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Extraits du BIP 1518 du 1er au 15 Juin 2001



VIE DE LA FEDERATION

Un conseil très studieux

Le 5 mai, le Conseil de la Fédération protestante de France s'est réuni à Paris pour traiter des suites à donner aux recommandations de l'Assemblée générale de Mulhouse et pour étudier des textes de réflexion proposés par la commission Église et société sur les lois bioéthiques et sur la violence.

Partage d'actualités
Les réunions du conseil de la FPF commencent toujours par un partage d'actualité. Le président de la FPF, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, évoqué sa participation à une rencontre sur les libertés religieuses à Washington
Le pasteur Claude Baty, fait part de son récent voyage au Congo-Brazzaville où la situation est terrible : dénuement de la population, plus de routes, d'électricité, écoles sans tables, ni chaises, et la paix si fragile ! (à lire, son voyage dans le mensuel de l'Église évangélique libre Pour La Vérité).
A la suite de la réunion de novembre 1999, consacrée à la paix et à l'aide humanitaire au Congo, la Fédération protestante de France, accueilli, à la mi-mars une 2ème  rencontre qui visait à faire le point sur la situation au Congo, aujourd'hui, et sur les projets de reconstruction à mener. A l'automne, la Cimade devrait appeler les Églises et associations membres de la FPF à soutenir concrètement des projets.

Rencontre Congo-Brazzaville
à la Fédération protestante de France


Paris, les 13 et 14 mars 2001

Communiqué final

Les 13 et 14 mars, à Paris, le Conseil oecuménique des Églises et la Fédération protestante de France réunissaient les représentants du Conseil oecuménique des Églises chrétiennes au Congo, de " Christian Aid ", du Service protestant de Mission-Defap, de la Cimade, du " Life and Peace institute of Uppsala ", des Églises évangéliques de Suède, Baptistes et Évangéliques libres de France et de l'Armée du Salut.

Après la rencontre de novembre 1999 consacrée à la paix et l'aide humanitaire au Congo, les participants tenaient à faire le point sur la situation présente au Congo et sur les projets à conduire pour participer à la reconstruction du pays.

Une première partie de la rencontre, permis de mesurer la distance qui existe entre les discours politiques et la réalité vécue par la population. La paix n'est là qu'en apparence: si Brazaville offre la vue d'une ville calme où les activités ont repris, les transports dans le pays restent limités, routes et ponts ne sont guère remis en état, les populations éloignées de Pointe Noire ou de la capitale souffrent.

La paix reste fragile; des armes sont toujours là, prêtes à ressortir. Un rien suffirait pour que la paix s'envole.

Un dialogue national est proposé mais en fonction d'un programme préconçu et d'un résultat préétabli. Il est une occasion à saisir pour " se parler ", mais force est de constater que la confiance n'est pas de retour.

Dans ce contexte, notre rencontre, confirmé la résolution des participants à s'engager dans une double démarche

- d'une part, poursuivre et développer contacts et programmes qui contribuent à reconstruire la paix, à facilite
  la réconciliation.
- d'autre part, établir en relation avec le Conseil oecuménique des Églises chrétiennes au Congo un programme
  de soutien aux Églises du Congo désireuses de participer tant à la construction de la paix qu'à la
  reconstruction du pays.

Ce programme global qui devrait être établi pour l'automne 2001 devrait comprendre des chapitres divers:

- I'action en faveur de la paix et de la réconciliation
- I'information sur le Congo Brazzaville pour soutenir le programme du COECC
- projets de soutien au COECC
- projets de développement
- projets de communication ; radio oecuménique
- projets sanitaires et sociaux
- projets scolaires
- projets de reconstruction de temples
- . ..

Dans les prochains mois, le Conseil oecuménique des Églises chrétiennes au Congo précisera les objectifs et les priorités de ce programme tandis que les correspondants français constitueront une coordination pour développer en France le soutien au Congo.

Parallèlement, le Conseil oecuménique des Églises interpellera les Églises et agences d'entraide européennes pour élargir le réseau de celles et ceux qui participent à cet effort de paix et de reconstruction.

Suite des recommandations
Théologique

Une équipe de consultants théologiques devrait être mise en place et sera interpellée par le conseil. (cf. BIP 1514)

Défense
Un groupe de travail réfléchira à comment conduire les réflexions éthiques de la politique de la Défense nationale et la réflexion pourrait être étendue à la question de la mémoire.

