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Message de la FPF
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à l'annonce du décès du Cardinal Billé
" La FPF a appris avec une très grande peine le décès du Cardinal Louis-Marie Billé qui a été un compagnon de route pour la famille protestante.
Elle mesure ce que peuvent ressentir l'Eglise catholique en France, le diocèse de Lyon comme tous ceux et toutes celles qui ont été au bénéfice de son ministère.=20
Son attention à tous, son accueil chaleureux, la qualité de son écoute ont permis un dialogue direct et fraternel dans les responsabilités, notamment au sein du Conseil d'Eglises chrétiennes en France.
La Fédération protestante de France dit aux frères et soeurs catholiques en France sa reconnaissance pour ce serviteur que Dieu a donné à son Eglise, pour le témoignage qu'il a donné de sa foi. Dans ces temps de Carême o=F9 nous nous tournons vers le Christ qui donne sa vie pour le salut de tous, nous écoutons ensemble la bonne nouvelle de la grâce pour recevoir l'espérance de la résurrection. " Paris, le 12 mars 2002
Département
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de recherche communautaire
Une vingtaine de communautés, communions et fraternités, membres de la FPF ou invitées1 se sont réunies du 7 au 10 mars chez les soeurs du Hohrodberg près de Munster en Alsace dans le cadre du Département de recherche communautaire de la FPF. Venues des quatre coins de la France mais aussi de Suisse, de Belgique et d'Italie, ces communautés ont, comme chaque année, partagé leurs expériences et traité le sujet qu'elles avaient décidé ensemble lors de la précédente session en mars dernier en Bourgogne : " notre rapport à la Parole de Dieu dans la vie communautaire ".
Le professeur Gérard Siegwalt a fait deux interventions remarquables en traitant, dans un premier temps, les aspects théologique, existentiel et ecclésiologie de la question puis, en apportant, dans un second temps, une étude biblique très riche à partir du texte de la tentation de Jésus au désert dans l'Evangile de Matthieu.
Une analyse des contributions apportées sur ce sujet par les communautés présentes, a été présentée par Soeur Bénédicte de Reuilly, démontrant à la fois l'importance centrale des Ecritures dans la vie communautaire et la diversité des approches et des pratiques.
Les informations sur la vie de la Fédération=20 protestante de France ont été données par le pasteur Gill Daudé.
Le département a choisi son prochain thème " Sabbat et ressourcement " et décidé de se réunir l'année prochaine en Suisse répondant ainsi à l'invitation de la communauté Don Camillo.
1 Les communautés françaises représentées étaient les suivantes : Diaconesses de Reuilly, centre communautaire du Hohrodberg, Diaconat de Strasbourg, Centre d'Erckartwiller, Diaconesses d'Ingwiller, Communauté de Pomeyrol, Soeurs protestantes de Villeméjanne, Diaconat de Béthesda, Communauté de Grandchamp, Fraternité de Moria, Centre missionnaire de Carhaix, Communauté évangélique de Vannes, Communauté chrétienne Rencontre, Communion de Penouël, Communauté Ichtus, Porte ouverte, Union de prière de Charmes, Les Veilleurs, Haute Luce.
Les Assemblées de Dieu de France sont issues du réveil de Pentecôte du début du XXe siècle. L'opposition des Eglises traditionnelles, tant catholiques que protestantes, fut souvent violente. Se voyant rejetées, les nouvelles Eglises constituées se multiplièrent et s'organisèrent entre elles, sans pratiquement aucun rapport avec les autres communautés chrétiennes existantes.
Une nouvelle génération de pasteurs dans un monde en mutation
Des influences diverses n'ont pas manqué, au fil des années, de modifier cette situation : le temps tout d'abord. Nous n'en sommes plus aux guerres de religion ! L'arrivée d'une nouvelle génération de pasteurs n'ayant pas connu les fortes oppositions des origines, le développement de l'activité missionnaire, les contacts nombreux avec des prédicateurs étrangers, le niveau d'études - classiques ou religieuses - plus élevé que par le passé ont contribué à modifier le regard sur l'autre. Citons encore les moyens modernes de communication (télévision, internet), et les changements de société (Europe, mondialisation) comme facteurs qui pourraient bien apporter le coup de grâce à un isolationnisme d'antan.
Quelles raisons poussent donc, aujourd'hui, certains pasteurs des=20
Assemblées de Dieu de France à risquer une démarche oecuménique ? La démangeaison=20
de créer une super-Eglise, d'uniformiser dogmes et théologies ? Ou la prise de=20
conscience que d'autres, aussi, se réclament du Christ et des évangiles, et=20
qu'il serait sage de chercher d'abord à mieux connaître, pour mieux comprendre,=20
et donc mieux aimer, en respectant mutuellement les différences ?
Des racines protestantes
Quelques-uns, moins nombreux qu'on a pu le dire, ne voient dans l'oecuménisme qu'un parapluie permettant d'échapper à la classification de secte. D'autres, en plus grand nombre, reconnaissant leurs racines protestantes, comprennent d'une manière nouvelle le sens des paroles du Sauveur : " A l'amour que vous aurez les uns pour les autres, on vous reconnaîtra pour mes disciples ". Le chemin peut encore être long pour " qu'ils soient un comme nous ", mais chaque jour que Dieu fait peut nous rapprocher...
Compréhension nouvelle donc, induite par l'Esprit (?), mais pour quoi faire ? Les pratiques et les théologies sont parfois si différentes !
Rien peut-être, si ce n'est d'être avec l'autre, pour témoigner au monde que nous ne nous querellons plus, mais que nous marchons ensemble sur ce chemin qui mène au Père, chacun à son rythme, chacun à sa manière. Ou quelque chose peut-être, que notre imagination commune nous permettra d'inventer pour témoigner au monde que nous ne nous excluons plus, mais que nous oeuvrons ensemble pour soulager la misère humaine et pour amener nos contemporains à la rencontre du Sauveur des hommes.
