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VIE DE LA FEDERATION
« Ensemble pour le Congo-Brazzaville »
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Le protestantisme français, sous l'égide de la Fédération protestante de France, se lance dans une opération d'information et de solidarité envers un pays oublié des médias, mais qui souffre, le Congo.
Constituée d'associations et d'Eglises protestantes (Armée du Salut, Union des Eglises évangéliques libres, Service protestant de Mission-DEFAP, La Cimade, les UCJG, La Cause, mais aussi le SEL-Service d'Entraide et de Liaison, qui n'est pas membre de la FPF) une plateforme, a été mise en place pour piloter ce vaste projet qui s'inscrira dans le temps, car au-delà de la solidarité matérielle, il s'agit d'affermir les liens avec le protestantisme congolais.
Dans le BIP —version papier— comme dans les journaux d'Eglise, un quatre pages d'information fait le point sur la situation politico-économique, des témoignages de congolais protestants, le détail des 9 projets conçus en partenariat avec l'Eglise évangélique du Congo et l'Armée du Salut au Congo : briqueterie qui permettra la construction de logements pour les familles démunies, des routes pour désenclaver le pays, la promotion d'une culture de la paix auprès des jeunes, la formation d'animateur jeunesse, la relance de l'enseignement protestant, la formation des pasteurs, une formation et un métier pour des jeunes mères célibataires, prévention contre le sida et accompagnement des personnes atteintes de la maladie, la réhabilitation de la maternité de l'Armée du Salut à Yangui.
D'ores et déjà, des projets se concrétisent. Corina Combet-Galand, professeur de Nouveau Testament à l'Institut protestant de théologie de Paris et Claude Baty, président de l'Alliance biblique française, ont animé une session de recyclage pour une centaine de pasteurs cet été. De plus, dans le cadre du soutien de la Faculté de théologie de Brazzaville, un étudiant congolais est actuellement à l'IPT de Montpellier.
Les UCJG ont posé, lors d'une mission exploratoire en septembre, les jalons pour la création d'un BAFA et sont revenus enthousiastes après avoir vu le travail effectué là-bas auprès des jeunes par une Eglise pourtant très éprouvée.
Les diaconesses de Reuilly sont prêtes à accueillir une femme médecin pour la former à l'accompagnement des malades du Sida afin qu'à son tour, elle puisse coordonner des formations au Congo.
Au-delà de l'information, et du soutien par la prière, les protestants français sont appelés à manifester concrètement leur solidarité en soutenant financièrement ces 9 projets.
Les dons sont à adresser à la Fondation pour le protestantisme français, 47 rue de Clichy – 75311 Paris cedex 09 en mentionnant projets Congo.
Vous pouvez vous informer aussi en allant sur Internet : www.protestants.org ou en lisant le mensuel MISSION d'octobre 2002 élaboré par le Service protestant de Mission-DEFAP (Tel 01 42 34 55 55).
Annuaire de la France
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protestante 2003
Couverture grise, écriture pourpre, la bible du monde des Eglises et des associations protestantes sera disponible vers le 10 novembre !
Toutes les adresses du protestantisme en plus de 650 pages : Eglises, pasteurs, associations protestantes, médias protestants, contacts
à l'international ...
1 ex. : 36 euros - 10 ex. 23 euros
port compris en un lieu unique.
A commander à l'Illustré protestant
BP 28 - 69647 CALUIRE cedex
Tel. 04 78 23 38 77
Irak, Loi de sécurité intérieure...
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Concernant les finances, un travail de fond a été fait par la Commission des finances pour aboutir à meilleure lisibilité de la clé de répartition. Il a été décidé que chaque Eglise devait essayer de donner 1,45 euros par personne connue ou 1,72 % de leurs ressources, au budget de la FPF.
Le conseil a échangé des réflexions autour d'un futur texte sur les lois bioéthiques. Il a été informé que la FPF portera ses propositions quant à l'application de la loi 1905 à JP. Raffarin et N. Sarkozy, début décembre. Un colloque théologique sur l'extrême-droite se tiendra en janvier 2004 à Strasbourg sous l'égide de la Fédération protestante de France.
