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o Un synode des jeunes
Grande première, un synode des jeunes s'est déroulé parallèlement à celui de l'Union sur le même thème, mené par Pascal Grosjean, animateur jeunesse des Assemblées évangéliques de Suisse romande. Plusieurs temps communs ont été organisés, permettant aux différentes générations d'aborder ensemble l'avenir de l'Eglise Libre et de rappeler que la mission de l'Eglise auprès des jeunes est essentielle. Si elle ne demande pas un déplacement géographique, elle se caractérise par un réel déplacement culturel auprès des jeunes. La trentaine de responsables de groupes de jeunes ont demandé à ce que les jeunes soient consultés lors des décisions prises par les Eglises locales.
o Voeux du 78e Synode
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des Eglises Evangéliques Libres de France
- Que la formation décentralisée élaborée pour l'Eglise Evangélique Libre de Nouvelle Calédonie et des Iles Loyauté, soit mise aussi à la disposition de nos Eglises métropolitaines et demande à la Commission Synodale d'étudier les modalités pratiques de sa mise en oeuvre.
- Que la Commission Synodale mette en place une organisation qui permette une meilleure gestion des changements de poste pour les pasteurs et pour les Eglises de notre Union.
- Que la Commission Synodale utilise les commissions existantes pour déléguer une part de son travail et se donne ainsi les moyens de mieux jouer son rôle de médiateur et de visionnaire et lui demande de proposer pour le prochain Synode les adaptations statutaires nécessaires.
- Que la Commission Synodale étudie les moyens (Consultation des Conférences de groupe par exemple) et, le cas échéant, la mise en place de nouvelles structures (Commission Nomination par exemple) pour une meilleure information des délégués lors des élections organisées au Synode.
- Que tout poste qui demande une aide financière à l'Union prépare un dossier en relation avec la Commission d'Evangélisation, décrivant sa situation et ses besoins; ceci afin d'éclairer la Commission synodale dans l'attribution de subventions aux postes concernés. Que par ailleurs la Commission Synodale informe plus régulièrement les Eglises des besoins des postes d'Evangélisation.
- Que la Commission Synodale, à travers la Commission Mission, renforce les liens qui nous unissent avec nos frères et soeurs de la Nouvelle Calédonie et les Iles Loyauté et de l'Eglise Evangélique du Congo. Qu'elle mette en oeuvre tous les moyens dont elle pourra disposer afin de prendre aujourd'hui toute sa part dans la mission.
- Que l'Union fasse entendre clairement sa voix, en réaction à certains messages radio-diffusés lorsque eux-ci prêchent tout sauf l'Evangile, ou pire, le déforment.
Par ailleurs, il serait nécessaire de demander à la Fédération Protestante de France de gérer plus utilement le temps qui est imparti aux protestants de France à la télévision.
- Que la Commission Synodale exprime par les voies appropriées aux autorités publiques l'indignation de l'Union face aux conséquences dramatiques vécues par le Congo et qui ont pu naître de la préservation d'intérêts financiers français.

C'est à l'unanimité que le Consistoire Supérieur s'est prononcé sur le principe et les modalités d'une part de la visite des communautés ecclésiales et d'autre part de l'entretien professionnel des pasteurs. La visite de la communauté " est un temps de rencontre, d'encouragement, d'interpellation et de fête ". Elle " permet à une communauté de se situer par rapport à son projet et par rapport au projet d'Eglise ". Sur la base d'un dossier documentaire préalable, une équipe de visiteurs composée de représentants du Consistoire Supérieur et du Consistoire concerné établira un rapport qui sera transmis à la paroisse et au Directoire. L'entretien professionnel des pasteurs " est l'occasion pour le pasteur de réfléchir à son évolution professionnelle et de manifester les perspectives qu'il envisage quant au poste qu'il occupe et à celui qu'il souhaiterait pour l'avenir. " Cet entretien sera mené par l'Inspecteur ecclésiastique tous les trois ans qui en établira un compte-rendu.
La question de la consultation du Conseil Presbytéral en vue de la poursuite du ministère du pasteur dans la paroisse dont il a la charge a été remis à l'examen d'une prochaine session du Consistoire Supérieur.
Le pasteur Michel Bertrand, Président du Conseil National de l'Eglise Réformée de France, a fait part de la synodalité telle qu'elle est pratiquée dans son Eglise. " Parler de synodalité, c'est parler des institutions dans un contexte de des institutions ". La synodalité s'exprime en tension entre l'Eglise locale et l'Union des Eglises locales dont le Synode est le lieu d'expression et de décision. Elle est une manière de comprendre le " sacerdoce universel ", c'est-à-dire la responsabilité qu'exercent laïcs et pasteurs.
Elle signifie l'interdépendance qui lie les uns et les autres, donc une autorité partagée, selon les fonctions électives que le Synode confie. Michel Bertrand a insisté sur les conditions de la synodalité, à savoir l'information et la formation. L'Ecaal entend poursuivre la dimension de la synodalité dans ses instances. Cette question sera donc reprise au sein du Consistoire Supérieur.
Marc Lienhard a fait état des difficultés rencontrées par la Librairie et les Editions Oberlin de Strasbourg. L'actuel Directeur quittera ses fonctions au mois de juin. Un Comité de travail réunira des représentants du Conseil d'Administration des Editions Oberlin et des Eglises protestantes d'Alsace et de Moselle.
Le Consistoire Supérieur se réunira les 20 et 21 octobre, puis avec le Synode de l'Eral en Assemblée Commune, les 17 et 18 novembre 2001. (Richard Gossin)
Au moment où 4 Eglises luthéro-réformées francaises signent un accord de communion avec les Eglises anglicanes de Grande Bretagne et d'Irlande (26 juin à Canterbury, 1er juillet à Paris), essayons de nous y retrouver dans la forêt des accords ecclésiaux.
Cette forêt n'est pas vraiment vierge ! Est-il nécessaire de rappeler que les Anglicans se sont engagés dès les origines dans le mouvement oecuménique ?
Déjà en 1888, ils proposaient une unité de toutes les Eglises autour de 4 points : les Ecritures, les confessions de foi anciennes, les sacrements et épiscopat. Avec les Anglicans, l'unité est en marche depuis longtemps ! Et depuis longtemps aussi, elle ne signifie pas uniformité mais reconnaissance mutuelle comme étant chacun pleinement l'Eglise de Jésus-Christ.
Ces accords ne sortent donc pas du chapeau des théologiens-magiciens, ils sont le fruit d'années de dialogue qui cherchent à tenir ensemble fidélité à l'évangile et avancement vers des marques visibles de l'unité de l'Eglise. Au plan international d'abord : dialogues entre Anglicans et Fédération Luthérienne mondiale depuis 1972, et Alliance réformée mondiale depuis 1981. Et depuis quelques années, ils se traduisent au plan " local ", c'est-à-dire dans diverses régions du monde. Ainsi, des accords luthériens-épiscopaliens (anglican américains) sont signés en Amérique, ouvrant la pleine communion et l'échange des ministères (et participation réciproque aux ordinations) entre ces deux Eglises.
Depuis 1982, les rapports de la commission internationale anglicane-catholique (ARCIC) se succèdent aussi : la doctrine eucharistique, ministère et ordination, le Salut et l'Eglise, I'Eglise comme communion, l'autorité dans l'Eglise (Publication de ces dialogues au Cerf).
Message de Michel Bertrand,
président du Conseil national de l'Eglise réformée de France
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Monsieur le Modérateur,
Chères soeurs et chers frères,
Un message au synode c'est un peu comme une prédication, le plus difficile c'est finalement de commencer… parfois aussi, disent certains, de s'arrêter ! Mais en tout cas il faut d'abord choisir une porte d'entrée. Alors je voudrais vous dire brièvement, cette année, les ouvertures auxquelles vous avez échappé. L'une d'entre elles m'avait été rigoureusement interdite par la vice-présidente du conseil national, historienne de profession et régionale de l'étape, qui m'avait dit : “ tu parles de ce que tu veux, mais tu nous évites le vase ! ” Dont acte, je n'en dirai pas plus, si ce n'est pour vous renvoyer, quand même, à la reproduction qui est sur votre cahier synodal ! Il y avait bien sûr une autre porte, et même un portail d'entrée possible, avec les cathédrales de Picardie : Amiens, Beauvais, Senlis, Noyon, Laon, Soissons. Mais j'aurais été obligé de vous dire à quel point celle de Soissons souffrit gravement de l'occupation de la ville par les Huguenots en 1567-1568 et nous aurions peut-être eu du mal avec cette mémoire douloureuse ! Enfin, ayant mentionné la cathédrale de Noyon, j'aurais aussi pu parler de celui qui eut pour parrain l'un de ses chanoines et qui, en 1521, reçut même un bénéfice ecclésiastique lié à l'un de ses autels avant d'y renoncer 13 ans plus tard. Mais je ne pouvais me contenter de nommer Jean Calvin, simplement comme on salue au passage et par politesse, une vieille connaissance, j'aurais dû parler de l'actualité de sa pensée aujourd'hui. À cela, toutefois, je n'ai pas complètement renoncé ! Finalement une autre réalité s'est imposée à moi. En effet, si vous êtes venus à Soissons par la route, vous avez découvert en arrivant deux grandes flèches pointues bien plus élevées que la petite silhouette trapue de la cathédrale. C'est tout ce qui reste de l'abbaye de Saint-Jean-des-Vignes, l'une des plus puissantes de la région, au temps de sa splendeur (XIIIème-XVIème siècle). Cette grande façade dévastée, accompagnée d'aucune nef, avec seulement le coeur béant de sa rose et ses sculptures mutilées, témoigne des drames et des combats qui ont meurtri cette région au long des siècles et notamment d'une page tragique de notre histoire. Celle de la guerre de 1914-1918. Cette blessure, inoubliable dans cette région, marque chaque maison, chaque rue, chaque famille, chaque mètre de champ où les labours profonds ramènent encore, à chaque automne, des tonnes d'obus dont on ne parle même plus. Et si les marques de ce passé douloureux échappent parfois à nos regards, s'il faut les chercher et apprendre à les lire, c'est parce que la volonté des habitants à reconstruire, leur détermination à recommencer ont été, et demeurent, à la mesure des désastres qu'ils ont subis.
