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Extraits du BIP 1557 du 16 au 31 Mars 2003

Sommaire

VIE DE LA FÉDÉRATION INTERNATIONAL


VIE DE LA FÉDÉRATION

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Visite du Président de la République Malgache

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au 47, rue de Clichy
Lors de son séjour à Paris, pour le 22ème Sommet France-Afrique, Marc Ravalomanana, président de la République malgache, a inclus dans son programme une visite à la Maison du protestantisme, le 21 février. Il tenait à remercier les Eglises et les Institutions protestantes françaises pour leur soutien.

A la suite d'élections dont le résultat était contesté par Didier Ratsiraka candidat sortant, Marc Ravalomanana avait eu beaucoup de difficultés à faire reconnaître la validité de son mandat et à être soutenu par la communauté internationale. La Fédération protestante de France et ses membres avaient beaucoup oeuvré pour la reconnaissance du nouveau président par le gouvernement français. Les protestants avaient aussi très généreusement répondu à l'appel de la FPF « 10 euros pour Madagascar » totalisant......euros.

La bouderie internationale, c'est du passé, au dire de l'actuel Ambassadeur de Madagascar à Paris. Ce catholique, qui vit en France depuis 30 ans et qui a été nommé à ce poste en septembre, nous a confié que Marc Ravalomanana avait été très bien accueilli par ses pairs au Sommet France-Afrique.

Après les salutations d'usage, Marc Ravalomana, a accepté d'être interrogé par quelques invités présents dont le journal Mission, Fraternité luthérienne et les hebdomadaires Réforme et Le Messager, de Strasbourg.

Johannes Kuhfus du Service protestant de Mission-Défap et Jean-Marc Dupeux de la Cimade, deux organismes qui appartiennent au Consortium, n'ont pas manqué de souligner combien la société malgache attendait des changements. Et Marc Ravalomanana de répondre « Je le sais, on attend beaucoup de moi, mais les gens doivent aussi se bouger et pas seulement attendre. » Johannes Kuhfus, qui revenaient tout juste d'un séjour sur la Grande Ile, où le Défap a 10 envoyés principalement dans l'enseignement, lui a rétorqué qu' « il est difficile d'être acteur de changement quand on est si pauvre, qu'on se demande si on aura à manger pour le lendemain. »

Le président de la République a affirmé, devant un parterre étonné par son optimisme, qu'actuellement Madagascar ne manque pas tant d'argent international - la Banque Mondiale sait se montrer généreuse – que de compétences et d'infrastructures. Il faut gérer les priorités et mettre en place des stratégies. Le président de Madagascar a souligné qu'il est difficile de traduire les changements dans tout le pays. Exemple : il faut refaire des routes, mais par lesquelles faut-il commencer ? Il a confirmé que les Eglises étaient le seul réseau structuré du pays et a remercié pour le travail accompli. Concevoir et gérer des projets, voilà le nouveau défi malgache.

Les députés malgaches, élus en décembre 2002, vont d'ailleurs profiter de l'expérience de leurs homologues français. Un partenariat avec l'Assemblée nationale et le Sénat français va se mettre en place.

Interrogé par Enrico Benedetto du magazine Mission, sur la manière dont il gère sa double casquette politique et religieuse, Marc Ravalomana, vice-président de la FJKM - Eglise réformée de 3 millions de membres - a répondu qu'il en avait une troisième puisqu'il a gardé son entreprise de yaourts. Il a expliqué avec son grand sourire timide mais charmeur, qu'il dormait peu, sans justifié ce cumul. Pour lui, « La foi c'est la vie et la vie c'est foi ! ». Il a d'ailleurs expliqué que s'il était à ce poste, c'est par la volonté de Dieu, car il n'aurait jamais imaginé être un jour à ce poste s'il ne s'y était pas senti appelé. (MD)

* Consortium : ensemble d'associations qui travaille en partenariat pour le développement de Madagascar

Une délégation du Congo-Brazzaville à Paris :
« Pour une transparence des revenus du pétrole ! »

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Dans une déclaration, les Eglises et la société civile congolaises soulignent le paradoxe "pétrole et pauvreté" dans leur pays, troisième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne avec près de 12 millions de tonnes en 2001. Le Congo, par ailleurs, "milite pour être reconnu comme pays pauvre très endetté (avec 5 milliards de dollars en 1999) afin de bénéficier de la remise de sa dette extérieure".