L'Irak, la loi de sécurité intérieure, les gens du voyage ont aussi été au coeur des discussions du Conseil, qui a publié trois déclarations (cf. p.5). Il s'est déclaré « opposée à toute guerre préventive en Irak ». Tout en reconnaissant la croissance de l'insécurité, il s'est aussi inquiété du manque de débat sur la future loi de sécurité intérieure, qui stigmatise des populations déjà victimes. A propos des gens du voyage, il demande le retrait, dans cette future loi de sécurité intérieure, de l'article les concernant, tant que la loi « Besson » n'est pas appliquée partout en France. (MD)
Forum de la vie associative protestante
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Cinquante personnes, représentant trente-trois associations ont participé au Forum de la vie associative protestante le 11 octobre à Paris. Il s'agissait de déterminer les programmes du Forum et d'élire les représentants du Forum à l'AG de la FPF (cf. BIP 1547). Répartis en cinq groupes pour définir quatre à six programmes prioritaires parmi les seize proposés par un groupe de réflexion, les participants ont clairement fait sortir du lot 5 sujets. Prochainement, des axes de travail seront élaborés pour chacun.
Les thèmes tournent autour de :
La foi et les adolescents—ou comment transmettre nos convictions chrétiennes et répondre aux besoins des jeunes— Professionnalisation-bénévolat ;
Bible et Culture – Année de la Bible 2003 et pour les débutants comment leur faire prendre contact avec la Bible ;
Le développement durable dans son acception sociale, économique et environnemental ;
L'éducation civique, du vivre ensemble à la formation à l'engagement citoyen.
TV- Prix Farel 2002 :
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les émissions françaises primées
Le film « Les défis de Madagascar », réalisé oecuméniquement par Présence Protestante et Le Jour du Seigneur, a reçu le Prix Farel 2002- dans la catégorie Eglises - et « Des Cailloux dans la bouche, rencontre avec Corinne Akli » de Présence protestante a obtenu une mention des professionnels. Le Prix du public a été attribué à un portrait de l'Abbé Pierre, diffusé sur TF1. Le Prix Farel est un concours d'émissions télévisées à thématique religieuse est réservé aux pays francophones incluant l'Afrique et le Canada ainsi qu'aux pays latins d'Europe. (cf. BIP 1547)
• Déclaration sur l'Irak
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(Texte adopté par le Conseil de la FPF des 12-13 octobre 2002)
L'incertitude pèse encore quant à l'attitude qu'adoptera le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique à l'égard de l'Irak. Le Conseil de la FPF se joint à celles et ceux, notamment les gouvernements français et allemand, qui s'opposent à une intervention militaire unilatérale des Etats-Unis ; plus encore, il s'oppose à toute guerre préventive contre l'Irak.
Il conteste vigoureusement la volonté du gouvernement des Etats-Unis d'imposer au monde sa vision caricaturale du bien et du mal, comme il conteste sa volonté de se passer du rôle confié aux institutions internationales des Nations Unies en vue de la résolution des conflits, cela d'autant plus que ses intérêts économiques ne sont pas indifférents à son attitude.
Il rappelle, avec les responsables de nombreuses Eglises aux Etats-Unis, comme avec le Conseil oecuménique des Eglises, et dans le souci fraternel des chrétiens du Moyen-Orient, que l'action militaire et les sanctions économiques strictes contre l'Irak n'ont fait que renforcer le régime tyrannique de Saddam Hussein tout en infligeant une misère indéniable au peuple irakien. Le déclenchement d'une nouvelle guerre ne ferait qu'amplifier la catastrophe humanitaire, en y ajoutant le risque de déstabiliser tout le Moyen-Orient, faisant de Saddam Hussein un symbole de ralliement pour le monde arabe.