Pour l'essentiel, unité ; pour le secondaire, liberté ; et en tout, charité
Des difficultés demeurent : l'ignorance de l'autre, source de mépris et de critique ; la grille d'analyse propre à chacun ; les divergences quant à la lecture même de la Bible, fondamentaliste ou libérale.
Les Assemblées de Dieu de France raisonnent davantage en termes " d'expérience spirituelle " : repentance, conversion, nouvelle naissance, plénitude de l'Esprit. Mais l'idée que les chemins pour arriver à une telle rencontre du Christ ne soient pas identiques pour tous peut nuancer le regard. L'homme, ce microbe têtu, comme disait Pagnol, est tellement persuadé que SON expérience est LA SEULE possible ! Ne serait-il pas sage de revenir à ce que nos pères avaient enfin compris : pour l'essentiel, unité ; pour le secondaire, liberté ; et en tout, charité ?
Il serait hasardeux d'avancer des pourcentages ou des répartitions géographiques. Il va sans dire que l'on trouve parmi les pasteurs et les membres des Assemblées de Dieu de France des " contre " (le mariage de la carpe et du lapin) ; des " pour " (ceux qui veulent risquer d'affronter l'autre fraternellement, c'est-à-dire utilement), et des prudents. Il faudra encore patienter, laissant à Dieu le soin d'unir davantage les siens, avec ou sans la contribution des hommes. Mais si la démarche de part et d'autre est honnête et respectueuse, ne pourrait-elle pas rallier un plus grand nombre ?
Et si chacun de nous n'était qu'une nuance de couleur sur la vaste toile du Peintre ?
" Un ton seul n'est qu'une couleur ; deux tons, c'est un accord, c'est la vie ". (Matisse)
Le synode a tout d'abord entendu le rapport d'orientation du président de la commission permanente, le pasteur Antoine Schluchter. Celui-ci a centré sa réflexion sur l'existence même de nos Eglises : " Depuis nos origines en 1938, certains =8C observateurs fraternels ' ne donnent pas cher de la survie de notre Union d'Eglises, et d'aucuns parmi nous ne cachent pas leur inquiétude quant à l'avenir des EREI à moyen terme ".
En s'appuyant sur la parole du livre de l'Apocalypse au chapitre 3 et au verset 8 (Voici : j'ai mis devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer, parce que tu as peu de puissance, que tu as gardé ma parole et que tu n'as pas renié mon nom), il a d'abord rappeler que nos Eglises étaient toujours actives, modestement mais réellement. Il a ensuite proposé à l'assemblée synodale quatre pistes pour baliser l'action et l'engagement des EREI :=20
o Développer des synergies partout o=F9 cela est envisageable ;
o Continuer à conjuguer réalisme et audace dans notre vie d'Eglise ;
o Maintenir l'équilibre entre fonctionnement et rayonnement ;
o Enfin, allier ouverture et fidélité.
Le Synode a reçu officiellement un dossier de 13 fiches théologiques préparées par sa commission de théologie en réponse à une commande d'un synode précédent (celui qui s'était tenu à Vauvert en 1996) pour la mise au point " des bases théologiques qui définissent l'identité réformée des EREI et qui les rassemblent ". Il lui a exprimé sa vive reconnaissance pour ce travail important et les a mis à disposition des Eglises de l'Union en vue de leur validation lors du Synode National de 2004.
Le synode a ensuite entendu les rapports de ses commissions nationales.
Le synode a enfin été amené à se déterminer sur des questions d'actualité comme touchant à la vie propre de l'Union.
Il a ainsi décidé d'envoyer un message de soutien et d'encouragement en direction de l'Eglise de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM), Eglise soeur dans le cadre de la CEVAA (cf. message ci-joint). Il a également décidé de mettre à l'étude les questions des cérémonies interreligieuses, de l'éthique sexuelle des responsables d'Eglises et de l'homosexualité.
Il a proposé que soit initiée d'ici un an ou deux une nouvelle convention nationale pour nos Eglises notamment pour communiquer une vision dynamique pour la jeunesse et pour stimuler à l'évangélisation.
Deux sujets principaux avaient été mis à l'ordre du jour des débats et des réflexions du synode : le statut des prédicateurs dits laïcs et la politique de la Commission Générale d'Evangélisation en matière d'évangélisation et d'implantation d'Eglises. En ce qui concerne le premier sujet, le synode n'a pas désiré s'orienter vers la mise en place d'un statut spécifique. Par contre, il a manifesté le souhait que soit mise en place au niveau des circonscriptions une formation spécifique et adaptée pour prédicateurs. En ce qui concerne le second sujet, le synode a confirmé les orientations actuelles de la Commission Générale d'Evangélisation : priorité pour une projection dans les grands centres urbains avec cependant une oreille attentive aux villes moyennes.
Gérard Fines, Secrétaire Général
Quels sont les projets des EREI ?
Nous restons convaincus de la nécessité de l'évangélisation et préoccupés par notre manque d'efficacité dans ce domaine. Les réflexions de stratégie, la mise en place d'un original ministère d'animateur-évangéliste, l'encouragement à accueillir des pasteurs et même des diacres-évangélistes, un travail sur le discernement des vocations au niveau de la jeunesse sont quelques-uns des moyens mis en place pour progresser.
Dans le prolongement de cet accent, nous initions une réflexion sur divers problèmes de société, dont la question de l'homosexualité et celle de l'interreligieux.
Troisième axe plus identitaire, la mise à l'étude de fiches théologiques sur 13 sujets susceptibles de définir les contours de notre vision et qui sont entre les mains des églises locales, avec un retour en synode au printemps 2004.
Nous essayons aussi de régulariser ou de faire aboutir des questions de fonctionnement interne concernant la reconnaissance des ministères ainsi que le diaconat et la diaconie.
Les EREI ne sont pas membres du CPLR mais du " pôle=20
évangélique " de la FPF : pourquoi ? Avez-vous le sentiment d'être passerelle=20
entre ces deux familles ?
