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La mondialisation est devenu un sujet incontournable. Pour les uns, elle est un facteur de développement économique et humain positif, pour d'autres elle augmente les inégalités. Une plate-forme de réflexion intitulée « Les Assises chrétiennes de la mondialisation » (ACM) s'est créée, présidée par Jérôme Vignon. Ces ACM veulent témoigner de la dimension spirituelle de la mondialisation. Sont parties prenantes : la Fédération protestante de France, la Cimade, le Service protestant de Mission-DEFAP, le CCFD, la CFTC, le Secours catholique, la Coopération missionnaire, les Entrepreneurs et dirigeants chrétiens, Chrétiens dans le monde rural, le Mouvement des cadres chrétiens.
La démarche des Assises chrétiennes de la mondialisation comporte trois aspects originaux :
- une communion. La priorité sera donnée à l'écoute des craintes et des réserves que suscite la mondialisation, aux diverses manières de percevoir le monde extérieur. L'esprit de communion suppose de reconnaître que l'expérience et les questions posées par d'autres sur la mondialisation recèle une part de vérité qui nous échappe.
- une remise en question ou conversion personnelle. L'écoute d'autres points de vue, il faudra prendre le risque d'un changement de regard et de comportements. Ce changement pourra être d'ordre personnel, mais il concernera aussi les règles et les mécanismes de la mondialisation. Aussi sera-t-il important de mettre en cohérence des actes individuels avec les règles collectives qui gouvernent plus ou moins la mondialisation;
- un partage et une communication. Il sera souhaitable de faire connaître cette démarche à d'autres acteurs de la mondialisation, de la soumettre à leur critique, mais aussi de l'offrir à leurréflexion. l'idée n'est pas de défendre une alternative chrétienne, mais de donner à connaître les fruits d'une approche spirituelle, évangélique, qui peut-être féconde, y compris sur un plan public.
La démarche
Très concrètement, le processus des Assises chrétiennes de la mondialisation culminera en janvier 2004 sous la forme d'Assises nationales regroupant environ 3.000 à 5.000 personnes dans une ville de province. Ces ACM connaîtront début 2003, une étape intermédiaire un peu partout en France : les ATM (Assises territoriales de la mondialisation). Occasion pour les associations et les mouvements « de faire le point sur la manière dont leurs membres vivent cette mondialisation, de faire état de leurs expériences de la mondialisation, de créer un lieu de dialogue et de débats entre chrétiens sur ce thème. »
L'organisation des Assises territoriales est laissée à l'initiative des associations et mouvements initiateurs, déjà cités, sur la base territoriale qui leur convient le mieux : ville département, région...
Le mouvement qui accepte de prendre en charge l'organisation d'une ATM invite sur la base territoriale retenue, tous les autres mouvements membres des ACM à y participer. La responsabilité financière d'une ATM revient au mouvement initiateur.
Parmi les thèmes déjà connus : Commerce équitable ; Développement durable ; Remise de la dette ; Sans-papiers, droit d'asile et sécurité ; Santé, médicament générique ; OGM, traitement de l'eau ; Gouvernance mondiale ; Revenus agricoles ; Elargissement de l'Europe, politique d'immigration ; Délocalisation, chômage et efficacité ; Privatisation, libéralisation - service public et créativité.
La mondialisation mérite-t-elle
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que les Eglises s'y investissent ?
par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France
N'est-ce pas un de ces grands sujets dans « l'air du temps » dont tout le monde parle et sur lesquels les Eglises n'ont rien de spécifique à apporter ?
Le mouvement oecuménique, les relations internationales et missionnaires, de nos Eglises et institutions, ont un rapport évident avec ce sujet ; nous ne comprenons l'Eglise, notre Eglise, que dans un rapport de communion et de dépendance avec les autres Eglises dont nous sommes proches ou lointains. Les Eglises ont beaucoup à apporter à la réflexion sur la mondialisation, pour y insuffler un peu de ce qui fait cette communion, cette interdépendance, d'une autre nature que celle inspirée par le poids économique.
