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Oakland, le 14 novembre 2001
Aux Eglises et aux Chrétiens des Etats-Unis
Chers soeurs et frères en Christ,
Nous sommes venus dans votre pays comme des " lettres vivantes ". Bouleversés par les événements tragiques du 11 septembre, nous sommes arrivés chez vous en tant que représentants d'Eglises membres du Conseil Oecuménique des Eglises, engagés dans la "Décennie pour surmonter la violence : les Eglises recherchent la Paix et la Réconciliation" . Nous avons voulu être avec vous, en signe de compassion et de solidarité dans votre souffrance. Nous sommes venus de nos divers milieux de vie, blessés eux aussi, pour partager vos blessures. Nous ne sommes pas venus avec des réponses. Nous sommes venus pour vous aimer.
Devant les ruines du World Trade Center, nous avons ressenti l'horreur de la mort qui imprégnait ces lieux. Nous avons été profondément impressionnés par le terrible silence qui y régnait, par l'absence de couleurs et le sentiment de perte. Face à ce vide, nous nous sommes tenus les mains et avons offert notre prière : nous revendiquions la vie au sein de la mort.
Il est toujours difficile de pénétrer dans un foyer en deuil. Mais, malgré votre peine, vous nous avez reçus avec une grande hospitalité, et nous vous en sommes reconnaissants. En Afrique du Sud, on a l'habitude de dire lorsque survient un deuil " Ce qui vous est arrivé à vous est aussi arrivé aux autres ". Nous sommes témoins que Dieu permet à la vie de continuer. De nombreuses Eglises américaines nous ont rendu visite quand nous avons connu des temps difficiles, et elles nous ont aidés à nous en sortir lorsque le malheur nous submergeait. A notre tour nous vous disons aujourd'hui : Prenez courage ! Nous sommes venus vers vous en tant que lettres vivantes , signes d'espoir dans la souffrance et la douleur de la Croix.
Au cours de notre séjour à New York, à Chicago, à Washington D.C. et à Oakland (Californie), nous avons eu le privilège d'écouter des voix et des commentaires divers.
Nous avons écouté un pasteur, témoin des événements en première ligne, exprimer sa douleur et sa colère. " Nous ne sommes pas prêts à recevoir des conseils. Nous sentons encore la fumée. Et tous ces services funéraires qui se déroulent quotidiennement, comment pourrions-nous être objectifs ? Un jour, plus tard, nous verrons les choses autrement, mais si on nous y force, notre colère ne fera que s'accumuler ". Oui, il faut laisser un espace à la douleur. Et nous sommes prêts à vivre avec vous ce temps d'attente, dans votre deuil et votre guérison.
Nous avons entendu des paroles empreintes d'une profonde tristesse et nous avons été émus par les diverses manières dont elle s'exprimait. Cette immense tristesse submerge aussi les officiants qui, eux, sont maintenant épuisés. " Et qui va guérir ceux qui guérissent les autres ? " a demandé quelqu'un.
Nous avons entendu des personnes parler de " rejoindre le monde ". " Ce n'est pas seulement ma paroisse que j'ai vu pleurer, j'ai vu pleurer un monde ". Un pasteur, parlant du mélange de douleur et de souffrance qu'éprouvaient les enfants blessés et orphelins de New York auprès desquels il se rendait, disait : " "J'aurais aimé prendre aussi dans mes bras les enfants iraquiens blessés et orphelins ". Peut-être que cette expérience de la souffrance nous aidera à prendre dans nos bras " tous ces autres qui souffrent ".
Nous avons entendu des hommes et des femmes nous dire leur sentiment de peur et d'insécurité, depuis ces immigrants venus aux Etats-Unis pour y trouver sécurité et liberté, jusqu'aux pacifistes qui se sentent troublés, accusés de pas être patriotes.
Nous n'avons pas entendu de paroles d'amertume ou de revanche. Nous avons été poussés à plus d'humilité et réconfortés d'entendre des dirigeants d'Eglises s'affronter à des questions qui dépassent leurs propres préoccupations et s'élargissent au contexte mondial. Ce débat-là commence tout juste à s'ouvrir.
Nous avons entendu des hommes et des femmes demander : " Qu'avons-nous fait, qu'a-t-il été fait en notre nom, pour que l'on éprouve tant de haine contre nous ? "
Nous avons entendu des hommes et des femmes dire leur ignorance et leur peur de l'Islam, mais nous en avons aussi entendu donner des témoignages de solidarité envers des voisins musulmans.
Nous avons entendu des hommes et des femmes faire le lien entre leur souffrance et la souffrance des peuples d'Afghanistan et de Palestine.