Historiquement, nos églises sont héritières parmi d'autres" de la pensée réformée, mais aussi des mouvements de réveil du XIXème et du XXème siècle. Cela se traduit par une diversité de styles entre nos communautés et, plus fondamentalement, par une vision de l'église ouverte à la multitude tout en mettant fortement l'accent sur les notions de conversion et de relation personnelle avec Dieu. Le meilleur des deux mondes (réformé et évangélique) ? En tout cas, une dynamique intéressante. Concrètement, nous n'avons la capacité d'être ni un pont suspendu ni une autoroute multivoies. Mais nous ne souhaitons pas non plus nous inscrire au concours du " village ecclésial le plus fleuri ou le plus exotique de France " ; alors, le rôle de passerelle c'est bien vu !
Concrètement, participer aux quelques rencontres de ce=20
pôle est, pour nous, beaucoup plus faisable que l'implication que demande=20
l'entrée dans le CPLR, raison pour laquelle nous avions surtout décidé d'en=20
vivre la réalité sur le terrain.
La FPF est dans un processus de dialogue avec les adventistes et les ADD. Quel rôle jouent les EREI sur le terrain des dialogues et quel intérêt y trouvez-vous ?
Le rôle de passerelle, justement. Deux exemples personnels. Il y a quelques années, j'ai initié une rencontre entre les conseils presbytéraux EREI, ERF et EEL de notre ville ; cela a permis aux deux derniers nommés de faire connaissance. J'ai aussi contribué à l'entrée de la communauté adventiste dans la pastorale aixoise et je vais prochainement rendre visite aux pasteurs ADD de la région ; de nombreux collègues s'impliquent activement à leur manière.
L'intérêt, c'est la joie intense de voir les barrières tomber entres nous et le rayonnement des chrétiens devenir plus visible, plus concret.=20
Quelle parole souhaitez-vous apporter au Conseil de la FPF, puisque vous en êtes membre ?
Simplement contribuer aux échanges de façon constructive, avec ce renouvellement de l'intelligence pour discerner la volonté de Dieu dont parle Paul.
La FPF a débattu lors de son AG de son orientation en matière d'oecuménisme. Pour les EREI, l'oecumenisme c'est un passage obligé, une indifférence courtoise ou une espérance partagée ?
De par leur histoire, nos églises sont plus naturellement tournées vers le monde évangélique que le catholique ; il faut le reconnaître. Et même par rapport à l'entrée au CPLR sur invitation de leurs consoeurs luthéro-réformées, elles avaient dit ne pas être prêtes à ce " choix de préférence et de priorité ". Mais à cet arrière-plan s'ajoute une pratique oecuménique nettement plus large qui intègre les communautés sus-mentionnées. Le défi pour nous, et peut-être aussi notre contribution, est de vivre un " oecuménisme bi-directionnel ", motivé par le désir de réfléchir, prier et agir avec avec tous ceux qui confessent le Christ pour un témoignage commun.
CPLR :
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pour une catéchèse de proximité
Conformément à sa décision du 20 janvier (voir BIP numéro 1534 du 1-15 mars), le Conseil Permanent Luthéro-Réformé (CPLR) s'est à nouveau réuni le 28 février 2002 à Strasbourg, l'essentiel de son ordre du jour ayant porté sur le remaniement de son Service Catéchétique.
Après un tour d'horizon sur les réflexions de chacune des Eglises membres depuis la session de janvier, le CPLR a dégagé les convergences exprimées :
- le besoin de rapprocher davantage l'orientation, l'élaboration et l'organisation catéchétique des besoins propres et diversifiés des Eglises ;
- l'intention claire de continuer, sous d'autres formes, leur collaboration et leur partage dans le domaine catéchétique ; après que chacune des Eglises ait repris la question de la catéchèse, la tenue d'un colloque commun pourrait être l'occasion de redéfinir les orientations communes ;
- la nécessité=20
d'organiser la fin progressive des activités de la Société d'Edition et de Diffusion (SED) dans sa configuration actuelle, et d'en prévoir le remaniement le plus judicieux pour le début de 2003. Plusieurs pistes sont mises à l'étude, dont le CPLR doit être saisi lors de sa réunion du 22 juin à Strasbourg, et les modalités formelles préparées pour sa séance d'automne, fixée au 26 octobre à Paris ;
- l'affirmation que le chemin de communion entre les Eglises du CPLR se poursuit et que la catéchèse en est un aspect, mais pas le seul.=20
Dans cette perspective, les Chefs de Projets poursuivront leur travail sous la responsabilité plus directe de leurs Eglises respectives. Jusqu'à la fin de l'année 2002, la SED préparera et assurera sa campagne de vente normale (un nouveau catalogue est prêt à paraître avant l'été), ainsi que la publication de la revue " Le Point Catéchétique ". Dans le même temps, la concertation des Eglises se poursuivra pour définir l'avenir de la SED en elle-même au delà du 1er janvier 2003. A partir de 2003, une commission de responsables de la catéchèse sera chargée d'assurer la liaison inter-Eglises et, notamment, la pérennité du " Point Catéchétique " et la préparation annuelle de l'offrande des Ecoles du Dimanche.
En somme, les quatre Eglises se sont accordées sur le fait que la manière dont la collaboration s'était engagée entre elles dans le domaine catéchétique était passionnante dans son intensité, mais excessive dans ses co=FBts, inégalement satisfaisante par rapport aux besoins propres à chaque Eglise " sur le terrain ", et par conséquent sans doute un peu trop ambitieuse. Cependant, à la question dubitative : " CPLR : ensemble pour faire quoi ? " (voir BIP cité) le CPLR répond clairement : un allégement du Service Catéchétique commun au bénéfice d'un rapprochement du travail avec le terrain catéchétique de chaque Eglise ne diminue en rien la communion entre les Eglises. Le partage entre Eglises dans le domaine catéchétique se poursuit, et les autres domaines sont multiples (formation permanente, relations oecuméniques, réflexions théologique et éthique, possibilité d'échange des ministres etc. ...), o=F9 les Eglises travaillent ensemble avec liberté et conviction.