Conflits et violences
Le thème des Assises 2004 de la FPF portera sur la violence.

Les sujets à venir
Lois bioéthiques

A la fin du mois de mai, le projet de révision des lois bioéthiques devrait être présenté au Conseil des Ministres et discuté à l'automne au Parlement. En 1997, la FPF,vait,dopté un texte intitulé " Clonage ". Un nouveau texte prenant en compte les dimensions anthropologiques et théologiques des nouvelles lois bioéthiques sera proposé au Conseil d'ici l'automne. La FPF, toujours accompagné les scientifiques dans leurs réflexions.

L'environnement
Interpellé par la Commission Église et société, le Conseil n'a pu que reconnaître l'absence de la FPF sur cette question devenue un enjeu incontournable. Il, été décidé qu'il fallait déjà coordonner les travaux des Églises et associations déjà produits à l'occasion de " Justice, Paix et Sauvegarde de la création " en 1989.
Des journalistes, lors d'une conférence de presse qui, suivi le conseil, ont été fort étonnés que la FPF n'ait pas encore travaillé le sujet.  Ils trouvaient déjà tardif le texte " Respecter la création ", sorti en 1999 par les évêques français. Si la FPF n'a rien produit depuis ses réflexions sur le nucléaire, les protestants à titre individuel n'ont pas manqué d'être partie prenante dans les réflexions sur l'environnement.

Liberté religieuse :
le président de la FPF à Washington


Le président de la FPF, le pasteur J.-A de Clermont, a estimé le 15 mai que les accusations américaines contre la France en matière de liberté religieuse s'expliquaient largement par une mauvaise information.

" Le chapitre consacré à la France dans le rapport du département d'État sur la liberté religieuse dans le monde est très mauvais ", a-t-il déclaré, en estimant que l'administration américaine se fondait sur " des informateurs partiaux " pour accuser la France. Il a cependant jugé " tout à fait normal qu'un pays pose des questions à un autre " sur la manière dont il respecte les libertés fondamentales. Le pasteur de Clermont s'est rendu à Washington fin avril à l'invitation d'une fondation de recherche (Institute for religion and public politics) à laquelle participent les Églises américaines.
Lors d'une rencontre avec des journalistes à l'issue du conseil de la fédération protestante, le président de la FPF a rappelé que l'article un de la constitution américaine interdit toute intervention de l'État dans le domaine religieux. Soulignant " l'extrême différence de situation entre les deux pays ", il a revanche estimé " tout à fait légitime que le gouvernement français légifère aussi dans le domaine religieux ". Le pasteur de Clermont a cependant rappelé l'opposition des protestants aux premières moutures de la proposition de loi dite " About-Picard " visant à lutter contre les dérives sectaires. La mobilisation conjointe de la FPF et de l'Église catholique a permis de " briser le consensus parlementaire " et de faire évoluer  ce projet dans le bon sens, s'est-il réjoui. Le texte, adopté en seconde lecture au Sénat, sera examiné, en seconde lecture par l'Assemblée durant la deuxième quinzaine de mai. Un représentant du département d'État, Michael Parmly, a réitéré la " préoccupation " des États-Unis le 1er mai dernier devant cette proposition de loi qui menacerait, selon Washington, la liberté religieuse. En vertu d'une loi du 27 octobre 1998, le département d'État américain est tenu de prendre en compte l'état des libertés religieuses dans ses relations avec les pays étrangers. (AFP)

Service télévision

Proposé par le service Télévision et les Amis de la Radio Télévision Protestante, ce thème, motivé une trentaine de groupes de jeunes de toute la France. Ils se sont munis d'un caméscope pour réaliser un sujet de 4 minutes maximum.

31 groupes sont allés au terme du défi, ils ont renvoyé leur cassette dans les délais.

Cette quatrième édition fut prolixe en réflexions : " Pas besoin d'un onzième, il s'agit finalement de bien relire  les dix premiers " ou bien " Veille à ne pas mourir des mauvais traitements que tu infliges à la Terre ", et encore " Aimer son prochain et aimer Dieu, c'est la même chose ". Un groupe nous a présenté le Christ ressuscité comme absence de 11e commandement. Beaucoup ont insisté sur l'enseignement de Jésus : " Aimez-vous les uns les autres ".