Nous avons entendu expliquer combien il est difficile pour des communautés chrétiennes de s'engager sur les questions éthiques que pose la réponse américaine aux attentats du 11 Septembre.
Nous avons entendu un pasteur en larmes demander : en quoi le bombardement de l'Afghanistan peut-il être la voie du Christ ?
Ces paroles n'appelaient pas de réponses de notre part. Nous avons pleuré et prié avec vous ; et maintenant, avec vous, nous posons les questions qui ont accompagné nos conversations.
1 - Sur quelle base repose notre communion ? Que va pouvoir être notre commune recherche dans les jours à venir ? Nous avons en commun notre rejet du terrorisme. Nous pouvons affirmer qu'une réponse militaire n'apportera jamais la sécurité et la paix. Quelle sorte de relations devons-nous construire le plus rapidement possible avec nos voisins, par delà les frontières géographiques et religieuses ?
2 - Comment les Eglises peuvent-elles être aux avant-postes de la lutte contre l'injustice ? Les Eglises se doivent de réfléchir ensemble et de mettre ensemble un nom sur les injustices majeures de notre monde. Lors de notre rencontre, nous avons parlé des déséquilibres économiques destructeurs, de l'oppression qui sévit dans des lieux comme la Palestine, des discriminations de sexes et de races, du soutien des régimes totalitaires
3 - Comment transmettre les impératifs de l'Evangile là où un conflit règne en maître sur les coeurs et les esprits ? Quelle sorte de communication, quelles images peuvent nous rassembler en une communauté au lieu de creuser toujours davantage le fossé entre les gens comme le font les images des principaux médias ? En tant que chrétiens, porteurs de diverses histoires, nous sommes invités à former une communauté qui ose dire la vérité aux autorités détentrices du pouvoir. Nous disons à nos Eglises : soyez à l'écoute de tous les autres chrétiens de par le monde. En permettant aux Eglises de dire leur propre histoire, nous leur donnons la parole.
4 - Allons-nous attendre l'unanimité pour oser parler ? Comment encourager les voix prophétiques parmi nous ?
L'amour nous rassemble. Vous êtes nos soeurs et nos frères. Ensemble, nous sommes le corps du Christ. Tenons-nous par la main et efforçons-nous de surmonter toutes les formes de violence, qu'elles soient directes ou structurelles, afin de construire une culture de paix.
Groupe catastrophe
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A l'initiative du pasteur Jean-Arnold de Clermont et à l'invitation du pasteur Gill Daudé, responsable du service Oecuménique, un Groupe catastrophe s'est réuni le 20 novembre pour une première rencontre.
Attentats aux Etats-Unis, usine AZF à Toulouse, inondations dans la Somme, Nîmes, naufrage du Erica, crash du Concorde, incendie du tunnel du Mont-Blanc, crash du Mont Saint-Odile les exemples de catastrophes ne manquent pas ces dernières années.
Il s'agit pour ce groupe, composé des acteurs locaux protestants, de lister les actions -services religieux, actions de solidarité- qui ont suivi ces événements puis de proposer un vade-mecum afin de profiter des expériences du passé au cas où ... Comment accompagner de manière Oecuménique, voire interreligieuse ces grands moments d'émotions et de drame ? Comment réagir à l'émotion publique ? Comment gérer les réactions avec les autorités ou leur pression dans l'urgence ? Mais aussi quelle attitude vis-à-vis des victimes, des médias ? (Myriam Delarbre)
Forum de la vie associative
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Le 2ème Forum des associations protestantes a rassemblé quelque 80 participants à Paris, fin octobre, sur le thème Le protestantisme au risque de ses associations . En cette année du centenaire de la loi 1901, il s'agissait de prendre le pouls de la dynamique associative et de réfléchir à l'articulation Eglise-associations sur le terrain et au sein de la Fédération protestante de France.
Deux temps d'atelier ont permis aux participants de mieux se connaître et de découvrir ou vérifier que leur problématique rejoint celle d'autres associations oeuvrant sur des terrains pourtant différents.
Les associations protestantes ont été pionnières dans bien des domaines (mouvements de jeunesse, caritatifs, éducation populaire, féminisme). Aujourd'hui, elles réfléchissent à ce qui fait leur spécificité et plongent dans leur histoire pour s'apercevoir qu'à leur création, elles remplissaient une mission que nulle autre n'accomplissait.