Et pourtant ce furent 8 700 000 morts. “ Sous cette “poussée de l'incalculable”… c'est l'humanité de chaque homme (…) qui en perdant son caractère unique, a subi une dévaluation sans précédent et peut-être sans remède ” (1). C'est pourquoi on peut voir dans cette guerre le moment inaugural de toutes les tragédies qui devaient ensuite déchirer le XXème siècle et en faire le siècle de “ l'humanité perdue ”. Perdue, parce que des êtres humains singuliers y ont été sacrifiés au nom d'une compréhension de l'Homme, posée comme pure et absolue, légitimée par un dieu, une idole ou une idéologie. Nous savons les noms de ces folies et de ces massacres : Auschwitz, Hiroshima, Goulag, Sarajevo, Rwanda, Tchétchénie et combien d'autres méconnus ou oubliés. Oubliés même dans notre présent. Ainsi, aujourd'hui, l'Afghanistan, où il a fallu que les “ pierres crient ” pour qu'enfin les médias et l'opinion publique découvrent derrière des statues que l'on brise, des hommes et plus encore des femmes de chair et de sang quotidiennement asservis et détruits.
Alors, en cet instant, réunis en synode comment pourrions-nous oublier les souffrances et les peines, les noms et les visages, qui tissent la trame de nos jours ? Ce sont d'abord, dans cette région, les habitants de la Somme toute proche, submergés encore à l'heure qu'il est par l'eau et par le désespoir, avec parfois le sentiment d'être abandonnés ou cyniquement instrumentalisés par la surenchère compassionnelle des politiques. Ce sont les agriculteurs durement frappés par les conséquences dévastatrices des maladies réelles ou potentielles de leurs troupeaux, mais victimes aussi sans doute des peurs irraisonnées qui semblent tout à coup saisir notre société rationnelle. En effet, “ en nommant les risques, la technoscience les met en scène… de façon démesurée, au nom d'un pseudo-rationalisme. Elle transforme les données incertaines en autant de certitudes potentielles. Face à l'incertitude, elle réduit ainsi l'esprit critique de chacun devenu plus machine à s'émouvoir qu'à penser… ” (2). Et puis comment ne pas parler de cette page sombre de notre histoire que nous avions jusqu'alors largement occultée, celle de la guerre d'Algérie, cruellement remise sous nos yeux. Nos Eglises pourraient-elles se tenir à l'écart de ce douloureux et nécessaire travail de mémoire au moment où l'A.C.A.T. leur demande de s'associer à la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture voulue par l'O.N.U. ?
Je veux enfin, en évoquant celles et ceux qui nous ont quittés au cours de l'année écoulée, partager la peine de leurs proches. Il y a quelques semaines, Ralph Teinaoré, secrétaire général de l'Eglise évangélique de Polynésie française et depuis quelques mois président de la Cévaa, c'était une voix forte et une présence chaleureuse habitées par la passion de l'Evangile. Les ministres à la retraite Michel Grellier, Marc Buscarlet, Florence de Robert, André Miroglio, Alain Blancy dont on connaissait l'engagement oecuménique et l'implication dans les problèmes de ce temps, René Agnel, Pierre Marchand, Albert Gaillard ancien secrétaire général qui eut à coeur d'être à l'écoute des attentes, des imaginations, des audaces, des impatiences, au sein de l'Eglise et de la société, James de Coninck, Henri Marschal, Armand Breye, Jean-Pierre Borel, Roger Hateau, Madeleine Richard, René Mordant, Claude Lignières, René Pénisson, Suzy Widmer, Elie Brée, Nelly Roudet, Pierre Atger. Mais aussi des fidèles, au sens fort de ce mot, François Gay, Jean-Marc Mercier, Charles Platon, Pierre-Albin Martel, qui eurent de multiples et durables engagements dans différentes instances de notre Eglise, Philippe Graff qui assuma pendant de nombreuses années, avec dévouement et efficacité, la responsabilité du service immobilier, Hubert Raoul-Duval présent l'an dernier encore à notre synode dont il présidait le collège des Œuvres et Mouvements, président de la Fondation John Bost il avait aussi assuré la charge de trésorier de cette région Nord-Normandie, Daniel Hibon membre de l'équipe régionale jeunesse en Centre-Alpes-Rhône et qui avait été l'un des artisans des assises de la jeunesse, Théodore Monod, un grand témoin de la pensée et de la spiritualité protestantes bien au-delà de nos réseaux ecclésiaux, Jean-Michel Sturm qui fut président du conseil exécutif de l'Eglise évangélique luthérienne de France et puis, il y a quelques jours, Jacqueline Grossein, membre de l'équipe nationale mission. Nous pensons aussi tout particulièrement, dans la prière et l'affection fraternelle, à Christiane Dieterlé, Robert Akli, Lytta Basset, ainsi qu'à leurs familles, frappés par des deuils cruels.
L'énumération de ces souffrances personnelles comme l'évocation du tournant tragique de la Première guerre mondiale nous redisent, s'il en était besoin, que chaque être humain est unique et singulier. C'est précisément cette conviction, telle qu'elle est exprimée dans les Ecritures, que les participants des assises jeunesse avaient choisi de mettre en tête de leur déclaration : “ La Bible rapporte cette Parole de Dieu qui fonde notre identité aujourd'hui devant lui : “Ne crains point, je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi” (Esaïe 43/1). Nous avons du prix aux yeux de Dieu. Cela donne sens à notre vie. C'est un appel à nous engager. C'est une espérance à partager ” (3). Ainsi la foi est fondamentalement cette rencontre personnelle avec Dieu, dont Il a lui-même l'initiative et qui trouve notamment son expression dans la notion de vocation. Dès le début de la Bible, Dieu par sa Parole crée et appelle, au double sens du verbe appeler. Celui de nommer et d'adresser vocation. Dans le Nouveau Testament, en particulier chez Paul, la vocation est appel de Dieu au salut qui ouvre à l'expérience même de la foi. Appelé, rencontré par Dieu, le croyant ne dépend plus, ni de ses forces, ni de ses capacités, ni de ses qualités, il peut se recevoir comme un don d'un Autre que lui-même. Pour le dire avec Luther : “ Je crois que je ne puis par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni venir à lui. Mais c'est le Saint-Esprit qui m'a appelé par l'Evangile… de même qu'il appelle… toute la chrétienté sur la terre… ” (4). Quant à Calvin, on ne s'étonnera pas qu'il ait d'abord choisi de terminer le dernier chapitre de l'Institution Chrétienne de 1539, portant sur la vie de l'homme chrétien, précisément par un paragraphe sur la vocation.
C'est à partir de cette réalité, qui met en mouvement et tourne vers l'avenir, que je voudrais maintenant porter un regard sur notre société et notre Eglise, repérer des évolutions, souligner des convictions, partager aussi quelques questions et orientations pour demain. Comme une invitation à faire entendre dans le concert oecuménique et au sein du protestantisme une voix luthéro-réformée, assurée et vivante, lucide et confiante, consistante et ouverte à la fois, à même de résonner au coeur des questions de notre temps.
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Notre temps où, il faut bien le reconnaître, on parle peu de vocation, sauf pour désigner une vie professionnelle très exigeante ou spécifique, alors même que cette notion me paraît particulièrement pertinente aujourd'hui. Il importe donc de s'interroger sur les raisons de cette éclipse.
C'est peut-être d'abord parce que la vocation renvoie de manière subjective à une réalité extérieure à la fois indicible et contraignante. Et autour de nous, les gourous, les prophètes et les chefs autoproclamés ne manquent pas qui légitiment leurs actions et leurs exactions par un appel divin. J'ai déjà évoqué l'Afghanistan, mais nous connaissons bien d'autres situations où les religions sont en danger d'intolérance et en péril de violence. On peut alors comprendre, dans cette perspective, une certaine réserve à l'égard de tout usage abusif d'un mot qui a une forte charge irrationnelle. Mais en même temps, cette difficulté à parler de vocation, ne traduit-elle pas une sorte d'incapacité ou de refus, de notre société sécularisée, à penser et reconnaître, d'une manière raisonnable et raisonnée, l'altérité et la transcendance. Cela prend parfois, dans notre culture, la forme d'un rationalisme suffisant voire d'un soupçon à l'égard du religieux et du spirituel dont certaines formes de laïcisme sont des symptômes inquiétants. Ainsi le projet de loi anti-sectes ou le refus du gouvernement d'une référence à “ l'héritage religieux ” de l'Europe, contre lesquels la F.P.F. s'est vigoureusement et à juste titre élevée. Alors je crois que dans ce contexte et compte tenu de leur histoire et de leur théologie, les protestants français ont une position tout à fait spécifique à tenir. À la fois pour défendre une laïcité qui protège la société de toute tutelle religieuse, du fanatisme et des dérives sectaires. Et en même temps maintenir ouverte, au sein de la culture, la question de Dieu et la dimension spirituelle de l'humain.