L'enjeu est de donner à la préparation des A. C. M. le caractère d'un débat aussi large et ouvert que possible, pour que l'opinion publique française s'y intéresse et que les chrétiens y apportent leur contribution propre. L'enjeu est de ne pas laisser ce sujet entre les mains des spécialistes et des doctrinaires, mais de le prendre à partir de ce que nous vivons et croyons, de l'expérience de nos Eglises et Associations, de leur espérance.
La FPF a mené une enquête ...
La Fédération protestante de France, après ses Assises à Versailles en 1999, a demandé à sa Commission Eglise et Société de suivre la question de la mondialisation. Cette Commission a enquêté auprès d'une vingtaine personnes, de professions et d'origines diverses, pour les interroger sur la manière dont elles vivaient la mondialisation. Ce document et sa synthèse vont permettre une réflexion des Eglises et Associations membres de la Fédération protestante de France. Joindre cette réflexion à celle des A. C. M. est donc tout naturel.
Les associations protestantes parties prenantes
Dans le cadre des Assises territoriales de la mondialisation (ATM), la Cimade proposera un module de rencontre, ouvert à tous, sur le sujet « Mondialisation et migrations » ; La Fédération protestante de France apportera sa participation et sa réflexion à d'autres organismes d'inspiration catholique sur des thèmes divers (remise de la dette du Tiers-Monde, chômage et exclusion en France...).
[Retour au sommaire]Vendredi 8 novembre, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, a reçu, près d'une heure, une délégation de quatre pasteurs de la Mission évangélique tzigane. Il les a laissés s'exprimer et a reçu leurs propositions. La délégation espère maintenant des amendements à la proposition de loi sur le sécurité intérieure
A l'issue de cet entretien, lors d'une conférence de presse à la Maison du protestantisme, à Paris, la délégation composée du Pasteur Georges Meyer, Président de Vie & Lumière, du Pasteur Wasso Ferret, Secrétaire général de Vie & Lumière, du Pasteur Joseph Charpentier, Responsable de l'organisation matérielle des conventions évangéliques tziganes, et le Pasteur Christian D'Hont, Président de l'ASNIT, ont exprimé leurs « inquiétudes d'avoir été assimilé à du grand banditisme. » « Ce n'est pas le peuple tzigane qui est un danger pour la France » a déclaré le pasteur Meyer. « Nous sommes gitans français depuis le 15ème siècle. Notre délit : vivre en caravane et se déplacer. La caravane, c'est notre mode de vie pas notre loisirs » a-t-il poursuivi.
Ils attendent donc des amendements à la loi mais sont prêts « Dans l'honneur de notre peuple et la dignité de notre foi, à aller plus loin s'il le fallait. Mais sans brûler des voitures, pacifiquement » a précisé le président de Vie &t Lumière.
Rappelant que 800.000 à 1 million de tziganes ont disparu dans l'holocauste, soulignant la souffrance du peuple tzigane toujours chassé, le pasteur Meyer a « loué l'Abbé Pierre pour ce qu'il a dit ».
Les tziganes évangéliques représentent 200.000 personnes dont 100.000 adultes baptisés et 1300 pasteurs.
La population tzigane représente 300.000 personnes.
Pour mieux comprendre les attentes de la Mission évangélique tzigane de France qui comprend l'Eglise
Vie & Lumière et l'ASNIT, état des lieux et propositions de Vie & Lumière et de l'ASNIT.
(MD)
MEMORANDUM de l'Eglise Vie & Lumière
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L'Eglise Vie & Lumière est une association cultuelle de la loi de 1905, membre de la Fédération protestante de France et qui regroupe essentiellement en son sein des Tziganes de toutes origines (ROMS, MANOUCHES, GITANS et YENISCHES ) et des voyageurs vivant comme eux.