Force est de constater, que des associations florissantes au début du XXème siècle peuvent, au XXIème siècle, s'étioler ou perdurer difficilement. Quant elles n'arrivent pas à assurer la relève ou se trouvent confronter à des difficultés administratives, elles ont parfois le courage de cesser leurs activités, de les laisser à d'autres, mieux outillées. Quand elles le peuvent et le veulent, elles cherchent des partenariats. Certaines se lancent dans de nouvelles compétences, en pionnières, telles les OEuvres et Institutions des Diaconesses de Reuilly, avec les soins palliatifs, et l'accompagnement des malades du sida.
On assiste, aujourd'hui, à une volonté de rapprochement avec les Eglises. Le secteur associatif protestant appelle de ses voeux un lien plus fort avec les Eglises locales, que ce soit un soutien spirituel ou humain. Il devient difficile de recruter des bénévoles, dont les Eglises étaient le terreau, et les réalités économiques, les besoins en professionnels font que les permanents peuvent être catholiques ou musulmans. Que reste-t-il de la spécificité protestante quand seul le conseil d'administration comprend des protestants ?
La nécessité d'un réseau, l'importance de la communication ont été soulignées. On assistance encore trop souvent à l'ignorance entre la paroisse locale et le secteur associatif, parfois simplement parce qu'on a le nez sur le guidon.
Pour palier ce manque de communication, la Fédération de l'Entraide protestante (FEP) qui rassemble quelque 430 adhérents dans les domaines sanitaires et sociaux et médico-sociaux, soit plus de 800 établissements, se lance dans la régionalisation. Une nouvelle plaquette de communication permettra à ses membres de se présenter localement à leurs partenaires avec l'image nationale de la fédération de l'entraide. La FEP va aussi refondre son bulletin national.
Ce 2ème Forum de la vie associative protestante avait aussi pour objet de voir de quelle manière la Fédération protestante de France, composée d'Eglises et d'associations, intègre ces dernières. Jusqu'à présent, elles devenaient membres de la FPF via des départements. Dorénavant, elles appartiendraient à un collège d'associations qui pourraient sur deux ou trois ans travailler ensemble sur une thématique, chacun apportant sa connaissance, son vécu, son réseau.
La représentation du secteur associatif à l'Assemblée générale de la FPF et aux assises de la FPF se feraient au niveau du collège. Le Conseil de la Fédération protestante de France va étudier plus précisément ces modalités, le Forum ayant soulevé quelques questions.
Service biblique (faire le lien)
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Le Service biblique de la Fédération protestante de France met à votre disposition le dossier réalisé à la suite du premier week-end de formation à la lecture des textes bibliques, cycle 2001-2002 : " Entre résistances et soumissions ",
" Le livre de Qohéleth (ou l'Ecclésiaste),
entre résistances et soumissions "
dont l'intervenant était M. Martin ROSE, professeur d'Ancien Testament à la Faculté de théologie de l'Université de Neuchâtel (Suisse).
Sommaire de ce dossier
Disponible (40 F franco de port) au Service biblique
47 rue de Clichy - 75311 Paris Cedex 09 -
Tél. 01 44 53 47 15 - Fax 01 48 74 66 31
e-mail : fpf-bible@protestants.org
Fin de la conscription :
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réaction de l'aumônerie aux armées
Les derniers appelés ont quitté les armées fin novembre.
S'il " regrette le brassage de la population masculine d'une même classe d'âge ", le pasteur Michel Gaudry, directeur de l'aumônerie protestante aux armées, avoue " ce n'est pas un problème ". " Certes on ne remplace pas sur le plan sociologique 10 mois par 24 heures de journée d'appel préparatoire à la défense. Cependant, il faut relativiser l'armée était déjà très professionnalisée - 60% armée de l'air et de la marine, 99 % de la gendarmerie, 45 % de l'armée de terre . Pour nous, aumôniers, ce n'est donc pas une révolution ", poursuit Michel Gaudry avant de rappeler que, " le ministère auprès des personnels engagés est beaucoup plus exigeant que celui auprès des appelés, car il s'exerce dans la durée ".
Le pasteur Yves Gounelle, son prédécesseur à la direction de l'aumônerie, se souvient qu'il y a cinq ans, suite à l'annonce par Jacques Chirac de la suppression du service militaire, la Fédération protestante de France avait proposé son remplacement par 6 mois de service auprès de collectivités locales, maisons de retraites pour conserver cette notion de temps gratuit pour autrui.
Il a été informé par le pasteur Jean-Jacques Demouveaux, secrétaire général en poste depuis le 1er juillet dernier, des évolutions qui touchent la vie de certains de ses postes.