Sinon c'est le retour à un univers clos, celui de la toute-puissance humaine, où, bien sûr, la notion de vocation, parce qu'elle fait référence à un Autre que nous-mêmes, n'a pas sa place. Et pourtant, qui ne voit sa portée critique et sa fécondité face aux questions qui nous sont posées aujourd'hui, celles liées par exemple aux projets de lois sur la bioéthique, où ce qui est en jeu c'est bien notre compréhension de l'humain, c'est-à-dire l'anthropologie ? Un débat qui n'est pas d'abord éthique, comme on le pense souvent, mais bien théologique. En effet à l'intérieur de la foi chrétienne se dessine une anthropologie relationnelle où l'humain ne se définit pas seulement comme une réalité substantielle accessible aux seuls savoirs scientifiques, mais par l'identité que Dieu lui donne. Appelé, justifié par Lui, l'être humain renonce à trouver en lui-même son propre fondement. Il est placé devant “ un vis-à-vis ultime, une instance dernière, à partir de laquelle il est invité à se comprendre lui-même, sa vie, ses tâches, son devenir ”. (5) Invité à répondre il est mis, étymologiquement, en situation de responsabilité. C'est bien d'ailleurs pourquoi l'oubli de la notion d'appel s'accompagne logiquement aujourd'hui d'une difficulté à répondre, c'est-à-dire à s'assumer soi-même comme responsable. On veut les droits sans les devoirs, déplaçant sur d'autres la responsabilité de nos problèmes et de nos malheurs ; y compris dans l'Eglise quand nous analysons les difficultés ressenties comme la conséquence de l'infidélité des autres. “ Ainsi veut-on tout et son contraire : que cette société nous protège sans rien nous interdire, qu'elle nous couve sans nous contraindre, nous assiste sans nous importuner,… bref qu'elle soit là pour nous sans que nous soyons là pour elle ”. (6)
Alors même que la vocation, en faisant place à l'Autre, nous ouvre aux autres et nous arrache à nos enfermements. Par exemple, ceux qui se font jour quand les convictions personnelles sont érigées en absolu, constituant, jusque dans l'Eglise, autant de petites féodalités imperméables au débat, au dialogue, à la rencontre. Avec, pour la société, le risque de “ communautarisme ” dont nos Eglises soeurs aux Etats-Unis nous ont dit les limites et les dangers. Ou quand l'individualisme contemporain fait le lit des rêves fusionnels habités par la peur et la méfiance de l'autre. “ Faut-il donc que notre identité soit fragile, au point de ne pouvoir supporter, de ne pouvoir souffrir, que d'autres aient des façons différentes des nôtres de mener leur vie, de se comprendre, d'inscrire leur propre identité dans la trame du vivre-ensemble ? ” (7). Alors chacun est seul, renvoyé à lui-même, dans une quête insatiable de compréhension et de relation devenues problématiques. On peut en discerner un symptôme dans la fascination pathétique de nos contemporains pour les instruments de communication qui ne sont plus parfois que les prothèses dérisoires d'un vide relationnel et d'une convivialité perdue. Ainsi, “ savez-vous pourquoi les gens gardent leurs portables sur eux quasiment jour et nuit ? C'est qu'ils attendent un appel. Soit un appel d'un inconnu... Soit quelqu'un leur a promis de les rappeler et ils attendent son appel. Ils sont en veille ” (8). Nous mesurons alors la bonne nouvelle que représente dans un tel contexte le fait de se savoir aimé et appelé sans conditions, arraché gratuitement à sa solitude sans contrepartie préalable, introduit et accepté dans une communauté par une Parole d'amour plus grande que nos différences. Un appel enfin, qui n'est plus à attendre mais à entendre.
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C'est dire l'importance qu'il y a à partager cette Parole par laquelle nous-mêmes avons été appelés. “ Et je n'entends pas par là seulement un partage culturel et social dans lequel notre Eglise excelle, mais aussi l'interpellation existentielle que porte l'Evangile de Jésus-Christ ” (9). Or c'est vrai que nous sommes généralement très pudiques dans le monde réformé sur cette expérience personnelle d'appel et de rencontre avec Dieu, alors même qu'elle rejoint fortement la quête individuelle de bon nombre de nos contemporains. Qui ne peut être frappé, par exemple, de l'intérêt pour les revues de spiritualité et la presse religieuse (10) ou par le nombre de livres parus récemment dans le monde théologique protestant sur la piété, la vie intérieure et même la mystique ? Je pense aussi au rapport de la commission des ministères soulignant, pour les proposants, “ le rôle important de la piété personnelle, des moments de prière communautaire ” (11), ou encore la requête, exprimée par des militants de l'Eglise, de temps de retraite et de ressourcement. Il en existe, depuis plusieurs années maintenant, dans différentes régions de notre Eglise. Je me réjouis que nous soyons de plus en plus attentifs à cette demande et que nous proposions les voies et moyens d'une pédagogie spirituelle permettant à chacune et chacun de rendre compte de sa rencontre personnelle avec Dieu, c'est-à-dire de sa vocation et de la réponse qu'elle suscite.
En effet, si nous parlons de vocation, il faut aussi parler de ses conséquences dans nos vies. Et ce ne sont pas seulement les autres qui ont à répondre. En tout cas je pense qu'il ne peut y avoir d'avenir, de renouveau, de réveil pour notre Eglise sans conversion, sans réponse personnelle à l'appel de Dieu. Et puisque nous l'évoquons souvent en ce moment, il ne peut y avoir de croissance de l'Eglise sans croissance personnelle en Christ, sans cet approfondissement de notre vocation où s'élargit pas à pas l'espace de notre liberté et de notre amour. C'est d'ailleurs bien “ dans cette dynamique de croissance ”, que les rapporteurs ont inscrit leur réflexion sur le sacrement “ parole que Dieu nous adresse ”. (12) La théologie calviniste rassemble sous un terme que nous n'utilisons plus beaucoup, la sanctification, les diverses manières de répondre effectivement à notre vocation. Et pourtant, “ c'est sans doute ce qui distingue… Calvin d'autres théologiens de la Réforme,… que ce souci d'offrir aux croyants une véritable méthode spirituelle et morale pour qu'ils puissent répondre pleinement à l'appel de la Parole de Dieu… Certes, tout est donné dès le premier moment dans la foi, mais il faut encore que ce don devienne sien et produise tous les fruits spirituels et éthiques dont il est gros. ” (13) Certes la justification par la foi nous délivre de toute obsession du faire, de nos activismes dans lesquels parfois nous nous épuisons et perdons courage, mais elle ne nous dispense pas de ce que nous pouvons faire en réponse au don et à l'appel de Dieu. Et cette réponse, ce sont aussi nos engagements profanes au coeur du monde. Pour les Réformateurs, en effet, aucun état n'est a priori moins propre qu'un autre à servir Dieu et son prochain. La façon qu'a le chrétien de vivre dans sa famille, son travail, la cité témoignera de sa propre vocation. Rien de ce qu'il fait en Christ n'est dérisoire ni insignifiant. “ De là il nous reviendra une singulière consolation : c'est qu'il n'y aura oeuvre si méprisée, ni basse, qui ne reluise devant Dieu, et ne soit fort précieuse, moyennant qu'en elle nous servions à notre vocation ”. (14) Nous pourrions mettre derrière ces mots les noms et les visages de beaucoup de fidèles qui font vivre notre Eglise et témoignent du Christ dans leurs engagements quotidiens.
Ainsi, en visitant des Eglises locales au cours des premiers mois de cette année, j'ai constaté qu'un nombre important de leurs membres se sont investis dans la vie municipale, parfois sur des listes différentes au sein d'une même communauté voire d'un même conseil presbytéral ! Cet engagement me paraît particulièrement réjouissant et je le reçois aussi comme un signe positif d'une décrispation certaine, dans notre Eglise, sur les questions politiques, peut-être parce qu'abordées d'une manière plus citoyenne et moins partisane, plus pragmatique et moins idéologique. Mais je m'interroge aussi : comment reconnaissons-nous et accompagnons-nous celles et ceux de nos membres qui ont choisi ce service de la communauté humaine comme une façon de répondre à l'appel de Dieu ? Et de manière plus générale comment orienter la formation des fidèles non seulement dans le sens de l'édification de l'Eglise mais aussi du témoignage et de la mission au coeur de ce monde, notamment dans le cadre de leur vie professionnelle ? En effet je perçois que c'est souvent à partir de questions liées à leur métier que surgissent, pour beaucoup de nos contemporains, des préoccupations spirituelles, éthiques, théologiques. Et je me demande s'il ne faudrait pas reprendre aujourd'hui ce que furent, dans un autre contexte, les regroupements professionnels de Villemétrie. En tout cas le travail sur la notion de vocation, qui concerne la vie dans toutes ses dimensions, peut redonner sens à chaque tâche profane et permettre une réévaluation de nos différents engagements. Tel est bien le projet du colloque prévu à l'horizon 2002 par les coordinations sur le thème : “ Vocation et profession, des métiers et des ministères ”.
