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Journée Chrétienne de la Communication 2001
(Matériel de réflexion)

Sommaire

Le Bip vous propose un matériel de réflexion pour la prochaine Journée Chrétienne de la communication qui se déroulera le dimanche 4 février 2001 dans les Eglises et associations protestantes, catholiques et orthodoxes sur le thème "Et Dieu cré@... Quand l'homme donne sens au numérique". Rappelons quelle a pour objectifs d'une part de sensibiliser les chrétiens aux enjeux de la communication médiatique et d'autre part de nouer des relations avec les journalistes et le grand public. Les documents qui suivent proviennent de CHA -Communication humaine aujourd'hui du Service national de la pastorale de la commmunication (SNPC), créé en 1998 pour succéder à Chrétiens-Médias, qui organise avec la Fédération protestante de France et le Service orthodoxe de presse la JCC.


Le numérique, c'est quoi ?

Une succession de deux chiffres, répétée et variée à l'infini. Un appareil photo qui montre ce qu'il fait et qui se branche directement sur l'ordinateur. Un téléphone portable plus performant, capable de recevoir des mèls et de naviguer sur la toile. Un appareil ménager pouvant conserver des denrées, mais aussi les commander. Encore des sigles, WAP, GPRS, UMTS... Une impression d'impuissance. Encore un monde obscur à apprendre, à maîtriser.

Le numérique est une véritable révolution dans le monde de la communication. Elle est très perturbante : nous voilà plongés dans le monde de l'immatériel, où il n'y a plus de support classique.

Tout est virtuel, recomposé, comme les mondes qui existent dans les jeux sur CD-Rom où il faut construire, à partir de rien, et sans règle, toute une civilisation et la faire prospérer pour s'enrichir. Nous voilà encore une fois - souvenez-vous, le feu, le langage, l'agriculture, la poudre, l'écriture, la révolution industrielle - à l'aube d'une nouvelle frontière où l'être humain, en tant que cocréateur, est appelé à maîtriser les risques et les chances d'un nouvel outil, rien de plus. Inutile de diaboliser, de paniquer, ou de feindre l'indifférence,le mépris.

Ne soyons pas coupables du délit d'ignorance volontaire. Prenons nos responsabilités d'homme créateur dans un monde voulu par Dieu.

A travers l'Internet et le numérique, ce sont d'autres relations que nous pouvons tisser avec des inconnus, ceux qui sont trop loin de nous géographiquement et ceux qui nous semblent éloignés, parce que nous ne parlons pas la même langue, parce que nous pensons différemment. Ce sont de nouvelles formes de solidarité que nous avons à inventer et à exploiter aujourd'hui.

Allons à la rencontre de ces nouvelles technologies. Ayons envie de les apprivoiser et de les utiliser pour annoncer autrement, mais toujours et encore, la formidable Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ, et d'une espérance ancrée dans le coeur des chrétiens. Croissons et multiplions sur la toile, dans des sites comme http://www.esperer.net, le portail commun des Eglises catholique, orthodoxes et protestantes en France, ouvert depuis la JCC de l'an 2000.

Equipe de la JCC 2001

Qu'on soit à la recherche d'une association, d'une église locale ou en quête de documentation, retrouvez les Protestants en réseau sur http://www.protestants.org/. Soyons créateurs du monde numérique de demain et participons à cette nouvelle aventure des hommes sur la terre.

Pour vous procurer l'affiche et le kit d'animation, n'attendez pas et contactez le délégué diocésain catholique à l'information (DEI).


Le numérique, une nouvelle exclusion

Il y a des chiffres plein d'enseignement : 2 % de la population mondiale est connectée à Internet, 98 % ne l'est pas... Et bien sûr, 88 % de ceux qui se connectent vivent dans des pays riches. En juillet, l'ONU lançait un programme pour "mettre les citoyens les plus pauvres de la planète sur la voie rapide de la technologie" et préconisait la constitution d'un fonds de 14 milliards de francs pour le tiers monde. Cela suffira-t-il à équiper toute la planète ? On peut en douter quand on sait que sur les 6 milliards d'êtres humains que compte notre planète, il y en a quand même 5 milliards qui n'ont même pas de ligne téléphonique... Le chantier est immense !

Les choses se compliquent lors que, même en France, on parle de "réduire le fossé numérique". Le 10 juillet dernier, le gouvernement français allouait 3 milliards de francs et 4.000 emplois-jeunes pour "donner à tous la possibilité de maîtriser les outils de la société de l'information", grâce à des mesures de formation et à une multiplication des points d'accès public à Internet.