La persévérance des Nations-Unies dans leur action en vue de la résolution pacifique des conflits, et en particulier dans le cas de l'Irak, de la suppression de toutes les armes de destruction massive et des installations consacrées à la recherche et à la production de ces armes, doit être accompagnée de la levée des sanctions économiques qui ont fait des centaines de milliers de victimes de la faim et de la maladie, notamment des enfants.
• Déclaration concernant le débat ouvert
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sur la « sécurité intérieure »
Texte adopté par le Conseil de la FPF des 12-13 octobre 2002
Le gouvernement français a souhaité frapper fort dès son entrée en fonction en inscrivant à l'ordre du jour de la représentation parlementaire des projets de loi pour répondre à une question majeure, celle de l'insécurité croissante dans notre pays.
En tant que chrétiens, protestants, attachés à vivre notre foi dans la société, partageant les inquiétudes de nos concitoyens, nous pensons que le débat public que suscitent le projet de loi sur la sécurité intérieure et la loi d'orientation et de programmation pour la justice sont d'une grande importance, et nous souhaitons y participer.
Dans cette perspective, nous souhaitons qu'au projet de loi sur la sécurité intérieure ne soit pas appliquée une procédure d'adoption en urgence qui frustrerait la représentation parlementaire et, au-delà, le pays tout entier d'une occasion de réflexion approfondie.
Une autre légitimité serait, en effet, donnée au renforcement de la sécurité intérieure, si une attention semblable était apportée aux évolutions de notre société, et particulièrement au développement du lien social qui fonde les solidarités, affermit le sentiment d'appartenance, et permet à chacun de trouver sa place. Une politique de répression ne peut être qu'un volet d'un travail en profondeur qui portera sur les valeurs autour desquelles s'organise la société; qui développera une politique de prévention, d 'éducation, et de protection sociale; qui définira une politique de l'immigration.
Or ce débat public nous semble mal engagé s'il doit stigmatiser des catégories de populations qui le plus souvent sont déjà des victimes ;
- jeunes en difficultés; prostituées victimes de réseaux;
- mendiants victimes de la paupérisation;
- gens du voyage pour qui la loi républicaine n'est pas appliquée.
La lutte nécessaire contre les réseaux mafieux, contre les réseaux de prostitutions ou de mendicité doit pouvoir être menée sans faire de leurs victimes des boucs émissaires.
Nous invitons les Eglises et associations membres de la Fédération protestante de France, à participer à ce débat de société. La politique de sécurité en est une dimension. Elle prend tout son sens, pour notre République fondée sur les valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité, dans le cadre d'une justice sociale renforcée.
• Déclaration concernant les gens du voyage en relation avec le projet de loi « sécurité »
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(Texte adopté par le Conseil de la FPF des 12-13 octobre 2002)
Le Conseil de la Fédération protestante de France, fédération dont est membre la Mission Evangélique Tzigane « Vie et Lumière »,
- constatant l'incohérence et l'injustice que représenterait la mise en application de l'article 20 du projet de loi sur la sécurité intérieure, telle qu'elle nous est connue, tant que la loi du 5 juillet 2000 (loi ‘Besson') n'est pas mise en application dans l'ensemble du territoire français ;
- et soucieux de favoriser l'application de la loi républicaine par les gens du voyage, sachant le désir qu'ils ont de le faire ;
demande au Gouvernement français :
Or, que constate-t-on ? La lecture de la Bible est fortement délaissée ; la confiance en sa pertinence est mise à mal. Nous disposons, année après année, des des cultures ; chacun peut y trouver aujourd'hui la langue qu'il comprend, le style qui lui est adapté. Ces versions sont accompagnées de notes introductives toujours plus complètes, permettant de faire le saut culturel nécessaire entre les temps bibliques et aujourd'hui.
Mais sommes-nous prêts à laisser parler la Bible au coeur de nos vies ? Sommes-nous prêts à accepter qu'un autre que nous vienne se confronter à nos certitudes ?
