Synthèse par A. Gounelle — Conclusion par J.-A. de Clermont
Ouvert à tous — 15 € repas inclus
Inscriptions avant le 15 septembre : tél. 01 44 53 47 00
VIE DES EGLISES
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En Avant ! le journal de l'Armée du Salut s'arrête
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L'hebdomadaire de l'Armée du Salut France a mis un terme à ses activités après 120 ans d'existence. Des difficultés financières persistantes ont poussé la congrégation, membre de la Fédération protestante depuis 1995, à prendre cette décision. « La réflexion était engagée depuis un an », explique Robert Müller, rédacteur en chef du journal depuis six ans. Si les deux postes et demi consacrés à la rédaction du journal ont été réaffectés au service des publications de la fondation, « En Avant !» ne disparaît pas complètement : « Il sera désormais inséré dans le trimestriel de la fondation sous la forme d'un supplément de quatre pages. Tel quel, le journal ne répondait visiblement plus à la demande, notamment celle des collègues occupant des postes d'évangélisation », précise le rédacteur en chef.
Regroupant des témoignages, des études bibliques et des articles d'actualité, « En Avant ! » avait connu son apogée dans les années 30 avec un tirage de 26.000 exemplaires. Mais l'an dernier, celui-ci n'était plus que de 5.000, dont 700 abonnés. Il avait été envisageait de créer un journal commun à l'Armée du Salut française, belge et suisse pour tenter de pallier aux difficultés financières. Finalement, le projet n'a pas abouti. « Ce regroupement n'était pas évident pour tous. D'un pays à l'autre, les sensibilités et les habitudes ne sont pas les mêmes. Faute de temps et de professionnalisation, nous n'avons pas trouvé un consensus suffisamment satisfaisant » déclare Robert Müller.
Si l'avenir de En Avant ! est connu, il n'en est pas de même pour les publications belge « Le cri d'espoir » et suisse « Le cri de guerre ». (SPC)
OEUVRES ET MOUVEMENTS
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Fédération de l'Entraide protestante
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Le 20 septembre, la Fédération de l'entraide protestante lance la région « Rhône-Alpes-Auvergne-Bourgogne ». Le Bip a interrogé Robert MOLLET, Secrétaire général de la FEP sur l'actualité de cette Fédération qui regroupe 800 associations, établissements et services dans le domaine sanitaire et social et 28.000 collaborateurs, salariés et bénévoles.
La Fédération de l'Entraide Protestante cèderait-elle aux sirènes de « la France d'en-bas » en instaurant la régionalisation ?
Depuis longtemps, la FEP souhaitait se doter de structures régionales, afin de favoriser un certain nombre d'avancées significatives dans sa mission de « tête de réseau ».
Les objectifs et les attentes sont simples : permettre une visibilité collective de notre action aux plans local et régional ; obtenir une meilleure réactivité ; rapprocher le national des besoins et des préoccupations des adhérents (associations et fondations, établissements et services sanitaires, sociaux et médico-sociaux, diaconats). Bref, tisser des liens, renforcer le réseau du local, vers le régional, le national et l'international (Eurodiaconie) et dans la dimension Nord-Sud en matière de développement durable.
Mais aussi défendre l'existence d'institutions protestantes avec leur spécificité, et favoriser la coopération et les alliances entre institutions, prévenir les difficultés, éviter parfois la fermeture d'établissements ou leur rachat par des groupes privés commerciaux.
Le processus de régionalisation nous paraît budgétairement possible sur une base de cinq régions, chacune équipée d'un comité régional bénévole et d'un secrétaire régional salarié, grâce aux efforts de nos adhérents et à une convention pluriannuelle avec la Direction Générale de l'Action sociale qui nous encourage ainsi à mieux organiser le réseau protestant d'entraide et de soin.
Parmi les cinq régions, une est déjà organisée depuis longtemps puisque dans l'Est, la Fédération des Oeuvres Evangéliques a plus de 50 ans. La FOE est appelée à s'élargir à une compétence « Grand-Est ». La région « Rhône-Alpes-Auvergne-Bourgogne » recouvre, en fait, la région ERF « Centre Alpes-Rhône ».
Mais notre choix de nom tient à un souci de cohérence, car les régions administratives (et les départements) deviennent des interlocuteurs incontournables dans les secteurs d'activité qui sont les nôtres. Or, la Région Centre existe, mais ailleurs, puisqu'autour d'Orléans-Tours.
La construction des autres régions définies (Arc Atlantique, Arc Méditerranée et Ile-de-France-Nord-Normandie) suivra dans les prochains mois. Pour l'instant, une réunion inaugurale est prévue le vendredi 20 septembre à Lyon (salle Rinck, 50 rue Bancel, ERF Lyon Guillotière, de 14h 30 à 16h 30 et nous espèrons que ce lancement réunira non seulement l'ensemble des adhérents de la région, mais aussi bien des partenaires invités et les personnes et les réseaux qui voudront encourager cet effort entrepris. Quant au « modèle » de cette régionalisation, il se construira sur le modèle de la déconcentration, en tenant compte des expériences, heureuses ou malheureuses, des organismes proches.
