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Comment nos Eglises peuvent-elles dire une parole d'espérance, une parole de vie, alors que la mort semble une fois encore prendre le dessus en Israël-Palestine ?
Tel est pourtant le message qui les porte en ce temps de Pâques.
Oui, il leur faut redire que la guerre ne sert à rien qu'à accumuler toujours plus de détresses. Combien faudra-t-il de morts pour que reprennent les négociations de paix ?
Rares sont ceux et celles qui ont encore la force de s'opposer aux minorités extrémistes qui, de part et d'autre, refusent les projets de paix dès qu'ils voient le jour.
Nous souhaitons que les différents responsables politiques, à commencer par ceux de notre pays, se mobilisent pour la paix. Nous leur demandons d'user de toute leur influence, avec tous ceux qui y oeuvrent déjà, pour convaincre les parties en conflit de s'asseoir à la table des négociations. Nous croyons que cela est possible. La violence n'a que trop duré.
Il en va de la vie de centaines d'hommes et de femmes victimes du conflit ; il en va de la capacité pour les Israéliens et les Palestiniens à vivre ensemble ; il en va de la paix en Israël-Palestine et dans tout le Moyen-Orient ; il en va de notre crédibilité d'occidentaux vivant en solidarité internationale.
Les co-présidents du Conseil d'Eglises Chrétiennes en France
Un engagement oecuménique confirmé
La conférence du Cardinal Kasper, qui a surpris par sa franchise, n'a pourtant pas fait douter les membres de l'Assemblée générale de la FPF du bien-fondé de travailler avec les autres Eglises chrétiennes en France.
Les membres de la commission oecuménique de la FPF ont d'ailleurs présenté, les uns après les autres, la manière dont leur Eglise s'est emparée de la question oecuménique.
Le pasteur André Souchon de la Fédération baptiste (FEEB) a relaté qu'en 1916, à leur entrée dans la FPF, les baptistes ne s'intéressaient pas à la question oecuménique d'autant qu'ils étaient souvent d'origine catholique ; qu'après la seconde guerre mondiale, ils étaient finalement bien contents de laisser le sujet aux luthéro-réformés du CPLR, mais qu'aujourd'hui quelques générations plus tard, les dialogues catholiques-baptistes existent bel et bien.
Mme Mireille Boissonnat, pour les Eglises libres (UEEL), a elle aussi souligné l'anti-catholicisme des premiers libristes qui s'est transformé, avec l'arrivée de nouveaux membres d'Eglises non-issus du catholicisme, en un oecuménisme basé non pas sur des questions théologiques mais sur le partage biblique et le souci de l'évangélisation ...
Le pasteur Frédéric Kaltenmark, de l'Eglise luthérienne (EELF), a évoqué le travail luthéro-catholique qui a abouti à la Déclaration commune sur la justification, explicitant la compréhension commune du salut. Il a suggéré que d'autres sujets théologiques soient abordés à partir de la méthode du consensus différencié. Il reconnaît que le texte Dominus Iesus a un peu refroidi les ardeurs oecuméniques, mais pose la question de la visibilité de l'Eglise de l'Unité ou comment passer du local au supra local !
Le pasteur Jacques Gloaguen, de l'Eglise Apostolique, de sensibilité pentecôtiste, n'a pas caché que pour sa petite Eglise, l'oecuménisme passe par la FPF ; lui aussi a évoqué l'origine catholique des membres de son Eglise, le besoin d'approfondir d'abord " ce que nous croyons nous-mêmes ", et il a suggéré que l'oecuménisme qui existe par la lecture de livres se poursuivent dans la rencontre avec des hommes.
Le pasteur Geoffroy de Turckheim, président de la Commission oecuménique de la FPF, a rappelé que l'unité de l'Eglise est en vue de l'unité de l'humanité (Oikoumene). Dans le temps d'atelier qui a suivi le pasteur Christian D'Hont, de la Mission évangélique tzigane a redit le refus de sa communauté à un oecuménisme avec l'Eglise catholique romaine principalement parce que convertis du catholicisme, les tziganes évangéliques, en rejetant les images idolâtres, font table rase du passé et éprouvent des difficultés à en discuter sereinement.
A la fin de l'AG, une recommandation intitulée " Quelles orientations oecuméniques pour la FPF ? " a été adoptée par 59 voix pour (1 abstention, 1 voix contre)
Si le président de la FPF était bien le seul, au départ, à croire que l'AG pourrait se tenir dans les locaux rénovés de la Maison du protestantisme, dont on craignait l'exiguïté, la qualité de l'accueil -=20qui doit beaucoup à une équipe de choc autour de Marie-Hélène Peugeot, nouvelle hôtesse des lieux - a démenti les esprits chagrins. Rendez-vous donc s=FBrement en 2003 à Paris pour une des deux AG de la FPF : une AG élective les 22 et 23 mars et une extraordinaire concernant les Eglises en demande d'adhésion les 29-30 novembre.