Un collectif d'Eglises, d'organisations d'Eglises et d'organisations non gouvernementales de la République du Congo, de France et d'Europe, s'est réuni, du 11 au 14 février à Paris, autour de la gestion du pétrole congolais.

Faisait partie de la délégation : la Conférence épiscopale, de la Commission épiscopale Justice et paix, et de l'Eglise évangélique du Congo, de l'Observatoire congolais des droits de l'homme, du Secours catholique, de Caritas France, de la Cimade, et de Catholic Relief Services, avec la participation de la plate-forme Congo de la Fédération protestante de France.

« Oui à la transparence » à Bercy et chez les pétroliers !
Le président de la Fédération protestante de France et le Secrétaire général du Secours Catholique les ont accompagnés chez TotalFinaElf où ils ont rencontré le Comité d'éthique, ainsi qu'au Ministère des Finances, occasions pour le pasteur de Clermont de demander à ce que « la France soit un modèle pour l'Europe en étant la première à publier les comptes du pétrole. » Le plus étonnant fut la réponse similaire des deux entités « Nous avons besoin de l'opinion public, pour nous permettre cette transparence ! » La société pétrolière TotalFinaElf a même souligné qu'elle en avait assez de toujours d'être toujours le bouc émissaire et qu'il fallait que les autres compagnies jouent aussi le jeu.

L'or noir, un cadeau empoisonné
« Les populations congolaises ont très peu bénéficié de cette ressource nationale tarissable (dans une quinzaine d'années, disent les experts) ». La première conséquence de "la mauvaise utilisation de la manne pétrolière" est "l'instrumentalisation des ethnies, l'accumulation des violences, l'entretien des guerres fratricides (1993 à 1994, 1997, 1998 à 1999, 2002), l'enrichissement des élites gouvernementales qui se succèdent au pouvoir, la pollution des terres et la détérioration de l'environnement".
Cet état de fait, continue la déclaration, repose sur "la gestion non transparente des contrats, de la production et des revenus pétroliers". L'autre conséquence relevée dans ce document de deux pages est l'injustice sociale : "Un petit groupe de nantis, détenteur du pouvoir politique et principal bénéficiaire des revenus pétroliers, maintient la majorité de la population dans une situation de pauvreté sans cesse croissante, et pour laquelle les droits à l'alimentation, à la santé, à l'éducation et autres droits sociaux ne sont plus que des chimères."

Du pétrole et des idées
"Devant ce constat alarmant, les Eglises et la société civile interpellent le gouvernement congolais, les compagnies pétrolières présentes au Congo et la communauté internationale afin qu'ils entendent l'aspiration de nombreux citoyens congolais à un Etat de droit, garant de la justice et de la paix." C'est pourquoi elles recommandent :
- au gouvernement congolais de "voter une loi au Parlement sur la gestion des revenus pétroliers, de prévoir la budgétisation et la publication régulière des revenus pétroliers, les clés de répartition entre l'Etat et les régions; de créer un observatoire national des pétroles au Congo associant experts indépendants, pouvoirs publics, société civile, pour mieux suivre la production et la gestion des revenus pétroliers. "
- aux compagnies pétrolières "de publier ce qu'elles payent à l'Etat congolais avec le montant de la dette congolaise et les motifs pour lesquels elle a été contractée".
- aux partenaires financiers extérieurs "de faire de la transparence dans le secteur pétrolier une condition de leur engagement au Congo ; de s'engager pour la reconversion de la dette congolaise en investissements sociaux : éducation, santé, infrastructures routières".

Quand des hommes de foi sont menacés
Mgr Louis Portella Mbuyu, de la Conférence épiscopale du Congo, du Congo, a déclaré le 19 février lors d'une conférence de presse que "les Eglises du Congo entament une campagne d'explication auprès de certaines institutions européennes pour plaider en faveur d'une redistribution équitable des revenus pétroliers au Congo".