Sur le plan médiatique, la FEP fait aussi sa rentrée, nouvelle plaquette et revue relookée, baptisée PROTESTe. Souffriez-vous d'un déficit d'image ?
Le déficit d'information est évident. C'est vrai à l'interne, car la transmission inter-associative, la construction d'un véritable réseau de coopération doit vaincre des résistances.
Il en est de même à l'externe, à commencer auprès de nos partenaires les plus proches, c'est à dire les Eglises, dont le souci missionnaire de contextualisation, de christianisme social, s'est, dans de nombreux lieux -en particulier institutionnels- largement émoussé ces derniers temps. La FEP veut agir pour restaurer des convergences, soutenir « une prédication de l'engagement et une catéchèse de la responsabilité ». Elle compte aussi pour cela se rapprocher des facultés de théologie.
Et puis nous devons apprendre à communiquer. Faire savoir ce qui compte pour nous, sans nécessairement s'afficher, mais sans fausse pudeur. Cette communication a un côté grand public, volontaire pour toucher tous ceux avec lesquels nous oeuvrons (partenaires, personnels, bénévoles, bénéficiaires, etc.). Elle s'adressera aussi aux personnes, plus nombreuses qu'on le croit, que nous pourrions situer aux marges des Eglises. L'adhésion aux thèses de la diaconie, pratiques et spirituelles, peut aussi être un facteur d'intégration, y compris ecclésiale. Car on peut s'interroger : le protestantisme mesure-t-il toute la richesse de son vivier associatif, plus éclaté, voire atomisé que regroupé aujourd'hui ? Ce serait une véritable victoire sur nous-mêmes d'encourager les convergences, les regroupements, les synergies, tout en respectant identité et diversité.
Il est également nécessaire de communiquer à destination des représentants de la société d'une façon plus générale, acteurs économiques comme décideurs politiques (Etat, Régions, Départements et Collectivités locales), de même qu'à destination des représentants des administrations. nous retrouvons ici la nécessité du « FAIRE CONNAITRE les associations, leurs actions, leurs interrogations et les situations auxquelles elles sont confrontées», programme sur lequel s'était prononcé notre Conseil d'administration lors de son renouvellement en 2001.
Qu'attendez-vous du nouveau gouvernement ? A quoi souhaitez-vous le rendre attentif ?
Nos préoccupations n'ont pas changé parce qu'un gouvernement en remplace un autre. Les attentes se précisent, d'une part parce que sur bien des sujets, le travail des associations adhérentes et de nos groupes de travail aboutit à des synthèses qui tentent de réunir les urgences du terrain (demandeurs d'asile, précarités et formes d'exclusion, droit au logement, souci de la parentalité, accès garanti à des soins de qualité, etc.); De toutes parts, les adhérents de la FEP font remonter leur crainte de voir les actions et services déstabilisés par un étranglement financier comme par des procédures et contraintes administratives. Il y a un véritable risque de mise à mal des dispositifs d'aide, de soutien et de soin, alors que le nombre de personnes en grande précarité reste toujours aussi préoccupant.
Les avancées législatives révèlent des occasions manquées, et des ambivalences qui demandent une vigilance. Des aspects positifs (exigences de qualité, prise en compte de la personne, pérennisation de dispositifs) peuvent déguiser ou cacher des aspects négatifs (risques réels de marchandisation des soins, de la dépendance, de l'accompagnement à moindre coût de la personne handicapée, de création d'emplois dévalorisés, d'inégalités territoriales, etc.).
Quels sont vos projets à venir ?
Avec ces dossiers, la préoccupation première est la santé associative. Soutenir la vie associative est un enjeu prioritaire, d'ailleurs reconnu par la Charte Etat-associations signée le 1er juillet 2001 et ses diverses déclinaisons. Les associations souffrent -exactement comme les églises- du manque d'engagement bénévole et du trop faible renouvellement de leurs membres. D'abord pour des fonctions qui nécessitent de plus en plus de technicité, comme celle d'administrateur. Ensuite pour défendre leurs causes et l'idéal associatif. Les caractères désintéressé, non-lucratif, diaconal, de nos projets associatifs, la force tirée de l'écoute directe des personnes, tout ceci retrouve dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, une pertinence essentielle. En a-t-on bien conscience ?
Faire aussi reconnaître le rôle et la place des associations dans les instances de concertation d'une façon générale, et en particulier —à titre d'exemple— dans l'élaboration des schémas régionaux de l'organisation sociale et médico-sociale. Cela aussi est essentiel, afin de représenter les personnes pour lesquelles les services et actions ont été mis en place, en sachant dépasser la seule préoccupation institutionnelle et associative.
Une fois de plus, —et il faut certainement trouver des moyens nouveaux pour le dire, le faire comprendre et le faire partager—, rappeler qu'une société se juge à la façon dont elle traite ceux qui sont mis en situation de souffrances, que ces dernières soient sociales, psychiques ou physiques.
Notre Fédération s'organise en ce sens avec la mise en place des régions et l'accentuation des dossiers thématiques.
INTERNATIONAL
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75 ans de Foi et Constitution
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7 questions à André Birmelé, membre de la Commission Foi et Constitution, par Myriam Delarbre
- Cette année, la Commission du Conseil oecuménique « Foi et Constitution » fête ses 75 ans.