En complément de ce point essentiel de l'ordre du jour, le CPLR s'est encore entretenu de l'état des recherches pour un nouveau Président, le pasteur Werner JURGENSEN en ayant exprimé le souhait lors de la précédente rencontre (voir BIP déjà cité).=20
Comment, dans cet esprit, tenir compte des autres religions ? Comment dialoguer ensemble ? Ce document se réfère au Manifeste de Manille (1989), dans lequel les évangéliques affirment que seule la rédemption du Christ mène au salut et que " les autres religions ne sont pas d'autres manières d'aller à Dieu ".
Ces convictions ne s'opposent pas à un dialogue interreligieux, mais rappellent que celui-ci n'est pas possible au prix de concessions doctrinales ou théologiques.
Le document ne cache pas certaines divergences au sein du mouvement évangélique : pour les uns, seules la révélation et la foi en Jésus-Christ permettent d'accéder au salut. Pour les autres, " il n'est pas exclu que la foi puisse être réelle en dehors d'une connaissance explicite du Christ, notamment pour les personnes qui n'ont pas été mises en contact avec l'Evangile. "
Sur Internet : www.protestants.org en documentation.
Pour faire le bilan de près d'un quart de siècle d'existence, nous avions choisi de revenir à une réflexion qui nous a nourries et que nous avons modestement contribué à mieux faire connaître en France : l'apport des théologies féministes et les questions qu'elle nous adresse à toutes et tous. Comme nous poursuivons depuis dix ans un dialogue avec des amies musulmanes, nous avons élargi le thème à " La lecture de nos textes fondateurs (Bible, Coran) avec un regard de femme ". Nous avons préféré ce terme pour ne pas choquer les traditionalistes ni faire ricaner les modernistes mais cela ne signifie pas autre chose qu'une lecture féministe, comme nous l'a confirmé Monique VEILLE. Elle a accepté de nous dire, comment, à partir de son expérience personnelle, de rencontres et de lectures, elle a commencé à se méfier des lectures qui, pendant des siècles, ont été utilisées pour mettre les femmes en situation d'oppression et à interroger autrement les récits. Il s'agit de remettre en lumière et de rendre justice à des récits ou des personnages occultés ou oubliés. A partir d'exemples : Rebecca qui mène le jeu par la ruse et est pourtant porteuse du projet de Dieu, Rachel et Léa à la forte personnalité, les prophétesses Hulda et Anne, Abigaïl et Deborah et les femmes disciples : celles demeurées au pied de la croix, Marie-Madeleine définitivement taxée de prostituée, à cause de ses sept démons, ou encore la disciple Tabitha et tant d'autres, Monique constate que, malgré le contexte patriarcal dont la Bible porte la marque, elle donne une place remarquable aux femmes. Ni l'affranchissement des esclaves, ni l'abolition de la peine de mort ni l'émancipation de la femme ne sont inscrits dans la Bible mais tout y est inclus en germe. Il faut donc continuer contre un " masculinisme " qui ne dit jamais son nom, et peut-être en rusant, à faire une lecture de femme située dans la réalité d'aujourd'hui.
Faten KLOUZ, musulmane, nous a confirmé qu'il n'y a pas de théologie au féminin en Islam. Les hommes ont investi le champ du savoir mais dès l'époque du Prophète, des femmes ont revendiqué auprès de lui du temps pour être enseignées, discuter et réfléchir, et il le leur a accordé. Elles ont investi la mosquée, lieu de prière mais aussi de réflexion politique et sociale. Plusieurs femmes ont joué un rôle à la fois de transmission du savoir mais aussi un rôle politique, comme Aïcha, la dernière épouse du Prophète qui a contesté son successeur Ali. Khadija, sa première épouse, l'a appuyé par son statut social et Fatima, sa fille, a aussi joué un rôle très actif. Au cours des deux siècles suivants, les Khalifes ont repris le pouvoir. Le khalife Omar que personne ne contestait, a voulu supprimer la dot, offerte aux femmes par leur futur époux mais une femme s'y est opposée et il a admis son erreur. Par la suite, les savants religieux ont progressivement écarté les femmes de la mosquée, du savoir et du champ culturel et ont tout fait pour mettre les femmes en état de subordination, en s'appuyant sur des textes interprétés à leur manière. Depuis cinquante ans environ, il existe deux discours religieux, deux regards à propos des femmes : celui qui met la femme dans une dépendance totale de ses père, mari, frère ou fils, objet de consommation et pratiquante idéale : " Pratique et tais-toi ! " Il y a par ailleurs des femmes émancipées, à la parole libre qui se placent dans une concurrence avec les hommes et se déclarent même athées. Mais une nouvelle génération de femmes depuis quelques années sont instruites, modernes et ont en même temps une spiritualité très riche. Un exemple frappant est celui des femmes iraniennes, militantes actives dans la révolution et qui, au moment de la régression liée à l'établissement de la république islamique, ont combattu les mollah avec leurs propres instruments. Elles sont devenues conseillères de juristes, ont réussi à être élues au Parlement. Dans le sunnisme il y a beaucoup de femmes universitaires ; aujourd'hui des lieux de formation théologique sont ouverts aux femmes. Ce qui nous réunit, chrétiennes et musulmanes, c'est notre situation de femmes face à la modernité.=20
Le débat qui s'est=20 focalisé sur des questions à Faten ne nous a pas permis de répondre aux=20 questions posées à propos de notre lecture de la Bible avec des yeux de femme :=20 Cet élan est-il toujours porteur aujourd'hui ? Pourquoi et comment communiquer=20 la richesse de nos découvertes ? Quels moyens avons-nous de mettre en oeuvre=20 notre programme ?