Le Comité national a confirmé son intention de nommer un pasteur à son poste de Lyon-La Duchère à partir de juin 2002 en collaboration avec le dispositif protestant de la ville. Les représentants de la Fraternité de Trappes ont été reçus : le poste Mission populaire, avec le soutien institutionnel de l'Eglise réformée, y poursuit sa tâche de services dans le quartier et de présence protestante dans une cité multi-ethnique et multi-religieuse.
Le Comité national a mis en place une commission juridique. Commission qui lui permettra de faire face à la fois aux problèmes sociaux qui peuvent voir le jour dans tel ou tel poste, et aux questions liées aux différents statuts juridiques qui cohabitent au sein de la Mission populaire.
Le Comité national a partagé avec beaucoup de reconnaissance le culte de la communauté locale Mission populaire à Rouen, animé par son permanent, le pasteur Francis Muller.
Enfin après un large débat de fonds sur les enjeux de l'évangélisation dans notre société laïque et pluri-ethnique, et sur la place symbolique de la Mission populaire dans ce cadre, il a été décidé de convoquer un congrès de la Mission populaire. Celui-ci se déroulera à La Rochelle les 7, 8 et 9 juin 2003, week-end de Pentecôte.
(Bertrand Vergniol)
Les Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes orientent leur programme d'actions vers un scoutisme au service de la société, pour préparer les enfants et les adolescents à être acteurs de changements, en favorisant la rencontre, l'accueil, le civisme, la citoyenneté écologique
Cet anniversaire donne un nouvel élan aux unités elles-mêmes qui ont profité de l'événement pour rencontrer les autres associations de scoutisme
A Boulogne, St Etienne ou Paris, partout, la fête fut grande, belle et dynamisante. (Aurélie Debauge)
Une peine point barre
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une campagne contre la double peine
Plusieurs milliers de personnes de nationalité étrangère, mais dont l'essentiel de la vie est en France, sont contraintes chaque année à quitter le territoire français après avoir accompli une peine consécutive à une condamnation. Ces personnes expulsées, conjoint(e)s de Français ou parents d'enfants français, résident en France depuis longtemps, souvent depuis leur enfance. Elles ne connaissent habituellement pas le pays dont elles ont la nationalité.
Les associations des droits de l'homme -Cimade, Agir ensemble pour les droits de l'homme, Emmaüs France, Fasti, France Libertés, Gisti, Ligue des droits de l'homme, Mrap, Service national de la pastorale des migrants, Sud Ptt, Syndicat de la magistrature- lancent une campagne contre le bannissement de ces personnes, dont l'essentiel de la vie est en France, avec pour objectif qu'à une première peine, le juge et l'administration n'ajoutent pas une peine d'éloignement. Pas de double peine, pas trop de peine. Une peine, point barre. Cette campagne s'étendra du 1er décembre à l'automne 2002. Le point d'orgue étant, au moment de la rentrée parlementaire de 2002, un événement national pour réclamer la fin du bannissement.
Web : www.unepeinepointbarre.org
L'élection de Mgr Ricard comme président de la Conférence épiscopale s'inscrit, en fait, dans une continuité institutionnelle. Depuis deux ans, l'évêque de Montpellier occupe le poste de vice-président aux côtés de Mgr Billé. Agé de 57 ans, Mgr Ricard est originaire de Marseille.
D'abord prêtre dans sa ville natale, il s'est beaucoup investi alors dans le dialogue Oecuménique. " C'est un très bon connaisseur du protestantisme et il a une grande attention à la problématique de l'autre ", souligne, à la correspondante d'ENI, le pasteur Michel Bertrand, ancien président du Conseil national de l'Eglise réformée de France (ERF). Pendant une dizaine d'années, les deux hommes ont animé ensemble des groupes d'études bibliques à Marseille où se retrouvaient catholiques et protestants. Décrit comme " chaleureux " et " proche des gens ", l'évêque de Montpellier, ville qui compte une importante communauté réformée et siège d'une faculté protestante de théologie, est apprécié dans les milieux protestants locaux.
L'élection de Mgr Ricard intervient au moment où les relations entre protestants et catholiques français, sans être problématiques, ne sont pas toutefois au beau fixe. Après le coup de froid suscité en l'an 2000, par la déclaration Dominus Iesus, quelques autres dossiers ont, au cours de l'année, un peu crispé le climat comme le passage au catholicisme de Michel Viot, ancien inspecteur ecclésiastique luthérien de Paris ou la décision de l'ERF d'admettre exceptionnellement à la Cène des non-baptisés. L'Eglise catholique a vivement réagi, l'été dernier, à cette décision adoptée par le synode national de l'ERF. L'organisation de cérémonies Oecuméniques ou interreligieuses à la suite des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et de la catastrophe de Toulouse ont également posé quelques difficultés sur le terrain.