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Toutefois, la Bible nous le montre, ce ne sont pas seulement des individus qui reçoivent vocation, c'est tout autant une communauté rassemblée. C'est dire que si pour nous l'Eglise est seconde, elle n'est pas secondaire et qu'il y a donc bel et bien, contrairement à ce que certains s'obstinent à croire et à répéter, une ecclésiologie réformée. Peut-être ne l'avons-nous pas toujours assez souligné ni manifesté, mettant plutôt l'accent sur la liberté et l'engagement personnels ? Or je crois que dans un contexte social en quête de lien et de lieux où le reconstruire, il faut être d'autant plus attentif à cette dimension communautaire de la vie de la foi. Et dans un contexte oecuménique douloureusement marqué par les questions ecclésiologiques, il importe d'affirmer de manière positive, ce qu'est notre compréhension de l'Eglise ; sans nous contenter d'une ecclésiologie en creux qui ne se définirait qu'en se démarquant des autres, généralement de manière critique. Et c'est, je crois, précisément la notion de vocation qui en désigne le coeur. En effet, l'étymologie même du mot Eglise, qui vient d'un verbe grec signifiant “ convoquer ”, souligne d'emblée que l'Eglise n'existe que par la vocation qu'elle a reçue. C'est elle qui fait de nous “ Une Eglise en mouvement ”, pour reprendre le titre du FIL, parce que mobilisée par un événement qui est au-delà d'elle-même. Elle ne vit donc ni de son acquis, ni de ses performances, ni de ses projets, ni de ses institutions mais de l'Evangile qui toujours la suscite. Elle est au service d'une Parole qui tout à la fois la fonde et la déborde de partout. Alors à partir de cette conviction ecclésiologique centrale et de la réalité de notre Eglise, je voudrais souligner pour elle trois priorités qui en sont une traduction concrète.
Et d'abord cela signifie qu'avant d'être Eglise de la Parole, comme nous le disons volontiers, notre Eglise est fondamentalement Eglise de l'écoute. Car quelle “ parole partager ” comme nous l'affichons aujourd'hui, que nous n'ayons d'abord reçue ? Cela implique de mettre toujours au centre de notre vie ecclésiale l'étude et la méditation des Ecritures bibliques. Je dirais même que la mutation culturelle considérable que constitue la sécularisation exige de nous un travail accru d'interprétation, conjuguant lecture pieuse et lecture savante, à l'écart de tous les fondamentalismes. D'autant que nous vivons un temps favorable où la Parole est attendue et où elle peut être entendue de manière nouvelle. Et c'est sans doute l'une des tâches décisives qui est devant nous que de travailler sur nos langages, sur nos mots et nos gestes, pour rendre compréhensible et accessible à nos contemporains le message de la grâce libératrice. Tel est bien l'un des enjeux du processus “ Débat 2000-2000 débats” que de “ risquer de nouveaux langages, de nouvelles formulations ”. C'est l'enjeu aussi de notre réflexion sur les sacrements. On peut ici penser aux mots que Bonhoeffer écrivait à l'occasion d'un baptême précisément : “ Nous-mêmes aussi nous devons recommencer à comprendre… Nous soupçonnons un souffle nouveau et bouleversant dans les paroles et les actions traditionnelles, sans pouvoir encore le saisir et l'exprimer… C'est pourquoi les paroles anciennes doivent s'effacer… Ce jour viendra où des hommes seront appelés de nouveau à prononcer la Parole de Dieu de telle façon que le monde en sera transformé et renouvelé. Ce sera un langage nouveau, peut-être tout à fait a-religieux, mais libérateur et rédempteur comme celui du Christ ”. (15)
Mais cette priorité de l'Evangile sur l'Eglise nous empêche aussi de la définir à partir de ses limites et de ses frontières, prétendant déterminer ainsi celles et ceux qui en font partie, car “ Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent ” (Discipline article 1 § 1). Nous ne sommes pas une Eglise d'élus et de purs, mais nous sommes une Eglise d'appelés qui appellent et qui s'appellent mutuellement. Une Eglise pour la multitude où chacun peut venir se ressourcer à son rythme à l'écoute de la Parole. Telle est notre vocation spécifique. Il nous faut donc être attentifs à ne pas réduire de fait notre Eglise aux seuls réseaux des engagés qui l'ont choisie et des militants qui la font vivre, ou plus grave à des groupes d'affinités et de préférence qui ne rassembleraient que des semblables. Cela implique de savoir faire place à ces nouveaux venus qui rejoignent aujourd'hui nos communautés ou qui campent sur leurs marges. Même si ce ne sont pas des mouvements de foule c'est une vraie croissance qualitative et quantitative. Toutefois, si nous voulons éviter que le thème de la croissance de l'Eglise ne devienne un succédané de la méthode Coué, nous devons aussi entendre les souffrances qui s'expriment dans certains lieux, quand les forces vives s'amenuisent, quand les finances ne vont pas bien, quand les pasteurs sont surchargés, quand les postes sont vacants ou supprimés, quand les jeunes ne sont plus là. Nous ne pouvons nous réjouir de voir les uns débattre avec conviction au nom de l'Evangile, et laisser les autres se débattre dans des difficultés sans nom. Qu'à celles et ceux qui furent toujours fidèles, notre Eglise aussi soit fidèle. Notre écoute, notre prière, notre imagination, notre solidarité sont ici attendues pour lutter contre le découragement et les tentations de repli. Devant certaines situations, je pense souvent au petit “ reste ” d'Israël en exil pour qui le défi était déjà celui-là : reconnaître Dieu comme celui qui n'abandonne pas, mais qui est aussi le Dieu des autres, porteur d'une vocation pour tous à la vie nouvelle.
C'est dire, troisième priorité, que l'Eglise n'a pas d'autre raison d'être que de proclamer l'Evangile et notamment de l'annoncer à celles et ceux qui ne le connaissent pas. Aussi je veux me réjouir de l'attention de notre Eglise à cette dimension missionnaire, en premier lieu à travers sa vie ordinaire mais aussi dans des initiatives plus exceptionnelles qui témoignent d'un souci de visibilité et de communication, ou encore par ses engagements diaconaux où la Parole prend corps sur les points de blessures de notre société. À quoi s'ajoutent les perspectives ouvertes par nos relations internationales. Il me semble qu'aujourd'hui nous sommes en mesure de reprendre à nouveaux frais une réflexion approfondie sur la mission au près et au loin. C'est ce que souligne à juste titre la commission des affaires générales. C'est également dans cette perspective que le C.P.L.R. réfléchit quand il souhaite rendre plus visible notre communion à travers “ Nos paroles et nos actes dans l'espace public ” (thème de sa prochaine assemblée en octobre), animé par la conviction que l'autorité et la pertinence de notre témoignage sont inséparables de la qualité de notre communion dans la compréhension de l'Evangile. Faute de quoi notre message risque de perdre sa consistance et du coup sa dimension critique, interpellatrice et protestataire pour n'être plus qu'“ une langue de bois, un mot sans saveur, ni odeur, ni bonheur, un mot privé de parole. ” (16) C'est dire aussi qu'il faut éviter toute dispersion et inflation de paroles au gré des sollicitations, des conformismes et des modes du moment mais nous recentrer sur l'essentiel et approfondir le coeur de notre message. En effet, “ la prédication de la Bonne Nouvelle reste l'apport particulier des Eglises à la société contemporaine, leur tâche spécifique, que personne ne peut accomplir à leur place.” (17) Mais cette priorité à notre vocation missionnaire risque de devenir un discours incantatoire si elle n'est pas assortie d'une réflexion sur les moyens que nous voulons lui donner et les stratégies ecclésiales qu'elle implique. Cela concerne notre capacité à refuser la spirale de la peau de chagrin, à créer des postes ici quand nous en supprimons là, à imaginer de nouveaux ministères, à organiser leur diversité et leur complémentarité, à accueillir de nouveaux ministres, à susciter des moyens financiers à la mesure de nos projets et de nos ambitions pour l'Evangile. C'est dans cette perspective missionnaire, d'une Eglise qui veut grandir, que nous devons placer, soutenir, accompagner la prochaine campagne sur le don. J'ai la conviction que si nous appelons à de véritables projets tournés vers l'évangélisation, nos appels financiers peuvent être reçus comme vocation.
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Je viens d'évoquer les ministres. Et en effet, lorsque l'on parle de vocation, il est difficile de ne pas penser à eux. Même si, dans le Nouveau testament, le terme de vocation n'est que rarement appliqué aux ministères. Et quand il apparaît c'est souvent pour souligner que nul ne peut s'arroger aucun titre, ni assumer par lui-même aucune fonction. Par contre tous les ministères sont organisés en fonction de la seule vocation de l'Eglise qui est d'annoncer l'Evangile.
C'est pourquoi au moment où nous insistons sur cette dimension missionnaire, il faut se réjouir des forces ministérielles neuves qui nous sont données. En effet, tous les chiffres le montrent, nous ne connaissons pas, contrairement à ce qu'écrit René Rémond, une crise des vocations. (18) Ce constat qui nous réjouit ne doit toutefois pas nous cacher les souffrances qui s'expriment parfois dans le corps pastoral et en tout cas les difficultés qu'il y a à être pasteur aujourd'hui, dans un contexte social et ecclésial qui a beaucoup changé et qui est traversé d'attentes et de sollicitations aussi multiples que contradictoires. Du coup, l'exercice du ministère est soumis à des tensions, certes pas nouvelles, mais qui se posent en des termes nouveaux. Je veux brièvement en souligner deux, en lien avec la vocation.