Retrouvez-tous les textes de l'AG sur le Web :
www.protestants.org/fpf
Assemblée générale de la FPF
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Message de Jean-Arnold de Clermont
Mon premier mot au début de ce message doit être un mot de reconnaissance pour celles et ceux qui nous ont permis d'être réunis, ici, dans cette maison, rénovée, rajeunie, devenue un instrument modeste mais efficace au service de notre protestantisme fédératif. Il faut que chacun sache que c'est la générosité d'une famille protestante qui nous permet désormais d'offrir un tel lieu de travail à celles et ceux qui vivent au quotidien dans cette maison, et aux très nombreux participants aux réunions, aux commissions, aux assemblées, aux colloques, qui s'y tiennent. Chacun peut y trouver l'image d'un protestantisme ouvert, évoluant avec son temps. Nombreux sont celles et ceux qui ont participé à cette transformation ; que cette assemblée soit aussi l'occasion de leur rendre hommage. Tout n'est pas encore terminé, bien des agencements seront encore nécessaires, mais il est bon que cette maison du protestantisme soit un lieu d'accueil o=F9 chacun ait plaisir à venir travailler ; n'est-ce pas l'image que chacun de nos lieux d'église souhaiterait offrir.=20
Peut-être vérifierons-nous ensemble que cette maison reste trop modeste pour accueillir une assemblée comme la nôtre ! Il fallait l'essayer. Il fallait surtout vous donner l'occasion d'être ici, une fois au moins, pour nous réjouir ensemble de ce qui est sans doute une étape nouvelle dans notre vie fédérative.=20
Le trésorier, André Dechaussé-Carilian, évoquera de son côté la création, au cours de l'année écoulée, de la Fondation pour le protestantisme français. Là encore, je veux dire à celles et ceux qui ont permis cette réalisation et qui en ont pris, maintenant, la responsabilité que nous y voyons un symbole fort de l'adaptation nécessaire de nos structures pour une efficacité, une modernité, une visibilité plus grande.
* * *
J'aimerais, maintenant, dans une première partie de ce message, revenir sur quelques temps forts de ce qu'a été cette année 2001 pour la Fédération protestante de France.
On s'étonnerait que je ne parle pas d'abord des dialogues en cours entre Eglises et Associations membres de la Fédération protestante de France, et Adventistes et Pentecôtistes qui frappent à la porte ; je ne souhaite pas m'y étendre longuement dans la mesure o=F9 il s'agit d'un processus en cours, piloté par une équipe de suivi et le Secrétaire général. Mais je veux souligner deux aspects qui me semblent particulièrement importants.=20
D'abord, le nombre effectif de contacts qui ont été pris entre les uns et les autres, de même que les uns entre eux et les autres entre eux. Nous nous inscrivons dans une histoire faite de rencontres, d'oppositions, parfois de conflits. Il n'est pas possible de relire cette histoire sans vouloir un jour s'asseoir autour d'une table et dialoguer. De telles tables, nombreuses, se sont ouvertes ; souvent pastorales dans leur convives ; mais souvent aussi ouvertes à tous. Nous avons été conviés, Christian Seytre et moi, mais aussi Michel Forey pour les Assemblées de Dieu, Richard Lehmann pour les Adventistes, et bien d'autres, à des rencontres pour expliquer les conditions des dialogues qui se mettaient en place, répondre à des interrogations. Et c'est là le second point que je veux souligner.=20
Nous ne fonctionnons pas seulement à " l'affectif " ; il s'agit de rencontres qui font appel au rationnel, qui évitent la
" langue de bois ". Sur quoi bloquons-nous ? Quels sont les différends qui nous opposent ? Sont-ils résolument séparateurs ? Pouvons-nous dépasser nos tensions ou plus souvent notre ignorance les uns des autres pour travailler ensemble ?=20
Passer du " côte à côte ", parfois conflictuel, à l'écoute les uns des autres, est un signe qui ne trompe pas sur notre volonté de trouver les voies et moyens d'un témoignage commun. Cela sera-t-il possible ?=20
Permettez que je ne joue pas au prophète. Je dis simplement que nous avons franchi une première étape ; la parole a remplacé le silence, même si cette parole est parfois négative ou soupçonneuse.