Il est vrai que notre société nous exhorte à affirmer notre personnalité, notre individualité. Mais où les enracinons-nous ? Dans quelle sagesse ? Dans quelle vérité qui nous dépasse et nous entraîne ? Sommes-nous prêts à partager largement cet enracinement biblique ? Ce sera l'enjeu de l'année de la Bible 2003.
Telle était l'affirmation centrale de la réforme protestante : l'autorité d'une Parole qui – dit le pardon et appelle à la vie – et fonde l'identité de l'être humain en Celui qui l'a aimé le premier et pose sur lui un regard favorable.
Fêter la Réformation, c'est affirmer que la Réforme est pour chaque jour, aussi vivante aujourd'hui qu'hier ?
Une femme sur le Mur des Réformateurs
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Grande première à Genève : le nom d'une femme sera inscrit dimanche 3 novembre, sur le Mur des Réformateurs. Il s'agit de Marie Dentière. Figure atypique de la Réforme francophone, amie de la reine Marguerite de Navarre, elle a côtoyé Farel, Calvin et les principaux Réformés de son temps. Née aux alentours de 1490, elle fut prieure du couvent des augustines de l'abbaye de Près, avant de se convertir aux idées de la Réforme luthérienne autour de 1524. elle quitta son couvent pour Strasbourg, où elle épousa Simon Robert, un ancien curé qui connaissait Farel et Bucer. Le couple s'installa à Bex, puis à Aigle où Simon Robert fut pasteur jusqu'en 1532, année de sa mort. Elle épousa ensuite Antoine Froment, compagnon de Farel. Le nouveau couple s'établit à Genève. Marie Dentière y publia anonymement « La guerre et délivrance de la ville de Genève », où elle raconta sur le vif la passage de Genève à la Réforme, en donnant des événements une lecture théologique rivalisant avec les réformateurs de l'époque. » Elle fut un exemple fort de la participation des femmes de la Réforme à la vie sociale et religieuse de leur temps, dans les limites qui leur étaient permises.
Violence, souffrance
Porteurs de ces souffrances et de ces violences, les acteurs de la diaconie semblent bien esseulés.
Arrivent-ils à se faire entendre par la société civile ? par les institutions ? les Eglises ? les administrations?
Les médias, quant à eux, se repaissent des aspects émotionnels de ces phénomènes insécurisants.
Le sentiment d'insécurité exprimé par le corps social peut expliquer les résistances que ces phénomènes déclenchent, voire leur déni.
De plus, ces phénomènes ne dissimulent-ils pas des violences premières, originelles, parfois sociétales, ou sociales, voire familiales ou encore administratives ?
Si tel est le cas, il nous faut aller débusquer ces violences primitives, et en analyser les causes profondes : examiner l'évolution des « relations longues » et des « relations courtes » dans la société d'aujourd'hui ; interroger la législation et les moeurs, avec l'aide de plusieurs éclairages : psychologique, philosophique et sociologique, juridique et citoyen.
Et responsabilités
Ces interrogations ont aussi à voir avec nos convictions, nos espérances, et notre responsabilité. Car la souffrance est très présente dans notre culture, comme dans le christianisme1 . Elle concerne, dans sa dimension existentielle, l'ensemble du corps social.
La responsabilité est au coeur des choix de société et de comportements : nous savons qu'elle est l'autre face de la liberté. En porter le poids, c'est savoir qu'elle nous appelle à un devoir d'interpellation mutuelle et de dialogue, face à ces souffrances trop souvent banalisées, marginalisées, voire occultées.
Le quatrième colloque théologique de la Fédération de l'Entraide Protestante, organisé avec le Mouvement du Christianisme Social et l'Institut Protestant de Théologie, devrait nous engager dans une démarche de réflexion partagée et de sens, avec l'aide de praticiens et de chercheurs, de philosophes et de théologiens.