Intéressantes les réactions glanées au fur et à mesure des échanges avec les groupes en compétition ! Certains mettent en avant l'aspect fédérateur d'une telle aventure :
- " Ce concours fut une super occasion de faire un film avec tout le groupe, ce n'est pourtant pas l'une des premières choses que notre paroisse entreprend à l'accoutumée ", membre d'un groupe à Paris, Église réformée.

- " Cette démarche a permis aux jeunes de mieux se connaître et a fait naître un réel esprit d'équipe. Les nombreuses soirées passées à discuter sur le projet tout en s'amusant ont permis de créer un groupe soudé et dynamique ", les animateurs de groupe, Église luthérienne d'Alsace à Barr.

Le lien avec la vie d'Église est également mis en avant :
- " félicitations pour cette initiative qui semble prendre de l'ampleur et donner du dynamisme aux groupes de jeunes. Cela devient un véritable projet qui renforce la réalité de l'Église locale : recherche technique, acteurs, diffusion lors de journées d'Église, etc., ", le président du Consistoire, Église réformée de Marseille

- " Nous prévoyons d'en faire une version plus longue à utiliser dans le cadre de l'Église et plus largement si possible, merci pour un tel projet qui en suscite d'autres " - Église baptiste d'Angers.

Quatre minutes, c'est du travail !
Il n'est pas toujours évident de respecter à la lettre le règlement du concours tant les idées jaillissent :
- " Le plus dur n'a pas été d'avoir des idées. Ni de jouer les rôles, ni de ficeler' l'histoire. Le plus dur a été de tenir les quatre minutes sans dépasser (Š) nous avions 40 minutes de film en tout, il fut extrêmement difficile de tenir les 4 minutes réglementaires ", Église baptiste de Chauny (Aisne).
Le jury, composé de cinq professionnels de la télévision et de cinq théologiens, s'est réuni mardi 24 avril pour visionner 28 court-métrages. Il a souligné la bonne maîtrise technique d'ensemble, au service d'une grande diversité de tons : de l'humour, de la morale, en passant par la poésie (Simon Wiblé)

Il a récompensé les court-métrages suivants :
1er prix : 11e ou pas, telle est la question
par le groupe de jeunes Klingenthal Obernai
(Église luthérienne d'Alsace). Prix : 8000 F
2e prix : Les Zygonews de Zygo TV
par les Zygomas, Sélestat
(Église luthérienne d'Alsace). Prix : 5000 F

1e mention : Le 11e Commandement
par le groupe Rêve de Toulon Sanary
(Église réformée). Prix : 1000 F
2e mention : A la Recherche du 11e Commandement
par la BAU de Jacou
(Éclaireuses Éclaireurs Unionistes de France). Prix : 1000 F
3e mention : Les Prieurs du Décalogue
par les Catéchumènes de Lyon
(Église réformée). Prix : 1000 F

Service biblique :


prochains week-ends de formation 2001/2002
En 2001-2002, le Service biblique-EARB vous propose une formation à la lecture des textes bibliques sur le thème : " Entre résistances et soumissions "

Le premier week-end nous fera faire étape dans le livre du Qohéleth. Celui-ci donne la voix à plusieurs individus qui, en quête de sens, oscillent entre résistance aux idées toutes faites, contestation des équations sécurisantes de la sagesse traditionnelle, refus des limites posées à l'existence et acceptation d'un certain ordre des choses - ordre dans lequel un dieu, sa place.
Seconde étape lors d'un autre week-end, dans le livre de Jérémie. Saisi dès avant sa naissance et convoqué par Dieu pour être son prophète, cet homme vit sa mission dans la tension permanente entre soumission et résistance, car parler de la part de Dieu lui fait tenir des propos difficiles à dire et à entendre, le met aussi dans des situations intenables.
Notre parcours nous mènera ensuite pour un troisième week-end, dans les livres des Juges (chapitre 11) et de la Genèse (chapitre 22) où nous découvrirons deux pères soumis au point d'être prêts à sacrifier à Dieu l'un sa fille, l'autre son fils, sans exprimer la moindre résistance.