Nous veillerons, avec le Conseil, à bien préciser la forme et le contenu des étapes suivantes. Vous savez qu'en mars 2003 nous devrons avoir reçu les candidatures formelles d'adhésion. Celles-ci seront examinées par notre Assemblée générale ordinaire de mars prochain qui désignera des équipes chargées d'instruire les dossiers d'adhésion ; et c'est une Assemblée générale extraordinaire en novembre 2003 qui se prononcera. D'ici là, les contacts devront se multiplier, s'approfondir, et se diversifier, notamment entre les Associations caritatives, de jeunesse, culturelles ou autres, pour que la Fédération ne se résume pas aux seuls contacts d'Eglises à Eglises.
Si en 2000/2001 notre attention a été concentrée sur les projets de loi anti-sectes, parce qu'il nous semblait nécessaire de suivre particulièrement la question de la liberté religieuse, et que nous voyons les effets pervers sur de nombreuses associations, cultuelles ou non, de la suspicion générale portée sur les minorités, nous avons, maintenant, commencé un travail de fond sur le prochain anniversaire de la Loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat. Bien nous en a pris, car il s'avère chaque jour un peu plus que dans son application, celle-ci a besoin d'être profondément révisée. En septembre dernier, Catherine Bergeal, Gill Daudé, Jean-Daniel Roque et moi-même, recevions Monseigneur Jean-Pierre Ricard alors évêque de Montpellier, chargé du dossier pour l'Eglise catholique romaine et le Père Stanislas Lalanne, alors porte-parole de l'épiscopat pour échanger sur ce sujet.
Nous avons fait une longue liste des questions qui nous étaient communes.
Au mois de novembre, j'ai été reçu par le Préfet Christnacht, conseiller du Premier Ministre, qui me disait l'importance que le gouvernement entendait porter à un dialogue avec les Eglises notamment autour de la loi de 1905 et de son application.
Visiblement le gouvernement a choisi un dialogue privilégié avec l'Eglise catholique romaine, probablement en raison du traité international que la France a signé avec le Vatican en 1923. Il est clair que nous ne pouvons ni ne voulons nous inscrire dans une telle perspective.
Il s'avère aussi qu'aucune disposition n'a été prise à ce jour pour permettre aux autres communautés religieuses en France ce dialogue avec les instances gouvernementales.
Ce n'est pas dire que le gouvernement fasse la sourde oreille à nos interpellations ; qu'il s'agisse de la Loi de finances 2002 qui met " hors la loi " la quasi totalité des Associations cultuelles protestantes, qu'il s'agisse des dispositions nouvelles concernant la prise en compte des avantages en nature, nous avons exprimé nos craintes et nous attendons toujours qu'il leur soit donné réponses.
Vous pouvez compter sur la résolution très ferme du Conseil pour faire entendre la voix de la minorité que nous sommes, qui attend que la Loi de séparation et le principe de la laïcité restent bien l'expression de la neutralité de l'Etat, une neutralité qui suppose que chaque minorité peut trouver sa place dans la société civile, sans discrimination.
Nous avons programmé, avec la commission " Droit et liberté religieuse ", en septembre prochain, un colloque entre responsables de nos Eglises, sociologues et juristes, sur l'évolution du paysage religieux en France et ses conséquences pour l'application de la Loi de 1905.=20
Une rencontre organisée par l'Institut du droit local alsacien-mosellan, en octobre prochain, sera consacrée aux " cultes reconnus en Alsace-Moselle de 1801 à nos jours ".
Un colloque européen sur la place des minorités=20 religieuses se prépare à Vienne, en novembre 2002, à l'invitation de la=20 Conférence des Eglises européennes.
Nous préparons un mémorandum des questions qui devraient être abordées avec le Gouvernement français si se mettait en place une vraie structure de dialogue. Les responsables de vos Eglises ont été interrogés pour qu'ils nous disent les points qu'ils jugent importants. De leur côté, les présidents Lienhard et Humbert ont interpellé le Ministère de l'intérieur sur le traitement accordé en Alsace Moselle aux différents cultes reconnus.
Je vous avais dit en mars 2001 que je ne pensais pas, au moment o=F9 j'ai pris mes fonctions, que " la défense des intérêts du protestantisme français ", figurant à l'article 2 (maintenant !) de nos Statuts, me prendrait autant de temps ; je ne peux, aujourd'hui, que le confirmer.
