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Extraits du BIP 1509 du 15 au 31 janvier 2001
Sommaire
VIE DE LA FEDERATION
VIE DES EGLISES
OECUMENISME
INTERRELIGIEUX
INTERNATIONAL
VIE DE LA FEDERATION
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Le pasteur Gill Daudé : nouveau visage de l'oecuménisme
Un peu d'histoire
Après les pasteurs Michel Freychet, Jean Tartier et Geoffroy de Turckheim, c'est au tour du pasteur Gill Daudé de prendre en charge le service des relations oecuméniques de la Fédération protestante de France (FPF) pour un premier mandat de 5 ans.
Les relations oecuméniques n'ont pastoujours été confiées à la FPF.
Auparavant, c'était le domaine du CPLR, Conseil permanent luthéro-réformé - qui comprend l'Eglise réformée de France, l'Eglise réformée d'Alsace et de Lorraine, l'Eglise évangélique luthérienne de France et l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine. Et plus tôt encore, c'est l'Eglise réformée de France qui se préoccupait des relations avec les autres Eglises chrétiennes.
Bilan d'un siècle d'oecuménisme. Au cours de la conférence de presse organisée le 10 janvier pour présenter le pasteur Gill Daudé, le pasteur Geoffroy de Turckheim, actuellement président de la commission oecuménique de la FPF et en charge d'une Eglise réformée à Paris (11e), a fait le bilan d'un siècle d'oecuménisme. Après avoir qualifié le XXe siècle de "grand siècle de l'oecuménisme" (1948 création du conseil oecuménique des Eglises, puis Vatican II, 1999 signature luthéro-catholique sur la justification), il confie que la dernière année de ce grand siècle oecuménique, l'an 2000 a cependant été "à certains égards un mauvais cru pour l'oecuménisme", Geoffroy de Turckheim a souligné que les Eglises chrétiennes, dont les "différences de spiritualité sont encore très grandes", n'avaient eu que de rares initiatives communes au cours de cette année jubilaire, par "manque de volonté de part et d'autre". Il admet que "la sacralisation de lieux et temps" n'existe p!
as dans le protestantisme. Gill Daudé a confessé que de telles manifestations ne lui avait "pas manqué".
Geoffroy de Turckheim a également rappelé la publication du document du Vatican, "Dominus Iesus", déniant aux Eglises protestantes le statut de "véritables Eglises". "Quarante ans après Vatican II, il n'est pas sérieux de se dire la seule vraie Eglise de Jésus", a-t-il déclaré. Cependant "on peut se réjouir que cette idée ne passe pas dans les diocèses. On n'imagine pas un évêque déclarant que les Eglises protestantes ne sont pas de vraies Eglises. Le concept d'oecuménisme fait aujourd'hui partie du patrimoine spirituel de l'humanité. On ne pourra pas revenir en arrière". Il a toutefois souligné qu'avec les "accords de Reuilly", l'Eglise anglicane et l'Eglise réformée de France sont en pleine communion malgré les différences quant à la conception de l'Eglise et des ministères.
Le XXe siècle aura vu "la naissance du mouvement oecuménique et des courants pentecôtistes et charismatiques qui traversent toutes les Eglises" a rappelé Geoffroy de Turckheim, qui constate que "tous les 5 siècles, apparaît une nouvelle forme religieuse". Il a fait remarquer que, dans la lettre apostolique "Novo millenio ineute", signée le 6 janvier par le pape Jean-Paul II, ce dernier, tout en espérant que le dialogue oecuménique progresse, admettait que "le chemin oecuménique reste ardu, peut-être long".
Gill Daudé, qui est né avec Vatican II, a estimé de son côté que le défi des prochaines années sera de donner "une véritable conscience oecuménique" aux générations nouvelles, tentées soit par "l'engagement identitaire", soit par "un indifférentisme bon teint".
Gill Daudé : un homme du sud
"Dans une main, Luther, dans l'autre, Calvin, le piétisme aux tripes et l'humanisme pour racine" c'est ainsi qu'aime se définir le pasteur Gill Daudé.
Originaire de Nîmes, où il naquit, il y a 40 ans dans une famille, cévenole protestante d'un côté et libre-penseur de l'autre, il entame à l'adolescence un chemin de "conversion" et de "vocation" dans un cadre réformé, méthodiste et oecuménique, lié aux débuts du renouveau charismatique. Après une année en faculté de Biologie à Montpellier, pour réfléchir, il passe une licence et une maîtrise, à la Faculté de théologie réformée d'Aix-en-Provence où il découvre la diversité évangélique et du calvinisme orthodoxe. Ses travaux porteront notamment sur St Augustin (Les psaumes et le De musica) et sur Vatican II. Puis dans le cadre de la coopération, il partira enseigner au collège protestant de Mokolo au Nord Cameroun où il découvrira les milieux luthériens (norvégiens, américains, français), baptistes (allemands et français), et l'oecuménisme missionnaire. Il fera l'apprentissage des relations avec l'Islam et l'Animisme et prendra conscience de l'importance de l'interculturel et d!
e l'inculturation de la théologie.