Dates, lieux et intervenants :
13-14 octobre 2001
à Bordeaux avec M. Martin Rose, professeur d'Ancien Testament
9-10 mars 2002 à Paris avec M. Thomas Römer,  professeur d'Ancien Testament
1-2 juin 2002 à Arras avec M. André Wénin,  professeur d'Ancien Testament

Ces textes laissent rarement indifférent. En effet, qui n'est pas remué, voire bousculé par les attitudes de ces personnages si entières dans la soumission et/ou la résistance ?
Mais pourquoi ces textes nous touchent-ils à ce point ?
Pourquoi des lecteurs idéalisent-ils certains de ces récits et rejettent-ils les autres ?

Une lecture attentive, méthodique, critique de ces textes devrait nous permettre de mieux comprendre ce qui y était en jeu au temps de leur production et ce qui reste en jeu pour nous lecteurs aujourd'hui. Les images de l'humain, de Dieu, du monde qui y sont construites résonneraient-elles encore avec nos compréhensions et questions actuelles ?
Est-ce aussi " entre résistances et soumissions " que ces textes nous invitent à cheminer ?
Ce sont toutes ces pistes que nous explorerons durant ces 3 week-ends, accompagnés par des formateurs expérimentés dans l'analyse et l'interprétation des textes bibliques.
En 2002-2003, nous explorerons avec cette même préoccupation le Nouveau Testament.

Un Congrès biblique
organisé en partenariat avec le Service biblique catholique " Évangile et Vie "
sur le thème : " Les enjeux de l'animation biblique dans la vie de l'Église "
Date et lieu : 27-28 avril 2002 à Bordeaux
Intervenants : M. Philippe Bacq et M. Elian Cuvillier

Ateliers :
Lancer un projet de lecture de la Bible sur une région, un diocèse ; Raconter la Bible ;
Lire la Bible avec des adolescents ; La Bible en bandes dessinées ;
Bible et oecuménisme ; Lire la Bible en milieu défavorisé ;
Bible et vie paroissiale ; Traduire la Bible : pour qui ? Comment ?

Renseignements pour ces formations :
Pasteur Sophie SCHLUMBERGER,
responsable du Service biblique-EARB
et Madame Véronique PICARD-JEANNE, secrétaire :
47 rue de Clichy ‹ 75311 Paris Cedex 09 ­
Tél. 01 44 53 47 09 ‹ Fax 01 45 26 35 58 ‹
e-mail : fpf-bible@protestants.org



VIE DES Églises

3 questions à Marie-France Robert
Elle est la première femme élue inspecteur ecclésiastique dans l'Église luthérienne de France, - il y eut un cas en Alsace (ECAAL), aucun dans les deux inspections de Montbéliard et Paris. Suivant la tradition, Marie-France Robert a été installée dans ce ministère par l'inspecteur Michel Marlier (Montbéliard) le dimanche 20 mai, dans l'église historique de la Rédemption, à Paris.

- Quel a été votre chemin vers le ministère pastoral ?
M-F.R.:
 Je suis née non loin du Chambon sur Lignon (en Haute-Loire). C'est là que sont mes attaches, là que, chaque été, toute la famille se retrouvait pour le culte. Ma mère, mes grands-parents étaient nés en Nouvelle-Calédonie, leurs parents venaient de cette région et du Pays de Montbéliard : mon origine est double, mais c'est sur ce plateau que je me suis enracinée dans le protestantisme. Lorsque mes parents se sont installés en banlieue parisienne, la paroisse réformée n'était pas pratique d'accès. Jeanne Zurcher*, qui était assistante dans un poste de mission intérieure luthérienne, est venue nous voir. Mes parents ont préféré que mon frère aîné et moi fassions notre catéchèse avec elle ; cela se passait dans le salon d'une maison, dans une buanderie... Cette façon d'enseigner l'Évangile dans le quotidien a influé sur ma vie. Dès ma confirmation, je savais que je servirais l'Église, que je travaillerais dans l'Église.
Je souhaitais partir. Mes parents ont réagi de façon inattendue : ils me voyaient bien enseignante mais en France. J'ai tenu bon et j'ai suivi des cours à l'École de la Mission. J'avais 21 ans lorsque je suis partie.
J'ai travaillé onze ans à Madagascar dans l'Église luthérienne malgache, comme enseignante puis responsable d'internat. J'ai appris à écouter, j'ai appris à vivre près des gens, dans la simplicité et le dépouillement, ­ j'ai puisé de l'eau, lavé mon linge à la rivière, travaillé avec les femmes dans les rizières. J'ai beaucoup reçu de ce partage, c'était pour moi vivre l'Église universelle.
En 1978, lors d'un retour à Paris, Albert Greiner a suggéré que je fasse des études de théologie, toujours pour travailler dans l'Église malgache. Lorsque j'ai terminé, le pasteur Greiner et l'inspecteur René Blanc ont proposé mon ordination*, sans savoir que j'avais rencontré François Robert, qui ne voulait pas aller à Madagascar.