Elle s'inquiète des dispositions relatives au stationnement des gens du voyage du projet de loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure, actuellement en discussion devant le Parlement.
L'adaptation de ces dispositions en rendant impossible le stationnement, même temporaire et limité dans le temps, d'un nombre un peu conséquent de caravanes et de véhicules des gens du voyage portera en effet gravement atteinte à leur liberté religieuse.
l'église Vie & Lumière se heurte, en effet, déjà à de grandes difficultés chaque fois qu'elle veut construire une église ou aménager un lieu de culte, les autorités locales redoutant l'arrivée en nombre des tziganes.
Les fidèles des Eglises locales de l'association Vie & Lumière qui sont géographiquement dispersés dans la semaine se réunissent et se retrouvent en effet le dimanche dans leurs lieux de culte, chaque famille comportant plusieurs véhicules et plusieurs caravanes.
Ces réunions hebdomadaires où ponctuelles à l'occasion des fêtes liturgiques ne nécessitent pas habituellement la construction d'aires spécialement aménagées en raison de la brièveté de ces rassemblements.
L'extrême sécurité des dispositions prévues par le projet de loi pour sanctionner les stationnements hors des aires spécialement aménagées à cet effet et l'hostilité envers les gens du voyage, que des élus et des hauts fonctionnaires n'ont pas hésité récemment a exprimer publiquement en les commentant, suscitent les plus vives inquiétudes quant à la manière dont ces mesures seront mises en oeuvre et quant à leur répercussion sur la possibilité pour les fidèles de l'Eglise Vie & Lumière de pratiquer leur culte.
Par ailleurs la pratique religieuse des membres de l'Eglise Vie & Lumière s'exprime, indépendamment du rassemblement de ses membres pour le culte du dimanche pendant la période hivernal, par un rassemblement plus important de la communauté à Pâques et par des parcours d'évangélisation de Pâques à la fin octobre et une convention annuelle.
Les parcours d'évangélisation, sont effectués par des groupes, structurés dirigés par des pasteurs responsables et comprennent en moyenne une centaine de caravanes.
Les terrains de grands passages, quand ils existent, sont peu adaptés à ce type de rassemblement et le stationnement de ces groupes qui ne dépasse pas 15 jours, pourrait aisément être facilité par une modification des dispositions du code de l'urbanisme pour permettre, sans autorisation administrative préalable, le stationnement temporaire des caravanes des gens du voyage sur des terrains privés non spécialement aménagés.
La mise à disposition de bases militaires désaffectés pour la réunion des conventions annuelles est une solution inadaptée qui a déjà fait ses preuves. l'Eglise Vie & Lumière souhaiterait toutefois que pour assurer une certaine rotation et prévenir l'éventuelle lassitude des communes accueillantes, que 7 bases différentes, réparties sur l'ensemble du territoire, dont 4 au moins au Centre et au Sud du pays, puissent être ainsi mises à sa disposition.
l'Eglise Vie & Lumière souhaite en effet que des dispositions soient prises pour permettre l'ensevelissement des gens du voyage dans les cimetières des communes sur le territoire desquelles ils décèdent.
MEMORANDUM de l'ASNIT
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L'Association Nationale et Internationale Tzigane (ASNIT) est une association laïque à caractère social de la loi de 1901.
Fondée le 5 novembre 1975 sous l'intitulé ASET (association sociale nationale internationale évangélique tzigane), devenue ASNIT (Association sociale nationale internationale évangélique tzigane) le 8 Février 1988, puis ASNIT le 16 avril 1999, elle est proche de l'église Vie et Lumière, elle même membre de la Fédération Protestante de France.
Association créée et dirigée depuis son origine exclusivement par des gens du voyage, elle a pour objet d'aider, sans distinction de religion ou d'origine les tziganes (ROMS, MANOUCHES, GITANS ou YENISCHES) et les voyageurs vivant comme eux, tant en France qu'à l'étranger (plus particulièrement en Europe de l'Est), à s'insérer dans la société en préservant, dans le respect de la Loi, l'identité culturelle tzigane, son mode de vie et son histoire.