De retour en France, il consacrera son Cycle de Maîtrise à la Faculté de Théologie de Montpellier aux études de quelques accords oecuméniques, de l'interreligieux, et travaillera sur Hugues de St Victor et sur le Vème siècle, du concile de Constantinople à Chalcédoine. Consacré pasteur dans l'Eglise réformée de France en 1987, il sera en poste à Montauban où il pratiquera un oecuménisme de terrain : cours et études bibliques, A.C.A.T., émissions de radio, liens privilégiés avec l'Eglise réformée évangélique indépendante mais aussi la Fondation John Bost (handicapés), la jeunesse, ainsi que l'interreligieux.
A 32 ans, il sera nommé Président du conseil régional de l'Eglise réformée de France pour la région sud-ouest, de Bordeaux à Montauban. Dans ce cadre, il sera amené à pratiquer des relations oecuméniques et fédératives liées à ce type de ministère, notamment avec l'Institut catholique de Toulouse et dans des rencontres régionales.
Sa vision de l'oecuménisme
"L'oecuménisme est pour moi une partie naturelle de la vie de nos Eglises. Pas une obsession mais un élément important de son ministère. Il prend sa source dans la conviction qu'aucune Eglise particulière ne peut contenir l'Eglise une, sainte, apostolique, catholique, mais que toutes en sont une expression, un reflet, un fruit, a-t-il affirmé lors de la conférence de presse. "Je comprends la recherche pour l'unité comme celle d'une pleine communion qui ne nie pas la diversité dans toutes ses dimensions (théologique, culturelle, spirituelle, institutionnelle, géographique, etc). Cette "recherche de communion" est pour moi aujourd'hui indissociable d'une vision de l'universalité de l'Eglise (catholicité), et du témoignage à Jésus-Christ que les Eglises sont appelées à vivre en paroles, en actes, en engagements dans la cité.
Cette recherche qui passe par la prospection théologique, l'explicitation du ressenti, la confrontation des histoires et des cultures ; mais aussi sur le terrain par un long travail d'explication ou de "traduction" d'une tradition à l'autre, d'une sensibilité à l'autre. Ceci aussi bien au sein de la Fédération protestante de France qu'avec les autres Eglises chrétiennes. J'apprécie un oecuménisme de la distinction. Distinguer n'est pas désunir. C'est plutôt permettre des clarifications et donc progresser dans une relation, une compréhension. J'y vois une valeur pédagogique qui évite l'amalgame et le bricolage religieux."
Le pasteur Gill Daudé articule les fonctions du service oecuménique autour de quatre points :
- Une fonction pédagogique : fournir aux Eglises de la Fédération protestante de France (FPF), aux églises locales, aux groupes, les outils pour avancer dans leurs dialogues, leurs relations, leur compréhension mutuelle ;
- Une fonction de lien : avec les autres Eglises chrétiennes, et au sein même de la FPF pour y apporter cette dimension ;
- Une fonction de veille : être attentif aux événements, documents, engagements des autres Eglises chrétiennes en France et dans le monde, en vérifier les conséquences sur les relations oecuméniques, réagir, répercuter, si nécessaire ;
- Une fonction théologique : au service d'une lecture critique de la vie, des débats et des engagements oecuméniques, avec l'angle d'attaque des théologies protestantes ; mais aussi interpeller les théologies protestantes à partir des approches oecuméniques.
Pour le pasteur Gill Daudé, un tel service ne se conçoit pas sans collégialité.
Collégialité dans l'analyse et débat théologique d'abord. C'est la vocation des docteurs / experts que d'être consultés, d'éclairer, d'argumenter, de proposer. Les Conseils d'Eglises, synodes ou congrès la responsabilité de s'exprimer, trancher, s'engager.
Collégialité dans la gestion quotidienne des relations ensuite. L'oecuménisme court toujours le risque de fonctionner en système clos, il perd alors sa fonction d'ouverture à l'universel. D'où l'importance
- de la commission oecuménique, lieu fédératif de confrontation,
- du Conseil Permanent Luthéro-Réformé (CPLR), lieu privilégié où s'expérimente une pleine communion entre 4 Eglises,
- du Forum, écho direct du vécu des régions et des groupes,
- et de tout autre lieu collégial d'écoute, de débat, de réaction, de suivi.
Devant cette tâche démesurée, le pasteur Gill Daudé a conclu sur la prière : "Elle est la respiration de toute recherche oecuménique, le ferment de toute communion, le creuset dans lequel la Parole nous bouscule".
Appel de la Commission nationale
"Justice et Aumônerie des Prisons" de la FPF
aux citoyens et aux Eglises
(janvier 2001)
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Un constat
Le débat actuel sur l'état des prisons françaises soulevé par le livre du Dr Vasseur, médecin-chef de la maison d'arrêt de La Santé, a permis l'ouverture des établissements pénitentiaires aux enquêtes, visites, reportages nombreux de la presse audiovisuelle et écrite, ainsi que la création de deux Commissions d'enquête parlementaires, de l'Assemblée Nationale et du Sénat. Celles-ci ont rendu leurs rapports qui conduiront rapidement, nous l'espérons, à la présentation d'un grand projet de loi pénitentiaire annoncé par le Garde des Sceaux et le Premier Ministre, il y a peu.
Une cohérence indispensable
Trois têtes de chapitres de ce projet rejoignent les préoccupations des 235 aumôniers protestants qui travaillent en votre nom dans nos prisons françaises :
1) l'amélioration des conditions de détention,
2) la formation et la situation des personnels de l'administration pénitentiaire,
3) un contrôle extérieur sur les prisons et la création d'un médiateur.