En quelques mots, racontez-nous son histoire.
La première conférence mondiale de Foi et Constitution se tint à Lausanne du 3 au 21 août 1927 et regroupait 400 délégués de 127 Eglises protestantes et orthodoxes. Les grands thèmes controversés entre les familles chrétiennes avaient été mis à l'ordre du jour : l'Evangile, l'être de l'Eglise, la confession de foi, les sacrements, le ministère, la compréhension de l'Eglise. Cette rencontre, qui s'est tenue il y a 75 ans, est un des points de départ du mouvement oecuménique contemporain et aussi un premier aboutissement. L'origine du mouvement remonte en effet à une initiative de l'Eglise épiscopalienne (anglicane) américaine qui dans la foulée de la conférence missionnaire d'Edimbourg (1910) avait organisé durant une quinzaine d'années diverses rencontres dans le but de débattre des questions doctrinales (foi) et institutionnelles ( organisation et discipline cad constitution) qui hypothèquent l'unité de l'Eglise. Lausanne récapitulait ce travail préparatoire et proposa une structure internationale et durable. Un mouvement parallèle avait le souci de l'engagement commun dans la société( Life and Work christianisme pratique) et avait tenu son assemblée constituante à Stockholm en 1925. Ces deux mouvements seront, après la guerre mondiale 39-45, à l'origine de la fondation du Conseil ‘cuménique des Eglises en 1948.
La tâche de Foi et Constitution est celle du dialogue et de la recherche théologiques dans le but de dépasser les divisions et de parvenir à une unité visible de l'Eglise du Christ. Dans ce but une équipe de quelques chercheurs (basée à Genève après 1948) est épaulée par une commission permanente composée de délégués des Eglises du COE qui se réunit régulièrement (Bristol 1967, Louvain 1971, Accra 1974, Bangalore 1978, Lima 1982, Stavanger 1985, Budapest 1989 et Moshi 1996). Des assemblées mondiales (Edimbourg 1937, Lund 1952, Montréal 1963 et St Jacques de Compostelle 1993) rassemblent théologiens et responsables du monde entier et font le bilan du chemin accompli.
Il n'est pas possible d'énumérer les grands travaux théologiques qui ont accompagné cette histoire. Les fruits les plus connus sont probablement le document dit de Lima 1982 (Baptême, Eucharistie, Ministère), les textes de Montréal à propos de l'Ecriture Sainte et de la Tradition et les travaux plus récents sur la compréhension de l'Eglise comme communion.
- L'Eglise catholique participe à cette Commission Foi et Constitution. Pourquoi ?
Pourrait-on envisager une autre Commission du COE où l'Eglise catholique serait partie prenante ?
L'Eglise catholique est membre à part entière de cette commission depuis l'assemblée de Montréal et le Concile Vatican II. Elle a 10 représentants avec voix délibérative à la commission permanente alors qu'elle n'est présente qu'à titre d'observatrice dans les autres instances du COE. Foi et Constitution a une fonction scientifique et consultative. Rome comprend sa participation comme une implication dans un dialogue théologique qui fait des propositions aux Eglises mais qui ne saurait décider en leur nom. Ainsi la participation romaine ne signifie pas pour autant pleine reconnaissance du caractère ecclésial des autres familles chrétiennes membres de Foi et Constitution. C'est bien là l'obstacle majeur qui empêche Rome de participer aux autres activités du COE même si ce dernier ne manque pas de réitérer régulièrement son invitation à l'adresse de l'Eglise catholique romaine.
- Foi et Constitution semble un peu en panne.
Quels sont les grands dossiers théologiques traités ces dernières années ?
Je ne parlerai pas de panne. Le travail continue et des thèmes majeurs comme l'herméneutique ou la compréhension de l'Eglise sont aujourd'hui à l'ordre du jour. Ces dossiers sont à la fois larges et difficiles. Il n'en demeure pas moins que le dialogue théologique classique sur les thèmes traditionnellement controversés ne passionne plus le grand public ou les médias. Il exige du temps et ses résultats sont réels mais partiels. Il en allait autrement il y a 50 ans lorsque l'on découvrait que l'autre tradition annonçait elle aussi le salut en Christ et que sa compréhension de l'eucharistie était bien plus proche de la nôtre que nous le supposions. Cette époque est révolue. On peut ajouter une autre évolution au sein même du COE. Le mouvement oecuménique n'est plus l'affaire de quelques spécialistes. Une démocratisation heureuse et nécessaire a eu lieu. La composition des assemblées générales du COE en est la meilleure preuve. De ce fait le travail plus scientifique et universitaire passe au second plan. Il n'en demeure pas moins nécessaire. Foi et Constitution essaie de relever ce défi.
- Les dialogues bilatéraux semblent prendre le pas sur les dialogues multilatéraux
de type Foi et Constitution. Etes-vous d'accord ?