L'ASNIT demande le retrait des dispositions relatives au stationnement des gens du voyage du projet de loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure, actuellement en discussion devant le Parlement, dont elle redoute que dans sa rédaction actuelle elles n'aboutissent à créer dans les faits un « délit d'existence » pour les gens du voyage.
Sa crainte est renforcée par les propos qui ont récemment été tenus publiquement par certains élus et par de hauts fonctionnaires représentants de l'Etat assimilant les 300 000 Français membres de la communauté des gens du voyage à un groupe de voleurs, de trafiquants et d'exploiteurs la mendicité et de la prostitution.
Elle rappelle que les voitures et les caravanes des gens du voyage, qui circulent pour exercer leurs activités économiques ou pour des raisons familiales et religieuses, constituent le plus souvent leur seul capital. Qu'une majorité d'entre eux vit dans 1a pauvreté et la précarité et que la population des gens du voyage ne présente pas un taux de délinquance différent de celui de la population sédentaire.
Elle considère que réprimer un stationnement, même irrégulier, par la confiscation de caravanes, qui constituent l'habitat habituel de ses occupants et la suspension ou la suppression du permis de conduire, est totalement disproportionné par rapport à l'infraction comme constituant, en fait, une expropriation et une interdiction professionnelle.
Elle constate et regrette que la Commission Nationale Consultative des Gens du voyage, où pourtant les représentants de la communauté Tzigane sont très minoritaires, n'a pas été saisie pour avis de ces dispositions du projet de Loi.
L' ASNIT rappelle que la principale difficulté des gens du voyage tient au manque chronique de terrains pour permettre leur halte et à l'inadaptation de beaucoup de ceux qui existent à leurs besoins.
Elle constate que la loi BESSON est mal appliquée et qu'un grand nombre de départements n'a pas encore établi de schémas départementaux. Elle constate aussi et regrette que beaucoup de schémas sont élaborés sans la participation de représentants authentiques des gens du voyage.
Elle rappelle qu'elle collabore bénévolement et à ses frais, ce qui constitue une charge très lourde pour elle, à 47 commissions départementales de préparation des schémas départementaux
L'ASNIT rappelle également que depuis plusieurs années elle fait des propositions concrètes pour favoriser l'insertion sociale des membres de la communauté des gens du voyage et le maintien, dans le respect des lois de la République et sous leur protection, de leur mode de vie itinérant et de leur culture notamment par :
- la modification des règles du code de l'urbanisme pour permettre le stationnement temporaire des caravanes des gens du voyage sur des terrains privés non aménagés,
- la création et l'animation d'antennes sociales spécialisées dans l'accueil et l'accompagnement social des familles itinérantes,
- la création d'une allocation de logement mobile analogue à l'allocation d'aide au logement,
- la création d'une carte fiscale spécifique,
- une aide a la définition des aménagements des aires de stationnement, de terrains de petits passages, de terrains de grands rassemblements, de zones de tolérance,
- l'accès pour les gens du voyage à un lieu de vie privatif sous la forme d'habitation,
- la mise en oeuvre spécifique pour l'accompagnement de la scolarité et l'amélioration de l'intégration scolaire des enfants du voyage,
- la mise en oeuvre d'actions spécifiques de lutte contre l'illettrisme.
L'ASNIT a également fait, dans le cadre du Conseil de l'Europe des propositions permettant de limiter l'immigration des Tziganes d'Europe de l'Est par des actions permettant de stabiliser ces populations dans leurs pays d'origines et participe à leur mise en place, notamment en Roumanie.
[Retour au sommaire]La droite s'allie à l'extrême droite pour refuser une subvention à une association de défense des droits de l'homme.
