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Extraits du BIP 1558 du 1er au 15 Avril 2003

Sommaire

VIE DE LA FÉDÉRATION VIE DES ÉGLISES SOCIÉTÉ SPÉCIAL IRAK



VIE DE LA FÉDÉRATION

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FPF : Dossier « Surmonter la violence »

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Contribution du protestantisme français à la décennie du Conseil oecuménique des Eglises

Que faisons-nous pour surmonter la violence ? et qu'avons nous à dire à ce sujet

En vue des prochaines Assises de la Fédération protestante de France les 9-10 octobre 2004, nous vous proposons un dossier qui peut nous aider à avancer ensemble sur le thème « Surmonter la violence »

Les chrétiens s'interrogent et réfléchissent. Ils veulent aussi et surtout prendre une part active dans un débat qui touche à bien des aspects de leur situation personnelle, familiale, sociale, ecclésiale, politique, économique...Voici donc une occasion de se mettre au travail ensemble, au sein de nos associations, avec nos partenaires, mais aussi avec d'autres qui partagent les mêmes questions et qui entrent dans la démarche.

10 entrées possibles pour un même sujet !
Ce document présente une dizaine contributions de spécialistes sur des sujets très divers : la violence dans les relations internationales - l'actualité nous en rappelle chaque jour la réalité- mais aussi la violence que nous devons gérer dans notre vie personnelle ; la violence infligée aux femmes et celle que la justice et le droit tentent de réguler, la violence dans la cité...
Il présente aussi une réflexion théologique et une étude biblique originales qui peuvent inspirer d'autres études, et d'autres découvertes...

Chaque contribution se veut une aide, mais surtout un point de départ « informé » qui facilite la mise en route de rencontres, de débats, de réflexions communes et de travaux de groupes sur le thème.

Si nous sommes tous concernés comme citoyens – membres d'une Eglise, d'une oeuvre ou d'un mouvement de la Fédération protestante de France- nous ne sommes malheureusement pas toujours en mesure de prendre le temps d'une réflexion et de discerner l'essentiel !

Ici l'occasion nous est offerte de nous saisir d'un thème particulier, mais alors en fonction de nos priorités, de nos urgences, de nos convictions, de nos engagements actuels...
Et de partager cela avec d'autres, d'en faire part, de dire une parole qui fasse sens, de vérifier ensemble que notre foi, portée par l'espérance du royaume, n'en est pas moins enracinée dans cette vie, confrontée à la réalité complexe de la violence.

Les initiatives locales dont vous êtes témoins, et où se trouve engagée la lutte contre la violence, les prédications, les enseignements et les catéchèses qui prennent en compte cette réalité, de même que toutes les actions « au long cours » (institutions, oeuvres, entraides, diaconats, associations...) tout cela doit nourrir le débat et nous préparer à discerner quelques pistes significatives sur lesquelles les Assises d'octobre 2004 mettront plus particulièrement l'accent, et que nous poursuivrons ensemble.

Bon travail !
François Clavairoly, coordinateur du groupe de travail de la FPF « Surmonter la violence »

Un dossier mais aussi une équipe
Les membres de l'équipe de travail, qui ont participé à l'élaboration de ce dossier, sont prêts à se déplacer pour des conférences, table-rondes...Prolongeant ainsi la réflexion !

Pour se procurer le dossier « Surmonter la violence »
Service info-com-doc de la FPF - 47, rue de Clichy – 75311 Paris cedex 09
Tel 01 44 53 47 12 ou par mail à fpf-info@protestants.org

Internet, un outil au service du partage de vos expériences
Le portail du protestantisme français www.protestants.org proposera le dossier « Surmonter la violence » dès sa page accueil. Vous trouverez des liens avec des sites Internet en rapport avec le thème, ainsi que les prédications proposées par le Service Radio de la FPF sur le sujet en 2002 et 2003. Nous espérons que vous nous enverrez vos réflexions et expériences concrètes afin de les mettre à la disposition de tous sur Internet. D'autres textes rejoindront au fil du temps le site.

Décès du pasteur Werner JURGENSEN

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In memoriam, par Marc Lienhard
Président du directoire de l'ECAAL
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Werner Jurgensen est né le 7 avril 1943 à Kassel. Il a fait ses études primaires à Gunsbach, ses études secondaires à Munster et à Colmar, ses études de théologie à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg. Marié à Elisabeth Arbogast, il a adopté deux enfants.
De 1966 à 1968, il a été vicaire et pasteur à Colmar, chargé particulièrement d'animer le mouvement de jeunes "Jeune Eglise" et de desservir, pendant un temps, les paroisses de Sundhoffen, Appenwihr et Andolsheim.
Il fut ensuite successivement pasteur à Algolsheim (1968-1978), où il est ordonné en 1970, pasteur à Barr (1978-1984), où il occupera aussi les fonctions d'Inspecteur Ecclésiastique de 1982 à 1984.
En 1984, il succède à Michel Hoeffel comme Secrétaire Général du Directoire de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (ECAAL), fonction qu'il remplit jusqu'en 1994. De 1994 jusqu'à son décès, le 11 mars 2003, Werner Jurgensen a été pasteur à Bischheim.
De 1988 à 2002, il a présidé le CPLR (Conseil Permanent Luthéro-Réformé regroupant l'Eglise Réformée de France, l'Eglise Réformée d'Alsace et de Lorraine, l'Evangélique Luthérienne de France, et l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine). Durant cette présidence, il a, en particulier, oeuvré pour le dialogue avec les Eglises anglicanes qui a abouti, en 1999, à la publication de l'Accord de Reuilly, signé solennellement en juin et juillet 2001, et qui établissait la communion entre les Eglises luthériennes et réformées de France, et la Communion Anglicane. Il a renforcé l'assise juridique du CPLR constitué en association de droit local d'Alsace et de Moselle et inscrit en tant qu'organisme de formation. Par ailleurs, il a beaucoup oeuvré au service de la Société d'Edition et de Diffusion des quatre Eglises, et au service de la formation continue des pasteurs de France.

Werner Jurgensen s'est investi de toutes ses forces dans la communion luthéro-réformée de France, réunie au sein du CPLR, préparant méticuleusement les conseils et les assemblées, ne comptant pas son temps et ses efforts pour animer et approfondir cette communion. Il était un homme d'Eglise au meilleur sens du terme. Voici ce qu'il déclarait aux Dernières Nouvelles d'Alsace, lorsqu'il est devenu pasteur de Bischheim : « J'ai pu voir l'Eglise dans sa globalité. Ça m'a appris qu'on ne devait pas se contenter d'animer un petit groupe de gens dans son coin. Il faut que le rayonnement de la paroisse soit au service des autres, qu'il y ait une ouverture, une solidarité avec toute l'Eglise et avec toutes les Eglises. C'est ce message que j'aimerais faire passer » (DNA 21.09.1994).