Sommes-nous les parents pauvres de l'Occident en matière de technologies nouvelles et d'outils informatiques ? Non, pas du tout, le même problème existe dans toutes les autres sociétés industrialisées. Le risque d'exclusion se situe à deux niveaux.

Pourquoi cette fracture

D'une part, se pose le problème d'équipements et d'infrastructures que connaît la majorité des pays pauvres : pas de ligne téléphonique, un approvisionnement aléatoire en électricité, des machines extrêmement coûteuses, peu de techniciens pour les entretenir. A cela s'ajoute le manque de formateurs, le barrage de la langue (5,4 milliards d'individus ne parlent pas anglais, la langue qui permet l'accès à 80 % du contenu de l'Internet), voire de l'écriture. Si vous ne savez pas lire, la navigation sur la toile est impossible.

Et c'est là que les exclus des pays pauvres rejoignent les exclus des pays riches. Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la formidable révolution représentée par l'Internet ne bénéficie qu'aux individus relativement aisés et instruits". L'internaute-type est un individu de 35 ans, diplômé de l'enseignement supérieur, disposant de revenus élevés, habitant en ville et parlant anglais. Pour naviguer sur la toile, non seulement il faut savoir lire, mais il faut aussi avoir un minimum de culture générale pour faire soi-même certains liens et éviter de parcourir tous les sites botanistes si le Narcisse qu'on cherche n'est pas une fleur.

Exclusion par la différence

Le numérique, I'Internet, I'ordinateur, le téléphone sans fil nous mènent droit dans un monde virtuel, où tout se recrée sous d'autres formes, jamais palpables. Nous n'avons pas tous la capacité d'abstraction pour comprendre et apprivoiser ce phénomène. Le virtuel c'est aussi une équation mathématique, une façon de concevoir un objet en trois dimensions, sur un écran qui ne l'est pas. Et puis, quand on a maîtrisé l'écriture, l'abstraction et un minimum d'anglais, quand on est installé devant un ordinateur qui fonctionne parfaitement, il faut encore se couler dans la pensée du technicien allemand, canadien ou russe qui a conçu le logiciel que vous voulez utiliser. Le propriétaire d'un restaurant à Madagascar ou d'une épicerie au Tibet, qui jusque-là faisait ses comptes sur un boulier, sera sans doute plus d'une fois perplexe face à une logique qui n'est absolument pas la sienne !

Enfin, il ne faut pas être naïf. Si l'Internet a pu se développer autant, c'est à cause des enjeux financiers qu'il représente : Net-économie, start-ups, commerce en ligne, publicités sur les sites gratuits, jeux sur CD-Rom et en réseau... C'est donc un monde virtuel mais effrontément capitaliste, où l'argent fait loi, peut-être plus encore qu'ailleurs. Les sommes brassées autour de ce nouveau monde sont aussi immenses que le chantier qu'il reste à mettre en oeuvre pour rendre l'Internet accessible à tous.

Solidaires jusque dans le virtuel

Voilà pourquoi, encore une fois, il faut rester vigilants. Plus que jamais, pour éviter une nouvelle manière d'exclusion, nous devons rendre accessibles nos connaissances et notre savoir faire à ceux qui en sont dépourvus, ici et là-bas.


Entretien de Magali Van Reeth avec Philippe Quéau

Philippe Quéau, directeur de la division société de l'Information à l'Unesco.

MvR : En juillet dernier, l'ONU débloquait 14 milliards de francs pour de développement des nouvelles technologies dans les pays du tiers monde. Affamés mais connectés, c'est possible ?

P. Q.: I1 n'y a pas de réponse simple. Bien évidemment, Internet ne remplacera jamais un sac de riz ni l'eau potable. Or, l'accès à l'eau potable est un problème fondamental pour de nombreux pays. Que peut faire Internet pour ça ? C'est aussi un outil de mobilisation des ressources, des données scientifiques, des contrôles. I1 y a d'autres priorités qu'Internet mais, en matière de développement, il peut aider à en résoudre. L'éducation, par exemple, est liée au développement humain. Internet n'est pas un facteur d'éducation de base, comme la lecture, l'écriture et la maîtrise des opérations de calcul, c'est plutôt un facteur d'éducation supérieure, mais Internet permet de mieux transmettre les données qui seront nécessaires au développement. Ainsi, l'Unesco a mis en place au Zimbabwe un réseau à destination des instituteurs et des professeurs de collège pour leur permettre d'échanger des méthodes d'enseignement. C'est un partage de ressources pédagogiques.