Le 7 novembre dernier, les partis UMP et UDF du Conseil régional d'Ile de France se sont ralliés à un amendement de l'extrême droite pour refuser d'allouer une subvention à la Cimade concernant un programme d'insertion et d'intégration des étrangers ayant des attaches familiales en France. Cette collusion droite - extrême droite leur a permis d'atteindre la majorité.
Plusieurs motifs ont été invoqués : les positions de la Cimade sur le conflit israélo-palestinien, la campagne contre la double peine, l'action en faveur des étrangers en situation irrégulière.
Que l'extrême droite accuse la Cimade de troubles à l'ordre public n'a rien d'étonnant mais que les partis de droite UMP et UDF la rejoignent sur ces motifs est proprement scandaleux.
Depuis sa création en 1939, et notamment pendant la 2ème guerre mondiale, la Cimade a toujours été présente auprès des populations déplacées, des travailleurs immigrés, des peuples opprimés, pour témoigner sur les conditions dans lesquelles ces populations vivent. Elle porte auprès des pouvoirs publics la parole des sans droits et des opprimés et aide les étrangers à faire valoir leurs droits : droit d'asile, droit au respect de la vie privée et familiale notamment.
Ces missions ont été reconnues par l'Etat puisque la Cimade a été récemment consultée par la commission mise en place par Monsieur Sarkozy, Ministre de l'intérieur, pour procéder à une évaluation de la législation sur les étrangers. Par le refus qu'ils ont opposé à la demande de la Cimade, les conseillers régionaux sont-ils en accord avec la politique du Gouvernement ?
La règle démocratique suppose le respect des opinions de chacun et le droit de les exprimer.
La collusion de la droite politique avec l'extrême droite n'en est que plus révoltante et ne peut procéder que du mépris vis à vis du rôle des associations ou d'une manoeuvre politicienne destinée à ratisser des voix en oubliant les valeurs humaines les plus élémentaires.
Paris, 18 novembre 2002
Contact : Martine Bertin : 01 40 08 17 15
Mission évangélique contre la lèpre
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Le pasteur Pierre Geiser succèdera au 1er janvier 2003 au pasteur Philippe Bertrand, qui avait demandé à être déchargé de son mandat de président.
Malgré la diminution du nombre des malades, on détecte environ 1.700 nouveaux cas chaque jour.
La Mission déplore l'attaque et le pillage de l'hôpital de Nyakoundé (Congo – ex Zaïre) : 1 000 patients tués, matériel détruit. Mission évangélique contre la lèpre
5 rue Roquépine – 75008 Paris – CCP 21 152 09 Paris
[Retour au sommaire]L'évêque irakien Shlemon Warduni n'a qu'une réponse à donner à tous ceux qui lui demandent comment soutenir le peuple de son pays : « Priez pour nous ». Devant la possibilité d'une intervention militaire contre l'Irak, les chrétiens irakiens ont été invités à prier le 22 novembre. L'évêque Warduni du Patriarcat chaldéen espère que toutes les Eglises et communautés s'associeront à cette journée de prière réclamée par son Eglise, qui suit l'ancien rite chaldéen mais est rattachée à Rome.
L'Irak compte 650.000 chrétiens, qui représentent moins de 3 % d'une population majoritairement musulmane dans ce pays de 22,5 millions d'habitants. Environ 70 % des chrétiens sont membres de l'église chaldéenne, et la politique laïque du gouvernement signifie que les chrétiens chaldéens sont bien représentés dans la classe moyenne.
Même si le président irakien Saddam Hussein se présente parfois comme un musulman pieux, l'idéologie du son parti, le parti Baas, est souvent considérée comme plus proche d'une forme socialiste de nationalisme arabe que d'un gouvernement islamique. Les responsables religieux mettent l'accent sur la liberté de pratiquer que possèdent les chrétiens aujourd'hui, mais ils expriment leur inquiétude devant la menace d'une guerre si l'Irak ne se conformait pas aux demandes de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptée le 8 novembre.