L'ECAAL, et plus généralement les Eglises luthériennes et réformées de France ont perdu un pasteur zélé, lucide, consacré à la cause de l'Evangile et tout entier tendu, dans ses diverses fonctions, à ouvrir la vie de l'Eglise et des paroisses vers d'autres Eglises, et à répondre aux défis du temps présent.

Hommage du pasteur François Clavairoly, président du CPLR
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Notre ami le pasteur Werner Jurgensen nous a quittés. Ceux qui l'ont connu depuis de longues années perçoivent sans difficulté tout ce que l'Eglise lui doit, et notamment les quatre Eglises luthériennes et réformées de France. Soucieux du dialogue et de l'écoute, engagé avec beaucoup d'autres dans la démarche oecuménique, il savait allier l'exigence et la patience, la précision et la persévérance. C'est en grande partie grâce à ces qualités mises à notre service au sein du Conseil Permanent luthéro-réformé qu'il a présidé un quinzaine dannées, que des liens se sont noués, des projets se sont construits, des perspectives se sont ouvertes.
Je pense en particulier à toute la joie qu'il a vécue ces dernières années au travers du dialogue avec les Eglises anglicanes de Grande Bretagne et d'Irlande, dialogue ponctué par le fameux accord appelé Déclaration commune de Reuilly. Il aurait du participer à la célébration d'installation du nouvel archevêque de Canterbury, mais la maladie l'en a empêché.
Ses expressions clefs étaient « respect mutuel des personnes », « approfondissement d'un dialogue vrai avec les Eglises »...et il vivait cela profondément.
Nous pensons ce jour à son épouse et ses enfants que nous portons dans la prière et l'intercession, et nous rendons grâce à Dieu pour les ministres qu'il donne à son Eglise.

Message de Marcel Manoël
Président du Conseil national de l'Eglise réformée de France
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J'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès du pasteur Werner Jurgensen, ancien président du Conseil permanent luthéro-réformé. Je partage d'abord à la douleur des siens devant cette disparition brutale au terme d'une maladie fulgurante, au moment même où il pouvait espérer avoir un peu plus de temps à leur consacrer. Je m'associe à la peine de son Eglise, au service de laquelle il a assumé des tâches importantes.
L'Eglise Réformée de France doit beaucoup au ministère de Werner Jurgensen à la présidence du CPLR, à son engagement dans la réalité de notre communion ecclésiale, à sa persévérance pour la faire progresser, à son attention et à son respect de l'identité et des prises de position de chacune de nos Eglises.
Je sais aussi combien cet homme pudique et d'apparence un peu distante pouvait être attentif aux autres et fidèle en amitié.
Grâces soient rendues à Dieu pour ce qu'il nous a donné par ce frère !

Message de Joël Dautheville
Pour l'Eglise évangélique luthérienne de France
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Le pasteur Joël DAUTHEVILLE, inspecteur ecclésiastique de Montbéliard, invité à Strasbourg au Consistoire supérieur de l'ECAAL (15 et 16 mars) a exprimé, au nom de l'EELF, sa peine pour la disparition de Werner JURGENSEN, rappelant avec reconnaissance tout ce qu'il avait apporté à l'Eglise. L'EELF avait été particulièrement touchée par la présence de Werner JURGENSEN à son dernier synode général, en mai 2002 ; elle rend grâce pour le ministère de cet ami disparu.


VIE DES ÉGLISES

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Consistoire Supérieur de l'ECAAL

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Le Consistoire Supérieur de l'Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (Ecaal) qui s'est déroulé les 15 et 16 mars 2003.

Le dimanche, le Consistoire a rencontré les six personnes ayant présenté leur candidature. Il s'agit de :

Mme Sylvie Reff-Stern, auteur-compositeur interprète,
MM. Jean-François Collange, professeur de théologie à la faculté de Strasbourg,
Martin Graff, journaliste,
Freddy Sarg, inspecteur ecclésiastique de Dorlisheim,
Jean Volff, procureur près la cour d'appel de Toulouse,
Thomas Wild, pasteur de Saint-Thomas à Strasbourg.

Au cours de ces échanges, le pasteur Thomas Wild s'est désisté. À l'issue de la journée une consultation a été organisée d'où il ressort que les candidats les plus largement cités comme pouvant se présenter ont été, dans l'ordre des citations : M. Jean Volff, M. Jean-François Collange, Mme Sylvie Reff-Stern et M. Freddy Sarg. M. Martin Graff n'a été cité qu'une fois. Il appartient maintenant au Directoire de choisir, sur avis de la commission de proposition, les noms des candidats prenant effectivement part au vote du 24 mai 2003.

Le samedi a été consacré à l'adoption de diverses dispositions réglementaires : l'attribution du certificat d'aptitude aux fonctions pastorales ; la signature d'une convention avec les Églises d'Allemagne autorisant les Allemands établis dans nos régions à garder la qualité de membre d'Église dans le Land d'origine ; le règlement des assemblées d'inspections.

La première commission, « affaires générales »
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a rendu compte de ses travaux sur un texte de propositions « Projet Martin Bucer » concernant les défis à relever dans les prochaines années dans le prolongement du projet d'Église. Il en ressort l'urgence de redéfinir le fonctionnement ecclésial, de repenser la gestion des ministères, de développer les relations entre les différents lieux d'Église ainsi que d'avoir une politique financière cohérente ;
- va mettre à jour le Vademecum des pasteurs.

La deuxième commission, « théologie et mission »
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Dans le cadre de la décennie contre la violence, un groupe est chargé de faire l'inventaire des initiatives déjà existantes en se donnant pour thème principal la violence au sein des familles et principalement à l'encontre des femmes. La commission invite à s'associer aux mouvements de lutte contre les trafics humains.

La troisième commission , « gestion – finances »
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- constate la quasi impossibilité de faire avancer le dossier de la couverture sociale des pasteurs en raison d'un désintérêt des assureurs ;

- insiste sur la nécessaire solidarité entre les paroisses concernant les travaux dans les paroisses : les travaux lourds ou de sécurité devraient être prioritaires par rapports aux projets d'embellissement ; - s'interroge sur une meilleure animation financière par le biais de l'Union d'Entraide, principalement à destination de ceux qui ont pris leurs distances avec l'Église.