Qu'on le veuille ou non, l'année 2001, la première d'un nouveau siècle, restera l'année du " onze septembre ". Le caractère dramatique de cette journée, l'importance médiatique de cet événement, sa portée symbolique programmée, ont profondément marqué la fin de l'année passée. Le Conseil de la Fédération, au-delà de l'émotion première qu'il a exprimée dans un message public, et après avoir suscité une rencontre inter-religieuse à laquelle se sont joints les responsables de l'Etat, ainsi que de nombreuses personnalités, a pris le temps d'une réflexion qu'il a partagée avec vous et avec les Eglises et associations membres de la Fédération protestante de France. Cette réflexion n'en est qu'à ses débuts j'y reviendrai dans un instant.
Elle s'est croisée avec l'engagement du Conseil d'Eglises chrétiennes en France, à la suite du voyage que ses co-présidents, Monseigneur Jérémie, Monseigneur Billé remplacé par Monseigneur Thomazeau, et moi-même, avons effectué en Israël/Palestine en juillet dernier. Il a pu sembler, un temps, que les attentats de New-York et Washington relégueraient au second plan le dramatique conflit du Moyen-Orient. Au lendemain du 11 septembre, alors que les yeux de tous étaient tournés vers les Etats-Unis, les développements actuels des violences qui s'appellent les unes les autres, ont montré qu'il n'en est rien. Il faut redire, ici, le message que les Eglises à Jérusalem et au Moyen-Orient font entendre.
Les violences, une fois encore, ont montré leur échec. Elles ne provoquent que désespoir et violences en retour. Et pourtant quand on croit avoir atteint le pire, elles trouvent les moyens de toujours se dépasser.
Seul doit être demandé le retour à une table de négociations sur les bases claires que sont la légitime coexistence sur une même terre de deux nations inextricablement liées, le respect des textes internationaux (frontières, Convention de Genève...), la fin des implantations dans les Territoires palestiniens.
Mais qui fera entendre raison aux belligérants, sinon une forte pression occidentale et particulièrement américaine ?
En tout cela notre voix doit se faire entendre ; non que nous ayons comme chrétiens une compétence plus grande que d'autres dans le domaine de la paix ; mais tout simplement parce que notre silence serait incompréhensible à la lumière de l'évangile que nous prétendons vouloir écouter et proclamer. =C0 plus forte raison, quand dans un conflit dont les causes sont historiques, économiques, politiques, les religions se trouvent de plus en plus instrumentalisées.
* * *
En regardant en arrière l'année écoulée, je ne faisais que dessiner ce qu'est l'engagement permanent de la Fédération protestante au service de la communion du protestantisme français et de son témoignage commun. J'aimerais maintenant en prolonger les lignes dans trois directions :
Si le 11 septembre n'est pas le symbole du choc des civilisations que l'on a voulu dire, si derrière le choc émotionnel nous devons prendre du recul après avoir été " tous américains ", il nous faut alors traiter de la complexité des questions que ce monde nous pose. Trois grands défis sont, à mes yeux, lancés à nos Eglises et Associations, liés pleinement à leur tâche d'évangélisation. Ils ne sont pas le " tout " de l'évangélisation mais ils mettent à l'épreuve notre capacité à dire l'évangile au sein de la société contemporaine.
Je veux parler d'abord de la place de nos Eglises et associations dans la construction de l'Europe. Je ne parle pas des structures mais de ce qui inspire la construction européenne. Quelle priorité en attendons-nous ? Quel regard portons-nous sur les hommes et les femmes de cette grande Europe élargie à vingt-neuf nations ? Quelles relations souhaitons-nous développer les uns avec les autres ? Quelle place pour les minorités ? Quelle justice sociale et quelles solidarités ? Nous n'avons pas à rêver de faire de l'Europe le " Royaume de Dieu " nous sommes totalement débarrassés de cette préoccupation par la certitude que Dieu seul conduit notre histoire à sa fin et au salut. Mais quels signes devons-nous donner ensemble, dans la réalité de notre monde, de ce Royaume qui vient ?=20
Directement liée à ce défi est notre compréhension d'un monde solidaire ; une solidarité qui peut prendre mille visages, mais qui pour notre protestantisme français, de par son histoire, prend principalement la dimension des relations avec le continent africain. Et pas seulement celles-là : je pense particulièrement aux relations avec le Pacifique et, plus proche, avec le Moyen-Orient et l'ensemble du bassin méditerranéen. Eglise à Eglise, association à association, projets plus globaux, les formes que prendront ces relations doivent être diverses et probablement plus diversifiés qu'elles ne le sont aujourd'hui. Mais il ne me semble pas possible de penser notre engagement d'Eglises dans la construction européenne sans y insuffler cette dimension Nord-Sud, sauf à faire de l'Europe une forteresse. C'est dire l'importance " évangélique " et symbolique des engagements protestants sur les questions du droit d'asile, de la remise de la dette, du soutien aux Eglises de Madagascar, des relations Eglise-Islam.