Pour Gregorius Salbea, l'archevêque orthodoxe syrien de Mossoul, dans le nord de l'Irak, qui appelle les responsables religieux à prendre des mesures pour se préparer à l'éventualité d'une crise, « nous sommes en danger à tout moment ».
Si la guerre éclate, chrétiens et musulmans resteront soudés, affirme le pasteur Haitham A. Al Jazrawi, de l'église évangélique presbytérienne de Kirkuk, dans le nord de l'Irak . « En tant que chrétiens, nous ne nous distinguons pas du peuple irakien », souligne-t-il en avertissant que « l'Occident va tout détruire ici », et en rejetant toute suggestion selon laquelle les chrétiens n'auraient pas la liberté de pratiquer leur religion en Irak. « Il n'y a rien de vrai dans cela, il n'y aucune sanction particulière imposée par le gouvernement contre nous » a-t-il dit.
Oshana Talia, diacre de l'église assyrienne à Kirkuk, décrit les relations entre chrétiens et musulmans comme « très bonnes. Les Eglises sont comme des soeurs, et les musulmans et les chrétiens sont très proches. » Les églises et les mosquées sont souvent voisines, précise Oshana Talia, et les chrétiens peuvent visiter sans difficulté les mosquées, tout comme les musulmans peuvent aller dans une église.
Mais plus d'une décennie de sanctions, imposées après l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990 et en raison du refus du gouvernement de se plier aux décisions des Nations Unies, a laissé l'économie en ruines. Le taux actuel de chômage serait de 65 % et ceux qui ont un emploi doivent se débrouiller avec un salaire très bas - souvent pas plus de cinq dollars EU par mois. En outre, le taux d'inflation est élevé et la valeur de la devise a chuté. Un seul dollar équivaut à 2 000 dinars irakiens aujourd'hui, alors qu'avant l'imposition des sanctions il y a 12 ans, un dinar irakien équivalait à environ trois dollars EU.
Des organismes d'Eglises tels que le Conseil oecuménique des Eglises à Genève et le Conseil des Eglises du Moyen-Orient ont, ces derniers mois, lancé des mises en garde contre une action militaire à l'encontre de l'Irak et ont réclamé la levée des sanctions qu'ils jugent inefficaces contre le régime et nuisibles pour la population appauvrie.
L'imam Abdul Aziz al Shamah de Mossoul dit apprécier ces efforts.
« Ces responsables religieux méritent notre respect car ils défendent les droits de la personne ».
(Eni)
Chute des marchés financiers :
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la mission en pâtit
La chute des marchés financiers a mis les Eglises et leurs associations dans une situation difficile à plusieurs égards, car elle provoque la baisse des revenus des investissements et la prudence des donateurs, et entraîne aussi des coupes dans les programmes sociaux. A Londres, la bourse, qui avait connu une année record en 1999, a depuis lors perdu 40 % de sa valeur. Dans le monde entier, d'autres marchés financiers font face à des problèmes similaires.
Puiser dans les réserves est une démarche courante pour les Eglises. Certaines avaient l'habitude de le faire depuis des années, mais les analyses financiers avertissent que la vente des investissements durant une crise signifie que des pertes sont réalisées parce que les avoirs sont cédés en dessous de leur prix d'achat. Pour les Church Commissionners (Commissaires de l'Eglise), qui sont responsables de la gestion de la plupart des investissements de l'église d'Angleterre (anglicane), les effets de la crise des marchés financiers ont été amoindris par les avoirs fonciers relativement importants : 28 % en 2001. Les avoirs ont diminué de 5,7 % en 2001 par comparaison à une perte de 8,9 % établie selon un indice boursier national.
Les mêmes problèmes sont ressentis au niveau international. Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) annonce un déficit pour 2002 de 7,4 millions de francs suisses soit 1,7 million de plus que prévu, en partie dû à la réduction des contributions.