Le Directoire a également rendu son rapport d'activités. Il s'est préoccupé en priorité des questions relatives à la vie des paroisses et des pasteurs tout en développant ses relations avec les autres Églises et en multipliant les rencontres avec les élus locaux sur différents points d'actualité comme l'Aide aux Personnes Âgées (APA) ou les demandeurs d'asile.

Le Consistoire Supérieur a reçu une délégation de la Mission évangélique Tzigane « Vie et Lumière » qui lui a fait part de ses soucis d'organisation. La demande d'aide pour trouver un local de réunion à Strasbourg a été reçue favorablement. À l'avenir une concertation devra se mettre en place pour que les pasteurs au niveau local puissent aider la Mission dans ses relations avec les élus locaux.

Christian Seytre, secrétaire général de la Fédération Protestante de France a rendu compte de l'avancement des procédures d'élargissement de la FPF en vue de l'Assemblée générale des 22 et 23 mars prochains. Les Assemblées de Dieu ont reconnu ne pas être encore prêtes à accepter les conditions préalables à l'adhésion tandis que les Méthodistes ont renoncé à l'adhésion mais demandent à rester en dialogue, la Fédération des Églises du Plein Évangile en France à également renoncé à sa demande d'adhésion. Les Églises Mennonites ont déposé une demande d'adhésion, le processus de dialogue va se mettre en place. À l'Assemblée générale 2003 seront donc examinées les candidatures de l'Union Franco-Belge des Églises Adventistes et de quatre fédérations pentecôtistes.

Au cours des questions d'actualité le Consistoire Supérieur
- s'est inquiété du désengagement financier du Fonds d'Action Social (FAS) qui met en danger le fonctionnement du CPCV ainsi que d'autres organismes comme la Semis et le Casas.
- a invité les membres de l'Église ainsi que toutes les bonnes volontés à manifester leur engagement pour la paix en allumant des bougies le vendredi 21 mars à 20h tandis que les cloches des églises sonneront à la même heure. Il a encouragé les initiatives locales qui pourraient être prises localement dans le sens de l'engagement pour la paix.

Dans son rapport oral, le président Marc Lienhard affirmait « avec force que la guerre envisagée est non seulement illégitime, mais aussi inutile et nocive » plaidant pour une résolution pacifique de la crise irakienne dans le cadre des règles du droit international. Il rappelait que ce contexte difficile rendait encore plus urgente la redécouverte, avec l'Année de la Bible, du message biblique : « il n'y a pas seulement le diable ou le destin aveugle, mais le Dieu vivant qui combat les idoles et veut que l'homme vive debout ». Ce message fonde la vie de l'Église, un témoignage « toujours à recommencer ». Et si l'Église ne se résume pas à ses pasteurs, il n'en reste pas moins qu'ils sont un élément déterminant de son témoignage. Il faut donc qu'ils aient une attitude « professionnelle » au sens le plus noble et théologique du terme. L'Église doit les y aider ; ils doivent aussi l'accepter.

L'Église combat « tout ce qui divise, tout ce qui porte atteinte à la bonne création de Dieu et au vivre ensemble entre les hommes ». Elle veut être un feu allumé dans l'obscurité ! (Roland Kauffmann)

Prochaines sessions du Consistoire Supérieur :
Session d'élection : 24 mai 2003
Session d'automne : 25-26 octobre 2003
En assemblée commune avec l'Eral : 15-16 novembre 2003

Des nouvelles de l'Union des Eglises évangéliques libres

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Le 6 avril, l'Union des Eglises libres (UEEL) organise la Journée de la mission. Engagée dans un partenariat avec la Nouvelle-Calédonie et le Congo-Brazzaville, l'union des Eglisess'apprête à signer une convention avec les îles Vanuatu lors du 79ème synode des UEEL à La Costette en Hute-Loire, du 29 mai au 1횬ŁUP￿￿r<��UP��juin.

79ème synode : « Pour une Eglise en développement »
Le premier dimanche de février est la journée consacrée à l'Union, autrement dit c'est l'occasion d'informer sur le travail qu'elle effectue pour tous, de faire connaître les différentes commissions des ministères, de la mission, d'évangélisation, d'éthique libro-baptiste, des immeubles, Internet.
Cette année, c'est la commission des immeubles qui en passant en revue tous les locaux a présenté le thème synodal « Pour une Eglise en développement » avec un souci d'aborder le sujet par le terrain !
Lors de ce 79ème synode de l'UEEL fin mai, deux orateurs de choix interviendront sur le thème synodal : Michel Bertrand, ancien président de l'Eglise réformée de France et animateur de Théovie, service de formation biblique et théologique à distance, et Erhard Michel, responsable de la commission d'évangélisation de l'Eglise libre d'Allemagne. On comprend bien l'intérêt de ce synode lorsque Pierre Lacoste, président de l'Union des Eglises évangéliques libres, explique que « la moitié des 50 postes paroissiaux de l'UEEL, sont des postes d'évangélisation. Ces postes ne sont pas autonomes financièrement, ils sont nés de l'essaimage d'Eglises majeures - qui elles sont autonomes. Des personnes mutées professionnellement ont par exemple souhaité recréé quelque chose dans leur nouveau lieu de vie ». Ainsi à Salon-de-provence, Aix-en-Provence, Montpellier, Pau des Eglises libres se sont installées. « La manière de vivre sa tradition, de lire la Bible, notre confession de foi, les gens y sont attachés. Cela vaut le coup d'en faire la promotion ! » déclare Pierre Lacoste, quand on lui demande pourquoi les libristes créent de nouveaux postes dans des lieux où il y a déjà des Eglises protestantes.
L'autre grand sujet de ce synode devrait être le ministère pastoral féminin. La réflexion se poursuit, un texte devrait être élaboré début mai et la question du ministère féminin, clairement posée au synode. Seules quelques femmes ont pu accéder à ce poste jusqu'à présent.

La mission
L'Union des Eglises évangéliques libres de France a des liens privilégiés avec le Congo-Brazzaville, et elle est très engagée dans la plateforme « Ensemble pour le Congo-Brazzaville » de la Fédération protestante de France. Elle cultive aussi un partenariat avec la Nouvelle-Calédonie avec qui elle n'a pourtant aucun lien historique. Elles se sont rencontrées dans le cadre d'une rencontre mondiale des Eglises libres mais la francophonie aidant... elles ont mis en place une convention. L'UEEL a ainsi mis en place une formation biblique et pratique de base en 3 ans pour les futurs pasteurs. Et tous les 6 mois, deux français partent 10 jours donner des cours. La première promotion aura terminé dans 18 mois. Ce projet devrait aboutir à ce qu'à leur tour les kanaks partent former les futurs pasteurs libristes des îles Vanuatu, où les premiers missionnaires presbytériens britanniques arrivèrent en 1839, suivi en 1860 par les anglicans et en 1887 par les catholiques français.

