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Dialoguer, autour du culte | ||
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La question qui sera posée au terme d'un long processus, sera la suivante : oui ou non, nous, Eglises membres ou non-membres de la F.P.F., pouvons-nous vivre ensemble dans la même maison ?
Afin d'y répondre, il nous faut développer une meilleure compréhension les uns des autres. Une compréhension qui ne soit pas l'apanage de quelques spécialistes, pasteurs ou "négociateurs", mais partagée par le plus grand nombre dans nos Eglises.
Une compréhension qui ne soit pas toute théorique et livresque, mais expérimentale, où ce que l'on fait est confronté à ce que l'on en dit.
Une compréhension mutuelle qui ne soit pas en trompe-l'oeil : osons nous réjouir de communions inattendues, mais aussi osons affronter nos étonnements, nos agacements et nos questionnements réciproques.
Le culte est souvent ce que l'on perçoit d'abord d'une Eglise.
Public ou semi-privé, le culte est le lieu où une communauté de foi se donne à voir, à entendre, à vivre. Il est ce temps où se concentrent le vécu (que le visiteur ne connaît pas ou mal) et le message d'une Eglise. Il dévoile quelque chose de son "intimité communautaire".
Dans le processus de dialogue et de découverte entre Eglises membres et non-membres de la Fédération Protestante de France, le culte est donc un sujet incontournable.
Ici ou là, nos Eglises vivent des cultes communs, pour telle fête de la Bible ou tel rassemblement. Chacun fait alors un effort louable d'autocontrôle et quelques concessions pour que tous s'y retrouvent, tout en préservant l'essentiel.
Mais pour véritablement découvrir la "personnalité" d'une autre Eglise, rien de mieux que de participer à un ou plusieurs de ses cultes.
C'est d'ailleurs l'occasion d'expérimenter un élément essentiel de la Charte de la Fédération : l'accueil mutuel à la cène, marque de notre communion.
Une telle démarche comporte des promesses et des risques.
Rencontrer l'autre dans sa différence est toujours facteur de richesse et de meilleure connaissance de soi, de sa propre famille, de ses propres repères.
Mais rencontrer les autres vraiment, s'abstenir de les enfermer dans nos a-priori, nous oblige à quitter nos sécurités spirituelles, à vaincre quelques craintes (parfois inexpliquées) et à prendre le risque de changer.
De plus, pasteurs et responsables n'aiment généralement pas que les membres de leur Eglise regardent ailleurs.
Alors, le jeu en vaut-il la chandelle ? Une plus grande compréhension entre nos Eglises vaut-elle un tel prix ?
Nous répondons "OUI". Il vaut la peine que nos Eglises, le temps d'un culte au moins, ne se prennent pas pour le lieu incontournable du dimanche matin et élargissent l'espace de leur fraternité. Elles grandiront en fidélité.
Allons donc au culte d'une Eglise soeur. Non pas en touriste à la découverte de quelque exotisme spirituel, mais par souci évangélique de mieux comprendre un prochain.
Etre un observateur quelque peu "étranger" demande un respect scrupuleux et une attitude d'autant plus ouverte que la communauté rassemblée peut être gênée dans sa liberté.
Avoir vu, avoir participé, ne signifient pas avoir compris. En effet, lorsqu'on est formé à une pratique cultuelle, notre regard n'est pas neutre. On n'entre pas d'emblée dans une compréhension de l'autre. Des choses nous échappent. Pour approfondir, il faut du temps et des échanges. Ne pas conclure trop vite sur telle ou telle pratique. Ne pas généraliser.
Pour autant, dans le débat, il est important de se dire, d'oser exprimer nos questions et nos incompréhensions, ce qui heurte notre conception, notre vécu et notre compréhension de l'évangile.
Les jeunes ont naturellement cette liberté de parole. Il est important (et tout à fait pédagogique) qu'ils participent à ce processus.
Vous trouverez quelques indications pour vous aider dans une telle démarche.
Tout d'abord, des fiches sur "la conception et le vécu du culte" dans diverses familles ecclésiales. Ces reflets des situations locales sont sans doute représentatifs mais n'ont pas un caractère normatif.
Ensuite un document d'analyse, une première relecture qui souligne les convergences et les divergences, ainsi que la diversité de nos langages.
Un canevas de rencontre attire l'attention sur quelques questions à se poser en participant à un culte. Ces questions peuvent être reprises ensuite en groupe d'échange.
En fin de document, quelques suggestions pratiques vous sont proposées pour organiser ce type de démarche.
Bien sûr, liberté est laissée aux Eglises locales d'imaginer d'autres types d'action en fonction de leur contexte.
L'important, c'est la rencontre, le repérage et la remontée "des sujets qui fâchent" et "des sujets qui réjouissent".
"Que la paix du Christ
à laquelle vous avez été appelés
pour former un seul corps,
règne dans vos coeurs.
Soyez reconnaissants"
(Col 3/15).
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org