1 Le Credo (ou Symbole des apôtres) dit de Jésus : « Il a souffert... »
4ème Colloque théologique
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de la Fédération de l'Entraide protestante,
co-organisé avec le Mouvement du Christianisme Social et l'Institut Protestant de Théologie
sur le thème :
SOUFFRANCES, VIOLENCES, RESPONSABILITES
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• 14h 15 – 14h 30 : Introduction
Constat, état des lieux,
recherche en responsabilité
Olivier Abel, philosophe
Hubert Pfister, président FEP• 14h 30 – 16h 30 : Conférence-débat
• 17h – 19h : Dialogue
Interrogation : violence, souffrance,
passage à l'acte
La violence et le sujet
Alain Cugno, philosophe
Olivier Abel, philosophe
• 20h 30 – 22h 30 : Table ronde
Y a-t-il toujours en amont une violence sociétale ?
Violence et société
Joan Stavo-Debauge, sociologue
Isabelle Grellier, théologienne
Samedi 30 novembre 2002
• 9h 30 – 11h 30 : Table ronde – débat
De l'anomie aux repères : de quelle
vraie « sécurité » faudrait-il parler ?
Droit et liberté
| sous réserve : | Jean-Pierre Rosensweig, magistrat |
| Laurent Gagnebin, théologien |
• 13h – 15h : Pistes et perspectives
Responsables ? De quoi ? De qui ? Comment ?
La reconnaissance de l'autre, le semblable,
et ses exigences
Intervenants non communiqués
1 Voir le journal du Concile de Congar (2002) ou Jacques Maury, Vissert'hooft, Pionnier de l'oecuménisme Genève-Rome (2002). Voir surtout ses Constitutions, décrets et déclarations au Centurion ;
2 Voir la série de LA CROIX depuis le 30 septembre 2002 ou LA VIE N°1979, 3-9 octobre 2002.
INTERRELIGIEUX
Jean-Paul Willaime en sociologue des religions a dépeint les recompositions contemporaines du religieux évoquant l'individualisation et la mondialisation, la synchrétisation et les recompositions identitaires, la libéralisation et les réaffirmations orthodoxes, le prosélytisme et le gel des appartenances, la sectarisation et la sécularisation, les dialogues et les apologétiques.
Puis il a dressé les contours et les enjeux des dialogues interreligieux dans le contexte politico-culturel. De la perception des dialogues à leurs diversités, mais aussi leurs conséquences. Il a souligné l'importance géopolitique des dialogues interreligieux, la place du dialogue dans la laïcité...
Pour Claude Geffré, « le dialogue interreligieux est sûrement le plus grand défi actuel des Eglises chrétiennes, un défi sans doute plus radical que celui de l'athéisme.» Le dominicain pense qu' « il ne suffit pas d'encourager depuis plus de 30 ans le dialogue entre les religions, il faut encore lui assigner un fondement théologique. On est alors conduit à des déplacements importants quant à l'intelligence du salut chrétien, de l'unicité du christianisme parmi les religions du monde et de la mission permanente de l'Eglise. » « La nouvelle Alliance inaugurée en Jésus-Christ n'annule pas les multiples alliances par lesquelles Dieu s'est mis en quête de l'homme. » « La nouvelle théologie des religions cherche donc à prendre au sérieux la pluralité des voies vers Dieu sans compromettre l'unicité de la médiation du Christ pour le salut mais sans concentrer uniquement la notion de Dieu dans le Christ, qui est beaucoup plus qu'un fondateur de religion. »
Louis Schweitzer, théologien baptiste, a à son tour évoqué les convictions chrétiennes dans le dialogue interreligieux et les questions de témoignage et d'évangélisation. Il a commencé à soulever les craintes exprimées parfois lorsqu'on parle de dialogue interreligieux : le relativisme et l'empêchement d'évangéliser. Or pour lui, la diversité des religions est une réalité dont on doit tenir compte. De plus, « Le vrai dialogue suppose l'échange de deux convictions. Il suppose la liberté d'exprimer sa propre foi et les questions que nous pose la foi de l'autre. » « Le dialogue ne me semble pas opposé au témoignage » a-t-il poursuivi avant de souligner trois raisons de dialoguer : la motivation sociale, la motivation intellectuelle et la motivation spirituelle. Ainsi, face au fanatisme, mieux vaut un dialogue entre les grandes traditions religieuses, sorte de diplomatie en vue de la paix sociale. Intellectuellement, la découverte de l'autre est non seulement passionnante, mais permet aussi de découvrir des convergences qui viennent de notre commune humanité et d'éviter les caricatures.