Les Eglises libres...une vieille histoire
Issues des mouvements de Réveil du 19ème siècle, les Eglises libres sont fondées en France en 1849 par le pasteur Frédéric Monod. Elles s'attachent à la profession personnelle de la foi en Jésus Christ, à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, à l'époque où les autres Eglises sont concordataires, et prône la sainte doctrine ou le retour à la lecture de la Bible.
C'est à l'initiative de l'Union des Eglises évangéliques libres que la Fédération protestante de France s'est créée en 1905. Le premier président de la Fédération protestante de France, Edouard Grüner était d'ailleurs libriste. Il est resté à ce poste 25 ans ! Après 1938, date de la création de l'Eglise réformée de France, les Eglises de l'Union seront peu portés vers l'oecuménisme et se retireront de la FPF au profit d'un changement de statut en 1963. La situation ayant évolué, de part et d'autre, elles reviennent dans la FPF en 1996.
Actuellement, les 50 Eglises, qui composent l'UEEL, sont majoritairement implantées dans le Sud de la France (Aquitaine, Sud-Est) et à Paris. (MD)

L'étonnant succès des évangéliques

Par Claire LESEGRETAIN – la Croix – Jeudi 6 mars 2003
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Avec près de 1.800 églises et quelque 350.000 membres en France, le courant évangélique ne cesse de progresser depuis une trentaine d'années

Le centre du renouveau chrétien, installé à Villemomble (Seine-Saint-Denis) depuis 1984, ne désemplit pas en ce dimanche matin. Les trois cultes de 9h, 11h et 13h font salle comble avec, à chaque fois, 150 fidèles, majoritairement noirs et antillais. Mot d'accueil, chants de louange (soutenus par une chorale, une batterie, deux guitares et un piano électrique), témoignage personnel, prédication du pasteur Jacques Chlepko et appel final pour «demander à Jésus de changer ma vie» se succèdent sans une minute de répit.

Les autres jours, des fidèles dynamiques se chargent d'animer 45 groupes de prière de quartier, des équipes de foot, de danse ou de théâtre pour adolescents, une chorale pour enfants, de la distribution alimentaire pour les pauvres... Bref, cette église évangélique tendance charismatique, où sont célébrée une quarantaine de baptêmes d'adultes chaque année, est sans conteste «jeune et très vivante», selon l'expression de Jeanine, 23 ans, membre de l'équipe d'intercession, ou de Philippe, responsable de l'accueil.

Tous les deux sont des «convertis»: Jeanine, d'origine catholique, a été guérie ici d'une étrange maladie il y a cinq ans; Philippe, d'origine mauricienne et hindoue, a été «touché» il y a douze ans. L'église de Villemomble est l'une des 135 églises de la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF), elle-même affiliée à la Fédération évangélique de France (FEF) qui totalise 302 Églises sur un total de 1.768 Églises évangéliques de toutes dénominations.

Des chiffres impressionnants et qui ne cessent d'augmenter depuis une trentaine d'années, au rythme, dit-on, d'une implantation nouvelle tous les dix jours. Au point que la composante évangélique est aujourd'hui numériquement majoritaire au sein du protestantisme français. Les sociologues des religions ne manquent pas d'hypothèses pour expliquer cette forte croissance: besoins de certitudes et de repères dans une modernité désenchantée, recherche de sociabilité chaleureuse dans une société atomisée, désaffection pour l'autorité hiérarchique... «Avec leurs pasteurs élus et leurs baptêmes conférés à des adultes convertis, les communautés évangéliques mettent en avant le choix personnel», souligne Sébastien Fath, sociologue au CNRS et auteur d'une récente biographie de Billy Graham. Les églises évangéliques sont, en effet, généralement de type «congrégationaliste», avec autonomie de l'assemblée locale, ce qui permet une vie de réseaux à la fois serrée et souple. Cette organisation s'explique, selon le pasteur Étienne Lhermenault, secrétaire général de la FEEBF, par «la conviction que l'Église du Christ est pleinement représentée dès qu'une congrégation (c'est-à-dire 2 ou 3 personnes) est réunie». Il faut dire aussi que les évangéliques sont prosélytes: «le coeur de leur identité est l'évangélisation», insiste Sébastien Fath, lui-même élevé dans la foi baptiste après la conversion de ses parents, luthériens d'origine. En France, ce souci d'évangélisation se manifeste diversement: distributions de tracts sur les marchés, porte à porte dans les cités, retransmissions d'émissions télévisées (notamment celles du luthérien évangélique Ulrich Parzani proche des télévangélistes américains), grands rassemblements permettant de ficher des milliers de participants...

Enfin, dernière explication, le message des évangéliques est simple, leur acte de foi s'articulant autour de quatre points essentiels: Jésus sauve, Jésus baptise du Saint Esprit, Jésus guérit, Jésus revient. Quatre points que l'on retrouve dans la définition du protestantisme évangélique par l'historien américain David Bebbington (1989): focalisation sur la conversion (avec changement de vie), normativité de la Bible (lue quotidiennement), importance de la Croix et engagement individuel (généralement exprimé par le baptême d'adultes par immersion).

Pour les évangéliques, en effet, «on ne peut pas confesser la Seigneurie du Christ sans être baptisé du Saint Esprit», résume le pasteur Claude Baty, pasteur de la paroisse évangélique d'Alésia (Paris) affiliée à l'Union des Églises évangéliques libres (UEEL). C'est pour cela que ces Églises, en France, ne baptisent qu'à partir de l'âge de 13-14 ans, quand l'enfant peut attester de sa foi en Christ. Cette profession publique, qui se fait sous forme d'un récit de vie, est précédée par des entretiens pastoraux pour vérifier le sérieux de la démarche et apporter un enseignement de base. «Nous nous fions à la parole des gens, même si ceux-ci sont mus par un enthousiasme peu éclairé, reconnaît le pasteur Lhermenault. Les années montreront si c'était du solide!» Pourtant bien des aspects des évangéliques pourraient être considérés comme peu attirants... Opposés au concubinage, au divorce, à l'avortement, aux fécondations in vitro et aux actes homosexuels, ils incitent vigoureusement les nouveaux membres à régulariser leur situation privée avant le baptême.