A son poste de vice-président, Mgr Ricard a également pris en main le dossier compliqué des relations entre l'Eglise et l'Etat. Là aussi, le climat est assez tendu. L'Eglise catholique redoute une remise en cause du secret professionnel, reconnu par la législation française aux ministres du culte.
Deux affaires récentes ont avivé ses craintes. La condamnation en juin dernier à trois mois de prison avec sursis de l'évêque de Bayeux, Mgr Pierre Pican, poursuivi pour ne pas avoir signalé aux autorités les actes de pédophilie d'un prêtre de son diocèse, a constitué un premier coup de gong. La saisie des archives du tribunal ecclésiastique de Lyon a avivé la polémique.
Cette action très contestée par les évêques a eu lieu dans le cadre d'une enquête sur un membre d'une congrégation religieuse. " La justice française ne saurait à la fois reprocher à l'Eglise son inaction devant des crimes et délits commis par des clercs et venir bloquer le fonctionnement de sa justice interne quand elle la met en oeuvre ", a souligné le cardinal Billé dans son discours d'ouverture. (Bernadette Sauvaget - ENI)
Forum Oecuménique des femmes en Europe
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Des femmes chrétiennes d'Europe condamnent la violence et en appellent à la justice
La question de la violence globale est indissociable pour nous de la justice globale :
tant que l'injustice domine le monde, se développera une spirale de la violence .
Une cinquantaine de femmes de 23 pays d'Europe, coordonnatrices nationales du Forum Oecuménique de Femmes Chrétiennes d'Europe (FOFCE), réunies à Ushaw/Durham (Angleterre) fin octobre, ont adressé une déclaration aux responsables des Eglises d'Europe, aux pouvoirs politiques et aux institutions économiques. Ces femmes, représentant de nombreuses traditions chrétiennes, catholiques, orthodoxes et protestantes, " condamnent sans réserve toutes formes de terrorisme : ces actes d'inhumanité ont un coût insensé en vies humaines et constituent une violation de la volonté de Dieu ". En même temps elles sont " profondément préoccupées et troublées par les répliques militaires aux attaques terroristes ". Plusieurs d'entre elles ont l'expérience directe de conflits violents dans leur propre pays.
Citant la Béatitude, Heureux ceux qui ont faim et soif de justice , les participantes " exhortent les dirigeants du monde à ne pas diviser l'humanité et les religions entre Bien et Mal"" . Elles leur demandent d'encourager le dialogue inter-religieux dans un esprit de paix et de faire progresser la justice sociale et économique. Elles déclarent enfin " se tenir aux côtés de celles et ceux qui, dans la souffrance et dans le deuil, sont affamés de justice ; elles prient pour qu'ils soient tous rassasiés ". Ainsi sont-elles " solidaires des femmes de toutes les religions ".
L'intérêt pour le FOFCE est croissant, y compris chez les femmes jeunes, dans les pays d'Europe centrale et orientale. Et la demande d'appui moral et matériel pour augmenter ses activités progresse en conséquence. Ce sont les rencontres où se découvrent nos identités et notre diversité, le dialogue Oecuménique et interreligieux, les sessions de formation (théologie et nouvelles spiritualités, animation de groupes et gestion de projets, anglais et informatique). Dans les pays d'Europe occidentale par contre, on constate un vieillissement et une diminution du nombre des membres ; les groupes des pays d'Europe méridionale ont des difficultés à vivre et pratiquer l'Oecuménisme à la base. Comme d'autres organisations, le FOFCE est freiné dans son développement par la diminution des moyens financiers des Eglises et agences donatrices.
Les projets pour les deux années à venir, menés dans toute la mesure du possible par plusieurs pays groupés en réseau, s'inscrivent dans la Décennie " Vaincre la violence " décidée à la fois par le C.O.E. et les Nations-Unies. Ils porteront en priorité sur des actions de prévention du commerce sexuel et de la prostitution. La prochaine Assemblée générale se tiendra à Prague du 25 août au 1er septembre 2002 sur le thème " Avec compassion et liberté, femmes chrétiennes, dessinons l'avenir de l'Europe ".
Pour le groupe du Forum en France : Claire-Lise OTT - 51, rue Dutot - 75015 PARIS
Le Forum Oecuménique de Femmes Chrétiennes d'Europe a été fondé en 1982 et comprend des femmes de 29 pays d'Europe.
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/