Le second volet de ce programme est de rester "=20 attentives aux revendications des femmes pour la reconnaissance de leur=20 identité, pour la justice et l'égalité et de nous faire l'écho auprès de nos=20 communautés des interpellations qui nous parviennent d'ailleurs ". Pour cela,=20 (ou pour un autre objectif à définir), avons-nous toujours besoin de=20 groupes de femmes ? La discussion en groupes a montré qu'il ne s'agit pas=20 d'un besoin mais d'une exigence : la parole des femmes continue à ne pas être=20 entendue, les rencontres entre femmes les aident à s'affirmer pour pouvoir=20 ensuite, dans des groupes mixtes, déplacer, fissurer les discours masculins ; un=20 regard externe nous est précieux, comme un miroir qu'on prend de temps à autre,=20 par exemple à l'occasion des Colloques. Tout en continuant à nous définir comme=20 un groupe de femmes protestantes, engagées en différents endroits de la société,=20 il est souhaitable de rester un lieu de dialogue et de parole ouvert à des=20 croyantes d'autres confessions et d'autres religions, en solidarité en=20 particulier avec celles qui ont plus de difficultés à se faire entendre dans=20 leur propre Eglise.=20
Certaines ont exprimé un étonnement admiratif pour la somme de relations extérieures entretenues par un groupe de femmes relativement réduit ! La demande d'une meilleure intégration et répartition de cette charge très enrichissante s'est exprimée non moins fortement. Dans la dynamique de quelques nouvelles participations, un Collectif renouvelé a pu être élu, un projet de fonctionnement par petits groupes régionaux l'Ouest et le Sud-Ouest donnant l'exemple pourrait se mettre en place, ces groupes alimentant le Collectif en thèmes de réflexion pour les Colloques. Plusieurs ont déjà émergé des débats. Notre communication devrait aussi faire un grand bond en avant avec la collaboration bienvenue d'une journaliste professionnelle : désignation de porte-paroles, mise au point d'un dossier de presse, sans oublier la création " incontournable " d'un site internet. Mais que nos amies qui ne disposent pas de cet outil se rassurent : les femmes d'Orsay n'ont pas l'intention de céder aux sirènes de la modernité. La parole et l'écrit, nos chers " Echos du Groupe Orsay " resteront un de nos outils privilégiés. Avec l'aide bienvenue des amies de nationalités et confessions différentes qui ont accepté de nous rejoindre, il est possible d'envisager sereinement un Colloque, le 14ème du nom, en mars 2003. Merci de tout coeur à toutes les Cognaçaises et les Cognaçais qui ont permis que souffle un vent de renouveau sur le Groupe Orsay ! (Claire-Lise OTT)
Les bibliothèques protestantes :
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un réseau bien vivant
Les bibliothèques et centres de documentation protestants et oecuméniques, dont les fonds sont complémentaires, constituent un réseau informel, lieu de partage d'information et de compétences. Chaque année, ce réseau vit un temps privilégié, une rencontre de trois jours sur un thème et un lieu qui intéressent la profession.
En mars 2002, les bibliothécaires et documentalistes de La=20
Boseb (Bibliothèque OEcuménique et Scientifique d'Etudes Bibliques), du Service=20
protestant de mission-Défap, de la Faculté Libre de Théologie Réformée=20
d'Aix-en-Provence, de la Faculté de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine, de=20
l'Institut Biblique de Nogent, de l'Institut Protestant de Théologie, de la=20
Médiathèque Protestante de Strasbourg, du Service documentation de la FPF et de=20
la Société d'Histoire du Protestantisme Français ont été accueillies à Lausanne=20
(Suisse) par l'Institut biblique et missionnaire Emma=FCs (www.institut-emmaus.ch)=20
et sa bibliothécaire Dora Rentsch.
Deux temps forts
Premier temps fort : la rencontre avec Jean-Daniel Kaetli, directeur de l'Institut Romand des Sciences Bibliques, puis présentation de leur catalogue en ligne (www.unil.ch/irsb) suivie d'une visite, non-virtuelle, de la bibliothèque des Sciences humaines de l'Université de Lausanne et de son secteur Théologie. Captivante déambulation dans les salles de lecture et de consultation, les magasins - 50 kms de linéaires - les ateliers de reliure, de photographie et de reprographie... en compagnie d'Yvan Bourquin, théologien et conservateur passionné.
Deuxième temps fort, la rencontre avec le professeur Jean-Claude Basset (Université de Lausanne), pasteur, président d'une plate-forme interreligieuse et spécialiste de l'Islam. Ressentant, notamment depuis le 11 septembre, la nécessité de développer l'offre documentaire sur le thème du dialogue interreligieux et de la théologie comparée, le=20réseau avait demandé à J.-C. Basset de livrer quelques clefs de compréhension de l'Islam. Exposé brillant, suivi d'une discussion à bâtons rompus Au final, trois heures captivantes : laisser repartir J.C. Basset fut difficile ! ! !
L'année prochaine le réseau des bibliothèques se réunira à la Faculté Libre de Théologie de Montpellier. D'ici-là , le CD-Rom bibliographique Patchwork, catalogue de tous les fonds du réseau français, sera lancé.
Valérie Bouchet,
documentaliste de la Fédération protestante de France,
47 rue de Clichy 75009 PARIS -
tel : 01 42 80 06 25 " fax : 01 42 81 40 01
E-mail : fpf-documentation@protestants.org
Face à l'actualité, après le 11 septembre,
après Porto Alegre
Pouvons-nous échapper
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aux intégrismes ?
Réunion-débat organisé par la post-fede
(Association Chrétienne Post-Universitaire)
SAMEDI 6 AVRIL 2002
de 14 h à 19 h puis dîner
au Service protestant de mission-DEFAP
102 boulevard Arago, 75014 Paris - M=B0 Denfert-Rochereau=20
o Croisades contre le Mal et pour le Bien ?