«Sur ces questions, les évangéliques se sentent davantage en concordance avec les positions catholiques qu'avec celles des Églises protestantes traditionnelles», souligne le pasteur Baty. Ils sont opposés de même à toutes dépendances à l'alcool, aux drogues, voire au tabac.

Depuis quelques années, toutefois, certaines Églises évangéliques ont davantage mis l'accent sur l'éthique sociale. Ainsi, en l'année 2000 (jubilé oblige !), la FEEBF a voté trois résolutions pour une remise de la dette des pays les plus pauvres, pour la paix au Kosovo et pour l'amélioration des conditions de vie des personnes âgées dépendantes.

Les évangéliques apparaissent également conservateurs à propos de l'accès des femmes au ministère pastoral. Une enquête réalisée par la FEEBF sur la place des femmes dans les Églises montrait que, dans 52% des Églises, les femmes ne président jamais le culte et que, dans 69%, elles ne prêchent jamais. «Alors que la première femme pasteur en France, dans les années 1930, était baptiste, rappelle Claude Baty, on n'en compte qu'une actuellement au sein de l'UEEL».

Cette question devrait d'ailleurs être abordée au prochain congrès de la FEEBF qui a lieu chaque année à l'Ascension. «On souhaite y adopter un texte commun pour aller de l'avant sur cette question des femmes pasteurs, explique Étienne Lhermenault. Mais le vote définitif ne se fera qu'en 2004.» Une question sensible donc... D'autant que les Églises évangéliques ont une certaine propension à se diviser. Une fragilité dont elles ont conscience, comme le prouve leur récent engagement à dépasser leurs scissions et à «Évangéliser la France ensemble».

Autre fragilité de ces Églises: l'inégalité de formation des pasteurs. «La plupart sont très bien formés mais quelques uns sont plus autodidactes et n'ont d'autre légitimité que la reconnaissance de leurs fidèles, reconnaît le pasteur Lhermenault. Or un pasteur engage toujours le nom de la fédération.» Ces dernières années, la FEEBF a donc mis en place quelques critères avant de reconnaître un pasteur. Celui-ci doit faire preuve d'une «aptitude à se former» et être capable de «se positionner face aux autres à la bonne distance».

Il lui faut suivre trois ou quatre ans d'études à l'institut biblique de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), fondé en 1921, ou à la faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine (Yvelines), fondée en 1965. Il effectue ensuite un stage d'un an auprès d'un collègue puis encore deux années de «proposanat». Enfin, six sessions annuelles de trois jours sont proposées à tous les pasteurs de l'UEEL et de la FEEBF dans le cadre de l'école pastorale de Massy, créée il y a une vingtaine d'années et dirigée par le pasteur Louis Schweitzer, ancien secrétaire général de la Fédération protestante de France.

Ce contrôle des pasteurs permet aussi de vérifier leur ouverture oecuménique. Si la plupart des Églises évangéliques affiliées à la FEEBF ou à l'UEEL participent à la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens et entretiennent des rapports cordiaux avec les paroisses catholiques voisines, il existe toujours des évangéliques qui rejettent le catholicisme, parfois de manière primaire. «Ils nous considèrent encore souvent comme des idôlatres du fait de notre vénération de Marie et des saints», sourit le P. Guy Lepoutre, jésuite proche des milieux évangéliques et travaillant de longue date à «l'apprivoisement des uns et des autres».

Un travail qui lui permet d'apprécier, chez les évangéliques, «un fort amour de Jésus Christ et une conception du combat contre les forces du Mal que les catholiques ont un peu perdu de vue. Ils ont une manière directe et tonique d'annoncer le Salut», poursuit le P. Lepoutre. Il est vrai que les évangéliques n'ont pas peur d'aller vers ceux qui ne franchiraient jamais le seuil d'une église et de les aider à sortir de leurs difficultés de divorce, de chômage, de dépression, d'alcoolisme...

Ainsi, Jean-François Serres (fils du philosophe Michel), devenu évangélique après sa conversion, il y a onze ans, a choisi de s'installer avec son épouse et ses quatre enfants comme responsable du développement social dans une cité difficile de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Là, depuis sept ans, il visite les familles isolées, coordonne des activités associatives et artistiques, fait du soutien scolaire...

«Notre choix de partager les conditions de vie de ces familles est sous-tendu par l'Évangile», explique-t-il. Rattaché à la Mission intérieure baptiste (MIB, affiliée à la FEEBF), Jean-François Serres, qui n'est pas pasteur mais «responsable d'oeuvre», a lancé un groupe de prière dans le quartier qui rassemble chaque semaine une vingtaine de personnes. Pour lui, la légèreté des structures évangéliques est un atout et «le plus grand scandale n'est pas le manque de formation pastorale, mais le peu de chrétiens qui viennent vivre avec les pauvres!»

Même constat de la part de Bruno Berthon, catholique engagé dans sa paroisse de Neuilly-sur-Seine et président depuis 1983 de la communauté française des Hommes d'affaires du plein Évangile, association fondée aux États-Unis en 1952 par l'évangélique pentecôtiste Demos Shakarian et qui organise des petits-déjeuners d'évangélisation. «On nous reproche souvent une manière d'annoncer l'Évangile trop simple, résume-t-il. Mais il faut bien commencer par prendre les gens là où ils en sont, dans leurs relations de couple, leurs problèmes d'éducation des enfants ou leur stress professionnel !» Et puis, conclut Bruno Berthon avec humour, si «les évangéliques font beaucoup de nouveaux-nés, les catholiques, eux, font quelques géants. »


SOCIÉTÉ

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Pourquoi tant de résistances face au don d'organes ?

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Avez-vous votre carte de donneur ? La question vous met mal à l'aise. Vous êtes en principe pour le don d'organes, mais vous êtes paralysé par toutes sortes de réticences. C'est que la question touche aux certitudes les plus intimes de chacun. En réalité, les résistances sont nombreuses face à une médecine qui provoque autant d'admiration que d'inquiétude! Une journaliste lausannoise a mené l'enquête, ne cachant ni le trouble des équipes soignantes des unités de soins intensifs, ni la joie des greffés, sauvés d'une mort imminente grâce à un don d'organes, encore moins les questions éthiques que pose la transplantation d'organes.