En Afrique, où les programmes sociaux sont souvent une nécessité, les Eglises devront s'acheminer rapidement vers une plus grande autonomie, car les Eglises et donateurs étrangers sont obligés de couper leur soutien financier. Le prêtre catholique romain Michael Charo Ruwa, du Kenya, qui vient de publier un livre The Church and Self-Reliance, affirme que la raison de ces difficultés n'est pas la crise qui agite les marchés financiers mais plutôt la diminution du nombre des fidèles dans le monde occidental qui entraîne une baisse du soutien financier destiné aux activités d'évangélisation.
Aux Etats-Unis, l'église presbytérienne, qui avait annoncé en avril dernier des coupes budgétaires et la suppression de plus de 50 emplois, envisage d'autres réductions en raison de la crise financière. Pour 2004, l'église, forte de 2,5 millions de membres, devrait couper encore 4 millions de dollars du budget 2003 de 130 millions de dollars pour la mission. (Eni)
[Retour au sommaire]Les 600.000 juifs de France sont des citoyens bien intégrés, avec une affirmation identitaire forte, mais ils sont « mal à l'aise » face à la montée de l'antisémitisme, révèle une enquête nationale sur la communauté juive de France, la première depuis quatorze ans, publiée le 18 novembre. Réalisée à la demande du Fonds social juif unifié, fédération d'associations à vocation sociale, éducative et culturelle, l'enquête montre, a affirmé son directeur David Saada, « une inquiétude anormale, excessive, de la communauté juive, par rapport à la situation réelle » de l'antisémitisme en France. « Les gens ne sont pas tant révoltés par les actes d'antisémitisme que par le silence qui les entoure », a-t-il dit à la presse : « Ils ont l'impression d'être incompris », un sentiment né au début des actes antisémites en septembre 2001, liés au conflit du Proche-Orient.
Les chefs de famille sont majoritairement inquiets (54 %) ou même très inquiets (11 %), et 21 % des personnes interrogées disent avoir été victimes d'antisémitisme.
« Le sentiment d'incompréhension est le fil rouge qui explique de nombreuses positions » de la communauté juive, souligne David Saada.
Pour autant, les juifs de France sont « heureux » (91 %) et « satisfaits de leur vie » (89 %). Estimée à 575.000 personnes, c'est la deuxième communauté de la diaspora après celle des Etats-Unis. Essentiellement d'origine séfarade (70 %) – les ashkénazes : 24 % -, elle est très diverse, mais se rassemble sur la solidarité avec Israël, « sur laquelle il n'y a pas vraiment de division, même si l'on trouve des colombes et des faucons parmi la communauté », selon M. Saada. Le lien avec Israël s'appuie pour beaucoup sur un attachement familial puisque 6 % des chefs de famille ont des enfants en Israël, 47 % ont des parents proches et 23 % des parents éloignés. La communauté se sent unie également dans son sentiment d'appartenance (s'ils pouvaient naître à nouveau, 80 % souhaiteraient renaître juifs), et dans ses racines culturelles (49 % lisent l'hébreu). L'attachement à l'identité et à la culture juives est nettement plus forte qu'en 1988, date de la précédente enquête. Près de 30 % des ménages juifs fréquentent une fois par mois ou plus la communauté juive, le plus souvent à la synagogue, mais cela peut être aussi dans diverses associations ou cercles d'études. Ils n'étaient que 22 % dans ce cas en 1988. Cet attachement est aussi une des raisons du succès des écoles juives, avec la recherche d'un meilleur encadrement scolaire, raison avancée par tout parent à la recherche d'une école privée. Le nombre d'enfants scolarisés dans les écoles juives est passé de 15.000 en 1988 à 29.000 en 2002. 26 % des enfants fréquentent aujourd'hui à temps plein les écoles juives. Cependant, malgré cette forte identité, la communauté juive partage les mêmes valeurs que la population en général et est en parfaite osmose avec la société française, selon les auteurs de l'enquête, qui ont comparé leurs résultats avec des enquêtes sociologiques nationales. Aujourd'hui, la majorité des juifs de France est née en métropole, les autres étant majoritairement nés en Algérie. Et le taux de mariages mixtes a augmenté de manière significative par rapport à l'enquête précédente, passant de 30 à 40 %. Paris regroupe un peu plus du quart des Juifs de France (26 %), un chiffre en baisse, la région parisienne en accueillant 30 % et la province 44 %. 67 % se définissent en tant que « juif », l'appellation « israélite » n'est utilisée que par 5 % et 28 % se définissent par les deux termes. (AFP)
« Lettre ouverte aux juifs de France », par Elie Barnavi effrayé du repli identitaire des juifs de France
Avant de quitter la France après deux ans de mandat, l'ambassadeur d'Israël Elie Barnavi, universitaire et francophile, publie une cri d'alarme devant le « repli identitaire » de la plus importante communauté juive d'Europe.