La dimension vocationnelle, avec ce qu'elle induit généralement de disponibilité infinie, de consécration, d'exemplarité, est en effet aujourd'hui interrogée par certains ministres, parfois de manière douloureuse, à travers des revendications touchant notamment aux conditions matérielles d'exercice du ministère. Nous pouvons penser que ces requêtes sont parfois mal ajustées ou maladroitement formulées, elles expriment néanmoins un besoin de légitime reconnaissance, de ressourcement et d'équilibre personnel, conjugal, familial, citoyen, qui doit pouvoir être entendu et pris en compte. Comment aider à ce que la vie des ministres ne se résume pas à leur ministère et que le temps passé ailleurs (travail théologique gratuit, formation, autres engagements, loisirs, vie familiale…) ne soit pas considéré comme du temps soustrait à la communauté ? Mais comment éviter aussi que certaines exigences professionnelles ne soient perçues comme une " fonctionnarisation " du ministère, notamment par des laïcs eux-mêmes souvent surchargés professionnellement et qui donnent beaucoup du reste de leur temps pour un service bénévole, dans l'Eglise et ailleurs, parce que eux aussi se savent appelés ? Sans doute notre Eglise ne pourra-t-elle pas échapper à ces questions qui touchent à la formation des ministres, à leur accompagnement, au sens de la vocation aujourd'hui, aux exigences éthiques qui y sont ou non liées.
L'autre tension que je vois s'aviver, c'est celle qui existe entre ce que Calvin appelait la vocation interne du ministre par laquelle Dieu l'appelle et d'autre part la vocation externe par laquelle l'Eglise reconnaît cette vocation et l'appelle à son service. Or aujourd'hui des pasteurs ont quelquefois le sentiment que leur vocation spécifique n'est pas reconnue avec ce qu'elle implique de liberté et d'autorité, mais qu'ils sont seulement appelés à se conformer aux besoins de la desserte ecclésiale et aux attentes de l'Eglise locale. Alors même qu'ils ont la responsabilité d'une Parole qui peut interpeller et bousculer la communauté. Ces impressions ne sont hélas pas toujours infondées ! Mais il est bien vrai aussi que la référence à la vocation interne peut servir, pour nous ministres, de légitimation aux fonctionnements les plus cléricaux, mal supportés par des conseillers presbytéraux de mieux en mieux formés et préparés à assumer leur ministère collégial. Et sans doute faut-il ici redire qu'être ministre de l'Eglise réformée de France ce n'est pas travailler à son compte, avec comme seul objectif de faire avancer des idées, des entreprises ou des projets personnels. Ce n'est pas non plus renforcer les Eglises locales dans leurs éventuelles tentations de replis congrégationalistes. Mais c'est exercer un ministère de l'Union au service d'une Eglise locale pour lui annoncer la Parole et y être un signe de l'universalité de l'Eglise. On ne pourra donc éviter les difficultés qui surgissent parfois entre les pasteurs et leur conseil presbytéral (évoquées dans le rapport de la commission des ministères au sujet des proposants) que dans la reconnaissance mutuelle de leur vocation respective et la confiance réciproque. Je constate que les multiples reconnaissances liturgiques de ministères personnels et la généralisation des reconnaissances liturgiques du ministère des conseils presbytéraux y contribuent, pour leur part, de manière heureuse.
Toutefois, il n'y a pas que les conseils presbytéraux qui exercent un ministère collégial. C'est vrai aussi pour ce synode dont vous êtes membres, et je salue tout particulièrement celles et ceux qui y siègent pour la première fois ou qui y reviennent. C'est vrai également pour les instances nationales que vous allez renouveler au cours de cette session. Elles ne sont pas de simples rouages administratifs, mais elles exercent un ministère au service de l'Evangile. C'est pourquoi leur mode de désignation, malgré des allures démocratiques, n'est pas la démocratie et ne prétend pas l'être. Mais il s'agit d'un travail exigeant de discernement, organisé aux différents niveaux de la vie de l'Eglise en vue d'un appel. Le vote du synode, comme celui des assemblées générales locales, n'est donc pas une élection au sens du suffrage universel mais une manière de reconnaître la justesse d'un discernement et d'une vocation.
Un discernement et une vocation dont il faut bien reconnaître qu'ils ne sont pas toujours faciles à mettre en oeuvre. Et je voudrais ici partager une vraie difficulté rencontrée aussi bien pour le renouvellement des équipes régionales que nationales. En effet, la commission des nominations a essuyé de nombreux refus à ses sollicitations. Certes il ne s'agit pas de sous-estimer les engagements et contraintes de chacun, mais il convient malgré tout de s'interroger. Pouvons-nous envisager de n'avoir, un jour, dans les différents ministères collégiaux que des personnes qui “ ont du temps ”, sans voir qu'un tel infléchissement dans la composition de ces différentes instances, réduirait singulièrement la richesse de leur travail ? Mais c'est vrai aussi que nous manquons sans doute d'imagination dans le discernement et l'appel. Peut-être ne soulignons-nous pas suffisamment que dans le service qui leur est demandé, ces frères et soeurs ne seront pas seuls, mais qu'ils seront accompagnés et formés ? Peut-être ne sentent-ils pas assez que dans la tâche que l'Eglise leur confie, elle leur reconnaît l'autorité nécessaire pour l'accomplir ?
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En même temps la Bible nous montre que cela n'est pas nouveau et que la vocation entraîne souvent comme première réponse de la part des appelés, l'aveu de leurs infirmités et incapacités, invoquées comme motif pour ne pas répondre. Que l'on pense à Moïse ou à Jérémie. Et Dieu appelle malgré. Comment le dire aux Eglises et aux fidèles qui hésitent à répondre, à celles et ceux qui ont quitté l'Eglise ou que notre Eglise a quittés ? Comment leur dire que la vocation est inséparable de la promesse qui l'accompagne ? Il y a un mot qui exprime cela dans le Nouveau Testament, celui de Paraclet (Jean14/15). Je le souligne parce qu'il a aussi, étymologiquement, partie liée avec la vocation puisqu'il vient d'une verbe qui signifie : " appeler auprès de ". Mot intraduisible en français où se mêlent étroitement le fil de la tendresse qui manifeste la présence aimante et celui de la justice qui restaure et réhabilite. Il prend sens dans la Bible en fonction du contexte où il est utilisé : quand on est dans les larmes, il console, quand on s'affaisse, il exhorte, quand on est en danger, il assiste, quand on est attaqué, il est un défenseur. On peut entendre toutes ces intonations, sans oublier celle de la confiance faite à celui qui est appelé.
Alors je voudrais simplement, à la fin de ce message, vous remercier pour celle que j'ai perçue au long de ces neuf années de ministère de président du conseil national, celle que j'ai trouvée dans les synodes, les Eglises locales, les conseils, les commissions, les coordinations, dans l'équipe de la rue de Clichy ; exprimer aussi ma reconnaissance pour la richesse et la joie de ce service partagé, et simplement vous dire que malgré les soucis, les difficultés et les souffrances qu'il apporte, j'y ai été heureux. Heureux, voilà bien un adjectif qu'il peut paraître incongru d'appliquer au ministère, la vocation ne pouvant prendre en compte ce genre de considération ! Garderions-nous le pire d'une image calviniste d'austérité, oubliant que, dans l'attente du Royaume, l'Evangile nous appelle au bonheur de vivre ici et maintenant, y compris dans nos ministères ? “ Ce n'est qu'en aimant la vie et la terre assez pour que tout semble fini lorsqu'elles sont perdues, qu'on a le droit de croire à la résurrection des morts et à un monde nouveau ” écrivait Bonhoeffer du fond de sa prison. (19) Certes, il y a bonheur et bonheur. Certes il faut se méfier de ce “ devoir de bonheur ” qui voudrait aujourd'hui orienter la vie humaine vers “ une euphorie perpétuelle ” sans contradictions, sans tourments, sans malaises, sans aspérités. (20) Certes nous ne sommes pas tous appelés au “ Fabuleux destin d'Amélie Poulain ” ! Mais au moment où nous percevons dans notre société cette aspiration au bonheur, serions-nous les seuls à ne pas oser en parler ? Pourquoi n'habiterions-nous pas, nous aussi, cette quête avec les mots de l'Evangile ? Pourquoi refuserions-nous d'en poser les signes dans nos vies, notamment ceux du rire et de l'humour qui mettent à distance nos prétentions et nos découragements ?