Réagissant à ces propos depuis Paris où il prenait part au sommet France-Afrique, le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a mis en garde les deux hommes d'Eglise: "Ces personnalités religieuses font de la provocation. Elles veulent s'occuper plutôt des questions politiques. Si c'est le cas, qu'elles le disent clairement au lieu de chercher à mettre de l'huile sur le feu", a-t-il dit lors d'une interview accordée à Radio France Internationale.

Or, ce qui a été formidable lors de la rencontre de la délégation congolaise avec la presse le 14 février, c'est non seulement le courage de ces témoins engagés pour plus de justice, mais c'est aussi le fait qu'ils ont évité l'écueil des parti-pris. Ils n'ont jamais en évoqué les questions politiques alors que dans la salle se trouvaient des journalistes pro-Sassou et des anti-Sassou. Ils se sont placés sur un autre terrain celui du bien-être de la population congolaise. Et à nous qui assistions, ils ont donné de l'espoir pour le Congo.

LE SAVIEZ-VOUS ?

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Quand un hebdo rebondit...
Le Christianisme Aujourd'hui
L'hebdomadaire Christianisme au XXIeme siècle n'est plus ! Mais il renaîtra sous le nom de « Christianisme aujourd'hui » en avril et deviendra mensuel.
Désormais, il s'adossera au groupe suisse de médias évangéliques L'Avènement dont vous connaissez peut-être déjà l'agence de presse SPC et le mensuel L'Avènement. « Christianisme aujourd'hui » aura des pages communes avec la version suisse de l'Avènement, mais aussi des pages spécifiques. (MD)
Envoyer vos infos par e-mail : erflux@wanadoo.fr


INTERNATIONAL

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Le Conseil des Eglises des Etats-Unis a invité J.-A de Clermont, président de la FPF, le Rev. Mc Donald de l'Eglise d'Ecosse et Manfred Koch de l'EKD, à s'exprimer devant des sénateurs et les médias au Capitol à Washington D.C., le 26 février 2003. Ils ont exprimé leur solidarité avec le peuple américain et ont appelé à une solution pacifique de la crise irakienne. Une prière et la signature d'une lettre à G.W. Bush se sont déroulées devant le Capitol.

Déclaration du pasteur Jean-Arnold de Clermont

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« Le 13 septembre 2001, la Fédération protestante de France prenait l'initiative d'un service oecuménique et interreligieux de prière pour les victimes des attentats du 11 septembre et pour le peuple américain tout entier. Cela se passait en l'Eglise américaine de Paris, en présence du Président de la République, du Premier Ministre et de l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique, ainsi que de nombreuses personnalités et d'une foule émue et solidaire.

En novembre 2001, je participais à une visite oecuménique aux Etats-Unis. Notre équipe était considérée comme une « lettre vivante » des Eglises du monde entier auprès des Eglises des Etats-Unis. Nous venions dire la fraternité et la compassion de nos Eglises dans l'épreuve. Ce qui alors m'a le plus frappé à New York, Washington, Chicago ou San Francisco, c'était la capacité des Eglises à nous dire que dans l'épreuve les américains se sentaient proches et solidaires d'autres chrétiens, d'autres populations qui vivaient eux aussi dans la souffrance ; ils nous ont parlé alors des populations irakiennes sous embargo, des populations victimes de la crise israélo-palestinienne, des populations africaines victimes de la faim ou de la maladie.

Cette solidarité, en Europe et en France en particulier, nous en connaissons la valeur. Nous savons ce que veut dire l'amitié américaine, la présence d'alliés à nos côtés dans les épreuves des guerres mondiales. Et c'est précisément pour que cette solidarité ne coûte plus le même prix en vies humaines que nos nations se sont dotées de l'Organisation des Nations Unies dont le but est de trouver des moyens pacifiques pour résoudre les conflits. Comprenez alors combien nous sommes choqués et même peinés de voir interpréter la position française comme hostile aux Etats-Unis. Elle est tout au contraire une volonté affirmée de trouver par la négociation une solution à la crise irakienne, et le désarmement d'un régime totalitaire que chacun condamne. Nos Eglises ne peuvent que soutenir une telle perspective. Que serait notre monde si un tel organisme, l'ONU, était vidé de son sens par l'action unilatérale des Etats-Unis, même appuyée par quelques uns. Votre meilleur allié nest pas celui qui vous pousse à la faute, mais celui qui vous aide à trouver un chemin de paix.