- Comment gérez-vous votre vocation de pasteur et de femme ?
M-F.R. :
J'ai été ordonnée en décembre 82. Mes parents étaient morts peu avant, réconciliés avec mon choix de vie.
Dès le début, François m'a soutenue, accompagnée, toujours disponible malgré son métier pour m'aider sur le plan pratique. Il n'est pas le mari du pasteur, il complète mon ministère.
Pour moi, être pasteur n'est pas un métier mais un ministère que je vis totalement ­ même dans un mi-temps de principe, comme ce fut mon cas. Mes enfants, Paul-Etienne et Jonathan, n'ont jamais été un barrage. Ils ont vécu dans un cadre ferme mais pas rigide. J'ai seulement attendu qu'ils soient plus grands pour entrer dans des commissions.

- Qu'est-ce qui vous comble dans votre ministère ?
M-F.R.:
Je me considère comme un pasteur de terrain. J'aime vivre avec les gens, j'aime la dimension forte et belle de proximité, pas seulement dans mon ministère, aussi dans ma vie. Il me plaît d'être au service de l'Église et de vivre ce service dans la richesse de sa diversité, qu'il s'agisse de nationalités, de cultures mais aussi de théologies.
- Quels sont vos projets en tant qu'inspecteur ?
M-F.R. : Je tiens à conserver ma paroisse de St-Pierre, avec l'aide du pasteur Rafi Rakotovao. Je souhaite faire des visites dans les paroisses, pas uniquement celles de ma charge, mais pour vivre le temps fort d'une communauté.
Ma priorité va à l'ouverture : d'abord à l'intérieur de notre Église régionale pour faire cesser l'isolement de certaines paroisses ; puis vers notre inspection-soeur de Montbéliard et vers l'Église d'Alsace ; au niveau national, dans les instances de la Fédération protestante, et au niveau international, vers les Églises luthériennes d'Allemagne, de Scandinavie. Sans omettre ce qui a trait à l'oecuménisme.
Propos recueillis par Élisabeth Hausser

* L'ordination des femmes a été votée par le synode général de l'EELF en 1974 et Jeanne Zurcher a été la première femme pasteur, ordonnée en 1975.
* L'Église luthérienne malgache n'ordonne pas les femmes.



OECUMENISME

Au coeur de l'ecclésiologie :
Viviers 2001,
vu par le pasteur Bernard Bordes

Malgré le temps extérieur plutôt maussade qui régnait au dessus de la basse Ardèche en ce début de mois de mai, le soleil brillait à l'horizon oecuménique français et même européen. En effet la session oecuménique, qui se tient à Viviers tous les trois ans, a commencé par la remise de la charta oecuménica qui venait d'être signée par la conférence des Églises européennes et le conseil des conférences épiscopales d'Europe. Cette charte constitue une avancée importante dans le dialogue. Les participants à la session de Viviers ont eu la primeur du texte.
Autre coïncidence : à l'heure où le Pape accomplissait un voyage avec les Églises orthodoxes en Grèce et en Syrie, des représentants orthodoxes priaient, discutaient, partageaient un repas avec des catholiques romains et des protestants. Ce ne fut pas à mes yeux la moindre grâce de cette rencontre, que celle de permettre à des chrétiens de toutes confessions de vivre ensemble pendant trois jours. On voyait de hauts dignitaires de l'Église et des chrétiens de base prendre ensemble un repas, discuter dans un couloir et se découvrir dans leurs différences et leur proximité.

Lorsque par exemple le hiéromoine (moine prêtre) orthodoxe, lors de la prière commune, s'est mis à chanter : " Le christ est ressuscité des morts, par sa mort il a vaincu la mort à ceux qu'enferment les tombeaux il a donné la vie! ", on a senti une réelle communion de foi entre tous les chrétiens dépendant tous du même Seigneur ressuscité. En face du Christ lui même, notre unique berger, les différences s'estompent sans cesser d'exister. Et ce qui unit est plus grand que ce qui divise pour reprendre une formule classique.

