la poursuite de la réflexion et du partage des expériences dans d'autres domaines. La résolution votée unanimement par les délégués à ce sujet sera envoyée à toutes les Eglises membres pour les encourager et les inciter à prendre encore plus au sérieux leur engagement dans ce domaine.
D'autres sujets préoccupants ont fait l'objet de réflexion et de débats dans les groupes de travail. Qu'il s'agisse des nouvelles formes d'échange, de la Justice et Droits de la personne humaine, du service de la Paix et de la réconciliation, des relations entre les pays européens et les pays du Sud - notamment sur la dette des pays pauvres ou du témoignage des Eglises du Nord dans un monde sécularisé - les délégués ont clairement exprimé et réaffirmé leur souci de voir les Eglises membres de la Communauté s'engager davantage dans une action concrète, en lien avec leur contexte.
Informée de la décision de justice rendue par la Cour d'Appel de Cotonou en date du 9 août 2000, rendant justice à l'Eglise Protestante du Bénin, l'Assemblée générale lève la mesure provisoire prise envers cette Eglise et l'accueille à nouveau comme membre à part entière de la Communauté.
Egalement préoccupée de la situation en Côte d'Ivoire, elle encourage l'Eglise Méthodiste de Côte d'Ivoire à la vigilance et à la poursuite de son travail de réconciliation pour l'instauration de la paix dans le pays.
Enfin, pour la clôture des travaux de l'Assemblée générale, le 4 novembre, une soirée missionnaire exceptionnelle a réuni au Zénith de Montpellier, une centaine de choristes (chorales africaines, malgaches, montpelliéraines et les High Rock Gospel Singers de Strasbourg) autour des Black and White Gospel Singers, en présence des délégués et de plusieurs centaines de personnes.
Conseil de la Cevaa :
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Ralph TEINAORE, Eglise Evangélique de Polynésie Française, Président
Christiane AGBOTON-JOHNSON, Eglise protestante du Sénégal, Vice-présidente
Franco TAGLIERO, Eglise Vaudoise d'Italie, Trésorier
Etienne ROULET, Eglise Evangélique Réformée du Canton de Vaud, Secrétaire
Christine NOYER, Eglise Evangélique Réformée du Canton de Fribourg
Patrice SIYEMETO, Eglise Unie de Zambie
Joseph MFOCHIVE, Eglise Evangélique du Cameroun
Juanita BERTINAT, Eglise Vaudoise du Rio de la Plata
Françoise LAURIERE, Eglise Réformée de France
La Cevaa est une Communauté d'Eglises en mission rassemblant des Eglises protestantes qui ont pris l'engagement de proclamer ensemble le message de salut adressé à tous par le Christ. La Société des Missions Evangéliques de Paris (S.M.E.P), fondée ne 1822, a cédé la place en 1971 à une Communauté d'Eglises, appelée Cevaa, constituée selon les principes du partenariat et de l'égalité, 1 en Amérique latine et 2 dans le Pacifique, ces Eglises ont décidé de mettre ne commun une paratie de leurs ressources en personnes, en finances, en idées, pour accomplir ensemble leur mission dans le monde en vivant l'Evangile au plus près et en le partageant avec le plus grand nombre possible.
• par la recherche et le partage théologiques et des ressources en personnel
;
• par l'attribution de bourses pour la formation ;
• par l'engagement commun des Eglises dans l'évangélisation, le développement
et l'action sociale, la vigilance sur les questions de justice, de Droits de
l'homme et de Sauvegarde de la Création.
53 pavillons érigés, 180 nations et organisations représentées, 160 hectares d'exposition utilisés, 770 projets associés à l'événement tout autour du monde, l'EXPO 2000 d'Hanovre qui s'est tenue du 1er juin au 31 octobre n'aura pas failli à sa vocation d'exposition universelle (seule ombre au tableau, la fréquentation très inférieure aux prévisions : moins de 20 millions de visiteurs contre 40 attendus). Organisée autour du thème "Homme - Nature - Technologie : un monde nouveau se fait jour", elle a voulu mettre en valeur le programme d'action pour le XXIe siècle adopté en 1992 au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, dont le message essentiel est la promotion d'un développement durable. C'est ainsi qu'a été favorisé le recyclage dans toute la conception de l'événement, de l'utilisation d'un parc d'exposition déjà existant à un tri soigneusement organisé des déchets laissés par le public en passant par l'obligation que toute réalisation de nouveaux pavillons prenne en comp! te une perspective de réutilisation (le pavillon français deviendra ainsi une grande surface du sport).