Mais la paix pour qui ?
Nous savons le traumatisme causé par le 11 septembre 2001. Mais ce ne sont pas les peuples américain ou européen qui sont menacés. Nous n'avons pas à vivre dans la peur. Bien au contraire ! Des soldats américains devraient-ils payer nos craintes de leur vie alors que nous vivons dans des îlots de paix au milieu d'un monde souvent si troublé. Notre responsabilité est d'y faire oeuvre de paix ; c'est notre responsabilité à l'égard du Proche Orient et particulièrement du peuple irakien.
Notre conviction est qu'une nouvelle guerre serait pour lui la pire des solutions ; au-delà des destructions civiles inévitables, des morts, des infirmes et des orphelins, la guerre ne ferait que conforter et amplifier l'opposition entre l'occident et le monde arabo-musulman.

Nous qui vivons au bord de la Méditerranée, avec pour voisins des pays musulmans souvent modérés, nous entendons leurs avertissements, nous savons l'équilibre précaire de leur opinion publique et des forces qui la traversent. Nous voulons conforter ceux qui refusent les extrémismes. La guerre en Irak serait pour tout le monde arabo-musulman modéré une catastrophe. C'est ce qu'attend Ben Laden. Nous continuons d'espérer que le Président Bush ne réussira pas là où Al-Qaïda a échoué.

Voilà les raisons pour lesquelles, en France, la Fédération protestante que je préside, en relation avec la Conférence des évêques catholiques, s'est prononcée contre une guerre préventive en Irak, guerre qui ne créerait que de nouveaux drames et de nouvelles tensions, alors que le Nations Unies ont la capacité de désarmer l'Irak et de faire cesser la menace sur les pays voisins. C'est pourquoi, par fraternité et solidarité avec le peuple américain, nous vous exhortons à exorciser les peurs et à favoriser tout ce qui nous permet de construire ensemble un monde de droit et de paix.»

Étude du langage
religieux de G. W. Bush

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Un certain nombre de chrétiens libéraux américains reprochent au président George W. Bush d'utiliser certains termes religieux susceptibles, à leurs yeux, de susciter des controverses. L'utilisation du langage religieux n'est pas nouvelle dans la politique américaine. Abraham Lincoln, le président le plus célèbre de la nation au 19e siècle, parlait souvent de providence.

Mais certains critiques soulignent que l'emploi du langage chrétien évangélique par le président polarise le débat politique sur l'éventualité d'une guerre en Irak et met en danger la tradition américaine de séparation entre l'Eglise et l'Etat. Ceci a aussi été remarqué par les médias internationaux. « Le sentiment d'avoir la morale de son côté peut justifier des actes extrêmes. Il est beaucoup plus facile de vendre une guerre, par exemple, quand on prétend avoir la justification morale », fait remarquer Elaine Pagels, spécialiste des religions à l'université de Princeton. « Lorsque vous présentez un conflit comme le peuple de Dieu contre le peuple de Satan, un côté peut anéantir l'autre. »
Pour C. Welton Gaddy, qui dirige le groupe chrétien libéral Interfaith Alliance, en utilisant ouvertement un langage religieux, George W. Bush « étouffe le débat ». Les leaders politiques américains « ne doivent pas entretenir l'illusion erronée qu'ils sont les prophètes de la volonté de Dieu », souligne Welton Gaddy, en notant que de nombreux chrétiens des Etats-Unis sont opposés à ce qu'ils appellent la « politique étrangère motivée par la guerre ». « Quand tout prend un caractère absolu, le débat s'arrête, parce que d'un côté de l'argument, il y a la perception du mal », a fait remarquer Welton Gaddy lors d'une conférence de presse du 11 février. Quant à Elaine Pagels, elle souligne que « le président emploie un langage moral pour tout simplement clore le discours politique ».
La journaliste Laurie Goodstein, dans un article publié dans le New York Times du 9 février, note que George Bush —qui considère Jésus comme son philosophe politique favori parce qu'il a changé son ‘coeur'—
« continue de parler et de diriger comme un prédicateur ». La dernière édition du magazine allemand Der Spiegel le représente en couverture, devant une croix.
« Dans le discours sur l'état de l'Union, George Bush a appelé les Américains se préparant à la guerre de placer leur confiance dans le ‘Dieu d'amour, le Dieu de la vie entière, de l'histoire'», écrit la journaliste. « Et lors du service célébré à la mémoire des astronautes disparus le 1er février, il a conseillé aux familles éplorées de chercher le réconfort dans la vie future. »
Lors d'une interview accordée à Laurie Goodstein, Michel Gerson, conseiller du président et auteur de ses discours, a expliqué que le langage religieux de George Bush n'était qu'une réflexion de la réalité culturelle des Etats-Unis. « Il est impossible d'imaginer l'expérience américaine sans la vision morale de la réforme qui dérive de la foi. » Le porte-parole du président, Ari Fleischer, défend aussi l'utilisation de ce langage. George Bush, dit-il, parle « d'une façon très inclusive », qui reconnaît que les Etats-Unis sont une nation « comprenant beaucoup de religions et de gens ayant choisi de ne pas avoir une appartenance religieuse particulière ». «Nous sommes tous égaux. Conformément à notre constitution, nous avons les mêmes droits. Et c'est ce que respecte le président », a rappelé Ari Fleischer lors d'une réunion d'information à la presse à la Maison-Blanche.