C'est sur cette aptitude au bonheur que l'an dernier à Lyon, lors des “Débats grands ouverts ” Paul Ricoeur terminait son intervention : “ Je ne pense pas disait-il, que les hommes aient été religieux pour résoudre le problème du mal, ils l'ont été pour pouvoir vivre, pouvoir parler mais aussi pour pouvoir attendre quelque chose… Nous avons peut-être tout enfermé dans l'alternative ou ce qui est, ou ce qui doit être. Mais peut-être entre les deux, y a-t-il le chemin du bonheur... Ah puissé-je être heureux ” (21) Alors frères et soeurs, osons le bonheur que nous livre l'Evangile, accueillons les moments qui ouvrent à sa venue. Ce bonheur n'est pas le fruit des inquiétudes et des craintes qui stérilisent nos existences. Il ne peut être ni acheté, ni possédé, ni gardé mais seulement reçu comme un cadeau. Un présent en somme, à vivre et partager avec les autres. Un bonheur à la grâce de Dieu, parce que nous savons bien que l'ultime ne nous appartient pas. Et surtout en accueillant le bonheur, en lui ouvrant la porte, ne pensons pas que nous oublions les souffrances de la terre, car chaque fois que nous sommes heureux nous allumons un contre feu d'espérance à la face du malheur.
Cette confiance dans le temps que Dieu nous donne s'exprime dans une phrase que l'on a souvent attribuée à Luther : “ La fin du monde serait-elle pour demain, je n'en planterais pas moins un pommier aujourd'hui ” ! Alors je me suis dit, moi aussi, que “ la fin de mon mandat serait-il pour demain, j'adresserais encore aujourd'hui un message au synode ” ! Je vous remercie de votre patience. (Michel BERTRAND)
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1 - Exprime, à l'occasion de la réflexion engagée sur les sacrements, sa reconnaissance à Dieu qui, en Jésus Christ, les offre à son Église. S'inscrivant dans la tradition de l'Église chrétienne, elle les reçoit comme des “ paroles visibles ” grâce auxquelles Dieu nous adopte et nous nourrit, nous redonne force et espérance. Le baptême et la cène puisent leur signification dans la référence à la vie, à la mort et à la résurrection du Christ : c'est-à-dire au mouvement d'incarnation et de salut qu'accomplit Dieu pour nous. (Adopté par 75 voix pour ; 0 contre)
2 Redit son attachement à la définition inspirée de la Bible que la Réforme s'est efforcée de donner des sacrements1; rappelle avec la Concorde de Leuenberg que “ la condition nécessaire et suffisante de la vraie unité de l'Eglise est l'accord dans la prédication fidèle de l'évangile et l'administration fidèle des sacrements 2” ; rappelle la Déclaration commune sur le baptême du Comité mixte catholique-protestant grâce à laquelle une reconnaissance mutuelle des baptêmes célébrés dans nos Églises a été rendue possible3 ; exprime le souhait que de nouvelles avancées oecuméniques jalonnent l'avenir, notamment en raison du nombre croissant de familles interconfessionnelles en leur sein. (Adopté par 77 voix pour ; 0 contre)
3 Considère qu'il convient de tenir compte avant tout des Écritures, des témoignages et de l'éclairage qu'elles fournissent, mais aussi des connaissances en sciences humaines qui nous alertent sur l'importance de certains enjeux de notre pratique des sacrements et de notre discours à son propos. (Adopté par 74 voix pour ; 0 contre)
B - Les sacrements
1 Sur un plan théologique, il convient de ne pas opposer la prédication “ intellectuelle ” aux sacrements “ matériels ”, comme si la première s'adressait à l'esprit et les seconds au corps : ce dualisme est catastrophique pour l'édification, dans la mesure où il va à contresens du mouvement d'incarnation accompli par Dieu. Il existe une complémentarité entre l'annonce de la Bonne nouvelle et l'administration des sacrements, mais elle n'est pas fondée sur la distinction entre “ parole ” et “ sacrements ” : la prédication et les sacrements expriment tous deux la même Parole ; ils nourrissent la foi du croyant dans tout son être et durant toute son histoire. (Adopté par 75 voix pour ; 0 contre)
2 Les sacrements constituent, d'un point de vue ethnologique ou sociologique, des rites. Les appréhender comme tels nous aide à tenir compte d'attentes et de besoins symboliques qui s'expriment dans l'Église réformée de France, dans les autres Églises chrétiennes ou à leurs marges. La réflexion sur les sacrements et la pratique ne sont cependant pas réductibles à cette approche. L'affirmation théologique issue de la Bible et traduite dans la liturgie reste pour nous centrale : le baptême et la cène sont des dons que Dieu nous fait et que nous recevons. Cette réception ne fait pas de l'Église la propriétaire des sacrements. (Adopté par 74 voix pour ; 1 contre)
3 L'analyse de la société française montre une évolution qui se traduit souvent par les mots de sécularisation, de perte de repères religieux, voire de déchristianisation. Mais il est également question de recomposition du paysage religieux : les affiliations confessionnelles ne se transmettent plus automatiquement d'une génération à l'autre. Si la catéchèse demeure un lieu dynamique de la réflexion et de la vie de nos communautés, les parcours qui ont amené des femmes et des hommes à devenir membres de notre Église se sont diversifiés. De ce fait nous considérons comme possible une approche de la foi qui conduirait un/e enfant ou un/e adulte à communier avant d'être baptisé/e. (Adopté par 72 voix pour ; 2 contre)
4 La participation aux sacrements témoigne de l'action de l'Esprit dans la vie de chaque croyant/e et de l'Église. La Parole proclamée et reçue nous engage, notamment dans les domaines de la catéchèse, de la mission et du dialogue oecuménique. Paroles, gestes et attitudes expriment ici notre idéal éthique du partage, notre prière pour un monde plus juste, la dimension universelle de la solidarité à laquelle l'humanité est appelée. (Adopté par 75 voix pour ; 0 contre)
C - Baptême
1 En administrant le baptême avant que l'enfant soit en âge de comprendre, l'Église réformée de France entend souligner la passivité du croyant dans le mouvement par lequel Dieu sauve. Elle dit à tous les baptisés et tout particulièrement aux parents que leur enfant ne leur appartient pas. Dieu, de qui il reçoit une identité différente de celle que donne à chacun son histoire personnelle, l'a aimé le premier. Cette conception du baptême exclut l'idée selon laquelle son efficacité dépendrait des dispositions personnelles du croyant. Sûrs de la fidélité de Dieu qui ne revient pas sur sa Parole, nous affirmons que le baptême est reçu une fois pour toutes. (Adopté par 73 voix pour ; 0 contre)
2 Il importe néanmoins de ne pas négliger la dimension d'expérience croyante qui amène à recevoir le baptême. Par sensibilité théologique, mais aussi par souci pédagogique, des parents peuvent différer le moment où leur enfant sera baptisé : pour qu'il ou elle soit partie prenante de la décision, ou simplement conscient/e et par conséquent capable de se réjouir et de se souvenir. Dans ce cas, ils peuvent demander la présentation de leur enfant à Dieu. En outre, faire du baptême des petits enfants une sorte d'habitude ou d'automatisme reviendrait, dans une société comme la nôtre, à nier la dimension des parcours personnels et à vider le sacrement d'une partie importante de sa signification. (Adopté par 78 voix pour ; 0 contre)
3 L'offre du baptême concerne toutes celles et tous ceux que touche le message de l'évangile. Dans la préparation pastorale, une démarche de formation est essentielle. Il convient de rappeler que le baptême requiert un engagement des croyants. Celui-ci ne concerne pas les seuls baptisés ou leurs parents, parrains et marraines, mais toute la communauté qui a la charge de les accompagner. En baptisant les petits enfants, l'Église se sait elle-même soutenue par l'Esprit. Elle accomplit un geste qui renvoie à une promesse de Dieu qu'elle ne maîtrise pas. (Adopté par 74 voix pour ; 1 contre)
4 Notre tradition ecclésiale considère que le baptême des petits enfants est le geste sacramentel par lequel est signifié leur accueil dans l'Église de Jésus-Christ. Néanmoins, nous considérons que la présentation, qui répond à la demande parentale de bénédiction d'enfant, constitue un choix valable et riche au plan tant pédagogique que spirituel. La présentation, faite dans l'espérance que l'enfant connaisse l'évangile et reçoive un jour le baptême, a sa signification propre : la confiance en Dieu auquel les parents remettent leur enfant dont ils reconnaissent qu'il ne leur appartient pas ; la bénédiction de Dieu, c'est-à-dire une parole bienveillante qui accompagne l'enfant dès à présent ; l'accueil de la communauté et son engagement à être aux côtés de l'enfant dans son parcours catéchétique. (Adopté par 80 voix pour ; 0 contre)
5 Tout en s'efforçant d'assumer sa mission d'annoncer l'évangile, notre Église vit désormais comme une minorité dans un monde sécularisé. C'est pourquoi elle considère comme une richesse la variété des parcours de ses membres qui justifie une diversité de pratiques. (Adopté par 78 voix pour ; 0 contre)
D - Sainte cène
1 Consciente qu'elle n'est pas propriétaire du repas du Seigneur et contre toute velléité d'en limiter l'invitation en ajoutant des critères d'exclusion, et convaincue que, lors de la participation eucharistique, chaque croyant/e reçoit l'évangile de Jésus-Christ en partageant le pain et le vin, l'Église réformée de France proclame l'universalité de cette invitation. (Adopté par 82 voix pour ; 0 contre)
2 L'invitation s'adresse à celles et ceux qui “discernent les signes de la présence du Christ dans le pain et le vin partagés ”4. Discerner, c'est percevoir distinctement, mais aussi ressentir, apprécier, deviner. Cette affirmation nous conduit à officialiser la possibilité de l'accueil des enfants à la cène. Cet accueil sera organisé en lien avec la catéchèse et en concertation avec les parents. (Adopté par 79 voix pour ; 1 contre)