Parmi ces défis que la Commission Eglise et Société, la Commission des relations internationales et la Commission de Dialogue avec les Religions doivent nous aider à relever, je veux encore en souligner un. Du Conseil oecuménique des Eglises, des Eglises des Etats-Unis, de la Conférence des Eglises européennes, nous viennent des interpellations sur la reprise d'un travail qui nous a beaucoup occupés dans les années 70-80, celui de la course aux armements. Les données ont changé ; il ne s'agit plus de l'affrontement Est-Ouest, mais de l'extension du leadership militaro-économique des Etats-Unis. Il peut demain prendre la figure d'une intervention armée en Irak, ou d'un conflit avec l'Iran, avec le risque, dénoncé par les Eglises du Moyen-Orient, d'un embrasement de toute cette partie du monde. Prétendrions-nous participer à la décennie pour surmonter la violence sans prendre notre place, aussi modeste soit-elle, dans une réflexion avec nos Eglises soeurs aux Etats-Unis, en Europe et avec le Conseil oecuménique des Eglises ?
Que l'on ne se méprenne pas ! Ces orientations pour notre travail n'ont de sens que si elles sont inscrites dans une perspective d'évangélisation, c'est-à-dire partager avec la société civile ce que sont nos valeurs chrétiennes et protestantes. Il ne s'agit pas de nous épuiser à vouloir porter le monde, mais de nous souvenir que nous y sommes placés comme témoins de Celui qui a donné sa vie pour le salut du monde.
Nous aurons, au cours de cette Assemblée, à examiner notre volonté et notre capacité de le faire avec nos frères et soeurs catholiques romains, orthodoxes, anglicans. Je ne considère pas que cette question soit facultative. Là encore il en va de notre capacité à dire l'évangile de Jésus Christ : " maintenir l'unité que donnent l'Esprit Saint... un seul corps, un seul Saint-Esprit une seule espérance... un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême... ", (Eph.4, 3ss.).
Pourtant je ne méconnais pas les difficultés : s'il nous est facile de prier ensemble, de nous retrouver autour de la Bible ce qui est déjà considérable et doit être sans cesse développé le témoignage commun nous trouve souvent séparés. C'est le fruit de nos replis identitaires ; le fruit aussi de nos cultures, de nos histoires. Le Conseil d'Eglises chrétiennes en France doit devenir, toujours plus, le lieu de notre partage, le lieu o=F9 peuvent se dire les tensions, mais o=F9 doivent s'élaborer des paroles communes. Sa volonté de proposer dès l'automne prochain un programme de travail commun, autour de trois ou quatre axes, en réponse à la Charte oecuménique européenne en est un signe clair. Mais c'est de chaque église locale, de chaque association car c'est là que se vit au quotidien le témoignage évangélique qu'il nous faut attendre et demander plus.
Nous retrouver autour de la Bible, c'est le projet venu d'Allemagne, repris par le mouvement " Evangéliser la France ", élargi à l'ensemble des Eglises protestantes, auxquelles seront invitées à se joindre toutes communautés chrétiennes désireuses de se retrouver autour du message biblique, en 2003. Cela en sera un point fort. Je me réjouis que l'Alliance biblique en soit le moteur, alimenté par un comité ad-hoc représentatif. A nous tous, il revient de porter cette opération, de lui donner l'ouverture et le dynamisme voulus. A nous tous de dire à nos contemporains la pertinence toujours renouvelée du message biblique.
* * *
Pour terminer ce, déjà trop long, message, permettez-moi encore de dire un mot sur notre capacité à évangéliser notre monde. Il faut sans se lasser revenir à l'essentiel du message de la croix ; la croix du Vendredi Saint plantée au coeur des ténèbres de notre monde, passion du Christ pour l'humanité qu'il aime au point de donner sa vie pour elle. Croix du dimanche de la résurrection, croix nue comme devenue inutile dès lors que Dieu a rappelé à la vie son Christ pour que toute souffrance et toute mort soient désormais dépassées par sa vie. Il ne faut pas nous lasser de dire l'amour de Dieu pour tous.
Mais ce message doit être décliné dans tout ce qui fait notre existence d'êtres humains en quête de Dieu et de notre véritable humanité.
Cette déclinaison appartient tout autant que le message premier du salut en Jésus-Christ à l'évangélisation.