Pourtant, Welton Gaddy et les autres ne sont pas convaincus. « Il y a une distinction entre la religion civile de l'Amérique et le langage qu'emploie George Bush, qui se place d'un point de vue chrétien évangélique spécifique. Lorsqu'il parle en ces termes, il écarte des secteurs entiers de l'Amérique. Son discours implique un manque de perception de l'étendue du pluralisme religieux dans ce pays. » (ENI/Chris Herlinger)

Appel des évêques
de Jérusalem, Sarajevo et Bagdad

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« Nous qui avons vécu ou sommes encore en train de vivre la tragédie de la guerre, nous voulons dire au monde entier, en particulier aux puissants de la terre : n'empruntez pas la voie de la guerre car c'est un chemin sans issue ». C'est en ces termes que trois évêques ayant connu le bruit des armes ont lancé au monde un appel pour la paix.

« Notre voix est faible, mais nous voulons être la voix de nos populations qui ont subi et subissent encore la guerre, les oppressions et les injustices et qui vivent dans nos terres devenues tragiquement symbole de souffrance, non seulement au cours des dernières années mais aujourd'hui encore, lancent Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem et président international de Pax Christi, le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, et Mgr Raphael Bidawid, patriarche de Babylone des Chaldéens à Bagdad.

« La paix est la seule voie à parcourir, elle est la direction obligatoire. Il n'y a pas de violence, il n'y a pas de terrorisme, il n'y a pas de guerre qui n'entraînent d'autres violences, haines, destructions, souffrances et morts ». « Avec le pape, nous disons nous aussi : non à la guerre ! La guerre est toujours une défaite de l'humanité », ajoutent-ils. « Si la guerre est destruction et mort », expliquent les évêques, « non moins tragiques sont les conséquences qu'une guerre porte inévitablement avec elle divisions, haines et de nombreux réfugiés.
Les millions de réfugiés de la Bosnie et de toute l'ex-Yougoslavie sont devant les yeux du monde entier, ainsi que les conditions invivables des Palestiniens, réfugiés sur leur propre terre et en terre étrangère. Et, en cas de guerre, combien seront les réfugiés de l'Irak qui iront s'ajouter à ceux qui ont déjà cherché des espérances de vie en fuyant cette terre, marquée par de trop longues années de guerre et d'embargo ? » (Misna)

Déclaration du COE :
NON à une opération militaire en Irak

Nous croyons que, comme toute la création, nous sommes créés par Dieu, qui veut que nous recherchions la paix et la justice. Nous croyons qu'avec la grâce de Dieu, aucun acte de foi, d'espérance et d'amour n'est trop difficile pour ceux qui mettent leur confiance en Lui. C'est pourquoi, nous qui sommes des fidèles de Jésus Christ, le prince de paix, guidés par son Esprit, nous lançons un appel aux responsables politiques et à tous les croyants. [Retour au sommaire]