Il nous paraît indispensable que ce projet de loi fasse bientôt l'objet d'une concertation large et approfondie afin qu'il soit présenté rapidement au Parlement qui devra accorder au Ministère de la Justice les moyens de cette nouvelle politique pénitentiaire. Au nom de la Fédération Protestante de France, nous avons saisi le Gouvernement et avons demandé, sans attendre que cette loi soit adoptée et mise en ¦uvre, que le budget 2001 intègre les besoins urgents en moyens matériels et humains pour améliorer dès maintenant les conditions de détention et le fonctionnement des prisons. Dans sa réponse, le Premier Ministre nous a laissés espérer un effort significatif de la part de l'Etat dans le sens de ce que nous demandions.
Une situation intolérable
Nos prisons en effet sont surpeuplées, parfois au-delà de l'admissible. Le recours trop systématique à la détention provisoire pour les prévenus et à l'emprisonnement pour les condamnés, ainsi que l'allongement de la durée des peines en sont les raisons principales. En outre, de plus en plus de personnes en prison ne devraient pas s'y trouver (malades mentaux, personnes âgées, étrangers en situation irrégulière). Par ailleurs, l'augmentation de certaines formes nouvelles de délinquance (trafic de drogue, délinquance sexuelle, délinquance juvénile, violences urbaines) inquiètent beaucoup d'entre nous et favorisent le sentiment confus d'insécurité.
Dans ce contexte, la surcharge des prisons a pour premier effet de créer au sein des établissements pénitentiaires un climat de plus en plus violent, imprévisible et difficile à gérer tant pour les personnels que pour les intervenants extérieurs, dont les aumôniers.
Des mesures alternatives
Nous pensons que la prison n'est pas le remède absolu à ce mal-être social et qu'il sera vain d'envisager la multiplication du nombre de places en détention. S'il est utopique de faire disparaître l'univers carcéral, nous croyons qu'il est toutefois possible de multiplier les mesures alternatives à l'incarcération et les mesures d'aménagement de la peine. Le travail d'intérêt général, le sursis avec mise à l'épreuve, l'ajournement du prononcé de la peine avec obligation de réparer les dommages faits à la victime, la semi-liberté, la liberté conditionnelle, la surveillance à distance avec bracelet électronique sont des mesures à développer. Encore faudrait-il y sensibiliser les magistrats, y consacrer davantage de moyens en postes d'éducateurs et de travailleurs sociaux et impliquer davantage les collectivités locales et les associations aux mesures de réparation.
La prison : un aveu d'impuissance
Car la prison est, au plan social, l'aveu d'impuissance d'une société qui n'a pas toujours le courage de poser les questions de délinquance en termes de prévention, d'accompagnement et de soutien des victimes, d'écoute des détenus et de leurs familles, de réinsertion des sortants de prison.
Dans ce domaine, presque tout reste à faire, malgré les efforts de l'administration et les actions nombreuses et exemplaires menées, tant par le milieu associatif que par certaines de nos églises locales.
C'est l'affaire de tous les citoyens que nous sommes et de nos Eglises !
Appel aux membres des Eglises
- C'est pourquoi nous appelons chacun de vous, membres des diverses Eglises de la FPF, à entrer avec la confiance et l'expérience qui sont en Jésus-Christ dans le débat et l'action pour répondre à l'appel des délinquants comme des victimes.
- Dans les Eglises proches d'un établissement pénitentiaire : constituez des équipes de réflexion sur les problèmes de justice et de prison pour soutenir le ministère des aumôniers en place et lancez des actions diaconales en faveur des détenus et de leurs familles, en faveur des sortants de prison -sans négliger les victimes, dont on oublie trop souvent la souffrance et l'angoisse.
- Place à l'imagination pour favoriser aussi le travail de prévention indispensable à l'amélioration du climat social !
Les aumôniers de prison ont besoin de votre appui,
de votre soutien matériel et financier, et de votre prière.
Ils sont à votre disposition pour participer
à votre réflexion et vous aider dans votre action.
La Commission Justice et Aumônerie des Prisons
de la Fédération Protestante de France
47 rue de Clichy 75311 PARIS Cedex 09
Tél. 01 44 53 47 09 Fax 01 45 26 35 58
E-mail :
fpf.prisons@protestants.org
Loi anti-sectes :
J.-A. de Clermont entendu par les parlementaires du groupe UDF-PPDF
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A l'invitation du sénateur Nicolas About, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France et Mgr Jean Vernette, spécialiste des nouveaux mouvements religieux pour l'Eglise catholique ont été entendus, à l'Assemblée nationale le mercredi 10 janvier, par les députés et sénateurs du groupe UDF-PPDF ainsi que par un public sensibilisé à ce phénomène social.