Il est vrai que, contrairement à ce qu'espéraient les pionniers du mouvement, le dialogue multilatéral (c-à-d) regroupant la plupart des familles ecclésiales) ne permet guère de parvenir à une véritable reconnaissance mutuelle et communion entre les Eglises particulières. Les dernières années ont bien montré que ces résultats concrets émanent essentiellement du dialogue bilatéral (cad de deux familles). C'est en effet dans ce dialogue que deux traditions peuvent se concentrer sur le contentieux existant entre elles et trouver la solution appropriée. On pourrait ici citer à titre d'exemple les récents accords bilatéraux liant les Eglises protestantes françaises (la Concorde de Leuenberg ou les accords de Reuilly). Le dialogue multilatéral ne permet pas ce type d'accord, la prise en compte de tous les accents de toutes les traditions participantes permettant des textes de convergences mais guère le consensus (cf. le document de Lima). Il ne s'agit pas pour autant d'un constat d'échec mais d'une évolution normale du mouvement oecuménique. Dans une première phase on rêvait aussi au niveau de Foi et Constitution d'une Eglise « pleinement une » au moins à un niveau national voire continental, un concile des Eglises nationales représentant l'Eglise universelle. A cette époque l'articulation entre unité et uniformité n'avait pas encore été clarifiée. A présent l'existence d'une pluralité d'Eglises, même au niveau local, n'est plus nécessairement comprise comme négative. L'idée d'une communion dans une légitime diversité s'est imposée. Elle ne rend pas inutile le dialogue multilatéral, bien au contraire. Il nous faut un cadre général (multilatéral) où toutes les familles se rencontrent, se concertent et veillent à la compatibilité de leurs efforts bilatéraux. Les déclarations bilatérales permettent, quant à elles, une meilleure prise en compte des situations historiques et des accents théologiques et rendent possible des évolutions adaptées aux contextes. Néanmoins sans le cadre multilatéral l'unité du mouvement oecuménique ne serait plus assurée.
- Théologiquement, est-ce que les préoccupations des pays du Nord sont les mêmes que ceux des pays du Sud ?
Le Sud a son histoire propre et les débats occidentaux (par ex. ceux hérités du XVIe siècle) ne sont évidemment pas les siens. Il n'en demeure pas moins que la division des Eglises existe aussi dans ces pays. Les accords de reconnaissance mutuelle et de coopération entre Eglises y sont même plus rares que dans les pays du Nord. Foi et Constitution s'efforce de donner toute sa place à la contextualisation et l'on découvre que sous des expressions autres les enjeux sont souvent les mêmes : référence à l'Ecriture, articulation Evangile et vie chrétienne quotidienne, reconnaissance mutuelle des ministères et des sacrements, place de la femme et des laïcs dans la vie ecclésiale etc. Il n'en demeure pas moins que nos méthodologies occidentales ne sauraient être reprises ailleurs. Bien des choses sont à inventer et la créativité ne se décrète pas. Le travail est fastidieux, les progrès n'en sont pas moins réels.
- Quelles devraient être ses préoccupations, aujourd'hui et demain, selon vous ?
Nous avons atteint un palier. Dans les 50 dernières années tous les grands thèmes des controverses théologiques traditionnelles ont été abordés. Les dialogues ont eu lieu, les résultats sont connus. Répéter le dialogue ne ferait pas sens. Il nous faut à présent traduire le résultat du dialogue théologique dans la vie des Eglises. Nous parlons à ce propos de « réception ». Foi et Constitution s'efforce d'accompagner cette réception. Celle-ci ne saurait se limiter à une simple approbation des conclusions théologiques. Ces dernières s'inscrivent nécessairement dans un ensemble bien plus vaste et ne sauraient être séparées de thèmes comme la justice, la paix et la préservation de la création. Il nous faut néanmoins insister sur la nécessité et l'urgence d'un travail théologique fondamental et exigeant. Foi et Constitution s'emploie à le rappeler constamment à l'ensemble du mouvement oecuménique.
- Comment s'articule le travail de Foi et Constitution avec celui des Eglises ? Fait-on suffisamment connaître les enjeux et les résultats des travaux de Foi et Constitution en France dans les Eglises ?
Un déficit de communication est toujours dû à l'ensemble des parties concernées. Il faudrait améliorer la communication de part et d'autre. Le problème me semble plutôt venir du fait que nos Eglises françaises sont aujourd'hui au-delà de ce qui est possible au niveau mondial. Nous avons évoqué des progrès comme Leuenberg ou Reuilly. Dans la plupart des pays du monde des accords de ce type ne sont pas encore possibles. De ce fait un certain décrochage est évident. Il n'en demeure pas moins que nos Eglises françaises (et européennes) doivent, elles aussi, demeurer en prise avec l'évolution internationale. Il y va de l'unité du mouvement oecuménique.
Quatre documents de « Foi et Constitution »
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par Gill Daudé
« Foi et constitution », un mouvement constitutif du Conseil oecuménique des Eglises, dont l'origine remonte au début du 20e siècle, a pour but premier d'oeuvrer au plan théologique (les questions de foi et constitutions d'Eglises) en vue de l'unité visible de l'Eglise. Il travaille les questions qui divisent les Eglises et les moyens de les dépasser. On a dit du mouvement qu'il était « le forum théologique le plus représentatif de la chrétienté » parce qu'à peu près toutes les tendances sont représentées. Allez voir son site : www.wcc-coe.org/wcc/what/faith/index-f.html. Citons 4 grands textes qui ont jalonné sa vie.