Le gigantisme de l'exposition et la débauche d'écrans d'ordinateurs (le lieu d'exposition d'Israël comportait cette inscription : "From the holy land to the all e-land !) a un peu étourdi pendant deux jours les visiteurs qu'ont été les représentants des églises et institutions protestantes d'Europe à l'invitation de l'Eglise Evangélique d'Allemagne (EKD). Par contre la présence chrétienne, objet essentiel de cette visite, était à bien des égards remarquables. Outre le pavillon du Vatican, les chrétiens avaient érigé deux autres pavillons très différents qui ont remporté un vif succès.
Au coeur de l'EXPO, l'Eglise Evangélique d'Allemagne a décidé, après bien des hésitations, de construire un Pavillon du Christ. En fait, les discussions entamées en 1992 n'ont abouti à un projet formalisé qu'en 1999 ; le coût et la nature d'une telle entreprise (les critères préparatoires imposés tenaient en 4 mots "global, fascinant, jeune et optimiste !") expliquent la longueur du processus de décision. L'encouragement est venu par la promesse de subventions si, selon les exigences des organisateurs de l'EXPO, le pavillon pouvait être démonté et réutilisé en un autre lieu. Un concours d'architecture a permis en définitive la réalisation d'un lieu de culte d'un design sobre et épuré entouré d'un cloître qui servira ensuite à la modernisation du cloître cistercien de Volkenroda en Thuringe. La caractéristique principale du Pavillon du Christ était un mélange réussi entre une atmosphère propice à la méditation et l'invitation à la libre circulation des visiteurs. En plus d! 'un programme cultuel et festif régulier, neuf haltes de prière quotidiennes ont été "testées" le premier mois, puis reconduites tout au long de l'exposition en raison de leur "succès" ; des prêtres catholiques étaient associés à cette animation cultuelle. Finalement, ce sont 10 à 12 % des visiteurs de l'EXPO qui se sont pressés dans ce sanctuaire au lieu des 4 % attendus initialement. La presse a salué la réussite architecturale du pavillon et le public sondé a plébiscité la qualité de l'atmosphère du lieu où il se sentait "chez lui" (taux de satisfaction 90 à 95 %, 5 à 6 % de personnes se disant non-chrétiennes). 6 jours avant la fermeture d'EXPO 2000, 1,5 millions de personnes avaient visité le pavillon du Christ.
A l'entrée sud du parc d'exposition, c'est un tout autre pavillon qui symbolisait la présence chrétienne, une immense baleine intitulée Pavillon de l'Espoir édifiée sous l'égide de l'Union Chrétienne de Jeunes Gens (CVJM), l'Alliance évangélique (EAD) et World Vision Allemagne. En fait, c'est l'EXPO elle-même qui avait invité les CVJM (dont Ulrich Parzany est le responsable et à ce titre présidait l'organisation du Pavillon) à apporter leur contribution. Elle a finalement pris la forme de ce projet original désigné officiellement comme LE pavillon jeunesse de l'EXPO 2000. Autour du thème "Bienvenue à l'avenir", ce pavillon a décliné sur 2400 m2, répartis sur trois étages, l'Espoir chrétien sous toutes ses formes :
- performances artistiques dans la gueule de la baleine qui était un amphithéâtre ;
- projection d'un dessin animé intitulé "Le choix" - sorte d'adaptation futuriste du fils prodigue réalisé par une centaine d'artistes canadiens ;
- une large exposition de projets sociaux et missionnaires (69 au total sur toute la durée de l'EXPO) ;
- De nombreux lieux d'échanges utilisant des points d'accès internet, un studio de télévision équipé pour débattre avec des spécialistes, une pièce de l'espoir pour prier ...
L'une des idées maîtresses du projet était : "Pas d'accusation, mais plutôt une présentation de solutions encourageantes". Le succès de cette entreprise tient aussi au travail d'équipe des groupes CVJM qui se sont relayés durant les 6 mois de l'EXPO pour animer ce lieu.
L'architecture du bâtiment et la qualité du programme proposé ont été plébiscitées par le public. Le 17 mai, le Pavillon de l'Espoir a été désigné symbole de l'EXPO un peu comme la Tour Eiffel l'était devenue à la suite d'une autre exposition universelle ! La chaîne de télé allemande ZDF et le magazine "Bunte" ont procédé, à cette même période, à un sondage téléphonique auprès de 250 000 personnes qui ont choisi à 87 % la baleine comme le pavillon le plus intéressant de l'EXPO ! 900 000 personnes ont franchi les portes du Pavillon, soit 6% des visiteurs de l'EXPO.