Exprimé avec amitié et tendresse, son diagnostic est néanmoins sévère : « Pour la masse des juifs de ce pays, l'heure est à la retraite dans la coquille communautaire », où « les voix dissidentes ou simplement critiques sont très mal accueillies », écrit-il. Il s'inquiète de « l'émergence de formes dures de religiosité, indifférentes, sinon hostiles, à tout ce qui n'est pas juif » , et s'étonne d'un paradoxe : « La plupart d'entre vous votent à gauche, mais pensent plutôt à droite lorsqu'il s'agit d'Israël ».
« Sioniste » et « patriote » israélien, « partisan de la première heure d'un compromis historique avec les Palestiniens », nommé par le travailliste Ehud Barak, il raconte comment, dans ses rencontres avec les communautés locales, on lui reprochait d'être « trop soft et pas assez agressif » avec les autorités françaises. Il analyse aussi la violence antisémite des deux dernières années « essentiellement d'origine arabo-musulmane » et alimentée pour partie par « l'antisionisme rabique des progressistes » mais conclut que si l'antisémitisme existe en France, la France « n'est pas un pays antisémite ».
Au fil des pages Elie Barnavi exprime un rêve : que les juifs de France sortent de leur « servitude volontaire » vis-à-vis d'Israël pour lancer des ponts entre Israël et l'Europe. Et pour cela, qu'ils combattent leur faiblesse en « ouvrant largement les portes de la communauté », en cessant de faire de la conversion au judaïsme « une course d'obstacles épouvantable », en réformant en profondeur l'éducation juive . (AFP)
(Elie Barnavi, « Lettre ouverte aux juifs de France », Editions Stock-Bayard, 120 pages, 11,30 euros).
Gens du voyage : la FPF interpelle les maires
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Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la FPF, a plaidé, le 20 novembre, en faveur des gens du voyage auprès de l'Association des maires de France (AMF), dans une lettre ouverte communiquée à l'AFP.
A l'occasion du 85ème congrès des maires de France réuni depuis mardi, la Fédération protestante de France se dit prête à servir d'intermédiaire entre les maires et les gens du voyage pour faciliter la mise en place des aires d'accueil, rendue obligatoire par la loi Besson de juillet 2000, peu appliquée. « La Fédération protestante (...) est disposée à répondre à la demande que vous nous feriez pour que des contacts soient pris afin de vous faciliter la mise en place des aires d'accueil" (...), afin "de contribuer à la paix civile", écrit le pasteur de Clermont.
Il rappelle que les gens du voyage sont "des Français à part entière, installés en France depuis le 15ème siècle", et "si parmi eux, certains ne sont en fait que fort peu attachés au respect des lois, je peux attester que la grande majorité d'entre eux n'aspirent qu'à vivre en paix dans notre pays qui est le leur".
Evoquant le projet de loi de sécurité intérieure qui "fait resurgir des peurs ancestrales et des attitudes de rejet à l'égard de ces familles", il appelle à ne pas "céder à la tentation de laisser place à la crainte et à la xénophobie". "C'est l'honneur de notre pays que de savoir accueillir dans le respect de la loi républicaine", dit-il. (AFP)
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/