Présidé par Hervé de Charrette, ancien ministre et député du Maine-et-Loire, ce colloque était intitulé : "Sectes : un atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales". Les débats étaient animés par le sénateur Nicolas About, membre du conseil d'orientation de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) et auteur de la proposition de loi sur la dissolution des groupements à caractère sectaire. Deux tables rondes étaient organisées "Comment se laisse-t-on piéger par les sectes ?", avec Anne Fournier, agrégée d'histoire, chargée de mission à la MILS et le Dr. Michel Monroy, psychiatre, membre du groupe de recherche et d'analyse des phénomènes sectaires et co-auteur du livre "La dérive sectaire" (PUF, 1999) avec Anne Fournier. Jeanine Tavernier de l'UNADFI était présente pour exprimer le point de vue des victimes. L'autre table ronde à laquelle participait le pasteur J.-A. de Clermont, portait sur "Pourquoi légiférer c!
ontre les sectes ? " Nicolas About a défendu la nécessité d'une dissolution administrative et l'élargissement du délit d'abus de l'état d'ignorance ou de situation de faiblesse des individus. Le président de l'association professionnelle des magistrats (APM), Dominique-Henri Matagrin a exposé les limites du délit de manipulation mentale et a évoqué l'élargissement du délit d'abus de faiblesse, les constitutions de partie civile et l'extension de la responsabilité pénale des personnes morales. Le président de la FPF, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, tout en reconnaissant la nécessité d'une législation, a décrit les effets de la pression anti-sectes sur l'opinion publique et les responsables politiques locaux en particulier les effets nocifs vécus par les Eglises membres de la FPF et exposé des réserves concernant le délit de manipulation mentale.
Alain Vivien, président de la MILS a défendu les actions des pouvoirs publics et de la MILS. Il a aussi évoqué la dimension internationale du phénomène sectaire.
Hervé de Charrette, qui concluait ce colloque, a déclaré dans une interview parue le 10 janvier dans La Croix être "très attentif à ce que disent les Eglises" et reconnaît qu' "elles ont eu raison de critiquer la création d'un délit de manipulation mentale" et révèle que lors des navettes parlementaires , "une rédaction plus équilibrée" a été trouvée. "A la définition d'un délit intermédiaire entre l'abus de faiblesse' et la manipulation mentale', un 'abus de vulnérabilité', par exemple". Il compte proposer "une garantie supplémentaire, un amendement prévoyant que sur cette disposition, la loi soit revue au bout de cinq ans, afin de vérifier que les textes ont été correctement appliqués". S'il ne critique pas la MILS, il ne voit "que des avantages à la création parallèlement à la MILS, d'un observatoire qui apporterait de nouveaux éléments de réflexion sur le sujet", comme l'ont proposé les Eglises. Et de conclure "Les Eglises ont une légitimit!
é de parler des sectes. Je pense d'ailleurs que le gouvernement a eu tort de refuser de reconnaître dans la charte européenne signée à Nice".
VIE DES EGLISES
"De la vérité et de l'honnêteté en politique
Appel aux partis politiques"
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La Commission d'éthique commune à la Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France et à l'Union des Eglises Evangéliques Libres de France a lancé, le 15 décembre 2000, un appel aux partis politiques sur le thème : "De la vérité et de l'honnêteté en politique. Appel aux partis politiques"
"Il n'est pas dans le rôle des églises de prendre parti dans les débats politiques proprement dits, mais l'éthique politique les concerne car c'est sur elle que repose la santé de la société.
Les accusations couraient depuis longtemps, mais les choses sont maintenant reconnues et avouées. Des partis politiques de gauche et de droite se sont mis d'accord pour que les entreprises qui espéraient obtenir des marchés publics leur versent de très fortes sommes. Cela a eu lieu après que les lois sur le financement des partis soient entrées en vigueur et cela s'appelle de la corruption.
Ne rien dire laisserait penser que cela est naturel et qu'il en sera toujours ainsi ou au contraire que nous sommes désabusés et "qu'ils sont tous pourris", ce qui laisserait la place libre aux adversaires de la démocratie.
Nous croyons au contraire que, lorsqu'elle est historiquement possible, la démocratie est le régime le plus respectueux de la dignité de la personne humaine. Elle correspond, dans l'ordre du politique, aux pratiques qui sont les nôtres dans les églises dans lesquelles chaque membre participe au discernement de la volonté de Dieu, aux décisions essentielles et à la nomination de ceux qui exercent un ministère, c'est à dire un service.
Mais la démocratie est fragile et repose sur la confiance en la parole exprimée. Elle n'a de possibilité que si l'on peut se fier à ce que disent ceux qui sont nommés à des postes de responsabilité et si l'honnêteté de chacun n'est pas prise en défaut. Or la situation actuelle, dans notre pays, est celle d'une crise de confiance. Des élus et des partis ont triché et menti en ce qui concerne non leur vie privée mais la vie publique et l'exercice même de leur fonction.
Que les juges condamnent ceux qui sont directement responsables de telles pratiques est naturel mais ne suffit pas. Il nous paraît indispensable que les divers partis, s'ils veulent continuer de jouer un rôle dans notre pays et être jugés dignes de représenter les électeurs qui leur font confiance, reconnaissent publiquement les faits et leur caractère inacceptable et considèrent comme inaptes à toute activité politique publique tous ceux qui ont participé à ces actions ou, en ayant eu connaissance, les ont tolérées, quel que soit leur niveau de responsabilité actuelle.
C'est parce que nous souhaitons une vie publique saine pour notre pays et parce que nous croyons en l'utilité des partis démocratiques que nous leur adressons cet appel. Dans la tradition biblique, les croyants ont toujours estimé qu'il était de leur responsabilité de s'adresser à ceux qui exerçaient le pouvoir, il nous semble de notre devoir de rappeler aujourd'hui à ceux qui veulent nous représenter et nous gouverner qu'il est bon, pour eux aussi, qu'un oui soit un oui et que leur parole reste digne de foi."