Choc des religions :
des islamistes et des chrétiens face à face ?
o Dans la mondialisation sociale et économique :
Le tout-libéral et le tout-écolo sont-ils des intégrismes ?
o L'Eglise face aux intégrismes politiques de tous bords : Repli total en paroisse
ou immersion totale dans le monde, des tentations intégristes ?=20
Introduction de François SCHOELLER,
avec la participation de Pierre TARTAKOWSKY,
secrétaire général d'ATTAC,
Françoise SMYTH-FLORENTIN,
professeur honoraire de théologie.=20
Débat, travail en atelier, nouvelles de la Fédé,
dîner à 19h (libre participation)
ACPU FFACE,
46 rue de Vaugirard, 75006 PARIS
E-Mail : acpu@free.fr
Naturaliste universel, véritable encyclopédie vivante, Théodore Monod avait une culture scientifique transversale, à la croisée de toutes les disciplines. Bien que botanistes, géologues, et préhistoriens le considèrent souvent comme l'un des leurs, il était avant tout un zoologiste. Toute sa vie, il réussit à allier l'étude de la faune marine ou d'eau douce avec l'exploration géologique, botanique et historique des déserts du Sahara, en particulier de l'Adrar mauritanien. Mer et désert seront les deux horizons scientifiques de Théodore Monod.=20
Pour=20 avoir connu la totalité du 20ème siècle, Théodore Monod a subi tous les graves évènements qui ont marqué cette période et qui l'ont conduit à mener de nombreux combats : contre le nazisme, la guerre d'Algérie, l'arme nucléaire et la guerre en général, contre les agissements de l'homme d'aujourd'hui dans sa volonté d'asservir la nature à son propre profit, sans aucun respect pour la vie. Dans tous ces combats, il a toujours prêché par l'exemple.
Théodore Monod était chrétien, protestant et protestant libéral. Pour lui, cette tendance libérale signifie que la religion est davantage une conduite de vie, le chemin de la lumière vers laquelle l'homme doit se diriger pour atteindre les valeurs essentielles que sont le respect, la tolérance et la raison.
Le Muséum national d'histoire naturelle a voulu rendre hommage à ce grand scientifique et humaniste du 20ème siècle, Professeur au Muséum, en organisant plusieurs manifestations. Tout d'abord, le 9 avril prochain, à 16h 30, sera inauguré un buste en bronze, oeuvre d'une artiste de grand talent, Nacéra Kainou. Le Professeur Ivan Assenmacher, l'un de ses collègues de l'Académie des sciences, a dit : " Nacéra Kainou a superbement capté et exprimé dans la matière, le rayonnement ineffable du maître ami, à l'allure simple, à la bonté instinctive, au langage limpide et direct et à la vivacité d'esprit toujours en éveil. Il s'agit bien de Théodore Monod, penseur-veilleur, tel que nous l'avons connu au cours d'échanges sur le fond des choses de la vie, ou bien livré à une méditation solitaire... ". Le soir même, à 20h 30, une soirée musicale, entrecoupée de textes et poèmes de Théodore Monod, complètera la journée.
Enfin du 8 mai au 9 septembre 2002, le Muséum présentera au public, dans la Galerie de Minéralogie-Géologie, une vaste exposition sur Théodore Monod. Une première partie déroulera le film de sa vie et évoquera évidemment les nombreux combats qu'il a menés. Une seconde partie décrira l'incroyable variété des thèmes scientifiques de son oeuvre naturaliste, présentée en deux phases, tout d'abord " l'appel de la mer ", puis " l'homme des déserts ". L'exposition sera illustrée de photographies, d'objets, de collections diverses et de documents originaux. Tout au long de l'exposition, nous essaierons aussi de faire ressortir l'humour qui le caractérisait si bien.
Pour conclure, je dirai que Théodore Monod était une des références morales du siècle qui vient de s'achever. I1 appartenait à la poignée de ces hommes et de ces fernmes qui ont compris ce qu'est l'honneur de l'humanité, l'honneur d'appartenir à une espèce dotée d'intelligence et de raison, et qui, de ce fait, se savent responsables de leurs actes envers les autres, envers les autres espèces et envers la planète sur laquelle nous vivons tous ensemble.
(Jean-Claude Hureau)
Enseigner le fait religieux à l'école
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le rapport de Régis Debray satisfait tout le monde
" Comment comprendre le 11 septembre 2001, les déchirements yougoslaves ou la vie de Martin Luther King sans connaissances religieuses ? " C'est pour remédier à cette inculture que Régis Debray, le très médiatique intellectuel, a rendu un rapport sur l'enseignement du fait religieux à l'école (publié le 16 avril 2002 chez Odile Jacob), au ministre de l'éducation nationale, Jack Lang, qui le lui avait commandé début décembre 2001.
" Manquer d'informations religieuses rend strictement incompréhensible les tympans de la cathédrale de Chartres ou le Dom Juan de Mozart " renchérit Régis Debray. " Il ne s'agit pas de promouvoir un enseignement religieux mais un enseignement du religieux, laissant de côté la vérité ultime des religions. " " L'ignorance du passé et des croyances de l'autre est grosse de clichés et de préjugés " et peut même alimenter les " démons communautaristes " dénonce l'auteur de " Dieu, un itinéraire " paru en 2001 aux éditions Odile Jacob. Définissant la laïcité telle que la République l'avait conçue il y a plus d'un siècle comme " un réflexe de sauvegarde de l'unité nationale " il affirme que la situation actuelle " autorise plus d'audace ". Il veut rassurer aussi bien les laïques pouvant y voir " le retour d'un cléricalisme masqué " que croyants craignant un " relativisme dénigreur ".
Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France (FPF), qui n'avait pas été consulté avant, a profité de cette rencontre pour remettre la copie protestante, le ministre l'assurant que le rapport Debray n'était qu'une première étape. Interrogé par l'AFP, J.-A. de Clermont a répondu : " C'est un bon premier pas. Je me retrouve totalement dans le refus d'en rajouter dans les programmes, et dans l'accent mis sur la formation des enseignants. Régis Debray a écrit que la laïcité n'est pas une option spirituelle parmi d'autres mais ce qui rend possible leur coexistence. C'est une définition intéressante, car la reconnaissance par la laïcité de la place des minorités religieuses est la grande question des années à venir ".
Mgr Patrick Valdrini, recteur de l'institut catholique de Paris s'est montré aussi favorable : " Inscrire dans un cadre laïque cette prise en compte du fait religieux dans l'enseignement ne gêne pas l'Eglise catholique, au contraire. L'idée d'un institut européen des sciences du religieux est excellente, nous sommes prêts à y travailler. Je comprends que l'Etat ne souhaite pas créer une matière nouvelle à l'école. Mais si l'on instille des mesures homéopathiques dans chaque discipline, on fait porter tout le poids sur la formation des enseignants. Cela ne va pas être facile ".
Le rabbin Haïm Korsia, secrétaire du grand rabbin Sitruk, a rajouté : " Ces propositions mesurées vont dans le bon sens. L'école ne fait pas oeuvre religieuse mais de culture générale. Le phénomène religieux est reconnu comme un des grands moteurs de la société. Mais il faudra trouver un moyen de validation des acquis des élèves. Je pense aussi que les religieux (imams, rabbins, prêtres, pasteurs) devraient participer à l'élaboration des programmes des IUFM ".
Accueil laïque favorable
Jean-Louis Biot du Comité national d'action laïque (CNAL) se félicite de la démarche entreprise.
" Le ministre a tenu d'emblée à lever toutes ambiguïtés et il a clairement affirmé qu'il s'agissait de traiter des religions comme faits de civilisation. C'est un rappel de principe mais il était nécessaire ". Il s'interroge toutefois sur la mise en oeuvre des mesures annoncées et se demande si l'idée intéressante de la création d'un Institut en sciences des religions sera concrétisé. Parlant au nom du Syndicat des enseignants (SE-UNSA) membre du CNAL, M. Biot a déclaré que " les mesures annoncées vont plutôt dans le bon sens, notamment en ce qui concerne la formation des maîtres ". " Le ministre a pris conscience des carences et de l'urgence en la matière ".
Pour Georges Dupon-Lahite, président de la FCPE, principale association de parents d'élèves, " la culture générale s'en trouvera renforcée mais surtout les élèves en étudiant les religions à l'école, pourront mieux apprendre à se respecter les uns les autres. "
Quant aux protestants ...
Président de l'Ecole pratique des hautes études (EPHE) en Sorbonne, Jean Baubérot a déclaré dans l'hebdomadaire La Vie " L'étude des religions est nécessaire pour comprendre l'environnement social : la France possède les communautés musulmane et bouddhiste les plus importantes de l'Union européenne ; et il y autant de chrétiens pratiquants que de syndicalistes cotisants. "
Le Bip a demandé son avis à :
Jean-Daniel Roque, proviseur du Lycée Hoche à Versailles et Secrétaire général de la Fondation pour le protestantisme français, Jean-Daniel Roque trouve l'analyse de Régis Debray " intéressante ". " Le rapport est bien écrit pour passer en finesse ". Il remarque toutefois quelques lacunes. Dans les lycées, il est un lieu privilégié " l'Education civique juridique et sociale qui permet un travail en demi-classe et qui a vocation à être un lieu de débat, il n'est pas évoqué dans ce rapport ". " Les lycées professionnels qui ne disposent pas de modules de Travaux personnels encadrés semblent oubliés, alors qu'il est très important que le fait religieux soit abordé dans ces lycées aussi ! ".
Quant à la formation des enseignants, Jean-Daniel Roque se pose la question des moyens.
" Ce n'est pas en trois jours de stage académique que les jeunes professeurs, qui n'ont pas évolué dans le même contexte que les profs quinquagénaires, seront outillés même s'ils sont de bonne volonté. " . De plus " Les propositions me semblent très parisiennes, il faudrait pourtant jouer la carte de la décentralisation. Il y a beaucoup plus de formateurs potentiels que la centaine annoncés. Il y a des professeur d'histoire très compétents qui pourraient faire de la formation ! "
Isabeau Beigbeder, Directrice adjointe de l'IUFM de l'académie de Versailles ; Chargée de la formation initiale et continue des professeurs de lycée et de collège.; Vice-présidente de la FPF et membre du Conseil scolaire de la FPF.
Ce rapport de Monsieur Régis Debray d'une part me réjouit et d'autre part vient conforter nos efforts dans ce domaine à l'IUFM de l'académie de Versailles pour la formation initiale et continue des enseignants.
Les idées forces qu'il contient, les propositions qu'il fait pour promouvoir un enseignement des faits religieux par une approche " non confessante " et historique basée sur l'étude de la laïcité sont à même d'aider les instituts de formation à faire évoluer le corps enseignant d'une " laïcité d'incompétence " à une " laïcité d'intelligence " ou, dirais-je à une laïcité riche de culture et d'appétence à comprendre les faits sociaux, y compris les faits religieux.
D'accord aussi pour ne pas en faire une discipline de plus pour les élèves, si toutefois un consensus existe pour faire de cette question : " la laïcité d'intelligence " l'affaire de tous les enseignants et de tous les acteurs de la communauté éducative.
A cet égard je trouve dommage que ne soient pas cités, comme concernés aussi, les enseignants des disciplines scientifiques. Les confrontations de la science et des religions sont des faits à ne pas ignorer : que l'on songe à Galilée et aujourd'hui au " créationnisme ", aux débats avec certaines confessions religieuses sur l'enseignement des sciences de la vie : la connaissance du corps humain, des origines de la vie etc. ..., l'enseignement d'éducation physique et sportive.