Louis Schweitzer voit quatre bienfaits au dialogue : l'élargissement de nos perspectives, le reflet miroir qui met en lumière ce qui relève spécifiquement de la révélation chrétienne dans nos convictions ou pratiques et qui se retrouve dans toutes les cultures, l'effet de stimulation face au sérieux de la discipline spirituelle de l'autre, on se remet en cause, l'effet de clarification, et d'explicitation de notre foi.
Il conclut que dans certaines circonstances, il est persuadé que le dialogue est l'unique forme de témoignage possible auprès de personnes qui ont une autre foi. Le dialogue manifeste que les chrétiens existent, que la foi chrétienne n'est pas qu'un résidu historique de religion autoritaire et bornée. Le dialogue est ainsi échange et échange devant Dieu et c'est sur ce « devant Dieu », ce coram Deo de la Réforme qu'insiste Louis Schweitzer. Un dialogue authentique ne peut pas être une sorte d'évangélisation déguisée. Si tout dialogue est risqué d'une certaine manière, il est d'abord au risque de la vérité et donc « au risque de Dieu ».
Henri Blocher a avoué que, pour sa « tradition » évangélique, la rencontre interreligieuse a changé l'image de l'autre, en particulier de l'Islam. Elle a eu pour effet de mieux faire ressortir l'originalité chrétienne par différence d'éléments dont on retrouve chez l'autre la contrepartie (zèle, émotion, rite ...). Mais il maintient, du point de vue dogmatique, l'exclusive médiation du Christ Jésus et le fait que le chrétien ne peut renoncer à l'évangélisation dans quelque circonstance que ce soit.
Geneviève Comeau, théologienne catholique au Centre Sèvres à Paris, engagée dans le dialogue avec le judaïsme, l'islam et le bouddhisme, a exposé en quoi sa propre tradition catholique était bousculé dans les dialogues interreligieux. « Il est très important d'enraciner nos pratiques de dialogue dans notre foi commune en un Dieu Trinité, en un Dieu qui est lui-même relation et amour. Mais concrètement, ce n'est pas toujours facile à vivre. » « Les rencontres interreligieuses requièrent une grand patience et une grande capacité à gérer les contradictions et les éventuels conflits... Il arrive aussi qu'elles nous aident, en retour, à approfondir le coeur de notre foi. »
Elle s'est aussi interrogé en quoi Jésus-Christ est unique. « Pour répondre à ce grand défi, il nous faut dissocier unicité et supériorité sinon on est en contradiction ave l'humilité et la kénose du Dieu d'amour. » Elle conclut « Ce qui est unique en Jésus-Christ ce n'est pas de l'ordre d'une supériorité culturelle ou religieuse, mais c'est sa manière de communiquer à tout être humain qui veut l'accueillir, le lien unique qu'il a avec le Père. »
Jacky Argaud, a réfléchi au lien entre rite et parole fondatrice. Le rite donne à voir une parole reconnue comme fondatrice et qui la porte dans le temps.
Le rite, à ne pas confondre donc avec un acte magique, donne à enraciner cette parole, donne à penser et à inventer.
Corinne Akli, partant de son expérience de pasteur à Aubervilliers, a posé la question de l'accueil. Dans sa ville entre deux recensements, 60 % de la population change. Elle a exhorté les Eglises et les associations protestantes « à se mouiller » dans tout engagement citoyen d'utilité sociale.