Cette commission d'éthique s'était déjà exprimée à propos du CUCS (devenu PACS) et de l'euthanasie tout récemment.
- la Fédération baptiste est membre de la Fédération protestante de France depuis 1916. Elle compte plus d'une centaine d'Eglises locales, plus d'une centaine de pasteurs et plus de 6 000 membres confessants ou adultes baptisés, et touche plus de 18 000 personnes à travers ses cultes.
- l'Union des Eglises Evangéliques de France est redevenue membre de la Fédération protestante de France en 1996. Elle totalise 2 500 membres, 56 Eglises locales et 43 pasteurs.
OECUMENISME
Droits de l'Homme en Afrique : Jacques Chirac interpellé par l'ACAT, avant le Sommet de Yaoundé
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L'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT), association oecuménique fondée en 1974, forte de 11.000 adhérents a pour objectif de soutenir, partout dans le monde, les victimes d'actes de violence institutionnalisés ainsi que les demandeurs de droit d'asile. L'ACAT fait également pression sur l'opinion et les pouvoirs publics contre la pratique de la torture et des exécutions capitales.
Le 26 décembre 2000, l'ACAT a écrit au président de la République, Jacques Chirac, pour l'alerter sur le non-respect des droits de l'homme dans plusieurs pays africains présents au sommet des Chefs d'Etat de France et d'Afrique à Yaoundé, du 16 au 19 janvier 2001, et pour lui demander d'user de son influence et de celle de la France pour inciter ses "partenaires Chefs d'Etat africains à abolir l'usage de la torture sous toutes ses formes et à respecter les Droits de la personne humaine ; cela serait d'ailleurs conforme aux engagements internationaux que les pays africains, dans leur ensemble, ont pris aussi bien auprès de l'ONU que des institutions régionales africaines (Charte africaine des droits de l'homme, Convention contre la Torture)".
L'ACAT a montré du doigt le Cameroun : "Si nous pouvons saluer avec espoir les évolutions intervenues, par exemple au Mali (en phase de transition vers un Etat de droit) ou au Sénégal (alternance politique intervenue dans le calme), la situation dramatique des droits de la personne humaine, prévalant notamment en Côte d'Ivoire, en République du Congo, en République Démocratique du Congo et au Cameroun, pays hôte de la conférence, suscite notre vive inquiétude. Nous n'oublions pas les problèmes existant dans d'autres pays, le Burkina-Faso par exemple."
L'association fournissait, en annexe de sa lettre, des documents faisant état des violations des droits de l'homme au Cameroun, et plus particulièrement des exactions commises, jusqu'ici en toute impunité, par le Commandement Opérationnel à Douala, alors que sa mission était de protéger la population contre le banditisme.
L'ACAT attirait également l'attention du chef de l'Etat français sur le Protocole du 9 juin 1998 instituant la Cour Africaine des Droits de l'Homme. "Pour que ladite Cour puisse fonctionner, il faut que 15 pays aient ratifié le Protocole. Or, à ce jour, seuls quatre pays ont procédé à cette ratification. Cette Cour serait un instrument considérable pour le respect des droits de la personne humaine, et la France pourrait rappeler à ses partenaires africains l'importance qu'elle attache à ladite ratification."
"Cette action des autorités françaises correspondrait à la vision que nous avons, comme la majorité des Français, du rôle majeur qu'a notre pays en matière des droits de la personne humaine, et à sa responsabilité historique en Afrique. En même temps qu'il est indispensable que les gouvernements africains s'engagent sur la voie d'un véritable respect des droits de la personne humaine, il nous semble également que le moment est venu de lancer un débat national ouvert sur la politique de la France vis-à-vis de l'Afrique."
INTERRELIGIEUX
Pour connaître le travail
des religions, allez à l'Unesco !
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Colloque les 11 et 12 février 2001
au Palais de l'Unesco - salle 4
7 place de Fontenoy - 75007 Paris
"Figures nouvelles du travail
des religions pour la paix"
o Dimanche 11 février à 14 h -
Introduction par Jacques Stewart,
président de la section française du WRCP
Le passé au-delà des actes de repentance
par Ghaleb Bencheikh, Guy Lafon,
Jacques Martin et René Sirat
o Dimanche 11 février à 16 h - et lundi matin
Témoignages sur la contribution
des religions aux processus de paix
- au Proche-Orient, avec Joseph Maïla (catholique) ; Ron Kronish (juif) ; Abdoul Aziz El Buchari
- en Irlande avec Monica Mc Williams, membre du Parlement
- en Sierra-Leone avec William Wendley
o Lundi 12 février à 10 h 45 - Table ronde
3 tâches pour les religions :
communication, éducation et médiation
avec Eve Apprill, Hanifa Cherifi, Anne-Sophie Lamine, Mehrezia Maïza et Bernard Reber
o Lundi 12 février à 14 h 30
"Les enjeux : vivre ensemble dans cadre laïque
avec Jean Baubérot, Ahmed Jaballah et David Meghnagi
o Lundi 12 février à 16 h 45
Notre tâche pour l'avenir
avec Jean-Pierre Guetny, Pierre Calame,
Doudou Diene (Unesco), Paul Guiberteau
et William Wendley.