Et ce me semble la fonction première de la Fédération protestante que de le rappeler aux Eglises locales comme aux associations qui composent notre fédération.=20
C'est pourquoi avec insistance le Conseil s'adresse à elles pour les exhorter à partager autour d'elles le message évangélique confronté aux interpellations de l'humanité en quête d'elle-même. Nous ne nous présentons pas, Eglises, associations, fédération, comme des donneurs de leçons, mais comme des chercheurs d'humanité mis en route par le message de la croix. En vous invitant à réfléchir autour des suites du onze septembre ; en vous proposant des éléments de réflexion sur le clonage, et vous demandant d'y apporter pour l'automne prochain vos commentaires et avis ; demain, probablement, en reprenant avec vous des réflexions sur le monde contemporain, qu'il s'agisse de l'Europe, des relations Nord-Sud, de la construction de la paix, nous ne faisons, nous ne ferons que vous exhorter et nous exhorter à ne pas garder pour nous le message de Pâques.
Vous avez quelque chose à en dire, chacun, chacune, chaque Eglise ou Association. Notre fédération est l'un des lieux que nous nous sommes donnés pour mieux partager ; mieux témoigner.
Quel oecuménisme
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pour la Fédération Protestante de France ?
o favoriser au sein de la FPF l'échange d'expériences et le débat entre les Eglises, institutions, oeuvres et mouvements et communautés, dont certaines sont aux balbutiements d'une pratique oecuménique ;
o veiller à l'appropriation par les Eglises locales et leurs membres, en particulier les nouvelles générations, des avancées et des accords théologiques, des décisions et des initiatives oecuméniques au plan national ou international ;
o porter avec les Eglises le souci pastoral des couples/familles interconfessionnels et autres membres de l'Eglise qui vivent comme une blessure " dans leur chair " la non reconnaissance mutuelle des Eglises ;
o aider au développement d'espaces multilatéraux de rencontre et de débat, de prière et d'action avec les confessions non protestantes, en vue d'une présence servante dans notre société. Par exemple dans le cadre de la Charta oecumenica ou de la Décennie des Eglises contre la violence.
" Nous ne devons pas nous contenter d'anodines amabilités ". Ainsi s'exprimait le cardinal Kasper, ayant fait le choix d'être " vrai dans la charité ". L'homme de contact, connaissant le protestantisme (en tout cas germanique), ne sacrifie rien à la franchise. On ne lui demandait pas moins. Ceux qui apprécient le style direct ont donc été servis. Mais ceux qui attendaient des gentillesses (du type : " je suis venu vous dire que vous êtes très biens ") y ont été pour leurs frais. Et le théologien averti peut être frustré : pas de scoop théologique, plutôt un inventaire des problèmes que nos Eglises posent à l'Eglise catholique.=20
En 9 thèses, le Cardinal fait donc le tour de la question oecuménique du point de vue catholique. Cette " totalité " a pu donner une impression de fermeture. Pourtant, à relire le texte, je n'en suis pas si s=FBr.
Bref, il appelle les protestants, implicitement mais avec arguments, à la fidélité de leur héritage pour ne pas ajouter au contentieux ecclésiologique. Mais il appelle aussi toutes les Eglises (dont la sienne) à ne pas stopper le développement de la fraternité et tout ce que l'on devrait faire ensemble déjà sous prétexte que le débat ecclésiologique est difficile. Une balle dans le camp des rétrogrades, à quelqu'Eglise qu'ils appartiennent !
Il souhaite aussi un élargissement aux Réformés et Méthodistes de la Déclaration Luthéro/Catholique sur la Justification.
Sa longue insistance, en plein paragraphe théologique, sur la nécessaire fraternité, montre enfin son souci de faire passer le message : cultivez la fraternité par une connaissance mutuelle qui dépasse le débat théologique.
Loin d'inviter à l'attentisme donc, il exhorte une nouvelle génération dans les Eglises à renouer le fil de la fraternité et non pas à attendre passivement des éventuels accords théologiques.
Dans tout cela, il rejoint ceux qui, dans les rangs protestants, ont une impression de lenteur voire de blocage théologique et valorisent l'action en commun et le témoignage dans notre société. Un coup de crosse à toute une tendance catholique (ou protestante) qui s'y refuse ou s'enferme dans quelque frilosité.
Cependant pour lui, pas d'oecuménisme sans ouverture au monde mais pas non plus d'oecuménisme sans conversion ni renouvellement de l'Eglise, la sienne comme la nôtre.
Par la bouche du Cardinal, l'Eglise catholique offre sur un plateau à la Fédération protestante de France toutes les collaborations possibles qui correspondent aux missions fédératives : prière, écoute de la Parole de Dieu, et témoignage commun dans la société.