Donc, des représentants de la majorité des Églises françaises étaient réunis à Viviers. Il y avait le président de la fédération protestante, la commission oecuménique ainsi que les délégués nationaux et régionaux des Églises protestantes, réformées et évangéliques ; deux professeurs de faculté de théologie. Côté catholique : un archevêque, celui de Rennes et trois autres évêques (dont le célèbre Armand Lebourgeois, un des participants au concile Vatican II) ainsi que de nombreux prêtres et laïcs. Côté orthodoxe, on comptait un jeune évêque roumain et son diacre, un archimandrite arménien, un hiéromoine ainsi que des laïcs théologiens. Enfin les anglicans n'étaient pas oubliés avec deux prêtres délégués ainsi que des fidèles de cette Église.

Bref, mon impression de nouveau venu est que chaque Église, voulu s'engager concrètement dans le dialogue et dépasser la sphère de la diplomatie et du politiquement correct.

Il me semble que ce climat de vérité, prédominé tant dans les dialogues officiels que dans les conversations de couloir. De même la franchise et l'amitié ont prévalu dans ce pot que des jeunes prêtres et pasteurs sont allés boire ensemble en ville le dernier soir, après avoir participé à une veillée festive et au rangement de la salle municipale.

Un certain enthousiasme a donc régné pendant cette session augurant ainsi apparemment d'une nouvelle ère oecuménique à l'aube du troisième millénaire. Le professeur Birmelé doyen de la faculté de théologie protestante de Strasbourg, mettait en valeur l'impact décisif de la signature de l'accord luthéro catholique sur la doctrine de la justification, conclu en octobre 1999. Il faisait remarquer que cet accord portant sur une question de fond à l'origine de la séparation des Églises occidentales, a inauguré un nouveau climat où une reconnaissance mutuelle plus profonde est possible. Le père Legrand, conférencier dominicain qui s'est fait remarquer par un remarquable esprit de synthèse et par une connaissance interne approfondie des différentes Églises (y compris pentecôtistes), n'hésitait pas à parler d'une nouvelle saison oecuménique.

Certes, l'ombre de Dominus Iesus planait sur Viviers mais pourtant, elle n'a pas atteint le moral des conférenciers officiels des Églises. Les propos du cardinal Ratzinger dans ce document qui avait refroidi considérablement les relations entre catholiques et protestants ont été relativisés car ils ne remettent pas en question les avancées du concile Vatican II, ni celles de la déclaration commune. Il semblait donc acquis que la notion de consensus différencié avait de beaux jours devant elle pour permettre entre les différentes Églises une reconnaissance mutuelle qui ne soit pas une uniformité.

Précisément la session de Viviers proposait cette année le thème difficile de l'ecclésiologie : Nature et conception de l'Église. Nos différences sont-elles séparatrices? État des dialogues en cours.
Le choix de ce thème était risqué tant les différences ecclésiologiques en ce qui concerne le ministère par exemple, sont importantes. Et pourtant il est apparu que non seulement on pouvait et devait dialoguer entre chrétiens mais encore qu'une reconnaissance mutuelle de pleine  ecclésialité était possible. Le père Legrand dans sa conclusion faisait remarquer que le dialogue oecuménique a atteint  un plus grand niveau de maturité. On arrive à se dire les choses y compris celles qui nous opposent et cette qualité de dialogue atteint les plus hauts responsables des Églises. Tout cela est donc un progrès sensible. Et d'exhorter chaque participant à poser des gestes oecuméniques concrets et fort dans son entourage paroissial immédiat.