Devraient être cités aussi les documentalistes des établissements dont le rôle est de plus en plus important dans la mise à disposition des ressources documentaires pour comprendre et pour apprendre.
Permettre aux élèves de comprendre " dans quel monde ils vivent et quels en sont les héritages collectifs " est essentiel pour les accompagner dans leur quête permanente de " sens " de ce que l'école leur propose pour construire leur propre projet de vie.
Donc oui aux propositions qui sont faites, oui pour les étendre aux enseignants de toutes disciplines, aux documentalistes, aux chefs d'établissement, aux conseillers principaux d'éducation.
Les nouvelles modalités d'enseignement que sont les " itinéraires de découverte " pour le collège, pour le lycée les " travaux personnels encadrés ", " l'éducation civique juridique et sociale " (curieusement non évoquée par R. DEBRAY), constituent de superbes occasions d'aborder ces questions avec tout l'intérêt que constitue une approche nécessairement pluridisciplinaire.=20
Ce rapport vient aussi conforter les efforts déjà réalisés dans notre IUFM.
En formation initiale (lauréats des concours de CAPES, d'agrégation, de CAPLP) il est proposé depuis plusieurs années un module de formation sur des thématiques voisiner : " Identités culturelles ", " les sectes ", " la laïcité ". Ces modules proposés à tous sont néanmoins optionnels. Environ 500 de nos 1100 professeurs stagiaires du 2nd degré les choisissent.
Il est d'ailleurs intéressant de constater qu'il s'agit d'une approche par une réflexion sur les " sectes " et non pas sur les " faits religieux ", comme si il était plus aisé de parler des phénomènes sectaires que des religions. Les dispositions interministérielles prises ces dernières années pour prévenir des risques d'emprise des " sectes " sur l'école et la formation y sont sans doute pour quelque chose.
Rendre obligatoire dans la formation des maîtres un module sur " la philosophie de la laïcité et la connaissance des faits religieux " est incontestablement une avancée. Nous souhaitons que cela figure explicitement dans les instructions ministérielles imminentes sur la formation initiale des enseignants.
En formation continue l'IUFM de l'académie de Versailles a bénéficié cette année du concours de l'équipe de l'EPHE (5ème section) pour une série de conférences-débats ouverts à tous les enseignants et formateurs de l'académie ainsi qu'aux professeurs stagiaires : le thème en était " Laïcité et religions : enjeux pour l'école dans une société multiculturelle " Sociologues et historiens y sont intervenus et ont suscité attention, intérêt et questions. Cette opération est à nouveau programmée pour l'année universitaire 2002-2003.=20
Nous considérons que l'apport des chercheurs spécialistes de ces questions est essentiel et qu'il est de la mission des IUFM, institut universitaire, de faire en sorte que soit mis à disposition des enseignants, les résultats de la recherche universitaire.
Concernant les établissements d'enseignement privé, les rares établissements privés protestants sous contrat d'association avec l'état ont mis en place au fil des années des enseignements spécifiques sur ces questions avec toujours le souci de ne pas " catéchiser " mais de " faire connaître . Dans l'un d'eux il existe pour chaque niveau un enseignement appelé " Histoire des idées et des religions ", enseignement qui intéresse les élèves qu'ils aient une éducation religieuse par ailleurs ou non. Ainsi a pu être organisé un programme sur la découverte des caractéristiques des différentes religions et de leur façon de concevoir le " sacré " à travers l'architecture des lieux de culte ou encore un programme à partir des calendriers des fêtes religieuses etc...La difficulté est souvent dans ce cadre " d'enseignement en plus " d'en faire l'affaire de tous les enseignants et donc d'une équipe et pas d'un seul enseignant.
Un mot sur la forme de ce rapport : percutante, littéraire, d'une écriture qui change des rapports " académiques " un document qui constituera à l'évidence un outil pour la formation des enseignants tant il " donne à penser " et à débattre, ce dont les enseignants ont besoin pour leurs pratiques et pour comprendre la diversité culturelle, sociale ethnique de leurs élèves.=20
Enfin en tant que vice-présidente de la Fédération Protestante de France je ne peux m'empêcher de donner un coup de chapeau, à la lecture de ce brillant rapport, à la pertinence des ressources dont il s'est nourri. Je veux parler notamment de celles puisées, à l'évidence, dans les travaux conduits, depuis des années dans le cadre de la cinquième section de l'EPHE, par d'éminents chercheurs dont bon nombre sont de culture et de formation protestante. Culture et formation protestante qui ont sans doute permis plus aisément d'aborder ses questions de manière non confessionnelle et de donner ses titres de noblesse universitaire à l'histoire et à la sociologie des religions.
Et de cela il me semble que nous pouvons être fiers !
Prière pour le peuple malgache
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Suite aux messages de détresse du Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar, l'Eglise Protestante de la Réunion (EPR) en communion avec la Fédération protestante de France, la Communauté d'Eglises en mission (Cevaa) regroupant 47 Eglises du monde dans 27 pays, s'est sentie interpellée.
Par décision de son conseil presbytéral réuni le dimanche 13 mars à la Salines, l'EPR incite les dirigeants qui ont privé ce peuple pacifique de ses droits les plus élementaires "en instaurant des fraudes électorales massives" de sa liberté de choisir, de sa liberté tout court, à oeuvrer dans la dignité et agir dans le respect de son prochain, à respecter sa vie dont le créateur seul peut disposer.
L'Eglise Protestante de la Réunion porte le peuple malgache dans sa prière afin de trouver une issue positive à la situation actuelle. Nous comptons sur la sagesse des Malgaches pour éviter tout débordement qui irait à l'encontre du respect du droit de l'homme. Dieu nous a crée pour vivre ensemble à son image et dans la fraternité.
Aussi nous exhortons les uns et les autres à éviter des comportements qui puissent créer un=20
autre conflit qui détruiraient leur Ame.
Le Conseil presbytéral
Eglise Protestante de la Réunion (CEEEFE)
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/