Nous pouvons donc aller vers nos frères et soeurs=20
catholiques français en leur disant : le Cardinal a noté que, malgré les=20
problèmes théologiques, nous pouvions faire beaucoup plus de choses ensemble.=20
Alors, allons-y !(Gill Daudé)
La Commission Justice-Aumônerie des prisons s'inquiète
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Madame Marylise LEBRANCHU, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, a récemment annoncé que le projet de loi sur la peine et le service public pénitentiaire ne pourra pas être présenté au Conseil des ministres pour être déposé sur le bureau des assemblées parlementaires avant les prochaines échéance électorales.
Ce projet, élaboré à la suite du rapport Canivet sur le contrôle externe des prisons et des rapports des deux commissions d'enquête de l'Assemblée nationale et du Sénat, avait soulevé un formidable espoir de réforme du système pénitentiaire français.
Il avait fait l'objet dune vaste concertation dont le monde associatif et les aumôneries de prison étaient parties prenantes. Ces dernières avaient été entendues par les parlementaires et avaient activement participé aux groupes de travail initiés par le Ministère de la Justice.
L'élaboration du projet de loi avait bénéficié d'un consensus sans précédent de tous ceux qui, en constatant comme l'ont fait les parlementaires l'état " indigne de la patrie des droits de l'homme " de nos prisons, souhaitent un véritable changement à l'intérieur même du système carcéral.
De plus, une grande partie de l'opinion relayée par les médias avait rejoint l'émotion et la préoccupation des élus du Parlement, en découvrant la réalité pénitentiaire française.
Le projet de loi apporte des réponses concrètes à cette réalité. Il est porteur de véritables avancées tant pour le respect de la dignité des détenus que pour la redéfinition des missions du personnel pénitentiaire.
La Commission " Justice et Aumônerie des prisons " de la Fédération Protestante de France rappelle son attachement à ce projet. Elle ose espérer que le retard annoncé ne sera pas une " belle occasion manquée " et que l'examen de ce texte sera prioritaire après les élections, quels qu'en soient les résultats.
Les aumôniers de prison protestants sont témoins, parmi d'autres, des souffrances et des ruptures qui se produisent dans le milieu carcéral, o=F9 ils exercent leur ministère d'écoute et d'annonce de l'Evangile. Alors que le nombre de détenus augmente à nouveau et que se fait sentir fortement, dans l'opinion, le désir de sécurité, ils ne peuvent que souhaiter que soit repris un projet visant à rétablir le sens de la peine et rendre moins indignes les conditions de détention.
En toute hypothèse, la Commission " Justice et Aumônerie des prisons " de la Fédération Protestante de France poursuit inlassablement sa mission de réflexion et d'action pour l'amélioration de la vie quotidienne en détention.
Week-end biblique
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Le Service biblique de la Fédération protestante de France organise une formation à la lecture des textes bibliques
Dieu attend-il des hommes
la soumission ? la résistance ?
Après avoir abordé le livre de Qohéleth au mois d'octobre 2001 à Bordeaux, puis celui de Jérémie à Paris, en mars 2002, le cycle abordera deux récits qui mettent en scène des père prêts à sacrifier à Dieu l'un son fils, l'autre sa fille, sans exprimer de résistance : Genèse 22 et Juges 11.
André Wénin nous accompagnera dans la lecture et la compréhension de ces récits en nous donnant des informations sur les contextes dans lesquels ces textes ont été élaborés, mis par écrit puis édités. Il nous fera également découvrir et expérimenter les outils de l'analyse narrative.
o L'appel à participer
Nous voici appelés à choisir des femmes et des hommes qui, en notre nom, vont décider de l'avenir de notre pays.
Trop nombreux sont ceux qui mettent en question la dignité de l'engagement politique et qui se réfugient dans l'abstention et dans les slogans du genre " tous pourris ".
Confrontés à la mondialisation et au poids des réalités économiques, d'autres doutent que les politiques qu'ils sont appelés à choisir puissent infléchir le cours des choses.
Mais est-ce légitime de dénigrer ainsi l'ensemble des acteurs politiques et d'accepter l'évolution de nos sociétés comme un destin inéluctable ou comme une jungle o=F9 l'emportent ceux qui crient le plus fort ? Et comment pourrions-nous lutter contre la corruption si nous nous contentions d'être spectateurs, de rester sur la touche et de nous contenter de nous plaindre ? Comment nos sociétés pourraient-elles résister aux dérives de la mondialisation ou à la gangrène de la vie sociale par l'injustice et par l'insécurité, si nous ne participons pas à la mise en place de mécanismes de régulation de la vie économique, sociale et politique, et par le choix d'acteurs de cette régulation dignes de confiance ?