Internet peut servir à mieux diffuse la marchandise et en améliorer la distribution. C'est un moyen d'augmenter la capacité des solutions politiques, de favoriser l'information, comme tous les autres médias d'ailleurs.

MvR : Internet pour tous, c'est une utopie ? Ou est-ce vraiment réalisable ?

P. Q. : A long terme, ce n'est pas une utopie, surtout dans les société développées, comme le sont aujourd'hui l'eau potable ou les structures médicales. Internet va évoluer vers un forme de services indispensables, utile à la vie de tous les jours, à la société. Cette nécessité d'accès universel n'est pas utopique et existe déjà, regardez le téléphone. Internet sera indispensable, deviendra une sorte de fil rouge, un lien de la société mondiale. Ce sera l'instrument de la revendication citoyenne.

Pour parvenir à cela, dans nos pays occidentaux, il faut une réponse politique et économique. I1 y a deux sortes de problèmes à résoudre. D'abord le problème technique : il faut un ordinateur, une ligne pour se brancher. L'avenir est aux portables UMTS, mais aussi aux réseaux que les pouvoirs publics doivent réguler pour en permettre l'accès gratuit aux plus défavorisés. Le second problème est d'ordre intellectuel, et c'est aussi une volonté politique qui permettra de le résoudre. I1 ne suffit pas de savoir cliquer sur un bouton pour utiliser Internet, il faut une certaine forme d'esprit pour apprendre à naviguer. Il faut de l'esprit critique et c'est le rôle de l'éducation dans les pays développés.

Il faut apprendre la cyberculture comme on apprend à aborder la critique de textes littéraires. C'est à intégrer dans le cursus de l'éducation. Sinon, on sera vite "marchandisé" de site en site. Internet est un magnifique outil de citoyenneté mondiale et doit, à ce titre, bénéficier d'une "éducation civique" spécifique.

MvR: Quel sens l'être humain peut-il donner à Internet face à cette commercialisation à outrance ?

P. Q.: Internet est l'image concrète de ce que Teilhard de Chardin appelait la noosphère. Dans les années 30, face à l'affolement démographique qui commençait à poindre, il analysait cette situation comme une chance, permettant à la couverture psychique de l'humanité d'augmenter. Ce concept est très proche de celui d'Internet, et Teilhard de Chardin parlait même de réseaux...

Internet est une réaction de la planète des esprits *, une sorte de conscience planétaire en émergence. C'est en train de devenir le lieu de discussion des problèmes mondiaux. Aujourd'hui, rien n'existe sur le plan mondial en ce qui concerne l'éthique, la conscience, l'esprit, face à la mondialisation économico-technique. Il y a un retard à combler. Internet est un symptôme et un outil concret de cette conscience planétaire qui demande à émerger. On peut voir cette émergence de la société civile mondiale dans les réactions contre les OMC. On a trouvé à cette occasion de nouveaux types de réponse. Une opinion publique mondiale est un moyen de créer un effet de régulation civile à l'échelle planétaire, de dépasser les Etats pour viser la création d'une conscience, conscience d'être un citoyen mondial responsable. C'est un outil pour diffuser des idées.

Ce que nous vivons aujourd'hui correspond à ce qui s'est passé en Europe, au moment de la Renaissance, où ont eu lieu 3 événements majeurs, qui sont liés : l'imprimerie, la découverte de l'Amérique et la Réforme. Aujourd'hui, I'imprimerie, c'est Internet, le virtuel. Le nouveau territoire à conquérir, c'est le cyberespace, et la nouvelle Réforme, c'est celle des Etats nations qui doivent laisser place à la notion de bien commun mondial, de justice sociale planétaire. Cela ne peut pas se faire sans que les Etats lâchent leur niveau de gouvernance, comme cela c'est fait pour l'Europe. Il faut renforcer le système mondial, celui des Nations Unies...

(*) En novembre, parution d'un livre de Philippe Quéau, intitulé La planète des esprits.


Entretien de Magali van Reeth avec Michel Elie

Michel Elie, responsable de l'Observatoire des Usages d'Internet

MvR : Vous utilisez, dans votre chronique du Monde du 13 septembre 2000, l'expression "colonialisme numérique". Le danger est-il réel ? Uniquement envers les pays du Sud ?