3 En insistant sur le discernement des signes de la présence du Christ dans le pain et le vin partagés, l'Église réformée de France affirme que le repas du Seigneur n'est pas un rite dont l'efficacité serait garantie par les paroles du célébrant ou le cadre institutionnel dans lequel ce partage s'accomplit. C'est dans la foi et pour la foi que le pain et le vin sont les signes du corps et du sang du Christ. (Adopté par 77 voix pour ; 0 contre)
4 Même si l'ordre logique demeure, les itinéraires des croyants se sont individualisés au point que faire d'une étape (le baptême) la condition préalable de l'autre (la sainte cène) peut ne plus être compris. En revanche, replacés dans une dynamique de foi, baptême et cène se répondent avec richesse à condition que l'Église locale offre des lieux catéchétiques où ce lien avec la Parole qui donne sens aux sacrements est établi et mûri. (Adopté par 81 voix pour ; 0 contre)
E - Applications
1 Le synode national demande au Conseil national de préparer un projet de modification de l'article 6 § 3 de la Discipline afin que la dispense de l'administration du baptême des petits enfants pour les ministres qui en font la demande5 puisse être accordée par une décision conjointe du Conseil national et de la Commission des ministères, ou selon toute autre procédure qui ne ferait plus intervenir obligatoirement le synode national. (Adopté par 77 voix pour ; 2 contre)
2 L'Église réformée de France encourage les conseils presbytéraux, en lien avec les parents et les équipes catéchétiques, à préparer et à mettre en oeuvre l'accueil des enfants à la cène comme l'expression de l'invitation faite à tous les croyants sans distinction et comme un élément pédagogique de l'approfondissement du message évangélique. (Adopté par 68 voix pour ; 4 contre) 3 Une réflexion sur la confirmation doit être poursuivie au sein de l'Église réformée de France, visant à l'inscrire dans une catéchèse du parcours et une pratique diversifiée de l'accès aux sacrements. Dans cette optique, la confirmation correspond à la décision du catéchumène d'affirmer sa foi personnelle et à l'action de grâce de la communauté, exaucée dans la prière qu'elle avait exprimée lors du baptême. Le synode national charge le Conseil national de relancer cette réflexion. (Adopté par 83 voix pour ; 0 contre)
1 Confession de foi de La Rochelle, art. 34 et 37: “ Nous croyons que les sacrements sont ajoutés à la Parole pour plus ample confirmation, afin de nous étre gages et méreaux de la grâce de Dieu et par ce moyen aider et soulager notre foi, à cause de l'infirmité et rudesse qui est en nous; et qu'ils sont tellement signes extérieurs que Dieu besogne par eux en la vertu de son Esprit, afin de ne rien nous y signifier en vain. Toutefois, nous tenons que toute leur substance et vérité est en Jésus Christ et, si on les en sépare, ce n'est plus rien qu'ombrage et fumée. ” “ Nous croyons, ainsi qu'il a été dit, que tant en la cène qu'au lieu du baptême, Dieu nous donne réellement et par effet ce qu'il y figure, et par conséquent nous coujoignons avec les signes la vraie possession et jouissance de ce qui nous est là présenté. Et par ainsi tous ceux qui apportent à la table sacrée de Christ une pure foi, comme un vaisseau [= vase, récipient] reçoivent vraiment ce que les signes y testifient : c'est que le corps et le sang de Jésus Christ ne servent pas moins de manger et boire à l'âme que le pain et le vin font au corps. ” 2 Concorde de Leuenberg, 1973, § 2.
3 Les membres du Comité mixte catholique-protestant “ ont été conduits à reconnaître ensemble, que dans nos Eglises respectives, c'est bien un seul et même baptême qui est célébré, chacune se conformant à l'institution évangélique, lorsqu'en sa liturgie elle baptise avec de l'eau au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ” (Déclaration commune sur le baptême, 1973).
4 Discipline, art. 7, § 3.
5 Discipline, art.6, § 3: “ Les pasteurs de l'Église réformée de France doivent accepter de célébrer et des baptêmes d'enfant et des présentations, selon la demande des familles. Cependant, tout pasteur exercant actuellement son ministère dans l'Église réformée de France pourra garder, relativement au baptême et à la présentation, l'attitude que ses convictions lui ont dictées jusqu'à ce jour. ”
Le synode national se réserve d'autre part le droit d'autoriser un proposant ou un pasteur qui ne pourrait en conscience accepter de baptiser les enfants ou de les présenter, à exercer son ministère dans l'Église réformée de France, engagement étant pris par l'intéressé de respecter la conviction des parents et de veiller le cas échéant, à ce que la célébration demandée puisse avoir lieu dans l'Église locale.
Décision n° 29 :
Accueil des demandeurs d'asile
Le Synode national de l'ERF, réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001, constate que malgré les procédures de régularisation d'étrangers sans papiers engagées en 1997, de nombreuses personnes restent sans statut juridique dans des situations intenables qui les conduisent au désespoir et jusqu'aux grèves de la faim qui ont eu lieu en février-mars à Lyon et à Montpellier.
Par ailleurs, depuis plusieurs années, le dispositif national d'accueil des demandeurs d'asile est littéralement “ enrayé ” et “ engorgé ” selon les termes du dernier rapport de la Cour des Comptes. Seul un faible pourcentage des demandeurs d'asile peut avoir accès à un hébergement.
Le thème “ accueillir l'étranger vivre ensemble ” de la campagne oecuménique de 1997 garde toute son actualité.
Le Synode national demande à la FPF, en lien avec la Cimade, d'intervenir auprès du ministre de l'intérieur pour que :
- Soit résolue la situation impossible des étrangers en demande de régularisation
- Le nombre des structures d'accueil pour les demandeurs d'asile soit adapté aux besoins
- L'accès aux procédures soit partout respecté (Adopté par 67 voix pour ; 0 contre)
Décision n° 30 :
Dialogue inter-religieux
Le Synode national de l'ERF réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001,
- Constate que le dialogue inter-religieux est devenu une réalité incontournable dans laquelle notre Eglise est engagée, tant au niveau local, national qu'international.
- demande au Conseil national de mettre à l'ordre du jour d'une prochaine session synodale le thème du dialogue inter-religieux afin qu'un large débat puisse être engagé à ce sujet. (Adopté par 55 voix pour ; 1 contre)
Décision n° 31 : ACAT journée consacrée
chaque année à une information sur la pratique
de la torture dans le monde en vue de son abolition
Le Synode national de l'Eglise réformée de France, réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001,
- Informé de la recommandation adressée par le Conseil d'Eglises chrétiennes en France (CECEF) aux responsables des différentes Eglises qu'il représente, de vouloir bien, à leur niveau prendre en considération la demande pressante de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) dont il a été saisi, pour qu'une journée puisse être consacrée chaque année à une large information des fidèles sur l'intolérable pratique de la torture dans le monde en vue de son abolition.
- Convaincu lui-même que cette pratique demeure de nos jours une réalité si dramatique qu'aucune conscience humaine ne saurait y être indifférente et ne pas réagir avec détermination.
- accueille favorablement la recommandation du Conseil d'Eglises chrétiennes en France et fait sienne la conviction qu'il est de son devoir et de sa responsabilité de soutenir l'engagement de l'ACAT, qui lui paraît être un exemple d'un témoignage commun de nos Eglises au sein de notre société,
- salue et encourage le travail qu'accomplit l'ACAT en étroite relation avec d'autres ONG, en particulier Amnesty International, dans sa lutte pour l'abolition de la torture, des exécutions capitales et de toutes formes de traitements cruels, inhumains et dégradants ; (Adopté par 76 voix pour ; 0 contre)
- agrée la date pour une “ journée ACAT ” dans le calendrier ecclésiastique, à savoir le 26 juin, déclaré par l'ONU Journée internationale de soutien aux victimes de la torture ;(Adopté par 59 voix pour ; 1 contre)
- demande en conséquence aux responsables de chaque communauté locale de l'Eglise réformée de France, en concertation avec leurs homologues des autres communautés chrétiennes, et si possible avec le concours des groupes locaux de l'ACAT, de ménager un temps d'information lors des services dominicaux ou/et lors de réunions, au cours de la semaine qui précède ou suit le 26 juin, pour alerter le peuple de nos Eglises et s'unir à l'ACAT dans l'intercession. (Adopté par 61 voix pour ; 2 contre)
Décision n° 32 :
Situation en Afghanistan
Le 94e synode de l'ERF réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001-
A manifesté, dès l'ouverture de sa session, sa profonde indignation devant la situation actuelle de l'Afghanistan où il a fallu que l'on touche à des monuments pour qu'enfin les médias et l'opinion publique découvrent, derrière les statues que l'on brise, des hommes et plus encore des femmes de chair et de sang quotidiennement asservis et détruits.
Au-delà de son indignation, le Synode :
- appelle les membres des Eglises locales et des IOM à s'associer très largement aux manifestations de soutien au peuple afghan et aux initiatives de solidarité visant à améliorer les conditions de vie de la population civile.
- encourage les diaconats et institutions protestantes oeuvrant auprès des réfugiés à organiser un accueil réaliste sur le plan matériel, psychologique et humain pour que les ressortissants afghans actuellement demandeurs d'asile trouvent appui, écoute et réconfort dans la situation douloureuse qu'ils traversent.