Conclusion par Jacques Stewart.
Inscription avant le 5 février - Nombre de places limitées Participation aux frais : 100 F
Conférence mondiale des religions pour la paix (WRCP)
10 rue du Cloître Notre-Dame - 75004 Paris
(un carton permettant l'accès au colloque vous sera envoyé)
Bouddhisme et protestantisme en dialogue
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A l'occasion de la sortie du dossier sur le protestantisme et le bouddhisme, dans les journaux régionaux réformés et luthériens en février, le Bulletin d'information protestant (Bip) vous propose deux articles : un article du pasteur Louis Schweitzer qui explique comment la FPF est entrée en dialogue avec l'Union bouddhiste de France, et un article d'Elisabeth Hausser sur une Conférence publique organisée au dojo zen avec des protestants et des bouddhistes.
(cf également l'article "Bouddhisme, les clés du succès" paru dans le Bip n°1490 du 1-15 février
2000)
o Un peu d'histoire
Au commencement, quelques bouddhistes, qui venaient de créer l'Union Bouddhiste de France (UBF) sont venus à la
Fédération Protestante de France (FPF) pour se présenter et mieux comprendre notre fonctionnement. Très vite, ces
rencontres se sont transformées en véritable dialogue dont le seul but était une meilleure connaissance mutuelle.
Les diverses familles bouddhistes présentes en France y participèrent, mais les deux traditions dominantes furent
le bouddhisme tibétain et le zen. Le fait qu'elles étaient représentées par des français facilitait, il faut le
dire, la communication et la compréhension. Nous avons ainsi abordé les divers aspects des spiritualités que nous
représentions, découvrant, comme dans tout dialogue que nos différences ne nous séparent pas toujours autant que
nous le pensions et que nos ressemblances peuvent n'être qu'apparentes. Au fil des années, malgré les changements
survenus dans les deux représentations, une amitié est née, nécessaire pour toute ! compréhension véritable. La
diversité de nos traditions évitait toute ambiguïté dans les projets. La sympathie et le respect mutuel ne nous
cachant pas la profonde différence de nos traditions.
Après une longue période de découverte mutuelle, nous nous sommes engagés dans un projet visant
à aider d'autres groupes ou personnes bouddhistes et protestantes à se rencontrer. De là est née la
plaquette "Se comprendre : Bouddhisme et
Protestantisme en dialogue". Le but était clairement d'exposer chacune de nos traditions
dans des termes compréhensibles pour les lecteurs de l'autre tradition. Le groupe a maintenant
cessé ses activités officielles ; les relations demeurent néanmoins et se poursuivent de façon
moins régulière.
(L. Schweitzer)
o Table ronde au Dojo zen
Dimanche 10 décembre 2000, une table ronde - entendez quatre intervenants face au public a permis de saisir ce qu'il peut y avoir de commun entre deux concepts et deux pratiques aussi différentes que le bouddhisme asiatique et le protestantisme français. Eve Aprill puis Jean-François Gantois exposent à grands traits ce qu'est le bouddhisme, les Quatre Nobles Vérités, la Voie du milieu, l'absence de dieu, la méditation, le cycle des existences, la liberté d'un destin que chacun se forge.
Venant à la suite, la présentation du protestantisme français par le pasteur Jean Dumas fait quitter les sommets pour l'histoire depuis Luther, Calvin, les persécutions jusqu'au partage actuel entre courants évangélistes et volonté oecuménique des luthéro-réformés. Le pasteur Jacky Argaud parle de sa foi, animée par la lecture de la Bible, définit les principes de liberté, vérité, solidarité du protestantisme et termine par "l'amour plus fort que la mort" des Evangiles.
On peut maintenant aller plus avant. Au "tout est dans tout" bouddhique répond l'individualisme protestant ; au mysticisme de l'un, la réserve de l'autre ; à la patience le dynamisme. De la salle viennent des témoignages : de nombreux protestants disent leur déception face à la religion intellectualisée de leurs pères (parmi eux, plusieurs enfants de pasteurs !) et leur intérêt pour une religion où le corps parle. Des bouddhistes disent leur incompréhension du concept de culpabilité du christianisme.
Mais on a un point commun : la solidarité. Et l'on va poursuivre le dialogue. (Elisabeth Hausser)
Le bouddhisme et la grâce
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A la suite du Bouddha, l'expérience illuminative et libératrice des bouddhistes est toujours une grâce. Une "grâce pure", parente de la "grâce seule" des protestants. Le bouddhisme amidiste l'a bien compris. Qu'en est-il des autres nombreuses écoles du bouddhisme ?
Le bouddhisme amidiste est une école indienne très ancienne, actuellement surtout répandue au Japon. Cette école se construit autour du symbolisme de la Terre Pure, lieu de délivrance éternelle, qui attend ceux qui s'abandonnent au nom du Bouddha Amida. Un message de cette tradition bouddhique m'a bouleversé : "Même les bons vont naître dans la Terre Pure, à plus forte raison les méchants ! " Ce sont les méchants, les durs, les fielleux, les réprouvés, qui ont l'accès le plus aisé au salut éternel ! Ces déviants risquent même de précéder les justes qui excipent d'une pensée et d'une morale correcte ! Ce message stupéfiant émane de Shinran (1173-1263), fondateur de la Jodo shin shu, l'Ecole véritable de la Terre Pure.