M. E. : Le colonialisme est défini comme "un système politique préconi-sant la mise en valeur et l'exploitation de territoires dans l'intérêt du pays colonisateur" (définition du Robert). Or, I'internet ouvre de nouveaux territoires (virtuels) qu'investissent les puissances économiques qui ensuite contrôleront l'établissement de règles protégeant leurs acquisitions: par exemple, l'espace des noms de domaines vendu au profit exclusif de quelques sociétés qui s'en attribuent une sorte de concession. Dans le domaine plus réel des langues, il y a la position dominante conquise par l'anglais avec environ 80 % des contenus de 1'Internet qui est la langue maternelle de moins de 10 % de la population mondiale. Cette situation est d'ailleurs dénoncée par des experts aussi éminents et incontestables que Michael Derzoutos, professeur au MIT: "2 % de la population mondiale est connectée, 98 % ne 1'est pas", prévient-il, "si nous n'empêchons pas le fossé de grandir, nous aurons des bains de sang".

MvR : Comment remédier à ce problème ? Comment laisser une place dans Internet à ceux qui sont déjà exclus dans notre société ?

M. E. : La première chose est de favoriser la prise de conscience de la situation et du risque qu'elle présente et de substituer à des objectifs exclusivement technologiques et manifestement irréalistes tels que: "L'Internet haut débit pour tous", selon le titre d'un colloque à venir, ou strictement marchands tels que: "Objectif Tune, les rencontres d'affaires de la Net-éco-nomie", titre d'une autre manifestation, des objectifs pour l'homme exprimés dans la point de vue de leur utilité sociale et non plus seulement de leur efficacité économique. Il ne faut pas seulement "laisser" une place aux exclus, mais leur donner la place à laquelle ils ont droit. Un certain nombre d'organisations s'en préoccupent d'ailleurs : ATD Quart-Monde, la ligue de l'enseignement... Il y a aussi une réflexion sur des expériences en cours, par exemple dans le numéro de décembre 1999 de "Ville Ecole Intégration" consacré aux "nouvelles technologie et l'exclusion". Mais il faut disposer 15 de plus de moyens matériels et humains et mieux coordonner les initiatives et les actions. D'où l'idée d'une charte de l'Internet équitable et d'un label donné aux projets conformes à cette charte.

MvR : Internet peut-il devenir une chance pour les défavorisés, quels qu'ils soient, c'est-à-dire ceux de nos sociétés occidentales ou ceux qui vivent dans les pays pauvres ?

M. E. : "Internet, une chance pour les plus pauvres ?", c'était le titre d'un article publié par la revue "Quart Monde" en septembre 1997 dans un numéro spécial "des @utoroutes pour tous". Oui l'lnternet peut être une chance pour les défavorisés. Il offre à ceux qui ont été rebutés par l'institution scolaire une autre voie d'acquisition de connaissances, à des immigrés de reprendre contact avec leur culture d'origine, à des handicapés de communiquer et d'apprendre malgré leur handicap; il met à la disposition de tous des textes, des règlements, des procédures jusqu'ici occultés par l'écran administratif... Dans cette mise à disposition des plus défavorisés, il est évident que les associations, les médiateurs, les structures intermédiaires ont un rôle prépondérant à jouer et c'est l'un des objectifs de l'Observatoire des Usages de l'Internet (OUI) que de faire prendre conscience à ces acteurs de la société civile de la force que peuvent leur donner des usages innovants de l'Internet et des TIC.

MvR : Une solidarité numérique peut-elle exister face à ce colonialisme numérique ?

M.E. : Ce que j'appelle "l'internet premier", c'est-à-dire le premier âge de l'Internet où les bases du réseau actuel ont été inventées, construites et expérimentées, a largement fait appel à un esprit de solidarité, d'échange et de partage de l'innovation entre universitaires et chercheurs, donnant par exemple naissance, au-delà du réseau lui-même, aux logiciels libres. C'est cet esprit qui doit être retrouvé et réinventé au niveau de la "Net-société". C'est dans cet esprit que l'OUI projette une base d'échange d'expérience d'usages de l'Internet.


"Et Dieu créa" - Quand l'homme donne sens au numérique

"Genèse, huitième jour"

"Le ciel, la terre et tous leurs éléments furent achevés. Dieu acheva au septième jour l'oeuvre qu'il avait faite, il arrêta au septième jour toute l'oeuvre qu'il faisait. Dieu bénit le septième jour et le consacra car il avait alors arrêté toute l'oeuvre que lui-même avait créée par son action. Telle est la naissance du ciel et de la terre lors de leur création." Genèse 2. 1 à 3

Alors l'homme et la femme se regardèrent et se dirent : "Au travail"

C'est ainsi que commença le huitième jour. Mais par où commencer ?