- Demande au conseil national en lien avec les représentants de l'Islam en France et la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix- d'envisager l'envoi d'une délégation inter-religieuse auprès des populations et des institutions religieuses en Afghanistan. (Adopté par 80 voix pour ; 0 contre)
Décision n° 33 :
Œuvrer pour la non-violence et la paix
Le Synode national de l'Eglise réformée de France, réuni à Soissons les 24-25-26-27 mai 2001-dans la dynamique des deux décennies 2001-2010,
- Celle du Conseil Œcuménique des Eglises “ Vaincre la violence ” et celle de l'Organisation des Nations Unies “ Décennie pour la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde ” ( dont la Coordination en France comporte déjà des associations chrétiennes comme le Mouvement International de la Réconciliation, Pax Christi, l'Arche de Lanza del Vasto, les UCJG)
- rappelle que Jésus dans son enseignement nous a donné des éléments pour une culture de la non-violence et de la paix
- demande de favoriser dans la catéchèse, l'écoute, l'acceptation des différences, le partage, la coopération et la solidarité
- encourage les Eglises locales, les mouvements d'Eglise, à s'unir avec des associations laïques oeuvrant dans le domaine de la non-violence et de la paix afin qu'il y ait des ponts, des passerelles, entre les deux décennies, qui pourront s'enrichir mutuellement et ainsi favoriser le passage d'une culture de la violence à une culture de la non-violence. (Adopté par 72 voix pour ; 4 contre)
Décision n° 34 :
Communion luthéro-réformée (CPLR)
Le Synode national de l'ERF, réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001,
- réaffirme son désir de rendre sans cesse plus visible la communion ecclésiale qui unit les Eglises luthériennes et réformées signataires de la Concorde de Leuenberg
Il se réjouit de l'esprit d'ouverture et du climat de confiance qui se manifestent aujourd'hui entre les Eglises du CPLR. Il dit sa reconnaissance pour le travail déjà accompli, notamment dans les domaines de la catéchèse et de la formation permanente des ministres, qu'il souhaite vivement voir se poursuivre.
Le Synode national reçoit les initiatives locales et régionales (motion de l'Assemblée générale de la paroisse de Bourg la Reine, réalité Grand Est…) comme l'expression d'une attente des fidèles de nos Eglises d'une mise en commun de nos forces et de nos richesses respectives.
Il invite le Conseil national en lien avec les comités directeurs des autres Eglises membres du CPLR à chercher comment traduire en actes concrets notre communion et à s'engager sur des voies qui pourraient conduire, à terme, à l'unité des Eglises luthériennes et réformées en France. (Adopté par 69 voix pour ; 5 contre)
Décision n° 35 :
Guerre d'Indépendance de l'Algérie
Le 94ème Synode de l'ERF réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001
Conscient de l'évolution de l'opinion publique quant aux abus de pouvoir et traitements inhumains commis par les armées françaises lors de la guerre d'Indépendance de l'Algérie,
- encourage la Cimade à lever le voile sur les initiatives souvent secrètes ou censurées menées par ses membres pour enrayer la spirale de la violence au cours des années 1952 1962,
- demande à la FPF d'étudier la possibilité pour l'aumônerie protestante aux Armées d'offrir un lieu de libre parole où les anciens combattants protestants (appelés, militaires d'active, aumôniers) pourraient s'ils le souhaitent se rencontrer à nouveau quarante ans après les faits pour exprimer leurs conflits de conscience vis à vis des crimes et tortures dont ils ont été les témoins, les victimes ou les acteurs ou dont ils ont eu connaissance sous le sceau de la confidence.
- souligne l'importance de la création de ce type de groupes de paroles et de relecture chrétienne des événements qui pourraient, tout aussi bien, être élargis aux membres de l'aumônerie catholique aux Armées et concerner d'autres types de conflits. (Adopté par 71 voix pour ; 4 contre)
Décision n° 36 :
la question du ministère des personnes homosexuelles dans l'Eglise
(et en particulier du ministère pastoral)
Le synode national de l'Eglise réformée de France, réuni à Soissons les 24, 25, 26, 27 mai 2001, demande au nouveau Conseil national, à l'issue de ce Synode, de ne pas différer le demande qui lui est adressée d'accepter que la question de l'homosexualité soit travaillée par les différents synodes pour que les pasteurs et paroisses puissent s'appuyer sur une réflexion et des décisions communautaires sur - la question du ministère des personnes homosexuelles dans l'Eglise (et en particulier du ministère pastoral). (Adopté par 60 voix pour ; 5 contre)
Décision n° 37 :
Demande de bénédiction de couples homosexuels
Le Synode national de l'Eglise réformée de France, réuni à Soissons les 24, 25, 26, 27 mai 2001, demande au nouveau Conseil national, à l'issue de ce Synode, de ne pas différer la demande qui lui est adressée d'accepter que la question de l'homosexualité soit travaillée par les différents synodes pour que les pasteurs et paroisses puissent s'appuyer sur une réflexion et des décisions communautaires sur
- notre réponse aux demandes de bénédiction de couples homosexuels, PACsés ou non. (51 voix pour ; 11 contre)
Décision n° 38 :
Convocation d'un colloque inter-régional
Le synode national de l'Eglise réformée de France, réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001,
- reconnaissant les efforts réalisés par le Conseil national et, en particulier par le secrétaire général, pour le pourvoi des postes,
- conscient des difficultés financières que traduit la diminution du N.M.D.
- persuadé que le débat et la concertation de l'ensemble des régions sont indispensables pour aboutir aux décisions nécessaires.
Demande au Conseil national de convoquer au cours de l'année 2002 un colloque inter-régional.
Ce colloque abordera notamment :
- la question de la répartition des ministres entre les régions,
- la réflexion sur de nouveaux critères de répartition des contributions régionales au budget de l'Union nationale.
- L'échange d'expériences concernant les ministères spécialisés. (Adopté par 71 voix pour ; 1 contre)
Décision n° 39 :
Catéchèse
Le Synode national est convaincu qu'une Eglise missionnaire qui grandit doit se soucier particulièrement de ceux qui grandissent. Le Synode voit dans l'enfance et la jeunesse un des premiers lieux de sa mission.
Trop souvent, la catéchèse est abordée en termes de contenus et de modalités. Le Synode est convaincu de l'urgente nécessité pour les Eglises locales, de se réapproprier les fonctions de la catéchèse, en termes de visée éducative et de projet pédagogique et spirituel d'ensemble allant de la petite enfance jusqu'à l'âge adulte.
Le Synode national demande
- aux Eglises locales de se saisir des outils et des occasions de formation mis à leur disposition par le service commun de catéchèse des 4 églises.
- à l'Equipe National de KT et à la Coordination E.F. de veiller à une bonne diffusion du matériel existant afin d'offrir aux parents des raisons et des motivations qui les encouragent à devenir eux-mêmes les premiers catéchètes de leurs enfants.
- à la COC de préparer, pour les Eglises locales, des outils qui leur permettent de rencontrer les parents et de cheminer avec eux.
- à la COC d'élaborer les grandes lignes d'un parcours catéchétique cohérent sur plusieurs années, qui intègre les événements familiaux et liturgiques de l'Eglise.
Le Synode national encourage les Eglises locales à utiliser les partenaires des Œuvres et mouvements spécialisés dans l'animation enfance et jeunesse et qui participent à la même mission que l'Eglise réformée (camp, littérature, projet, …) (Adopté par 59 voix pour ; 5 contre)
Décision n° 40 :
Projet missionnaire
Constatant un malaise et une relative incompréhension des Eglises locales à l'égard de notre actuel projet missionnaire, reconnaissant l'importance de l'histoire et de nos engagements vis à vis des Eglises soeurs avec lesquelles nous sommes en relation dans le cadre de la Cévaa ou par l'intermédiaire du Service protestant de Mission (DEFAP), mais convaincu que ces relations importantes ne doivent pas paralyser notre réflexion et nos décisions à venir,
Le Synode national demande au conseil national de mettre à l'ordre du jour d'un prochain synode la mise au point précise de notre projet missionnaire.
Devant l'attente des membres de notre Eglise à être eux-mêmes acteurs de la mission, et non plus simplement des pourvoyeurs de fonds,
le Synode national demande au CN et à l'équipe nationale mission
- d'interpeller la Cévaa pour qu'elle contribue encore plus à mettre en relation ses Eglises membres, notamment au niveau des Eglises locales, dans la perspective de projets communs,
- de charger le DEFAP d'y collaborer selon ses compétences propres. (Adopté par 66 voix pour ; 3 contre)
Décision n° 41 :
Conditions d'exercice du ministère pastoral
Les conditions d'exercice du ministère pastoral ont évolué depuis quelques années et se révèlent dans certains cas avec une acuité particulière. Elles font l'objet de difficultés, de souffrances vécues au niveau personnel par l'un ou l'autre ministre, mais aussi au niveau des instances collégiales de notre Eglise.
C'est pourquoi le Synode national de l'ERF, réuni à Soissons du 24 au 27 mai 2001, demande au Conseil national d'initier aux plans local, régional, national, une réflexion sur ce sujet et sur l'analyse de ses causes, y compris structurelles.
L'ensemble de ces débats aura pour objectif premier une prise de conscience de la réalité des problèmes rencontrés. Ils pourront, si la nécessité en est avérée, aboutir à une recherche de solutions adaptées. (Adopté par 54 voix pour ; 4 contre)
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/