BAPTEME EUCHARISTIE MINISTERE ou BEM
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Ce texte de 1982 aborde les grands thèmes oecuméniques depuis toujours problématiques :
Le baptême : certaines Eglises ne reconnaissent pas le baptême s'il est administré dans une autre Eglise.
L'eucharistie : ce qui rend nos divisions particulièrement visibles est le fait que nous sommes séparés à la table du Seigneur.
Le ministère : l'impossibilité de partager ensemble la sainte cène, vient de nos conceptions différentes du ministère, du rôle qu'il joue dans la communauté des croyants et dans la célébration de la cène-eucharistie.
Les résultats des discussions ont paru pour la première fois en 1982 sous le titre « Baptême Eucharistie Ministère »(BEM) (www.wcc-coe.org/wcc/what/faith/bem1.html), très largement diffusé. Ce document tentait de formuler des convergences. Il a été envoyé à toutes les Eglises membres, leurs réponses forment six volumes et témoignent d'une vaste réflexion critique.
A la suite, quelques Eglises ont modifié leurs pratiques liturgiques, d'autres ont entamé des discussions pour parvenir à des accords. Les Eglises luthériennes et réformées de France, avaient réagi ensemble lors d'un colloque de Mars 1985 puis chaque Eglise séparément (pour l'ERF par exemple, voir actes synodaux de 1985).
Il serait intéressant de relire après 25 ans de pratique et de recherche supplémentaire. Sa pertinence s'est déplacée.
CONFESSER LA FOI COMMUNE
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C'est le second chantier de Foi et Constitution qui tourne, selon sa vocation, autour des questions de foi, sa formulation, ses expressions. Un premier document (1988) suscita un nombre considérable de réactions de tous horizons. La refonte donna en 1990 le document « Confesser la foi commune » (Ed Cerf, 1993). Ce document offre « une explication de la foi apostolique telle qu'elle est dans le symbole de Nicée-Constantinople (381) », dans l'espoir que la communauté oecuménique se retrouverait dans cette expression de foi commune.
Chaque partie reprend le texte du symbole, apporte des appuis bibliques et développe « une explication pour notre temps », non sans commentaires sur les divergences et diversités existantes. Se confronter à ce document peut devenir un processus catéchétique utile pour des groupes interconfessionnels... et pas seulement !
EGLISE ET MONDE
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L'effort oecuménique est inséparable du témoignage et du service des chrétiens dans le monde. Partant de ce constat, Foi et Constitution a lancé une étude sur « l'unité de l'Eglise et le renouveau de la communauté humaine ». Ce document (Cerf 1993) est le reflet des contributions de nombreuses personnes de confessions et d'origines culturelles forts différentes.
A partir de la notion biblique du « royaume de Dieu » et sa justice, elles ont essayé de discerner et formuler ce que Dieu demande aux Eglises lorsqu'Il les appelle à être ensemble des signes et instruments de sa volonté dans notre monde. Car la mission de l'Eglise est partie intégrante de son être.
Un document qui fait sortir l'oecuménisme de ses aspects purement doctrinaux et ecclésiastiques et replace chaque chrétien devant sa vocation première de témoin avec/au milieu de ses frères et soeurs.
LA NATURE ET LE BUT DE L'EGLISE
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Dans ce document de 1998 (www.wcc-coe.org/wcc/what/faith/nat1-f.html), toutes les questions qui bloquent aujourd'hui le dialogue oecuménique sont abordées de manière simple et concise. Depuis 1927 (1ère assemblée mondiale de Foi et Constitution), elles sont les mêmes. Disons qu'on les approfondit.
Avec une méthodologie nouvelle et un ton nouveau, le document veut rendre compte de ce que les Eglises peuvent dire ensemble et relève dans des encadrés clairs, les divergences encore importantes qui sont sujet à division : la nature de l'Eglise, les sacrements et les ministères, nos conceptions de la communion ecclésiale et des limites à la diversité doctrinale, notre définition de l'Eglise locale, la synodalité et la primauté, le rapport foi/éthique...Un bon document pour qui fait intelligemment le point sur l'état de la question oecuménique sans faire l'impasse sur les convergences grandissantes...
Il affirme : « le but de notre recherche sera atteint lorsque toutes les Eglises seront en mesure de reconnaître dans chacune des autres l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique, dans sa plénitude et l'exprimeront dans une vie commune réconciliée ».
A la lecture du document, on mesure que le chemin parcouru est important mais que le chemin à parcourir est encore long... et que la conviction nécessaire pour persévérer sur ce chemin ne peut venir que de Dieu ! L'oecuménisme, une marche au désert où la grâce de Dieu nous surprend.