Mettez fin aux menaces de guerre contre l'Irak !
Le Comité exécutif du Conseil oecuménique des Eglises, réuni à Bossey (Suisse) du 18 au 21 février 2003, demeure gravement préoccupé par les appels réitérés à une opération militaire en Irak, lancés par les Etats-Unis et d'autres gouvernements occidentaux, et déplore vivement que les pays les plus puissants de la planète en reviennent à considérer la guerre comme un instrument de politique étrangère acceptable.
En même temps, le Comité exécutif est tout autant préoccupé par les violations des droits fondamentaux de la personne commises par le gouvernement irakien et invite celui-ci à se conformer aux normes et critères internationaux relatifs à ces droits ainsi qu'aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui ont force obligatoire.

Le Comité exécutif salue les messages sans ambiguïté de dignitaires de toutes les traditions chrétiennes du monde entier, unis dans leur condamnation de cette guerre. Le Comité est très heureux de voir que les Eglises ne se contentent pas de lutter en première ligne pour éviter cette guerre mais qu'elles tentent de se préparer à faire face à la catastrophe humanitaire qui risque de frapper la population irakienne innocente.

Le Comité exécutif salue la prise de position courageuse de responsables d'Eglises en faveur de solutions pacifiques, notamment dans des pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, où ils se trouvent en opposition directe avec les desseins des responsables politiques.

Le Comité exécutif salue et apprécie les efforts de tous les responsables d'Eglises et organisations oecuméniques en vue de mobiliser l'opinion publique pour éviter une guerre contre l'Irak et pour instaurer la paix. Il approuve entièrement la Déclaration adoptée par des responsables d'Eglises lors de la réunion mise sur pied le 5 février 2003 à Berlin (Allemagne) par le COE pour discuter de l'attitude à prendre face aux menaces d'opérations militaires en Irak ; il félicite l'Eglise évangélique d'Allemagne d'avoir accueilli cette rencontre et organisé une audience avec le chef du gouvernement allemand. Il salue également les récentes rencontres de responsables d'Eglises américaines avec des représentants haut placés des gouvernements du Royaume-Uni et de France.

Constatant que la Guerre du golfe de 1991 n'a pas apporté la paix à la population iraquienne mais lui a valu 12 années de souffrances dues aux sanctions économiques; préoccupé par le fait que la situation semble évoluer inexorablement vers une opération militaire en Irak ; prenant note du rapport présenté le 14 février au Conseil de sécurité des Nations Unies par les inspecteurs de l'ONU; constatant l'opposition croissante de l'opinion publique à une guerre en Irak, dont témoignent les manifestations en faveur de la paix qui ont rassemblé des millions de personnes dans le monde entier;

conscient que dans leurs actions le COE et les Eglises doivent
a) être guidés par l'obligation morale de sauvegarder la dimension sacrée de la vie et par la conviction que la guerre ne constitue pas un moyen acceptable de résoudre les conflits;
b) s'efforcer d'encourager le soutien de l'opinion publique internationale aux Nations Unies, garantes de mesures légitimes concernant l'Irak;
c) comprendre que les modalités soigneusement élaborées des inspections de l'ONU en font un instrument à long terme et que 20 années d'inspection sont plus efficaces, moins coûteuses et plus appropriées que 20 jours de guerre;
d) reconnaître qu'il est nécessaire non seulement de désarmer l'Irak mais aussi d'éliminer de tout le Moyen-Orient les armes de destruction massive;
e) reconnaître les effets négatifs de la situation sur les relations entre chrétiens et musulmans, forçant de nombreux chrétiens à quitter la région qui a vu naître le christianisme;
f) insister sur la nécessité d'une solution durable et équitable des conflits entre Arabes et Israéliens et de la fin de l'occupation illégale de la Palestine;
g) promouvoir la démocratisation et le respect des normes et critères internationaux en matière de droits de la personne dans tous les pays arabes ainsi qu'en Israël;

rappelant la « Déclaration sur les menaces d'opérations militaires contre l'Irak » adoptée par le Comité central du Conseil oecuménique des Eglises lors de sa réunion à Genève du 26 août au 3 septembre 2002;
réaffirmant qu'une guerre contre l'Irak serait immorale, malavisée et contraire aux principes de la Charte des Nations Unies, le Comité exécutif