« On n'est pas là pour faire la leçon aux autres mais pour contribuer à notre manière, selon nos compétences et nos convictions à rendre cette vie un peu plus viable, un peu plus fraternelle. »
Elle constate que du fait de leur histoire, « les protestants de France ont une vive passion pour la laïcité, ils préfèrent de loin le dialogue avec les pouvoirs publics et les partenaires sociaux au dialogue interreligieux purement religieux et soupçonné d'être trop réservé à une élite, à un cercle privé d'érudits et de gens pieux. »
Maurice Guéneau, a décrit quelques situations interreligieuses vécues sur le terrain. Souvent les rencontres locales ont pour objet la défense des Droits de l'homme, l'humanitaire ou la citoyenneté intégrant les dimensions pluriculturelles et plurireligieuses de notre société. Il a donné l'exemple d'un préfet refusant de revoir une délégation d'associations pour une famille de déboutés de droits d'asile mais recevant les représentants religieux qui était membres de cette délégation.
« Au regard de la laïcité, les démarches interreligieuses ne peuvent être considérées comme d'une autre essence que les dynamiques associatives et humanitaires. D'abord, parce que les valeurs, le spirituel et le sens de l'homme ne leur sont pas réservés ». Il suggère que
« les religions redéfinissent leur sens de l'universalité afin que celui-ci ne soit pas source d'exclusion mais ferment d'une ouverture des sociétés. »
« L'interreligieux répond donc à une exigence citoyenne, celle que les différentes formes de quête spirituelle soient reconnues et participent au grand dialogue et aux débats par lesquels les sociétés tentent de se construire avec toutes les composantes qui leur sont données, lesquelles ne cessent de changer. »
En conclusion, Jean-Arnold de Clermont, s'est réjoui de ce colloque qui a permis de « dépasser la
vision superficielle d'une opposition évangéliques et libéraux sur le thème de l'interreligieux. »
Il a souligné que « le rôle de la FPF n'est pas de conduire le dialogue théologique qui doit être porté par les Facultés de théologie, les paroisses, les Eglises mais que la FPF s'intéresse à la question du vivre ensemble dans la société contemporaine. » (MD)
En décembre, toutes les interventions de ce colloque devraient être disponibles auprès de la FPF.
INTERNATIONAL
Taizé : plusieurs milliers de jeunes
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à la Toussaint
Les vacances d'automne en Allemagne, suivies des vacances de la Toussaint en France, conduisent plusieurs milliers de jeunes à Taizé. Entre le 13 octobre et le 3 novembre, ils seront 7.000 à gravir la colline bourguignonne dont près de 4.000 Français.
500 lycéens de Paris ont commencé leur séjour le 24 octobre par une marche de Cluny à Taizé. Pour certains ce séjour à Taizé sera une occasion de réfléchir à la rencontre européenne de jeunes qui réunira en Ile-de-France environ 80.000 jeunes du 28 décembre 2002 au 1er janvier 2003.
A travers toute l'Europe des jeunes se préparent déjà à la rencontre de Paris. La « Lettre de Taizé » et le site web de Taizé, en 26 langues,(www.taize.fr) publient des adresses de contact sur tout le continent où des jeunes peuvent s'inscrire, prier et réfléchir à la rencontre de fin d'année. (communiqué)
BREVES
Tous à Lognes, les 18 et 19 novembre !
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Le Centre Evangélique d'information et d'Action (CEIA) ouvre pour la première fois gracieusement, au grand public, son exposition —carrefour des Eglises et oeuvres évangéliques francophones—, le premier après-midi de la manifestation.
Les chrétiens de la région auront l'occasion de visiter la centaine de stands d'édition, de formation, d'action sociale et missionnaire sans avoir à payer le tarif journalier de la manifestation. L'accès au CEIA était jusqu'ici limité aux participants à la journée ou pour la durée de la rencontre.
Dans la perspective de l'année de la Bible 2003, le CEIA s'est axé sur la communication de la Bible, avec comme invité, l'évangéliste allemand Ulrich Parzany.
Chaque année, un millier de pasteurs et responsables évangéliques participent à cette rencontre d'information.
(SPC)
Salon du mariage et de la fête
15-16-17 novembre 2002
à l'Espace Champerret, M° Porte de Champerret Paris 17e
Ouvert de 10h à 19h
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/