Tel est l'enjeu des prochaines élections et des choix auxquels nous sommes appelés.
o Choisir des projets
Voter c'est d'abord se prononcer sur des projets et des programmes. Cela présuppose l'information et l'argumentation et cela signifie aussi résister à l'action démagogique.
A nous d'interroger les candidats sur leurs projets, sur leurs propositions pour faire face aux défis qui nous assaillent : le fossé grandissant entre riches et pauvres, y compris dans notre société, l'avenir assombri dune planète qui ne sait pas gérer l'environnement, les problèmes de société souvent dramatiques tels que l'insécurité, la marginalisation culturelle ou sociale de bien des êtres humains, la gestion d'un progrès scientifique apparemment sans limite, la construction européenne et ses modalités.
Est-ce trop attendre de ce temps préélectoral, qu'on débatte de ces questions-là ? Est-ce trop confier aux Eglises que de promouvoir cette politique-là, d'élargir toujours et encore le débat, de voir au-delà du présent et au-delà de l'hexagone, dans la mesure o=F9, plus que jamais bien des décisions se prennent à l'échelle de l'Europe et que nous sommes entrés dans l'ère de la mondialisation.
o Choisir des femmes et des hommes
dignes de confiance
Voter c'est aussi choisir des femmes et des hommes. Des hommes et des femmes auxquels nous pouvons et voulons faire confiance, sans abandonner pour autant toute démarche critique.
Nous serons attentifs à ceux et celles qui ont des projets, qui savent résister à la démagogie et nager aussi, le cas échéant, à contre courant. Nous mettrons notre confiance en celles et ceux dont nous pensons qu'ils tiendront leurs promesses. Nous choisirons ceux et celles qui savent susciter le débat et y faire participer le plus grand nombre, en particulier les jeunes.
o Des valeurs fondamentales
Les temps sont révolus o=F9 les Eglises donnaient des consignes de vote ou rêvaient dune société, d'un Etat ou d'un parti chrétien. Elles participent aujourd'hui, dans les démocraties occidentales au pluralisme des opinions et des points de vue. Mais à temps et à contretemps, et souvent ensemble avec des non-chrétiens, elles tiennent à rappeler aussi en période électorale des valeurs et des orientations quelles jugent fondamentales pour vivre ensemble en société en ce début du 21ème siècle.
- Elles soulignent la primauté du bien commun face à la montée de l'individualisme, du corporatisme et du consumérisme.
- Elles rappellent que la justice doit être la même pour tous et quelle est une condition nécessaire pour surmonter les tensions de la vie sociale.
- Elles proclament le respect de la vie, la dignité de toute vie humaine, y compris des handicapés ou des chômeurs, tout en affirmant le droit au travail et l'accès de tous aux biens de consommation, elles rappellent que l'homme n'est pas simplement un consommateur ou un travailleur, mais en toute situation a droit au respect, même quand il ne peut plus travailler ou consommer.
- Elles s'opposent à l'exclusion des minorités et des étrangers et affirment leur souci des pauvres, des marginalisés, des opprimés et des sans-voix.
- Elles se soucient d'un juste partage des richesses, tout en respectant la nature et en évitant qu'un petit groupe d'hommes ou de nations accumulent toutes les richesses.
- Elles sont attentives à la liberté d'expression de chacun et au sens des responsabilités et à la participation du plus grand nombre aux processus de réflexion, de discussion et de décision.
- Elles s'élèvent contre la violence aveugle et se soucient d'enrayer et de surmonter cette violence.
o Le combat politique en période électorale
Quels que soient nos choix de projets, de partis et de personnes, nous sommes conviés en ce temps délections à privilégier le débat et à respecter les personnes. Et ce serait pervertir gravement le débat que de mépriser l'adversaire politique voire de le démoniser. Il s'agit d'éviter aussi bien les simplismes démagogiques, que les coups bas indignes d'un débat démocratique.
Et nous respecterons, malgré nos désaccords éventuels, ce choix exprimé par le suffrage universel, sans renoncer pour autant à notre réflexion critique.
Strasbourg, le 13 mars 2002
La Commission des Affaires Sociales et Politiques des Eglises Protestantes d'Alsace - Moselle est composée de :
Alain DEGREMONT, (Président), Professeur à l'Institut du Travail
Richard FISCHER, Pasteur, Secrétaire exécutif, Conférence des Eglises Européennes
Marc LIENHARD, Président du Directoire de lECAAL
Jacques MARZOLF, Avocat
Danièle MEYER-TRABER, Maire d'Oswald,
Vice-Présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg
Guy SAUTER, Professeur honoraire de Faculté de Droit, Heiligenstein
Sabine URBAN, Professeur émérite de Sciences Economiques
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/