Concernant l'écclésiologie, le débat au sujet de l'épiscopat et de la notion de succession apostolique été à mon sens un exemple de courage intellectuel et d'écoute alors qu'il aurait pu être le point le plus polémique. Tranquillement, l'évêque orthodoxe, Mgr Joseph Pop, a réaffirmé la place centrale de l'évêque local dans la structure même des Églises qu'il représentait. Mais en réponse à une question il a aussi affirmé la validité du rapport individuel du croyant en face du Christ lui -même, laissant entrevoir ainsi qu'on pouvait être en Église même sans dépendre d'un évêque. Le jeune théologien belge, le père Joseph Florent Famerée a lui aussi réaffirmé la place stratégique de l'évêque, successeur des apôtres dans l'ecclésiologie catholique mais en la contextualisant de manière qui laisse place à un dialogue et une ouverture à ce sujet. Le doyen Birmelé pour sa part, fait sensation en déclarant fortement devant toute l'assemblée, à peu près dans ces termes : nous protestants, nous avons aussi la succession apostolique, il y a une autre manière d'exercer l'épiscopat que de passer par la médiation d'un homme. Il faisait allusion aux structures synodales qui régissent l'ecclésiologie protestante. Après une telle prise de position, on aurait pu s'attendre à un vent de réprobation de la part des évêques présents et à une mise au point lors de la table ronde qui a suivi. Mais tout au contraire les participants théologiens ont plutôt accueilli avec intérêt cette affirmation et en tous cas, ne s'en sont pas servi pour conclure à une impossibilité de s'entendre mais plutôt comme l'application d'un consensus différencié à la structure même de l'Église. Si tel est le cas, cette piste pourrait ouvrir la voie à des accords futurs de plus en plus audacieux tout en respectant les différentes expressions légitimes de l'Église universelle.

Pour conclure de manière réaliste, il me semble que, bien sûr, un immense chemin reste à faire avant une pleine reconnaissance mutuelle des Églises. Mais pour avancer dans cette voie, de saines interpellations ont été formulées ou pressenties à Viviers qui devraient permettre de continuer le travail dans chaque communauté.
Les catholiques ont été interpellés sur l'apostolat valide des Églises protestantes, les orthodoxes sur la qualité spirituelle des autres Églises et la validité de leurs ministères. Et nous protestants ? Ce pourrait être par exemple sur notre discipline baptismale (Le baptême ne doit il pas précéder la sainte Cène ?) ou bien sur notre difficulté à rendre visible notre unité (notre épiscopé), notamment au plan universel.

Ces interpellations reprises avec beaucoup de souffle par le père Legrand, en conclusion de la session sont avec le partage amical qui a prévalu pendant ces trois jours, un pain riche et généreux que nous pourrons manger et assimiler. Rendez vous dans trois ans ? Non! C'est tout de suite que dans chacune de nos paroisses, nous devons nous laisser conduire par la Parole et par l'Esprit sur les nouveaux chemins d'unité dans le Christ.
Pasteur Bernard Bordes,
paroisse réformée évangélique d'Alès (Gard).

Prier contre la torture


La torture, cette pratique qui consiste à faire souffrir un être humain délibérément, à l'humilier, à le briser, est interdite en toutes circonstances par le droit international. Pourtant, elle est pratiquée régulièrement aujourd'hui dans plus de la moitié des pays du monde. Cette terrible réalité a poussé Amnesty International, lancé une nouvelle campagne mondiale contre la torture en octobre 2000. La Fédération internationale de l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), qui est membre avec Amnesty de la coalition des ONG internationales contre la torture (CINAT), s'associe pleinement à cette initiative.
La Fi-ACAT et les 28 ACAT nationales invitent les Églises chrétiennes à renouveler leur condamnation de la torture et des traitements inhumains et dégradants et à renforcer leur engagement en vue de l'éradication de ces pratiques. Elles les encouragent à intégrer cette préoccupation dans leur vie de prière et leurs activités. Il est demandé aux Églises de consacrer une journée, ou plus, au thème du refus de la torture : en particulier le dimanche 24 juin 2001, proche de la journée internationale de soutien aux victimes de la torture (26 juin).

Un recueil intitulé " Une espérance au coeur de la nuit " permet d'entrer dans la démarche de la campagne contre la torture en proposant des prières dont certaines à partir de cas particuliers, des points à développer lors d'une méditation, mais aussi des suggestions d'actions simples.

Prière et action sont complémentaires. Prier c'est intercéder pour des personnes pour lesquelles on intervient auprès des détenteurs du pouvoir tortionnaire ; c'est aussi, selon l'Esprit de l'Évangile, demander la conversion des bourreaux. C'est aussi prier pour soi afin d'être inspiré pour venir en aide aux victimes et agir efficacement.

Une espérance au coeur de la nuit est un recueil bilingue français-anglais (49 p. en français ­ 47 p. en anglais) Fi-ACAT 27, rue de Maubeuge ­ 75009 Paris ­ Tel : 01 42 80 01 60 ­ Web : www.fiacat.org


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/