Au commencement du huitième jour, l'homme et la femme s'aimèrent. L'homme et la femme dirent : "Que l'amour soit" Et l'amour fut. Ils virent que c'était bon. Ils ne furent pas les seuls. Les animaux et les végétaux sous la terre, sur la terre, dans les mers et dans le ciel firent de même. Mais ils furent les seuls, l'homme et la femme, à imaginer des variantes extrêmes aux jeux de l'amour et de la haine.

Et ils furent aussi les seuls, l'homme et la femme, à s'interroger ensuite : "Par quoi on continue ? Ah oui !"

Et l'homme et la femme dirent : "Dominons sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal de la terre". Et puisque Dieu les avait créés à son image, ils créèrent des noms pour les animaux et les végétaux. Des noms pour les rochers et les montagnes et les étoiles. Ils organisèrent le monde à leur façon. Ils inventèrent les couteaux de cuisine et les couteaux de guerre, les chariots et les chars, les villes et les banlieues, l'art du bronze et de la peinture, la culture du vers à soie et du vers de la poésie. Transformèrent la matière. Allièrent une maille à l'endroit une maille à l'envers. Changèrent le droit à l'envers. Clonèrent les animaux et leurs propres congénères. Propagèrent l'épidémie et le vaccin. Bref, mirent la création sens dessus dessous. L'homme et la femme virent que c'était bon et mauvais. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour.

Et la femme dit :

Ils s'inventèrent des dieux qui rampent, volent et nagent. Alors l'homme et la femme dirent : " Partons à leur rencontre ! " Ils montèrent plus haut que les nuages, dans des fusées qui grimpent au-delà de la lune. Ils descendirent plus bas que les poissons des abysses, dans des sous-marins nucléaires qui explorent les failles océaniques. Ils perforèrent le fond de la terre et des mers, par des sondes d'où jaillirent l'or noir et l'or doré. Ils mirent la lumière dans les ténèbres et les ténèbres dans la lumière, dans des synchrotrons qui dissèquent la matière jusqu'au coeur de l'atome. Mais les dieux, ils ne les trouvèrent pas. L'homme et la femme virent que c'était bon et mauvais. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour.

Et la femme dit :

Et l'homme et la femme dirent : "Communiquons !" Alors l'homme et la femme inventèrent l'alphabet, l'écriture, l'imprimerie, la presse, le morse, la radio, le téléphone, la télévision, le fax, les satellites et toute machine rampante et volante qui transmet l'information. L'homme et la femme virent que c'était bon et mauvais. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour.

Et la femme dit :

Alors l'homme et la femme bâtirent une tour numérique qui enserra le monde dans la toile d'un réseau sans limite, sans matière, sans espace et sans temps. Ils créèrent le portable, ordinateur IBM volant, téléphone GSM marchant, palm pilot programmant les 24 heures de leur vie quotidienne. L'homme et la femme virent que c'était bon et mauvais. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour.

Et la femme dit :

Alors, l'homme et la femme se regardèrent, se contèrent leurs mystères et se souvinrent du commencement du huitième jour.

Richard Gossin est pasteur et conteur,
responsable du Service Communication de l'ECAAL et de L'ERAL


Les nouvelles technologies de communication : chances et défis pour l'Eglise ?

Colloque organisé par le Chapitre de Saint-Thomas, les Eglises Protestantes d'Alsace et de Moselle, la Faculté de Théologie Protestante de l'Université Marc Bloch de Strasbourg

A Strasbourg, Jeudi 22 et vendredi 23 mars 2001

Programme

Jeudi 22 mars 2001 (9h à 18h)

Modérateur : Philippe François

Vendredi 23 mars (9h30 à 16h)

Modérateur : Gérard Heinz

" Comment les Eglises protestantes conçoivent-elles et pratiquent-elles la communication aujourdhui ? "

Des temps de débats avec les participants sont prévus après les contributions des intervenants.

Les Actes du Colloque seront publiés avant l'été 2001

Inscription

Richard Gossin, Service Communication Ecaal-Eral (richard.gossin@protestants.org) avant le 15 février avec la remise dun chèque de 130 F (19,82 euros) libellé au nom de COGEST, à envoyer 1b, Quai Saint-Thomas 67000 Strasbourg participation au Colloque et Actes du Colloque compris.


Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org/fpf/