L'intervention d'une force autre
Selon Shinran, la joie de la délivrance ne peut en aucun cas être gagnée par un effort personnel de l'être humain.
L'obéissance à l'ordre moral, les bonnes oeuvres, les heures et les nuits de méditation ne servent à rien, car l'être humain est incapable de payer le prix de son salut. Ce qu'il lui faut, c'est l'intervention d'une force autre. Une force à laquelle l'homme peut se livrer sans arrière pensée, en une foi confiante. Une force qui suscite elle-même cette foi et cette confiance dans le coeur des gens. Quelle est cette force ? C'est le pouvoir d'un voeu du Bouddha Amida qui a décidé qu'en son nom tous les humains parviendraient à la félicité de la délivrance éternelle. La force de ce voeu sauve les humains.
La grâce pure
Le bouddhisme amidiste est une religion de la "grâce pure", de la grâce qui inclut jusqu'aux conditions de réception de la grâce. On a souvent souligné l'étroite parenté entre ce bouddhisme de la grâce et le principe de "la grâce seule" du protestantisme. Se pose alors une question délicate: L'idée de grâce est-elle totalement absente des nombreuses autres écoles du bouddhisme ? N'a-t-on pas toujours entendu dire, et lu, qu'à l'opposé du christianisme, le bouddhisme ignore le recours à une divinité qui offrirait souverainement et par grâce le salut à une humanité débilitée ? Les apologètes du bouddhisme n'ont-ils pas pris l'habitude d'accentuer, voire d'absolutiser la nécessité pour l'être humain de faire des efforts personnels afin de parvenir par ses propres forces à un état d'équilibre mental et, en fin de compte, de réaliser son salut définitif ?
Se rendre disponible à la grâce
Il est en effet incontestable que le bouddhisme se présente comme une voie, comme un cheminement exigeant, balisé de choses à faire et d'autres à éviter. La grâce en semble absente. L'amidisme serait-il alors un bouddhisme marginal et quasi hérétique ? J'ai ré-examiné les autres écoles du bouddhisme, scruté leurs enseignements, serré de près le détail... Et découvert qu'en fait, l'expérience libératrice, I'éveil à la vérité, la bodhi, n'est jamais le fruit d'un effort humain. Quand Gautama a voulu forcer l'illumination en multipliant les jeûnes, les nuits blanches, les séances de méditation, pendant des années, guidé par un maître compétent, il n'est pas arrivé à ses fins. Mais quand, désespérant des labeurs vains, il s'assit sous un arbre sacré, au bord d'une rivière sacrée, dans une attitude de pure réceptivité, I'éveil tant désiré survint comme à l'improviste, comme une sorte de force autre, lui accordant la connaissance et la liberté - sa vérité. En fait, dans le bouddhi!
sme, l'effort humain ne conduit jamais au but. Il ne sert qu'à se rendre disponible pour le surgissement de cette sorte de force autre.
A la suite du Bouddha, l'expérience illuminative et libératrice des bouddhistes est donc toujours une grâce. L'amidisme l'a bien compris, et il nous aide à mieux percevoir l'essence même de la vérité bouddhique. Le protestant réformé que je suis est alors confronté à une autre question : comment interpréter cette "force autre" ? Serait-ce l'Esprit du Christ ?
Carl A. Keller, professeur honoraire, Université de Lausanne, chargé d'enseignement sur les religions non chrétiennes
INTERNATIONAL
En février, visite franco-suisse
en Egypte pour l'inauguration
du temple d'Alexandrie
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Combien de "inch'allah" (si Dieu veut), "bokra" (demain ) ou "maalach" (tant pis) trois mots clés des négociations à l'égyptienne avant que ne se concrétisent deux importants projets immobiliers au Caire et à Alexandrie ? Après deux années de travail, l'Eglise évangélique du Caire vient d'acquérir une "maison d'église" - avec salle de culte, presbytère et foyer d'accueil - et de rénover les locaux d'Alexandrie (aménagement d'un appartement, ravalement et division intérieure de l'Eglise en deux niveaux de salles et bureau). Les dons proviennent des unions d'Eglises et des institutions de France et de Suisse ainsi que des communautés soeurs de la CEEEFE (Commission des Eglises évangéliques d'expression française à l'extérieur) . Ils ont permis de couvrir 20 % du budget global.
C'est pourquoi une délégation franco-suisse, comprenant entre autres les pasteurs Yves Gounelle, président de la CEEEFE et Jean-Arnold de Clermont, président de la FPF, se rendra du 7 au 14 février 2001 au Caire et à Alexandrie pour l'inauguration du temple d'Alexandrie et la consécration du pasteur Choul, de l'Eglise protestante soudanaise.
Le vendredi 3 décembre 2000, la communauté protestante du Caire s'est déplacée à Alexandrie pour le premier service dans le temple rénové, à l'occasion d'un mariage d'étudiants de l'université francophone Léopold Senghor - université connue dans toute l'Afrique où étudient, en général pour deux ans, de très nombreux jeunes africains protestants ayant bac + 3 ou 4, plus une expérience professionnelle.