Jusqu'à maintenant, l'information véhiculée par les médias s'est essentiellement focalisée sur les prouesses de la médecine de transplantation et les témoignages de reconnaissance des receveurs qui ont vu leur qualité de vie augmentée ou ont échappé à une mort imminente. Mais personne ne s'était encore attaqué aux questions tabous que soulèvent la transplantation, n'a analysé les causes des réticences du public pourtant maintes fois sollicité par des campagnes visant à augmenter le nombre de donneurs, ni entamé une réflexion de fond sur la mort. Quand le processus de la mort commence-t-il et quand finit-il ? L'âme est-elle présente jusqu'à l'ultime souffle ? Car la transplantation d'organes prélevés sur une personne morte pour « réparer » un malade, est loin d'être un geste anodin et touche directement à la question de la mort.

Journaliste, Marlyse Tschui, a choisi de faire le tour complet de la question sans rien laisser dans l'ombre. Troublée par sa propre réaction horrifiée, après la diffusion d'un reportage télévisé consacré au premier homme qui avait bénéficié d'une greffe des mains, elle a mené l'enquête afin de nourrir sa réflexion personnelle. « Je voulais savoir ce qui se passait dans les coulisses de la transplantation et parler là coeur ouvert avec les différents acteurs en jeu ». Elle a interrogé des dizaines de greffés, de parents de donneurs, d'infirmiers, de médecins responsables d'unités de soins intensifs, de chirurgiens, de psychiatres et d'éthiciens, consulté une vaste documentation et analysé avec attention les avis recueillis sur un site Web outre-Atlantique, où s'expriment transplantés et familles de donneurs, à la suite d'une petite annonce qu'elle y avait rédigée. L'avalanche de messages qu'elle a reçus lui a permis de mieux cerner les réactions les plus représentatives face aux questions posées par la transplantation.

Au terme de votre enquête, avez-vous pu arrêter votre propre opinion sur la question du don d'organes ?
Je n'ai pas trouvé une réponse unique. Je ne peux affirmer ni un oui, ni un non clair à la question du don d'organes. C'est un sujet qui touche à mes interrogations fondamentales, à mon éthique personnelle et à mes émotions, dont il me faut tenir compte. La transplantation comme la procréation assistée et l'acharnement thérapeutique me posent problème. Il y a des progrès médicaux et scientifiques magnifiques, mais comme tout progrès, ils ont des effets pervers. Je suis frappée par le refus de la stérilité et ce droit à des enfants qui est revendiqué, mais aussi par le refus de la mort. La croyance en un progrès illimité est devenu une forme de déni collectif de notre finitude. Nous sommes tous mortels, et pourtant nous faisons comme si tel n'était pas le cas. Par contre, je sais que si l'un de mes proches avait besoin de la greffe d'un rein ou de moelle osseuse, je le lui offrirais volontiers, car il s'agit d'une transplantation de vivant à vivant et pour moi, elle va de soi. J'estime par contre que si l'on refuse d'être donneur, il faut être cohérent et renoncer à recevoir un don d'organe au cas où l'on en aurait besoin.

On ne prélève des organes, que lorsque la mort cérébrale du futur donneur a été constatée. Mais est-il bien mort à ce moment-là ? C'est ce que se demandent bien les gens.
S'il est un point sur lequel je n'ai plus aucun doute, c'est qu'une personne en mort cérébrale n'a aucune chance de se réveiller un jour. Quand le cerveau est mort, l'individu est bel et bien mort. Des techniques sophistiquées permettent de s'assurer que le tronc cérébral, privé d'irrigation sanguine, est totalement détruit. Si vous débranchez le respirateur artificiel, cette personne cesse immédiatement de respirer et la mort intervient sur-le-champ. Ce n'est plus le coma, c'est la mort. Ce doute qu'ont beaucoup de gens quant à la survie possible d'une personne en mort cérébrale n'a plus de raison d'être. Il provient d'une époque révolue où il n'était pas toujours possible de vérifier avec une certitude absolue la cessation définitive de toute activité encéphalique. Puisqu'il n'existe plus aucune connexion entre le corps et le cerveau, logiquement, aucun signal de souffrance ne peut être transmis ni ressenti. A ce moment, l'âme du patient est-elle encore présente ? Peut-elle percevoir quelque chose de ce qui se passe ? C'est la grande question à laquelle personne n'a de réponse. De nombreux soignants parlent à un patient en mort cérébrale comme si celui-ci pouvait les entendre. Ils disent : « je sais qu'il est mort, mais je parle à son âme. »

Entre le moment où le donneur est emmené vers le bloc opératoire et celui où le corps est restitué à ses proches après l'intervention, il s'écoule environ six heures. Une période douloureuse pour la famille, privée de veiller de corps pendant tout ce temps-là.
On ne devrait pas renvoyer les proches à la maison pendant que la personne se fait explanter, mais mettre à leur disposition une pièce pour qu'ils puissent y attendre, et y ramener ensuite le corps, afin que la famille puisse veiller le défunt. Il faudrait absolument améliorer l'accueil des familles, pour qu'elle ne vive pas ces moments difficiles dans des conditions trop traumatisantes. Il faudrait aussi inventer de nouveaux rituels à partir du moment où la mort cérébrale est établie pour aider non seulement la famille mais aussi le personnel soignant. Je suis très sensible à l'aspect symbolique de la mort, à la dignité du mort que l'on doit absolument respecter.

Vous abordez dans votre livre l'ambivalence des professionnels face à la mort encéphalique.
Elle a été mise en évidence par une étude réalisée aux Etats-Unis dans quatre hôpitaux de Cleveland. Elle montre que l'atteinte massive à l'intégrité du corps du défunt peut s'avérer extrêmement éprouvante; même en étant convaincu de l'utilité du don d'organes, il faut avoir le coeur bien accroché pour assister à tous ces prélèvements successifs. (Si aucune mention n'a été précisée, le plus grand nombre d'organes est prélevé). Pour beaucoup d'infirmiers et d'anesthésistes, le moment le plus chargé émotionnellement est l'arrêt du ventilateur qui assure la respiration artificielle du patient. Une étude du CHUV à Lausanne montre que les donneurs sont moins nombreux aux soins intensifs que chez les médecins et les infirmiers des autres services. J'ai toutefois rencontré des soignants ayant leur carte de donneur, y compris aux soins intensifs.

Vous avez rencontré des familles de donneur.
Je suis admirative devant leur choix, leur générosité et leur courage.

Quel avenir pour la transplantation ?
Je crois qu'on vit actuellement une période de transition et que l'avenir est aux cellules souches et à la culture des cellules qui ont la capacité de se multiplier et d'accomplir n'importe quelle fonction, et qui pourront de ce fait, régénérer un organisme malade. Ces techniques de demain résoudront bien des problèmes éthiques qui se posent aujourd'hui.