ET BIEN D'AUTRES DOCUMENTS
Tous ces documents ne sont pas fermés. Ils sont offerts à l'étude des Eglises pour réactions, réceptions, analyses... Bien sûr il faudrait citer d'autres textes (voir www.wcc-coe.org/wcc/what/faith/texts-f.html) qui sont tous le fruit de confrontations multiconfessionnelles et multiculturelles (ajouté aux traductions, cela explique parfois la lourdeur de style !). Par exemple les questions d'herméneutique (compréhension / interprétation) dont l'enjeu oecuménique non négligeable est analysé dans le document de 1998 « Un trésor dans des vases d'argile » (www.wcc-coe.org/wcc/what/faith/treas1-f.html). Il traite notamment de l'articulation tradition/Ecriture, contextualisation/catholicité, de l'Eglise comme « communauté herméneutique », de la question de l'autorité, etc. Enfin, ne pas oublier que Foi et Constitution accompagne aussi l'oecuménisme de la prière à travers l'organisation de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens et les Prières pour le monde hebdomadaires (www.protestants.org/fpf)
Autant de textes utiles à l'édification de l'Eglise et au débat oecuménique pour peu que l'on passe par-dessus les réactions épidermiques et qu'on veuille se laisser surprendre.
Pour construire l'Europe,
le Commissariat au Plan mise sur les religions
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Les croyances religieuses et morales contribuent activement à l'émergence d'une société européenne et à la constitution d'une citoyenneté commune à l'ensemble de ses habitants, souligne le commissariat général au plan dans un rapport publié le 28 juin.
Intitulé « croyances religieuses, morales et éthiques dans le processus de construction européenne », ce rapport est le premier consacré à la constitution de « l'Europe d'en bas » par cette institution, plus habituée à traiter des grandes lignes de forces économiques que de l'évolution des mentalités. Mais à la suite de sa réflexion sur les institutions européennes fin 1999, le Plan a été chargé par le gouvernement de travailler sur les manifestations concrètes de l'intégration européenne à travers la vie des personnes et des groupes, a souligné lors d'une conférence de presse le commissaire au plan Jean-Michel Charpin. Outre les croyances, le commissariat au plan travaille avec l'institut universitaire de Florence et la chaire Jean Monnet d'études européennes sur cinq autres thèmes : développement régional, action syndicale, relations familiales et privées, interpénétration des mondes politiques nationaux, vie intellectuelle. Les conclusions du rapport soulignent « la vitalité persistante du fait religieux en Europe « par delà les apparences d'un déclin de la pratique religieuse ». Les religions ont façonné l'Europe à travers son histoire et, malgré une profonde crise de leurs institutions, y restent « une ressource culturelle, morale, éthique ». Le rapport souligne la grande diversité religieuse de l'Europe, d'un pays à l'autre mais aussi dans chacun d'eux. Catholicisme, protestantisme, judaïsme, islam, orthodoxie, pour ne parler que des religions qui ont contribué directement à la façonner, y vivent de profonds bouleversements.
Pour les années à venir, le rapport évoque plusieurs évolutions possibles
Ainsi, la crise des grandes institutions religieuses n'est peut-être que transitoire. Sous une forme renouvelée, la religion resterait une composante essentielle de la citoyenneté européenne et de ses différenciations nationales. Les Eglises s'organisent en groupes de pression morale vis-à-vis des institutions politiques mais les rapports religions-Etat dans chacun des pays ne sont pas modifiés. Deuxième possibilité : les évolutions des pratiques et des croyances annoncent « un grand bouleversement de la place du religieux dans les sociétés européennes », et peut-être « la fin du religieux actif ». Avec les risques de couper l'Europe de « l'humus fécond de sa diversité » et d'engendrer des violences nées du « raidissement religieux d'une fraction de la société ».
Autre perspective : les nouvelles formes de sociabilité religieuse (pèlerinages, rassemblements), très prisées par la jeunesse, le « nomadisme religieux » se généralisent, en phase avec l'idéal universaliste européen. Enfin, la croissance des populations d'origine immigrée a vu naître des « diasporas » ethniques ou religieuses. On est à la fois musulman et européen, turc et allemand, etc. Dans le « modèle diasporique », les minorités vivent toutes les nuances possibles, de l'intégration pure à l'affirmation communautaire rigide. On est de plusieurs lieux, de plusieurs mémoires, de plusieurs fidélités à la fois. Quelles qu'elles soient, les évolutions futures sont porteuses de tensions, voire de violences mais aussi de compromis possibles, font valoir les auteurs du rapport. (Martine Nouaille/AFP)
« Croire sans appartenir »
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Colloque du COE sur les nouvelles formes d'appartenance
à l'Eglise
50 participants - pour la plupart des théologiens venus des Eglises d'Europe et d'Amérique du Nord se sont retrouvés fin juin lors d'un colloque organisé par le Conseil oecuménique des Eglises (COE)sur le thème "Croire sans appartenir". Leur recherche portait sur "les nouveaux paradigmes d'Eglise et de mission dans des contextes sécularisés et postmodernes". Ils ont débattu des nouvelles formes de religiosité qui apparaissent et se sont interrogés pour savoir à quelles formes de spiritualité étaient appelées les Eglises. Un rapport du colloque remarque que "la façon dont l'Eglise est vécue en Occident fait qu'il est possible que des gens aient la foi sans appartenir à l'Eglise, et qu'ils soient membres de l'Eglise sans avoir la foi". Pourtant, il est du rôle missionnaire de l'Eglise "de fortifier et d'approfondir le sentiment d'appartenance", ont souligné les participants.