Un défi pour nos Eglises
De cette double réussite de la présence chrétienne au travers du pavillon du Christ et du pavillon de l'Espoir, on peut tirer quelques enseignements intéressants. Dans un monde agité - et l'EXPO en était un formidable exemple - les hommes et les femmes cherchent des lieux ouverts et propices au recueillement. C'était impressionnant de voir les personnes circuler paisiblement au milieu du Pavillon du Christ, prêts à s'arrêter pour prier, mais aussi désireux de se sentir libres de ne faire que passer. Nos églises savent-elles créer ces espaces de liberté et de recueillement pour qu'au sein d'une société stressée nos contemporains puissent s'y recueillir et entendre la Parole de Dieu ? Mais l'église doit aussi être en même temps cette communauté capable de rejoindre les autres dans leur tourbillon et avec les moyens de communications qu'ils utilisent. Le Pavillon de l'Espoir a démontré que c'était possible, mais que c'était un véritable défi (Le projet a coûté 14,8 millions de !
DM, a nécessité l'aide de 1400 bénévoles et la collaboration d'une quinzaine d'organisations évangéliques). Saurions-nous relever un tel défi à notre modeste niveau en France et même faire se rencontrer le "Pavillon du Christ" et celui de "l'Espoir" ?
(Adapté de "Construire Ensemble" - Etienne Lhermenault)
Angleterre :
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la religion importe-t-elle moins avec l'âge ?
Selon une étude britannique, les Eglises ne peuvent pas compter sur le troisième âge pour enrayer la défection des fidèles. Les plus de 65 ans n'échappent pas à la vague de sécularisme qui déferle de plus en plus sur l'ensemble de la population britannique. Les membres d'un groupe échantillon ont déclaré que la religion leur importe moins avec l'âge. Un grand nombre ont cessé d'adhérer à une Eglise.
Pendant plus de vingt ans les opinions d'un groupe de personnes âgées de 65 ans ou plus au début du projet, en 1977-1978, ont été étudiées lors de sondages effectués en 1977-78, 1988 puis récemment. Le groupe échantillon, qui comptait 340 personnes au début, mais n'en compte plus que 30 maintenant, avait été choisi pour représenter la population britannique.
En 1977-78, les deux tiers du groupe se disaient membres d'une organisation religieuse, et les femmes jouaient un rôle religieux plus actif que les hommes. Vingt ans plus tard, moins de la moitié des survivants en disaient autant. Ce changement fait écho à la proportion de ceux qui estiment que la religion "compte beaucoup" pour eux : 70% en 1977-78 et 47% aujourd'hui.
La surprise c'est que la plupart des survivants qui ont exprimé une opinion ont déclaré que la religion leur importait moins maintenant que quand ils étaient plus jeunes. 37% pensaient qu'elle leur importait moins contre 9% qui pensaient le contraire.
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Le Conseil de l'Europe a adopté à l'unanimité une résolution réclamant l'abolition
totale de la peine capitale, en temps de paix comme en temps de guerre. L'Albanie,
la Russie et la Turquie appliquent des moratoires mais n'ont pas encore ratifié
le protocole numéro 6 de la Convention européenne sur l'abolition de la peine
de mort.
Sortie de ces films en vidéo : 6 décembre 2000
Disponible en VHS - 102 mn chacun - 200F le coffret
France 3 : "Les cités de Dieu"
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une série de 4 documentaires
Après 2000 ans d'existence, le christianisme est toujours la première religion planétaire. Certains annoncent sa mort prochaine, d'autres travaillent sans relâche à son expansion. Va-t-il continuer à gagner de nouveaux territoires, ou mourra-t-il d'avoir trop bien réussi ? Comment répond-il aux grands défis de la modernité ?
Washington la protestante, Moscou l'orthodoxe, Rome la catholique et Jérusalem, épicentre d'un conflit religieux : quatre capitales pour répondre à ces questions, quatre univer et, un parcours fascinant où le rap côtoie les chants arméniens, où l'évangélisation par satellite contraste avec le désarroi des Palestiniens, où une jeune détenue russe, convertie en prison, répond à un jésuite astronome en Arizona.
"Les Cités de Dieu" nous invitent à plonger au coeur de la réalité chrétienne contemporaine, à travers des personnages qui nous livrent leurs certitudes, leurs doutes, leurs attentes, qui interpellent la morale, la science, la politique, l'art, la société.
Diffusion les samedis en deuxième partie de soirée sur France 3 :
Washington : 2 décembre - Moscou : 9 décembre
Rome : 16 décembre - Jérusalem : 23 décembre
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/