- affirme que la guerre en Irak causera une crise humanitaire grave, entraînant de grandes souffrances, notamment pour les enfants, des pertes en vies humaines, des dommages matériels et écologiques et un gaspillage de précieuses ressources; qu'elle renforcera et accentuera les divisions et la haine entre les communautés, aggravant ainsi la déstabilisation de la région;
- invite instamment le Conseil de sécurité des Nations Unies à faire respecter les principes de la Charte des Nations Unies, qui limitent strictement l'usage légitime de la force armée et à éviter de créer un précédent et d'abaisser le seuil de tolérance de l'usage de la violence pour résoudre les conflits internationaux;
- invite en outre les responsables politiques des Etats-Unis et du Royaume-Uni à renoncer à toute opération militaire préventive contre l'Irak;
- prie instamment les pays membres du Conseil de sécurité de donner les compétences et le temps nécessaires aux inspecteurs des Nations Unies pour qu'ils puissent accomplir leur mandat de désarmer l'Irak et d'éliminer ses armes de destruction massive;
- invite instamment le gouvernement irakuien à coopérer sans réserve avec les inspecteurs de l'ONU pour éliminer toutes les armes de destruction massive et mettre fin à toutes les activités de recherche et de production dans ce domaine;
- condamne les violations des libertés et droits fondamentaux commises en Irak et demande instamment aux responsables de ce pays de garantir à tous ses habitants le respect intégral de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et humains, y compris leurs droits religieux;
- encourage les Eglises à continuer à mettre en question et à dénoncer toutes les politiques de sécurité nationales qui préconisent les frappes militaires préventives au titre de l'autodéfense légitime, sapant de ce fait les principes et l'esprit de la Charte des Nations Unies;
- invite toutes les Eglises à renforcer leur engagement et leurs efforts en faveur de la paix et leur recommande la Déclaration de Berlin du 5 février en les invitant à se joindre à cet acte de témoignage en faveur d'une solution pacifique du conflit;
- invite les fidèles du monde entier – hommes, femmes et enfants – à prier avec ferveur pour que les responsables des pays soient inspirés à rechercher une solution pacifique du conflit irakien;
- propose que le premier jour du carême 2003 soit consacré à la réflexion et au retour sur soi et qu'il soit une journée de prière pour la paix en Irak dans toutes les Eglises membres et dans celles du monde entier.

L'ARM à Bagdad

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L'Alliance réformée mondiale (ARM) a effectué une visite pastorale à Bagdad du 17 au 20 février 2003. « Notre but était d'affirmer notre communion avec nos soeurs et nos frères irakiens - et leurs voisins musulmans », a déclaré le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de l'ARM. « Pour la plupart des Irakiens, la menace d'une guerre a encore réduit la qualité de vie - déjà soumise à de graves restrictions, conséquences de 12 années de sanctions ».
La délégation a rencontré des irakiens chrétiens et musulmans et des membres de cinq communautés presbytériennes en Irak. « Notre groupe avait décidé à dessein de ne pas s'entretenir avec des leaders politiques, mais de prendre contact avec des citoyens ordinaires, qui seront les premiers à souffrir des conséquences d'une guerre inacceptable », a expliqué le secrétaire général de l'ARM. « Nous voulions transmettre au peuple irakien, aux chrétiens comme aux musulmans, que les chrétiens du monde entier sont en union avec eux. »
L'ARM réunit plus de 75 millions de chrétiens de 218 Eglises congrégationalistes, presbytériennes, réformées et unies, dans 107 pays.