Ces locaux d'Alexandrie, qui avaient connu une traversée du désert d'une trentaine d'années, sont maintenant occupés cinq fois par semaine par deux classes d'alphabétisation pour les jeunes réfugiés soudanais, très nombreux en Egypte. Outre les cultes en langue française deux fois par mois, le temple d'Alexandrie est utilisé chaque vendredi par l'Eglise protestante soudanaise et son pasteur, Mr. Choul, avec une assistance moyenne de 200 personnes. Les liens avec la communauté soudanaise en exil se renforcent. Un réseau de donateurs s'est mis en place avec l'appui logistique de l'ACO (Action Chrétienne en Orient) qui permet d'assurer un soutien médical et alimentaire, les salaires du pasteur et des deux professeurs.
La communauté du Caire devrait pouvoir emménager d'ici deux à trois mois dans ses nouveaux locaux. L'assistance au culte augmente nettement confirmant la pertinence du lieu choisi. Il devenait difficile d'assurer le catéchisme pour 25 enfants dans l'appartement pastoral ou de vivre les diverses activités d'église dans une sorte de nomadisme permanent, d'un foyer ou d'un quartier du Caire à l'autre.
Parmi les événements marquants de l'année 2000, à noter :
- Le renforcement des liens avec la communauté catholique francophone de Maadi. Outre, l'échange de chaire durant la Semaine de l'Unité, une chorale oecuménique d'une trentaine d'enfants s'est montée et s'est produite durant la messe des premières communions et lors du culte protestant de Pentecôte.
- L'accueil d'un étudiant stagiaire de la faculté de théologie d'Aix-en-Provence. Algérien d'origine kabyle, cet étudiant et se prépare à un ministère dans son pays. Sa présence a été aussi l'occasion de nouveaux contacts avec le protestantisme égyptien arabophone très vivant avec 400.000 protestants égyptiens, 16 dénominations, une faculté de théologie, une société biblique égyptienne, des oeuvres sociales, et des synodes encore plus "animés" que nos synodes français.
- Le séjour de 3 semaines en juillet d'une vingtaine de jeunes de l'Eglise réformée de Crest (Drôme) accompagnée de leur pasteur Samuel Amedro. Ce séjour a commencé par une semaine de chantier dans une léproserie à Abou Zabel (banlieue du Caire) gérée par Caritas. Les jeunes de la communauté protestante francophone du Caire et de jeunes égyptiens se sont associés au programme qui a donné lieu à trois cultes en commun et quelques soirées festives arabes, africaines et européennes.
- L'arrivée d'un jeune coopérant envoyé par l'Action chrétienne en Orient (ACO) avec l'appui du Service protestant de mission-DEFAP suite à des contacts initiés avec la Fédération protestante égyptienne. Il enseigne le français au New Ramses College un grand établissement scolaire protestant accueillant des élèves chrétiens et musulmans. C'est une "première" entre protestants français et égyptiens, ces derniers étant plutôt tournés vers le monde anglophone.
- Les visites se poursuivent dans l'une des prisons de la région du Caire auprès de détenus de longue peine, originaires d'Asie ou d'Afrique. Des membres de l'église visitent chaque mois huit détenus incarcérés pour la plupart depuis plus de 15 ans. En dépit de nombreux obstacles, ces détenus ont constitué avec d'autres à l'intérieur de la prison une fraternité chrétienne d'une trentaine de personnes. Rejetés au début, ils ont gagné respect et estime. Ils ont offert une fête de Noël avec repas et chants à 300 autres détenus et gardiens.
Reconnaissants d'avoir vécu cette diversité étonnante de rencontres au carrefour de multiples cultures dans l'église et hors de l'église, le pasteur Bernard Coyault et sa famille, quitteront l'Egypte en juillet 2001, après avoir passé quatre années au Caire. (extrait de la revue CEEEFE 2000-2001 à paraître en février 2001
Un film vidéo sur Oikocredit
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la banque des pauvres
Présenter de manière séduisante et vivante le travail d'Oikocredit est maintenant possible avec la cassette vidéo "Investir dans les personnes". Le film donne une information générale sur la mission et le travail de Oikocredit, la banque des pauvres, dans le contexte bolivien, et présente deux projets : la coopérative de cacao bio El Ceibo et le fonds de microcrédit FIE. Oikocredit avait donné le feu vert à 46 projets en 1999 pour un total de 18,5 millions d'euros (30 % de plus qu'en 1998) et à 27 projets dans le premier semestre 2000. Oikocredit, est une alternative financière intelligente qui établit du lien entre ceux qui ont du bien et ceux qui n'en ont pas, en leur accordant crédit. Elle a fêté, en 2000, 25 ans de soutien des Eglises, des congrégations religieuses et des associations qui ont apporté un capital total de 120,7 millions d'Euros dont 53 millions ont été remboursés montrant que le terme "imbanquable" est plus le reflet d'un préjugé que d'une réalité.
- Informations sur internet : http://www.oikocredit.org
- Oikicredit pour la région de Franche-Comté :
tél. : 03 81 347 874 - Fax : 03 81 372 793
- Oikicredit Association de soutien France Est :
tél./fax : 09 89 49 00 92
- Oikicredit Ile de France et Ouest :
tél. : 01 48 74 90 92 - Fax : 01 42 81 52 40
- Oikicredit Méditerranée :
tél. : 04 91 17 06 40 - Fax : 04 91 17 06 41
Fédération Protestante de France -
http://www.protestants.org/fpf/