Le besoin de religiosité ? Toujours là.
A propos de la religiosité des personnes qui ne fréquentent pas l'Eglise, Vladimir Federov, directeur de l'Institut orthodoxe de mission et d'oecuménisme de Saint-Pétersbourg, a noté que "de nombreuses personnes, en Russie, se déclarent orthodoxes sans être membres d'aucune Eglise constituée." Sa collègue Anne-Marie Kool, professeur de missiologie et directrice de l'Institut protestant d'études missionnaires de Budapest, a admis que, malgré une grande méfiance héritée de leur passé communiste, on rencontre chez les Européens de l'Est "le sentiment qu'il est possible de croire sans appartenir". Anne-Marie Kool est très engagée dans une nouvelle approche missionnaire visant à "la restauration du shalom biblique, à la réconciliation, ainsi qu'à une communauté des chrétiens porteuse d'amour, de service et de guérison".
Selon une étude récente présentée au colloque, la fréquentation des églises en Grande-Bretagne a diminué d'environ 20 % entre 1987 et 1999, alors que le nombre de personnes faisant état d'une expérience de type spirituel ou religieux augmentait de 60 % au cours de la même période. Mais Simon Barrow, secrétaire de la Commission des Eglises britanniques et irlandaises sur la mission, estime que les nouvelles pratiques spirituelles à la mode en Grande-Bretagne aujourd'hui sont fondamentalement différentes des idées traditionnelles à propos de Dieu et de la religion. Il s'agirait plutôt, à son avis, de "spiritualités sécularisées". En pensant à la situation de leurs pays, la plupart des participants se sont déclarés d'accord avec Simon Barrow, qui suggérait que "le fossé très profond qui existe entre l'enseignement autorisé de l'Eglise et l'expérience spirituelle diffuse, souvent extrêmement individualiste, n'offre pas un moyen évident d'échapper à l'effondrement constant de la forme hégémonique de l'Eglise chrétienne 'classique'". Simon Barrow a défini la réaction des Eglises comme "plus technologique et directoriale que spirituelle et théologique". "Elle n'est pas basée", a-t-il ajouté, "sur le caractère distinctif de ressources comme la foi et la promesse de l'avenir de Dieu." Et il a exhorté les Eglises "à se lancer dans une écoute beaucoup plus systématique et sans esprit de jugement de la spiritualité de ceux qui se situent hors de leurs limites".
Les arguments de Simon Barrow ont reçu l'appui d'un autre rapport du colloque, dans lequel on constate que "la nouvelle spiritualité affecte la population dans son ensemble," et que beaucoup de gens "ne se sentent plus
chez eux dans le cadre d'Eglises ayant perdu le contact avec les changements survenus dans leur vie." Le colloque s'est engagé à prendre très au sérieux la nouvelle recherche spirituelle de nombreuses personnes dans le monde entier. Il n'y a "aucune raison de se lamenter", a-t-on dit. Les Eglises devraient plutôt réagir aux nouvelles spiritualités en puisant dans "toutes les ressources d'une tradition chrétienne longue et riche", et "voir comment les présenter beaucoup plus largement".
Retrouver ce que veut dire « être en mission »
George Hunsberger, professeur au Western Theological Seminary, Michigan, a soutenu que "notre habitude de toujours raconter l'histoire chrétienne comme l'histoire d'une réussite est en train de voir son capital s'épuiser", et que les Eglises qui cherchent à reconquérir leur rôle privilégié d'aumônier, à reconstruire le tissu moral chrétien ou à recruter des clients loyaux et fidèles pour leurs services religieux sont en grand danger. Au lieu de cela, à son avis, elles devraient s'efforcer de "retrouver ce que veut dire être en mission", et inciter les gens "à laisser l'Evangile refaçonner leurs modes de pensée et de vie, en instituant des modèles nouveaux qui prennent leurs distances par rapport à ceux que présupposent leurs cadres culturels".
Jyoti Sahi, fondateur de l'Art Ashram à Bangalore, en Inde, a proposé une perspective venant du sud. Il a reproché aux Eglises européennes de "s'être trop impliquées dans la pensée rationnelle, perdant ainsi le contact avec une dimension symbolique et magique de la vie". Il a engagé les Eglises du Nord à s'ouvrir aux "notions que l'on trouve dans les autres croyances et les autres religions." "Le Christ ne nous appartient pas, a-t-il dit. Le Christ nous demande de passer au delà nos frontières." Ce point de vue a rencontré un écho chez le théologien coréen Hong Eyoul Hwang, chercheur au Centre d'études théologiques sur la paix et la réunification, en Corée : "Il faut, a-t-il dit, que les chrétiens saisissent l'occasion d'apprendre auprès des cultures et des religions autochtones comment affronter les défis de la société postmoderne". Et il a ajouté qu'on prenait de plus en plus conscience du fait que les pauvres ne sont pas uniquement des objets d'exploitation, mais qu'ils sont "ceux qui portent avec fierté des traditions culturelles et religieuses caractérisées par une vision du monde orietée sur la vie, authentiq챰Łme gba."