Mgr Whalon à Bagdad

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Mgr Whalon, répondant à une invitation du Patriarche de Babylone, de l'Eglise chaldéenne, s'est rendu à Bagdad du 19 au 23 février. A son retour, il pensait encore que la guerre n'était pas inévitable.
Il a refusé de rencontrer Tarek Aziz, ministre de Saddam Hussein mais a rencontré les responsables religieux chrétiens et musulmans. Il a participé à une veillée de prière à l'Eglise protestante de Bagdad, il a visité l'hôpital St-Raphaël, l'orphelinat Ste Anne ainsi que le séminaire oecuménique St Ephraïm, où de nombreuses femmes étudient la théologie. Il a tenté de battre en brèche les idées fausses véhiculées par les télévisions Al-Gezira et Abu Dhabi TV, du style « Les chrétiens sont contre les Arabes ». Il a pu attester de la position des Eglises américaines contre la guerre, allant jusqu'à signaler que George W. Bush ne voulaient pas les recevoir. Les télévisions irakiennes et du Golf ont retransmis cet entretien.
Les irakiens ne comprennent pas la position de G. W. Bush, ne pouvant imaginer que les Américains vivent dans la crainte depuis le 11 septembre. Et Mgr Whalon de leur expliquer « Il faut répondre à cette peur en leur montrant qu'elle n'a pas de raison d'être. » Déjà les chrétiens ont creusé des puits à l'intérieur des Eglises, le gouvernement a donné des rations de thé, de riz, de haricots et de pétrole pour 4 mois, tous semblent se résigner à la guerre. Les chrétiens sont aussi effrayés à l'idée de l'après-guerre. Pour le moment, ils jouissent d'une relative liberté, mais après, en particulier si le gouvernement est musulman ?
Avec beaucoup de simplicité, Mgr Whalon avoue « le prix que j'aurais à payer pour ce voyage, c'est que si il y a la guerre, je me souviendrai de la merveilleuse hospitalité de ce peuple, de mes nouveaux amis, qui seront peut-être persécutés, expulsés ou massacrés. »

NON à la guerre...
et toujours NON à l'embargo

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« Le Groupe Orsay, réuni en collectif le 1er mars 2003, s'associe à tous ceux et toutes celles qui refusent la guerre en Irak.
C'est aussi, pour le Groupe Orsay, l'occasion de redire le caractère inadmissible de l'embargo qui, depuis 12 ans, étrangle la population irakienne et favorise, dans ce pays, un durcissement des mentalités dont les femmes sont les premières victimes. »
Le Groupe Orsay est composé de femmes croyantes, chrétiennes et musulmanes.
Le dossier de presse du Groupe Orsay est disponible :

Maison du protestantisme
Marie-Hélène PEUGEOT,
47 rue de Clichy – 75311 Paris cedex 09
E-mail : grouporsay@free.fr

Aveu de Tony Blair :

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« Ma conscience chrétienne est claire concernant la guerre »

Le Premier ministre britannique Tony Blair a déclaré au journal « Independent on Sunday » que sa conscience chrétienne était claire concernant le nombre terrible de victimes que pourrait causer une attaque militaire contre l'Irak. Sa position contredit clairement celle du pape Jean Paul II ou celle du primat de l'Eglise anglicane, l'archevêque de Canterbury, mais Tony Blair estime qu'il doit prendre ses responsabilités malgré une opinion publique majoritairement contre la guerre.
Dans un dialogue unique avec les lecteurs du « Sunday », le meilleur allié de George Bush –qui ne cache pas non plus ses motivations religieuses– déclare qu'il ne ferait jamais la guerre « si je pensais que ce serait moralement faux ». Tony Blair a rédigé ses réponses aux lecteurs inquiets des conséquences de la guerre alors qu'il se trouvait dans l'avion qui le ramenait de sa dernière rencontre avec le Premier ministre espagnol José Maria Aznar, un autre soutien de la politique guerrière de Washington.
Selon le quotidien britannique « The Independent », l'exercice de répondre aux lecteurs est le signe de l'inquiétude croissante de Tony Blair qui cherche à maintenir le dialogue avec les adversaires de sa politique envers l'Irak. Même s'il ne parvient pas à les convaincre du bien-fondé de son action, il peut toutefois les persuader qu'il fait ce qu'il croit être vraiment juste.
Tony Blair a également invité à discuter des députés de son parti qui ont voté contre la proposition gouvernementale la semaine dernière.
Il devrait encore tenter de persuader cette semaine le Conseil musulman de Grande-Bretagne. (apic)


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/