Marlyse Tschui, Le don d'organes, donneurs, greffés et soignants témoignent, mars 2003, éd. Anne Carrière. (ProtestInfo/Nicole Métral)



SPÉCIAL IRAK

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Les protestants critiquent «l'autisme» de Bush

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Élie Maréchal – Le Figaro - 14 mars 2003
Comme les autres confessions religieuses, la Fédération protestante de France (FPF) se préoccupe des menaces de guerre qui pèsent sur l'Irak et le Proche-Orient. Lors de sa prochaine assemblée générale qui se déroulera les 22 et 23 mars à Paris avec 84 délégués d'Eglises et d'associations membres de la FPF, Jean-Arnold de Clermont, son président, appellera à «se mobiliser contre le messianisme politico-religieux exprimé dans les discours de George Bush».

Cette assemblée générale annuelle se réunit pour examiner le rôle fédératif du service biblique de la FPF. Sans crainte des divergences religieuses ou politiques, les participants seront invités à réfléchir sur le thème de la «terre» à travers la Bible, ce qui conduit à l'actualité brûlante des rapports entre Israéliens et Palestiniens. D'autre part, sera poursuivi le processus en vue de l'adhésion de nouveaux membres à la FPF. Sont en effet candidats les adventistes, quatre fédérations pentecôtistes et les assemblées de Dieu en France. Enfin, selon toute probabilité, le renouvellement du conseil de la FPF, composé de 22 membres, devrait reconduire Jean-Arnold de Clermont pour quatre ans dans ses fonctions de président.

Présentant hier cette assemblée générale, Jean-Arnold de Clermont a dénoncé «l'autisme méprisant du président Bush qui refuse toute rencontre avec des responsables religieux». Il considère Bush comme «l'agresseur» qui engage «une guerre préventive sans légitimité». Quant à Saddam Hussein, il faut «l'amener à résipiscence, le maîtriser, le déplacer, voire le traduire devant le Tribunal pénal international».

Si le conflit américano-irakien met «en cause la relation entre foi et politique», il en va de même, selon le président de la FPF, à propos de l'«étrange débat» français sur la laïcité. Jean-Arnold de Clermont ironise sur la collusion entre «les défenseurs de la laïcité et des hommes ou des femmes (NDRL : catholiques) qui se drapent aujourd'hui dans un tissu de laïcité», naguère encore refusé. «Nous voilà coincés, dit-il, entre des ultralaïcistes et des politiques qui sont prêts à brader la loi de 1905 pour de bons sentiments envers l'islam.»

PS : commentaire du BIP :
les Assemblées de Dieu n'ont pas demandé leur adhésion, elles souhaitent poursuivre le dialogue...

MESSAGE du président de la Fédération protestante
aux Eglises américaines

à Bob Edgar,
Secrétaire Général du Conseil national des Eglises du Christ – NCCCUSA
et Jim Winkler,

Secrétaire Général de l'Assemblée des Eglises Méthodistes Unies
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« Frères et Soeurs,
Avec vous, nous avons reçu l'annonce de l'engagement des forces armées en Irak comme un terrible échec ; notre échec à convaincre le Président Bush et son Gouvernement et lui faire entendre qu'une autre issue était possible.


Avec vous, nous demandons pardon à Dieu et au peuple irakien pour tout ce que nous n'avons pas su faire pour conduire à une solution pacifique.

Avec vous, nous vivons maintenant dans l'inquiétude et la compassion pour le peuple irakien déjà accablé par des années d'embargo et le régime tyrannique de Saddam Hussein.

Avec vous, nous refusons la fatalité de cette guerre et de ses destructions et voulons continuer d'oeuvrer pour la paix.

Soyez assurés de notre fraternelle prière, pour vous qui avez tant fait pour que votre pays ne s'engage pas dans cette guerre absurde. Nous prions pour que vous restiez fermes dans l'espérance... »

Jean-Arnold de Clermont.

Les Eglises luthériennes
ont prié ensemble le 21 mars

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Le Consistoire Supérieur de l'Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (Ecaal), réuni à Strasbourg les 15 & 16 mars 2003, avait invité les membres de l'Ecaal à manifester leur engagement pour la paix par la prière et en allumant individuellement des bougies le vendredi 21 mars à 20h. Au même moment les cloches des églises retentissaient.
L'Eglise évangélique luthérienne de France (EELF) s'était associé à cette résolution. « Pour Jérôme Grondeux, président du Conseil synodal, et moi-même, il semblait important que nous puissions être en union avec nos frères luthériens en France dans ces temps difficiles que nous vivons » a déclaré Marie-France Robert, Inspecteur ecclésiastique de l'EELF-Paris. « Nous souhaitions nous associer à la prière de l'EELF Montbéliard à 18 h, là où nous nous trouvions (maison, travail, réunion) ». Elle suggérait que ce moment soit oecuménique. « Pour que tous soient en communion de prière et dans l'espérance que Dieu peut changer les coeurs et qu'une paix durable puisse s'installer dans notre monde. »

En France et en Europe :
ferme opposition baptiste à la guerre en Irak

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Le Conseil de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes de France (FEEBF), réuni le 8 mars 2003, tient à rappeler la ferme opposition de nos Eglises de France, comme d'ailleurs de celles de Grande-Bretagne ainsi que de toutes celles qui sont membres de la Fédération Baptiste Européenne (EBF) à la guerre qui se prépare contre l'Irak.(1)

Nous regrettons vivement le soutien apporté par la Convention Baptiste du Sud des Etats-Unis (Southern Baptist Convention) à la politique actuelle de leur gouvernement. Les projets de guerre ne nous semblent en effet correspondre d'aucune manière à quelque critère de la « guerre juste » qui puisse être invoqué.

Nous invitons les Eglises à prier pour la paix et à être, avec d'autres et dans la mesure de leurs moyens, artisans de paix et de justice.

Déclaration du Conseil d'Eglises chrétiennes en France

Que la guerre n'ait pas le dernier mot !
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La guerre qui vient de commencer est un dramatique « échec pour l'humanité ». En ce moment de grande tristesse, nous pensons d'abord aux victimes. Aérienne ou terrestre, longue ou courte, cette guerre va tuer et meurtrir des hommes et des femmes déjà accablés par des années d'embargo et de tyrannie ; des soldats aussi vont tomber. Autant de morts d'autant plus tragiques que – nous le redisons fermement, avec Jean Paul II, le Conseil oecuménique des Eglises et tous les responsables des Eglises – cette guerre-là n'était pas nécessaire, car d'autres voies restaient ouvertes. Nous espérons au moins que les organismes humanitaires pourront, rapidement et sans entraves, porter secours aux populations, et nous invitons les chrétiens de France à se montrer généreux pour soutenir de leurs dons ces secours, notamment pour faire face aux flots de réfugiés que va provoquer le conflit.