Des conséquences de la mondialisation aussi religieuses
Selon Dietrich Werner, théologien au Centre de mission mondiale de la région du nord de l'Elbe, ce colloque a fait la preuve que le thème "Evangile et culture" a maintenant trouvé place chez les théologiens du Nord, tandis que ceux du Sud se saisissent des interpellations liées à la modernisation et à la sécularisation. "Nous nous rendons de mieux en mieux compte, a-t-il dit, que les conséquences de la mondialisation ne sont pas uniquement économiques et sociales, mais également culturelles et religieuses."
Article de Michael Stahl, dpt Relations-publiques de l'Eglise évangélique luthérienne du nord de l'Elbe.
BREVES
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Pakistan : un chrétien en cage par solidarité
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Un chrétien pakistanais, ancien ministre fédéral, âgé de 54 ans, est resté plus de sept mois en cage pour exprimer sa solidarité envers les musulmans au moment des bombardements américains sur l'Afghanistan. Un dirigeant musulman fondamentaliste a ouvert cette cage, à Islamabad, en présence de dizaines de musulmans et de chrétiens, en déclarant : "Nous louons votre rôle pour la paix et nous vous appelons à sortir". Enfermé depuis le 16 novembre dans cet espace clos, équipé d'un lit et d'une salle d'eau, le prisonnier volontaire a confié à l'Agence France Presse : "Ma mission était d'exprimer la solidarité de la communauté chrétienne avec les musulmans. Cela (...) a eu l'effet de calmer les extrémistes". La cage était installée sur un camion - où étaient placardés des portraits du pape Jean Paul II et du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan avec lequel il a fait le tour du Pakistan en 7 mois.
Esclave, pour notre cacao du petit déj'
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Combattre l'exploitation des enfants dans les plantations de cacao, c'est la mission d'une nouvelle fondation basée à Genève, qui espère pouvoir proposer aux consommateurs, d'ici 2005, un chocolat certifié ''exempt de l'exploitation de mineurs''. Aujourd'hui, selon un rapport de l'UNICEF, le trafic concerne plus de 250.000 enfants âgés de 5 à 14 ans à travers le monde. D'après l'organisation "Save the Children", en Côte d'Ivoire, où se concentre la production de 40 % de la production mondiale de cacao, 90 % de la force de travail est constituée d'enfants réduits à l'esclavage. Cette initiative a été rendue possible grâce à la participation des entreprises productrices de cacao et de chocolat. La fondation sera formée à moitié par des représentants de l'industrie du cacao et à moitié par des observateurs externes et des experts en matière de travail des mineurs. (Misna)
Allemagne : fidéliser les confirmands
par la consommation
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Avec un art du marketing plus commun aux compagnies aériennes ou aux commerçants qui essaient de fidéliser leurs clients, une paroisse protestante d'Allemagne du Nord a décidé de distribuer des cartes de confirmation permettant aux jeunes membres de la paroisse d'obtenir des rabais dans les magasins locaux.
Comme une carte de fidélité, la carte de confirmation porte une photographie, qui aide les adolescents à s'identifier avec le groupe de confirmands, explique le pasteur luthérien Josef Kalkusch. "L'une de nos tâches est de préparer ces jeunes à la confirmation et d'être à leur côtés pendant une des périodes les plus difficiles de la vie, car ils sont à l'âge de la puberté et s'efforcent de trouver leur place dans la vie et la société."
Il a convaincu 25 commerçants de Sachsenhagen de s'associer au programme - entre autres un coiffeur, un cinéma, un drugstore, une librairie et une grande surface. Chaque mois, l'un des commerçants offre une réduction à la classe de confirmation. Le coiffeur Willi Meier, par exemple, a accordé un rabais de 20 % sur les coupes en avril aux détenteurs de la carte. "J'ai même accordé une réduction à ceux qui avaient oublié leur carte. C'est une petite ville, et en tant que membre de la paroisse, je connais tous les confirmands." Dans une ville qui ne compte que 2.000 habitants, le coiffeur ne s'attend pas à avoir de nouveaux clients à cause de cette campagne. Mais le programme fidélise les jeunes consommateurs qui font leurs achats à Sachsenhagen, et Willi Meier considère cela comme un élément positif. Timo, un jeune de 13 ans, est heureux de voir que certaines portes s'ouvrent grâce à sa nouvelle carte. "Nous avons pu entrer gratuitement à la patinoire en décembre, et ce mois nous pourrons entrer sans payer à la piscine en plein air."
Mais en échange de ces privilèges, les confirmands ont certaines responsabilités. A la fin de l'année, peu avant la confirmation, ils devront accomplir un travail bénévole pendant deux semaines dans des institutions, comme les maisons de retraite ou l'hôpital, ou effectuer des activités sociales. Le pasteur Kalkusch souligne que la carte n'est pas destinée à convaincre les jeunes de s'inscrire dans la classe de confirmation, et que cela n'a pas augmenté le nombre de ses élèves. "J'ai lancé la campagne bien après le début des cours".
La campagne n'est pas la première innovation de ce pasteur pour mobiliser ses paroissiens et autres habitants. Il y a cinq ans, il avait ouvert dans la cour de l'église un "biergarten" où les gens pouvaient boire de la bière. (ENI)
Fédération Protestante de France -
http://www.protestants.org/fpf/