Notre solidarité va aussi vers nos frères chrétiens vivant dans les pays du Moyen-Orient, dont certains pourraient être victimes non seulement de la guerre, comme tous leurs concitoyens, mais aussi d'actes d'intolérance suscités par ceux qui prétendent présenter cette guerre comme celle des pays « chrétiens » contre le monde musulman.

Il se peut que cette guerre ravive, dans certains quartiers de nos villes et banlieues, des tensions entre communautés. Nous invitons les responsables des communautés chrétiennes à prendre contact avec les responsables des autres communautés religieuses, notamment juives et musulmanes, pour lancer ensemble un appel et organiser des rencontres pour la paix. Que nulle part ne puisse subsister dans les esprits, même échauffés par les tragédies du Moyen-Orient, le moindre doute sur le fait qu'aucune violence ne plait à Dieu : c'est un blasphème, pour tous les croyants, que de prétendre tuer ses frères humains au nom de Dieu.

En ce temps de carême, nous invitons les chrétiens à mettre plus que jamais au service de la paix les armes spirituelles de la prière et du jeûne. Que chacun, dans la méditation de la Parole de Dieu et la contemplation du Christ donnant sa vie, redécouvre ce que signifie concrètement pour lui l'invitation à devenir « artisan de paix ». Prions l'Esprit Saint de nous inspirer, avec audace et créativité, de nouvelles initiatives pour faire advenir la paix autour de nous et dans le monde.

Que personne, devant la violence du monde, ne perde l'espérance. Demain, il faudra reconstruire : reconstruire l'Irak, certes, mais aussi reconstruire un ordre international fondé sur la paix et la justice pour tous.

Le 20 mars 2003 Pasteur Jean-Arnold de Clermont
Président de la Fédération protestante de France Monseigneur Emmanuel
Métropolite de France
Président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France Monseigneur Jean-Pierre Ricard
Archevêque de Bordeaux
Président de la Conférence des évêques de France

REFUSER CETTE GUERRE, PREPARER LA PAIX

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La guerre, longtemps redoutée, vient d'éclater. Notre pensée se tourne d'abord vers les populations civiles d'Irak, déjà durement opprimées par le régime de Saddam Hussein et par douze ans d'embargo. Une fois encore, ce sont les petits et les pauvres qui sont tués, blessés, jetés sur les chemins de l'exil.

En janvier dernier, nous nous sommes unis pour appeler les chrétiens à dire non à cette guerre. Un refus que nos mouvements ont redit, avec d'autres, dans les grandes manifestations du 15 février et du 15 mars. Nous le redisons aujourd'hui : cette guerre est illégale et illégitime, car elle n'intervient ni en « légitime défense », ni en «ultime recours ». Nous déplorons notamment que les résultats significatifs obtenus par les inspecteurs de l'ONU pour désarmer l'Irak aient été délibérément sous-estimés.
Même si cette guerre devait rapidement abattre le pouvoir de Saddam Hussein, mettant ainsi fin à un régime haïssable, nous persistons à la juger illégitime, notamment à cause de ses graves conséquences sur le moyen et le long termes :
- l'atteinte portée au droit international. L'usage de la force armée, en violation des principes de la Charte de l'ONU, affaiblit gravement l'instance qui, en ces temps de mondialisation, devrait au contraire voir son rôle s'affermir pour gérer de manière multilatérale – et non en fonction des intérêts ou des idéologies des plus puissants – les grandes questions de la planète.
- la déstabilisation de toute la région, avec le risque de voir se déclencher des conflits armés en chaîne. La guerre n'est pas un moyen pour établir la démocratie et pour régler les conflits, lesquels appellent toujours la négociation. Seule, une conférence internationale permettra de rechercher une solution dans la justice et le droit qui soit équitable pour tous les peuples du Proche-Orient, notamment ceux d'Israël et de Palestine.
- le risque de tensions croissantes entre le monde occidental et le monde arabo-musulman. En alimentant la propagande des islamistes radicaux, cette guerre peut nourrir le terrorisme et exposer nos soeurs et frères chrétiens du Proche-Orient à de grands dangers. Il importe de redire avec force, avec tous les croyants, avec Jean Paul II et tous les responsables des grandes Eglises chrétiennes, qu'aucune guerre n'est « sainte », que personne ne peut identifier sa cause à celle du « bien » contre le « mal ». Que la constante opposition de toutes nos Eglises à la guerre ne soit pas masquée par les références isolées et simplistes des actuels responsables politiques américains au message biblique.
- le risque de disqualifier, dans le monde arabo-musulman, les valeurs que nous souhaiterions au contraire y voir se développer, pour le bien des peuples eux mêmes et de la paix : le respect des droits de l'homme, de la démocratie, du pluralisme religieux, etc. La perception, déjà bien ancrée, que les puissances occidentales usent de « deux poids deux mesures » dans la mise en oeuvre de leurs propres principes, selon que leurs intérêts sont ou non en cause, ne pourra que se renforcer.
- un énorme gâchis économique. Des milliards de dollars vont être détournés des investissements productifs et de la lutte contre la pauvreté. La crise économique et le chômage dont souffrent aujourd'hui les pays industrialisés et, plus encore, les pays en développement seront aggravés.
Partout dans le monde, les opinions publiques ont refusé cette guerre. C'est un grand signe d'espoir pour demain. Cette opinion publique internationale va continuer à se mobiliser pour exiger le retour, le plus vite possible, à une paix fondée sur la légalité internationale. Chrétiens, notre espérance nous appelle à croire qu'une paix fondée sur le droit, la justice, la solidarité, la résolution non violente des conflits est possible. Nous nous engageons à continuer à y travailler.

Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) - CIMADE - Communauté Mission de France – Conférence des Supérieures majeures (CSM) - Congrégation du Saint-Esprit - Justice et Paix - Equipes enseignantes – Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD – Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) - Pax Christi – Mouvement international pour la Réconciliation (MIR) – L'Œuvre d'Orient - Nous sommes aussi l'Eglise – Secours catholique - Vivre ensemble l'Evangile aujourd'hui (VEA).


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/